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Drogues : les Français sont de plus en plus accros. La consommation d’ecstasy et de cocaïne explose

Publié le 28/06/2024 _ Sihem Boultif Journaliste santé en collaboration avec Laurent Karila (Psychiatre addictologue)

 Selon le dernier rapport de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), la consommation drogues explose en France. Comment expliquer cela ? Doctissimo a interrogé le Pr Laurent Karila, psychiatre et médecin addictologue à l’hôpital Paul-Brousse.

Sommaire

  1. Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante
  2. Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent
  3. Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila
  4. Comment savoir si l’on est dépendant ?

CocaïnecannabisMDMA… Les Français se droguent de plus en plus.

C’est la conclusion d’une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée ce mercredi 26 juin. Un questionnaire soumis à 12490 personnes âgées de 18 à 64 ans, qui dévoile les effets de ces consommations illicites en France.

Cocaïne, LSD, protoxyde d’azote… Tous les produits connaissent une demande croissante

La première conclusion que l’on peut tirer de ce travail et que tous les stupéfiants connaissent une demande croissante. Champignons hallucinogènes, poppersprotoxyde d’azoteLSD, cocaïne , ecstasy… Les niveaux de consommation sont tous en forte augmentation.

« La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants » notent les auteurs de l’étude.

Des consommations de cocaïne et de MDMA qui explosent

Le rapport démontre aussi que chez les adultes, la consommation de cocaïne au cours des douze derniers mois a été multipliée par dix entre 1992 et 2023, passant de 0,3 à 2,7 %. Au total, ce serait près d’un majeur sur dix qui auraitdéjà consommé de la cocaïne en 2023, contre 6 % en 2017.

Côté MDMA, même constat. En 2023, 1,8 % des Français déclarent en avoir consommé au courant de l’année passée, contre 0,2 % en 2000, et un Français sur douze l’a déjà testée. Les femmes en particulier sont de plus en plus consommatrices de cette drogue festive.

Un phénomène qui était « prévisible », selon Laurent Karila

Comment expliquer cette situation ? Interrogé, le Pr Laurent Karila, auteur de Docteur : Addict ou pas ? aux éditions Harper Collins et du podcast Addiktion n’explique pas cette augmentation de la consommation de MDMA accrue chez les femmes. « Je n’ai pas d’arguments spécifiques à avancer pour expliquer cela. La MDMA reste une drogue « festive », qui est stimulante et plutôt utilisée dans un usage récréatif » détaille le médecin.

En revanche, l’explosion de la consommation de cocaïne était prévisible, selon lui. « C’était attendu. Je vois en consultation depuis 2009 des patients présentant une addiction à cette drogue et je constate qu’il y a de plus en plus de personnes concernées, depuis une quinzaine d’années ».

Pour Laurent Karila, les prix cassés, l’augmentation de la disponibilité du produit, l’ubérisation de sa livraison et sa consommation par des profils variés, allant du chômeur au jeune en passant par la femme au foyer, expliquent ces chiffres en forte augmentation.

Comment savoir si l’on est dépendant ?

En cas d’addiction à la cocaïne, quelle est la prise en charge ? « Elle se réalise en service spécialisé où des consultation spécifiques sont réalisées, généralement en ambulatoire » détaille le médecin. « Mais il n’existe pas de traitement spécifique à l’addiction à la cocaïne : on se base sur les données de la littérature et sur nos expériences pour traiter les patients, avec des prescriptions hors AMM, généralement« .

Encore faut-il reconnaître que l’on souffre d’une addiction. Comment faire ? Pour cela, Laurent Karila a mis au point un moyen mnémotechnique assez facile : les 5 C.

  • Contrôle (avec une perte de contrôle vis-à-vis du produit) ;
  • Consommation (avec envie irrépressible de consommer) ;
  • Compulsion (avec une activité compulsive vis-à-vis du produit) ;
  • Continu (un usage continu du produit) ;
  • Conséquences (un usage continu malgré les conséquences négatives).

