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Vers une République de marquis poudrés?

La cocaïne ne semble pas touchée par l’inflation. Voici pourquoi

Céline Pina 4 juillet 2023

Vers une République de marquis poudrés?
Plus d’une tonne de cocaïne saisie au bord d’un navire de commerce par les douaniers garde-côtes de Manche-Mer du Nord, Dunkerque, octobre 2021

Comme chez nos voisins européens, la cocaïne est désormais disponible à prix cassé dans nos villes et nos campagnes. Importée en gros, elle a cessé d’être un produit de luxe. Mais son inquiétant pouvoir de corruption et de destruction, lui, n’a pas diminué.


La vie est chère ? Tout augmente ? Pas forcément. De 150 euros au détail il y a quelques années, le gramme de cocaïne se négocie aujourd’hui entre 60 et 80 euros à Paris. Face à la hausse de prix de l’énergie et des matières premières, la cocaïne, jadis produit de luxe, se démocratise.

L’augmentation des saisies en témoigne : dans le port d’Anvers, en 2022, la police a saisi 110 tonnes de cocaïne. En 2015, c’était moins de 16 tonnes. Ces chiffres témoignent moins de l’amélioration des performances policières contre le trafic que de l’explosion du marché : l’Europe est le nouvel eldorado des trafiquants de cocaïne.

Yann Bastière, représentant de SGP Unité Police explique le mécanisme à l’œuvre : « Le marché de la cocaïne aux États-Unis est saturé. Dans le même temps, la production explose. En Colombie, premier pays producteur, les surfaces ensemencées ont augmenté de 43 % en 2021 par rapport à 2020. Trouver de nouveaux débouchés est une nécessité vitale.

Pour que ces marchés soient rentables, il faut pouvoir écouler de grandes quantités de drogue. Voilà pourquoi l’Europe et son importante classe moyenne sont la cible privilégiée des trafiquants depuis quelques années. Voilà pourquoi les prix sont en baisse tandis que la qualité augmente : il faut conquérir et fidéliser de nouveaux consommateurs. »

Des arrivées massives et peu contrôlées

La porte d’entrée de la drogue, ce sont les grands ports de conteneurs, comme Anvers, Rotterdam ou Le Havre. Un autre acteur est déterminant dans le cas de la France : la Guyane. Sa frontière avec le Suriname, narco-État et plaque tournante du trafic de la cocaïne colombienne vers la France, en fait un véritable « narco-département ».

Selon une source policière, « la frontière avec le Suriname, très peu contrôlée, ressemble aux Champs-Élysées en matière de fréquentation, surtout à l’approche des deux rotations quotidiennes de l’aéroport de Cayenne vers la France. À chaque contrôle, on attrape trois ou quatre mules, mais on sait très bien que ce n’est que la pointe immergée de l’iceberg. Plus il y a de mules, alors que les effectifs de douane sont limités, plus un grand nombre passe entre les mailles du filet. Ils se moquent de perdre trois ou quatre mules si sur chaque voyage ils en font passer des dizaines d’autres. » 

Et ce fonctionnaire longtemps chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants de raconter : « Un jour, nous avions décidé de faire un contrôle exhaustif et inopiné d’un avion. Même en prenant la décision le plus tard possible, le pouvoir de corruption des trafiquants est tel que l’info a fuité malgré tout. Eh bien, sur un avion de 250 personnes, une quarantaine de personnes ne se sont pas présentées à l’embarquement alors que les billets n’étaient plus remboursables. »

Le gros du trafic vers l’Europe reste néanmoins transporté par conteneur. Dans le cas emblématique d’Anvers, seul 1,5 % des 12 millions de conteneurs débarqués sont analysés. De source policière, on estime que seulement 10 % de la drogue transitant par ce biais serait interceptée. Pour les trafiquants, cette perte est acceptable au vu des énormes bénéfices : le marché de la cocaïne à Anvers est estimé à plus de 50 milliards par an, soit 10 % du PIB de la Belgique.

