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Alcool, drogues, polluants : tout ce que nos cheveux gardent en mémoire

  • Par  Elisa Doré Publié le 28/11/2023

DÉCRYPTAGE – Lorsqu’il pousse, le cheveu incorpore diverses substances toxiques qui circulent dans notre organisme. Ces composés se retrouvent ainsi figés dans notre chevelure. Mais quelles informations peut-on tirer d’un «dépistage capillaire» ?

Au-delà de leur fonction purement esthétique, les cheveux ont bel et bien une utilité. Ils sont une première barrière contre le soleil, nous tiennent chaud, et plus généralement, témoignent de notre état de santé. Par exemple, une perte de cheveux inhabituelle peut être due à un déséquilibre hormonal, au stress ou bien encore à une perte de poids trop importante. Mais le potentiel des cheveux est bien plus grand. Ils sont aussi des marqueurs de notre exposition quotidienne à divers polluants.

En juin 2023, quatorze députés écologistes avaient par exemple fait analyser leurs propres mèches de cheveux. Les résultats avaient fait grand bruit dans les médias : tous les échantillons contenaient des concentrations plus ou moins élevées de PFAS, des polluants industriels dangereux pour la santé. Ce qui suggérait alors que les députés avaient tous été contaminés à un moment de leur vie sans le savoir.

Bien avant cette histoire, de nombreuses études avaient déjà permis de détecter la présence de polluants sur des cheveux humains ou dans le pelage d’animaux. En se basant sur l’une des dernières études en date, menée par des chercheurs de l’institut de santé du Luxembourg (LIH) en mai 2023, l’Anses a fait le point mi-novembre sur l’intérêt du cheveu pour mesurer l’exposition d’un individu à diverses substances toxiques.

Pourquoi utiliser nos cheveux pour estimer l’exposition aux polluants ?

Attaché par sa racine au cuir chevelu, le cheveu extrait les nutriments essentiels à sa croissance directement dans le système sanguin. Au passage, il absorbe d’infimes concentrations de polluants contenus dans le sang et qui proviennent généralement de notre alimentation ou des particules que nous inhalons. Les cellules vivantes du bulbe piègent ces composés. Ils se fixent ensuite de façon définitive dans la kératine du cheveu, la protéine fibreuse qui lui donne sa structure.

Tout au long de sa croissance, jusqu’à sa chute ou sa coupe, le cheveu conserve donc une mémoire des polluants auxquels nous avons été exposés. « Traditionnellement, on utilise des tests sanguins ou urinaires mais l’inconvénient de ces méthodes est qu’elles ne sont fiables qu’à court terme puisque les substances chimiques contenues dans ces fluides sont éliminées en quelques heures par notre corps », explique Mathilde Body-Malapel, ingénieur de recherche à l’institut de recherche translationnelle sur l’inflammation, à Lille.

L’autre problème est que les concentrations mesurées varient fortement au cours d’une une journée. « Pour un prélèvement urinaire, le dosage varie parfois d’un facteur 10 à 100 entre le matin et le soir, ce qui n’est pas très représentatif de notre exposition », ajoute Brice Appenzeller, chef de l’unité de recherche en biosurveillance humaine à l’institut de santé du Luxembourg.

Quels types de polluants sont piégés par les cheveux ?

Plusieurs études ont déjà mesuré, dans des cheveux humains ou de poils d’animaux (rongeurs), la présence de perturbateurs endocriniens  (bisphénols, phtalates, etc.). Or la toxicité de ces composés est bien connue. Ils sont notamment suspectés de favoriser des troubles de la fertilité, certains cancers voire des pathologies chroniques comme l’obésité et le diabète .

« On sait également qu’une exposition prénatale est néfaste pour le fœtus car certains composés traversent la barrière placentaire », affirme Mathilde Body-Malapel. En résulte un risque accru de développer certaines maladies (allergies, asthmes), voire des troubles du neurodéveloppement. Une étude française a également établi, en 2019, un lien entre le poids à la naissance de nouveau-nés et les traces de 19 pesticides dosés dans les cheveux de leur mère.

