Le chemsex, dangereux mélange entre sexe et drogue, est une pratique qui se développe et sur laquelle des spécialistes avertissent le public pour éviter le piège de l’addiction. Surtout quand ce sont les plus jeunes qui en font les frais. Décryptage.
D’abord pratiqué dans une dimension festive et de recherche de plaisir, le chemsex peut amener ses adeptes sur la piste dangereuse de la dépendance et les exposer à de nombreux risques pour leur santé.
Quand le piège se referme sur les plus jeunes
Pour beaucoup, dans un contexte de doute identitaire, de détresse psychique, de sensation tenace d’être mal dans sa peau, tout a commencé de manière insidieuse. «Le tabac, l’alcool, puis le cannabis sont de loin les premières substances auxquelles sont exposés les adolescents, rappelle le Dr Sylvain de Lucia, médecin à l’Unité des dépendances des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Et on observe que la consommation est plus élevée chez les jeunes hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.»
Une situation les exposant également aux dangers du chemsex? Pour le spécialiste, c’est une évidence: «Même si le phénomène reste marginal chez les plus jeunes, certains d’entre eux, en proie à un malaise profond ou en quête de nouvelles expériences, peuvent entrer dans un engrenage très rapidement, le plus souvent par le biais de sites de rencontres. C’est alors un univers au potentiel puissamment addictif et extrême qui s’ouvre à eux et peut en faire des proies faciles.»
La tranche d’âge des 16-25 ans, même si elle est minoritaire parmi les consommateurs de chemsex, serait ainsi la plus vulnérable vis-à-vis des dangers de ces drogues. On compte parmi eux le risque d’addiction, de contracter des infections transmissibles par le sang (hépatite C, VIH) ou lors de rapports sexuels (VIH, chlamydia, gonorrhée, syphilis) ou d’être victime d’abus sexuels. «A cet âge-là, les jeunes sont encore en construction, l’identité se forge.
Le fait que le cerveau ne finit sa formation qu’à 25 ans a des conséquences très concrètes, par exemple sur la difficulté à mesurer les risques, à se fixer des limites ou à s’opposer à un rapport avec un partenaire insistant, alerte le Dr de Lucia. Ce mélange de naïveté et de fragilité, masqué en euphorie sous l’effet de certaines drogues et des attirances sexuelles, peut constituer un piège extrêmement périlleux.»
Connaissez-vous vraiment les régions françaises ? Jusqu’au premier tour des régionales, nous vous proposons de les redécouvrir chaque matin en data sous un angle inattendu, sérieux ou amusant. Aujourd’hui, la consommation d’alcool dans les régions.
En moyenne, un Français sur dix boit de l’alcool quotidiennement – un chiffre en constante diminution, tout comme celui de la consommation globale. Au début des années 1960, chaque Français absorbait chaque année 200 litres d’alcool en moyenne, contre moins de 80 aujourd’hui.
Boire quotidiennement de l’alcool reste une pratique plus fréquente dans le sud de la France, notamment en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, et dans une moindre mesure en région PACA, selon une série d’enquêtes publiées l’an dernier par Santé Publique France. Une tendance historique, mais qui tend à s’estomper. C’est dans l’actuelle Occitanie que la consommation quotidienne a le plus baissé ces dernières décennies: au début des années 2000, quasiment un adulte sur trois y buvait encore tous les jours.
Les Hauts-de-France se situent aussi légèrement au-dessus de la moyenne. La palme de la région la plus sobre, du moins en métropole, revient à l’Ile-de-France où moins d’un habitant sur quatorze boit de l’alcool sur une base quotidienne. VOIR LA CARTE
Le nez rouge breton ?
C’est bien connu : l’alcool doit se consommer avec modération, un conseil que toutes les régions ne suivent pas forcément à la lettre. Et notamment la Bretagne, où le taux des « alcoolisations ponctuelles importantes » (six verres d’alcool ou plus lors d’une unique occasion) est le plus élevé de France : plus de 20 % des adultes boivent ainsi de manière excessive tous les mois, contre 16,2 % dans l’ensemble de la France. Les autres régions sont loin derrière, la Guadeloupe (et l’Ile-de-France en métropole) remportant le titre de région la plus raisonnable.
