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EVITER L’INGESTION DE CANNABIS PAR LES JEUNES ENFANTS : VOUS POUVEZ ÊTRE UTILE !


Une équipe de recherche du CHU de Bordeaux cherche des volontaires pour l’aider à construire des messages pour sensibiliser les parents aux ingestions accidentelles de cannabis par les enfants.
Vous êtes parents et consommateurs de cannabis ? Vous êtes les mieux placés pour aider le CHU de Bordeaux à construire des messages de prévention pour éviter les intoxications accidentelles de cannabis par les jeunes enfants.


CONTACT ET INFORMATIONS
Si vous êtes volontaire pour participer à la construction de ces messages de prévention, vous pouvez contacter l’équipe par e-mail : previac@chu-bordeaux.fr
Pour d’autres informations retrouvez également le message de Coline Bourreau dans le forum Appels à Témoins.
DES INTOXICATIONS PAR LE CANNABIS EN AUGMENTATION
Les ingestions accidentelles de cannabis par les enfants sont en constante augmentation. Ces ingestions accidentelles ont lieu le plus souvent dans le cadre familial, particulièrement durant la période estivale et lors des fêtes de fin d’année.
Ces intoxications peuvent être graves et amener les enfants en réanimation.
Drogues info service s’est déjà fait plusieurs fois le relais de ce problème : l’Agence du médication alerte de nouveau sur les intoxications au cannabis des jeunes enfants (août 2018), Intoxications au cannabis : attention aux jeunes enfants (février 2018) et Cannabis : ne le laissez pas à portée des enfants (2015).

NDLR : Il est encore plus facile de ne pas avoir de cannabis chez soi !

Propositions du CNPERT : Prologue et Synopsis

            IPrologue

Notre Nation est minée de longue date par les ravages physiques du tabac (75.000 décès annuels avec souvent, au préalable, de nombreux handicaps affectant la qualité de vie des tabagiques) et par les ravages physiques et psychiques de l’alcool (41.000 décès annuels, avec de nombreux handicaps et de grandes détresses psychiques et sociales, dont nombre d’actes de violence, sur les femmes et dans les familles). Tous ces drames sont la rançon du caractère licite de ces drogues et l’expression d’appétits capitalistes insatiables qui tirent de ces intoxications de masse, de somptueux bénéfices, que sans cesse  ils s’appliquent à faire croître.

L’attrait commun des humains pour les drogues est redoublé par d’éventuelles perturbations familiales, environnementales, relationnelles, éducatives… Cet ensemble est exacerbé par un appât du gain qui s’exprime à toutes les étapes du parcours des drogues. En regard de ces différents facteurs les considérations humanistes, morales et sanitaires ne pèsent pas lourd. C’est ainsi que l’on aboutit au désastre des toxicomanies, qui affecte particulièrement notre Nation ; puisqu’elle apparait en Europe aux premiers rangs des consommateurs de nombreuses drogues.

Le CNPERT affiche dans son intitulé les objectifs qu’il s’assigne : réunir les informations épidémiologiques et toxicologiques les plus pertinentes sur les drogues en circulation ; analyser l’importance de leur consommation et de leurs méfaits ; suggérer les moyens à mettre en œuvre pour contenir et mieux encore faire reculer leurs consommations.

            Pour les lecteurs pressés, sont synthétisées  en  trois pages les actions de prévention que nous suggérons,  et pour tous les autres lecteurs sont présentés  sur une vingtaine de pages les attendus et les modalités de mise en œuvre de ces suggestions.

Ces propositions s’adressent à tous les citoyens français, avec l’espoir qu’ils insuffleront à leurs élus leurs préoccupations et leurs requêtes. Le CNPERT vous prie donc d’en assurer la plus large diffusion et vous en remercie.

II – Synopsis des propositions du CNPERT

       visant à faire régresser les drogues et toxicomanies

            Tabac – Alcool

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de ces deux drogues.

-Mettre en œuvre dès maintenant toutes les dispositions permettant d’atteindre en 2030 l’ambition d’une génération sans tabac, exprimée par le Président de la République.

