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Alcool, cannabis, drogues dures… Comment aider un proche à sortir de l’addiction ?

Il s’agit souvent d’un problème que l’on minimise ou que l’on cache sous le tapis, mais les addictions sont un fléau en France, et chacun d’entre nous peut y être confronté un jour. Elles ne touchent pas que les personnes addictes mais aussi leurs proches, alors comment tendre la main ? Pour y répondre, Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam étaient les invités de « Bienfait pour vous » sur Europe 1.

Taboue, difficilement diagnosticable, longue rémission, l’addiction est un mal dont on aimerait vraiment se passer et qui affecte tout notre entourage. Au micro de Julia Vignali et Mélanie Gomez, Jean-Pierre Couteron, addictologue, psychologue clinicien et porte-parole de la Fédération addiction et Jérôme Adam, producteur du film Tout pour être heureux ? traitant de l’addiction, sont venus partager leur expertise. Et pour aider, il faut d’abord reconnaître. Qu’est-ce qu’une addiction ? Qui peut être susceptible d’en développer une ? Et surtout, que faire ?

Qu’est-ce que c’est concrètement l’addiction ?

« L’addiction, c’est la perte de contrôle d’une substance psychoactive ou désormais d’un appareil, d’un comportement, qui nous permet d’avoir des effets psychoactifs. C’est la perte de contrôle. Avant, c’est de l’usage. Si je me sers de mon téléphone portable, c’est de l’usage. Si, je n’arrive pas à doser le temps que je passe sur mon téléphone portable, je rentre dans des comportements addictifs », explique Jean-Pierre Couteron.

Selon le spécialiste, l’addiction est un trouble complexe, car elle possède deux versants : un versant maladie et un versant « comportement social », à savoir comment l’addict interagit avec le monde et avec ses proches.

Est-on tous égaux face à l’addiction ?

Certains milieux sociaux, certaines tranches d’âge semblent être plus exposés aux risques addictifs, mais pour le clinicien, il n’y a pas forcément de prédispositions, plutôt des vulnérabilités. « Il y a effectivement des vulnérabilités sociales qui font que, selon les milieux sociaux, selon les conditions de vie, on peut avoir des paramètres. Mais il y a aussi des vulnérabilités psychiques. Selon les histoires de vie, si on a vécu un traumatisme, qu’on a des difficultés familiales », détaille-t-il.

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« Et puis il y a des vulnérabilités physiologiques, génétiques. Il n’y a pas un gène de l’addiction, mais il y a des paramètres qui font qu’on n’a pas le même physique et qu’on n’aura pas la même réaction à la substance. Donc tout ça se mélange, peut s’équilibrer. L’effet positif de l’un peut rencontrer l’effet négatif de l’autre. Mais effectivement, le principe de base à savoir, c’est qu’on n’est pas égaux et que ce qui marche pour l’un ne marche pas forcément pour l’autre. »

Une constante semble pourtant se dessiner : c’est à l’adolescence que majoritairement les risques addictifs se présentent.

Comment reconnaître une personne addicte ?

Selon Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam, qui a perdu son frère à cause de l’addiction et a motivé la création de son film, en cas de doute, il faut surveiller le comportement du proche et notamment s’il perd le contrôle. « Donc les signes qui montrent que la personne n’arrive pas à être à la hauteur du contrôle, qu’elle dit encore vouloir avoir. Qu’elle s’engage à faire telle chose à telle heure et qu’elle ne le fait pas. Qu’elle s’engage à ne pas reboire le soir même alors qu’elle va le faire… Ce sont ces signes-là« , précise l’addictologue.

« J’ai compris très vite que [mon frère] consommait, qu’il avait des problèmes de consommation parce qu’il y a eu des attitudes avec des épisodes délirants pendant la nuit, des épisodes où il avait piqué des médicaments de ma mère pour compenser et trouver certains effets », raconte Jérôme Adam.

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Il y a également des signes physiques pour certaines addictions : l’ivresse alcoolique, l’euphorie avec un produit comme le cannabis, des états d’excitation avec des produits stimulants comme la cocaïne. Et si ces deux types de signes persistent et qu’on les a repérés, c’est à ce moment-là que le sujet peut être abordé.

Comment ne pas la braquer ?

« Souvent, le piège dans lequel on va tomber, c’est de lui en parler pour lui dire tout de suite : ‘Arrête !’ Or, il n’a pas immédiatement envie qu’on lui dise d’arrêter parce que pour lui, ça fonctionne encore comme une solution. Ça vient calmer une angoisse, ça vient calmer quelque chose. La première étape, c’est de lui dire qu’on voit qu’il consomme, qu’on imagine que ça lui sert à quelque chose et que c’est de ça dont on aimerait parler. C’est de voir à quoi ça lui sert », explique le clinicien. 

Pour Jérôme Adam, la question de l’amour est très importante. « Il y a tout un travail de déculpabilisation à effectuer vis-à-vis de la personne addicte. Maintenant, l’amour, ce que j’essaye de dire dans le film, c’est qu’il doit être présent et donc qu’il faut rester présent, tendre la main. Mais ça ne suffit pas forcément et surtout, on ne peut pas faire à la place de l’autre. Donc c’est tout ce dosage entre accepter son impuissance et être présent malgré tout qui est fondamental », confie le réalisateur. À l’inverse, la séparation ou la menace d’un éloignement peut aussi agir comme un déclic, mais il faut faire très attention et l’effet n’est pas systématique.

Où l’emmener et que faire ?

Si la personne addicte reconnaît sa maladie et accepte d’en discuter, plusieurs choses sont possibles. « La majorité des addicts s’en sort sans aller consulter les professionnels », indique Jean-Pierre Couteron. Pour certaines addictions, comme la cigarette ou le téléphone portable, il est possible de « réaménager son environnement, son entourage. C’est la fameuse histoire : j’ai rencontré quelqu’un, j’ai un boulot », ajoute le psychologue.