A noter que la consommation quotidienne d’alcool n’est pas plus élevée en Bretagne qu’ailleurs. Avec 10,7 % des adultes buvant tous les jours, la région se trouve dans la moyenne nationale. En revanche, lorsqu’on y boit, on y boit plus. Ce phénomène d’alcoolisation excessive semble surtout concerner les hommes et les plus de 30 ans, relève Santé Publique France dans son bulletin. Il a pour corollaire « des taux régionaux de mortalité pour les principales pathologies en lien avec l’alcool supérieurs à la moyenne métropolitaine », note l’organisme. VOIR LA VIDEO
La France du vin et celle de la bière
Que boit-on dans les régions françaises ? Sans surprise, la consommation de vin est plus développée dans le sud de la France, notamment en Nouvelle-Aquitaine où plus d’un tiers des adultes en boit toutes les semaines. Elle reste en revanche rare dans les outremers. La région Grand Est et les Hauts-de-France, eux, restent plutôt fidèles à la bière, même si elles n’en détiennent pas le record de consommation. Quant aux alcools forts, ils sont davantage prisés dans les outremers et les régions de la moitié ouest de l’Hexagone, notamment la Normandie et les Pays-de- la Loire. Effet calvados et cognac, même si ce dernier est produit en Nouvelle Aquitaine ?
On retiendra surtout certains particularismes. En métropole, la Bretagne détient le triple record de fréquence de consommation de bière, de vin et d’autres boissons alcoolisées (en dehors des alcools forts, type cidre ou chouchen).
Le Centre-Val de Loire boude volontiers la bière et le Grand Est se risque rarement sur les alcools forts. Et alors que la boisson la plus fréquemment consommée dans l’Hexagone reste le vin, les Hauts-de-France sont la seule région métropolitaine où la fréquence de consommation de la bière est presque aussi élevée.
Il n’existe pas de seuil en dessous duquel l’alcool est sans risque pour la santé, assènent des experts alors que nombre de Français se réjouissent de pouvoir à nouveau boire un verre en terrasse en ces temps de COVID. L’alcool encore responsable de 41.000 décès par an en France
Une terrasse de restaurant à Arcachon, le 19 mai.Photo : AFP/VNA/CVN
« Toute consommation – même faible – a un effet délétère pour la santé », soulignent-ils dans un rapport d’« expertise collective » de l‘Inserm, publié vendredi 4 juin, sur la réduction des dommages associés à l’alcool, que consomment près de 43 millions de personnes en France.
Les niveaux de consommation demeurent élevés, notamment chez les jeunes, alors qu’on dénombre en France « 41.000 morts par an (dont 11.000 femmes) pour un coût social estimé à 118 milliards d’euros« , notent-ils dans ce document de 700 pages, assorti de recommandations.
Ils préconisent ainsi de durcir la loi Evin de 1991, « considérablement affaiblie » ces dernières années, en interdisant la publicité sur internet et dans l’espace public, et d’augmenter le prix (en taxant les boissons au gramme d’alcool ou avec un prix minimum comme en Ecosse). Ils suggèrent également de « réduire la disponibilité de l’alcool » (via les plages horaires de vente et le nombre de commerces ou de licences) et de « rappeler les repères de consommation à risque faible » (pas plus de 2 verres par jour et pas tous les jours) ainsi que « la plus grande vulnérabilité biologique des femmes vis-à-vis de l’alcool ».
Alcool et une soixantaine de maladies
Les experts déplorent par ailleurs que « les moyens alloués » pour lutter contre ce fardeau ne soient pas « à la hauteur des enjeux ». D’après deux études, la consommation régulière (10 fois ou plus dans le mois) concerne un jeune sur dix en classe de seconde et un jeune sur quatre en terminale.
Les plus de 50 ans ne sont pas en reste : depuis 2013, leur niveau de consommation d’alcool a augmenté, notamment les épisodes d‘ »alcoolisation ponctuelle importante » (la beuverie express ou binge drinking) et de consommation à risque d’alcool (plus de deux verres quotidiens). Cette nouvelle expertise a été réalisée à la demande de la Direction générale de la santé et de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). La précédente datait de 2001.
La consommation d’alcool est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies, dont des cancers comme le cancer du sein et des maladies cardiovasculaires.
Elle est également la première cause d’hospitalisation et la deuxième cause de mortalité évitable en France (après le tabac), rappellent les experts, qui lui dénient des effets protecteurs.« Il faut arrêter de dire que c’est bon pour le cœur »,lance à propos du vin rouge Mickaël Naassila, chercheur Inserm du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à Amiens.
La commission parlementaire chargée d’étudier la question du cannabis « récréatif » vient de rendre un rapport qui préconise la légalisation du cannabis comme seul moyen de reprendre le contrôle sur ce fléau et « d’assécher le trafic », selon les propos de Caroline Janvier, députée LREM du Loiret.
Ces députés partent du constat que la prévention et la répression menées depuis des années ne parviennent pas à maîtriser une consommation sans cesse croissante, accompagnée de ravages sanitaires graves, en particulier chez nos jeunes adolescents. La France se classe en tête des pays européens avec 1,6 million d’usagers réguliers et 300 000 enfants de 12-15 ans ayant déjà expérimenté cette drogue.
