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Cannabis : une couverture médiatique trop positive ?

Dans les médias, le traitement de l’efficacité du cannabis contre la douleur est jugée trop favorable par les auteurs d’une nouvelle étude, d’autant qu’elle est loin d’être prouvée dans les résultats des recherches portant sur le sujet.

DOLORES PRECIADO/ISTOCK


L’ESSENTIEL

  • Les études démontrant les bienfaits cliniques du cannabis sur la douleur manquent dans la littérature scientifique.
  • Pour l’instant, les chercheurs ne trouvent que peu de preuves des bienfaits cliniques du cannabis contre les douleurs.
  • Une personne sur cinq dans le monde souffre de douleurs chroniques modérées à fortes.

« Nous constatons que les études sur le cannabis sont souvent décrites en termes positifs dans les médias, quels que soient leurs résultats. » C’est ce que déclare dans un communiqué Filip Gedin, l’un des principaux auteurs d’une nouvelle méta-analyse (une étude qui analyse les résultats de plusieurs études précédentes sur un sujet) publiée ce lundi dans JAMA Network Open.

Les effets du cannabis contre la douleur sont les mêmes que ceux du placebo

L’analyse de l’équipe de chercheurs du Karolinska Institutet en Suède s’est appuyée sur 20 études antérieures portant sur près de 1.500 personnes. Selon leurs résultats, dans les essais cliniques portant sur les effets du cannabis contre la douleur, les participants qui reçoivent un placebo déclarent ressentir en grande partie le même niveau de soulagement de douleur que ceux qui consomment une substance cannabinoïde active. Les chercheurs n’ont observé aucune différence dans la réduction de la douleur entre le cannabis et le placebo.

Pourtant, ces études reçoivent un traitement médiatique positif dans la presse et les revues universitaires, quel que soit le résultat clinique. « C’est problématique et cela peut influencer les attentes en ce qui concerne les effets de la thérapie au cannabis sur la douleur. Plus le bénéfice supposé d’un traitement est important, plus les dommages potentiels peuvent être tolérés », ajoute Filip Gedin.

Les médias portent plus d’attention aux études sur le cannabis

La présence de cette couverture positive dans les médias a été mesurée grâce à Altmetric, un outil qui permet d’évaluer les mentions d’un sujet précis dans les médias, dans les blogs et sur les réseaux sociaux. Les chercheurs ont classé un total de 136 articles d’informations parus dans les médias et les blogs au sujet de l’efficacité du cannabis contre la douleur, comme positive, négative ou neutre, selon la façon dont les résultats ont été présentés.

Les chercheurs ont découvert que les études sur le cannabis avaient reçu une bien plus grande attention médiatique que les autres études publiées. De plus, la couverture médiatique était de la même ampleur, quelle que soit la pertinence des résultats et des preuves concernant l’efficacité du cannabis contre la douleur.

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Légalisation du cannabis : des failles à tous les étages 

De: David Marques

Le texte de loi qui doit ouvrir la voie à la culture légale de quatre plants de cannabis à domicile ne sera pas soumis de sitôt au vote de la Chambre des députés. (Photo : afp)

Les autorités judiciaires réclament une «révision en profondeur» du projet de loi qui vise à légaliser la culture et la consommation de cannabis à domicile. De bout en bout, des lacunes sont décelées.

«Est-ce que la légalisation envisagée ne posera pas plus de questions pratiques qu’elle n’en résoudra, notamment par rapport aux contrôles du nombre de plants autorisés pour la culture par une communauté domestique?»

C’est Brigitte Konz, la présidente du tribunal d’arrondissement de Diekirch, qui résume le mieux les nombreuses interrogations énoncées dans les avis rendus par les autorités judiciaires sur le projet de loi visant à légaliser partiellement le cannabis récréatif au Luxembourg.

La liste des «difficultés et incongruités» mises en avant notamment par le parquet général est longue : contradictions, inégalités de traitement, manque de clarté, oublis, grave erreur de logique ou encore porte grande ouverte aux abus.

Bref, la ministre de la Justice, Sam Tanson, est renvoyée à ses études. Le premier avocat général, Serge Wagner, se montre le plus sévère. Il appelle à «revoir en profondeur» le texte, qui n’est pas prêt à être soumis de sitôt au vote des députés.

Se procurer des semences ? Illégal !

La justice décèle des failles à tous les étages, à commencer par l’acquisition des semences pour cultiver ses plants de cannabis à domicile jusqu’à l’impossibilité pour la police de contrôler effectivement le nouveau cadre légal.

Le projet de loi repose sur deux axes majeurs : la légalisation de la culture et de la consommation domestique de cannabis récréatif et l’allègement des sanctions pénales pour la détention ou le transport de petites quantités de cannabis sur la voie publique.

Le principe même du «choix politique» de réduire, grâce à cette ouverture, les risques induits par la consommation de cannabis et de prévenir, par ricochet, la criminalité est remis en question par les magistrats. Le parquet général estime que «le projet de loi ne semble pas prendre en considération la situation d’un trafiquant de drogue cultivant de manière professionnelle de grandes quantités de plantes et agissant dans le cadre d’une association ou organisation criminelle. Il risque apparemment les mêmes peines que celui qui a cultivé cinq ou six plantes pour sa consommation personnelle.»

«Aucune circonstance aggravante n’étant prévue, n’encourra-t-il qu’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement?», s’interroge le parquet de Luxembourg.

Les problèmes détectés dans le texte commencent néanmoins bien plus tôt. Le projet de loi resterait ainsi «muet quant à la question de savoir par quel moyen le consommateur devra se procurer les semences et les graines pour la culture de plantes».