-Accroître les prix du tabac et de l’alcool.

-Faire respecter l’interdiction de leurs ventes aux mineurs.

-Généraliser les facultés et les hôpitaux « sans tabac ».

-Multiplier les messages de prévention.

-Interdire toutes les formes de leur publicité.

-Utiliser le nouveau service national pour faire des jeunes appelés des éducateurs dénonçant les méfaits de toutes les drogues.

-Réduire la production d’alcool, le degré alcoolique des vins, le volume des flacons de bière.

-Multiplier les contrôles routiers et professionnels de l’alcoolémie.

-Interdire les « happy hours » ; interdire les dons d’alcool par les alcooliers aux soirées festives comme incitation à la consommation.

-Lier la restitution d’un permis suspendu après constat d’une alcoolisation routière à une  vérification de l’abstinence attestée par la mesure dans les cheveux de l’éthylglucuronide.

-Encourager le développement d’une gastronomie pouvant se marier avec des boissons non alcooliques. 

-Supprimer les boissons alcooliques dans les « pots » d’entreprises et les réunions professionnelles.

-Interdire la vente et la consommation d’alcool lors des manifestations sportives.

-Responsabiliser les personnels des bars dans la prévention des ivresses.

-Rappeler que le fœtus ne supporte pas l’alcool ; qu’il est menacé par le syndrome d’alcoolisation fœtale ; les pictogrammes apposés sur les boissons alcooliques doivent être parfaitement lisibles.

Cannabis

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de cette drogue.

-Lutter contre les lobbies au service de la diffusion du cannabis ; dénoncer les médias qui sont leurs relais.

-Empêcher le détournement des e-cigarettes par des recharges « d’huile de cannabis » et des divers produits à base de cannabis ou de cannabinoïdes de synthèse.

-Interdire la vente aux mineurs des pipes à eau.

-Interdire la vente des feuilles de papier à cigarette « grand format », qui ne servent qu’à la confection de « pétards ».

-Signaler publiquement et au conseil de l’ordre, les comportements de certains addictologues qui banalisent cette drogue, en font l’apologie et militent pour sa légalisation.  

-Appliquer, en l’aménageant, la prohibition du cannabis édictée par la loi de 1970. L’amende de 200 € infligée au possesseur et/ou au consommateur de cannabis devrait être inscrite sur un fichier informatisé, permettant de multiplier son niveau au prorata du nombre de récidives ; avec au delà de 3 récidives, l’obligation de suivre un stage payant d’information sur les méfaits de la drogue ; stage comportant à son issue un contrôle des connaissances acquises (le stage étant réitéré si le niveau est insuffisant), avec mise en place d’un suivi médical comportant des contrôles urinaires périodiques.

-Faire évoluer la loi afin de pouvoir s’assurer que les urines sont exemptes de cannabinoïdes chez les candidats à l’inscription dans les facultés de Santé, aux épreuves du permis de conduire, à l’admission dans la police, la gendarmerie, l’armée, les professions de Santé, la magistrature, l’enseignement, ainsi qu’à des postes de responsabilité (surveillants des centrales nucléaires, conducteurs d’engins, chauffeurs des transports en commun…) ; des contrôles devront également pouvoir être effectués au cours de leurs carrières professionnelles.

-Dans le processus d’accréditation des hôpitaux psychiatriques, une large place doit être accordée à l’appréciation des mesures prises pour  y empêcher l’intrusion des drogues.

-Traquer les dealers et mettre à profit leur incarcération pour les former à des activités professionnelles, dont ils devront ultérieurement justifier de l’exercice.

-Appliquer des contrôles fiscaux pour faire justifier de ressources honnêtes ceux ayant un haut train de vie inexpliqué.

Opioïdes- morphiniques

-Ces analgésiques majeurs, opioïdes ou apparentés (tramadol), ne devront pas être prescrits sans raisons impérieuses ;

-Ne pas être prescrits trop tôt, à de trop fortes doses et trop longtemps.