Or, rien n’est plus faux que ce constat, comme chaque citoyen peut le constater dans la vie quotidienne. En matière de répression, tout d’abord, la loi française semble relativement sévère par rapport à d’autres pays, certes, mais force est de constater qu’elle n’est pas appliquée tant pour l’usage simple que pour le trafic.
Rappelons qu’en 2017, l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) a comparé les peines de prison prévues pour l’offre d’un kilogramme d’héroïne ou de cannabis dans vingt-cinq pays.
En Grèce, où les sanctions sont les plus lourdes, l’offre d’un kilogramme d’héroïne conduit à une peine médiane de vingt ans de prison et l’offre d’un kilogramme de cannabis à dix ans de prison. À l’autre extrémité de l’échelle, on trouve les deux pays les plus tolérants, les Pays-Bas et la France où l’offre d’un kilogramme d’héroïne conduit à une peine médiane respective d’un an et de deux ans de prison.
La situation a été encore assouplie par la loi Tubiana. Souvent, en France, l’aménagement de peine conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. Peu de prévenus effectuent réellement leur peine d’emprisonnement.
Par ailleurs, l’amende forfaitaire récemment instituée pour responsabiliser les consommateurs sur la voie publique n’a rien changé. La consommation n’a pas diminué pour autant : il y a autant de clients sur les points de vente et beaucoup d’usagers se font livrer à domicile. D’autres ont appris à contourner l’amende, il suffit de ne pas avoir de pièce d’identité sur soi. […]
Légaliser l’usage du cannabis « récréatif » permettrait « d’assécher le trafic », de contrôler la teneur en THC du produit et de récupérer des taxes que l’on pourrait affecter aux soins médicaux, et enfin de suivre une évolution mondiale qui va « dans le sens de l’Histoire », nous disent ces parlementaires.
Or, précisément, les retours d’expérience que nous avons sur l’Uruguay, le Canada et onze États américains qui ont autorisé le cannabis « récréatif », après l’avoir autorisé à des fins médicales, fournissent un bilan négatif.
Comment nous faire croire que le trafic disparaîtrait avec la légalisation, que les trafiquants cesseraient leur commerce très lucratif pour rentrer aussitôt dans une activité professionnelle légale et moins rémunératrice ?
De même, comment espérer que le contrôle de la puissance et de la qualité du cannabis permettrait de diminuer les addictions : l’usager régulier fumera deux fois plus pour ressentir les mêmes effets si la teneur est deux fois plus faible.
En conclusion, l’expérience vécue par les pays ou les États américains qui ont légalisé le cannabis doivent nous inciter à refuser cette éventualité dans notre pays. La commission parlementaire sur le cannabis « récréatif » devrait prendre en considération prioritaire la santé de nos concitoyens, plutôt que d’obéir à des impératifs politiques et électoralistes.
Dans le cas contraire, ces députés porteraient une lourde responsabilité devant l’Histoire et les générations futures.
Consommation de tabac, d’alcool et de cannabis à la fin de l’adolescence en fonction de la situation familiale et du niveau socio-économique – Impact du niveau éducatif sur les consommations à l’âge adulte – Recommandations
Pr Jean-Pierre Goullé
Une très intéressante étude1 a été menée, chez des adolescents de 17 ans, à partir des résultats de l’Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense (ESCAPAD) conduite par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). Il s’agit de l’exploitation de la dernière enquête ESCAPAD réalisée en 2017, portant sur près de 40.000 adolescents des deux sexes dont l’objectif était d’apprécier l’impact du milieu familial (niveau socio-économique et situation familiale) sur leur consommation de tabac, d’alcool et de cannabis. La moitié vivaient dans une famille éclatée ou recomposée. Ils étaient élevés par une mère seule (15%), un parent et un beau-parent (10%), un père seul (3%), connaissaient une garde partagée (6%), ou une autre situation (9%).
Les critères de consommation utilisés ont été ceux de l’OFDT. La « beuverie express » ou binge drinking est définie par le fait d’avoir bu, au cours du mois précédent, en une occasion, au moins cinq unités alcooliques, correspondant à 50 g d’alcool pur. Le tabagisme quotidien consiste à fumer au moins une cigarette par jour pendant le mois écoulé. Quant à l’usage régulier du cannabis, il correspond à la consommation d’au moins 10 joints lors des 30 derniers jours. Globalement le tabagisme quotidien était le fait de 25% des adolescents de 17 ans, la « beuverie express » concernait 16% d’entre eux et la consommation régulière de cannabis 7%. Si la prévalence du tabagisme quotidien était pratiquement identique chez les garçons et chez les filles, la « beuverie express » et l’usage régulier du cannabis était deux fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles.