Malheureusement, il est presque impossible de s’en protéger. Outre les pesticides, les perturbateurs endocriniens sont présents dans les emballages, certains cosmétiques, vêtements et jouets pour enfants. D’après le rapport de l’agence européenne de l’environnement (AEE) publié en 2023, le bisphénol A, un additif plastique, coule dans les veines de 92% des adultes testés dans onze pays européens. Même s’il est interdit depuis 2018, en France, dans certains produits comme les biberons, ce composé se retrouve par exemple dans les microplastiques présents en suspension dans l’air que nous inhalons.

Comment extraire cette empreinte chimique au laboratoire ?

Les cheveux ou les poils sont analysés à l’aide de techniques de spectrométrie de masse qui permettent de caractériser et de quantifier des composés chimiques de façon très précise. Même si les concentrations mesurées sont très infimes (de l’ordre du picogramme), elles restent représentatives de la dose ayant pénétré dans un organisme et donc de son niveau d’exposition.

« La croissance du cheveu est en moyenne de 1 centimètre par mois. Chaque centimètre analysé fournit donc l’empreinte chimique sur un mois. Si on trouve une concentration de polluants de 2 picogrammes dans le centimètre de cheveu le plus proche de la racine contre 1 picogramme dans le tronçon suivant, on peut conclure que notre exposition a doublé sur ce dernier mois », analyse Brice Appenzeller.

Les taux de polluants piégés dans les cheveux permettent-ils ensuite donner des indications plus précises sur l’importance de cette exposition ? Compte tenu de la spécificité des métabolites, leur incorporation dépend fortement de certains paramètres tels que le temps d’absorption et d’élimination par le corps, ce qui peut influer sur les concentrations retrouvées dans les cheveux. Il reste donc très difficile de faire des généralités.

Quelles autres informations peuvent livrer les cheveux ?

Alcoolémie. Les tests capillaires sont couramment utilisés dans le domaine médico-légal. Ces tests permettent par exemple de réaliser des contrôles d’alcoolémie afin d’orienter des décisions de justice (garde d’enfant, retrait de permis, etc.…). « Dans le consensus, on réalise les mesures sur 3 centimètres de cheveux afin d’avoir les informations sur trois mois, ce que les tests d’alcoolémies classiques ne permettent pas d’obtenir», explique le Pr Appenzeller.

Tabagisme et stupéfiants. La méthode est aussi utilisée pour détecter une consommation de drogues illégales et plus fréquemment pour estimer une exposition passive à la fumée de tabac, par exemple chez les enfants qui sont une population à risque. « Le tabagisme passif est une problématique importante en santé publique. Mais il reste très difficile de quantifier cette exposition, souligne le chercheur. À l’aide de simples échantillons de cheveux, il est désormais possible de le faire en dosant la cotinine, un métabolite de la nicotine ».

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9 Personnes après avoir quitté le monde de la DROGUE. Le changement dans leurs visages est saisissant !

Paru le vendredi 24 novembre 2023

DROGUE: La toxicomanie est un problème sérieux qui affecte les individus et les communautés du monde entier. C’est un problème complexe qui implique différents facteurs tels que les aspects biologiques, psychologiques et sociaux.

9 Personnes après avoir quitté le monde de la DROGUE. Le changement dans leurs visages est saisissant !

© DR

Bien, nous vous avons déjà présenté à plusieurs reprises les terribles dommages des narcotiques et des addictions en général, mais aujourd’hui ce n’est pas le cas car nous vous montrerons 9 jeunes qui ont surpassé tous les pronostics et ont réussi à sortir du terrible monde de la drogue de manière admirable. 

Le changement peut être vu sur leurs visages et leur attitude est impressionnante, montrant à quel point le fait d’être sobre peut se manifester de manière si dramatique sur votre visage. La vérité est inspirante, jetez un coup d’œil ci-dessous :

1. Elle s’appelle Elizabeth (35 ans) et elle était dépendante aux opiacés pendant 10 ans. Aujourd’hui, après 2 ans de sobriété, elle est une version améliorée d’elle-même.

2. Kristine (27 ans) était accro aux opiacés et aux méthamphétamines. Son addiction lui a coûté 5 ans de sa vie, mais seulement 1 an après sa guérison, elle ressemble à une nouvelle personne.

3. Chris (24 ans) était accro aux opiacés et aux méthamphétamines. Sa dépendance aux drogues a duré 5 ans, mais il a maintenant 1 an de sobriété et son changement est encourageant.