Le parquet de Diekirch rappelle que «l’importation de graines de cannabis reste interdite et constitue dès lors une infraction pénale». Afin d’éviter de se retrouver dans l’illégalité avant même de lancer sa culture privée, le procureur Ernest Nilles suggère d’autoriser les boutiques de CBD à importer et vendre les graines.

Cannabis à domicile, (futur) mode d’emploi

PLANTS Un ménage ou une communauté de vie peuvent cultiver en toute légalité un maximum de 4 plants de cannabis. La plantation peut se situer à l’intérieur ou à l’extérieur, mais elle ne doit pas être visible depuis la voie publique.

CONSOMMATION L’herbe cultivée doit être consommée à domicile. Il restera interdit de fumer son joint en public. La culture et la consommation restent interdites aux mineurs.

POSSESSION Il est prévu de procéder à une «décorrectionalisation» de la consommation, de la possession et du transport en public. La limite est fixée à 3 grammes. Un simple avertissement taxé de 145 euros sera dressé. Le cannabis sera saisi et détruit. L’amende est haussée à 300 euros, voire à 500 euros, en cas de refus de payer l’amende.

POURSUITES Toute possession de plus de 3 grammes va faire l’objet d’une procédure pénale. Un procès-verbal sera dressé et une comparution devant un juge d’instruction restera de mise.

MOBILITÉ La tolérance zéro prévaudra pour la conduite sous l’influence du cannabis.

La justice fait en outre remarquer que le texte semble prévoir la culture de cannabis uniquement dans un jardin privatif, mais pas dans une résidence comptant des dizaines d’appartements. «Il est évident que les propriétaires qui sont opposés à la culture (…) de cannabis peuvent être incommodés par l’odeur dégagée par les plantes (…) cultivées par d’autres copropriétaires», avance le parquet général.

Un règlement de copropriété interdisant la culture n’est pas forcément possible «au vu de la teneur du projet de loi». De plus, la police, qui serait certainement appelée à «d’innombrables reprises», ne pourrait que difficilement intervenir. «Même les réclamations (…) d’un voisin ayant des enfants en bas âge, importuné par les fumées de cannabis et ayant une vue directe sur la plantation seraient insuffisantes pour justifier un contrôle policier (…)», développe le premier avocat général.

D’une manière plus globale, les autorités judiciaires mettent en lumière toute une série de questions pratiques, notamment en ce qui concerne les contrôles sur la voie publique. «L’agent devra être en possession d’une balance électronique pour peser la substance (avec ou sans emballage ?) et d’un test rapide pouvant déterminer s’il s’agit effectivement de cannabis ou au contraire de CBD légal ou d’une autre substance légale», énumère Ernest Nilles.

«Les tests rapides étant cependant peu fiables pour déterminer le taux de THC, l’agent sera dans l’embarras pour déterminer l’illégalité du produit entre ses mains (…)», poursuit le haut magistrat. Le projet de loi serait aussi trop flou en ce qui concerne la saisie et la destruction des substances illégales trouvées sur un suspect.

La justice privée de moyens

D’autres points d’interrogation concernent la définition de la visibilité des plants depuis la voie publique. «On peut (…) s’imaginer qu’une personne pensant respecter la législation, alors que ses plantes ne sont pas visibles immédiatement depuis la voie publique, puisse néanmoins être pénalement poursuivie parce que ses plantes peuvent être aperçues à partir d’un point plus éloigné (…)», fait remarquer le tribunal d’arrondissement de Luxembourg.

Enfin, la justice regrette le fait que le projet de loi la privera des moyens dont elle dispose pour lutter contre la toxicomanie. «La décorrectionnalisation souhaitée (…) entraînera nécessairement la perte pour les forces de l’ordre des pouvoirs d’investigation en matière de flagrant délit, à savoir entre autres la possibilité d’effectuer des perquisitions, saisies et fouilles corporelles. De même, aucune instruction ne pourra être ouverte, le juge d’instruction étant incompétent en matière de contraventions.»

L’État compte cultiver du cannabis

On sait depuis plusieurs mois déjà que le gouvernement voulait mettre en route avant la fin de la législature en cours un cadre légal pour la culture, sous contrôle étatique, du cannabis médical au Luxembourg.

La nouveauté, annoncée fin juillet, est qu’une fois cette étape achevée, le cap sera également mis sur un projet de loi visant à lancer une chaîne de production étatique de cannabis récréatif. Les deux textes doivent encore être soumis en 2023 à la Chambre des députés.

Le Luxembourg compte observer de près comment les choses vont évoluer aux Pays-Bas, où une chaîne de production doit être lancée au premier trimestre 2023. Dans un premier temps, le Grand-Duché va néanmoins se limiter à la culture de plants en privé.

Le projet de loi, remis aux mains des députés, suscite toutefois des critiques (lire ci-dessus). Suivront les deux textes qui permettront à l’État de cultiver du cannabis à grande échelle. Importante précision : il semble d’ores et déjà exclu que la consommation en public soit autorisée.

Les yeux rivés sur l’ONU et l’Allemagne

Le parquet de Luxembourg renvoie dans son avis aux obstacles qui se présentent à l’international pour légaliser le cannabis récréatif. En effet, une convention de l’ONU force les parties signataires à limiter «exclusivement à des fins médicales et scientifiques la production, la fabrication (…), la distribution, le commerce, (…) et la détention (de) stupéfiants».

Il existe aussi le risque de se heurter aux accords de Schengen. La présidente du tribunal de Diekirch plaide donc pour une «solution européenne» qui répondrait «aux craintes quant à un pèlerinage vers le Luxembourg pour l’acquisition de cannabis (…)».

Au moins, le gouvernement juge-t-il «utile» que les législations du Luxembourg et de l’Allemagne sur le cannabis «s’agencent autour des mêmes principes et objectifs».

