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Tabac

La direction des douanes de Marseille a dressé le bilan de l’année 2024, …..

……notamment en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, tabacs, contrefaçons et protection d’espèces animales protégées, qui constituent les priorités de ses actions dans la deuxième ville de France

Les douaniers de Marseille ont dévoilé ce vendredi 4 avril les résultats des opérations menées en 2024 en termes de lutte contre les trafics illicites et la criminalité organisée. Produits stupéfiants, tabacs de contrebande, produits de contrefaçon, trafic d’espèces animales protégées, France 3 Provence-Alpes vous détaille les chiffres clés à retenir de ce bilan. 

Plus de 9 tonnes de stupéfiants saisis

En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille.
En 2024, 3 132 infractions liées aux trafics stupéfiants, tabac, et armes ont été relevées par la douane de Marseille. • © Douane Française

En 2024, la douane de Marseille a saisi 137 kg de cocaïne, soit une progression de 39 % par rapport à 2023, 274 kg de cannabis et 8,9 tonnes de produits précurseurs, entrant dans la composition de drogues de synthèse produites sur le territoire européen.

La valeur marchande de ces 9,3 tonnes de produits stupéfiants divers saisis représente plus de 6 millions d’euros. La douane rapporte notamment la saisie effectuée fin août, début septembre, grâce à un travail du centre de ciblage conteneurs, qui ont permis de découvrir près de 100 kg de cocaïne, dans le compartiment moteur de conteneurs réfrigérés transportant des bananes.

Quelques mois plus tôt, en avril, le contrôle d’un navire de croisière a permis de découvrir 23 kg de cocaïne dans le faux plafond d’une cabine. La drogue était destinée au Danemark.

Près de 11 tonnes de tabacs de contrebande saisis

La douane de Marseille est particulièrement engagée contre le trafic de tabac, très florissant dans le sud de la France.  Ce sont 10,8 tonnes de tabacs qui ont ainsi été saisis en 2024, soit une hausse de 58 % par rapport à l’année précédente.

Près de 1 500 infractions ont été relevées, pointe la douane dans son communiqué. « Les saisies sont essentiellement liées à des importations frauduleuses par des passagers sur le port et l’aéroport et au contrôle d’établissements de revente illicite dans l’agglomération (alimentations, bars à chicha, etc.) », précise-t-elle.  Au total, 146 établissements de ce type ont été contrôlés et 49 fermetures administratives ont été sollicitées auprès de la préfecture suite à des contrôles positifs.

Le 15 novembre dernier, 6252 cartouches de cigarettes de contrebande ont été saisies sur le port, dissimulées sous des paquets de pâtes alimentaires, des chips et des galettes, en provenance de Turquie. 

248 740 articles de contrefaçons rétirés du marché

La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024.
La direction de Marseille a saisi plus de 248 700 articles de contrefaçon en 2024. • © Douane Française

En lien avec le plan national 2024-2026, la direction de Marseille a saisi 248 740 articles de contrefaçon, qui ont été retirés du marché, au travers de 412 affaires. Cela représente une hausse de 25 % par rapport à 2023.

Ces saisies concernent principalement des produits textiles, chaussures, parfums de luxe contrefaits, mais également des articles pouvant constituer un danger pour les consommateurs comme des pièces automobiles dont 38 000 exemplaires ont été saisis sur l’année.

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Drogue, alcool, tabac, mais aussi écrans ou dépendance affective…

Le centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie de Monaco est ouvert depuis septembre 2024 (1). Son responsable, le docteur Jean-François Goldbroch, dresse un premier bilan

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J’ai arrêté de fumer !!

Depuis que vous avez arrêté de fumer, vous vous heurtez peut-être à des obstacles imprévus.

Dans cette rubrique vous trouverez des conseils pour surmonter les difficultés les plus courantes.

Nous vous aidons à tenir bon ! 