Avec un peu de différence en intensité, on n’est pas obligé d’aller consulter. Cependant, plus on rentre dans des problématiques complexes où il y a des problèmes psychopathologie, des histoires de vie, des vulnérabilités, plus cela est difficile d’en sortir seul. Dans ces cas-là, il est préférable d’être suivi par un médecin. « Il y a beaucoup d’endroits pour aller consulter. Il y a des médecins en ville qui sont intéressés par les questions d’addiction, des centres spécialisés, médico-sociaux, des centres de soins, d’accompagnement et de prévention », détaille le professionnel. Enfin, des médicaments, prescrits par le médecin, peuvent aider à réduire les effets de l’addiction.

Source Europe 1

La folie du CBD !

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La folie du CBD !

Mesdames et messieurs, le cannabis n’est pas une drogue douce !

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Le cannabis est la seule drogue scientifiquement prouvée ayant un lien avec la genèse de la maladie mentale.

Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de bouffées délirantes chez des jeunes de 16 ou 17 ans post-toxiques et pour être plus précise sous cannabis.
Ma réflexion d’aujourd’hui s’érige sur des piliers purement bio-psycho-sociaux intimement liés à ma pratique quotidienne, et celles de nombreux collègues psychiatres ou psychologues à travers le monde. Pas besoin d’être addictologue principalement pour savoir que le Delta-9-THC a bien des répercussions délétères sur la santé mentale des jeunes et moins jeunes.


Reprenons quelques définitions de base. Si on parle de cannabis industriel, soit le chanvre, il est important de le préciser et d’informer principalement les jeunes de son utilité et des réalités. Le chanvre est un type de cannabis ayant une très faible teneur en THC et qui est utilisé pour ses fibres dans la production de corde, dans l’industrie automobile, dans le textile et la cosmétique. Ceci n’a aucun lien avec le cannabis sous forme de résine appelé encore haschisch qui est riche en THC.


Les joints ne sont pas récréatifs et en aucun cas l’effet est anodin. L’impact sur le cerveau est prouvé, plus le cerveau est jeune, plus les effets sont irréversibles. Les troubles cognitifs, l’impact sur les capacités intellectuelles, la concentration, la mémoire, la capacité de résolution de problèmes, et j’en passe, sont perceptibles, évidents et impactant sur les jeunes, les moins jeunes et la société.

L’image cinématographique du fumeur de joint est très évocatrice si mon discours n’est pas clair ; elle n’est pas liée à Wall Street mais à la négligence corporéo-vestimentaire, au chômage, aux jeunes, embués de fumée, adossés à un mur de quartier, attendant le temps qui passe… Le syndrome amotivationnel est la conséquence la plus fréquente quand ce n’est pas une schizophrénie ou un trouble bipolaire d’installation chronique.


Venez assister à une annonce diagnostique de maladie mentale chronique en réunion familiale. On y laisse, nous soignants, des plumes. On a mal. On pleure intrinsèquement nos jeunes fragiles, fragiles de leur intelligence, de leur sensibilité, de leurs angoisses, de leurs capacités sociales limitées pour lesquels le cannabis annonce une vie d’adulte en bonne santé mentale avortée.

Le cannabis est une drogue hallucinogène. Dans les années 1960-70, un “joint” contenait 10 mg de THC en moyenne. Il peut en contenir jusqu’à 150 mg aujourd’hui. Chez les personnes à risque, il induit des bouffées délirantes avec hallucinations, délire et paranoïa pouvant mener à des passages à l’acte auto ou hétéro-agressif graves. Allez faire un tour au centre psychiatrique universitaire précisément au service des urgences et régalez vous.
Bonjour la psychose ! Bonjour la violence ! Bonjour le suicide social !

Vous allez me dire pas pour tous. Je vous fais le calcul. Trois facteurs de risque combinés multiplient par 6 le risque de dépendance et par 4 le risque de maladie mentale chronique. Pour expliquer de façon simple, un adolescent dont le père est dépendant, avec des parents divorcés, vivant dans un quartier où il y a des dealers a plus de chance de devenir dépendant qu’un adolescent dont les parents ne sont pas consommateurs et qui vit dans un quartier où les drogues sont plus difficiles à obtenir.

D’où la nécessité de politiques de prévention suivant divers modes soit de terrain avec des acteurs sociaux mais aussi des acteurs de santé avérés formés pour une prévention en amont chez les personnes ayant des facteurs de risque (cumul de facteurs de risque) de développer une dépendance.


Par la suite, des antécédents de maladie mentale dans la famille, particulièrement de trouble bipolaire ou de schizophrénie, présagent d’une genèse possible de maladie mentale chronique multipliée par 55 par rapport à la possibilité de maladie mentale chez un fumeur sans antécédents familiaux. Vous vous demandez où je veux en venir.

Le vote du Maroc pour la légalisation du cannabis à l’ONU me choque et choque les travailleurs en santé mentale. Sauf si on précise qu’on veut la légalisation du chanvre pour l’industrie ou l’utilisation régulée en industrie pharmaceutique ou cosmétique. L’interprétation serait alors différente.
Mais alors de quel cannabis parle-t-on ?


Mes patients malades psychotiques ou addicts me demandent déjà si je vais leur permettre de consommer le fameux CBD ou des doses faibles de cannabis à sa légalisation.
Excusez ma hantise ! Excusez ma peur ! Excusez mes angoisses !
Une sensibilisation et une politique de prévention sont nécessaires et obligatoires car l’avenir de nos jeunes en dépend.

Source

Dangereux le cannabis ?

Une femme arrêtée en Floride pour avoir incorporé du cannabis dans son banquet de mariage

Une femme a été arrêtée en Floride pour avoir glissé à l’insu des convives de la marijuana dans la nourriture servie à son banquet de mariage, a révélé jeudi 21 avril la presse locale de cet État du sud-est. des États-Unis.