Outre-Moselle, il est prévu d’autoriser la vente de cannabis dans les magasins spécialisés et éventuellement dans les pharmacies (20 à 30 grammes). La culture personnelle privée sera autorisée et limitée à trois plantes.

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Tabac, cannabis, écrans, alcool : comment repérer l’addiction chez l’adolescent ?

Écrit par Hélène Joubert

L’addiction est un engrenage infernal : les substances psychoactives (drogues, tabac…) libèrent la dopamine (l’hormone du plaisir immédiat), qui active différentes zones du cerveau reliées entre elles (circuit de la récompense). Cette libération de dopamine procure un afflux de plaisir et, en contrepartie de cette satisfaction, la substance va demander au cerveau de continuer de consommer.

Un cerveau plus vulnérable chez l’adolescent

Chez l’ado, certaines régions frontales du cerveau encore immatures impliquées dans la planification et le contrôle du comportement sont peu activées. A l’inverse, la région de l’amygdale, qui gère les émotions et le stress, est suractivée, d’où une vulnérabilité exacerbée. « Chez l’adolescent, les conduites addictives ou d’usage à risque ont 4 fonctions : ressembler aux autres (mimétisme convivialité), jouir (transgresser, expérimenter, planer), assurer (s’adapter, contrôler, soulager, alerter) mais aussi fuir (disparaître, ne plus penser, délirer) » explique le Pr Catherine Laporte, médecin généraliste responsable du kit addictions du Collège de la médecine générale.

Les signes qui doivent inquiéter les parents

« Contrairement aux adultes, les adolescents n’ont pas les capacités de verbaliser leur mal-être« , précise Yara Bou Nassif, psychologue. Il voit moins ses amis, reste seul, se plaint de douleurs diffuses. Il dort mal, ne mange plus comme avant. « Un adolescent qui arrête les activités qu’il apprécie, dont les résultats scolaires déclinent brutalement…, tout cela doit alerter« , ajoute le Pr Laporte. La prévention est l’élément clé car plus la consommation s’installe tôt, plus le risque de développer une dépendance existe.

Les principales addictions chez l’adolescent

Le tabac

17,5 % des lycéens fument au quotidien, avec une augmentation continue entre la classe de seconde (14 %) et la terminale (21,5 %).

Ce qui doit alerter : une haleine et des vêtements qui changent d’odeur, les doigts jaunis, une certaine agressivité lorsque privé de cigarettes.

Les risques : des parcours scolaires plus difficiles et des abandons de scolarité plus nombreux. À l’âge adulte, des risques prouvés de cancers, en particulier des voies aérodigestives supérieures et des poumons, bronchites chroniques et pathologies cardiovasculaires. 75.000 décès annuels sont attribuables au tabac.

Comment l’aider : le médecin généraliste pourra éventuellement lui prescrire des substituts nicotiniques. La cigarette électronique peut être une option à condition qu’elle soit transitoire.

L’alcool

12 % des jeunes de 17 ans sont consommateurs réguliers (au moins 10 fois par mois). 41,5 % des lycéens ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API ou binge drinking). Elle consiste à boire au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion dans le mois.

Ce qui doit alerter : les troubles de l’attention, le décrochage scolaire, l’isolement, et, dans des cas extrêmes, des tremblements.

Les risques : le binge drinking entraîne une destruction importante de neurones, affecte l’apparition de nouveaux neurones, provoque des accidents de la route, des chutes graves voire mortels, et, une fois à l’âge adulte, des maladies du foie et certains cancers : 49.000 décès par an lui sont attribuables.

Comment l’aider : « Nuancez vos propos en expliquant que prendre un verre peut faire partie de l’amusement mais que boire beaucoup entraîne la perte de maîtrise de soi, avec de nombreux risques à la clé« , conseille Yara Bou Nassif. Si la consommation problématique perdure et s’amplifie, des unités au sein des hôpitaux et des structures médico-sociales, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), peuvent prendre en charge l’adolescent.

Le cannabis

48 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis et 9 % sont des fumeurs réguliers. L’usage problématique ou la dépendance concerne 2 % des 18-64 ans et 8 % des 17 ans.

Ce qui doit alerter : « Des fringales inhabituelles, des yeux rouges, des sautes d’humeur ou un besoin d’isolement inhabituel » précise Maria Poblete, auteure de Cannabis : aider mon ado à s’en sortir ?Éditions L’Etudiant.

Les risques : le cannabis affecte le développement des neurones. « Plus il est consommé jeune, plus les perturbations de certaines fonctions (mémoire de travail et donc raisonnement, jugement ou compréhension du langage) sont importantes et irréversibles. Il compromet l’avenir scolaire et professionnel et le rend vulnérable vis-à-vis des troubles psychotiques, en particulier schizophréniques » indique le Dr Laporte.

Comment l’aider : proposez-lui d’en parler à un psy, ou encore de contacter un service spécialisé.

Les réseaux sociaux

A 15 ans, 5 % des garçons et 15 % des filles sont accros aux plateformes (Facebook, Instagram, TikTok….).

Ce qui doit alerter : il a les yeux rivés en permanence sur son smartphone. Il ne supporte pas de rater une info et répond à toutes les sollicitations ou aux personnes qui postent des infos. Il se met beaucoup en scène sur ses comptes.

Les risques : « Plus de 3 heures sur les réseaux sociaux par jour peut créer des troubles psychiques« , précise le Dr Laporte. « L’excès d’usage perturbe l’attention, le sommeil et les relations sociales« .

Comment l’aider : en mesurant avec lui le temps passé sur les réseaux et en lui proposant une aide psychologique et/ou les thérapies cognitivo-comportementales.

Les jeux vidéo

La proportion de joueurs « problématiques » est passée de 11 % en 2014 à 34,8 % des jeunes aujourd’hui, dont 21,9 % de joueurs « excessifs« , pratiquant des jeux, légaux comme illégaux, avec argent ou pas.