Terreur et corruption

« Les trafiquants connaissent parfaitement le fonctionnement des ports. Ils planquent notamment la drogue dans des conteneurs de produits périssables, car ceux-ci doivent être débarqués très vite et ne peuvent être stockés. Mais surtout, ils disposent de tellement d’argent qu’ils n’ont pas de mal à corrompre des dockers, des douaniers, des policiers… Et si la corruption ne marche pas, il reste la terreur », raconte Fabrice Rizzoli, président de Crim’Halt. À Anvers, la violence générée par le trafic de drogue a ainsi débordé du port sur la ville, pour finir par gangrener le pays. La situation est devenue d’autant plus incontrôlable que les autorités ont longtemps refusé d’investir dans des systèmes de caméras performants ou des portiques à scanners.

Facile d’accès, le port est devenu le terrain de jeu de la « Mocro Maffia », cette mafia marocaine qui sévit dans le nord de l’Europe, notamment en Belgique, aux Pays-Bas ou dans le nord de la France, régions où beaucoup d’immigrés issus du Rif se sont installés depuis les années 1960. En effet, l’arrivée de la cocaïne s’appuie sur les réseaux déjà existants, et notamment ceux du cannabis.

Selon Yann Bastière, « il existe une joint-venture entre mafias italienne, marocaine et corse, et les producteurs sud-américains. Une des preuves de ces liens structurels se trouve au Maroc. On y saisit en effet de plus en plus de cocaïne alors que le Maroc n’est pas producteur. Le produit y arrive, car il emprunte les routes du trafic de cannabis et est distribué par les mêmes acteurs. »

En France, le port du Havre s’est imposé rapidement comme une porte d’entrée importante pour la cocaïne. En 2021, 10 tonnes de cocaïne ont été saisies, une augmentation de 164 % en un an. Comme à Anvers, corruption et violences ont organisé l’emprise mafieuse sur le port et les dockers sont en première ligne.

L’organisation particulière des ports et le règne de syndicats tout-puissants qui imposent leurs normes empêchent l’installation de caméras, imposent un accès libre aux conteneurs par les dockers, font de ceux-ci des agents incontournables pour récupérer la marchandise.

Une source policière nous a confirmé que, « sans la complicité de dockers, faire sortir la drogue est impossible. D’ailleurs, un certain nombre d’entre eux se retrouvent devant la justice suite à des affaires de corruption. Cela permet de se faire une idée des sommes offertes par les trafiquants. 10 000 euros pour un prêt de badge, 50 000 euros au grutier pour déplacer un conteneur… Difficile de résister à de telles tentations. »

L’appât du gain n’explique cependant pas tout. Selon Yann Bastière, « l’extrême violence des trafiquants et leur détermination mettent une pression énorme sur les employés des docks, les douaniers et les policiers. Au Havre, des dockers ont été enlevés et séquestrés, leurs familles ciblées. Et il y a une disproportion entre les moyens affectés au contrôle et à la police, et ceux des trafiquants. » Depuis que les polices belges, françaises et néerlandaises ont réussi à s’introduire dans la messagerie Sky ECC utilisée par des réseaux mafieux, elles sont tombées sur des vidéos de chambres de torture, de personnes démembrées et passées au hachoir.

De quoi décourager l’honnêteté. Le port du Havre a déjà connu des enlèvements et son premier mort. En 2020, le corps d’Allan Affagard, docker et syndicaliste CGT, a été retrouvé derrière une école. Il avait été soupçonné d’avoir facilité la sortie de cocaïne du port et mis en examen pour cela. Des accusations qu’il avait toujours récusées.

Le pouvoir des trafiquants

Aux Pays-Bas, la princesse héritière et le Premier ministre sont directement menacés de mort par les trafiquants. En Belgique, c’est le ministre de la Justice qui est ciblé. Mais si des menaces réelles pèsent sur la classe politique, l’inquiétude réside aussi dans sa corruption potentielle. Avec des enjeux et des moyens colossaux, les réseaux mafieux ont besoin de développer des liens avec les élus à tous les niveaux.

