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Les nouveaux marchés de la drogue sous la loupe des professionnels de la santé

Près de 200 spécialistes romands et francophones de l’addictologie étaient réunis jeudi à Neuchâtel pour le congrès annuel de la branche. Parmi les thèmes abordés, la propagation du « crack de rue » et les réponses qu’on peut lui apporter

Les addictions sont multiples, de l’alcool aux opioïdes en passant par le tabac. Ou encore les jeux d’argent, les jeux vidéo et les réseaux sociaux. Des dépendances très vastes qui demandent cependant des approches spécifiques quand il s’agit de les traiter. Près de 200 spécialistes romands et francophones de l’addictologie étaient réunis jeudi à Neuchâtel, à l’occasion du congrès annuel du Collège romand de médecine de l’addiction. Un moment d’échange et de réflexion sur les influences extérieures qui peuvent mener à une dépendance, mais aussi les traiter. L’addiction étant une problématique variable, selon les lieux et leurs législations.

Jean-Marie Coste, responsable de l’accompagnement et des soins à Addiction Neuchâtel

Si Neuchâtel est connu pour sa consommation de méthamphétamines, Genève connaît, elle, une flambée de consommation de « crack de rue » depuis 2021. Cette substance, dérivée de la cocaïne, y est désormais vendue directement prête à l’usage, la rendant plus accessible. Une problématique qui inquiète au-delà de la Cité de Calvin, avec la crainte de voir le crack débarquer dans les autres villes romandes. Lausanne est d’ailleurs déjà touchée, d’où l’importance pour les professionnels de la santé de s’informer sur les réponses à apporter à cette addiction. Présente lors de cette journée sur les addictions, Tiphaine Robet est médecin aux Hôpitaux universitaires de Genève. Chaque jour, elle arpente la Cité de Calvin pour aller au contact de la population dépendante à ce nouveau fléau. Des maraudes qui entrent dans un programme « extra-muros » mis sur pied par le service d’addictologie psychiatrique des HUG.

Tiphaine Robet, médecin aux Hôpitaux universitaires de Genève et cheffe du projet « crack extra-muros »

Les observations du terrain permettent de mieux comprendre comment prendre en charge les consommateurs de crack. Ces derniers étant en grande majorité polytoxicomanes, même s’il n’existe pas de substitut au crack, il est néanmoins possible de stabiliser leur consommation, voire de la réduire en traitant leurs autres addictions.

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Belgique : Infor Drogues devient Infor Drogues ET addictions pour s’ouvrir à des dépendances plus larges

Pour évoquer ce changement de nom et de perspectives, Antoine Boucher, porte-parole d’Infor Drogues et Addictions, était l’invité du 12h30.

Ne dites plus “Infor Drogues”, mais bien “Infor Drogues et addiction”. L’asbl vient tout juste de changer de nom. “Les drogues sont toujours présentes, l’actualité le souligne malheureusement. Cependant, d’autres comportements se développent dans notre société. Ils ne sont pas forcément reconnus par le grand public comme quelque chose de similaire. Il y a de plus et plus d’”addicts” et sans consommer de produit. Ça concerne le jeu, surtout les jeux d’argent, mais le sport aussi par exemple”, explique Antoine Boucher.

La structure veut être perçue comme un service qui va répondre aux besoins de ces profils différents. “Le suffixe “drogue”, ne les conduit pas directement à nous téléphoner ou à faire appel à notre service d’accompagnement”, détaille-t-il encore.

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Quand les substances addictives reprogramment les gènes du cerveau

PUBLIÉ LE 28 JAN 2024 PAR MORGANE PETIT

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Les substances addictives, telles que l’alcool ou les drogues, sont capables d’entraîner des modifications dans le cerveau en modifiant la régulation et l’expression de certains gènes. Ces mécanismes pourraient être utilisés pour tenter de lutter contre les effets de dépendance.