Battements du cœur qui s’accélèrent, paranoïa: les mets trafiqués avec la complicité du traiteur de la cérémonie ont rendu de nombreux invités malades, nécessitant l’intervention des secours et provoquant l’arrestation de la mariée et de la responsable de la restauration par les autorités du comté de Seminole, au centre de la Floride.

Les policiers s’étaient rendus le 19 février au mariage d’Andrew Svoboda et Danya Shea Svoboda. Douglas Postma, l’oncle du marié, a remarqué que son cœur battait de plus en plus vite et que des pensées «folles» se formaient dans son esprit après avoir consommé une salade, des pâtes et du pain, selon des documents judiciaires.

Son épouse qui était dans un état encore plus grave a dû se rendre aux urgences, les soignants découvrant du THC, principe psychoactif du cannabis, dans son sang.

Une amie de la mariée, Miranda Cady, qui avait aussi ingéré du pain avec de l’huile d’olive, a cru que son «cœur allait s’arrêter», selon la même source.

Miranda Cady avait alors demandé à la traiteure Joycelin Bryant si elle avait ajouté du cannabis dans la nourriture, et celle-ci avait acquiescé. Danya Shea Svoboda et Joycelin Bryant sont poursuivies pour avoir enfreint une loi de Floride liée à la manipulation de l’alimentation, pour négligence et pour avoir fourni de la marijuana. Elles doivent comparaître devant un juge en juin, selon CNN.

Source Le Figaro

Cannabis : impressions de campagne

La question de la drogue n’est pas toujours très visible dans le thème des campagnes pour accéder à la plus haute fonction de l’État… Cette année, comme en 2002 et en 2012, Swaps a sollicité les principaux candidats par écrit. Et dresse une revue de leurs positions sur le cannabis, avant et pendant cette campa

Alors que nous sommes entrés dans une énième période charnière de la «guerre au Covid» nous subissons un autre phénomène: celui des poupées russes d’invisibilité. Ou comment la guerre en Ukraine invisibilise la lutte contre le Covid, qui invisibilise la campagne électorale française et ses enjeux sanitaires (défense de l’hôpital public, déserts médicaux, droit à mourir dans la dignité, lutte contre les maladies rares, le sida, le cancer et toutes les politiques de réduction des risques).

C’est une «petite» candidate, qui est loin d’obtenir les parrainages, à l’heure où ces lignes sont écrites… Stéphanie Rivoal, ex-présidente d’Action contre la faim, puis ambassadrice de France en Ouganda, se présente comme la «candidate du troisième type». Dans son programme, figurent pêle-mêle: «rétablir le service militaire, légaliser le cannabis en permettant aux délinquants de devenir autoentrepreneurs, revoir le statut des fonctionnaires, remettre à plat l’Éducation nationale, supprimer le bac et les concours de la fonction publique, créer un lycée unique»… Des propositions iconoclastes qui ont toutes les chances de passer inaperçues. 

La gauche, de «oui» à «oui, si…»

François Hollande, ancien président mais pas candidat, a mis son grain de sel à plusieurs reprises, notamment lorsque la nouvelle coalition gouvernementale allemande s’est prononcée en faveur de la légalisation du cannabis. François Hollande, auparavant opposé à toute dépénalisation, a déclaré sur France bleu Isère le 29 novembre dernier: «Je suis ce sujet avec beaucoup d’attention. Si on veut casser les trafics, il faut mettre en place une politique qui permette de distribuer le cannabis sous contrôle, avoir une politique de santé publique et faire en sorte qu’il n’y ait plus ce qu’on voit aujourd’hui, avec des consommateurs qui favorisent des trafics et des organisateurs de ces trafics qui fournissent souvent du cannabis de très mauvaise qualité. Je pense qu’il faut aller vers la légalisation du cannabis.» 

Au menu des 70 propositions de la candidate du PS, Anne Hidalgo, figure l’idée d’une conférence de consensus, sur le territoire national, avec l’appui des maires: «Nous entrerons dans ce travail et cette discussion par les questions de santé publique et de prévention des addictions pour construire des solutions efficaces. […] Nous insisterons sur la prévention et la lutte contre les addictions, sur le combat offensif contre le commerce illégal du cannabis et nous examinerons sans tabou la question d’une légalisation menée sous le contrôle et l’encadrement strict de l’État pour les clients et consommateurs de plus de 18 ans. Si elle aboutissait, comme en Allemagne, l’État reprendrait le contrôle de la production et de la qualité de ce produit, ainsi que le contrôle de sa mise sur le marché», peut-on lire dans son programme.

L’idée séduit son camarade du PCF, Fabien Roussel, qui appelle également à «un débat démocratique, rigoureux et éclairé par le travail des professionnel·le·s en première ligne de la lutte contre les addictions, qui devra être conduit en concertation avec les communes»Son programme des «jours heureux» appelle à une nouvelle politique concernant l’usage des drogues, avec un volant investissement pour déployer des Csapa sur tout le territoire, recruter des personnels et soutenir les associations, tout en renforçant les moyens de la police, justice et douanes pour lutter contre les trafics.  

Traditionnellement pour, les Verts soutiennent la légalisation encadrée, à la fois pour contrôler la production et la vente, lutter contre les trafics et privilégier la santé publique. Visitant un laboratoire producteur de cannabis thérapeutique à Angers début janvier, Yannick Jadot a critiqué la position française, dogmatique sur le cannabis thérapeutique, et irrationnelle sur le cannabis thérapeutique: «Dans notre pays on peut produire des pesticides interdits en Europe pour les exporter en Afrique, mais on ne peut pas produire du cannabis thérapeutique»… Son programme le dit«Nous proposons de légaliser et d’encadrer la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives, en affectant les recettes des taxes sur le cannabis à la lutte contre les addictions et à de l’accompagnement vers l’emploi et la normalisation économique.»