Certes, peu d’affaires ont éclaté, mais les spécialistes pensent que l’histoire retentissante qui a éclaboussé la ville de Saint-Denis, où une demi-tonne de cannabis était entreposée dans le centre technique municipal, n’est peut-être pas si exceptionnelle. La relative impunité dont a bénéficié l’employé durant le temps qu’a duré ce trafic interroge sur l’aveuglement des élus et la grande mansuétude de la hiérarchie.

À ne pas manquer, notre grand dossier “Le bad trip français”

On peut citer aussi le cas de Florence Lamblin, élue EELV et adjointe au maire du 13e arrondissement, accusée d’avoir aidé au blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, ou encore de Nicolas Jeanneté, directeur du parti Nouveau Centre et conseiller de Paris, accusé de trafic de stupéfiants, de Mélanie Boulanger, maire PS de Canteleu et de son adjoint chargé du commerce, accusés d’avoir été sous l’emprise de trafiquants de drogue et de leur avoir « facilité » la vie.

Comme dans le cas des personnels portuaires, le ciblage des élus pourrait s’avérer d’autant plus « rentable » que les menaces de mort des caïds de la drogue sont crédibles, durables et suivies d’effets, là où la protection policière peut apparaître limitée et défaillante.

En attendant une réaction à la hauteur des périls encourus, les spécialistes du marché de la drogue alertent : « Quand la production augmente et que les prix sont quasiment divisés par deux, on constate un rajeunissement et une massification des consommateurs. […] Pour s’en procurer, il suffit de taper “livraison de cocaïne” sur Twitter ou Snapchat par exemple, cela permet d’obtenir un numéro fonctionnant sur WhatsApp, qui vous livre chez vous dans l’heure », raconte Yann Bastière. L’ubérisation du deal fonctionne à merveille. Pour notre malheur collectif.

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Voir passer un bateau … et passer de la cocaïne ?

La ville de La Tremblade (Charente Maritime) participe régulièrement à la manifestation du « Printemps des poètes ». En 2019 elle a mis en place dans quinze lieux de la ville, des textes dont le thème se rapportait au lieu de leur implantation et elle a obtenu, cette année-là, le label « Ville en Poésie’ décerné par le Centre National de la Poésie.

La Tremblade étant dotée d’un port sur la Seudre qui rejoint l’Atlantique, elle avait érigée à l’embarcadère de la Grève un large panneau présentant une chanson de 1972 intitulée « Quand je vois passer un bateau ». Celle-ci a été crée par Guy Botempelli, auteur-compositeur interprète français.

Ce panneau est toujours présent.

Rêver de détente et d’évasion en voyant naviguer des bateaux, c’est arrivé à beaucoup. Les lecteurs apprécieront, ou non, les idées évoquées par l’auteur pour se distraire.

La littérature et les arts ne sont pas exempts de descriptions et d’images concernant des pratiques condamnées par la loi ; ce n’est pas nouveau. Mais ici, le rêve de trafic de drogue fait l’objet d’un affichage public par une municipallité, dans un lieu très fréquenté par les habitants locaux et par des touristes, dont des enfants. Cela interpelle ! Et cela n’a pas dérangé ceux qui ont décerné un prix à la ville ; c’est choquant !

Dr Joëlle Guilhot. Biostatisticienne, Docteur ès Sciences de l’Université de Poitiers.Membre de « France Intergroupe de la Leucémie Myéloïde Chronique » (FI-LMC), – de l’ « European Leukemia Net » (ELN),de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Agen,du « Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches en Toxicomanie » (CNPERT).


Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe

Un rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

Publié le 16-06-2023

FILE - European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction Director Alexis Goosdeel addresses the media on the EU Drug Markets Report at EU Commission headquarters in Brussels on Tuesday, April 5, 2016. New harmful illicit drugs are inundating a flourishing market for traffickers amid violence and corruption hurting local communities across Europe, the EU's agency monitoring drugs and addiction said Friday, June 16, 2023 in a grim annual report. In 2022, 41 news drugs were reported for the first time by the agency. “I summarize this with the phrase: ”Everywhere, Everything, Everyone,” said the EMCDDA director, Alexis Goosdeel.(AP Photo/Geert Vanden Wijngaert, File)
Cannabis, cocaïne, héroïne … les drogues seraient toujours plus faciles d’accès en Europe ©Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.