Les substances addictives, comme l’alcool ou les drogues, entraînent souvent des phénomènes de dépendance. Les personnes vont alors ressentir des envies intolérables qui les poussent à consommer. Ces problèmes de dépendance ne sont pas des problèmes de volonté, mais ont en fait des aspects neurobiologiques et génétiques. Certains gènes du cerveau seraient notamment reprogrammés, ce qui pourrait aider à lutter contre la dépendance. Les scientifiques ont expliqué ces mécanismes dans la revue The Conversation.

Dépendance à des substances addictives, de quoi parle-t-on ?

La dépendance se définit comme « une tolérance accrue, une consommation compulsive, une perte de contrôle et un usage continu malgré des problèmes physiques et psychologiques causés ou exacerbés par la substance ».
C’est donc une envie irrépressible et incontrôlable d’une substance, qui mène à une addiction.

Contrairement à ce que l’on peut parfois penser, ce n’est absolument pas un manque de volonté. En réalité, les addictions sont de véritables pathologies cérébrales qui ont des conséquences délétères.
Les addictions concernent plusieurs millions de personnes en France. C’est le tabac qui est la substance la plus addictive.

Une addiction n’est pas nécessairement liée à la consommation de substances. On peut aussi devenir « addict » de certaines pratiques, comme le jeux, le temps passé sur les réseaux, le sexe…
Dans tous les cas, les symptômes sont les mêmes. L’addiction se traduit par une perte de contrôle du niveau de consommation ou de pratique. On observe également une modification de l’équilibre émotionnel, des troubles d’ordre médical ou encore des perturbations de la vie personnelle, professionnelle et sociale.

Plusieurs facteurs influent sur la survenue d’une addiction. Il y a notamment des aspects neurobiologiques. Ainsi, par exemple, le niveau d’activité des neurotransmetteurs, des substances qui assurent la transmission d’influx nerveux, et donc de messages, entre deux neurones, varie en fonction des individus. Or, les neurotransmetteurs régissent les fonctionnements et les comportements. Cela peut donc constituer une vulnérabilité à l’addiction chez certaines personnes.
Cette variabilité neurobiologique est principalement due à des facteurs génétiques.

Des variations génétiques expliquent également en partie la variabilité des effets ressentis par chacun face à une même drogue. Certaines vont donc favoriser l’apparition d’une addiction.
L’influence de l’environnement est également crucial. Le stress, le contexte social et amical ou encore l’existence de troubles psychiques sont autant de facteurs déterminants.

Le rôle du cerveau dans l’addiction

Aujourd’hui, on connaît de mieux en mieux les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ils sont principalement liés à ce qu’on appelle le « système de récompense ». C’est un circuit du cerveau qui est responsable des sensations de plaisir que l’on ressent après certaines actions. Le simple fait de manger un aliment appètent déclenche ce circuit de la récompense.

Dans le cas des addictions, c’est ce mécanisme qui est perturbé. Cela résulte soit de la prise de substances addictives qui démultiplient la sensation de plaisir, soit d’un dysfonctionnement du cerveau qui ne régule plus correctement le système de récompense.
Si un individu présente ces deux facteurs, il peut déclencher une addiction.

Les facteurs génétiques sont de mieux en mieux identifiés. Ainsi, de précédentes études ont déjà pu mettre en évidence certains gènes en lien avec les addictions.
Les scientifiques ont notamment découvert certains gènes qui expliqueraient 14% du risque attribuable à la dépendance au tabac. De même des variants codant pour des enzymes alcool-déshydrogénases sont associés à la dépendance à l’alcool. Les chercheurs ont également découvert des gènes impliqués dans la dépendance à des substances addictives psychotropes, telles que l’héroïne.

Mieux comprendre les mécanismes moléculaires de la dépendance, en particulier au niveau des facteurs génétiques, permettent aux chercheurs d’envisager de nouveaux traitements à ces addictions.
Ce sont ces recherches que les scientifiques présentent aujourd’hui.