« Si vous êtes confronté à ces problématiques avec un produit, pendant 12 mois, c’est qu’il y a une dépendance. Il est nécessaire de consulter, à ce moment-là » conclut le médecin.

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Cocaïne, cannabis, MDMA… radiographie de cette France qui se drogue

Par Angélique Négroni

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les toxicomanies, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie une photographie des consommations illicites.

Les Français se droguent de plus en plus. Une conclusion sans appel que vient de tirer l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), avec une nouvelle étude publiée mercredi. Alors que les dernières données dataient de 2017, cette enquête, réalisée à partir d’un questionnaire soumis à 12.490 personnes de 18 à 64 ans, livre une juste photographie des consommations illicites en 2023 dans notre pays.

Que ce soient les champignons hallucinogènes, le poppers, le protoxyde d’azote, le LSD, la cocaïne ou l’ecstasy, tous ces produits connaissent une demande croissante. «La consommation des drogues illicites (…), qui avait connu une période de stabilisation entre 2014 et 2017, présente en 2023 des niveaux d’usage en forte augmentation, quelle que soit la substance psychoactive, et notamment pour les stimulants», écrivent les auteurs de l’étude.

10 joints en 30 jours

Dans ce contexte, où la drogue circule davantage, le cannabis détient une place à part. Il reste de loin le produit «phare» : celui qui attire le plus grand nombre de consommateurs. Les chiffres liés à cette substance livrent, en outre, des tendances marquantes. Tout d’abord, le nombre de ceux qui l’ont expérimenté dépasse désormais la barre des 50 % (50,4 %). Un Français sur deux a donc déjà fumé un joint. Le taux atteint même les 60 % chez les 25-44 ans.

En quelques années, l’expérimentation a augmenté. En 1992, elle ne touchait que 12,7 % des Français, rappelle l ‘OFDT. Depuis, la courbe ne cesse de monter : en 2005, le taux était de 28,7 % et, en 2017, il frôlait les 45 %. «Cela signifie que ce produit s’est banalisé. Les représentations qui sont faites du cannabis ont changé aussi. Mais cela s’explique surtout par un effet mécanique : les générations successives de jeunes qui ont consommé à l’adolescence sont parvenues à l’âge adulte, venant grossir la proportion d’expérimentateurs» , souligne Guillaume Airagnes, le directeur de l’OFDT.

Mais l’expérimentation, devenue monnaie courante, ne constitue pas un marchepied systématique vers un usage régulier. Le nombre de consommateurs réguliers de cannabis n’a pas décollé davantage. Le taux, qui était de 11 % en 2017, change à peine, accusant même une très légère baisse en 2023 avec un taux de 10,8 %. Un petit fléchissement est aussi constaté dans la catégorie des «grands» fumeurs , ceux qui ont fumé 10 joints au cours des 30 jours précédant l’enquête. Le taux et passé de 3,6 % à 3,4 %.

Les 18-24 ans consomment moins de cannabis

Aussi surprenante qu’elle puisse paraître, cette baisse s’explique par un décrochage des jeunes vis-à-vis de ce produit. Il n’empêche, les 18-24 ans restent la catégorie de consommateurs la plus importante. Pour cette tranche d’âge, le taux est de 22,9 % quand il était de 26,9 % en 2017.

Les adultes, au contraire, consomment davantage de cannabis. «C’est parmi les personnes de 55 à 64 ans que cet usage régulier a augmenté, passant de 0,2 % en 2017 à 1,2 % en 2023», peut-on lire dans le rapport. «C’est là encore un pur effet mécanique. Les anciennes générations qui consommaient davantage sont maintenant plus âgées», précise le responsable de l ’OFDT.

Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix

Pour Guillaume Airagnes, cette nouvelle étude révèle une évolution inquiétante : «le recours aux drogues stimulantes est en augmentation exponentielle», souligne-t-il. «L’usage de drogues illicites autres que le cannabis n’a cessé d’augmenter depuis 2010, et en particulier au cours des neuf dernières années avec une hausse de 2,1 points (passant de 1,8 % en 2014 à 3,9 % en 2023), contre 0,9 point entre 2005 et 2014 (de 1,1 % à 1,8 %), évolution portée par l’augmentation de la consommation de cocaïne et de MDMA», indique l’OFDT.

Sur ces dernières substances, les données du rapport sont édifiantes : «Entre 1992 et 2023, l’usage de cocaïne a été multiplié par dix, passant de 0,3 % à 2,7 %. Depuis sa première mesure en 2000, l’usage de MDMA (ecstasy) a également décuplé, passant de 0,2 % à 1,8 %».

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Cannabis, cocaïne… Les enfants de plus en plus victimes d’intoxications accidentelles à la drogue

Des enfants qui ingèrent une boulette de cannabis laissée dans un cendrier, d’autres qui ingurgitent quelques résidus de cocaïne traînant sur une table basse…

Les ingestions accidentelles de drogue par les enfants augmentent et des spécialistes alertent.

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Cocaïne : « De plus en plus d’enfants intoxiqués…

…il y a un problème de banalisation », alerte la chef des urgences pédiatriques de Toulouse

  • Une étude coordonnée à Toulouse montre des chiffres inquiétants sur l'exposition des enfants à la cocaïne.Une étude coordonnée à Toulouse montre des chiffres inquiétants sur l’exposition des enfants à la cocaïne. DDM – MICHEL VIALA

Emmanuelle Rey

Le Pr Isabelle Claudet, chef du pôle enfants et des urgences pédiatriques au CHU de Toulouse, vient de coordonner une étude qui montre une hausse des intoxications à la cocaïne chez les moins de 15 ans dans la dernière décennie. 

Auteur d’une étude sur l’intoxication des enfants au cannabis, publiée en 2017 dans une revue américaine, le Pr Isabelle Claudet, chef du pôle enfants et des urgences pédiatriques au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, repart en bataille. Contre la cocaïne cette fois. Elle vient de conclure l’étude CocaKid menée avec 24 services d’urgences pédiatriques français sur l’exposition accidentelle à la cocaïne chez les enfants de moins de 15 ans pour la période 2010-2020. 

Son constat est sans appel.  « Il est urgent de dire que les plus jeunes sont les victimes collatérales de ce qu’il se passe dans leur environnement immédiat. Et aujourd’hui, en France, la circulation et la consommation de cocaïne augmentent. L’Occitanie, par sa proximité avec l’Espagne, est particulièrement concernée », lance la pédiatre, témoin d’une multiplication par huit en onze ans du nombre d’admission aux urgences pédiatriques en lien avec la cocaïne. Les moins de six ans représentent près de la moitié des cas (46%) des 74 enfants enregistrés par l’étude. 

Signalements à la justice

La plupart des jeunes enfants arrivent après avoir ingéré accidentellement de la cocaïne à la maison (40%) ou dans un lieu public (20%) et qui a déclenché une forte agitation, de la tachycardie, de la fièvre, parfois des convulsions. Des tests urinaires et des prélèvements sanguins confirment la présence de la drogue chez ces mineurs, ce qui déclenche automatiquement un signalement à la justice et à la mise en place de mesures judiciaires et sociales. Ils sont hospitalisés en pédiatrie ou en réanimation. Plus de 60 % des parents de ces enfants sont consommateurs. Les analyses toxicologiques peuvent aussi révéler la présence d’autres substances comme le cannabis, les amphétamines ou encore des molécules venant de produits de coupe. 