Cannabis, cocaïne, héroïne, mais aussi 41 nouvelles substances enregistrées… L’éventail et la disponibilité des drogues continue de s’élargir en Europe, tout comme leur production, prévient vendredi l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) dans son rapport annuel.

« Je résumerai cette situation ainsi: Everywhere, Everything, Everyone (Partout, tout, tous, NDLR). Les drogues illicites classiques sont désormais largement accessibles tandis que de nouvelles substances à forte teneur en principe actif continuent d’apparaître », analyse Alexis Goosdeel, le directeur de l’observatoire, cité dans un communiqué.

Le Belge insiste notamment sur la nécessité de renforcer les capacités d’analyse médico-légale et toxicologique et les campagnes de sensibilisation.

Le rapport s’inquiète de la large gamme de substances psychoactives disponibles, qui présentent souvent une teneur en principe actif et une pureté élevées.

Comme depuis plusieurs années, la cocaïne produite en Amérique du Sud déferle toujours plus sur le Vieux continent, arrivant en grandes quantités par ses ports dissimulée dans des conteneurs maritimes, avec un total de 303 tonnes saisies en 2021.

Les données préliminaires montrent qu’en 2021, une quantité record de 303 tonnes de cocaïne a été saisie par les États membres de l’UE. La Belgique (96 tonnes), les Pays-Bas (72 tonnes), qui possèdent avec Anvers et Rotterdam les deux plus grands ports maritimes d’Europe, contribuaient pour près de 75 % de la quantité totale saisie.

Les données suggèrent que les groupes criminels organisés ciblent également davantage de plus petits ports situés dans d’autres pays de l’UE, ainsi que dans les pays limitrophes, souligne l’observatoire.

De l’avis-même des autorités, seule une infime partie du volume de la cocaïne importée en Europe est saisie par les forces de l’ordre.

Le rapport de l’EMCDDA s’alarme aussi de l’apparition d’ateliers de fabrication de cocaïne sur le territoire européen: 34 laboratoires y ont été démantelés en 2021 (contre 23 en 2020).

La cocaïne est le stimulant illicite le plus plébiscité en Europe, consommée par 3,7 millions d’adultes (15-64 ans) l’an dernier.

Elle reste loin derrière le cannabis, la première drogue consommée par plus de 22 millions d’adultes européens en 2022.

Le rapport s’inquiète cette année de l’impact des dérivés du cannabis sur la santé publique.

C’est le cas de l’hexahydrocannabinol (HHC), que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a classé cette semaine sur la liste des produits stupéfiants et interdit à la vente en France.

Le HHC est devenu le premier cannabinoïde semi-synthétique signalé dans l’UE: il a été détecté dans les deux tiers de ses Etats membres et il est vendu dans certains pays de l’UE comme une alternative « légale » au cannabis.

Environ un million d’Européens ont par ailleurs consommé des opioïdes en 2021, selon l’EMCDDA. L’héroïne reste l’opioïde illicite le plus couramment consommé et sa disponibilité est élevée.

Les quantités d’héroïne saisies ont plus que doublé en 2021 pour atteindre 9,5 tonnes dans l’UE, ainsi qu’un record de 22,2 tonnes dans la seule Turquie. La quasi-totalité de l’héroïne consommée en Europe provient d’Afghanistan, où les talibans ont annoncé l’interdiction de la culture du pavot à opium en avril 2022.

La guerre en Ukraine a perturbé la logistique de l’héroïne, qui rejoint l’Europe via l’Asie centrale, le Caucase et la mer Noire. Sa disponibilité en Ukraine a ainsi diminué, et favorisé l’utilisation de nouvelles routes.

Contrairement à l’Amérique du Nord, les nouveaux opioïdes de synthèse (par exemple les produits dérivés du fentanyl et les nitazènes) jouent encore un rôle relativement faible sur l’ensemble du marché européen des drogues, bien qu’ils constituent déjà un problème important dans certains pays.

