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Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe

Un rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

Publié le 16-06-2023

FILE - European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction Director Alexis Goosdeel addresses the media on the EU Drug Markets Report at EU Commission headquarters in Brussels on Tuesday, April 5, 2016. New harmful illicit drugs are inundating a flourishing market for traffickers amid violence and corruption hurting local communities across Europe, the EU's agency monitoring drugs and addiction said Friday, June 16, 2023 in a grim annual report. In 2022, 41 news drugs were reported for the first time by the agency. “I summarize this with the phrase: ”Everywhere, Everything, Everyone,” said the EMCDDA director, Alexis Goosdeel.(AP Photo/Geert Vanden Wijngaert, File)
Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe ©Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.

Cannabis, cocaïne, héroïne, mais aussi 41 nouvelles substances enregistrées… L’éventail et la disponibilité des drogues continue de s’élargir en Europe, tout comme leur production, prévient vendredi l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) dans son rapport annuel.

« Je résumerai cette situation ainsi: Everywhere, Everything, Everyone (Partout, tout, tous, NDLR). Les drogues illicites classiques sont désormais largement accessibles tandis que de nouvelles substances à forte teneur en principe actif continuent d’apparaître », analyse Alexis Goosdeel, le directeur de l’observatoire, cité dans un communiqué.

Le Belge insiste notamment sur la nécessité de renforcer les capacités d’analyse médico-légale et toxicologique et les campagnes de sensibilisation.

Le rapport s’inquiète de la large gamme de substances psychoactives disponibles, qui présentent souvent une teneur en principe actif et une pureté élevées.

Comme depuis plusieurs années, la cocaïne produite en Amérique du Sud déferle toujours plus sur le Vieux continent, arrivant en grandes quantités par ses ports dissimulée dans des conteneurs maritimes, avec un total de 303 tonnes saisies en 2021.

Les données préliminaires montrent qu’en 2021, une quantité record de 303 tonnes de cocaïne a été saisie par les États membres de l’UE. La Belgique (96 tonnes), les Pays-Bas (72 tonnes), qui possèdent avec Anvers et Rotterdam les deux plus grands ports maritimes d’Europe, contribuaient pour près de 75 % de la quantité totale saisie.

Les données suggèrent que les groupes criminels organisés ciblent également davantage de plus petits ports situés dans d’autres pays de l’UE, ainsi que dans les pays limitrophes, souligne l’observatoire.

De l’avis-même des autorités, seule une infime partie du volume de la cocaïne importée en Europe est saisie par les forces de l’ordre.

Le rapport de l’EMCDDA s’alarme aussi de l’apparition d’ateliers de fabrication de cocaïne sur le territoire européen: 34 laboratoires y ont été démantelés en 2021 (contre 23 en 2020).

La cocaïne est le stimulant illicite le plus plébiscité en Europe, consommée par 3,7 millions d’adultes (15-64 ans) l’an dernier.

Elle reste loin derrière le cannabis, la première drogue consommée par plus de 22 millions d’adultes européens en 2022.

Le rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

C’est le cas de l’hexahydrocannabinol (HHC), que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a classé cette semaine sur la liste des produits stupéfiants et interdit à la vente en France.

Le HHC est devenu le premier cannabinoïde semi-synthétique signalé dans l’UE: il a été détecté dans les deux tiers de ses Etats membres et il est vendu dans certains pays de l’UE comme une alternative « légale » au cannabis.

Environ un million d’Européens ont par ailleurs consommé des opioïdes en 2021, selon l’EMCDDA. L’héroïne reste l’opioïde illicite le plus couramment consommé et sa disponibilité est élevée.

Les quantités d’héroïne saisies ont plus que doublé en 2021 pour atteindre 9,5 tonnes dans l’UE, ainsi qu’un record de 22,2 tonnes dans la seule Turquie. La quasi-totalité de l’héroïne consommée en Europe provient d’Afghanistan, où les talibans ont annoncé l’interdiction de la culture du pavot à opium en avril 2022.

La guerre en Ukraine a perturbé la logistique de l’héroïne, qui rejoint l’Europe via l’Asie centrale, le Caucase et la mer Noire. Sa disponibilité en Ukraine a ainsi diminué, et favorisé l’utilisation de nouvelles routes.

Contrairement à l’Amérique du Nord, les nouveaux opioïdes de synthèse (par exemple les produits dérivés du fentanyl et les nitazènes) jouent encore un rôle relativement faible sur l’ensemble du marché européen des drogues, bien qu’ils constituent déjà un problème important dans certains pays.

Aux Pays-Bas, les autorités signalent une hausse de la consommation de la kétamine, un anesthésique et analgésique détourné à des fins récréatives, notamment chez les jeunes lors des soirées techno. Les saisies en Europe sont stables depuis plusieurs années (plus d’une tonne).

