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Plaidoyer du rhumatologue pour l’arrêt du tabac

Source : JIM.fr

La prévalence du tabagisme en Europe va de 14 % en Suède à près de 38 % en Grèce. Aux Etats Unis, elle est en moyenne de 20 %, variable entre les états et en fonction des classes sociales et des ethnies. Elle diminue avec l’élévation du revenu familial et du niveau d’étude.

La consommation de tabac est connue pour ses nombreux effets néfastes, au premier rang desquels un risque accru de cancer du poumon et de maladies cardiovasculaires. La proportion d’hommes et de femmes tabagiques est variable mais le risque de maladies cardiovasculaires semble être plus élevé chez les femmes. Les fumeurs ont une cholestérolémie plus élevée et les femmes fumeuses utilisant des contraceptifs ont un risque augmenté de maladie cardiovasculaire.

Le tabagisme a de plus une influence défavorable sur de nombreuses maladies rhumatismales. Ainsi, une thérapie plus intensive est souvent nécessaire chez les malades atteints de polyarthrite rhumatoïdes fumeurs.

Des études ont également montré un risque accru de maladie plus grave chez les sujets fumeurs atteints de spondylarthrite ankylosante (SA) ou de rhumatisme psoriasique (RP).

Dans une étude récente menée chez 647 malades atteints de SA, le tabagisme était associé à une apparition plus précoce des rachialgies, une plus grande activité de la  maladie, un moins bon  état fonctionnel,  une moins bonne qualité de la vie, une inflammation sacro-iliaque et rachidienne plus fréquente en IRM et une plus grande prévalence de lésions structurales.

Plusieurs travaux ont également suggéré un effet aggravant du tabagisme sur le rhumatisme psoriasique. Dans une étude menée chez 94 874 sujets sur une durée de 14 ans (1 303 970 personnes-années de suivi), 157 cas incidents de RP ont été identifiés. Le tabagisme a été associé à un risque plus élevé de RP (risque relatif par rapport à ceux n’ayant jamais fumé : 1,5 pour les anciens fumeurs et 3,1 pour les fumeurs actuels). Le risque de RP, particulièrement de RP grave, augmentait avec la durée de l’exposition au tabac.

Les interactions entre facteurs environnementaux, apparition, évolution et pronostic des maladies rhumatismales sont complexes, mais l’influence néfaste du tabac est de plus en plus claire. Le rôle du rhumatologue est d’en informer les malades et de les encourager à arrêter de fumer.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Braun J et coll. : The risks of smoking in patients with spondyloarthritides. Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 13 février.

Vous pouvez lire sur un thème proche :

Alcoolisme et tabagisme : un seul mécanisme pour deux addictions

Susceptibilité génétique au cannabis et psychose

Sous la plume du Dr Alain Cohen, dans l’actualité médicale du JIM (Journal International de Médecine), les conditions de développement d’épisodes psychotiques chez les toxicomanes au cannabis se précisent .Plus personne ne conteste le lien de causalité entre la prise de cannabis et l’apparition d’un syndrome psychotique. La question est de savoir si le cannabis provoque ou révèle une psychose.

Un groupe d’auteurs des Pays-Bas a rassemblé des patients psychotiques ayant entre eux des liens de parenté et parallèlement des membres de leurs familles, indemnes .L’étude a porté sur la sensibilité de ces derniers au cannabis : ils présentent une sensibilité accrue aux effets du cannabis, 15 fois supérieure à celle d’une population témoin sans lien de parenté avec les familles précédentes.

Pratiquement, la notion de synergie entre une prédisposition aux épisodes psychotiques et la prise de cannabis se confirme. Les auteurs « estiment que le risque génétique de troubles psychotiques peut être en partie exprimée…par la sensibilité aux effets..du annabis ».

Cette étude suggère que le cannabis peut révéler une psychose chez certains sujets. On attend la suite .Peut-il aussi la provoquer ? La question n’est pas tranchée ; il faut se rappeler qu’en matière de recherche causale, il ne faut jamais s’arrêter à une seule explication : une cause peut très bien en cacher une autre.

Comme le fait remarquer le rapporteur, cette étude a été faite dans un pays où la législation est beaucoup plus permissive que chez nous.

Ce n’est pas un hasard mais la conséquence d’une utilisation sans limite de la drogue.

