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Cannabis : responsable de 30 % des schizophrénies chez les hommes jeunes ?

Si la consommation de cannabis chez l’enfant et l’ado est un facteur de risque connu de schizophrénie, la première étude d’envergure nationale – incluant près de 7 millions de personnes suivies sur cinq décennies – révèle que les hommes sont plus touchés que les femmes, et que la proportion de schizophrénies attribuables au cannabis est en forte augmentation. Explications…

La consommation de cannabis pendant l’enfance et l’adolescence est un facteur de risque environnemental connu de schizophrénie. Cette substance peut en effet précipiter l’entrée dans la schizophrénie des sujets vulnérables, d’une part, et d’autre part aggraver l’évolution de la pathologie de ceux qui l’ont déjà développée.

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Le Pr Alvarez répond au maire de Bègles qui veut légaliser le cannabis

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Le Maire de Bègles L’animateur Le Pr Alvarez

Cannabis : un nouveau médicament présenté comme « révolutionnaire » pour traiter les addictions sévères

Ce médicament doit permettre de traiter les addictions sévères au cannabis alors qu’il n’existe pas encore un traitement approuvé pour traiter ces troubles, rapporte France Inter.Article rédigé par

franceinfo Publié le 09/06/2023

La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d'illustration. (PABLO VERA / AFP)
La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d’illustration. (PABLO VERA / AFP)

La société biopharmaceutique bordelaise Aelis Farma a publié, jeudi 8 juin, dans la revue scientifique anglaise Nature Medicine les résultats encourageants d’une nouvelle génération de médicaments pour traiter les addictions sévères au cannabis, rapporte France Inter vendredi 9 juin.

Une approche « révolutionnaire » selon les auteurs de cette étude, alors qu’il n’existe à ce jour aucun médicament approuvé pour traiter ces troubles.

Aelis Farma est spécialisée dans le développement de traitements pour les maladies du cerveau. Les premiers résultats publiés portent sur un médicament d’une nouvelle génération, nommé AEF0117. Il a entraîné « une réduction statistiquement significative » de la consommation de cannabis et de ses effets sur les fumeurs quotidiens, comme « aucun autre médicament n’a réussi » à le faire auparavant, d’après Margaret Haney, chercheuse américaine qui a supervisé les premières phases d’étude du médicament.

Un traitement en cours d’évaluation aux États-Unis

Ce traitement est le premier qui inhibe le récepteur CB1, celui qui est responsable des effets d’addiction au cannabis : il réduit, par exemple, les effets euphorisants de cette drogue. Il diminue aussi l’envie de prendre du cannabis, sans précipiter les conséquences du sevrage. Ce médicament se base en fait sur le mécanisme naturel utilisé par le cerveau pour combattre les effets du cannabis.

« Ces nouveaux résultats suggèrent clairement que AEF0117 pourrait être une approche efficace pour les patients cherchant un traitement pour les troubles liés à la consommation excessive de cannabis », selon Margaret Haney.

Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, il y a 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens en France.

Ce nouveau traitement est désormais en cours d’évaluation aux États-Unis, via une étude de phase 2b (permet de déterminer la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle), sur 330 participants souffrant d’addiction au cannabis. Les résultats devraient être disponibles d’ici mi-2024.

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Quand la mémoire part en fumée

Culture du cannabis en Californie (France 2)

«Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

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Jean-Del Burdairon poursuit: «La plupart des troubles –schizophrénie, troubles anxieux, bipolarité, etc.– se développent entre 15 et 25 ans du fait d’un défaut de neurogenèse. Imaginez que lorsque l’on est enfant et que l’on grandit, on “pousse” comme pousserait un arbre. Puis, entre 15 et 25 ans, il y a une forme d’élagage pour uniformiser les branches. Chez les personnes qui souffrent de troubles psychiques, il n’y a pas cet élagage. Et le cannabis en lui-même empêche ou retarde d’autant cet élagage.»