-Mettre fin au détournement de la buprénorphine à haut dosage, destinée à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur ; cette buprénorphine que s’injectent désormais près de 100.000 de ses « bénéficiaires » ;  son détournement étant facilité par la forme Lyoc récemment commercialisée. Ne devrait être autorisée que la prescription de Suboxone®, qui prévient un détournement par la voie intraveineuse.

-Renforcer la surveillance de la délivrance de la buprénorphine à haut dosage (BHD) commercialisé sous le nom de Subutex®, pour empêcher les multi prescriptions  et multi délivrances qui,  par revente du produit, recrutent aux morphiniques de jeunes toxicophiles, qui vont plonger dans la morphinomanie (mode d’initiation estimé à 30%) .

-Inscrire l’usage des traitements de substitution aux opioïdes, dans un schéma de décroissance visant l’abstinence à plus ou moins long terme.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour les morphiniques.

Cocaïne et crack

-Accroître les dispositifs de surveillance et les saisies pour que la rareté des produits en accroisse le prix.

-Traquer les dealers autour des regroupements de crackers.

-Renvoyer dans leurs pays d’origine les crackers dealers en situation irrégulière.

-Traiter en clinique les crackers schizophrènes.

-Traiter en des centres spéciaux (à créer), fermés à tout apport de drogues, ceux dont la dépendance ne résulte pas d’un processus psychotique.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour la cocaïne.

Autres propositions

-Remplacer autant que possible les allocations en espèces par des allocations en nature dédiées au logement, à l’habillement, à l’alimentation par des bons ne permettant pas l’achat de boissons alcooliques ou de toute autre drogue.

-Instaurer une éducation civique sanitaire, de l’école à l’université et dans les filières professionnelles, accordant une très large place aux toxicomanies et au dopage.

-Arrêter le versement de subventions à des associations complaisantes avec les drogues et toxicomanies.

-Enseigner à tous ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, de ne pas confondre une indispensable empathie avec la moindre collusion.

-Contrôler de façon régulière le fonctionnement qualitatif et quantitatif des structures d’accueil et d’aide pour les personnes malades de la drogue (CAARUD, CSAPA…)

-Former de façon spécifique aux dangers des toxicomanies tous les professionnels qui exercent au contact des jeunes.

-Empêcher l’entrée dans les « rave parties » (pour autant qu’elles soient autorisées) de toutes les drogues illicites, par la fouille à l’entrée des véhicules et des participants ;

-Suppression des comptoirs où certaines associations se livrent à une analyse très sommaire des drogues qui leur sont soumises ; cette pseudo «réduction des risques» faisant croire au caractère légal de l’intoxication et donnant une fausse sécurité sur les produits consommés.

-Appeler « drogues » les drogues, et « toxicomanes » ceux qui en abusent, sans recourir à des circonvolutions langagières qui en dissimulent la nature et les dangers (telles  « substances », « substances psychoactives », « substances d’abus »..).

-S’attaquer au Cyber marché noir des drogues avec les techniques modernes permettant de l’entraver.

 -Traçage des paiements (dont « dark web ») des substances illicites, suppression des commerces déguisés de drogues sous formes de « sels de bain », « étalons pour laboratoire de chimie » ; effectuer la saisie des flux financiers générés par ces trafics internationaux.

Prochain Article : III -Développements des suggestions  précédentes : A – Introduction le 19 juin

Jeunesse en fumée

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…..Cliquez ici pour voir la vidéo sur France 2

Le cannabis a changé. Toujours plus puissant et addictif, il n’a plus rien à voir avec ce que certains fumaient il y a vingt ans. Or, les ados fument de plus en plus alors que les effets toxiques du cannabis sont prouvés sur le cerveau.

Perte d’attention et parfois de QI, déscolarisation, solitude affective et même, dans certains cas, conduites psychotiques : la « fumette » est devenue un enjeu de santé publique. Chez les jeunes, le cannabis a pourtant une bonne image. Il est réputé moins nocif que l’alcool ou la cigarette.

Les adolescents français en sont les premiers consommateurs d’Europe. « Jeunesse en fumée » leur donne la parole, sans filtre moralisateur.