L’analyse des résultats de l’enquête montre que la prévalence estimée du tabagisme quotidien, comparativement au niveau socio-économique, a tendance à progresser légèrement lorsque le niveau socio-économique parental diminue (le ratio de prévalence augmente à 1,2 puis à 1,3 pour les plus modestes). Pour la « beuverie express », le phénomène inverse a été constaté. En ce qui concerne le cannabis, aucune différence notable n’a été trouvée quel que soit le niveau socio-économique familial.
Dans les familles éclatées ou recomposées, la situation familiale influe de manière notable sur la consommation des trois drogues. Ainsi le tabagisme quotidien est 1,5 à 1,8 fois plus fréquent chez les adolescents vivant avec une mère seule, un parent et un beau-parent, un père seul, ou en garde partagée. Chez ces mêmes adolescents, la « beuverie express » est également 1,3 à 1,4 fois plus fréquente que ceux vivant dans une famille non éclatée. Quant à l’usage régulier de cannabis il est 1,8 à 2,3 fois plus fréquent dans les familles éclatées ou recomposées.
Cette enquête confirme ce qui avait déjà été constaté, à savoir que les adolescents issus de ces familles sont plus enclins à expérimenter et à consommer régulièrement des substances psychoactives
Parvenus à l’âge adulte, l’usage de ces drogues est significativement influencé par le niveau éducatif. En effet, les enquêtes de prévalence réalisées montrent en ce qui concerne leur usage, que les ouvriers et les employés sont de plus gros consommateurs que les cadres, tandis que les professions intermédiaires occupent une position également intermédiaire2.
Afin de prévenir la consommation de ces drogues, l’Académie nationale de médecine a formulé des recommandations3 :
1) augmenter significativement les enseignements consacrés aux sciences de la vie et de la terre dans le système éducatif, afin d’intégrer dès l’école primaire et jusqu’à l’université, une information régulière sur les dangers encourus ;
2) promouvoir des actions collectives de sensibilisation, de prévention et d’information sur les risques de ces substances psychoactives ;
3) maintenir l’interdiction du cannabis, rendre dissuasif l’accès au tabac en poursuivant l’augmentation des prix, en faisant respecter l’interdiction de vente de l’alcool et du tabac aux mineurs, et en limitant leur publicité et promotion ;
4) donner explicitement mission aux médecins scolaires et universitaires, avec le concours des infirmières, d’assurer un repérage médical des sujets consommateurs de produits addictifs ; afin de les orienter vers une prise en charge médicale adaptée.
Article rédigé à la demande des Prs Michel, Debré et Parodi de l’Académie de médecine, suite à la dernière lettre du CNPERT
1 – Use of tobacco, alcohol and cannabis in late adolescence: roles of family living arrangement and socioeconomic group. Khlat et al. BMC Public Health,2020, 20:1356
2 – Palle C. Synthèse de la revue de littérature sur les consommations de substances psychoactives en milieu professionnel. Observatoire français des drogues et toxicomanies, note 2015-05, 12pp.
3 – Goullé J.-P., Morel F. Consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une prévention précoce. Bull Acad Natl Med, 2020, 204:4-15
Le nectar produit par triple distillation a rapporté une médaille d’argent à la bruxelloise Niets Distillery au nez et à la barbe des fabricants de gin alcoolisé.
Premier succès peu banal pour la jeune Niets Distillery: cette entreprise bruxelloise, fondée il y a un an à peine, vient de décrocher une jolie médaille d’argent au Concours international des spiritueux de New York, une des trois plus prestigieuses compétitions internationales opposant les produits des fabricants d’alcool.« Notre produit goûte le gin, ce n’est pas un énième thé frelaté aux épices qu’on qualifierait de gin… »Partager surTwitterALEXANDRE HAUBENFONDATEUR DE NIETS DISTILLERY
Et plus fort encore, le prix qu’elle a obtenu dans la catégorie des gins de micro-distilleries couronne son gin sans alcool commercialisé sous la marque Botaniets alors que le concours était ouvert aux boissons alcoolisées… Les goûts et arômes dégagés par son nectar ont donc tenu la comparaison face aux qualités des « vrais » gins.
« C’est une grosse surprise pour nous, mais aussi une reconnaissance pour tout le travail effectué en amont », commente son fondateur Alexandre Hauben. « Notre produit goûte le gin, ce n’est pas un énième thé frelaté aux épices qu’on qualifierait de gin… »
Triple distillation
Déçu par les alternatives sans alcool proposées sur le marché, Alexandre Hauben s’est inspiré des recettes et méthodes de distillation de son arrière-arrière grand-père pour créer son gin.La distillerie a déjà séduit les organisateurs du Pavillon belge à l’Expo de Dubaï:, qui ont sélectionné son gin sans alcool comme « innovation culinaire ».Partager surTwitter
Il a repris une technique de triple distillation employée à la fin du XIXe, alors que ses concurrents recourent, pour la plupart, à une double distillation. Si la deuxième sert à ôter l’alcool du breuvage, la troisième, qui se fait à froid et dure cinq jours, va puiser dans la macération des arômes un surcroît de goût de genièvre, de romarin et de cardamome.