« Les intoxications à la cocaïne chez les enfants ne sont pas une vue de l’esprit, nous en sommes les témoins. Pendant longtemps, la cocaïne a été considérée comme la drogue des riches, de certaines soirées festives. Ce n’est plus ça. Elle est aujourd’hui plus accessible, plus pure aussi ce qui entraîne davantage de manifestations graves notamment chez les petits. C’est banalisé, personne n’en parle ! », clame le Pr Isabelle Claudet. 

46 % des enfants avaient moins de 6 ans

Dans l’étude CocaKid, dirigée par le Pr Isabelle Claudet (CHU de Toulouse), 46 % des enfants admis aux urgences pédiatriques pour une ingestion de cocaïne étaient âgés de moins de six ans.

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Addict à la cocaïne, Gaëlle témoigne d’une vie en enfer

La jeune femme, qui habite Saint-Herblain, a souhaité témoigner pour faire mieux connaître les dégâts causés par la prise de drogue. Elle se bat au quotidien pour sortir de la dépendance.

Gaëlle, maman d’une petite fille, addict à la cocaïne, a vécu trois ans en enfer. Aujourd’hui, elle regarde vers un nouvel horizon et témoigne pour faire mieux connaître les dégâts monstrueux de la drogue.
Gaëlle, maman d’une petite fille, addict à la cocaïne, a vécu trois ans en enfer. Aujourd’hui, elle regarde vers un nouvel horizon et témoigne pour faire mieux connaître les dégâts monstrueux de la drogue.

 Ana, tu as dix ans et si je t’écris cette lettre, c’est qu’il est temps pour toi de savoir… ​. Ainsi débute, en juillet 2022, la lettre que Gaëlle a écrit à sa fille pour lui révéler sa descente aux enfers, à la suite de la prise régulière de cocaïne.  Ma descente aux enfers a commencé le jour où son maître est venu frapper à ma porte, celui que je considère aujourd’hui comme le diable. ​ La jeune femme de 38 ans a encore du mal à nommer la cocaïne.

Cadre commercial dans un établissement de formation, Gaëlle est mariée et maman d’une petite fille. Elle adore faire la fête avec ses amis, avec occasionnellement la prise de cocaïne. Tout bascule en mars 2020. En cours de séparation de son conjoint, elle doit déménager, mais le confinement bouleverse le fragile équilibre.  Je me suis sentie prisonnière de cette situation, confinée à trois dans un appartement. Alors, la cocaïne est arrivée dans ma vie de façon régulière, tous les soirs ​.

La drogue lui procure un sentiment de force, une sensation d’adrénaline, mais le lendemain, c’est la descente, la déprime et la culpabilité.  Le cœur de ma vie, c’était la cocaïne, toujours à la recherche de mon dealer pour trouver 2 grammes par jour. J’étais isolée, je mens, je vole, je manipule mes proches. 

« Esclave à la cocaïne » pendant trois ans​

Gaëlle essaye d’arrêter toute seule, mais elle ne tient pas, car la drogue est devenue une maladie chronique et neurologique. L’addiction lui coûte très cher, elle dépensera plus de 60 000 € et elle devra emprunter pour continuer à vivre.

Elle prend conscience de la nécessité d’une cure de sevrage en milieu hospitalier, puis elle s’engage dans des postcures à Nantes et à Royan, en Charente-Maritime, avec parfois des écarts qui entraînent la rechute. C’est dans ces moments-là qu’elle décide d’écrire à sa fille de 10 ans.  Je lui ai expliqué que l’addiction à la cocaïne était une vraie maladie qui a fait de ma vie un enfer. Elle m’a posé plein de questions : comment tu achètes ? À quel prix ?… ​.

Depuis début février 2024, la jeune femme, sortie d’une postcure, se reconstruit en changeant ses habitudes. Elle a décidé de s’installer loin de Nantes, de ses points de deal et de consommation.  Je cherche un nouveau travail. Je rêve de liberté, car j’ai été pendant trois ans littéralement l’esclave de la cocaïne ​.