Cannabis : la France est « le pays d’Europe où sa consommation baisse le plus »


En matière de sécurité, la lutte contre les trafics de stupéfiants fait partie des priorités affichées par le gouvernement. Mais quelle est la réalité du marché des stupéfiants en France, et notamment du cannabis, principale drogue consommée ? Réponses de la chercheuse Ivana Obradovic qui vient de consacrer un livre à ce sujet.

Quelle est l’ampleur du marché des stupéfiants en France ? L’une des dernières études consacrées à ce sujet, l’évaluait à 3,5 milliards d’euros en 2016. Soit un peu plus que le chiffre d’affaires atteint par les ventes de whisky dans l’Hexagone. Et près de la moitié des sommes générées par ces trafics de drogues provient de la vente de cannabis, sous différentes formes (résine, herbe…)

Autre estimation marquante : l’économie souterraine du cannabis emploierait, en France, 240 000 personnes. Cela correspond environ au nombre d’employés d’un groupe tel que La Poste​, note Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT), qui vient de publier un livre sur le sujet ( « Cannabis »​, éditions La Découverte).

Mais la comparaison s’arrête là. Le secteur du cannabis emploie des personnes assignées à des fonctions peu rémunérées […] Cette main-d’œuvre à bas prix forme un prolétariat du cannabis soumis à un fort turnover, du fait de conditions de travail inconfortables, sans garantie, et d’une forte exposition aux risques d’interpellation, de sanctions pénales mais aussi de représailles de concurrents​, précise la chercheuse.

Des trafiquants qui s’adaptent au marché

Autre constat : si le marché du cannabis s’est autant diffusé dans l’hexagone – il suffit de constater que les règlements de compte entre trafiquants ne sont plus l’apanage de villes comme Marseille et Paris, mais touche désormais bien d’autres agglomérations – c’est aussi parce que ce commerce a su s’adapter.

Auparavant, la résine de cannabis en provenance du Maghreb et d’Espagne était véhiculée par le biais de go fast : des transports rapides avec une voiture ouvreuse. Les trafiquants ont aussi recours, ces dernières années, au go slow : un transport mené avec une voiture ouvreuse sur les routes secondaires et en respectant les limitations de vitesse.

Et les ventes se sont développées sur la toile : sur le darknet, le web de surface, les réseaux sociaux… avec des livraisons à domicile, promotions du type trois grammes achetés, le quatrième offert ​ou des opérations spéciales lors de la Saint-Valentin et du Black friday.

Ils expérimentent avant 14 ans

Malgré une législation parmi les plus répressives d’Europe, la consommation de cannabis en France reste supérieure à la moyenne communautaire. En 2021, une personne sur quatre (11-75 ans) en avait déjà consommé, soit 18 millions d’individus.

A 16 ans, 13 % des jeunes ont fumé du cannabis dans le dernier mois (deux fois plus que la moyenne européenne). Plus inquiétant encore, 4,5 % des adolescents interrogés en 2019 ont admis avoir expérimenté ce stupéfiant avant 14 ans. Par rapport à d’autres jeunes d’Europe, les représentations du cannabis des adolescents français minimisent les risques. Certains d’entre eux ne savent même pas que c’est interdit​, relève Ivana Obradovic.

La consommation baisse

Dans ce tableau, n’y a-t-il donc aucune bonne nouvelle ? Si la France est le premier pays européen en termes de consommation, il est aussi celui où la consommation de cannabis a le plus baissé. Dès lors, l’écart avec les autres pays de l’UE se réduit, même si la France reste en tête du tableau»,​observe la chercheuse de l’OFDT.

Cette tendance à la baisse s’expliquerait en partie par le fait que la consommation de cannabis, et de résine notamment, est associée à la consommation de tabac. Or, la consommation du tabac diminue drastiquement depuis quelques années. Les adolescents d’aujourd’hui sont les premières générations nées avec l’interdiction du tabac dans les lieux publics. Cette génération a vu ses parents essayer d’arrêter, reprendre… Elle a vu des proches malades. S’y ajoutent les hausses successives des prix. Au final, pour ces nouvelles générations, le tabac a une image dégradée qui entraîne avec elle une baisse de l’usage de cannabis.