Avant même de décrocher l’award new-yorkais, la jeune pousse a déjà séduit les organisateurs du Pavillon belge à l’Expo de Dubaï: ils ont sélectionné son gin sans alcool comme « innovation culinaire » de sorte qu’il sera servi au bar et au restaurant du Pavillon dès le 1er octobre prochain.
Cinq nouveaux pays à conquérir
Lancée deux mois avant la pandémie, la start-up avait aussi convaincu 150 restaurants. À la réouverture, en juin 2020, ils étaient 250. Niets y a ajouté 160 épiceries, les 39 magasins de la chaîne Délitraiteur et 150 distributeurs de boissons.30.000BOUTEILLESLa Niets Distillery compte produire et écouler 30.000 bouteilles cette année.
L’entreprise fait distiller son gin aux Pays-Bas et l’embouteille chez un partenaire à Gand. Elle emploie 10 personnes, en engagera cinq autres d’ici à la fin de l’année. Elle exporte déjà dans cinq pays (Pays-Bas, Finlande, Dubaï, Abu Dhabi et la Turquie).
« On veut exporter dans 10 pays d’ici à la fin de l’année, annonce Alexandre Hauben. Suite à notre médaille d’argent, on a déjà reçu plusieurs demandes sur des marchés comme la Pologne ou certains États aux USA. » Elle compte produire 30.000 bouteilles cette année, puis 100.000 en 2022.
L’alcool aurait un effet quasi immédiat sur le rythme cardiaque en multipliant par deux le risque de survenue d’un épisode de fibrillation atriale dans les quatre heures suivantes.
OLEGEVSEEV/ISTOCK
L’ESSENTIEL
Chaque augmentation de 0,1% de la concentration d’alcool dans le sang est associée à une probabilité environ 40% plus importante d’épisode de fibrillation atriale.
Pour les personnes buvant deux verres d’alcool, le risque de fibrillation atriale est trois fois plus important.
La consommation d’alcool a depuis longtemps été liée à des problèmes cardiaques. Des études ont notamment montré que les arythmies cardiaques augmentent avec la quantité d’alcool consommée ou encore qu’une consommation régulière de petites quantités augmente le risque de fibrillation atriale, indiquant que de ce point de vue qu’il vaut mieux se souler une fois plutôt que de boire régulièrement. Dans cette nouvelle recherche, présentée à l’occasion de la 70ème session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology, les scientifiques de l’université de Californie à San Francisco avancent que consommer de l’alcool augmente de manière quasi-immédiate le risque de survenue d’un épisode de fibrillation atriale (FA), qui se caractérise par un rythme cardiaque irrégulier, souvent accéléré, pouvant provoquer palpitations, fatigue ou encore essoufflement. Avec le temps, cela peut conduire à une insuffisance cardiaque et un accident vasculaire cérébral, voire une démence si elle n’est pas traitée.
Plus la consommation est importante, plus le risque de FA augmente
Les données révèlent qu’un seul verre d’alcool multiplie par deux les risques de FA dans les quatre heures suivantes. Pour les personnes buvant deux verres, ce risque est trois fois plus important. Ces résultats ont été obtenus à l’aide d’un capteur d’alcool placé sur les chevilles des participants qui a permis de surveiller en temps réel leur consommation d’alcool. Celui-ci a indiqué que chaque augmentation de 0,1% de la concentration d’alcool dans le sang est associée à une probabilité environ 40% plus importante d’épisode de fibrillation atriale. Ces capteurs ont également démontré que la concentration totale d’alcool au fil du temps permet de prédire le risque de survenue d’une FA.
“L’alcool est la drogue la plus consommée dans le monde et il y a encore beaucoup de choses que nous ne comprenons pas sur ce qu’elle fait à notre corps et, en particulier, à notre cœur, a avancé Gregory Marcus, cardiologue, professeur de médecine à l’université de Californie à San Francisco et auteur principal de l’étude. Sur la base de nos données, nous avons constaté que l’alcool peut fortement influencer la probabilité qu’un épisode de fibrillation atriale survienne dans les quelques heures après sa consommation, et que plus celle-ci est élevée, plus le risque d’avoir un événement cardiaque augmente.”