Aux Pays-Bas, les autorités signalent une hausse de la consommation de la kétamine, un anesthésique et analgésique détourné à des fins récréatives, notamment chez les jeunes lors des soirées techno. Les saisies en Europe sont stables depuis plusieurs années (plus d’une tonne).

Le rapport fait également le point sur les nouvelles substances psychoactives (NSP). En 2022, 41 nouvelles drogues ont été signalées pour la première fois sur le Vieux continent, portant le nombre total des nouvelles substances psychoactives surveillées par l’EMCDDA à 930.

Source

La dépendance à la cocaïne

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Tableau descriptif des drogues

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Le tableau descriptif des drogues est un outil de référence sur les drogues illicites et leurs effets néfastes. Créé grâce à la collaboration de la GRC, de la Sûreté du Québec, de l’Association canadienne des chefs de police et de Santé Canada, ce tableau présente les différents types de drogue ainsi que les noms couramment utilisés pour les désigner, leurs effets et les façons de les consommer et de les détecter.

Champignon


Champignon magique (psilocybine)

(Mush, magic mushroom)

Cocaïne


Poudre crystalline

(Coke, coca, coco, neige, poudre, charlie, dust, snow flake)


Roches

(Crack, freebase, roche)

Héroïne


Héroïne
(Smack, hard stuff, horse, junk, point)

Drogues de synthèse

Méthamphétamine


Comprimés

(Speed, peach, pink, peanut, bonbon, vitesse, pilule)


Fins cristaux

(Crystal meth, ice, crank, glass, tina)


Poudre

(Meth, chalk)

Ecstasy


Ecstasy

(E, XTC, X, pilule, peanut, extase, dove, love drug)

LSD


LSD (Buvard)

(Acid, Acid Cap, Blotter, Micro, Microdots, Bull’s Eye, Big D)


LSD (Comprimés)

(Acid, Acid Cap, Blotter, Micro, Microdots, Bull’s Eye, Big D)

GHB


GHB

(GH, jus, ecstasy liquide, drogue du viol)

PCP


PCP (Comprimés)

(Mescaline, mess, horse, angel dust, TH)


PCP (Poudre)

(Mescaline, mess, horse, angel dust, TH)

Kétamine


Kétamine (Comprimés)

(Spécial K, vitamine K, ket, ketty)


Kétamine (Liquide)

(Spécial K, vitamine K, ket, ketty)


Kétamine (Poudre)

(Spécial K, vitamine K, ket, ketty)

En collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec, l’Association canadienne des chefs de police, et Santé Canada.

Ploufragan : le conducteur à l’origine de l’accident mortel avait consommé cannabis, cocaïne et alcool

Publié le 28 avril 2023

Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.
Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue. (Le Télégramme/Gwénaëlle Le Ny)

Dans l’accident mortel de Ploufragan survenu le 16 avril dernier, les résultats des analyses toxicologiques sont tombés le vendredi 28 avril. Il s’avère que le conducteur ayant causé le drame était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.

Ce vendredi 28 avril, Nicolas Heitz, procureur de la République de Saint-Brieuc, a communiqué sur l’avancée de l’enquête concernant le dramatique accident survenu le dimanche 16 avril, rue du Pont Noir, à Ploufragan. Cet accident où trois voitures étaient impliquées, ainsi qu’un groupe de cyclistes, avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.

Les trois passagers également positifs aux stupéfiants

« Des prélèvements ont été réalisés sur l’ensemble des personnes impliquées aux fins de recherche d’alcool et d’éventuels toxiques », a indiqué le procureur. « Il en ressort que le conducteur de la Peugeot 508, ayant causé l’accident, était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.

Ses trois passagers étaient également positifs aux stupéfiants ». S’agissant des deux autres conducteurs, ceux-ci étaient négatifs à l’alcool et aux stupéfiants. Une expertise des véhicules a également été requise.

« Le véhicule circulait à une vitesse excessive »

Les déclarations des différents témoins ont, par ailleurs, permis de confirmer que « le véhicule Peugeot 508 circulait à une vitesse excessive ». Le conducteur n’était en outre pas titulaire du permis de conduire. Ce véhicule Peugeot 508 lui avait d’ailleurs été prêté par un des passagers blessé dans l’accident.