Ce qui doit alerter : des débits inhabituels sur son compte en banque ou sur votre carte de crédit, des sautes d’humeur avec des accès d’agressivité, une grande fatigue (il perd la notion de temps), un isolement (il voit moins ses copains)…

Les risques : la durée inadaptée consacrée à cette activité et le fait de perdre ou de gagner de l’argent risquent de détruire son avenir professionnel et social.

Comment l’aider : en étant disponible, en conservant des activités communes de loisirs et en prenant rendez-vous avec un spécialiste des addictions ou un psychothérapeute, si cela s’avère nécessaire.

Le rôle de la génétique dans l’addiction

Les adolescents, comme les adultes, ne sont pas tous égaux devant l’addiction. Les facteurs biologiques entrent en jeu, comme le terrain génétique et les antécédents familiaux : si l’un des parents ou l’un des membres de la famille présente une addiction, l’ado aura un risque plus élevé d’en développer une

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Fumer du cannabis pourrait être plus nocif pour les poumons que le tabac

[EN VIDÉO] Interview : le cannabis, une substance anticancérigène ? En France, la question du cannabis reste sensible puisque, selon les estimations, plus de 4 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans en auraient déjà consommé. Ce stupéfiant fait l’objet de nombreuses études aux conclusions contradictoires. Futura est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur cette substance.

Les effets néfastes de la cigarette sur les poumons sont bien connus. Le tabac est responsable de 80 à 90 % des cas de cancer du poumon et de 85 % des cas de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les conséquences du cannabis sur les poumons sont moins connues. Serait-il encore plus nocif que le tabac ? Une étude publiée récemment s’est penchée sur la question.

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé en France. Presque un adulte sur deux en a déjà consommé. Il jouit d’une image positive, surtout auprès des jeunes. Il serait moins toxique que la cigarette car « plus naturel », dénué de produits chimiques et de goudrons. Pourtant, il est fumé sans filtre contrairement aux cigarettes. De plus, certains modes de consommation du cannabis incitent à inspirer très profondément et à garder très longtemps la fumée dans les poumons. Qu’en est-il vraiment ? Une équipe s’est penchée sur les effets du cannabis sur l’appareil respiratoire, en les comparant aux effets du tabac. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Radiology.

Des emphysèmes plus fréquents chez les fumeurs de cannabis

Cent-quarante-six personnes ont été incluses dans l’étude :

  • 56 fumeurs de cannabis : 34 hommes et 22 femmes, moyenne d’âge 49 ans ;
  • 57 non-fumeurs : 32 hommes et 25 femmes, moyenne d’âge 49 ans ;
  • 33 fumeurs de tabac : 18 hommes et 15 femmes, moyenne d’âge 60 ans.

Des radiographies pulmonaires de chacun des participants ont pu être analysées. La fréquence des emphysèmes a été comparée entre les différents groupes. L’emphysème est une des complications de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Lors de la BPCO, les alvéoles pulmonaires sont progressivement détruites. Dans l’emphysème, ces zones mortes se détendent en augmentant de volume, comprimant la cage thoracique.

Les emphysèmes étaient plus fréquents chez les fumeurs de cannabis que chez les non-fumeurs mais pas plus fréquents que chez les fumeurs de tabac. En revanche, dans une analyse en sous-groupes restreints appariés selon l’âge (n=92), les emphysèmes étaient plus fréquents chez les fumeurs de cannabis que chez les fumeurs de tabac du même âge et que chez les non-fumeurs du même âge.

Il existe de nombreuses façons de consommer du cannabis. © Thought catalogue, Unsplash

IL EXISTE DE NOMBREUSES FAÇONS DE CONSOMMER DU CANNABIS. © THOUGHT CATALOGUE, UNSPLASH

Des taux d’inflammation plus élevés chez les fumeurs de cannabis

D’autres indicateurs de l’inflammation des voies respiratoires ont pu être étudiés grâce aux radiographies pulmonaires : taux d’épaississement bronchique, bronchectasie, impaction mucoïde. Ils étaient tous plus élevés chez les fumeurs de cannabis que chez les fumeurs de tabac ou que chez les non-fumeurs, quel que soit le type d’analyse (au total ou en sous-groupe).

Une des limites de cette étude est que certains fumeurs de cannabis étaient aussi fumeurs de tabac. Par ailleurs, le cannabis se consomme souvent mélangé à du tabac. Enfin, il n’a pas été fait de différence entre les différents types de consommation de cannabis. Des recherches plus approfondies sont nécessaires sur le sujet. Néanmoins, elles sont difficiles à mener du fait que le cannabis est illégal dans de très nombreux pays.

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Drogues : les consommateurs sont plus à risque de développer une fibrillation auriculaire

Les effets délétères des drogues sur la santé sont bien connus. Néanmoins, les scientifiques continuent de les étudier. Une équipe de chercheurs de l’Université de Californie aux Etats-Unis vient de découvrir un risque de fibrillation auriculaire (FA) augmenté chez les consommateurs de cannabis, de cocaïne, d’héroïne mais aussi d’opiacés.

Sommaire

  1. Une étude sur plus de 23 millions de personnes
  2. Plus la drogue est dure, plus le risque de fibrillation augmente
  3. Qu’est ce que la fibrillation auriculaire ?
  4. Des études complémentaires sont nécessaires

Les drogues, qu’elles soient considérées comme « douces » ou « dures » ou qu’elles soient légales (comme les médicaments opiacés) ont toutes des effets néfastes sur la santé. Elles sont néanmoins considérées comme telles car certaines semblent effectivement plus destructrices que d’autres, pour l’organisme.