Une étude en temps réel
Cette étude a réuni 100 participants atteints de fibrillation atriale paroxystique, ou occasionnelle, qui a tendance à disparaître dans un court laps de temps. Ils étaient tous âgés de 64 ans en moyenne. Chacun de ces volontaires était équipé d’un moniteur cardiaque portable qui suivait en permanence leur rythme cardiaque et d’un capteur placé sur la cheville que les volontaires devaient actionner à chaque boisson alcoolisée consommée. Des prélèvements sanguins ont également été réalisés pour mesurer précisément la consommation d’alcool. Plus de la moitié des participants (56) ont eu un épisode de fibrillation atriale au cours de l’étude de quatre semaines. “Il s’agit de la première étude à démontrer et à quantifier objectivement la relation en temps réel entre la consommation d’alcool et les épisodes de fibrillation atriale, s’est félicité Gregory Marcus. Bien que cette étude se soit limitée aux personnes atteintes de fibrillation atriale occasionnelle, il est raisonnable d’extrapoler le fait que chez de nombreuses personnes, l’alcool peut être le principal déclencheur d’un premier épisode.”
Les chercheurs indiquent que d’autres facteurs peuvent jouer un rôle dans cette corrélation. Ils notent par exemple que les consommateurs d’alcool sont plus habitués à manger des aliments riches en sodium tandis que d’autres boivent de l’alcool à cause d’un sentiment de stress.
Des études contradictoires
Ces travaux vont également à l’encontre d’autres études qui ont rapporté un rôle potentiellement protecteur de l’alcool sur la santé cardiaque lorsqu’il est consommé avec modération. Une étude, également présentée à l’occasion de la la 70ème session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology a notamment indiqué que boire modérément apaiserait le rythme cardiaque. “Il est communément admis que l’alcool est ‘bon’ ou ‘sain’ pour le cœur, d’après des études d’observation, mais cela concerne les maladies coronariennes et les crises cardiaques. Ces nouvelles données présentent un autre point de vue, concernant les risques globaux par rapport aux avantages de l’alcool consommée avec modération, a déclaré le cardiologue. Mais toutes les données se rejoignent et sont très claires : ceux qui boivent plus ont un risque plus élevé de crise cardiaque et de décès.”
Pour les chercheurs, ces résultats sont un bon exemple des effets différenciés de l’alcool en fonction des consommateurs. Ceux qui ne sont pas à haut risque des effets nocifs de l’alcool pourraient bénéficier d’une consommation modérée alors que pour ceux à risque, comme les participants de cette étude, boire modérément est mauvais pour leur cœur. Les chercheurs ont prévu de mener d’autres études pour identifier d’autres facteurs susceptibles d’influencer la relation entre l’alcool et la fibrillation atriale.
L’alcool est généralement perçu comme une drogue « douce » aux côtés de la caféine ou du tabac, selon notre partenaire The Conversation.
Or cet usage d’un vocabulaire spécifique tend à minimiser la dangerosité et les répercussions de la consommation d’’alcool.
L’analyse de ce phénomène a été menée par Jessica Simon, docteur en sciences psychologiques, et Étienne Quertemont, doyen de la faculté de psychologie, logopédie et sciences de l’éducation (tous deux à l’Université de Liège – Belgique).
S’il vous était demandé de lister toutes les drogues connues, vous évoqueriez probablement la cocaïne, l’ héroïne, l’ ecstasy et peut-être même les champignons hallucinogènes ou la nicotine. Mais peu d’entre vous citeront l’ alcool. Or l’alcool est bel et bien une drogue très répandue dans nos sociétés occidentales !
Au sens courant, une drogue est une substance psychotrope qui a des effets sur le système nerveux et entraîne des modifications de la perception, du comportement, de l’humeur, de la conscience, de la motivation ou du jugement. Et malheureusement, les répercussions du trouble lié à l’usage de substances sont telles que la prévention et le traitement sont des axes majeurs identifiés par l’Organisation des Nations Unies dans son programme des objectifs de développement durable (cible 3.5). Dès lors, il est légitime de se demander quels sont les facteurs qui impactent notre perception de la dangerosité d’une drogue : les dangers perçus par le public ont-ils un lien avec ceux mis en avant par les experts ?
Des perceptions sans fondement scientifique
L’opinion publique distingue généralement parmi les substances psychotropes des drogues « dures » et « douces ». Ces catégories sont censées refléter la dangerosité relative de leur consommation. En caricaturant un peu, on retrouve dans la première les substances illicites comme la cocaïne, l’héroïne et certains hallucinogènes, et dans la seconde les substances légales comme la caféine, le tabac, l’alcool. Enfin, certaines substances – à l’instar du cannabis ou de l’ecstasy – font l’objet de débats publics incessants et d’opinions contradictoires quant à leur classement.