La France insoumise est depuis 2017 sur ce même créneau: «le reste a échoué», selon Jean-Luc Mélenchon. Reste donc à légaliser et à traiter le cannabis comme l’alcool ou le tabac, pour rediriger le travail des policiers et renforcer la santé publique. Si rien n’est écrit dans le programme de Philippe Poutou, le militant du NPA défend une vision libertaire; comme en témoigne ce Tweet de 2017: «Pour la légalisation du #cannabis , la dépénalisation des drogues, pour un accompagnement médical. Stop à la répression.»

À droite, non!

Si la droite s’est montrée pragmatique sur la question des drogues (cf. articles d’Alexandre Marchant et Fabrice Olivet du Swaps n°101), la cuvée 2022 s’affiche nettement plus dure. En avril dernier, Valérie Pécresse s’est dire opposée à la légalisation, pour «deux raisons»: il s’agit d’une substance «mauvaise pour la santé» et cela «fait sauter l’interdit sur la drogue»1. Elle défend «l’amende pénale», qui permet de «taper au portefeuille des consommateurs». Son lieutenant en charge des questions de santé, le Dr Philippe Juvin, s’est dit opposé aux salles de consommation à moindre risque, déclinant la ligne de Valérie Pécresse: «Il faut pouvoir avoir des injonctions de soins», plutôt en «centre de désintoxication»

Le sujet ne figure même pas au catalogue des idées de Marine Le Pen… Son parti n’a pas bougé d’un iota sur ces questions depuis 1972. Pire, elle affirmait sur l’antenne de France Inter en septembre 2020, que l’amende pénale serait «le début de la légalisation». Tolérance zéro également du côté de Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la France, qui vitupérait en juin dernier à propos des usagers de crack parisiens«Qu’attend-on pour envoyer ces drogués en centre fermé ou pour les expulser quand ils sont étrangers?». 

De manière assez surprenante, Éric Zemmour s’est montré favorable à une légalisation, avant même la campagne… En mai dernier, le polémiste déclarait sur l’antenne de CNews avoir évolué sur la question: «Je me demande – oui j’en suis arrivé là – si on ne devrait pas organiser la légalisation ordonnée du cannabis. […] J’essaye de faire un raisonnement froid en dehors de mes réflexes et de mon tempérament. Moi, mon tempérament, c’est de réprimer et de taper encore plus fort. […] Mais vraiment, ça ne marche pas!» Aucune ligne à ce sujet dans son programme officiel, qui décline en matière de sécurité les objectifs de «créer une force nationale anti-drogue» et d’«expulser automatiquement les trafiquants». Et devant le syndicat policier Alliance, le 2 février, il a déploré les «enclaves étrangères» que sont les cités, où «règne un mélange d’islam et de violence des caïds de la drogue». Tout en promettant de redonner aux policiers les moyens d’une action musclée: «Je veux que vous redeveniez les chasseurs, pas les gibiers.» 

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Est-il dangereux de fumer un joint par jour ?

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Herbe, résine, huile… quelle que soit la manière dont il est consommé, le cannabis renferme une molécule active appelée delta 9 THC dont les effets sur le système nerveux sont clairement identifiés. Ces dernières décennies, une augmentation de la teneur en THC contenue dans le cannabis inquiète les autorités sanitaires.

Le cannabis représente le produit illicite le plus précocement consommé, puisque la première expérimentation se fait, en moyenne, vers l’âge de 15 ans. À 17 ans, 4 jeunes sur 10 déclarent avoir déjà fumé au moins un joint, avec une légère prévalence chez les garçons. Des statistiques suffisamment alarmantes pour que les autorités sanitaires françaises se mobilisent sur ce véritable sujet de santé publique et tentent de sensibiliser le jeune public, mais également les parents. Car le cannabis surfe sur l’image festive et désinhibante qu’il véhicule. Or, le cannabis possède une face beaucoup plus sombre et, souvent, méconnue.

Une consommation risquée même à faible dose

Difficile de déterminer une quantité journalière maximale de consommation pour ne pas nuire à sa santé… Car contrairement à l’alcool qui bénéficie de repères de consommation clairs, le cannabis ne fait l’objet d’aucun consensus net.

Bien que des études soient régulièrement menées sur le sujet, aucune recommandation officielle n’en émane véritablement.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que la consommation régulière de cannabis a des répercussions notables sur la santé.

C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, la substance est considérée comme illicite en France. Sur notre territoire, la possession de cannabis est considérée comme étant un délit passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement.

Des étudiants en médecine de Poitiers sensibilisent des lycéens aux risques du cannabis

 François BretonFrance Bleu Poitou

Trois étudiants de la faculté de médecine de Poitiers ont sensibilisé ce vendredi matin 35 élèves de seconde du lycée Bois d’Amour aux risques du cannabis. Une action dans le cadre de leur service sanitaire, où ces étudiants en santé multiplient les actions de prévention devant différents publics.

Travail en groupe, quizz, échanges avec les étudiants : la sensibilisation a plu aux lycéens de Bois d'Amour.
Travail en groupe, quizz, échanges avec les étudiants : la sensibilisation a plu aux lycéens de Bois d’Amour. © Radio France – François Breton

Opération sensibilisation ce vendredi 8 avril pour 35 élèves de seconde du lycée Bois d’Amour à Poitiers. Pendant deux heures, des étudiants en médecine de Poitiers sont venus leur parler des dangers du cannabis, en organisant des ateliers. Une action dans le cadre du service sanitaire des étudiants en santé, où ces derniers vont à la rencontre de différents publics pour leur parler de santé sexuelle, d’addictions ou encore d’alimentation et d’activités physiques.