Une étude sur plus de 23 millions de personnes

Pour étudier les effets du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et des opiacés sur le système cardio-vasculaire, les chercheurs ont examiné le risque d’arythmie cardiaque chez les utilisateurs de ces drogues.

Ils ont pour cela analysé les données de chaque admission à l’hôpital et de chaque visite dans les établissements chirurgicaux ambulatoires et les services d’urgence en Californie de 2005 à 2015, recueillant des informations auprès d’un total de 23 millions de personnes.

Seule une fraction des patients inclus dans l’étude consommaient des drogues : 132 834 consommaient du cannabis, 98 271 consommaient de la méthamphétamine, 48 700 consommaient de la cocaïne et 10 032 consommaient des opiacés.

Plus la drogue est dure, plus le risque de fibrillation augmente

Résultats : les consommateurs de cannabis étaient 35 % plus susceptibles de recevoir un diagnostic de fibrillation auriculaire dans la décennie que les non-consommateurs. Les risques sont encore plus importants pour les personnes consommant de la cocaïne ou de l’héroïne/opioïdes avec respectivement 61 % et 74 % de risque de FA.

Qu’est ce que la fibrillation auriculaire ?

On parle de fibrillation auriculaire lorsque les cavités supérieures du cœur, ou les oreillettes, battent de manière chaotique et désynchronisée avec les cavités inférieures, ou ventricules, du cœur. La fibrillation auriculaire peut entraîner des AVC, une insuffisance cardiaque et d’autres complications sur le système cardio-vasculaire.

Pour l’auteur principal de ce travail, le Dr Gregory Marcus, professeur de médecine à l’UCSF au sein de la division de cardiologie, dont les conclusions ont été publiées dans la revue European Heart Journal, « il est fascinant de considérer que les substances inhalées se déplacent directement des poumons vers les veines pulmonaires, qui se vident dans l’oreillette gauche, et que les veines pulmonaires et l’oreillette gauche sont particulièrement importantes pour générer la FA ».

Des études complémentaires sont nécessaires

Interrogé sur cette étude, le Dr William Lowenstein, médecin interniste et Président de SOS Addictions salue ce travail : « C’est une volumineuse étude, très intéressante car elle concerne aussi bien les risques cardiovasculaires des médicaments légaux (opiodes) que ceux des substances illégales. C’est un premier pas nécessaire à l’information générale : ce n’est pas parce qu’une substance est interdite qu’il ne faut pas en étudier les risques physiques, en informer les usagers et envisager des stratégies de réduction des risques ».

Il apporte un bémol toutefois. Pour lui, « l’absence de précisions dans cette étude sur les doses responsables de FA ou la fréquence des consommations (occasionnelles ou chroniques, notamment pour la cocaïne) impose des études complémentaires pour élaborer des stratégies de réduction des risques ».

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Le ministre de la Santé s’est opposé à la légalisation du cannabis, jugeant ce produit plus dangereux qu’avant.

La teneur en THC de la résine comme de l’herbe de cannabis a bien augmenté.

Si le ministre de la Santé a reconnu avoir déjà fumé « deux, trois joints » dans sa jeunesse, il s’est dit fermement opposé à tout projet de légalisation du cannabis. Dans la lignée d’Emmanuel Macron, qui a progressivement durci sa position au fil des ans, François Braun est donc contre et a expliqué pourquoi sur RTL, le 29 octobre : « Ce n’est plus le même cannabis. Il faut être très attentif à ça. Les plants sont trafiqués, y compris génétiquement, par des trafiquants pour les rendre beaucoup plus addictifs. C’est dangereux pour la santé ».

Une concentration en THC plus grande dans la résine

Le cannabis est composé de deux principes actifs : le delta-9-tétrahydrocannabinol, aussi appelé THC, et le cannabidiol, alias le CBD. Leur concentration varie selon les produits consommés. Quelle différence entre les deux ? N’étant pas sans conséquence sur la santé, la consommation de THC « entraîne des effets euphorisants, une désinhibition et un sentiment de bien-être », rappelle Santé publique France (SPF). Mais c’est surtout cette substance qui a un « pouvoir addictogène », contrairement au CBD, qui possède simplement des « propriétés anxiolytiques, relaxantes ou sédatives ». 

Et la présence du THC a bel et bien augmenté dans le cannabis retrouvé dans les saisies. « La teneur moyenne en THC de la résine de cannabis a plus que doublé en dix ans, passant de 12,3% en 2011 à 26,7% en 2020, tandis que, dans la même période, celle de l’herbe a progressé de 25% (de 10,4% en 2011 à 13,0% en 2020) », constate l’OFDT, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, à partir des remontées de la police judiciaire. Au début des années 2000, le taux de THC de la résine de cannabis était plutôt estimé entre 9% et  13%, selon l’OFDT. Celui des échantillons d’herbe variait quant à lui de 6% à 13%.

En Europe, la teneur moyenne en THC de la résine de cannabis est de 21% – Observatoire européen des drogues et des toxicomanies

À l’échelle européenne, le taux de THC retrouvé dans la résine de cannabis est légèrement plus bas. Depuis Lisbonne, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies a publié son rapport de 2022 sur l’usage de plusieurs substances dans les pays de l’UE.

Il relève qu’« au cours de la dernière décennie, les prix indexés de l’herbe et de la résine de cannabis sont restés relativement stables, tandis que la teneur moyenne en THC de ces deux formes a augmenté ». Et que « la teneur moyenne en THC de la résine (21 %) est presque deux fois supérieure à celle de l’herbe de cannabis, qui est généralement d’environ 11 % ». Dans ce contexte, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’attelle à mettre à jour son rapport sur les « conséquences sanitaires et sociales de la consommation de cannabis à des fins non médicales ». Une publication est attendue avant la fin de l’année 2022.