Dans les faits, cette distinction très populaire entre drogues douces et dures ne repose sur aucune étude et ne reflète en rien la dangerosité réelle de ces différentes substances. En réalité, c’est l’usage et le contexte qui rendent une drogue plus ou moins dangereuse ou dommageable, et il semble plus opportun de parler d’un usage « doux » ou « dur » d’une drogue. Il y a donc bien une représentation sociale des drogues.
Cette représentation est d’une part déterminée par les contextes culturel et historique. Mais elle est aussi influencée par des enjeux économiques, plutôt que fondée sur une évaluation rigoureuse de la dangerosité relative des différentes substances. Or en dépit de cette absence de fondements rationnels, la distinction populaire entre drogues dures et douces influence considérablement les comportements de consommation, et en conséquence la santé publique.
Un vocabulaire qui minimise la dangerosité
L’usage d’un vocabulaire spécifique tend à minimiser la dangerosité et les répercussions de la consommation des substances les plus communes comme l’alcool ou la nicotine. On ne dira pas de vous que vous êtes un toxicomane si quotidiennement, vous buvez une bouteille de vin ou fumez un paquet de cigarettes. Et vous n’aurez pas l’impression de vous être drogué après avoir bu quelques bières à la terrasse d’un café. Tout au plus, vous penserez être saoul ou en état d’ébriété…
Ce vocabulaire spécifique adopté pour la consommation d’alcool ou de tabac a pour conséquence de modifier notre perception de la dépendance et de sa prise en charge. Ainsi, la consommation de drogues illicites est souvent considérée par le public comme une question de traitement de patients par des experts. Alors que le tabagisme ou l’abus d’alcool est plutôt perçu comme une mauvaise habitude dont l’utilisateur est capable de se défaire par lui-même.
La culture populaire véhiculée par les médias, les livres, les films ou la télévision influence elle aussi la perception de la dangerosité des drogues. Par exemple, la place donnée dans les médias aux effets négatifs des opioïdes peut amener à penser qu’ils sont plus dommageables que l’alcool ou la nicotine, alors qu’il n’en est rien. Et ce, d’autant plus que la consommation régulière d’alcool est largement banalisée dans les films et les séries télévisées d’aujourd’hui – l’alcool ayant remplacé le tabac depuis une trentaine d’années pour évoquer les moments de détente et de convivialité.
L’impact de la législation
La perception de la dangerosité des drogues est également influencée par la législation en vigueur. Selon les pays, certaines drogues sont considérées comme légales, quand d’autres sont tolérées ou interdites par la loi.
En Europe, on peut ainsi consommer alcool et nicotine (bien que les législations soient plus ou moins restrictives selon les pays), alors que la consommation, la détention, la production et la vente de cocaïne, d’ecstasy ou d’héroïne sont strictement interdites et passibles de poursuites pénales. Ajoutons que la législation peut évoluer. Au cours des dix dernières années, le cannabis a ainsi été légalisé au Canada, en Afrique du Sud, en Uruguay et dans certains États des États-Unis, mais aussi dépénalisé dans beaucoup d’autres pays.
Assez légitimement, tout un chacun tend à considérer que les drogues les plus dangereuses doivent être interdites, quand celles dont la dangerosité est limitée peuvent être autorisées (ou tolérées). Problème : on peut alors être porté à croire qu’une drogue autorisée n’est pas ou peu dangereuse. Or la réalité est toute autre…
Vers une évaluation objective
Plusieurs approches ont été développées pour mesurer et comparer la dangerosité réelle de différentes drogues.
Des chercheurs britanniques ont ainsi proposé à différents experts de la toxicomanie – des chimistes, des pharmacologues, des médecins, des psychiatres, des épidémiologistes, des policiers, etc. – d’évaluer la dangerosité de chaque drogue, en s’appuyant sur plusieurs critères (risque d’overdose, de dépendance physique, de blessures corporelles ou de troubles intrafamiliaux). Une équipe suédoise s’est quant à elle focalisée sur la toxicité des drogues pour établir ce classement. Enfin, des chercheurs allemands proposent d’établir un rapport entre le seuil toxicologique (la dose maximale estimée sans effet indésirable observé) et la quantité typiquement consommée par un utilisateur : plus ce ratio serait faible, plus le risque serait grand.
Bien que différentes, ces approches sont assez unanimes sur le classement des substances les plus communes. L’alcool se range dans la catégorie des drogues les plus dangereuses, avec l’héroïne et la cocaïne. Le tabac se situe quant à lui à des niveaux intermédiaires, et le cannabis fait partie des drogues les moins dangereuses.