4. Toni (25 ans) était également dépendante aux opiacés. Son addiction intense l’a maintenue aliénée pendant 7 ans, mais aujourd’hui, elle a 2 ans d’abstinence et une vie meilleure.

5. Christie a 34 ans et était également accro aux opioïdes. Sa forte addiction lui a coûté 10 ans de sa vie, mais cela fait maintenant 2 ans qu’elle ne consomme plus et son apparence s’est nettement améliorée.

6. Jessica (25 ans) était dépendante aux méthamphétamines pendant 8 ans, ce qui a eu un impact sur son apparence. Aujourd’hui, cela fait 1 an que Jess a arrêté la drogue et elle semble épanouie et heureuse.

7. Jessica (24 ans), cette jeune femme qui ne paraissait pas son âge, était dépendante à l’alcool et aux opioïdes pendant 6 ans. Aujourd’hui, elle a 1 an de sobriété et elle a l’air fantastique et en accord avec son jeune âge.

8. Chelsea a 25 ans et son addiction aux opioïdes lui a coûté 7 ans. Aujourd’hui, seulement 10 mois après sa sobriété, elle a complètement changé.

9. Kristy a 36 ans et pendant 10 ans, elle a souffert d’une des pires addictions en consommant du crack et de la cocaïne. Son visage était émacié et vieilli, mais aujourd’hui, Kris est sobre depuis 2 ans et son visage brille à nouveau, tout comme son sourire.

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Consommation de drogues : éduquer pour mieux prévenir

Publié le 20 novembre 2023

De surcroît, la réduction des facteurs de vulnérabilité à cette période de la vie est essentielle, afin de limiter le risque d’exposition aux drogues licites et illicites et les dommages engendrés par leurs consommations.

L’Académie nationale de médecine propose des recommandations pour répondre à ces questions.

La consommation de drogues licites et illicites est responsable de la perte annuelle de près de 130 000 vies humaines en France à laquelle s’ajoutent des coûts sanitaires et sociaux considérables. La dépense directe des finances publiques s’élève à 22,1 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB.

Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte dans la population française s’explique par un début très précoce de leurs consommations, puis par des progressions régulières au cours de la vie, comme le montrent les études de prévalence.

« L’Académie nationale de médecine rappelle la vulnérabilité extrême de l’adolescent aux drogues (alcool, tabac, cannabis), qui justifie précocement des actions particulièrement fortes en matière d’information et de prévention ».

« La diffusion de vidéos brèves, via de nombreux canaux de communication (Internet, réseaux sociaux), notamment par des pairs comme les « jeunes experts », devrait constituer un angle d’approche pertinent ».

Si les enquêtes les plus récentes affichent une baisse sensible de la fréquence d’usage de ces drogues chez les adolescents, ces consommations demeurent importantes et constituent un problème majeur de santé publique auquel il faut apporter des réponses prioritaires. En effet, l’adolescence est une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions du fait de l’absence de maturité neuropsychologique.  

De nombreux facteurs peuvent faciliter la transition vers l’addiction, qu’ils soient génétiques, environnementaux, liés à une vulnérabilité psychiatrique ou aux traits de la personnalité. D’une manière générale, la consommation de drogues à l’adolescence est susceptible d’induire de nombreux troubles.

Des actions systémiques visant à une meilleure formation des professionnels de santé et à une véritable coordination des départements ministériels concernés doivent également être mises en place.

L’Académie nationale de médecine propose ainsi des recommandations pour répondre à ces questions.

En matière d’éducation à la santé et afin d’informer et de prévenir quant aux dangers inhérents à la consommation de drogues et au risque d’addiction, l’Académie nationale de médecine recommande :

de créer des programmes éducatifs à la santé obligatoires, dès l’école primaire et jusqu’à l’université, incluant une sensibilisation aux risques sanitaires des drogues ciblée sur l’objectif prioritaire de la prévention de leur consommation, et d’assurer une formation efficace des enseignants en charge de ces actions par une véritable mobilisation concertée, interconnectée et coordonnée, des services concernés des ministères de l’éducation nationale, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, en lien étroit avec le ministère de la santé et de la prévention ;

d’étendre à tous les établissements d’enseignement l’application des programmes d’éducation préventive destinés à développer les compétences psycho-sociales des enfants à l’école primaire et des adolescents au collège ;

d’assurer une formation des médecins généralistes dans le domaine des addictions et de sensibiliser les professionnels de santé et du secteur médico-social ;

de développer l’offre d’activités culturelles, ludiques et sportives à la jeunesse en particulier dans les quartiers où le risque de consommation des drogues est élevé ;

de promouvoir la diffusion par des pairs des messages de prévention sur les réseaux sociaux à l’attention des plus jeunes ;

de maintenir l’interdiction de vente et de consommation du cannabis et de réduire l’accessibilité du tabac et des boissons alcooliques par une augmentation significative des prix et le contrôle effectif de l’interdiction de leur vente aux individus mineurs.