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Qu’est-ce que la cocaïne rose, cette drogue au nom trompeur qui émerge en France ?

STUPÉFIANT•Aussi appelée « pink C » ou « tussi », la cocaïne rose est un mélange de plusieurs substances, souvent de la kétamine et de la MDMA

Des sachets de cocaïne rose, à Medellin, en Colombie, le 2 avril 2022.
Des sachets de cocaïne rose, à Medellin, en Colombie, le 2 avril 2022. - J. Sarmiento/AFP / AFP

L’essentiel

  • La « cocaïne rose » est un mélange de plusieurs substances, souvent de la kétamine (un anesthésique) et de la MDMA (de l’ecstasy), dans des proportions variables.
  • « C’est l’imprévisibilité du contenu qui contribue à sa dangerosité, estime le psychiatre et addictologue Jean-Michel Delile. Car avec la kétamine, dès qu’on passe en surdosage, on peut avoir des comas, des pertes de conscience et un vrai risque d’overdose. »
  • Repérée pour la première fois en France en 2022, sa présence reste marginale mais s’étend dans les milieux festifs alternatifs.

«Panthère rose », « pink C », « tussi », « tucibi »… De petits noms mignons au goût de fraise, de banane ou de passion, pour un produit l’étant nettement moins. L’usage de « cocaïne rose » qui, contrairement à ce que laisse supposer son nom, ne contient pas de cocaïne, est en expansion en France. Une drogue au contenu flou et aux effets pouvant s’avérer très dangereux.

De quoi est-elle composée ?

« Ce n’est pas une drogue spécifique, mais un nom commercial qui renvoie à des associations de molécules diverses », précise d’emblée Jean-Michel Delile, psychiatre addictologue et président de Fédération Addiction. Le plus fréquemment, il s’agit d’un mix de kétamine (un anesthésique) et de MDMA (de l’ecstasy), dans des proportions variables, auquel est ajouté un colorant rose.

Une couleur « glamour » qui permet de vendre le produit beaucoup plus cher que de la MD ou de la kétamine. Un gramme de Pink C coûte entre 60 et 100 euros, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (contre un prix autour de 40 euros pour de la kétamine et 50 euros pour de la MD). « Dans ce domaine aussi il y a des effets de mode, et là, il y a un vrai côté marketing », analyse l’addictologue.

Quels sont ses effets et les risques associés ?

Les effets de la cocaïne rose sont donc ceux de la MDMA associés à ceux de la kétamine. « Avec la MDMA, il y a un effet très stimulant et empathogène, explique Laurent Karila, professeur de psychiatrie et d’addictologie et auteur de Docteur, addict ou pas ? (Editions Harper Collins). En gros, ça booste et on aime tout le monde. »

Mais qui dit effets « positifs » dit aussi effets négatifs. Parmi eux : « une descente horrible sur le plan psychique, avec de l’anxiété, une forte tristesse, des idées suicidaires. » Dès la première prise de MD, il existe aussi un risque d’hyperthermie pouvant conduire en réanimation et un risque d’hépatite fulminante, une intoxication du foie.

La kétamine, elle, provoque des effets dissociatifs, telles que des hallucinations visuelles, de la dépersonnalisation (l’impression de sortir de son propre corps) et une insensibilité à la douleur. La dangerosité de la kétamine tient à sa très étroite marge de sécurité. « Dès qu’on passe en surdosage, on peut avoir des comas, des pertes de connaissance et un vrai risque d’overdose », précise Jean-Michel Delile. À très haute dose, il existe également un risque de « K-Hole ». Une perte totale de conscience, avec incapacité de bouger, assimilée à une expérience de mort imminente.