Le psychiatre poursuit: «Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.» Il précise en outre que le risque de pharmacopsychose n’est pas écarté passé 30 ans du fait de taux de THC très importants –dans son rapport de mars 2023, l’Office anti-stupéfiants (Ofast) note d’ailleurs que le taux moyen de THC dans le shit (résine de cannabis) a doublé en dix ans ans et augmenté de presque un quart dans la weed (cannabis sous forme d’herbe).

Un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité

Ensuite, concernant la consommation de cannabis chez les personnes qui présentent d’ores et déjà un trouble psychique, l’avis de Jean-Del Burdairon est sans appel: «Fumer du cannabis lorsque l’on souffre de troubles psychiques tend à les aggraver et à les rendre plus résistants. En effet, si sur le moment le cannabis peut avoir des effets anxiolytiques –et c’est l’effet immédiat qui est généralement recherché–, sur le long terme, sa consommation régulière induit des perturbations du fonctionnement général qui tendent à majorer les symptômes.»

Concernant spécifiquement les psychoses, Logos Curtis, Philippe Rey-Bellet et Marco C. G. Merlo écrivent: «Nombre d’études confirment qu’en cas de psychose existante, une consommation même minime de cannabis a des effets néfastes. Dans la phase aiguë, elle aggrave les symptômes psychotiques, à savoir les idées délirantes, les hallucinations et la désorganisation de la pensée. Elle augmente le risque d’actes hétéro-agressifs et auto-agressifs et réduit, voire fait disparaître l’effet thérapeutique des médicaments antipsychotiques.» Ils soulignent que le cannabis a aussi un effet sur l’évolution à long terme de la psychose, avec des rechutes plus fréquentes et précoces. Pour le pronostic à long terme, un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité.

«Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

Jean-Del Burdairon résume alors: «Si tout va bien, que la personne n’a pas d’antécédents familiaux, ni de fragilités ou de trouble psychique, fumer un joint n’est pas plus dangereux que boire de l’alcool en grande quantité. En revanche, s’il y a une pathologie, il existe un vrai risque et ce même en période de rémission, avec un vrai risque de rechute. Et c’est un vrai problème car les patients comprennent bien qu’ils ne doivent pas fumer en période de crise mais pensent que quand ils vont mieux, ils peuvent réguler leur consommation et que celle-ci ne posera pas de problème.»

Il précise l’impact négatif sur les facultés cognitives à long terme: «Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises. Imaginez que les neurones soient une forêt. Le cannabis, c’est véritablement de l’essence versée dessus et à la moindre étincelle, tout flambe. Il y a donc un vrai retentissement cognitif et c’est ce retentissement cognitif qui provoque un désinvestissement social.»

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Que tirer de tout cela? Simplement de la vigilance et des messages de prévention adaptés. Concernant le sommeil, on aurait tout intérêt à ne pas laisser s’installer une dépendance qui conduirait à un usage quotidien.

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Pour ce qui est des troubles psychiques, il serait préventivement pertinent de s’abstenir de fumer un premier joint dès lors que l’on présente des signes précurseurs d’un trouble ou quand –puisqu’il existe une certaine héritabilité– un parent vit avec un trouble. Il est également recommandé de s’abstenir dès lors que le trouble est présent afin de ne pas l’aggraver ni augmenter ses conséquences.

À noter pour finir: une vigilance s’impose autour de l’hexahydrocannabinol (HCC), un produit de synthèse aux effets psychoactifs semblables au THC et désormais vendu dans les boutiques qui vendent du CBD«C’est un psychotrope très puissant mimant les effets du cannabis et ayant les même propriétés sur le long terme», signale Jean-Del Burdairon. Mêmes recommandations que pour le cannabis, donc.

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Cannabis de synthèse : une interdiction d’ici à quelques semaines, dit le ministre de la Santé

Interrogé sur une éventuelle interdiction des produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis actuellement en vente libre, le ministre de la Santé a déclaré que c’était une « affaire de semaines ».

Ouest-France avec AFP. Publié le 15/05/2023

Les produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis mais actuellement en vente libre, seront probablement interdits d’ici à quelques semaines, a annoncé lundi 15 mai le ministre de la Santé, François Braun.

« Je pense que c’est une affaire de semaines », a déclaré sur Franceinfo le ministre, interrogé sur une interdiction éventuelle du HHC.