Comment les substances addictives peuvent influencer sur l’expression des gènes ?

De précédentes études menées chez les animaux indiquent que les substances addictives influencent directement des changements dans l’expression des gènes de certaines zones du cerveau. Il s’agit principalement de celles impliquées dans le système de récompense, dont nous avons parlé précédemment.

Ces modifications sont diverses. Les drogues (alcool et tabac compris) peuvent ainsi modifier des protéines qui se lient à l’ADN et qui ont pour rôle d’activer ou désactiver certains gènes, voire même certains segments de la molécule d’ADN. En effet, pour tenir dans le noyau des cellules, l’ADN se replie autour de protéines de structure, les histones. Plus il est replié, moins les gènes sont accessibles et donc lisibles. Des substances peuvent donc modifier ces repliements.
Cela engendre des modifications dans les processus de lecture et de traduction de l’ADN en protéines. En outre, cela modifie également certaines protéines déterminant la manière dont les cellules utilisent l’énergie pour fonctionner.

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L’ADN se replie autour de protéines de structure, les histones.

Les chercheurs ont clairement remarqué que, chez les mouches et les humains, l’alcool provoque l’expression d’une forme alternative d’un gène dans les circuits de mémoire. Cela entraîne alors des modifications des récepteurs de la dopamine et des facteurs de transcription impliqués dans la signalisation de la récompense et la fonction neuronale.
D’un autre côté, la cocaïne peut provoquer l’expression d’un certain variant d’un gène jouant un rôle dans le système de récompense des souris. Ces dernières recherchent alors davantage de cocaïne.

>> À lire aussi : ADN : mieux connaître les régions non codantes, essentielles à la régulation des gènes

Des substances addictives qui interagissent directement dans le cerveau

On ne comprend pas encore complètement les mécanismes déclenchés par les drogues. Il commence pourtant à y avoir quelques indices, notamment avec une étude de la consommation d’alcool chez la souris.
Les chercheurs ont alors observé qu’un sous-produit de la dégradation de l’alcool dans le foie, l’acétate, peut traverser la barrière hémato-encéphalique. Elle parvient alors dans le cerveau et déroule l’ADN dans les cellules des circuits de la mémoire.

Enfin, l’alcool, la nicotine, la cocaïne et les opioïdes activent également d’importantes voies de signalisation. Or, ces dernières sont des régulateurs centraux du métabolisme. Cela suggère donc qu’ils peuvent influencer sur la fonction neuronale et, plus précisément, sur les gènes spécifiques.

>> À lire aussi : La nicotine affecte-t-elle les choix et les prises de décision du fumeur ?

Inverser la modification des gènes en adaptant son mode de vie ?

Cependant, les changements engendrés dans l’expression des gènes du cerveau ne sont pas permanents. Il existe des façons de les contrer, notamment avec certains traitements, voire même en adaptant son mode de vie.

Les médicaments, comme les substances addictives, peuvent aussi modifier l’expression des gènes. C’est par exemple le cas des antidépresseurs et des stabilisateurs de l’humeur. Ainsi, l’escitalopram, couramment prescrit contre la dépression, influe sur la façon dont l’ADN s’enroule étroitement. Ceci engendre alors une modification de l’expression de gènes importants pour la plasticité cérébrale.
Le but des scientifiques est de rechercher des thérapies qui pourraient modifier les gènes pour traiter les dépendances aux substances addictives.

Les médicaments ne seraient pas les seuls façons de traiter ces dépendances. Les choix de mode de vie peuvent aussi être déterminants. En effet, eux aussi peuvent modifier les gènes du cerveau.
Par exemple, une méditation intensive, même après une seule journée, réduit l’expression des gènes impliqués dans l’inflammation.