Avec ce nom trompeur, le consommateur s’attend à prendre de la cocaïne, une substance provoquant une sensation d’euphorie, un gain d’énergie, une impression de meilleure confiance en soi, mais aussi un risque de paranoïa, d’anxiété et d’idées délirantes. En snifant de la cocaïne rose, peu de consommateurs connaissent la composition exacte de la poudre. « C’est l’imprévisibilité du contenu qui contribue à sa dangerosité, insiste le président de Fédération Addiction. Il faut donc vraiment informer sur cette nouvelle substance à haut risque, dont le nom très marqueté peut attirer des jeunes. »

Qu’en est-il de présence sur le territoire français ?

« A l’échelle européenne, des signalements concernant la circulation de cocaïne rose ont été faits, en particulier en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas », explique Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT.

En France, la pink C a été repérée pour la première fois en 2022 par le dispositif Sintes. Sa présence restait anecdotique et marginale mais « depuis un an, on en retrouve sur la quasi-totalité du territoire », selon Jean-Michel Delile. « A chaque sortie, nos équipes trouvent des échantillons de poudre rose, assure le président de Fédération Addiction.

Par bonheur, on n’a pas encore eu d’intoxication sévère mais il vaut mieux prévenir. » Si la pink C se répand dans les milieux festifs alternatifs, telles que les free-parties, elle n’aurait toutefois pas encore fait son arrivée dans les boîtes de nuit et les soirées privées.

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Qu’est-ce que la cocaïne rose, cette nouvelle drogue qui inquiète les autorités ?

L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives alerte sur une recrudescence des nouvelles substances en circulation, comme la cocaïne rose ou des cannabinoïdes de synthèse.

Mathis Thomas avec AFP Rédigé le 01/02/2024

La "cocaïne rose", qui se présente sous forme de poudre rose, a été repérée pour la première fois en France en 2022
La « cocaïne rose », qui se présente sous forme de poudre rose, a été repérée pour la première fois en France en 2022  —  Shutterstock

Des drogues de plus en plus pures et dangereuses. De nouveaux produits stupéfiants circulent en France, relève ce mercredi 31 janvier une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), qui cite les exemples de la cocaïne rose ou des cannabinoïdes de synthèse.

Plus inquiétant encore : la pureté de la cocaïne en circulation sur le territoire. L’OFDT pointe du doigt un « risque d’intoxication » de plus en plus important. Cette étude s’appuie sur plus de 600 échantillons de produits psychoactifs récoltés en 2022 par le Système d’identification national des toxiques et des substances (SINTES), dispositif d’observation de la composition des produits psychoactifs illicites coordonné par l’OFDT.

De « nombreuses tromperies » à l’insu des usagers

Parmi ses enseignements, la forte teneur en cocaïne des échantillons récoltés : plus de 70 % des 123 échantillons analysés « ont pu bénéficier d’un dosage en cocaïne » et neuf se sont avérés purs, indique l’OFDT.

Or, « une augmentation de la teneur en cocaïne a pour conséquence une élévation du risque d’intoxication aiguë et de développement de complications liées à sa toxicité« , avertit l’Observatoire. Plus de 56 % des échantillons de cocaïne analysés ne contenaient pas de produits de coupe.

L’OFDT note également les « nombreuses tromperies » à l’insu des usagers de la 3-MMC, drogue de synthèse classée comme stupéfiant aux Pays-Bas. « En 2022, sur les 56 échantillons collectés supposés être de la 3-MMC, seuls 12 (21,4 %) sont réellement exclusivement composés de 3-MMC« , précise l’OFDT. 

Des produits vendus comme contenant du CBD

Autre produit en circulation, la « cocaïne rose », qui se présente sous forme de poudre rose, a été repérée pour la première fois en France en 2022 par le dispositif SINTES. Documenté dès 2021 via le dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues), les analyses ont mis en évidence une association récurrente de MDMA et de kétamine, sans la présence de cocaïne. Méconnu, ce produit peut occasionner « des complications inattendues pour l’usager à cause de son nom trompeur« , poursuit l’OFDT. 