• Drogues : éducation et prévention , rapport de l’Académie de Médecine, 7 novembre 2023. 

Jean-Pierre GOULLÉ, Michel HAMON (Rapporteurs) et Jean-Jacques HAUW, Jean-Marc LÉGER, au nom du groupe de travail rattaché à la Commission IV (Santé mentale – Neurosciences – Addictions).

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La drogue s’invite dans les écoles : comment en venir à bout ?

Que la drogue s’invite à l’école est aujourd’hui inévitable. Pourtant, c’est une problématique à laquelle les établissements ont encore du mal à répondre correctement.

un jeune fumant un joint de cannabis

© Adobe Stock

L’école, c’est comme la version “bêta” de notre société. Un lieu d’apprentissage, de relations sociales et de ­premières transgressions. On se ­conforme à certaines normes et valeurs, on déroge à d’autres avec en toile de fond la volonté de se construire et de trouver sa place.

C’est le prototype du “vivre ensemble” pour le dire autrement. Et, de la même façon que toutes les couches sociales consomment de la drogue, de tout temps et qu’elle soit légale ou non, nos enfants y seront un jour ou l’autre confrontés. Pour d’autres raisons, d’ailleurs, qu’un simple enjeu transgressif. À l’adolescence, à l’âge du mal-être et des questionnements, il y a mille et une “raisons” de consommer de la drogue.

En 2022, des deux côtés de la frontière linguis­tique, 545 élèves se sont fait attraper en possession de drogue dans une “institution d’enseignement”, ressort-il des statistiques de la police fédérale. Une donnée policière qui ne recouvre certainement pas l’ensemble du phénomène, puisque d’ordinaire, si P.-V. il y a, c’est qu’un ­établissement a appelé la police.

Ce nombre est globalement constant depuis quelques années, même si entre 2020 et 2021, la pandémie l’a exceptionnellement fait chuter de moitié ­puisque tout le monde restait chez soi.

La réalité de la consommation de stupéfiants dans les établissements scolaires est donc difficile à saisir et les réponses qui y sont apportées par les directions diffèrent d’une école à une autre. La réalité d’un élève n’est pas celle d’un autre, il en va de même pour les “institutions d’enseignement”.

L’image de l’école

Toutes les écoles reconnaissent la présence d’élèves consommateurs de cannabis, paradoxalement cela ne semble pas trop les inquiéter car c’est un phénomène de société face auquel l’école décline toute responsabilité”, note Étienne Hanssens, socio­logue ayant collaboré avec Infor-Drogues, ASBL dont le domaine de spécialisation est dans le nom, dans son rapport rendu en juin 2022.

Mais si les écoles sont si timorées quant à leur intervention, c’est avant tout une question d’image, note-t-il. Des policiers en salle de classe, ça fait mauvais genre spécialement dans les écoles au public plus paupérisé. Qui plus est, ça n’a jamais résolu les problématiques de ­consommation de stupéfiants dans les établissements scolaires, crie et écrit depuis des années Infor-Drogues.

Ça rompt la confiance entre les élèves, les professeurs et la direction. C’est un aveu d’impuissance de l’institution”, explique Fanny Bétermier, responsable communication d’Infor-Drogues. Mais pas seulement. Embarquer un élève devant les copains et les copines, ça le stigmatise.

D’autant plus si l’élève en question est déjà fragilisé socialement ou précarisé, ce qui peut d’ailleurs être un des facteurs de sa consommation. “À Infor-Drogues, on préfère miser sur le soutien de la direction et de l’équipe éducative. Les former à agir au mieux quand ils sont confrontés à un cas et directement aborder ces questions avec les élèves, prendre les décisions nécessaires, qui peuvent passer par la sanction. En somme, aller au-delà du seul “la ­drogue, c’est mal””, poursuit Fanny Bétermier.