Mon humeur

Je suis irritable

Vous vous sentez plus agressif, plus colérique depuis que vous avez arrêté de fumer ? Ce sont des signes liés au manque de nicotine. Dans ces cas-là, vous pouvez n’avoir qu’une seule envie : reprendre une cigarette, mais rappelez-vous qu’une cigarette ne résout jamais un problème. Au contraire, elle réveille votre dépendance et vous maintient dans cet état inconfortable. C’est un cercle vicieux !

Pour vous aider à tenir bon, voici quelques conseils :

  • Si vous prenez un traitement par substituts nicotiniques, vérifiez, avec votre médecin ou votre tabacologue, que vous avez le bon dosage. Bien dosé, il réduit la sensation de manque et ses conséquences, comme l’irritabilité par exemple. N’hésitez pas à prendre des formes orales (pastille à sucer, gomme à mâcher…) pour faire passer ces moments difficiles.
  • Identifiez la ou les causes de votre agacement. Les premières semaines, essayez d’éviter ces situations. Si ce n’est pas possible, isolez-vous quelques instants ou, si vous le pouvez, marchez un peu quand vous sentez monter votre irritation. Respirez profondément, et votre calme reviendra.
  • Adoptez une hygiène de vie saine et prenez soin de vous.
  • Je stresse

Le stress fait partie des symptômes du manque. Pendant votre arrêt du tabac, vous pouvez donc vous sentir plus stressé qu’à votre habitude. Rassurez vous, cette émotion désagréable est passagère, elle va diminuer et disparaître.

En attendant, l’arrêt du tabac peut être l’occasion d’apprendre à bien gérer votre stress. Essayez tout d’abord d’identifier ce qui vous stresse pour l’éviter, si c’est possible. Vous pouvez aussi vous lancer dans des exercices de relaxation ou de respiration.

Pensez également au sport, c’est un remède anti-stress !

Et si votre stress persiste, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) ou un autre type d’accompagnement psychologique pourront aussi vous aider à vous sentir mieux.

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Tabac, alcool, drogues… quel est le vrai coût des addictions pour l’Etat ?

Le prix du paquet de cigarettes augmente chaque année pour dissuader les fumeurs, mais aussi remplir les caisses de l’Etat. Pourtant, les finances publiques sont déficitaires à ce sujet, et le « coût social » des substances addictives est encore bien plus élevé.

Par Joséphine Boone

Un paquet de 20 cigarettes à 11,50 euros ? Une fortune pour les fumeurs, quand on se souvient du prix d’il y a quelques années : cinq euros seulement en 2005, puis sept euros en 2014. L’année dernière, le budget moyen consacré au tabac par les fumeurs français a atteint 207 euros par mois .

Si cela peut paraître énorme, le coût de l’addiction, lui, est bel et bien supporté par l’Etat et le contribuable. Et l’ensemble des produits addictifs coûte plus cher aux finances publiques que ce qu’il ne leur rapporte.

Coût social exorbitant

Sur un an, le tabac coûte 156 milliards d’euros à la société française.

Ce « coût social » est calculé par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) à l’aide de deux indicateurs. Le coût externe, qui comprend la valeur des vies humaines perdues, la perte en qualité de vie et en production pour les entreprises. On lui ajoute le coût pour les finances publiques : la prévention et les soins pour les personnes addictes ou malades en raison de ces produits.

C’est 102 milliards pour l’alcool et près de 8 milliards pour les drogues illicites.

En outre, chaque année, l’Etat est déficitaire pour le tabac : il a perdu 1,6 milliard d’euros en 2023. Et, sans surprise, le coût global du tabagisme est encore plus élevé pour la société dans son ensemble.

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Quatre industries provoquent chaque année la mort de près de 3 millions d’européens

Publié le 18 juin 2024

L’OMS pointe du doigt les stratégies de l’industrie du tabac, de l’alcool, des énergies fossiles et de l’alimentation ultra-transformée. @Unsplash

Fumer, boire, manger, se déplacer… En Europe, quatre industries menacent la santé de millions de citoyens. Dans un nouveau rapport, l’Organisation mondiale de la santé met en lumière les stratégies communes de ces grandes entreprises, qui mettent à mal la règlementation et les politiques de prévention des pays.