Les chercheurs notent aussi que le cannabis était majoritairement consommé lors de moments festifs. C’est un produit qu’on utilise beaucoup entre amis. Or, les pratiques de sociabilité des jeunes ont changé. La place prise par les réseaux sociaux, les jeux vidéo est désormais plus grande dans leurs loisirs, laissant moins de place aux occasions de sortie qui étaient autant de circonstances de consommation.

Quelle sera l’évolution de ce marché du cannabis dans les années à venir ? Tout dépendra en partie de l’évolution du débat sur la légalisation ou non du cannabis récréatif, en France. Ce qui est le cas dans dix-neuf états américains, au Canada, en Uruguay. Des projets sont également en cours au Luxembourg et en Allemagne. Quant au gouvernement maltais, il a autorisé la culture à domicile…

Source

Le cannabis au Maroc

«Cannabis, ce qu’en dit la science» de Docteur Imane Kendili aux Éditions Orion

«Cannabis, ce qu’en dit la science» de Docteur Imane Kendili aux Éditions Orion

Par Abdelhak Najib 
Écrivain-journaliste

La psychiatre, addictologue, écrivaine et chroniqueuse, Imane Kendili, vient de publier un nouveau livre, aux Éditions Orion, sous le titre : «Cannabis, ce qu’en dit la science». Un essai médical très actuel qui rend compte de la question de la légalisation du cannabis et de ses effets sur la santé des consommateurs. Fruit de dix années de travail et de recherches, cet essai médical, signé par Docteur Imane Kendili, psychiatre et addictologue, auteur, entre autres du Best-seller : «Les drogues expliquées à mes enfants», est une étude profonde et rigoureuse sur la question du cannabis, au vu des dernières actualités liées à sa légalisation au Maroc, à des fins thérapeutiques.

En effet, les députés marocains ont adopté, le 26 mai 2021, la loi autorisant l’usage thérapeutique du cannabis, une réforme majeure pour un pays considéré comme un des premiers producteurs de haschich au monde. Le texte sur «les usages licites du cannabis, médical, cosmétique et industriel» a été adopté par la Chambre des représentants avec 119 voix pour et 48 contre. L’usage récréatif reste par contre interdit et passible de poursuites. L’objectif du projet de loi est de «reconvertir les cultures illicites destructrices de l’environnement en activités légales durables et génératrices de valeur et d’emploi», comme on peut le lire dans le texte de loi.

Ce qu’il faut aussi retenir en parlant de cannabis, c’est que le Maroc est toujours classé premier producteur mondial de résine de cannabis, selon le rapport annuel 2020 de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Les chiffres révélés récemment à Rabat font état de «55.000 hectares cultivés en 2019», essentiellement dans le Nord, avec des revenus annuels qui sont passés d’environ 500 millions d’euros au début des années 2000 à près de 325 millions d’euros en 2020, et un «chiffre d’affaires consolidé en Europe» de près de 10,8 milliards d’euros.

Une étude publiée en 2020 par le réseau indépendant «Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée» estimait pour sa part la production du Maroc à plus de 700 tonnes par an, pour une valeur totale d’environ 19 milliards d’euros. Dans ce sens, le Maroc mise sur le  «développement soutenu» du marché mondial du cannabis médical et industriel, avec des prévisions de croissance moyenne annuelle de l’ordre de 60% en Europe, qui reste son «marché cible». Les recettes agricoles annuelles sont estimées entre 420 millions et jusqu’à 630 millions de dollars à l’horizon de 2028.

Ce qu’il faut aussi retenir, c’est que le cannabis, interdit en 1954 mais toléré depuis, le «kif» fait actuellement vivre 400.000 personnes, soit 60.000 familles, selon les chiffres officiels. Jusqu’à présent, les petits cultivateurs du Nord du Maroc touchaient «4% du chiffre d’affaires final dans le circuit illégal» contre potentiellement «12% dans le marché légal», d’après l’agence MAP. La légalisation de l’usage thérapeutique vise à améliorer leurs conditions de vie et à les protéger des réseaux de trafic de drogue.