Une molécule de plus en plus commercialisée

Ce dernier est une molécule synthétisée artificiellement à partir d’extraits naturels de cannabis : on parle de semi-synthèse.

La molécule est connue de longue date par les scientifiques mais, depuis quelques mois, les autorités sanitaires de différents pays – Europe et États-Unis – constatent qu’elle est de plus en plus commercialisée sur internet ou dans des boutiques physiques.

Ses effets sont mal connus mais les addictologues tendent à les juger comparables à ceux du tétrahydrocannabinol (THC), la substance au cœur des effets psychoactifs du cannabis.

Or, contrairement à ce dernier, les produits à base de HHC ne font pas l’objet d’une interdiction à la vente ou à la consommation.

« Il y a un trou dans la raquette »

« Ils profitent d’une faille […] de classification », a expliqué François Braun « Ils ne sont pas classés comme produits stupéfiants. Je pense très honnêtement qu’ils le seront rapidement maintenant. »

Un tiers des cas de schizophrénie sont provoqués par le cannabis selon une importante étude danoise

D’après une vaste étude danoise, près de 30 % des cas de schizophrénie chez les jeunes hommes auraient pu être évités en l’absence de consommation intensive de cannabis. Mais ces travaux ne devraient pas clore le débat scientifique sur le lien réel entre cette pathologie psychiatrique chronique et l’usage de ce stupéfiant.

Valentin BECHU.Publié le 08/05/2023 

À la suite d’un voyage de 1836 à 1840 en Europe et en Orient, le médecin Jacques Joseph Moreau de Tours découvre les effets du cannabis et décide de créer un club à Paris pour en consommer avec des amis. Balzac, Baudelaire, Nerval, Delacroix ou encore Dumas fréquenteront le Club des Haschischins. Mais le but n’est pas seulement récréatif, il étudie aussi les effets et rapport de manière critique l’aliénation mentale générée par l’absorbation de haschisch.

Près de deux siècles plus tard, le lien possible entre la consommation de cannabis et la schizophrénie continue de faire l’objet de recherches poussées. Une étude publiée le 4 mai 2023 dans la revue Psychological Medicine fournit de nouvelles preuves que la consommation intensive de cannabis peut conduire à la schizophrénie, en particulier chez les jeunes hommes.

Une association très forte chez les jeunes hommes

Pour ces travaux, des scientifiques des services de santé mentale du Danemark et du National Institute on Drug Abuse (NIDA) ont analysé les dossiers médicaux de près de 7 millions de Danois âgés de 16 à 49 ans entre 1972 et 2021. L’objectif a été d’estimer la proportion des cas de schizophrénie pouvant être liée à un trouble dû à la consommation de cannabis au niveau de la population globale.

Les chercheurs ont observé une association entre les troubles liés à la consommation de cannabis et la schizophrénie chez les hommes et les femmes, bien que l’association soit beaucoup plus forte chez les jeunes hommes. À l’aide de modèles statistiques, les auteurs de l’étude ont estimé que jusqu’à 30 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 21 à 30 ans auraient pu être évités.

Une proportion qui tombe à 15 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 16 à 49 ans, et à 4 % chez les femmes âgées de 16 à 49 ans. « Nous avons constaté que la proportion de cas de schizophrénie attribuables à un trouble lié à la consommation de cannabis, et ceux qui auraient pu être évités, était beaucoup plus élevée chez les hommes que chez les femmes et, en particulier, chez les hommes plus jeunes chez qui le cerveau est encore en cours de maturation », conclut Carsten Hjorthøj, auteur principal de l’étude

Un débat persistant dans la communauté scientifique

Ce lien entre schizophrénie et cannabis avait déjà été conclu par une équipe de chercheurs finlandais, dont les travaux viennent d’être publiés au mois d’avril 2018 dans la revue British Journal of Psychiatry. Mais l’étude danoise est certainement la plus grande enquête épidémiologique réalisée à ce jour sur le sujet.

