Propos recueillis par Hervé Chambonnière le 25 mars 2023 à 06h00

En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne.
En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne. (Illustration Lionel Le Saux)

Directeur exécutif adjoint d’Europol, l’agence européenne de coopération policière, le général français Jean-Philippe Lecouffe analyse pour Le Télégramme les ressorts de l’explosion du trafic de cocaïne, jusque dans les ports bretons, et de la lutte contre les réseaux criminels. Avec une alerte au risque fentanyl pour l’Europe.

Europol a encore récemment fait tomber plusieurs réseaux internationaux de stupéfiants, avec leurs têtes. Partout en France et en Europe, les saisies sont pourtant en hausse, la production aussi en Amérique latine, et on voit apparaître, même en Bretagne, des interceptions (180 kg à Lorient, et à Brest) jamais constatées auparavant. Est-ce anecdotique ou une tendance de fond ?

Les principaux ports d’arrivée de la cocaïne en Europe sont situés au nord : Anvers, Rotterdam, Hambourg… En France, Le Havre est la principale porte mais on constate une augmentation du trafic sur le port de Marseille.

Dans les ports des Balkans aussi. En fait, les trafiquants cherchent toujours à diversifier les entrées, et tentent donc de passer partout où des conteneurs arrivent. Ils testent les sites qui leur paraissent moins contrôlés. Mais, pour ceux-là, on n’est pas à la même échelle.

Les trafiquants privilégient les ports où la masse des flux est telle – on parle de millions de conteneurs par an – que leurs cargaisons ont peu de risque d’être contrôlées. La drogue y passe en tonnes. De mémoire, le record en une saisie doit s’élever à 9 ou 11 tonnes. L’unité de compte pour les grandes organisations criminelles, c’est la tonne. Europol travaille précisément sur ces réseaux.

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