Voici pour l’actualité qui sous-tend cet ouvrage qui va à l’essentiel pour mettre la lumière sur les différentes ramifications liées à la légalisation du cannabis, à la fois d’un point de vue médical, psychiatrique, social et culturel. L’idée étant d’apporter de nombreuses réponses à diverses questions que se posent les Marocains, mais pas seulement, sur les impacts sur la santé des consommateurs, sur les risques encourus pour les usagers de cannabis, sur les addictions et les troubles psychiatriques occasionnés par cette substance, qui reste une drogue avec de nombreux effets nocifs pour la santé. Ce qui est l’objet de cette réflexion, qui vise à mettre la lumière sur tous ces aspects négatifs qu’il faut diagnostiquer et analyser, partant de nombreuses études réalisées aux quatre coins de la planète sur les réalités du cannabis, ses dérivés et de ses effets.

Dans ce sens, à titre d’exemple, Docteur Imane Kendili se penche sur les effets du cannabis sur les jeunes pour nous révéler une série de complications qu’il faut prendre en ligne de compte quand on aborde la question du cannabis et de sa consommation.  En effet, interrogés sur l’idée qu’ils ont des drogues, les adolescents donnent au cannabis une image positive très opposée aux effets négatifs qu’ils associent uniquement à la consommation du tabac. Le cannabis est à la fois décrit comme «plaisant», «convivial», voire «naturel», il est aussi perçu comme moins dangereux et moins addictif que la nicotine, il est cité comme «un produit qui ne fait pas de mal». Pourtant, les preuves scientifiques sont nombreuses et les études qui les attestent sont diverses et variées et font toutes état des risques pour la santé, tous liés à l’usage de cannabis. Les jeunes, dont le cerveau est en maturation jusqu’à 25 ans environ, sont particulièrement concernés, nous disent tous les spécialistes qui se sont penchés sur l’étude du cannabis et de ses impacts sur la santé chez les jeunes. L’impact se mesure en termes de santé physique et psychique mais aussi de réussite scolaire et d’insertion sociale et professionnelle.

Sur un autre plan, quelles que puissent être les convictions personnelles des uns et des autres, qu’ils soient pour ou contre la légalisation du cannabis, tous les spécialistes, médecins et chercheurs, affirment sans l’ombre d’une hésitation que l’usage du cannabis a d’importantes conséquences sur la santé publique. Sans oublier de souligner ici qu’il y a un point sur lequel les contradicteurs semblent s’accorder qui semblent vouloir faire l’impasse sur les résultats des études scientifiques menées sur la question du cannabis en affirmant le contraire de ce que proposent tous les chercheurs, à travers des études cliniques de pointe qui ne souffrent d’aucune ombre. Ce qui fait dire au psychiatre et addictologue Michel Lejoyeux, dans une tribune de L’Obs : «L’addiction est le seul domaine de la médecine où les opinions suffisent».

Ce qui fait écho aux propos d’un autre spécialiste, le Pr Alain Joffe, pédiatre à l’université John Hopkins (Baltimore, États-Unis), qui précise : «Imaginez que vous êtes invité à témoigner devant les législateurs de votre État, sur la façon dont la dépénalisation ou la légalisation de l’usage du cannabis chez les adultes affecterait les moins de 21 ans.

Ou que l’on vous demande, en tant qu’expert de la santé des enfants et des adolescents, d’expliquer en quoi les lois sur l’usage médical du cannabis affectent la perception du risque chez les jeunes. Que diriez-vous ?», comme on peut le lire dans un éditorial de JAMA Pediatrics. Alain Joffe y présentait une étude s’intéressant à l’évolution, chez les adolescents américains, de la consommation de cannabis et de la perception du risque associé dans les deux premiers États ayant en 2012 légalisé l’usage récréatif chez les adultes (Washington et Colorado), comparé aux États continuant à l’interdire. Et le moins que l’on puisse dire est que les résultats sont clairs.