Il n’a pas encore pu être entendu par les enquêteurs pour déterminer son éventuelle responsabilité pénale. « Les investigations se poursuivent aux fins de déterminer le déroulé exact de ce terrible accident », conclut Nicolas Heitz.

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Cocaïne, cannabis, alcool, héroïne, tabac, ecstasy… Que font ces drogues sur le cerveau ?

Ce week-end, en lisant une interview de l’écrivain Frédéric Beigbeder dans Le Figaro, où il affirmait, je le cite, que lui, l’« homme blanc hétéro de plus de 50 ans » était victime du racisme quatre fois, je me suis dit que le cerveau de l’ex-gandin des lettres françaises était encore perturbé par les nombreuses drogues qu’il avait consommées au cours de sa vie de noceur…

Quoi qu’il en soit, la drogue est une substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe le fonctionnement du système nerveux central ou qui modifie les états de conscience.

Nous verrons précisément comment les drogues agissent sur le cerveau, qu’il s’agisse de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy et de toutes les nouvelles drogues de synthèses comme la 3-MMC.

Comment toutes ces drogues fonctionnent-elles sur le corps ? Quels sont les dégâts qu’elles procurent, à court, moyen ou long terme ? Pourquoi est-il criminel de prendre de la drogue au volant ?

Et puis nous verrons pourquoi les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets de la drogue.

Des drogues licites et illicites, dangereuses

Philippe Batel, psychiatre addictologue, explique ce qu’est une drogue : c’est un produit qui va modifier non seulement l’état de conscience, mais qui va aussi avoir par son action psychotrope un impact sur les émotions, sur la mémoire, sur les cognitions et sur le sentiment d’être soi. La plupart des usagers de drogues vont les utiliser pour augmenter, booster ou modifier ces aspects.

Dans de nombreuses cultures à travers le monde, depuis la plus haute antiquité et peut-être avant, l’être humain a recherché la perte de contrôle de ses pensées, de ses actions, en prenant des substances psychoactives qui déconnectent du réel et laissent parfois des souvenirs sensoriels extraordinaires. C’est le cas avec les substances hallucinogènes qui existent depuis des millénaires.

Philippe Batel s’étonne de la fracture actuellement entre drogue licite et drogue illicite, qui n’a aucun sens pour les médecins et pour les soignants et devrait n’en avoir aucun pour les usagers également. En effet, il explique que quand on demande aux experts de classer les drogues – dont l’alcool, le tabac, la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, le LSD, les champignons hallucinogènes –, les plus dangereuses sont les drogues licites, à savoir l’alcool en premier, et le tabac également dans le haut du classement.

Les médecins ne font pas la distinction entre drogues dures et drogues douces. L’alcool, par les dégâts qu’il cause, pourrait par exemple être qualifié de drogue dure.

Comment les drogues agissent ?

Le plaisir est au cœur de la prise de drogue. Le docteur Julien Azuar, addictologue, explique pourquoi on peut tomber dans cet engrenage destructeur : « Au fur et à mesure, ça se transforme, c’est ce qu’on appelle le renforcement positif. Donc on prend la drogue pour un certain effet. Et puis quand on la prend, en effet, ça fait cet effet, mais au fur et à mesure, ça disparaît au profit d’un renforcement qu’on appelle négatif. On est plutôt mal quand on ne prend pas la substance et donc moins mal quand on la prend. Donc, on bascule d’un mécanisme vers l’autre qui entraîne la maladie parce que la consommation n’est pas une maladie, c’est l’addiction qui est le trouble de l’usage, qui est une maladie. »

Philippe Batel explique comment on tombe dans l’héroïne et pourquoi on y reste : « Les héroïnomanes vous le racontent parfaitement. Il y a l’extase de la première prise avec la défonce absolue et puis le parcours terrible de courir derrière ce souvenir extraordinaire, logé dans une partie particulière du cerveau. Il y a une course effrénée vers quelque chose qui ne vient pas et c’est en cela que les addictions, c’est une maladie qui est déraisonnable et qui, très rapidement, est absurde. Car, pourquoi continuer à pourrir son existence et très souvent celle des autres alors que le bénéfice attendu, l’effet, n’est plus là. »