2,7 millions de décès sont provoqués chaque année en Europe* par les entreprises réunies du tabac, des combustibles fossiles, de l’alcool et de l’alimentation ultra-transformée.

C’est la conclusion d’une large étude publiée il y a quelques jours par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). A elles seules, ces “quatre industries tuent chaque jour au moins 7 000 personnes”, indique Hans Kluge directeur régional de l’organisation Onusienne, dans un communiqué.

Le tabac est le premier responsable de cette mortalité prématurée, suivi de l’industrie des combustibles fossiles source de pollution à l’ozone et aux particules fines. Puis viennent les secteurs de l’alcool et enfin de l’alimentation ultra-transformée, qui entraînent une consommation excessive en viande transformée, en sel, en boissons sucrées et en acides gras saturés. Mais au-delà des chiffres, l’OMS dénonce les stratégies communes mises en place par ces quatre secteurs d’activité, leur permettant de “façonner les environnements structurels, politiques et d’information” afin de maximiser leurs bénéfices au détriment de la santé des citoyens.

“Exploiter les personnes vulnérables”

S’appuyant sur une multitude de tactiques et déployant des “ressources considérables”, les industriels mettent à mal la lutte contre les maladies chroniques, comme les maladies respiratoires et cardiovasculaires, le diabète et les cancers qui sont dans leur ensemble à l’origine de 90% des décès en Europe. Lobbying politique, campagnes de marketing ciblées ou encore désinformation dans les médias… Autant de techniques qui “consistent à exploiter les personnes vulnérables (…), à tromper les consommateurs et à faire de fausses déclarations sur les avantages de leurs produits ou sur leur respect de l’environnement”, affirme Hans Kluge.

Parmi la trentaine d’études de cas listée dans le rapport, l’OMS pointe ainsi les stratégies permettant aux entreprises d’entraver la mise en œuvre de réglementations d’intérêt public. Pour cela, les industriels bénéficient souvent, grâce à leur position monopolistique, d’un accès privilégié aux décideurs politiques et ont recours à d’importants dispositifs de lobbying. Les auteurs du rapport notent par exemple l’influence majeure exercée par le secteur de la viande pour ralentir l’adoption de la stratégie européenne “Farm to fork”. Résultat, de nombreuses dispositions de cette feuille de route, qui visait notamment à promouvoir une alimentation végétale pourtant bénéfique pour la santé et l’environnement, sont aujourd’hui à l’arrêt.

“Un problème systémique”

L’organisation Onusienne attire également l’attention sur la manière dont certaines entreprises s’emparent de leur stratégie RSE pour redorer leur image et détourner les critiques formulées à leur encontre. C’est le cas entre autres du secteur du tabac qui finance des programmes d’éducation destinées aux jeunes, un public qu’il cible en parallèle au travers de campagnes marketing ou de partenariats avec des influenceurs. Le rapport épingle par ailleurs les stratégies de “pinkwashing” employées par l’industrie de l’alcool : d’un côté, elle s’associe à des campagnes de lutte contre le cancer du sein, de l’autre elle diffuse des fausses informations remettant en cause le facteur de risque que représente la consommation d’alcool.

En interférant avec les efforts de prévention des pays et en menaçant leur progrès en matière de santé publique, les grandes entreprises font en outre “supporter aux populations et à l’environnement le coût des dommages qu’elles causent”. Pour changer la situation, l’OMS lance un appel à l’action aux Etats membres de la région européenne. “Pendant trop longtemps, nous avons considéré que les facteurs de risque étaient essentiellement liés à des choix individuels, reconnait Frank Vandenbroucke, vice-Premier ministre belge, lors de la présentation du rapport à Bruxelles. Nous devons redéfinir le problème comme un problème systémique où la politique doit contrer les environnements d’hyperconsommation, restreindre le marketing et mettre fin à l’ingérence dans l’élaboration des politiques.”

