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Tabac, cannabis, écrans, alcool : comment repérer l’addiction chez l’adolescent ?

Écrit par Hélène Joubert

L’addiction est un engrenage infernal : les substances psychoactives (drogues, tabac…) libèrent la dopamine (l’hormone du plaisir immédiat), qui active différentes zones du cerveau reliées entre elles (circuit de la récompense). Cette libération de dopamine procure un afflux de plaisir et, en contrepartie de cette satisfaction, la substance va demander au cerveau de continuer de consommer.

Un cerveau plus vulnérable chez l’adolescent

Chez l’ado, certaines régions frontales du cerveau encore immatures impliquées dans la planification et le contrôle du comportement sont peu activées. A l’inverse, la région de l’amygdale, qui gère les émotions et le stress, est suractivée, d’où une vulnérabilité exacerbée. « Chez l’adolescent, les conduites addictives ou d’usage à risque ont 4 fonctions : ressembler aux autres (mimétisme convivialité), jouir (transgresser, expérimenter, planer), assurer (s’adapter, contrôler, soulager, alerter) mais aussi fuir (disparaître, ne plus penser, délirer) » explique le Pr Catherine Laporte, médecin généraliste responsable du kit addictions du Collège de la médecine générale.

Les signes qui doivent inquiéter les parents

« Contrairement aux adultes, les adolescents n’ont pas les capacités de verbaliser leur mal-être« , précise Yara Bou Nassif, psychologue. Il voit moins ses amis, reste seul, se plaint de douleurs diffuses. Il dort mal, ne mange plus comme avant. « Un adolescent qui arrête les activités qu’il apprécie, dont les résultats scolaires déclinent brutalement…, tout cela doit alerter« , ajoute le Pr Laporte. La prévention est l’élément clé car plus la consommation s’installe tôt, plus le risque de développer une dépendance existe.

Les principales addictions chez l’adolescent

Le tabac

17,5 % des lycéens fument au quotidien, avec une augmentation continue entre la classe de seconde (14 %) et la terminale (21,5 %).

Ce qui doit alerter : une haleine et des vêtements qui changent d’odeur, les doigts jaunis, une certaine agressivité lorsque privé de cigarettes.

Les risques : des parcours scolaires plus difficiles et des abandons de scolarité plus nombreux. À l’âge adulte, des risques prouvés de cancers, en particulier des voies aérodigestives supérieures et des poumons, bronchites chroniques et pathologies cardiovasculaires. 75.000 décès annuels sont attribuables au tabac.

Comment l’aider : le médecin généraliste pourra éventuellement lui prescrire des substituts nicotiniques. La cigarette électronique peut être une option à condition qu’elle soit transitoire.

L’alcool

12 % des jeunes de 17 ans sont consommateurs réguliers (au moins 10 fois par mois). 41,5 % des lycéens ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API ou binge drinking). Elle consiste à boire au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion dans le mois.

Ce qui doit alerter : les troubles de l’attention, le décrochage scolaire, l’isolement, et, dans des cas extrêmes, des tremblements.

Les risques : le binge drinking entraîne une destruction importante de neurones, affecte l’apparition de nouveaux neurones, provoque des accidents de la route, des chutes graves voire mortels, et, une fois à l’âge adulte, des maladies du foie et certains cancers : 49.000 décès par an lui sont attribuables.

Comment l’aider : « Nuancez vos propos en expliquant que prendre un verre peut faire partie de l’amusement mais que boire beaucoup entraîne la perte de maîtrise de soi, avec de nombreux risques à la clé« , conseille Yara Bou Nassif. Si la consommation problématique perdure et s’amplifie, des unités au sein des hôpitaux et des structures médico-sociales, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), peuvent prendre en charge l’adolescent.

Le cannabis

48 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis et 9 % sont des fumeurs réguliers. L’usage problématique ou la dépendance concerne 2 % des 18-64 ans et 8 % des 17 ans.

Ce qui doit alerter : « Des fringales inhabituelles, des yeux rouges, des sautes d’humeur ou un besoin d’isolement inhabituel » précise Maria Poblete, auteure de Cannabis : aider mon ado à s’en sortir ?Éditions L’Etudiant.

Les risques : le cannabis affecte le développement des neurones. « Plus il est consommé jeune, plus les perturbations de certaines fonctions (mémoire de travail et donc raisonnement, jugement ou compréhension du langage) sont importantes et irréversibles. Il compromet l’avenir scolaire et professionnel et le rend vulnérable vis-à-vis des troubles psychotiques, en particulier schizophréniques » indique le Dr Laporte.

Comment l’aider : proposez-lui d’en parler à un psy, ou encore de contacter un service spécialisé.