Julien Azuar précise les différents types de risques : « Quand on parle de dangerosité physique, on parle de dangerosité aiguë ou chronique. Un champion toutes catégories en pathologies chroniques, c’est vraiment l’alcool qui va notamment détruire les neurones au fur et à mesure. La cocaïne, les risques aigus sont importants. Comme ça crée une vasoconstriction par exemple, on peut avoir un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. »

Pourquoi devient-on addict ?

Selon le docteur Batel, « L’idée globale qui a longtemps prévalu dans la psychiatrie et l’abord psychiatrique des addictions, c’est qu’il fallait une souffrance originelle pour pouvoir s’engager sur cette route glissante et pentue de l’addiction. En fait pas du tout. Initialement, pourquoi prendre de la cocaïne ? Pour avoir le sentiment d’être beaucoup plus performant, ce qui, en règle générale, n’est pas du tout le cas. Pourquoi on prend des drogues en pathogène comme l’ecstasy ou la 3-MMC ? C’est avec l’idée d’être plus proche des autres. Il n’y a pas, en regard de chaque recherche de plaisir, une souffrance. Et ça, c’est juste essentiel. »

Certains sont d’emblée attirés vers les drogues, quand d’autres pas du tout. Il y a des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux, mais aussi des facteurs sociétaux. Et tous ces facteurs vont faire qu’on va être plus ou moins à risque de développer une dépendance aussi.

On ne le rappelle jamais assez : zéro drogue et zéro alcool quand on prend le volant. Un numéro utile pour vous ou vos proches Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 ou sur le site drogueinfoservice.fr

Invités

Dr Julien Azuar, docteur en médecine généraliste et addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances. Il est également praticien hospitalier dans le service de Médecine Addictologique de l’hôpital Fernand Widal (Groupe Hospitalier Lariboisière – Fernand Widal, Saint Louis, Paris).

Pr Bernard Sablonnière, médecin biologiste, chercheur en neurobiologie et Professeur de Biochimie et de Biologie moléculaire à la Faculté de Médecine de Lille. Responsable d’un laboratoire de Neurobiologie au Centre de Biologie et Pathologie du Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Lille, il coordonne une équipe de chercheurs généticiens, sur le thème des Maladies neurodégénératives et la mort neuronale à l’INSERM.
Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages, dont La Chimie des sentiments (Odile Jacob, 2015), Le Cerveau : Les clés de son développement et de sa longévité (Odile Jacob, 2015) et Les nouveaux territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016). Il mène également une activité de vulgarisateur pour le grand public auprès des médias. Le 15 mars dernier est paru La Chimie des odeurs, des saveurs et du plaisir (Odile Jacob, 2023).

Philippe Batel, psychiatre addictologue. Il a dirigé le service d’alcoologie de l’hôpital Beaujon (Clichy) et a été en charge de la coordination et de la direction médicale de l’Institut Médical Spécialisé Montévidéo (anciennement Clinique Montévidéo, première clinique privée spécialisée dans le traitement des addictions en France). Il est désormais praticien hospitalier au Centre d’addictologie de la Charente, au sein du Centre Hospitalier Camille Claudel. Il préside l’ARMA (Association pour la recherche des maladies alcooliques).

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Cocaïne : « L’imagination et les moyens des trafiquants sont sans limites »

Propos recueillis par Hervé Chambonnière le 25 mars 2023 à 06h00

En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne.
En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne. (Illustration Lionel Le Saux)

Directeur exécutif adjoint d’Europol, l’agence européenne de coopération policière, le général français Jean-Philippe Lecouffe analyse pour Le Télégramme les ressorts de l’explosion du trafic de cocaïne, jusque dans les ports bretons, et de la lutte contre les réseaux criminels. Avec une alerte au risque fentanyl pour l’Europe.