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2,7 millions de décès prématurés évitables par an

Chaque année en Europe, 2,7 millions de morts sont causées par le tabagisme, l’alcool, les énergies fossiles et les aliments transformés a déclaré l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ce mercredi 12 juin dans son rapport sur les déterminants commerciaux des maladies non transmissibles. Elle exhorte les gouvernements à imposer une réglementation plus stricte de ces produits nocifs pour la santé et qui mettent en péril les systèmes de santé.

Les déterminants commerciaux de la santé désignent la manière dont les acteurs du secteur commercial, leurs produits et leurs pratiques influent sur la santé. Certaines de ces industries : tabac, alcool, agroalimentaire ou encore énergies fossiles déploient de nombreuses stratégies pour entraver la mise en œuvre des politiques relatives aux maladies non transmissibles (cancers, maladies respiratoires et cardiovasculaires, diabète, etc.) causées par leurs produits.

Le Dr Hans Henri P. Kluge, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a déclaré : « Les tactiques de ces industries comprennent l’exploitation des personnes vulnérables par le biais de stratégies de marketing ciblées, la tromperie des consommateurs et la diffusion de fausses déclarations sur les bénéfices de leurs produits ou sur leurs certifications environnementales. »

Les maladies non transmissibles, première cause de mortalité en Europe

Ainsi, le rapport estime que le tabac, les combustibles fossiles, les aliments ultra-transformés (UPF) et l’alcool sont responsables de plus de 7 400 décès chaque jour dans les 53 États de la région Europe de l’OMS. Globalement, ces quatre industries causent environ 2,7 millions de décès prématurés évitables annuellement dans la région soit environ un quart (24,5 %) de toute la mortalité.

Le rapport de l’OMS met en lumière l’importance de reconnaître et d’aborder les influences commerciales sur la santé publique, en soulignant que des actions politiques et réglementaires sont essentielles pour réduire les conséquences délétères de certains acteurs économiques à l’origine de maladies non transmissibles.

Les activités des lobbys du tabac ont eu un impact significatif en retardant la mise en œuvre de politiques de santé publique efficaces, en minimisant les taxes sur le tabac, et en réduisant les restrictions sur la publicité du tabac. Ces lobbys ne se limitent pas à des activités nationales, mais exercent aussi une influence sur les régulations internationales. Ils cherchent à influencer les négociations et les décisions au sein d’organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT).

Malgré les risques pour la santé, seulement une minorité de pays européens ont appliqué des bonnes mesures dans les lieux sans tabac, ou adopté l’ensemble des bonnes pratiques en matière de lutte antitabac énoncés dans la Convention-Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Ainsi les efforts visant à rendre les produits moins attractifs par le biais d’un emballage neutre, ou à en réduire l’accessibilité par des hausses de taxe n’aboutissent souvent pas.  Tel est notamment le cas pour l’alcool ou encore pour l’étiquetage des aliments via des nutriscores.[1]

L’OMS rappelle que le tabac est responsable de plus d’un million de décès par an en Europe, soit environ 10 % de tous les décès dans la région attribuables à ce seul facteur de risque. Les combustibles fossiles sont également un facteur important, causant près de 600 000 décès chaque année, ce qui représente environ 5 % de tous les décès. L’alcool est responsable de plus de 400 000 décès annuels. Enfin, plus de 350 000 décès sont attribués à une consommation excessive de viande transformée, de boissons sucrées et d’aliments gras et salés.

Des pratiques commerciales similaires

Ces acteurs commerciaux pointés dans le rapport s’engagent dans des pratiques quasi identiques pour façonner à leur avantage les environnements structurels, politiques et d’information. Leurs principaux objectifs sont de générer des profits, de maximiser les ventes de produits et de stimuler la consommation. Ces industries dépensent des ressources considérables pour s’opposer aux politiques de santé publique, elles s’efforcent de diffuser des données scientifiques qui leur sont favorables en taisant les conflits d’intérêt. Leurs actions renforcent les inégalités sociales en matière de santé. Enfin elles externalisent les coûts liés aux dommages causés par leurs produits sur la santé humaine et environnementale et elles aggravent considérablement le poids des maladies non transmissibles dans les systèmes de santé.