Au programme au lycée Bois d’Amour : des échanges avec les élèves autour du cannabis, de la dépendance et des ressources disponibles pour aider ou se faire aider. Certains élèves peuvent aussi tester des lunettes qui reproduisent les effets du cannabis et se défier sur un parcours d’obstacle. Le tout exclusivement animé par les étudiants et c’est qui plaît à Théo : « Ça paraît un peu plus naturel par rapport à une intervention de quelqu’un de plus âgé, pas bien renseigné sur le sujet. » Apollinaire approuve : « Je trouve ça beaucoup mieux, ils sont plus du même monde que nous. »

Un entraînement pour les futurs médecins

« On pense que l’on est plus efficace quand ce sont des paires qui parlent à leurs paires, en l’occurrence des jeunes à des jeunes. Les questions sont posées de manière plus facile, plus décontractée, sans tabou. C’est très positif », se félicite la rectrice de l’académie de Poitiers, Bénédicte Robert. 

Une action bénéfique également pour les étudiants de troisième année de médecine. « C’est important de savoir parler et prévenir, explique Lola. Il faut s’entraîner encore et encore pour savoir s’adresser à une large population. C’est notre métier de demain. »

300 étudiants de médecine et de pharmacie ont réalisé leur service sanitaire dans 17 établissements de la Vienne entre le 4 et le 8 avril.

Alcool, boissons énergisantes et autres drogues : un cocktail aux effets imprévisibles

L’adolescence est une grande période de développement, de questionnements et d’expérimentation. Même si vous souhaitez laisser votre ado vivre ses propres expériences, vous ne voulez assurément pas que ce soit au détriment de sa santé. Votre jeune connaît-il les conséquences liées au mélange de certaines substances psychoactives, comme l’alcool, le cannabis, les médicaments et les boissons énergisantes ?

Des mélanges qui peuvent mal virer
Lorsqu’ils consomment, les jeunes peuvent tenter de masquer certains effets ressentis en ajoutant au cocktail d’autres substances psychoactives, comme de l’alcool, des boissons énergisantes, du cannabis ou des médicaments. Ces mélanges présentent un danger, puisque l’interaction entre ces substances produit des effets imprévisibles et souvent sérieux.

Alcool et drogues
Mélanger l’alcool et les drogues comporte des risques, souvent méconnus des adolescents. On ne peut jamais être certain de l’effet qu’aura une drogue, puisque trop de facteurs entrent en ligne de compte : composition du produit, contexte de consommation, caractéristiques du consommateur, etc. Lorsque l’alcool est ajouté à l’équation, l’effet est d’autant plus imprévisible.

Alcool et boissons énergisantes
Facilement accessibles aux jeunes, qui peuvent se les procurer en toute légalité, les boissons énergisantes paraissent inoffensives. Leur consommation entraîne toutefois des effets stimulants qui peuvent masquer les signes d’intoxication par l’alcool. La personne qui mélange les deux substances peut croire à tort que ses capacités sont intactes et qu’elle est en pleine possession de ses moyens. C’est pourtant tout le contraire qui se produit : difficulté à coordonner les mouvements, capacité d’attention réduite, réflexes et vitesse de réaction affectés, etc.

Alcool ou cannabis et médicaments
Certains médicaments, lorsqu’ils sont mélangés à l’alcool ou au cannabis, intensifient les effets de l’intoxication et peuvent même être à l’origine de malaises graves. Même lorsqu’ils sont offerts en vente libre, des médicaments peuvent entraîner des résultats indésirables et parfois dangereux. C’est le cas par exemple de ceux contre le rhume ou la fièvre ainsi que des relaxants musculaires. Il est donc important de bien lire les instructions sur les emballages ou de consulter un pharmacien ou un professionnel de la santé avant d’en consommer avec de l’alcool ou du cannabis.

En savoir plus sur la consommation et le mélange de substances psychoactives

Comment aborder la question avec votre jeune ?
En matière de consommation responsable, n’ayez pas peur de dire les choses franchement. En expliquant à votre adolescent comment réagit son organisme lorsqu’il combine des produits qui ne sont pas faits pour être mélangés, vous le sensibilisez aux dangers qu’il court. Il y a de bonnes chances qu’à la maison, lors des occasions spéciales, le fait de prendre un verre soit associé au plaisir et aux célébrations. Montrez l’exemple d’une consommation responsable en tout temps en évitant de mélanger de l’alcool, des boissons énergisantes ou d’autres drogues. Vous êtes son premier modèle; votre comportement a une grande influence sur lui.

En savoir plus sur la consommation chez les jeunes

AIDEZ VOTRE ADOLESCENT À FAIRE DES CHOIX ÉCLAIRÉS

Même si votre adolescent ne présente aucun trouble lié à la consommation d’alcool ou de drogues, ou encore à la pratique de jeux de hasard et d’argent, vous pouvez adopter certaines attitudes qui l’aideront à faire des choix éclairés. Par exemple :

  • Encouragez-le à s’exprimer et à dire ce qu’il pense. Apprenez-lui à dire non quand il le faut.
  • Aidez-le à exercer son jugement. Vous pouvez, par exemple, lui demander ce qu’il pense d’un événement de l’actualité, d’une publicité, d’un spectacle qu’il a vu, etc.
  • Plutôt que de chercher à l’effrayer à propos de l’alcool, des drogues et des jeux de hasard et d’argent, aidez-le à trouver de l’information pertinente sur ces sujets.
  • Soyez à l’écoute de ce qu’il peut vivre et entendre à ce sujet.
  • Demandez-lui son opinion par rapport à la consommation et aux jeux. Reconnaissez son point de vue. Cela ne veut pas dire que vous devez être d’accord avec ce qu’il dit.
  • Exprimez clairement vos attentes concernant sa consommation.
  • Demeurez ouvert et disponible pour votre jeune. Il saura alors qu’il peut se tourner vers vous en cas de besoin.