D’un côté, les États interdisant l’usage du cannabis, et de l’autre les États l’ayant légalisé, avec toute une batterie d’effets nocifs notés chez les jeunes qui consomment en toute liberté différents produits dérivés du cannabis, allant de l’herbe aux friandises en passant par des boissons dites énergétiques et autres pâtisseries avec ajout de cannabis pour varier les goûts et faire recette.
 
A tout ceci, il faut ajouter, comme le précise Docteur Imane Kendili, toutes les autres affections causées par l’usage du cannabis : les troubles de comportement, les troubles cognitifs, l’impact sur le cerveau, sur le cœur, sur le système vasculaire, sur la sexualité, sur l’humeur, sur le sommeil, sur la qualité du sperme, sur les poumons, sur le rendement scolaire, sur la concentration et sur la mémoire. Toutes ces pathologies ciblées par de nombreuses études qui font toutes état du danger lié à la consommation du cannabis, non seulement chez l’homme, mais également chez la femme, avec des complications majeures, surtout en période de grossesse et d’allaitement.

C’est dire qu’il nous faut peser le pour et le contre quand on aborde cette épineuse question du cannabis, qui a aujourd’hui le vent en poupe, devenant une sorte de manne financière qui promet de gros revenus, faisant oublier, du coup, qu’il s’agit avant tout d’une drogue dont l’usage à des fins thérapeutiques doit faire l’objet d’une grande rigueur en évitant les confusions et les amalgames trop élastiques pouvant oblitérer le pire dans une logique mercantile tous azimuts.

« Tout le monde le sait et personne ne dit rien » : les jeunes face à leur consommation de cannabis

Voir la suite de la vidéo sur France Info

Voir la suite de la vidéo sur France Info

Consommer régulièrement du Cannabis augmente les risques d’infarctus

Par Lionel Durel,  publié le 12 mai 2022 

Illustration. Une saisie de cannabis.

Illustration. Une saisie de cannabis. Love Silhouette / Shuttertsock.com

Les chercheurs de l’Université de Stanford (Etats-Unis) confirment après de nouvelles études que fumer du cannabis ou de la marijuana était dangereux pour la santé.

Rappelons avant toute chose que le cannabis n’est pas légal en France. Il est considéré comme un produit illicite, classé stupéfiant au niveau international.

Deux fois plus de risque de faire un infarctus du myocarde

L’an passé déjà, une étude canadienne prouvait que le cannabis était très néfaste pour le cœur et que sa consommation régulière avait des conséquences cardiovasculaires lourdes. L’étude avait porté sur 33 000 jeunes adultes âgés entre 18 et 34 ans et montrait que les adultes de moins de 45 ans ayant récemment consommé du cannabis ont deux fois plus de risque de faire un infarctus du myocarde, par rapport à ceux qui n’en consomment jamais. La consommation de cannabis peut accélérer la fréquence cardiaque au repos, dilater les vaisseaux sanguins et… possiblement entraîner le syndrome du cœur brisé.

Un effet néfaste significatif sur le système cardiovasculaire

Une autre étude plus récente* des chercheurs de l’Université de Stanford (Etats-Unis) montre que les personnes fumant du cannabis au moins une fois par mois auraient un risque accru de faire un infarctus précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 50 ans : “Le cannabis a un effet néfaste significatif sur le système cardiovasculaire. Ce n’est pas une drogue bénigne. Nos études sur les cellules humaines ainsi que chez les souris décrivent clairement comment l’exposition au THC déclenche une cascade moléculaire dommageable dans les vaisseaux sanguins“, précise les auteurs.

Plus de 400 composantes chimiques

N’oublions pas que le cannabis est une plante très complexe, qui contient plus de 400 composantes chimiques. Aux États-Unis, où l’usage médical de la marijuana est légal dans 28 états, de plus en plus de jeunes hommes en bonne santé vont à l’urgence en raison de crises cardiaques qui semblent être associées à l’usage récent du cannabis.

* Les chercheurs ont analysé les données génétiques et médicales d’environ 500 000 personnes âgées de 40 à 69 ans provenant de la UK Biobank.