Vers une mise en place de la réglementation plus stricte

Les recommandations du rapport exhortent les gouvernements européens à imposer des réglementations plus strictes sur la commercialisation des produits nocifs pour la santé. Elles appellent à limiter les pratiques monopolistiques et à protéger les politiques publiques du lobbying de ces acteurs puissants, et à privilégier la santé publique sur les intérêts catégoriels de ces agents économiques. L’action réglementaire est d’autant plus cruciale à l’ère de la mondialisation, où les accords commerciaux internationaux et les intérêts économiques transnationaux peuvent entraver les efforts visant à protéger la santé publique.

« Pendant trop longtemps, nous avons considéré les facteurs de risque comme étant principalement liés aux choix individuels. Nous devons reformuler le problème comme un problème systémique, où la politique doit contrer les ‘environnements de surconsommation’, restreindre le marketing et arrêter l’ingérence dans l’élaboration des politiques. » a rappelé Frank Vandenbroucke, vice-premier ministre belge.

L’article 5.3 de la CCLAT vise à protéger les politiques de santé publique contre l’influence de l’industrie du tabac. Il recommande de limiter et de rendre transparentes les interactions avec cette industrie, de rejeter les partenariats non contraignants, d’éviter les conflits d’intérêts, d’assurer la transparence des interactions nécessaires et de refuser les financements et dons de l’industrie du tabac. Cette approche peut être appliquée à la lutte contre les maladies non transmissibles en protégeant les politiques de santé publique des influences nuisibles, en maintenant la transparence, en évitant les conflits d’intérêts et en refusant les financements des industries contribuant aux MNT.

Enfin il est rappelé le rôle crucial de la société civile dans l’adoption et la mise en œuvre des politiques publiques. Ainsi certains pays ont obtenu des résultats positifs malgré la forte opposition de l’industrie.  Récemment, la mobilisation nationale et internationale des organisations de la société civile a contribué à l’adoption d’une législation sur le tabac en Slovénie. En Estonie, une coalition de partenaires du secteur de la santé, dont des dentistes, des infirmières et des médecins, a contribué à faire progresser la législation sur la taxation des boissons sucrées.

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TABAGISME : FUMER AUGMENTE LE RISQUE D’OBÉSITÉ ABDOMINALE, SELON UNE ÉTUDE

L’étude a L’étude a été menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague. [Andrey Popov/Adobe]

Publié le 15/04/2024

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague a démontré un lien entre le tabagisme et le développement de la graisse abdominale. Cette dernière peut entraîner des maladies cardiovasculaires et du diabète.

C’est une croyance populaire qui est aujourd’hui discréditée. Selon une étude menée au sein de l’Université de Copenhague, l’initiation au tabagisme ou la consommation de tabac à long terme participe à la formation de la graisse abdominale. Des résultats qui contredisent une croyance populaire selon laquelle fumer permettrait de ne pas prendre de poids.

«Notre étude a démontré que fumer amène à une élévation significative de la graisse abdominale», a déclaré Germán Carrasquilla, chercheur participant à l’étude, à la BBC. «Plus précisément, le type de graisse qui augmente le plus est celle viscérale, située profondément dans l’abdomen».

En effet, la graisse viscérale entoure plusieurs organes, comme le pancréas, le foie, les intestins et les reins. Plusieurs études ont montré que cet excès de tissus adipeux augmente les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et même de démence, selon les chercheurs d’une université australienne. La principale raison est le caractère inflammatoire de cette graisse abdominale qui, à long terme, a un impact sur le métabolisme et la sécrétion d’insuline.

Les résultats de ces recherches tendent ainsi à prouver que les fumeurs disposent d’une substance «d’une adiposité abdominale plus élevée». De même, les conclusions suggèrent que «la répartition de la graisse corporelle peut influencer la lourdeur du tabagisme, indépendamment de l’indice de masse corporelle (IMC)». Une étude qui pourrait s’adresser aux quelque 12 millions de Français qui se déclarent fumeurs quotidiennement.