Il n’y a aucun doute : la relation parent-ado nécessite tout un doigté ! En tant que parent, le rôle que vous jouez auprès de votre adolescent est déterminant.

Source

L’enfumage sur le cannabis dit « thérapeutique »

L’enfumage sur le cannabis dit « thérapeutique », préalable au cannabis dit « récréatif »

Pr. Jean Costentin Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

Regard en arrière.

Le cannabis, qui était inscrit de longue date à la pharmacopée nationale en fut évincé en 1953. Il n’avait pas démontré d’intérêts thérapeutiques durant la longue période qui avait précédé, alors qu’il faisait déjà l’objet de détournements toxicomaniaques. 

Soixante ans plus tard (en 2013) madame M. Touraine,  ministre de la Santé (2012-2017), cédant à des pressions, entre autres médiatiques, prenait à la hâte un décret autorisant l’usage thérapeutique du cannabis et de ses « dérivés ». « A la hâte » car le rédacteur du décret et la ministre signataire n’avaient pas pris le temps de s’informer qu’une plante comporte maints composants/constituants, mais qu’elle ne comporte pas de dérivés. Ils n’avaient non plus pris le temps de réaliser que si l’on peut autoriser une substance définie que l’on croit bien connaître, contenue dans une plante, il est pour le moins téméraire d’autoriser globalement tous les composants de cette plante….

Comme s’il attendait ce feu vert ministériel, un dossier était peu après présenté à l’agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) ; il demandait l’autorisation de mise sur le marché (A.M.M.) d’un médicament associant à concentrations égales du tétrahydrocannabinol / THC et du cannabidiol / CBD – le Sativex®, avec pour indication les spasmes douloureux pouvant affecter les patients victimes de sclérose en plaques. 

On a pu remarquer alors que les membres de la commission à qui revenait d’expertiser ce dossier, venaient d’être congédiés, alors qu’ils étaient « capés », voire très « capés », rodés à cet exercice, certains d’entre eux étaient délégués par les académies nationales de médecine et de pharmacie. Ils ont alors été remplacés par une majorité d’autres membres aux parcours scientifiques plutôt modestes, voire très modestes ; ce qui pouvait les rendre plus facilement  influençables.

 J’ai alors adressé à chacun d’eux, sous des enveloppes personnalisées, à l’adresse de l’agence nationale de sécurité du médicament (n’ayant pas leur adresse personnelle), un document visant à compléter leur information sur les principaux méfaits du THC. J’avais associé à l’ensemble des enveloppes un texte d’accompagnement pour l’ANSM,  la priant de bien vouloir distribuer ces lettres à leurs destinataires. Elles ne leur furent pas distribuées. Plus d’un mois après mon envoi, et surtout après que la commission ait statué en faveur du Sativex®, ces lettres me furent retournées, me disant qu’il n’était pas dans les usages de l’agence d’effectuer la distribution à ses membres des courriers qui leur étaient adressés. Point n’est besoin de nous interroger sur le délai d’un mois nécessaire pour ce retour. 

Une intense campagne médiatique se déploya pour saluer l’autorisation de mise sur le marché de ce Sativex® ; présenté comme exceptionnel, véritable révolution thérapeutique etc… Et de regretter qu’il n’ait été mis plus tôt à la disposition de patients, qui allaient enfin être soulagés de leurs spasmes douloureux. 

 Ce médicament était commercialisé par un laboratoire Espagnol, Almirall, dont l’héritière, madame S. Gallardo, a épousé en 2019 Mr. Manuel Valls (ministre de l’intérieur de 2012 à 2014, puis premier ministre de 2014 à 2016).  

Le prix de vente sollicité par le laboratoire (440 €) fut jugé prohibitif par la « commission de la transparence » qui avait estimé le service médical rendu (SMR) comme « faible » et l’amélioration du service médical rendu (ASMR ) comme inexistant (ASMR V). Partageant cette appréciation et résistant à l’assaut médiatique, la sécurité sociale décidait de ne le rembourser qu’à 15% de son prix. A ce jour (soit 6 ans plus tard) ce médicament qui était « indispensable », « véritable révolution thérapeutique » …  n’est toujours pas commercialisé en France. 

 Plus récemment (décembre 2018) un médicament ne comportant que du cannabidiol / CBD, l’Epidyolex® a obtenu l’A.M.M. (autorisation de mise sur le marché) avec pour indication deux formes graves d’épilepsies de l’enfant : le syndrome de Dravet et le syndrome de Lennox-Gastaut ; deux affections rares assez réfractaires aux traitements disponibles. L’efficacité du CBD n’est démontrée qu’en association à d’autres médicaments antiépileptiques, dont en particulier le clobazam (une benzodiazépine). Si le service médical rendu est jugé important dans l’indication revendiquée, par contre l’amélioration du service médical rendu (ASMR de niveau IV) est jugée « mineure » (relativement aux médicaments disponibles). Le CBD étant hélas loin de transformer le cours de ces affections, les dithyrambes exprimés sont mensongers. 

Les subterfuges présents.

Les Sativex® et Epidiolex® s’apparentent ainsi à deux « pétards » faisant long feu.  Leur enlisement risquait de renvoyer dans l’oubli le cannabis dit « thérapeutique ». C’était sans compter sur l’obstination intéressée de ceux qui avaient investi ou envisageaient de le faire dans le chanvre non textile et qui ne pouvaient se résoudre à abandonner l’espoir d’une légalisation du cannabis à des fins scandaleusement qualifiées de « récréatives ». Cette légalisation ouvrirait un marché dont les volumes de vente seraient des centaines de fois supérieurs à ceux que représenterait le cannabis  utilisé à des fins « thérapeutiques ». Pour y parvenir il faut, comme aux USA, faire accepter préalablement le cannabis « thérapeutique », véritable figure imposée du spectacle permettant d’accéder au podium de la légalisation. 