On notera qu’à l’inverse, les établissements au profil socio-économique plus élevé font davantage appel à la police, là aussi pour une question d’image. Il s’agit alors de maintenir la posture forte et sécurisante de l’institution et de réaffirmer sa “tolérance zéro” vis-à-vis des stupéfiants. “Cette influence sur l’image de l’école semble l’explication majoritaire pour comprendre la ­persistance des interventions policières malgré les effets négatifs de ces dernières relevés par les articles scientifiques mais aussi par de nombreux acteurs scolaires”, conclut Étienne Hanssens.

Les professeurs connaissent mieux leurs élèves que nous, d’où l’importance de les former correctement à cette problématique. S’il n’y a que la sanction, c’est inefficace”, renchérit Fanny Bétermier. Comprendre avant tout les raisons qui poussent un jeune à consommer des stupéfiants, l’aider et l’accompagner dans ses assuétudes plutôt que sévir, c’est le leitmotiv. Il n’y a pas que le petit joint à la récréation, la consommation ne se limite pas aux horaires de l’école.

Elle se poursuit en dehors, à la maison, dans le quartier. La problématique déborde du milieu scolaire et couvre une réalité sociologique bien plus large. En 2022, 6.138 mineurs étaient ainsi concernés par des faits estampillés “stupéfiants et dopage” au tribunal de la jeunesse.

N’appelez pas la police

Le changement n’est peut-être pas encore pal­pable, du moins dans les chiffres, mais la volonté semble être là, tant du côté de la police que des établissements scolaires, qui font directement appel à Infor-Drogues pour leur intervention sur les addictions en général, nous font savoir des acteurs de terrain. La chargée de communication de l’ASBL n’en doute pas: “Améliorer le contexte de vie de l’élève aura une influence certaine sur sa consommation”.

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Une salle de shoot à Marseille ….

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C’est bien volontiers que nous publions la lettre de cette mère de famille qui, à juste titre, s’insurge contre le projet de création d’une salle de shoot  en milieu scolaire ! Nous engageons nos correspondants à signer la pétition et à la faire signer par le plus de monde possible. N’y a t-il pas à Marseille d’autre endroit pour ouvrir une telle salle? Et faut-il en ouvrir une ?

Lettre d’une mère de famille

Je me permets de me tourner vers vous afin de vous faire part de mon appréhension concernant l’ouverture d’une salle de shoot à Marseille au 110 boulevard de la libération.

En effet cette dernière se trouverait à environ 200 mètres de l’école de mon fils (plusieurs écoles, collège, lycées et crèches (dont une à 150 mètres) à proximité).

Il nous semble inapproprié d’installer une salle de shoot à proximité de lieux d’éducation où de jeunes enfants et des adolescents seront confrontés quotidiennement à des scènes que nous souhaitons leur épargner (et en particulier à Marseille avec toute la sombre actualité liée au traffic de drogue).

Les différents témoignages des riverains et école à proximité de ces salles sont édifiants (par exemple avec le collectif-Lariboisiere-Gare du Nord à Paris qui relatent divers faits de traffics, de violences et de dégradation à proximité) est-ce l’exemple que nous voulons montrer à nos enfants pour leur éducation et leur bien être?

Les divers traffics s’accumulant à proximité pourraient avoir une mauvaise influence pour leur avenir.

Je me permets de vous joindre la pétition mise en place par les riverains et parents d’élèves.

Pour signer la pétition Cliquez ici

Ainsi que la liste des lieux fréquentés par nos enfants à proximité de cette prochaine ouverture.

San Francisco veut s’inspirer de Zurich pour gérer sa crise

Une délégation zurichoise s’est récemment rendue dans la ville californienne pour discuter avec les autorités, dépassées par les problèmes de drogues.

Jigme GarneDavid Sarasin

Publié aujourd’hui

Depuis quelque temps, la scène de la drogue s'étend à San Francisco.
Depuis quelque temps, la scène de la drogue s’étend à San Francisco.GETTY IMAGES

L’une des villes les plus riches des États-Unis, San Francisco, s’enfonce dans la misère de la drogue. L’une des villes les plus riches d’Europe, Zurich, a surmonté son traumatisme lié aux stupéfiants dans les années 1990 et devient aujourd’hui un modèle pour San Francisco.