Les chercheurs soutiennent enfin que «les efforts de santé publique visant à prévenir et à réduire le tabagisme peuvent également contribuer à réduire la graisse abdominale et le risque de maladies chroniques associées». En 2023, une étude de l’Inserm a montré que 17% des Français étaient obèses, deux fois plus qu’en 1997.

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Tout l’intérêt d’arrêter de fumer avant 40 ans !

Dr Philippe Tellier 

Le tabagisme chronique demeure une cause majeure de mortalité précoce à un échelon mondial. La lutte contre ce fléau a beau s’intensifier, rien n’y fait, un quart des décès chez les adultes d’âge moyen lui seraient imputables en Europe comme en Amérique du Nord. Toutefois, au cours des dernières décennies, les campagnes anti-tabac ont tout de même porté leurs fruits et nombreux sont les fumeurs qui ont cessé leur intoxication avant l’âge de 40 ans, ce qui a permis de réaliser quelques études du type cas-témoins.

La surmortalité imputable à ce facteur de risque et à l’échelle d’une vie, chez ces abstinents qui ont fait le bon choix, serait diminuée de 90 %, comparativement aux témoins qui ont continué à fumer. Le bénéfice ainsi estimé est patent, mais l’analyse manque de finesse.

L’arrêt du tabagisme est-il bénéfique même aux âges plus avancés et, si oui, l’effet est-il mesurable en termes d’amplitude et de rapidité de l’effet ? Un article publié en ligne le 8 février 2024 dans le New England Journal of Medicine Evidenceapporte des éléments de réponse à cette question qui est sur toutes les lèvres, notamment celles des fumeurs. 

Une méta-analyse de quatre études de cohortes : près d’1,5 million de participants

Il s’agit en fait d’une méta-analyse de données individuelles recueillies au sein de quatre études de cohorte nationales couplées aux registres des décès de chaque pays. Deux de ces études sont représentatives à un niveau national. La NHIS (National Health Interview Survey) a porté sur un échantillon de citoyens états-uniens vivant dans la communauté, âgés de 20 à 79 ans, inclus chaque année dans la cohorte entre 1997 et 2018. La seconde, la CCHS (Canadian Community Health Survey), a inclus des sujets dans la même tranche d’âge, les échantillons analysés étant constitués entre 2000 et 2014.

En Norvège, trois études de cohorte réalisées entre 1974 et 2003, dans lesquelles ont été inclus des participants eux aussi âgés de 25 à 79 ans, ont été combinées pour former la NHSS (Norwegian Health Screening Survey).

Il s’agit respectivement de la Counties Study (1974 à1988), de la 40 Years Study (1985 à 1999) et de la Cohort of Norway (1994 à 2003). La quatrième cohorte, britannique celle-là, a été constituée au travers d’un recrutement effectué par l’intermédiaire de l’U.K. Biobank, les adultes âgés de 40 à 73 ans étant invités à participer à l’enquête. 

L’analyse des données a finalement porté sur une population totale relativement hétérogène de 1,48 million d’adultes, tous issus de pays à haut revenu et suivis pendant 15 années. Elle a reposé sur le modèle des risques proportionnels de Cox appliqué à chaque étude, en tenant compte du statut fumeur versus non-fumeur, mais aussi du délai écoulé par rapport à un sevrage éventuel du tabagisme, respectivement moins de 3 ans, entre 3 et 9 ans ou au moins 10 ans.

Les ajustements statistiques effectués dans le cadre de l’analyse multivariée de Cox ont pris en compte l’âge, l’éducation, la consommation d’alcool et l’obésité. 

Une surmortalité liée au tabagisme largement confirmée

Au terme du suivi, ont été dénombrés 122 697 décès. La comparaison fumeurs/non fumeurs a confirmé la surmortalité liée au tabagisme, le hazard ratio (HR) ajusté correspondant étant estimé à 2,80 chez la femme et à 2,70 chez l’homme, rien de nouveau. L’espérance de vie dans la tranche d’âge 40-79 ans, en cas de tabagisme, est raccourcie de 12 ans chez la femme et de 13 ans chez l’homme, si l’on raisonne en termes de mortalité globale.