Maintenant, que sait-on de la dépendance liée à cette substance ? Dans son étude citée plus haut, Santé publique France souligne que « contrairement à ce qui a longtemps été affirmé, les données actuelles montrent qu’environ 10 % des personnes qui expérimentent le cannabis deviennent dépendantes ». Celle-ci monte à 50% pour les consommateurs quotidiens.  

En France, si le ministre de la Santé ferme la porte à une légalisation du cannabis, les parlementaires se penchent régulièrement sur le sujet. En juillet dernier, une note sénatoriale, réalisée à la demande de la sénatrice Catherine Conconne, s’est penchée sur la législation des pays voisins. Elle constate que l’ensemble des pays étudiés, de l’Allemagne au Portugal jusqu’aux Pays-Bas, « a dépénalisé la consommation du cannabis, à l’exception de la Suisse », où la consommation reste une infraction pénale.

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Caroline Quevrain

Cannabis : les publicités du gouvernement

Depuis la dépénalisation en Thaïlande, les jeunes sont de plus en plus nombreux à consommer du cannabis

La Thaïlande a dépénalisé en juin 2022 la culture du cannabis chez soi et sa consommation. Le nombre des moins de 20 ans en consommant a été multiplié par deux. Une situation inquiétante, selon les médecins.

Courrier international

Réservé aux abonnés Publié hier à 16h19 Lecture 2 min.

Un étal de cannabis à Pattaya, en Thaïlande, le 15 août 2022.
Un étal de cannabis à Pattaya, en Thaïlande, le 15 août 2022. 
PHOTO THOMAS DE CIAN/NURPHOTO/AFP

Selon le Centre d’étude sur les addictions (CADS), “le nombre de personnes de moins de 20 ans consommant du cannabis à titre récréatif a doublé depuis que l’usage de la plante a été dépénalisé” en Thaïlande en juin,

 écrit le quotidien conservateur Bangkok Post.

“Cette augmentation inquiète les personnes critiques vis-à-vis de cette nouvelle politique, du fait de l’impact de la plante sur la santé mentale et physique des jeunes”, écrit le journal, qui précise que la proposition de loi devant encadrer la dépénalisation est dans l’impasse.

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De nouvelles études soulignent le danger du« nouveau » cannabis

Interview du Professeur Costentin par Atlantico

Selon plusieurs publications scientifiques, la consommation de marijuana riche en THC conduit à certains symptômes de psychose pour 40% des consommateurs. Une consommation régulière conduit 35% des fumeurs à une rupture psychotique complète.


Atlantico :

Selon plusieurs études, la consommation de marijuana conduit à de légers symptômes de psychose pour 40% des consommateurs. Une consommation régulière, avec notamment des produits riches en THC, conduit 35% des consommateurs à une rupture psychotique complète. La probabilité de devenir bipolaire ou schizophrène est de 50%. Quel est l’ensemble des effets secondaires de la marijuana ?

Avons-nous sous-estimé les effets néfastes de cette substance ?
Jean Costentin : De longue date ces effets néfastes ont été tus ou sous-estimés. En 1840 un psychiatre, on disait alors un «aliéniste» Jacques-Joseph Moreau (dit Moreau de Tours) publiait un livre intitulé « Du haschisch et de l’aliénation mentale ». Il y a une trentaine d’années l’alerte a été donnée par une pédopsychiatre d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, Marie/Louise Arsenault. Elle a suivi une cohorte de 1.000 adolescents qui avaient commencé à fumer du cannabis entre 12 et 15 ans. Si cette tranche d’âge peut surprendre, il faut savoir que c’est désormais au collège que les jeunes français commencent à expérimenter la consommation
de cannabis.


La Nouvelle-Zélande à l’époque dans cette étude était particulièrement victime du laxisme qui prévalait sur cette drogue, à l’instar de la situation qui prévaut en France actuellement, et qui fait de nous les tout premiers consommateurs de cannabis des 28 Etats européens. A cette période, le cannabis était quatre à cinq fois moins dosé en THC que celui qui prévaut actuellement sur le marché.


Le groupe de ces 1.000 gamins consommateurs a été entouré de 4.000 autres qui n’avaient pas encore commencé à cet âge-là. Elle a donné rendez-vous à tous ces jeunes à l’âge de 18 ans. Elle a alors constaté que sur ces 1.000 jeunes qui avaient commencé à consommer du cannabis entre 12 et 15 ans, 10% d’entre eux étaient devenus schizophrènes ; que chez ceux qui avaient commencé à en consommer entre 15 et 18 ans, 2,5% d’entre eux étaient diagnostiqués schizophrènes ; et qu’enfin chez ceux, les plus nombreux, qui n’avaient jamais consommé de cannabis ni d’autres drogues, 1% d’entre eux étaient schizophrènes à cet âge de 18 ans.

Car oui, hélas, on peut devenir schizophrène sans jamais avoir consommé de cannabis, Hélas car on saurait alors comment éradiquer cette maladie très grave.
Ainsi, quand on commence à consommer du cannabis entre 15 et 18 ans, le risque d’être diagnostiqué schizophrène est multiplié par 2,5 et quand on commence entre 12 et 15 ans, le facteur d’augmentation est multiplié par 10.


Les relations entre le cannabis et la schizophrénie sont donc établies de longue date. Un autre exemple concerne une étude suédoise qui remonte à une quarantaine d’années. Un psychiatre, Sven Andréasson, était surpris dans sa pratique psychiatrique de rencontrer des jeunes patients qui présentaient une schizophrénie, laquelle résistait assez notablement aux traitements antipsychotiques et, notamment à l’halopéridol, un médicament majeur dans cette pathologie.