Chez les animaux, l’exercice modifie aussi l’expression des gènes. Il agit ainsi sur les histones et sur certaines molécules directement liées à l’ADN. Ces actions augmentent l’activité de gènes importants pour l’activité et la plasticité des neurones. Cela conforte les précédents études indiquant que l’exercice améliore l’apprentissage et la mémoire et ainsi diminue les risques de démence.

Les chercheurs ne savent pas encore si ces changements de mode de vie peuvent contrer les modifications engendrées par les substances addictives.
Cependant, réduire la consommation de drogues (tabac et alcool compris) et adopter des modes de vie sains apportent des bénéfices durables à la santé physique et mentale.

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Drogue chez les ados : les sensibiliser et les protéger… sans paniquer

Publié le lundi 29 janvier 2024

Une maman fait un bisou sur la tête de son adolescent.

Moment de réconfort maman/fils Photo : iStock

Parler de drogues avec vos ados n’est pas simple, mais c’est important. Voici des pistes pour les sensibiliser sans les moraliser, toujours dans le but de les protéger.

Un texte de Nadine Descheneaux

Ouvrir la conversation

Si vous vous braquez, si vous êtes trop moraliste, ou encore trop autoritaire, vous risquez de ne pas être la personne à qui votre jeune se confiera. Osez poser certaines questions directement : « As-tu déjà consommé?  Comment te sentais-tu? Connais-tu tes limites? Connais-tu les effets sur la santé et aussi les conséquences sur les relations, les lois, etc.? » Au besoin, consultez Tel-Jeunes pour avoir des suggestions de sujets à aborder avec votre ado. 

Discuter de sa consommation

Discutez avec votre jeune des raisons qui le ou la poussent à consommer et vérifiez si votre enfant subit de la pression dans ses relations amicales. Vous pouvez l’amener à réfléchir sur son type de consommation (occasionnelle, exploration, quotidienne, etc.). Ensuite, vous pourrez lui parler des moyens autres que les drogues pour varier les plaisirs et des façons de développer son pouvoir d’affirmation.

Finalement, encadrez sa consommation en établissant vos limites pour vous assurer de sa sécurité et du respect des lois (interdiction qu’un camarade vienne à la maison sous l’effet de la drogue, interdiction de posséder des drogues dans la maison, etc.). 

Être calme, c’est gagnant… tout le temps! 

Quand vous parlez de drogue avec votre enfant, soyez calme même s’il ou elle démontre de la résistance. C’est un sujet émotionnel pour… tout le monde! Ne soyez pas sur la défensive. Votre attitude influence sa confiance. Si vous restez calme et l’écoutez vraiment, votre jeune sera plus porté à vous consulter. Surtout, votre enfant a envie de sentir que vous êtes là en cas de besoin!  

Être alerte! 

Divers indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille. Certains changements à la maison comme à l’école peuvent être observés, comme la fatigue, une baisse d’appétit, l’utilisation nouvelle et intense de parfum fort ou de rince-bouche, des changements émotionnels ou comportementaux (pouffer de rire sans raison, humeur changeante, difficulté de concentration, etc.), mensonges et cachotteries, évitement de contact avec les membres de la famille, baisse du rendement scolaire, demande d’argent de poche, des médicaments en vente libre qui disparaissent, etc. De plus, certains objets peuvent être utilisés pour consommer des drogues. Pour consulter des photos de ces objets, consultez le site de la GRC.  

Chercher de l’aide

Surtout, ne vous culpabilisez pas si vous découvrez que votre enfant consomme de la drogue. Si vous croyez que sa consommation est problématique ou si vous avez des inquiétudes, allez chercher de l’aide en contactant votre médecin, un intervenant ou une intervenante à l’école, votre CLSC ou encore un centre d’aide. Des ressources en ligne et par téléphone sont accessibles aussi : 

Drogues – aide et référence : 514 527-2626 ou 1 800 265-2626

Tel-Jeunes – parents : 1 800 361-5085

Contre le trafic de drogue, l’UE lance une « Alliance des ports européens »