Ce rapport du SINTES souligne par ailleurs l’émergence d’un nouveau produit de synthèse cannabinoïde, apparu en France à l’automne 2022, l’hexahydrocannabinol (HHC). « Certaines collectes ont permis d’objectiver une tromperie car certains produits étaient vendus comme contenant du CBD« , molécule non psychotrope du cannabis, affirme l’OFDT.

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”C’était totalement inattendu !” : des chercheurs de l’ULB découvrent un nouveau mécanisme majeur dans l’addiction à la cocaïne

Publiée dans la revue Nature Communication, cette étude a permis d’identifier une nouvelle région clé du cerveau qui entre en jeu dans la dépendance aux drogues. De quoi ouvrir la porte à de nouvelles voies thérapeutiques.

Définie comme un “trouble chronique récurrent caractérisé par la recherche et la prise compulsive de drogues malgré les conséquences néfastes”, la dépendance aux drogues provoque chaque année presque 12 millions de morts dans le monde. Aux États-Unis, c’est même la première cause de décès chez les 18-45 ans.

Conduite par Alban de Kerchove d’Exaerde, chercheur en Faculté de Médecine, Université libre de Bruxelles et ULB Neuroscience Institute (UNI), investigateur Welbio au WEL Research Institute, une équipe vient de faire une découverte qualifiée de “majeure” dans la dépendance aux drogues.

On savait jusqu’ici que “le premier moteur de l’addiction est l’augmentation ‘artificielle’, suite à la prise de drogues, de la concentration de dopamine, le neurotransmetteur associé au système de la récompense, dans la région principale de ce système, le striatum ventral, rappellent les chercheurs. Cette augmentation artificielle piège ainsi le système de la récompense et induit des modifications dans le cerveau conduisant à l’addiction”.

On sait aussi que cette maladie psychiatrique est due à des facteurs génétiques et environnementaux, la composante génétique de la vulnérabilité d’une personne à l’addiction étant de 40 à 60 %. Celle-ci implique des gènes spécifiques liés aux neurotransmetteurs et à leurs actions, tels que la dopamine, les récepteurs opioïdes, nicotiniques et cannabinoïdes.

Le thalamus paraventriculaire

Dans une étude précédente, l’équipe de l’ULB avait démontré, grâce à des modèles murins, le rôle central d’un gène insoupçonné dans la dépendance à la cocaïne : Maged1. “Son inactivation dans l’ensemble du cerveau des souris rendait en effet celles-ci totalement insensibles à l’effet de la cocaïne”, précisent les chercheurs qui ont poursuivi leurs travaux.

Ainsi, dans une nouvelle publication qui vient de paraître dans Nature Communication, ils ont réussi à démontrer que “la région du cerveau où ce gène joue son rôle essentiel dans l’addiction était en réalité située en dehors du circuit de la récompense, ce qui était complètement inattendu”. Suite à l’identification de cette nouvelle région clé – le thalamus paraventriculaire -, les mécanismes qui sous-tendent les effets majeurs du gène Maged1 dans la dépendance à la cocaïne ont été mis à jour.

Les mécanismes identifiés sont tout aussi nouveaux que le thalamus paraventriculaire dans le phénomène de l’addiction, expliquent les auteurs de la recherche. Ils impliquent en effet des modifications épigénétiques spécifiques, soit des modifications de la structure de l’ADN et non pas des mutations”.

Quant à démontrer la pertinence chez l’homme de ces mécanismes identifiés et découverts chez la souris, en collaboration avec une équipe de psychiatres de l’Université de Paris Cité, les chercheurs ont réalisé une étude chez des patients dépendants à la cocaïne.

Elle a démontré que des modifications génétiques spécifiques des gènes Maged1 et USP7 sont associées à des conséquences très significatives sur des comportements directement liés à l’addiction à la cocaïne. De quoi laisser entrevoir de nouvelles stratégies thérapeutiques.

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