Il est parvenu à faire avouer à un certain nombre de ces jeunes qu’ils étaient fumeurs de cannabis. Il s’est alors demandé si cette addiction n’était pas en cause dans la schizophrénie. Sven Andréasson a alors obtenu des autorités Suédoises des moyens
considérables pour effectuer une étude que l’on pourrait qualifier de gigantesque. Les 50.000 conscrits suédois de l’année 1970 ont tous été vus par des psychologues et des psychiatres ; ce qui a permis d’éliminer de l’étude ceux qui étaient alors schizophrènes à 18 ans.

Il fut demandé à chacun des autres d’indiquer qu’elle été sa consommation de cannabis avant la conscription.
L’ étude s’est poursuivie pendant les quinze années ultérieures en suivant l’évolution de la santé mentale ces jeunes gens durant la période comprise entre leurs 18 et 33 ans, et ce grâce au registre des maladies mentales qui existe en Suède. Ce registre permet, lorsque l’un de ces jeunes se présente à une structure de soin pour des troubles psychiatriques, d’en connaître le diagnostic ; ainsi fut suivie l’évolution de la santé mentale de ces jeunes gens.


En 1981, après compilation de toutes ces données, la conclusion de cette étude a été publiée dans une revue majeure du monde médical, « The Lancet ». Elle conclue que le fait d’avoir fumé /plus de 50 « joints » en tout avant l’âge de la conscription (18 ans en Suède) a multiplié par 6 chez ces jeunes gens le risque de devenir schizophrène au cours des quinze années qui suivirent.


Si cette étude avait été suffisamment relayée par les médias et notamment auprès des décideurs politiques, ils auraient sans doute eu une autre attitude vis-à-vis du cannabis que ce laxisme qui a permis à cette drogue de diffuser en France, à un tel niveau ; laissant 1.500.000 des nôtres en devenir des consommateurs réguliers, approvisionnés par plus de 200.000 dealers.

Les Français devenus les tous premiers consommateurs de cannabis parmi les 28 Etats membres de l’Union européenne.
Le cannabis consommé actuellement comporte un taux moyen de THC qui a été multiplié par 6,5 au cours des trente dernières années. De nouveaux modes de consommation augmentent la dose de THC qui est cédée à l’organisme de ses consommateurs, via la pipe à eau, via le détournement de la cigarette électronique avec de l’huile de cannabis.


Le cannabis fumé sur les barricades de Mai 1968 n’a plus rien à voir avec le cannabis d’aujourd’hui.
Peut-on comparer la « marijuana médicale » à un opioïde ? Pourquoi a-t-on tendance à faire le rapprochement ?
Ces drogues, le THC du cannabis, la morphine de l’opium et tous ses dérivés agissent sur le système de récompense du cerveau. Ces drogues ont en commun d’intensifier la libération d’un neuromédiateur, la dopamine, « le neuromédiateur du plaisir » dans une très petite structure du cerveau, le noyau accumbens.

Qu’un individu consomme de l’alcool, fume du tabac, fume du cannabis, s’injecte de l’héroïne, ou avale du tramadol ou de la codéine, cela a pour effet d’augmenter cette libération de dopamine, suscitant de ce fait une sensation de plaisir. Il y a par ce mécanisme une communauté d’action entre toutes les drogues avec néanmoins, de l’une à l’autre, des intensités différentes.

En bref, toutes les drogues intensifient la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens, au service de la perception du
plaisir. Lorsque la concentration de la drogue diminue dans l’organisme, et plus encore lorsque le sujet est privé de sa drogue, le plaisir associé à la transmission de dopaminergique qui était important fait place à un très vif déplaisir.

Pour échapper à cette sensation pénible, à cette frustration, à cette incomplétude le sujet est alors très incité à reprendre de la drogue. Ce besoin tyrannique de consommer est la caractéristique de la dépendance, de l’addiction.
Lors de l’usage régulier du cannabis, alors que l’usage erratique « l’us » a fait place à « l’abus », une tolérance à ses effets recherchés s’installe progressivement.

Alors qu’au début un joint tous les trois jours suffisait à procurer ce plaisir, l’effet diminuant au fil des usages, le consommateur passe alors à un joint tous les jours, puis plusieurs. J’ai eu en consultation un patient de 17 ans qui était à 20 joints par jour ! Il n’était pas beau à voir le pauvret. Il faut insister sur le fait qu’il est très difficile, voire impossible, de sortir de son addiction un sujet dépendant du cannabis.
Les effets épigénétiques du cannabis qui commencent à être bien connus sont aussi des données qu’il est très important de porter à la connaissance du plus large public possible et des décideurs. Ce qui permettrait de clore ces discussions de plus en plus oiseuses sur la légalisation de cette drogue. Le fait de consommer du cannabis modifie durablement l’expression de certains gènes.

Ces modifications épigénétiques peuvent être transmises par l’individu consommateur à sa progéniture.
Le travail princeps sur ce sujet a été réalisé par l’équipe de Yasmin Hurd, directrice de l’Institut de toxicomanie du Mount Sinaï (U.S.A.). Elle a eu accès à des fœtus de 20 semaines qui consommaient du cannabis. Elle a comparé dans leur cerveau, au niveau du noyau accumbens sorte de centre du plaisir, le nombre de récepteurs sur lequel agit la dopamine.

Elle a constaté, comparativement aux fœtus du même âge issus de mères qui ne consommaient pas de cannabis, une baisse de plus de 50% des récepteurs de la dopamine.
Les chercheurs ont répliqué l’expérience chez des rats, administrant du cannabis, en fait du THC, à des femelles en gestation. Ils ont constaté que les ratons présentaient (comme les fœtus humains) une baisse du nombre de récepteurs de la dopamine dans leur noyau accumbens. Ils ont constaté que cette diminution persistait au long cours, puisque les petits ratons devenus grands présentaient toujours cette baisse des récepteurs de la dopamine et qu’ils présentaient une plus grande appétence pour la consommation de produits stupéfiants, que les rats issus de mères qui n’avaient pas reçu de THC pendant leur gestation.