  • Kilian Bigogne, le 25/01/2024
Contre le trafic de drogue, l’UE lance une « Alliance des ports européens »

Des douaniers inspectent un conteneur lors d’une présentation sur les saisies de drogue dans le port de Vlissingen, aux Pays-Bas, le 17 janvier. Chaque année, environ 70 % des saisies de drogue par la douane se font dans les ports européens.
IRIS VAN DEN BROEK / EPA/MAXPPP

Avec près de 70 % des saisies de drogue par la douane chaque année, les ports européens sont devenus des plaques tournantes du trafic de drogue et des réseaux criminels. Pour combattre l’infiltration de ces produits illicites, une « Alliance des ports européens » a été lancée mercredi 24 janvier depuis le port belge d’Anvers.

À l’initiative de ce projet, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, et la ministre belge de l’intérieur, Annelies Verlinden, ont accueilli des autorités de seize ports, dont ceux de Rotterdam et de Marseille, des représentants d’associations de compagnies de transport maritime, ainsi que plusieurs ministres. Pour la France, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a notamment indiqué qu’il fallait « la même sécurité dans tous les ports » afin d’assurer « une concurrence loyale ».

Des réseaux criminels très présents

Chaque année, les ports font face à une montée croissante du trafic de drogue. En 2023, près de 116 tonnes ont été saisies à Anvers, deuxième port européen. Un chiffre record pour la ville belge. D’autres, comme Algésiras, dans le sud-est de l’Espagne, sont concernés par l’afflux de ces drogues provenant d’Amérique du Sud, notamment depuis le port de Guayaquil en Équateur.

Certains trafiquants font escale en Afrique du Nord pour, ensuite, prendre de plus petits bateaux en direction d’Algésiras. Le 23 août 2023, la police nationale et les douanes espagnoles ont saisi plus de 9,4 kilogrammes de cocaïne.

Cette alliance a aussi pour objectif de combattre les réseaux criminels installés dans plusieurs ports. Trafic d’armes, tirs, corruption de personnels, la sécurité dans ces lieux d’échanges commerciaux s’est dégradée. L’Union européenne s’inquiète de l’arrivée du fentanyl en Europe, une drogue de synthèse très dangereuse qui ravage les États-Unis.

Alors que les autorités de certains ports ont déjà pris des mesures, le problème se décale vers les plus petits. « Il y a des indications que davantage de drogue arrive à Helsingborg en Suède », affirme la responsable suédoise Ylva Johansson, au sujet de cette ville de 110 000 habitants, située au nord de Copenhague (Danemark).

« Plus de coopération »

Le 18 octobre 2023, une feuille de route de la Commission européenne avait déjà annoncé les mesures et les moyens mis en place dans le cadre de « l’Alliance des ports européens ». Un des points phares de la coopération sera la mobilisation des autorités douanières qui seront en première ligne face au trafic de drogue.

Les participants partageront aussi leurs informations afin de réaliser des enquêtes approfondies pour démanteler les réseaux criminels et cartographier l’origine des saisies. Ils pourraient aussi s’accorder sur la mise en place de vidéosurveillance dans les conteneurs.

Marseille minée par la drogue : « Le pape peut délivrer un contrepoison d’espérance

Ylva Johansson souhaite « plus de coopération, pas seulement avec la police et les douanes, mais aussi avec les acteurs privés dans les ports ». Les autorités portuaires ainsi que les compagnies maritimes ont également un rôle à jouer. Elles utilisent notamment des systèmes de scanner pour vérifier la présence ou non de produits illicites dans les conteneurs.

Problème : en Belgique, seulement de 1 à 2 % des conteneurs sont scannés, selon des chiffres de la douane. Un chiffre trop faible pour contenir l’afflux de drogue sur le territoire européen.