Le rapport fait également le point sur les nouvelles substances psychoactives (NSP). En 2022, 41 nouvelles drogues ont été signalées pour la première fois sur le Vieux continent, portant le nombre total des nouvelles substances psychoactives surveillées par l’EMCDDA à 930.

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Cannabis : responsable de 30 % des schizophrénies chez les hommes jeunes ?

Si la consommation de cannabis chez l’enfant et l’ado est un facteur de risque connu de schizophrénie, la première étude d’envergure nationale – incluant près de 7 millions de personnes suivies sur cinq décennies – révèle que les hommes sont plus touchés que les femmes, et que la proportion de schizophrénies attribuables au cannabis est en forte augmentation. Explications…

La consommation de cannabis pendant l’enfance et l’adolescence est un facteur de risque environnemental connu de schizophrénie. Cette substance peut en effet précipiter l’entrée dans la schizophrénie des sujets vulnérables, d’une part, et d’autre part aggraver l’évolution de la pathologie de ceux qui l’ont déjà développée.

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Le Pr Alvarez répond au maire de Bègles qui veut légaliser le cannabis

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Cannabis : un nouveau médicament présenté comme « révolutionnaire » pour traiter les addictions sévères

Ce médicament doit permettre de traiter les addictions sévères au cannabis alors qu’il n’existe pas encore un traitement approuvé pour traiter ces troubles, rapporte France Inter.Article rédigé par

franceinfo Publié le 09/06/2023

La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d'illustration. (PABLO VERA / AFP)
La France compte 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens. Photo d’illustration. (PABLO VERA / AFP)

La société biopharmaceutique bordelaise Aelis Farma a publié, jeudi 8 juin, dans la revue scientifique anglaise Nature Medicine les résultats encourageants d’une nouvelle génération de médicaments pour traiter les addictions sévères au cannabis, rapporte France Inter vendredi 9 juin.

Une approche « révolutionnaire » selon les auteurs de cette étude, alors qu’il n’existe à ce jour aucun médicament approuvé pour traiter ces troubles.

Aelis Farma est spécialisée dans le développement de traitements pour les maladies du cerveau. Les premiers résultats publiés portent sur un médicament d’une nouvelle génération, nommé AEF0117. Il a entraîné « une réduction statistiquement significative » de la consommation de cannabis et de ses effets sur les fumeurs quotidiens, comme « aucun autre médicament n’a réussi » à le faire auparavant, d’après Margaret Haney, chercheuse américaine qui a supervisé les premières phases d’étude du médicament.

Un traitement en cours d’évaluation aux États-Unis

Ce traitement est le premier qui inhibe le récepteur CB1, celui qui est responsable des effets d’addiction au cannabis : il réduit, par exemple, les effets euphorisants de cette drogue. Il diminue aussi l’envie de prendre du cannabis, sans précipiter les conséquences du sevrage. Ce médicament se base en fait sur le mécanisme naturel utilisé par le cerveau pour combattre les effets du cannabis.

« Ces nouveaux résultats suggèrent clairement que AEF0117 pourrait être une approche efficace pour les patients cherchant un traitement pour les troubles liés à la consommation excessive de cannabis », selon Margaret Haney.

Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, il y a 900 000 consommateurs de cannabis quotidiens en France.

Ce nouveau traitement est désormais en cours d’évaluation aux États-Unis, via une étude de phase 2b (permet de déterminer la dose thérapeutique de la molécule sur une plus grande échelle), sur 330 participants souffrant d’addiction au cannabis. Les résultats devraient être disponibles d’ici mi-2024.

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Quand la mémoire part en fumée

Culture du cannabis en Californie (France 2)

«Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

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Jean-Del Burdairon poursuit: «La plupart des troubles –schizophrénie, troubles anxieux, bipolarité, etc.– se développent entre 15 et 25 ans du fait d’un défaut de neurogenèse. Imaginez que lorsque l’on est enfant et que l’on grandit, on “pousse” comme pousserait un arbre. Puis, entre 15 et 25 ans, il y a une forme d’élagage pour uniformiser les branches. Chez les personnes qui souffrent de troubles psychiques, il n’y a pas cet élagage. Et le cannabis en lui-même empêche ou retarde d’autant cet élagage.»

Le psychiatre poursuit: «Je déconseillerais vivement aux jeunes qui ont des fragilités et/ou des antécédents familiaux de troubles psys de fumer du cannabis.» Il précise en outre que le risque de pharmacopsychose n’est pas écarté passé 30 ans du fait de taux de THC très importants –dans son rapport de mars 2023, l’Office anti-stupéfiants (Ofast) note d’ailleurs que le taux moyen de THC dans le shit (résine de cannabis) a doublé en dix ans ans et augmenté de presque un quart dans la weed (cannabis sous forme d’herbe).