Parution de l’ouvrage «Le cannabis et (pas) moi»

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Les éditions Hygée des Presses de l’EHESP, en partenariat avec la MILDECA, publient « Le cannabis et (pas) moi – L’essentiel pour m’informer et me protéger », un ouvrage pratique à destination des + de 13 ans et de leur entourage.

Après une première collaboration pour l’ouvrage « Les écrans et moi », la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) vous proposent ce nouvel opus « Le cannabis et (pas) moi. Cet ouvrage aux illustrations drôles et modernes propose aux jeunes de 13 ans et plus des réponses simples et des recommandations efficaces pour connaître les effets du cannabis sur la santé, comprendre les risques comme le « bad trip » et la possibilité de dépendance ainsi que les sanctions encourues en cas de possession de cannabis.

Grâce aux explications et conseils de l’addictologue Hélène Donnadieu-Rigole (Chef du service addictologie au CHU de Montpellier), ce livre répondra aux interrogations des jeunes en leur donnant de bonnes raisons de ne pas commencer à fumer ou de l’aide pour arrêter.

Dans cet ouvrage illustré, la journaliste Sophie Bordet-Petillon et Hélène Donnadieu-Rigole répondent à 12 idées reçues : le cannabis est une drogue douce, ce n’est pas dangereux / Le cannabis, c’est de l’herbe, c’est naturel / Fumer un joint est moins dangereux que de fumer du tabac, etc.
L’objectif ? Décrypter scientifiquement ces affirmations à travers des chiffres, des recommandations, afin de responsabiliser les jeunes en les rendant acteurs de leur santé.

Par Sophie Bordet-Petillon et Hélène Donnadieu-Rigole
Illustrations de Clémence Lallemand
En librairie le 12 mai 2022 et disponible dès maintenant sur presses.ehesp.fr

Cannabis : une consommation régulière augmente le risque d’infarctus avant 50 ans

Les personnes qui fument du cannabis au moins une fois par mois auraient un risque accru de faire un infarctus précoce, c’est-à-dire avant l’âge de 50 ans.

« La marijuana a un effet néfaste significatif sur le système cardiovasculaire » viennent confirmer les chercheurs de l’Université de Stanford (Etats-Unis). « Ce n’est pas une drogue bénigne. Nos études sur les cellules humaines ainsi que chez les souris décrivent clairement comment l’exposition au THC déclenche une cascade moléculaire dommageable dans les vaisseaux sanguins ».

Les chercheurs ont analysé les données génétiques et médicales d’environ 500 000 personnes âgées de 40 à 69 ans provenant de la UK Biobank. Près de 35 000 participants ont déclaré avoir fumé du cannabis  et environ 11 000 d’entre eux en fumaient plus d’une fois par mois. Ils ont ainsi découvert que le nombre de molécules inflammatoires dans le sang des volontaires augmentait de manière significative dans les 3 heures après avoir fumé une cigarette de cannabis.

« Cette inflammation est responsable de crises cardiaques précoces, avant l’âge de 50 ans » explique le Dr Mark Chandy, principal auteur de l’étude. Or, ces infarctus précoces augmentent le risque à vie d’une crise cardiaque ultérieure, d’une insuffisance cardiaque et d’arythmies pouvant entraîner la mort subite.

Le cannabis modifie la taille du cœur

L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre les effets nocifs potentiels sur la santé de la consommation de cannabis à des fins non médicales et a appelé à davantage de recherches spécifiquement sur l’impact cardiaque. Dans une autre étude récente, les chercheurs de l’université Queen Mary de Londres (Grande-Bretagne) avaient découvert que les fumeurs de cannabis avaient un coeur plus gros que la normale et montraient une altération précoce de la fonction cardiaque.

Après avoir fait passé un IRM à 150 fumeurs ou ex-fumeurs réguliers de cannabis, les chercheurs ont constaté que ces derniers souffrent d’une altération du ventricule gauche. En revanche, le cœur semble pomper la même quantité de sang et les autres parties du muscle cardiaque ne semblent pas affectées. Les chercheurs ont également constaté que le cœur reprenait sa taille normale dès que les fumeurs cessent de consommer du cannabis.

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