Europol a encore récemment fait tomber plusieurs réseaux internationaux de stupéfiants, avec leurs têtes. Partout en France et en Europe, les saisies sont pourtant en hausse, la production aussi en Amérique latine, et on voit apparaître, même en Bretagne, des interceptions (180 kg à Lorient, et à Brest) jamais constatées auparavant. Est-ce anecdotique ou une tendance de fond ?

Les principaux ports d’arrivée de la cocaïne en Europe sont situés au nord : Anvers, Rotterdam, Hambourg… En France, Le Havre est la principale porte mais on constate une augmentation du trafic sur le port de Marseille.

Dans les ports des Balkans aussi. En fait, les trafiquants cherchent toujours à diversifier les entrées, et tentent donc de passer partout où des conteneurs arrivent. Ils testent les sites qui leur paraissent moins contrôlés. Mais, pour ceux-là, on n’est pas à la même échelle.

Les trafiquants privilégient les ports où la masse des flux est telle – on parle de millions de conteneurs par an – que leurs cargaisons ont peu de risque d’être contrôlées. La drogue y passe en tonnes. De mémoire, le record en une saisie doit s’élever à 9 ou 11 tonnes. L’unité de compte pour les grandes organisations criminelles, c’est la tonne. Europol travaille précisément sur ces réseaux.

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Prendre le volant sous l’emprise de stupéfiants, une conduite qui se banalise

Publié le 30/03/2023 12:02

 Durée de la vidéo : 3 min.

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Édition du jeudi 30 mars 2023

Des consommateurs de cocaïne et autres stupéfiants qui prennent le volant sans réaliser les risques qu’ils encourent ni le danger qu’ils représentent pour les autres… La conduite sous l’emprise de drogues, un fléau mis en lumière par l’affaire Palmade, tendrait à se banaliser en France. Extrait d’un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 30 mars 2023.

Un samedi soir, peu après l’affaire Palmade, « Envoyé spécial » a suivi le travail d’une brigade de gendarmerie déployée sur un rond-point de Seine-et Marne avec pour consigne d’intensifier les contrôles de stupéfiants. Ils scrutent l’attitude des conducteurs, à l’affût des effets visibles de leur éventuelle consommation. En cas de soupçons, ils leur feront passer un test salivaire. En quelques minutes, celui-ci permet de détecter cinq stupéfiants : cocaïne, cannabis, opiacés, amphétamines et méthamphétamines.

Avant même d’être testé, un conducteur avoue qu’il vient de fumer du cannabis. Il a aussi bu « une demi-bouteille de gin » avec un ami, précise-t-il. Stupéfiant plus alcool, un mélange à risques, qui empêche pourtant de moins en moins d’automobilistes de prendre le volant. L’homme interpellé avait bien conscience que sa conduite pouvait être altérée, mais il n’a « fait que 3 kilomètres », se défend-il. Son permis est confisqué et risque d’être suspendu. Sa voiture est mise en fourrière. Pour usage de stupéfiants au volant, il encourt deux ans de prison et 4 500 euros d’amende. 

Conduite sous l’emprise de stupéfiants : un condamné sur cinq est un récidiviste

Malgré ces sanctions, certains assument ce qui est devenu pour eux une habitude. En un mois, ce jeune homme que nous appellerons Julien a été testé deux fois positif à la cocaïne au volant. Il ne semble pas conscient de faire courir un danger aux autres usagers de la route. « Sous cocaïne, je me sens concerné par ce qui se passe sur la route, j’ai confiance en moi », affirme-t-il.

Il a écopé de 1 000 euros d’amende, quatre mois de prison avec sursis et deux mois d’annulation de permis. Pour le récupérer, il doit juste repasser le code. Une sanction légère, selon Julien lui-même, qui « estime s’en être bien sorti ». Il sera donc de retour sur la route dans quelques jours. Pense-t-il reprendre le volant en ayant consommé des stupéfiants ? « Si je ne suis vraiment que sous cocaïne et sous cannabis, je vais le faire, oui », répond-il sans hésiter.

Extrait de « Cocaïne au volant, le nouveau fléau », un reportage à voir dans « Envoyé spécial » le 30 mars 2023.

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