Un même constat a été effectué quand des rats géniteurs mâles et femelles, recevaient du THC de façon semi-chronique, avec une longue période d’interruption précédant leur accouplement. Cet héritage épigénétique ne se limite pas à cette vulnérabilité aux drogues, elle concerne aussi une vulnérabilité à la dépression, à la schizophrénie, à des déficiences des capacités d’apprentissage /de cognition, à des diminutions de réponses immunitaires, à l’autisme même, à des malformations congénitales…


Ces connaissances nouvelles doivent interroger chaque consommateur de cette drogue sur ses dangers, et ériger le dogme « Fumer du cannabis ou se reproduire, il faut choisir »… Cette transmission intergénérationnelle des vulnérabilités constitue un véritable problème de santé publique.
L’Académie nationale de médecine a publié un communiqué très important en ce sens il y a six mois afin d’alerter sur les effets épigénétiques de différentes drogues : tabac, alcool, cocaïne, cannabis et sur leurs dangers.
Une addictologue affirmait que « de Big Tobacco à Big Pharma en passant par Big Marijuana, ce sont les mêmes personnes et le même schéma ».

Que veut-elle dire ? Dans quelle mesure les géants industriels ont-ils leur part de responsabilité dans les addictions ? Les mêmes subterfuges sont souvent utilisés pour conquérir un marché, avec la promesse de royalties qui peuvent occulter tout respect de l’humain.
En matière d’industries pharmaceutiques, par nature plus préoccupées par l’éthique que d’autres industries, elles ne semblent pas à l’abri de tentations mercantiles. La crise des opioïdes aux U.S.A. à l’intersection entre certains médecins galvaudant la prescription des analgésiques opioïdes ou opiacés avec les pressions de certains de ces laboratoires qui les produisent, a conduit l’an passé à plus de 100.000 décès (plus que la somme des accidents routiers et des victimes des armes à feu qui défraient tant la chronique).

Le nombre de médicaments détournés de leur usage thérapeutique à des fins toxicomaniaques interpelle également.
Dans un registre concernant par nature les addictions, il faut souligner que le fait de fumer du tabac crée une appétence redoublée, par un phénomène épigénétique, pour le cannabis. Si l’on ajoute du cannabis au tabac, cela crée une appétence redoublée pour la cocaïne et pour l’héroïne.

Il ne faut dès lors pas s’étonner que le nombre de toxicomanes soit en expansion.
Avec les différentes drogues se déroule une véritable course de relais. Elle commence avec le tabac, le relai est passé ensuite au cannabis. Les stimulants arrivent ensuite avec la cocaïne, le crack ; puis le relai est passé à la buprénorphine, le trop fameux Subutex, qui fait l’objet de détournements massifs. Ses « bénéficiaires » vont le revendre à des jeunes toxicophiles, leur ouvrant la porte des agents morphiniques, ils vont même se l’injecter et la porte de l’héroïne pourra s’ouvrir à eux. Il s’agit en l’occurrence d’une des modalités du phénomène d’escalade, longtemps contesté, devenu désormais irréfragable.


Les industriels du tabac ont rendu celui-ci beaucoup plus addictif. Ils y ont ajouté des chromones, pour en modifier le parfum et la saveur. Ces adjuvants, lors de leur combustion, donnent naissance à des aldéhydes volatiles qui arrivent au cerveau et qui inhibent l’enzyme qui dégrade la dopamine ; intensifiant sa libération sous l’influence de la nicotine ; suscitant un plaisir plus intense et un déplaisir consécutif plus pénible, incitant très vite à allumer une autre cigarette Après avoir pris un certain recul quant au bilan de la légalisation du cannabis aux États-Unis, la France pourrait-elle se permettre de légaliser cette drogue ?


Sachant ce que l’on sait, il serait criminel de légaliser cette drogue. Il existe pourtant un fort très lobbying en France, pour y parvenir. Certains députés Renaissance, LR, PS, EELV, LFI.. ont constitué une mission parlementaire pour le développement du cannabis thérapeutique. La création d’une filière française de production du cannabis est anticipée en cas de légalisation dans ce sens et, rêvant déjà pour élargir ce marché les mêmes envisagent la légalisation du cannabis désigné par euphémisme de «récréatif».

Le lobbying de puissants groupes capitalistes aux aguets s’exerce jusqu’à l’Assemblée nationale, où la fameuse mission
parlementaire propose un référendum portant sur la légalisation de cette drogue.

Quelles sont les dernières études à ce sujet ?
Il y a en cours un simulacre d’étude sur les usages thérapeutiques potentiels du cannabis. Nombre de règles qui prévalaient en matière d’expérimentation clinique de médicaments potentiels y sont négligées, afin de justifier à tout prix l’usage thérapeutique du cannabis. On sait qu’il est le faux nez et le cheval de Troie du cannabis récréatif.

Tous les Etats qui l’ont légalisé à des fins « récréatives » sont passés par la case « cannabis thérapeutique »
Que le cannabis ait quelques effets thérapeutiques, c’est indiscutable, mais l’efficacité dans les multiples indications proposées est d’une modestie certaine. En matière de médicament la principale question qui doit être posée est celle du rapport Bénéfices/Risques.

Quels bénéfices pourrait retirer de sa prescription le patient pour ses maux, pour sa pathologie et à quels risques l’exposerait-on en lui prescrivant ce produit. En l’état des informations disponibles ce rapport bénéfices / risques est clairement négatif.

Néanmoins des études doivent être réalisées d’une façon rigoureuse, à l’abri des influences idéologiques et des pressions
économiques ; bref en complète rupture rupture avec le simulacre d’expérimentation actuelle, qui d’ailleurs patine.

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