 De puissants groupes capitalistes, des médias intoxiqués ou corrompus, des politiques, des particuliers, d’inévitables « idiots utiles » et d’autres encore, se sont  mobilisés pour un lobbying intense, auprès des citoyens et de leurs représentants.

 Un agriculteur, député de la Creuse, porte-parole de laREM, J.-B. Moreau, se dépense sans compter pour faire de son département l’Eldorado cannabique français. Il se répand sur les ondes, pour y dispenser parfois de surprenants cours de pharmacologie, affrontant sans vergogne des pharmacologues chevronnés, dans une parfaite illustration  d’ultracrépidarianisme (le fait de parler avec force et conviction de sujets complètement en dehors de son domaine de connaissance/d’expertise). Il s’est adjoint plusieurs députés, coreligionnaires en cannabis : L. Mendès (Moselle), O. Véran (devenu ministre de la Santé, que la COVID a opportunément éloigné de sa fixation sur le cannabis), Caroline Janvier (Loiret), des députés ou des maires LR, schismatiques : R. Reda (Essonne), A. Robinet (Reims), B. Ravignon (Charleville-Mézières), semblant prêts à rejoindre LaREM et à faire allégeance aux alliés précités en proclamant leur souhait d’une légalisation du cannabis. C’est avec leurs petites histoires qu’ils espèrent écrire  l’Histoire…du cannabis. 

Sous la houlette de O. Véran, qui n’était alors que député, une mission parlementaire a été constituée à l’assemblée nationale, organisant son action/activisme en trois strates : le cannabis  thérapeutique (en omettant les guillemets) ; le cannabis de confort (toujours sans « ») ; et le cannabis qualifié de récréatif (terme résolument euphémique pour occulter les catastrophes qui peuvent s’associer à son usage quand il vire, comme  souvent, à l’abus et à la dépendance).

 La première strate de cette mission a diligenté une expérimentation thérapeutique du cannabis, sous l’égide de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Pour la diriger a été nommé un psychiatre qui, pour des opportunités universitaire, s’est reconverti à la pharmacologie. Cela n’en fait pas un spécialiste des essais cliniques des médicaments, ce dont on s’est aperçu très vite, tant par ses déclarations que par le protocole qu’il a mis en place.

Cette étude ne concerne pas moins de 5 pathologies ou troubles définis. Elle  utilise plusieurs formes galéniques de cannabis (excluant heureusement la forme fumée pour au moins s’affranchir des méfaits trop connus du tabac). Elle devrait durer deux ans et inclure 3.000 patients. On sait dès le départ qu’en raison de la diversité des pathologies, des formes galéniques, des doses qu’il conviendrait d’essayer, il sera difficile d’en tirer des conclusions fermes et moins encore définitives. Cette expérimentation devrait être suivie inéluctablement d’essais cliniques rigoureux, car ce qui est en cours contrevient à plusieurs des règles importantes qui sont requises dans des essais dignes de ce nom. C’est ce qui fait que l’opération ne revendique plus l’appellation d’un essai, ne parlant modestement que d’une expérimentation. On sait que son coût sera élevé. Il a même été annoncé la formation, pour la circonstance, de personnels hospitaliers dédiés à cette tâche, alors que ces utilisations thérapeutiques pourraient être sans lendemain. Cette agitation, toute exceptionnelle en cette matière, apparaît de plus en plus comme une opération promotionnelle, destinée à entretenir dans l’esprit du public le caractère thérapeutique du cannabis. Des expressions diverses peuvent caractériser cette expérimentation : Improvisation, manipulation, communication,  bricolage, enfumage, hétérodoxie…et de plus :

-Incompréhension manifeste, qu’un groupe de députés, se constituant en mission d’étude du cannabis, initie des expérimentations cliniques de médicaments ! 

-Suspicion, quand le vice-président de cette mission parait en situation de conflits d’intérêt ; tout député n’est-il pas d’abord celui de la Nation toute entière, devant faire passer les intérêts de celle-ci avant ses intérêts départementaux (la Creuse) et professionnels (l’agriculture). Or il se dépense sans compter pour instaurer une filière de culture du chanvre non textile. Sa démarche, aidée par le fait qu’il est un des porte-paroles de laR.E.M., commence à être couronnée de succès, puisqu’un arrêté émanant de l’agence nationale de sécurité du médicament, comme pour lui complaire, constitue un comité scientifique temporaire pour préparer « la culture en France du cannabis à usage médical et élaborer des spécifications techniques de la chaine de production allant de la plante au médicament » (décision  de la directrice de l’ANSM du 17/02/22).

-Surprise que le psychiatre, néo pharmacologue, en charge de cette expérimentation communique sans réserve sur celle-ci, parlant d’emblée de cannabis « thérapeutique » alors que c’est l’objet même de cette expérimentation de déterminer si le cannabis pourrait être éligible comme moyen thérapeutique.

-Trouble provoqué par le fait que cette expérimentation thérapeutique se fasse à ciel ouvert, sous les phares des médias, dans un contexte militant, influençant les patients avant ou pendant qu’ils participent à l’essai.

-Stupéfaction que l’expérimentation d’un candidat médicament, n’inclue pas un médicament de référence, pour vérifier que dans les conditions choisies son efficacité est bien retrouvée et pour permettre de situer l’efficacité de la molécule testée par rapport à cet étalon interne à l’étude.

-Abasourdissement du fait qu’un essai thérapeutique porte sur l’ensemble des molécules présentes dans un végétal dont la composition compte cent causes de variations (« végétal varie, bien fou qui s’y fie ») ; alors qu’habituellement on expérimente sur une molécule définie, pure, de synthèse ou extraite d’un végétal.