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Drogue, alcool, tabac. Cinq conseils pour aider un proche à sortir de son addiction

Sandra Pinel, auteure de « Journal d’une polyaddict libérée », donne des conseils pour sortir de ses addictions • ©Atlantic Télévision by Mstream

Écrit par Johann Pailloux et Murielle Dreux – Publié le 17/01/2024

Comment agir face à l’addiction d’un proche ? Le compagnon, l’enfant ou l’ami se retrouve souvent spectateur impuissant face à une descente aux enfers. Sandra Pinel, infirmière ex-addict devenue patiente-experte en addictologie, vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » où elle livre ses conseils et des outils pour se libérer des addictions.

« Si je fume une cigarette, je fume le paquet, si je bois un verre, je bois le tonneau, et si je prends un rail de coke, j’en prends trois grammes. Je n’ai pas le bouton stop, donc je ne consomme plus« .

Sandra Pinel est infirmière à Saint-Nazaire. Ancienne dépendante à l’alcool, au tabac, au cannabis et aux médicaments, elle s’est rétablie. Devenue patiente-experte addictions, c’est désormais elle qui aide les autres à s’en sortir.

Être addict, c’est avoir perdu sa liberté face à un produit ou à un comportement avec une incapacité à diminuer ou arrêter malgré les conséquences sur sa vie.Sandra Pinel

Pour Sandra, « les proches aidants sont les premiers à trinquer et, pris d’un sentiment de honte, ont parfois des difficultés à demander de l’aide« .

Conseil n°1 – Imposez vos limites

« Refusez d’être en présence de la personne quand elle a consommé. Changez de pièce, partez vous promener sans elle. Évitez de lui parler quand elle a consommé, vos mots ne seront pas entendus et cela risquerait d’augmenter les frustrations. Vous ne pouvez pas soigner, mais vous pouvez accompagner : il y a trop d’émotions, il n’y a pas le recul nécessaire« .

Conseil n°2 – Ne faites pas « pour »

« Refusez d’acheter de l’alcool ou d’appeler son employeur pour prévenir de son absence afin que la personne mesure les conséquences de ses consommations. Acceptez que vous ne puissiez pas tout contrôler« .

Conseil n°3 – Dites ce que vous ressentez

« Employez-le « je », sinon ça sonne comme une injonction, du chantage et la personne peut se braquer, voire cela peut entraîner des confrontations. Expliquez-lui le mal que cela vous fait, les conséquences sur votre vie, le fait que vous ne cautionnez pas son comportement, mais que vous êtes là si elle souhaite être soutenue. Lui écrire est parfois plus simple, car cela permet de poser les choses. Et même si vous ne lui donnez pas la lettre, ça vous permet de mettre de l’ordre dans vos idées et de mieux les exprimer ensuite« .

Conseil n°4 – Faites-vous aider

« Le médecin traitant est souvent l’acteur de premier recours. Les professionnels de l’addictologie peuvent aussi vous recevoir. Les groupes d’entraide en ligne sont très appréciés également, comme le groupe Facebook, forum Addict’AIDE, alcool/drogue info service. Vous y trouverez des informations et une écoute« .

Conseil n°5 – Prenez soin de vous

« S’accorder le droit d’aller voir une amie, d’aller faire un soin du visage ou de pratiquer une activité sportive ou manuelle, permet de prendre de la distance vis-à-vis de la situation et d’avoir des instants à soi. Ces instants sont très importants, car ils vous permettent de souffler, de reprendre de l’énergie et ainsi, de ne pas sombrer vous-même« .

Un livre témoignage pour lutter contre les addictions

Sandra Pinel vient de publier « Journal d’une polyaddict libérée » aux éditions Eyrolles. Un ouvrage dans lequel elle donne des conseils et des outils pour se libérer des addictions. Elle évoque aussi son enfance auprès d’un père alcoolique avec lequel elle a commencé à fumer le cigarillo tous les dimanches à l’âge de 11 ans. Elle est devenue infirmière pour sauver son père, en vain.