Un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité

Ensuite, concernant la consommation de cannabis chez les personnes qui présentent d’ores et déjà un trouble psychique, l’avis de Jean-Del Burdairon est sans appel: «Fumer du cannabis lorsque l’on souffre de troubles psychiques tend à les aggraver et à les rendre plus résistants. En effet, si sur le moment le cannabis peut avoir des effets anxiolytiques –et c’est l’effet immédiat qui est généralement recherché–, sur le long terme, sa consommation régulière induit des perturbations du fonctionnement général qui tendent à majorer les symptômes.»

Concernant spécifiquement les psychoses, Logos Curtis, Philippe Rey-Bellet et Marco C. G. Merlo écrivent: «Nombre d’études confirment qu’en cas de psychose existante, une consommation même minime de cannabis a des effets néfastes. Dans la phase aiguë, elle aggrave les symptômes psychotiques, à savoir les idées délirantes, les hallucinations et la désorganisation de la pensée. Elle augmente le risque d’actes hétéro-agressifs et auto-agressifs et réduit, voire fait disparaître l’effet thérapeutique des médicaments antipsychotiques.» Ils soulignent que le cannabis a aussi un effet sur l’évolution à long terme de la psychose, avec des rechutes plus fréquentes et précoces. Pour le pronostic à long terme, un abus de cannabis augmente le risque d’évolution vers la chronicité.

«Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises.»

Dr Jean-Del Burdairon, psychiatre et addictologue

Jean-Del Burdairon résume alors: «Si tout va bien, que la personne n’a pas d’antécédents familiaux, ni de fragilités ou de trouble psychique, fumer un joint n’est pas plus dangereux que boire de l’alcool en grande quantité. En revanche, s’il y a une pathologie, il existe un vrai risque et ce même en période de rémission, avec un vrai risque de rechute. Et c’est un vrai problème car les patients comprennent bien qu’ils ne doivent pas fumer en période de crise mais pensent que quand ils vont mieux, ils peuvent réguler leur consommation et que celle-ci ne posera pas de problème.»

Il précise l’impact négatif sur les facultés cognitives à long terme: «Le cannabis participe à détruire les facultés cognitives déjà mises à mal par les crises. Imaginez que les neurones soient une forêt. Le cannabis, c’est véritablement de l’essence versée dessus et à la moindre étincelle, tout flambe. Il y a donc un vrai retentissement cognitif et c’est ce retentissement cognitif qui provoque un désinvestissement social.»

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Que tirer de tout cela? Simplement de la vigilance et des messages de prévention adaptés. Concernant le sommeil, on aurait tout intérêt à ne pas laisser s’installer une dépendance qui conduirait à un usage quotidien.

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Pour ce qui est des troubles psychiques, il serait préventivement pertinent de s’abstenir de fumer un premier joint dès lors que l’on présente des signes précurseurs d’un trouble ou quand –puisqu’il existe une certaine héritabilité– un parent vit avec un trouble. Il est également recommandé de s’abstenir dès lors que le trouble est présent afin de ne pas l’aggraver ni augmenter ses conséquences.

À noter pour finir: une vigilance s’impose autour de l’hexahydrocannabinol (HCC), un produit de synthèse aux effets psychoactifs semblables au THC et désormais vendu dans les boutiques qui vendent du CBD«C’est un psychotrope très puissant mimant les effets du cannabis et ayant les même propriétés sur le long terme», signale Jean-Del Burdairon. Mêmes recommandations que pour le cannabis, donc.

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Cannabis de synthèse : une interdiction d’ici à quelques semaines, dit le ministre de la Santé

Interrogé sur une éventuelle interdiction des produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis actuellement en vente libre, le ministre de la Santé a déclaré que c’était une « affaire de semaines ».

Ouest-France avec AFP. Publié le 15/05/2023

Les produits à base d’hexahydrocannabinol (HHC), une molécule dérivée du cannabis mais actuellement en vente libre, seront probablement interdits d’ici à quelques semaines, a annoncé lundi 15 mai le ministre de la Santé, François Braun.

« Je pense que c’est une affaire de semaines », a déclaré sur Franceinfo le ministre, interrogé sur une interdiction éventuelle du HHC.

Une molécule de plus en plus commercialisée

Ce dernier est une molécule synthétisée artificiellement à partir d’extraits naturels de cannabis : on parle de semi-synthèse.

La molécule est connue de longue date par les scientifiques mais, depuis quelques mois, les autorités sanitaires de différents pays – Europe et États-Unis – constatent qu’elle est de plus en plus commercialisée sur internet ou dans des boutiques physiques.