En termes de mortalité spécifique imputable au tabagisme, les chiffres correspondants atteignent alors respectivement 24 et 26 années. Les affections respiratoires viennent largement en tête dans les deux sexes (HR 7,6 et 6,3), devant les affections cardiovasculaires (HR 3,1 et 2,9) et les cancers (HR 2,8 et 3,1).

Sevrage : plus c’est tôt mieux c’est, mais mieux vaut tard que jamais …

L’arrêt du tabagisme divise par deux la surmortalité globale. Surtout, le sevrage avant l’âge de 40 ans permet de ramener la mortalité globale au niveau de celle des fumeurs dès la troisième année qui suit.

La surmortalité diminue d’autant plus que la période de sevrage est prolongée, même après l’âge de 40 ans. Ainsi, un sevrage ≥ 10 ans chez des fumeurs âgés de 40 à 49 ans annule quasiment la surmortalité globale (-99 % chez la femme, -96 % chez l’homme). La tendance est presque aussi favorable dans la tranche d’âge supérieurs (50-59 ans), les chiffres correspondants étant de respectivement -95 % et -92 %.

La survie à long terme augmente dès les premières années après le sevrage, d’autant plus que ce dernier survient à un plus jeune âge, mais le bénéfice reste tangible même chez les fumeurs âgés. Ainsi, un sevrage de moins de 3 ans, effectif dans la tranche d’âge 50-59 ans réduit la surmortalité globale de respectivement 63 % (femmes) et 54 % (hommes), et dans la tranche d’âge 60-79 ans, les chiffres sont de respectivement -40 % et -33 %.

Bien évidemment, plus le sevrage est précoce, plus le nombre d’années de vie gagnées est grand. Il est de 12 années pour un sevrage avant l’âge de 40 ans, il n’est plus que de 6 années pour un sevrage entre 40 et 49 ans, et 2,5 quand ce dernier est encore plus tardif (50-59 ans).

Ces résultats quantitatifs sont approximatifs, compte tenu de la méthodologie (une méta-analyse) et d’une certaine hétérogénéité des études, mais aussi de la multiplicité des facteurs de confusion potentiels qui sont loin d’avoir été tous pris en compte.

Quoiqu’il en soit, ils contiennent probablement une part de vérité et leur caractère optimiste doit être mis en exergue pour inciter les fumeurs à l’abstinence, même les plus âgés. Mieux vaut tard que jamais, même si le bénéfice du sevrage est à l’évidence maximal quand il survient le plus tôt possible, sachant que trois ans de sevrage au minimum suffiraient pour gagner des années de vie. 

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Le barreau du tabac ….

Dans l’échelle des toxicomanies, briser le barreau du tabac éloignera de l’addiction à d’autres drogues

Pr. Jean Costentin

Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les errements des humains Le tabac (puisqu’il faut l’appeler par son nom) Capable d’enrichir, les industriels qui le produisent faisait aux Hommes la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés : (détournement de J. de La Fontaine)

Deux attitudes s’opposent : combattre le tabagisme, pour empêcher les adolescents d’y accéder ou, au contraire, faciliter l’accès au cannabis par sa légalisation. Agir résolument contre le tabagisme préservera d’abord nos concitoyens de sa létalité effroyable.

En effet, le tabac est, avant l’alcool, la toute première cause de mort évitable : 13 millions des nôtres, qui pourtant n’ignorent rien de ses dangers, s’y adonnent ;

75 000 d’entre eux en meurent chaque année ; la cigarette est ainsi le mode le plus commun de suicide (les « cartouches de cigarettes » sont ainsi une expression à double sens). Comme dans la fable des animaux malades de la peste, les fumeurs n’en meurent pas tous, mais tous sont frappés (au moins à un certain degré).

Les handicaps nombreux dont ils sont victimes pour beaucoup ne sont pas anodins ; ils altèrent leur qualité de vie, le confort de la fin de leur existence et, de plus, obèrent les comptes sociaux.
L’addiction à la nicotine du tabac est si rapide et son abandon si difficile, qu’il faut empêcher qu’il y ait une première fois, ou du moins que cette expérimentation soit la plus tardive possible.