Une délégation zurichoise – composée de la police, des services sociaux, du Département de la santé et de la politique (dont la maire Corine Mauch) – est rentrée la semaine dernière de San Francisco. Le thème de ce voyage de plusieurs jours était la politique en matière de drogue. Le programme prévoyait 20 réunions et diverses visites auprès d’ONG, d’établissements de santé et de la police de San Francisco. Florian Meyer faisait également partie de la délégation suisse. Il dirige à Zurich divers centres de contact et d’accueil ainsi que le centre d’information sur les drogues de la ville des bords de la Limmat.

Florian Meyer, quelle image s’est présentée à vous à San Francisco?

Une image bouleversante. San Francisco compte plusieurs milliers de personnes gravement dépendantes qui consomment en pleine rue. Le commerce se fait également au grand jour. Rue après rue, arrière-cour après arrière-cour, on tombe sur d’innombrables toxicomanes avec des plaies parfois ouvertes. Ils étaient allongés sur le sol, dans une position tordue et face contre terre. Pour beaucoup d’entre eux, je n’étais même pas sûr qu’ils soient encore en vie. Parfois, à quelques mètres de là, des enfants jouent sur des places de jeu et dans des cours d’école clôturées.

San Francisco ne compte que deux fois plus d’habitants et d’habitantes que Zurich, mais le nombre de personnes gravement dépendantes est bien plus élevé.

Les scènes ouvertes de la drogue ont toujours un fort effet d’attraction. De nombreux toxicomanes viennent de toute la Californie et d’autres régions des États-Unis. On nous a dit que la situation à Oakland, de l’autre côté de la baie, était encore plus désastreuse. Les médias se concentrent sur San Francisco, mais des scènes de la drogue de cette ampleur existent désormais dans de nombreuses grandes villes américaines.

Quelles en sont les causes?

Les causes sont multiples. La diffusion de l’opioïde fentanyl a certainement été un gamechanger. L’un des problèmes est que les pipes utilisées circulent au sein d’un même groupe. Si un consommateur de crack sans tolérance aux opioïdes attrape une pipe contenant des restes de fentanyl, le risque d’overdose est grand. Une fois, à midi, lorsque nous nous sommes rendus au poste de police du quartier de Tenderloin, les agents avaient déjà ramassé six morts dans la rue ce matin-là.

L'opioïde fentanyl rend les gens rapidement dépendants.
L’opioïde fentanyl rend les gens rapidement dépendants. GETTY IMAGES

Comment le gouvernement de San Francisco s’y prend il?

Il existe des offres médicales pour les personnes dépendantes, et en ce moment, la ville mise davantage sur la répression qu’auparavant. Le travail effectué a surtout pour objectif d’éloigner complètement les gens de la drogue. Les personnes qui ne sont pas abstinentes sont, par exemple, exclues des programmes de logement. Résultat: la ville compte 8000 sans-abri. La réduction des risques est beaucoup moins au centre des préoccupations.

Pourquoi pas?

Même les ONG sont plutôt sceptiques. Elles ne veulent pas soutenir la consommation de drogues. Les gens ignorent que dans les salles de consommation comme celles de Zurich, il s’agit de bien plus que de la consommation. Les personnes gravement dépendantes y sont stabilisées socialement et médicalement dans le but de les orienter et de les soutenir lorsqu’elles souhaitent devenir abstinentes.

Il existait un centre de contact et d’accueil à San Francisco, mais il a été fermé au bout de neuf mois par manque de financement.

Le problème est que les lois fédérales interdisent de telles structures. À New York, deux salles de consommation de drogues ont été ouvertes il y a deux ans, après la visite d’une délégation américaine à Zurich. Or, il est délicat de le faire en dépit des lois fédérales. Les ONG craignent des plaintes et des amendes élevées.

Florian Meyer, responsable des centres de contact et d'accueil à Zurich, échange avec des spécialistes de la drogue du monde entier.
Florian Meyer, responsable des centres de contact et d’accueil à Zurich, échange avec des spécialistes de la drogue du monde entier.Jonathan Labusch

La ville de San Francisco veut-elle désormais instaurer des salles de consommation sur le modèle zurichois?