Puis ce fût l’alcool, le cannabis et autres drogues et médicaments, jusqu’à ce qu’un médecin la mette face à la réalité : elle allait finir comme son père. Un électrochoc pour Sandra qui va petit à petit tout arrêter.

Débarrassée de ses addictions, elle se forme et obtient un diplôme universitaire d’addictologie, ainsi qu’une certification Patient-expert addictions. Aujourd’hui, elle exerce dans un établissement médico-social d’accompagnement et de prévention en addictologie à Saint-Nazaire.

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La livraison de drogues …

Le « Uber shit », nouvelle bataille de Darmanin

La Rédaction, Mis à jour le 04 Janvier 2024

Le ministre de l’Intérieur s’est engagé à mener une guerre contre cette nouvelle forme de trafic de drogue, véritable casse-tête pour la police.

Une trentième visite à Marseille pour Gérald Darmanin. Le ministre de l’Intérieur était de retour mercredi 3 janvier pour parler de lutte contre le trafic de drogue dans la cité phocéenne. Après s’être réjoui du « pilonnage » réussi de nombreux points de deal par la police, il a bien dû reconnaître que le problème, loin d’avoir disparu, n’avait fait que se déplacer. Car si les points de vente disparaissent, la drogue, elle continue de circuler. Désormais, elle est simplement livrée au domicile du consommateur. C’est le « Uber shit ».

« Dans la lutte contre les livraisons à domicile, il faut que l’on change une partie de notre stratégie », a reconnu Gérald Darmanin auprès de France 3 Régions. Le ministre s’est engagé à « lancer un très gros travail sur les livraisons de drogue, les Uber shit ». « J’ai demandé à la préfète de préparer de très nombreuses opérations », a-t-il précisé, mentionnant « du contrôle systématique » et « des techniques d’enquêtes spécifiques pour les livreurs ».

La facilité pour le consommateur

« Uber shit », c’est quoi ? Le phénomène ne date pas d’hier mais « il s’est considérablement accéléré pendant le confinement », confie une source policière spécialiste de la lutte contre le trafic de drogue à France 3 Régions. La transaction commence sur une messagerie cryptée comme  WhatsApp, Snapchat, Telegram ou Signal. Le consommateur indique le type de drogue souhaité, la quantité et l’adresse de livraison. « Un ‘secrétaire’ reçoit les commandes via les messageries cryptées, il dépêche ‘un vendeur’ à l’adresse indiquée, ce même vendeur est lui-même approvisionné par ‘un fournisseur’, car les vendeurs n’ont sur eux que la quantité à livrer », détaille le policier. Aucun de ces intermédiaires ne se connait. 

Le vendeur livre la quantité souhaitée à vélo ou à scooter. « Certains ‘Uber Shit’ ont la double casquette, ils sont aussi livreurs de pizzas, Uber Eats, etc », affirme la source policière.

Cette nouvelle forme de trafic facilite l’accès à la drogue, au point de motiver de nouveaux clients. Ainsi , les profils de consommateurs se diversifient, le « Uber shit » donnant une impression de sécurité, loin des règlements de compte des points de vente en plein air.

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Des magistrats s’inquiètent de la « féminisation » du trafic de drogue

Selon le procureur de la République de Marseille les femmes « semblent prendre un rôle plus dans la gestion des points de deal » mais aussi dans « l’organisation d’assassinats », sur un fond de trafic de stupéfiants.

À Grenoble, le parquet constate aussi une implication plus importante « de filles, notamment pour faire le guet »

Des magistrats s’inquiètent de la « féminisation » du trafic de drogue
Examen dans un bureau de police d’un sac de poudre de cocaïne (Photo by jody amiet / AFP)JODY AMIET / AFP

La femme est-elle, aussi, l’avenir de l’homme dans le trafic de stupéfiants à Marseille ? En tout cas, un « phénomène nouveau » émerge dans la cité phocéenne avec la « féminisation » des personnes mises en cause par la justice

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