Ses effets sont mal connus mais les addictologues tendent à les juger comparables à ceux du tétrahydrocannabinol (THC), la substance au cœur des effets psychoactifs du cannabis.

Or, contrairement à ce dernier, les produits à base de HHC ne font pas l’objet d’une interdiction à la vente ou à la consommation.

« Il y a un trou dans la raquette »

« Ils profitent d’une faille […] de classification », a expliqué François Braun « Ils ne sont pas classés comme produits stupéfiants. Je pense très honnêtement qu’ils le seront rapidement maintenant. »

Un tiers des cas de schizophrénie sont provoqués par le cannabis selon une importante étude danoise

D’après une vaste étude danoise, près de 30 % des cas de schizophrénie chez les jeunes hommes auraient pu être évités en l’absence de consommation intensive de cannabis. Mais ces travaux ne devraient pas clore le débat scientifique sur le lien réel entre cette pathologie psychiatrique chronique et l’usage de ce stupéfiant.

Valentin BECHU.Publié le 08/05/2023 

À la suite d’un voyage de 1836 à 1840 en Europe et en Orient, le médecin Jacques Joseph Moreau de Tours découvre les effets du cannabis et décide de créer un club à Paris pour en consommer avec des amis. Balzac, Baudelaire, Nerval, Delacroix ou encore Dumas fréquenteront le Club des Haschischins. Mais le but n’est pas seulement récréatif, il étudie aussi les effets et rapport de manière critique l’aliénation mentale générée par l’absorbation de haschisch.

Près de deux siècles plus tard, le lien possible entre la consommation de cannabis et la schizophrénie continue de faire l’objet de recherches poussées. Une étude publiée le 4 mai 2023 dans la revue Psychological Medicine fournit de nouvelles preuves que la consommation intensive de cannabis peut conduire à la schizophrénie, en particulier chez les jeunes hommes.

Une association très forte chez les jeunes hommes

Pour ces travaux, des scientifiques des services de santé mentale du Danemark et du National Institute on Drug Abuse (NIDA) ont analysé les dossiers médicaux de près de 7 millions de Danois âgés de 16 à 49 ans entre 1972 et 2021. L’objectif a été d’estimer la proportion des cas de schizophrénie pouvant être liée à un trouble dû à la consommation de cannabis au niveau de la population globale.

Les chercheurs ont observé une association entre les troubles liés à la consommation de cannabis et la schizophrénie chez les hommes et les femmes, bien que l’association soit beaucoup plus forte chez les jeunes hommes. À l’aide de modèles statistiques, les auteurs de l’étude ont estimé que jusqu’à 30 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 21 à 30 ans auraient pu être évités.

Une proportion qui tombe à 15 % des cas de schizophrénie chez les hommes âgés de 16 à 49 ans, et à 4 % chez les femmes âgées de 16 à 49 ans. « Nous avons constaté que la proportion de cas de schizophrénie attribuables à un trouble lié à la consommation de cannabis, et ceux qui auraient pu être évités, était beaucoup plus élevée chez les hommes que chez les femmes et, en particulier, chez les hommes plus jeunes chez qui le cerveau est encore en cours de maturation », conclut Carsten Hjorthøj, auteur principal de l’étude

Un débat persistant dans la communauté scientifique

Ce lien entre schizophrénie et cannabis avait déjà été conclu par une équipe de chercheurs finlandais, dont les travaux viennent d’être publiés au mois d’avril 2018 dans la revue British Journal of Psychiatry. Mais l’étude danoise est certainement la plus grande enquête épidémiologique réalisée à ce jour sur le sujet.

L’étude épidémiologique danoise n’offre pas de preuve irréfutable du lien cannabis-schizophrénie, qui ne pourrait être accomplie que par des essais contrôlés randomisés. D’autres chercheurs, comme le médiatique Carl L. Hart de l’Université de Columbia et Charles Ksir de l’Université du Wyoming, ont avancé dans une revue systématique publiée en 2016 que la forte consommation de cannabis fait partie d’un ensemble de comportements problématiques qui se manifestent chez les jeunes susceptibles d’être vulnérables à la schizophrénie, mais n’était pas la cause de cette dernière.

Des études ultérieures devront encore déterminer si le cannabis est un facteur de risque à lui seul, ou si ce facteur de risque vient s’ajouter à une vulnérabilité pré-existante. « Dans tous les cas, ces résultats militent pour une approche de prévention et d’éducation de tous les adolescents vis-à-vis des risques associés à l’usage de cannabis dans cette période charnière de constitution du cerveau », soulignait dans Ouest-France Paul Brunault, psychiatre et addictologue, chercheur à l’unité Brain & Imaging, Université de Tours, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La schizophrénie toucherait environ 0,7 à 1 % de la population mondiale, et environ 600 000 personnes en France, selon l’Inserm.

Source Ouest France

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