Jean-Paul Tillement – Juillet 2011

 

« Et si on légalisait le cannabis » (Emission de France 2 le 21/3/11)

Deux réactions à l’émission de France 2 « Et si on légalisait le cannabis » (le 21/3/11)

1 – Le Professeur Pierre Delaveau

  • Professeur honoraire de l’Université René Descartes (Paris V),
  • Docteur en médecine,
  • Docteur en pharmacie,
  • Docteur ès sciences naturelles,
  • Membre de l’Académie nationale de médecine,
  • Ancien président de l’Académie nationale de pharmacie

Auteur de :

  • Expliquez-moi les plantes. Voyage en botanique. Pharmathèmes, Paris – Prix de l’Académie d’Agriculture.
  • Expliquez-moi les épices. Aromates ou médicaments ? Pharmathèmes. 
  •  Café, thé, chocolat. Les bienfaits pour le cerveau et le corps . en collaboration avec le Prof. Costentin – Odile Jacob 2010. Disponibles sur Amazon.fr

La Pandémie cannabique va-t-elle asphyxier la France ?

La chaîne de TV France 2 s’est emparée du sujet, le 21 mars dernier, et l’a fait de façon surprenante pour une chaîne d’Etat, avec partialité, légèreté et irresponsabilité confondantes ! Le prosélytisme, les biais, les omissions de cette émission constituent une véritable anthologie de la désinformation, au point qu’elle pourrait constituer un modèle d’école pour former des apprentis à manier les techniques élémentaires de lobbyisme. Ce serait seulement triste si ce type d’émission ne s’inscrivait pas dans un plan de déstructuration des cerveaux…

Une telle émission porte un coup rude aux efforts que déploient  les spécialistes pour dénoncer les méfaits de cette drogue omniprésente, afin d’en prémunir ….. lire la suite

2 – Le Docteur Jean Costentin,

  • Professeur de pharmacologie,
  • Membre des Académies Nationales de Médecine et de Pharmacie, 
  • Ex directeur de l’unité C.N.R.S. de Neuropsychopharmacologie (1984-2008),
  • Directeur de l’Unité de Neurobiologie Clinique du CHU de Rouen,
  • Président du Centre National de Prévention, d’Etude et de Recherche sur les Toxicomanies,
  • Auteur de « Halte au cannabis » Editions Odile Jacob, 2007   Disponible sur Amazon

La vraie mauvaise idée de la légalisation / dépénalisation du cannabis

« S’il existait un gouvernement qui eut intérêt à corrompre ses gouvernés, il n’aurait qu’à encourager l’usage du cannabis« –  Charles Baudelaire

      La consommation du cannabis s’est envolée en France au cours des trois dernières décennies ; elle est aux premiers rangs des 27 états de l’Union Européenne. Parmi divers chiffres calamiteux, retenons que 300.000 de nos collégiens s’en sont déjà approchés ; or plus tôt l’essayer c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer… 

Les produits en circulation (marijuana, haschich) ont  des taux de tétrahydrocannabinol (1) (THC, le principal principe actif) 3 à 8 fois plus élevés que les produits que consommaient autrefois, parfois, quelques uns de nos grands-parents.

L’usage assez récent de la pipe à eau par les plus jeunes, inhabiles à rouler des joints, multiplie… lire la suite

Nouveau regard sur le cannabis par Jean COSTENTIN Professeur de Pharmacologie

Pour lire l’article du Professeur Costentin, cliquez ICI 

Résumé 

On assiste au rajeunissement de l’usage du cannabis / marijuana / shit…, à l’accroissement du nombre de personnes qui s’y adonnent et à la diffusion de produits dont la teneur en principe actif  (le tétrahydrocannabinol = THC) est décuplée relativement à celle des produits d’antan. Simultanément sont produites des données épidémiologiques qui soulignent sa nocivité, tandis que des études neurobiologiques éclairent enfin ses mécanismes d’action.

Cette revue présente diverses données récemment acquises sur les récepteurs du THC, sur les substances endogènes qui les stimulent ( endocannabinoïdes ), sur les différents effets qu’elles modulent, sur la pharmacocinétique du THC, ses propriétés addictives intrinsèques, ses interactions avec l’alcool et l’héroïne, ses effets psychotoxiques en matière d’anxiété, de dépression, de perturbations cognitives, de schizophrénie, de comportements violents.

Tous ces éléments sont en rupture flagrante avec les propos erronés et banalisants qui continuent d’être tenus sur cette drogue.

Pour lire l’article , cliquez ICI 

Jean COSTENTIN. Professeur de Pharmacologie, Unité de Neuropsychopharmacologie

FRE 2735 CNRS – Faculté de Médecine & Pharmacie – 76183. ROUEN

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