Les 13 millions de nos concitoyens qui s’y sont laissé prendre ne parviennent pas à s’en détacher. Un fumeur sur deux mourra de son tabagisme ; aucunproduit en vente libre dans le commerce n’a de conséquences aussi désastreuses.

Le président de la République, l’an passé, lors de la journée du cancer, a exprimé sa détermination que 2032 voit apparaitre en France la première génération sans tabac.
Excellente initiative, mais dont, hélas, on ne voit pas les mesures qui permettrontd’atteindre cet objectif.

C’est au niveau du tabac qu’il faut situer, chez nos jeunes, le niveau de leur transgression vers d’autres drogues et non pas, comme actuellement, au niveau du cannabis. Un niveau pourtant que des idéologues (dont des addictologues à contre-emploi) voudraient, par sa légalisation, situer à encore plus haut niveau, ceux de la cocaïne, des amphétamines, de l’ecstasy, des cathinones et même, pendant qu’ils y sont, au niveau des morphiniques.

Le cannabis est porté sur les épaules du tabac, support végétal de la combustion desa résine (haschisch/shit). Encore plus délétère que le tabac, le cannabis y ajoute ses méfaits propres. A sa toxicité physique, assez semblable, il ajoute ses méfaits psychiques (ivresse, désinhibition, amotivation, crétinisation…) qui souvent débordent dans le domaine psychiatrique (anxiété, dépression, psychose aigue, schizophrénie…).

N’oublions pas parmi ses méfaits ceux qui survivent durablement à son élimination complète de l’organisme et qui sont liés à des mécanismes épigénétiques.

Ces mécanismes opérant au niveau des gamètes des consommateurs, font que certaines des modifications induites peuvent être transmises à leur progéniture avec des conséquences variées : malformations, autisme, déficits cognitifs, schizophrénie et, pour ce qui nous intéresse ici, une plus grande vulnérabilité aux toxicomanies qui s’exprimera à l’adolescence, en relation avec une raréfaction des récepteurs dopaminergiques D 2 dans le noyau accumbens.

L’exposition au cannabis/THC, par un mécanisme épigénétique, intensifie les effets de récompense /appétitifs de la cocaïne ainsi que ceux des morphiniques. Le sujet cannabinophile qui expérimente ces deux drogues les perçoit d’emblée avec une grande intensité, qui l’incite très vite à y recourir à nouveau, à en user, à en abuser et ainsi à en devenir dépendant.

L’usage régulier d’une drogue amoindrit ses effets. La tolérance qui s’installe, incite à accroitre ses doses et la fréquence de son usage, pour maintenir à un niveau élevé la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens.

Quand ces palliatifs ne suffisent plus le consommateur y ajoute une drogue plus « puissante », pour laquelle une tolérance jouera bientôt, faisant ajouter une troisième drogue, etc… Ce cheminement peut aboutir aux morphiniques (plus de 200 000 héroïnomanes en France, en attendant l’arrivée des
fentanyloïdes, responsables de 100 000 décès aux U.S.A. en 2023)
.

Pour empêcher cetteascension morbide de l’échelle des toxicomanies il faut en briser les premiers barreaux, pour tenter au moins de différer cette ascension au-delà de l’adolescence.
L’adolescence est une période de très grande vulnérabilité, car plus tôt les drogues sont expérimentées, plus vite elles sont adoptées et plus intenses sont les détériorations subséquentes.

Durant cette période le cortex préfrontal, aux effets répresseurs des compulsions, se connecte progressivement avec le reste du cerveau. L’adolescence correspond à la phase de maturation cérébrale (12 à 24 ans), que perturbe notablement le cannabis/THC, en caricaturant la fonction subtile des endocannabinoïdes (via les récepteurs CB 1 ), impliqués dans le bon déroulement de cette maturation.

L’adolescence est la période critique des apprentissages, de l’acquisition d’une culture, des ambitions, de l’élaboration des projets professionnels et de vie ; bref, le plus mauvais moment pour cette rencontre avec le cannabis.

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