Notre travail a suscité un très grand intérêt, car Zurich est perçu comme un modèle de bonnes pratiques. Les professionnels du domaine des addictions veulent garder le contact avec nous. Le plan est désormais d’organiser des réunions en ligne régulières. Nous sommes toutefois conscients qu’un modèle qui fonctionne chez nous ne peut pas être simplement appliqué à une autre ville.

Pourquoi pas?

Prenez par exemple la police qui, à Zurich, est impliquée dans le travail sur les drogues et défend une position commune avec les services sociaux. Lorsque nos représentants de la police ont expliqué lors d’une table ronde qu’ils toléraient le microtrafic dans les salles de consommation afin que le trafic ne se fasse pas dans la rue, les spécialistes américains ont été étonnés. Aux États-Unis, cette coopération transversale n’existe pas. La police là-bas a une histoire très différente de la nôtre.

Avez-vous aussi pu retenir quelque chose que San Francisco fait mieux que Zurich?

Les compétences des personnes qui ont elles-mêmes un passé d’addiction et qui sont aujourd’hui abstinentes sont très bien utilisées. Il y a beaucoup d’anciens toxicomanes qui ont une autre approche dans le travail social de proximité. Nous avons par ailleurs beaucoup appris sur les expériences de la ville avec le fentanyl, au cas où cette substance se propagerait chez nous.

Vous avez un exemple ?

Nous avons vu comment sont utilisées les bandelettes de test pour le fentanyl et, plus récemment, celles pour la xylazine, un tranquillisant pour chevaux connu sous le nom de Tranq. Nous avons également vu l’importance du Narcan, un antidote pour les overdoses au fentanyl. Ce médicament est distribué à tous les consommateurs de San Francisco et est, par exemple, déposé dans les boîtes à journaux. Ce qui était nouveau pour moi, c’est qu’à San Francisco, le fentanyl est principalement fumé et non pas injecté.

Y a-t-il une possibilité d’empêcher préventivement la propagation du fentanyl en Suisse?

Non. Si des contrebandiers veulent introduire du fentanyl sur le marché suisse, il n’est, en principe, pas possible de les en empêcher. Mais si cela devait arriver, il ne faudrait pas craindre la même évolution qu’aux États-Unis, car notre position est très différente.

Chez nous, les personnes dépendantes aux opioïdes suivent des thérapies de substitution. Les personnes qui achètent des opioïdes sur le marché noir seraient en revanche en danger. Il serait également dangereux que le fentanyl soit mélangé à d’autres substances. Jusqu’à présent, nous ne connaissons qu’un seul cas de ce type à Bâle: il y a deux mois, le drug checking a révélé la présence de fentanyl, qu’un client avait acheté sur le darknet. Il pensait qu’il s’agissait d’héroïne.

C’était un cas isolé?

Si des substances mélangées à du fentanyl apparaissaient dans nos centres de contact et d’accueil, il y aurait des overdoses, car le fentanyl est très puissant. Nous nous en apercevrions donc relativement vite.

À Zurich, une scène ouverte de la drogue a vu le jour cet été au parc Bäckeranlage. Quelle est la situation actuelle?

La situation s’est calmée. On peut donc en conclure que les moyens mis en œuvre par le travail social de proximité et de la police portent leurs fruits et que les gens consomment davantage dans nos établissements ou à domicile.

Le cas du parc Bäckeranlage était-il une exception?

Non, pas fondamentalement. Avec environ 40 personnes, la scène était un peu plus importante qu’ailleurs. Mais il y aura toujours des personnes qui consomment dans l’espace public et il y aura toujours des formations de groupes. Cela ne devient problématique que lorsque les groupes deviennent trop importants et qu’il n’existe pas d’offres pour eux.

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« Il n’y a de trafic de drogues que s’il y a des consommateurs »

Professeur Jean Costentin, Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Il n’y a de trafic de drogues que s’il y a des consommateurs. Ce truisme d’une grande banalité, même s’il paraît niais ne peut être nié, et moins encore contesté. Faut-il qu’il dérange, pour que certains s’élèvent contre cet élémentaire au bon sens ?

Exprimant ce constat commun, le ministre de l’Intérieur, monsieur G. Darmanin, affirme sa résolution de réduire le désastre des toxicomanies, en renforçant les actions contre les trafiquants et les dealers ; et d’ajouter qu’il faut aussi s’en prendre aux consommateurs.