Le classement des experts, quel qu’il soit, n’est toutefois que très faiblement corrélé à la dangerosité perçue par l’opinion publique ou aux législations en vigueur dans les pays occidentaux. Alors même que l’opinion publique, comme nous l’avons déjà souligné, est largement influencée par les législations en vigueur. C’est le cas, notamment, pour des substances légales comme l’alcool, dont la dangerosité semble largement sous-estimée.
Enfin, il faut noter que la perception du danger tend à diminuer chez les consommateurs d’une substance et dépend de l’expérience qu’ils font du produit.
Faire changer les mentalités…
L’abus de substances est un problème mondial de santé publique. Et il n’est pas traité à la hauteur des coûts sanitaires et sociaux engendrés – pour information, en Belgique, ils ont été évalués à 1,19 % du produit intérieur brut.
En outre, il est frappant de constater le peu de réactions publiques et politiques face à la mortalité attribuée à la consommation d’alcool : d’après l’Organisation mondiale de la santé, elle est responsable chaque année de plus de 3 millions de décès.
La mise en place d’une politique sanitaire à la hauteur des défis posés par l’abus de substances psychotropes passe néanmoins par une évolution des représentations sociales liées aux différentes drogues. Or changer des mentalités ancrées dans un contexte culturel et historique est loin d’être un objectif facile à atteindre.
Pour y parvenir, il faut naturellement miser sur des campagnes de prévention. De ce point de vue, il y aurait tout intérêt à s’appuyer sur des initiatives comme l’enquête mondiale sur les drogues. S’appuyant sur des questionnaires anonymes proposés en ligne à quelque 130.000 participants dans une quarantaine de pays, l’édition de 2018 est en effet parvenue à plusieurs constats.
Notant que bon nombre de personnes, en particulier les jeunes femmes de moins de 25 ans, ignoraient tout des liens entre consommation d’alcool et augmentation du risque de cancer, cette enquête montre que 40 % des participants boiraient moins si on leur indiquait que cela diminue le risque de cancers. Les messages portant sur les calories, la santé cardiaque et la violence s’avèrent également pertinents. Mais à l’inverse, l’argument selon lequel l’alcool même à faible dose ne présente aucun atout pour la santé n’inspire pas confiance. Comme l’affirment les rapporteurs de l’enquête, ceci témoigne non seulement de l’influence du lobbying de l’alcool, mais aussi de l’importance de sensibiliser les gens à une consommation responsable.
On le voit, pour faire évoluer la perception de la dangerosité des drogues, étape indispensable vers un changement des comportements, des modifications de la législation sont peut-être nécessaires. Mais une telle évolution passe surtout par la mise en œuvre d’une politique d’information et de prévention cohérente.
Cette analyse a été rédigée par Jessica Simon, docteur en sciences psychologiques, et Étienne Quertemont, doyen de la faculté de psychologie, logopédie et sciences de l’éducation (tous deux à l’Université de Liège – Belgique), avec l’aimable contribution de Michelle Heck. L’article original a été publié sur le site de The Conversation.
Des bouteilles de champagne, en décembre 2020 à Ay, dans la Marne. − BERTRAND GUAY / AFP
SOBRIÉTÉ – Une étude britannique, disponible en prépublication début mai, suggère qu’une consommation d’alcool, même limitée, pourrait avoir un effet négatif sur le cerveau.
La rédaction de LCI –
« À consommer avec modération. » La mention, répétée d’étiquettes en spots publicitaires, perdrait de son sens à la lecture d’une étude britannique disponible en prépublication, dans l’attente d’une relecture par les pairs, et relayée par le journal The Guardian. Les auteurs, chercheurs à l’Université d’Oxford, pointent les effets négatifs sur le cerveau associés à la consommation d’alcool, quels qu’en soient le type et la quantité.
« Nos résultats suggèrent qu’il n’existe pas de niveau de consommation d’alcool sans danger pour la santé du cerveau« , exposent-ils, ajoutant même que « la consommation modérée est associée à des effets néfastes sur le cerveau plus étendus que ce qui était précédemment reconnu auparavant. »
Pour parvenir à ces conclusions, l’étude s’appuie sur la UK Biobank, une vaste base qui permet aux chercheurs d’accéder aux données biomédicales d’un demi-million de patients, collectées entre 2006 et 2010. Elle leur a permis d’inclure 25.378 participants qui ont déclaré un certain nombre de caractéristiques tels que leur âge, leur sexe, les habitudes de consommation d’alcool et des examens d’imagerie cérébrale.
Matière grise
Principal résultat : « un volume plus élevé de consommation d’alcool par semaine était associé à une densité de matière grise plus faible presque partout« , écrivent les auteurs, qui estiment qu’il peut expliquer jusqu’à 0,8% des variations observées. Un chiffre certes faible, mais supérieur à tous les autres facteurs de risque modifiables étudiés, comme le tabagisme, avec lesquels il peut également se cumuler.