-Scandalisé par l’absence dans cette étude d’un placébo, d’autant plus nécessaire  que les patients qui y participent le font dans un contexte très médiatisé, en rupture complète avec un essai en double aveugle, dans lequel le patient ne sait s’il reçoit ou non la molécule à tester, et le clinicien ne sait lui si le patient reçoit le placébo ou la molécule à tester.

Ajoutons à ces anomalies multiples la connaissance de plus en plus précise des effets épigénétiques du THC qui peuvent affecter non seulement ses utilisateurs, mais aussi potentiellement leur progéniture. Cela justifierait de toute urgence de siffler l’arrêt de la partie et d’imposer un moratoire. Pourtant, faisant semblant de les ignorer, la roulotte déglinguée de cette expérimentation poursuit son cheminement.

La mission parlementaire sur le cannabis a cherché à diluer la responsabilité de  ses membres, qui doivent finir quand même par s’interroger devant l’accumulation des raisons de douter. Comme pour satisfaire un besoin de réassurance ils ont eu l’outrecuidance, au cœur de la pandémie COVID, quand ses victimes mouraient par milliers et quand chacun pouvait être inquiet pour lui même et pour les siens, de lancer une « consultation citoyenne » pour s’assurer qu’une majorité de nos concitoyens se déclarerait favorable à la légalisation du cannabis. Cette consultation vira au « bide » complet. Alors qu’était attendue l’approbation des 1.500.000 usagers réguliers de cannabis, grossie de celle de leurs supplétifs, la participation à cette consultation fut éminemment modeste. Le journal « Le Monde » déclarait « plus de 250.000 » ; que nous rectifierons par : seulement 251.000 réponses furent obtenues. Elles émanaient à 70% de personnes déclarant avoir déjà consommé du cannabis ;  pourtant près de 20% des personnes s’étant exprimés, le firent sur le mode d’une réprobation. Ne se le tenant pas pour dit, les initiateurs de cette consultation exprimaient aussitôt leur désir de recourir à la voie référendaire. On ne recourt en France que très exceptionnellement au référendum, et le faisant c’est alors pour faire décider par une majorité d’électeurs de changements majeurs pour la Nation. Voilà donc que certains de nos élus seraient prêts à dévoyer cette procédure exceptionnelle pour faire avaliser une intoxication nationale par le cannabis.  

Conclusion

Pour forcer un destin bien funeste on voit : 

-Exploser les publicités mensongères sur le cannabidiol et s’ouvrir en tous lieux des boutiques pour le vendre ;

-Déclarer « thérapeutique » le cannabis alors qu’il fait l’objet d’expérimentations qui devraient le déterminer ;

-Pratiquer une expérimentation « bidon », visant à parer le cannabis d‘une respectabilité médicamenteuse, à l’instar d’un essai clinique ; 

-Lancer les prémices d’une filière nationale de culture du cannabis dit « médical » ; c’est comme si on construisait des centrales à hydrogène, alors qu’on ne sait encore si le procédé est maitrisable, efficace, rentable. A mettre systématiquement la charrue devant les bœufs, il n’y a plus besoin de bœufs, la charrue se précipite toute seule… dans le mur. 

 Ainsi sont ouvertes d’énormes brèches supplémentaires dans la loi de 1970 qui prohibe le cannabis. Elles visent, après son travestissement en médicament, à sa légalisation à des fins scandaleusement qualifiées de récréatives ; scandaleusement car nous savons  que la « récré » cannabiques se termine souvent mal, voire très mal.

Les artisans du désastre cannabique qui se prépare (aux plans sanitaire, social, sociétal) doivent s’imprimer dans notre mémoire. Promettons leurs de ne pas les faire bénéficier d’une amnistie par l’oubli. Ne consommant pas cette drogue nous disposons d’une mémoire que nous nous appliquerons à entretenir pour ne pas les oublier et pour  les faire connaître au plus grand nombre possible de nos concitoyens. 

Fumer du cannabis entraînerait un vieillissement accéléré de l’organisme

Ceux qui fument du cannabis régulièrement auraient un organisme qui vieillirait plus vite que les autres, révèle une récente étude.

On sait pertinemment que fumer du cannabis n’est pas sans risque : il peut nous rendre vulnérable, il modifie la structure du cerveau, il pollue nos poumons…

Les méfaits de la fumette ne sont pas un scoop. Mais une récente étude, parue dans la revue Drug and Alcohol Dependance nous apprend que les fumeurs réguliers de cannabis s’exposeraient à un autre risque : voir leur corps vieillir plus vite et ne plus refléter leur âge réel. Explications.

Le cannabis, comme d’autres éléments de notre environnement, interagit avec l’expression de nos gènes. En gros, il y a l’âge inscrit sur votre carte d’identité et votre âge biologique, déterminé par les chercheurs grâce à ce que l’on appelle « l’horloge épigénétique », qui vient analyser l’évolution de votre ADN.

GROS ÉCART D’HORLOGE BIOLOGIQUE

Quels comportements, habitudes, consommations font vieillir prématurément nos organismes ? Les scientifiques se sont penché sur le sujet du cannabis auprès de 154 personnes qui vivent aux Etats-Unis. Leurs habitudes de consommation ont été enregistrées entre leurs 13 ans et leurs 30 ans. Entre ceux qui ne fumaient pas d’herbe régulièrement et ceux qui le faisaient, il y avait un net écart d’horloge biologique. Les fumeurs avaient des corps plus vieux que ceux correspondant à leur âge.

Selon les chercheurs, plus la consommation était récente, plus l’horloge épigénétique était atteinte. Ils estiment que c’est l’inhalation d’hydrocarbures qui serait responsable de cette conséquence. D’autres analyses seront toutefois nécessaires pour valider ce lien de cause à effet.

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