Au cours des cinq décennies écoulées depuis la loi de 1970 prohibant la consommation des drogues, dont celle du cannabis, nombre de politiques ont, d’une façon démagogique, progressivement affadi les sanctions qui visaient les consommateurs ; cette loi, jamais appliquée, prévoyait des sanctions pouvant aller jusqu’à 3.500 € d’amende et même un emprisonnement d’une année, avec inscription au casier judiciaire.

La justice, qui revendique le droit de ne pas appliquer systématiquement les sanctions prévues par la loi, a le plus souvent renoncé à poursuivre les contrevenants que lui présentait la police (classement sans suite) ; sans infliger une sanction intermédiaire entre ce tout et ce rien.

L’Éducation nationale a fait une impasse totale sur la prévention des toxicomanies de l’école jusqu’à l’université.

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (MILDT, devenue MILDECA) a eu à sa tête des présidents qui militaient insidieusement pour la légalisation du cannabis (Nicole Maestracci, Didier Jayle, Danièle Jourdain-Menninger) à l’instar du directeur de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (J.-M. Costes).

Aucune campagne télévisée digne de ce nom n’a été développée contre le cannabis. Au mieux des messages rares, brefs et abscons, auxquels faisaient bientôt suite de longues émissions télé qui banalisaient le cannabis et où la parole n’était donnée qu’à des défenseurs de la légalisation du cannabis (J.-P. Couteron, W. Lowenstein, A. Benyamina…).

Et immanquablement survint ce qui avait été si systématiquement préparé : la France promue tout premier consommateur de cannabis en Europe ; la drogue s’infiltrant en tous points du territoire national ; une crétinisation galopante ; une multiplication des pathologies psychiatriques; une guerre des gangs pour la maîtrise des territoires de deal avec 220.000 dealers ; des zones de non droit (« territoires perdus de la République ») ; une très importante économie souterraine ; une accidentalité routière et professionnelle élevée et, de connaissance plus récente et aux conséquences très graves, le développement des effets épigénétiques du cannabis.

Ces effets affectent ses consommateurs (très au-delà du séjour de son principe actif, le THC, dans leur organisme). Ils peuvent les transmettre à leur progéniture, avec pour conséquences une vulnérabilité : aux malformations congénitales, aux troubles anxieux et/ou dépressifs, à l’autisme, à la schizophrénie, aux addictions, à des déficits cognitifs, à des déficits de l’immunité…

Un ressaisissement est impératif et urgent. La cible doit être celle prônée par le ministre de l’Intérieur – les consommateurs, cible négligée par les politiques passées.

Oui mais, un collectif regroupant plusieurs associations dont AIDES, SOS Addiction, le syndicat de la magistrature, la Fédération Addictions, la ligue des droits de l’Homme, s’en prend au ministre de l’Intérieur (26 septembre) : déclarant « qu’il tente de cacher l’échec de sa politique des drogues en stigmatisant les consommateurs ». Le grand mot « stigmatisation » est lâché.

Responsabiliser n’est pas stigmatiser. Les consommateurs doivent être rappelés à leurs responsabilités qui, dans ce drame des toxicomanies, sont majeures, même si elles ne sont pas exclusives.

Ces associations « vent debout » contre ce rappel de bon sens du ministre de l’;Intérieur, devraient cesser de souffler sur les braises des toxicomanies. On attend d’elles un investissement fort dans la prévention ; or leur activité à cet égard est nulle voire même négative. Ne serait-ce en fait leur fonds de commerce qu’elles s’appliquent à préserver et même à amplifier ?

Nouvelles drogues : Comment prévenir ces nouveaux dangers

Emission de France 2 : « Ca commence aujourd’hui » du 9 octobre 2023

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La drogue est dans le pré (France 5)

Des saisies records de cocaïne en Normandie, des fermes de culture de cannabis au milieu de la Beauce, des filières de revente d’héroïne dans les forêts de Haute-Savoie : très localisé pendant près de 30 ans, le marché de la drogue a aujourd’hui conquis tous les territoires français.

Les stupéfiants sont en vente partout, y compris dans les villes moyennes et dans les campagnes les plus reculées. Les acteurs de ce marché illicite ont essaimé dans cette France qui se croyait à l’abri, profitant des axes routiers, des frontières, terrestres ou maritimes, pour implanter leurs antennes.

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