L’étude épidémiologique danoise n’offre pas de preuve irréfutable du lien cannabis-schizophrénie, qui ne pourrait être accomplie que par des essais contrôlés randomisés. D’autres chercheurs, comme le médiatique Carl L. Hart de l’Université de Columbia et Charles Ksir de l’Université du Wyoming, ont avancé dans une revue systématique publiée en 2016 que la forte consommation de cannabis fait partie d’un ensemble de comportements problématiques qui se manifestent chez les jeunes susceptibles d’être vulnérables à la schizophrénie, mais n’était pas la cause de cette dernière.

Des études ultérieures devront encore déterminer si le cannabis est un facteur de risque à lui seul, ou si ce facteur de risque vient s’ajouter à une vulnérabilité pré-existante. « Dans tous les cas, ces résultats militent pour une approche de prévention et d’éducation de tous les adolescents vis-à-vis des risques associés à l’usage de cannabis dans cette période charnière de constitution du cerveau », soulignait dans Ouest-France Paul Brunault, psychiatre et addictologue, chercheur à l’unité Brain & Imaging, Université de Tours, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La schizophrénie toucherait environ 0,7 à 1 % de la population mondiale, et environ 600 000 personnes en France, selon l’Inserm.

Source Ouest France

Cannabis : les jeunes hommes plus sensibles au risque de schizophrénie

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D’après une étude danoise, les troubles liés à la consommation de cannabis pourraient augmenter le risque de développer une schizophrénie, en particulier chez les hommes jeunes. 

Cannabis : les jeunes hommes plus sensibles au risque de schizophrénieDMITRY_TISHCHENKO/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • Environ 600.000 personnes sont concernées par la schizophrénie en France.
  • Un lien entre les troubles causés par la consommation de cannabis et le développement de la schizophrénie a été établi par une étude danoise.
  • La schizophrénie est une pathologie psychiatrique chronique qui se traduit par une perception perturbée de la réalité, des manifestations productives et passives.

En France, près de 600.000 personnes sont atteintes par la schizophrénie, selon l’Inserm. Cette pathologie psychiatrique se caractérise par une perception perturbée de la réalité, des manifestations productives (idées délirantes, hallucinations…) ainsi que des manifestations passives (isolement social et relationnel…). 

Le cannabis pourrait être un facteur favorisant l’apparition de la schizophrénie 

Outre l’origine génétique, différents facteurs environnementaux peuvent favoriser le développement la schizophrénie. C’est notamment le cas de la consommation de cannabis. D’après une étude danoise publiée dans la revue Psychological Medicine, les hommes jeunes atteints par des troubles liés à la consommation de cannabis seraient plus à risque de développer une schizophrénie. 

Lors de cette recherche, des scientifiques des services de santé mentale du Danemark et du National Institute on Drug Abuse (NIDA) ont analysé les dossiers médicaux de 6 millions de Danois âgés de 16 à 49 ans entre 1972 et 2021. L’objectif a été d’estimer la proportion des cas de schizophrénie pouvant être liée à un trouble dû à la consommation de cannabis au niveau de la population globale. 

Cannabis et schizophrénie : une association très forte chez les hommes jeunes

Les chercheurs ont observé une association entre les troubles induits par la consommation de cannabis et la schizophrénie chez les hommes et les femmes. Ce lien était cependant beaucoup plus fort chez les hommes jeunes. D’après leurs résultats, près de 30% des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 21 à 30 ans auraient pu être évités si la consommation de cannabis avait été diminuée ou arrêtée. Aux yeux des auteurs de l’étude, les troubles liés à la consommation de cannabis semblent être un facteur favorisant le développement de la schizophrénie. 

« L’enchevêtrement des troubles liés à la consommation de substances psychoactives et des maladies mentales est un problème de santé publique majeur, qui nécessite une action urgente et un soutien aux personnes qui en ont besoin (…) Les résultats de cette étude constituent un pas dans cette direction et peuvent contribuer à éclairer les décisions que les prestataires de soins de santé peuvent prendre pour soigner les patients, ainsi que les décisions que les individus peuvent prendre au sujet de leur propre consommation de cannabis », a noté Nora Volkow, co-auteure de l’étude et directrice du NIDA.

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