Les réseaux sociaux

A 15 ans, 5 % des garçons et 15 % des filles sont accros aux plateformes (Facebook, Instagram, TikTok….).

Ce qui doit alerter : il a les yeux rivés en permanence sur son smartphone. Il ne supporte pas de rater une info et répond à toutes les sollicitations ou aux personnes qui postent des infos. Il se met beaucoup en scène sur ses comptes.

Les risques : « Plus de 3 heures sur les réseaux sociaux par jour peut créer des troubles psychiques« , précise le Dr Laporte. « L’excès d’usage perturbe l’attention, le sommeil et les relations sociales« .

Comment l’aider : en mesurant avec lui le temps passé sur les réseaux et en lui proposant une aide psychologique et/ou les thérapies cognitivo-comportementales.

Les jeux vidéo

La proportion de joueurs « problématiques » est passée de 11 % en 2014 à 34,8 % des jeunes aujourd’hui, dont 21,9 % de joueurs « excessifs« , pratiquant des jeux, légaux comme illégaux, avec argent ou pas.

Ce qui doit alerter : des débits inhabituels sur son compte en banque ou sur votre carte de crédit, des sautes d’humeur avec des accès d’agressivité, une grande fatigue (il perd la notion de temps), un isolement (il voit moins ses copains)…

Les risques : la durée inadaptée consacrée à cette activité et le fait de perdre ou de gagner de l’argent risquent de détruire son avenir professionnel et social.

Comment l’aider : en étant disponible, en conservant des activités communes de loisirs et en prenant rendez-vous avec un spécialiste des addictions ou un psychothérapeute, si cela s’avère nécessaire.

Le rôle de la génétique dans l’addiction

Les adolescents, comme les adultes, ne sont pas tous égaux devant l’addiction. Les facteurs biologiques entrent en jeu, comme le terrain génétique et les antécédents familiaux : si l’un des parents ou l’un des membres de la famille présente une addiction, l’ado aura un risque plus élevé d’en développer une

Source.

La « puff », vous connaissez ?

« C’est très attirant, les couleurs et tout… » : la « puff », cette cigarette électronique qui vise les plus jeunes

La « puff » attire de nombreux mineurs, au risque de les faire tomber dans l’addiction à la nicotine alors même qu’ils sont censés ne pas avoir accés à cette cigarette électronique, aux couleurs arc-en-ciel et aux goûts très divers. Article rédigé par Benjamin Illy

Radio France Publié le 21/10/2022  Temps de lecture : 2 min.

Des "puffs" en vente dans un bureau de tabac. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)
Des « puffs » en vente dans un bureau de tabac. (STEPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Goût barbe à papa, pastèque glacée, myrtille givrée ou encore fraise… On ne parle pas de chewing-gums, mais bien de cigarettes électroniques multicolores, appelées « puff », qui attirent de plus en plus de jeunes, au risque de développer des addictions dès leur plus jeune âge.

« C’est très attirant, les couleurs et tout, c’est un produit qui est jetable, c’est accessible« , confie un adolescent de 17 ans, rencontré à une terrasse parisienne. Le marché est en plein boum, et sera abordé au congrès annuel de la confédération des buralistes, qui se tient ce vendredi 21 octobre.

Le sujet est sensible car le produit est très attractif chez les jeunes alors qu’il reste interdit pour les moins de 18 ans. « Il y a beaucoup de bureaux de tabac qui vendent aux mineurs, constate un adolescent. J’ai 17 ans, moi, j’en prenais principalement pour arrêter de fumer.

Mais beaucoup de gens en prennent non pas pour arrêter mais pour commencer. Il faut faire attention à la nicotine, il y a une addiction qui peut se développer très très tôt » Un peu plus loin, une fille, non fumeuse, tout juste 14 ans, a connu la puff sur les réseaux sociaux : « En fait, c’était sur Tik Tok, et on a vu une vidéo, cela m’a beaucoup influencé. »

Un marché en pleine essor

En quelques recherches sur l’application, des publications s’affichent. « Ça sent super bon, c’est super bon« , répète un jeune homme dans une vidéo, qui cumule plus de 200 000 vues. Le phénomène inquiète les tabacologues qui y voient un marketing axé essentiellement vers un public mineur, en proie à devenir rapidement dépendant.

« Clairement, les fabricants de puff ciblent les jeunes« , dénonce le professeur Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT). Elle est vendue en grande surface, vous avez des grands magasins, des chaînes qui vendent des puffs. » 

Le produit se banalise et devient même roi dans certains bureaux de tabac, avec des stands dédiés. « C’est clairement un phénomène commercial, cela a relancé l’activité vapotage qui commençait à se tasser, explique Cyril derrière son comptoir, dans le 15e arrondissement. 

On est à 8,95 euros la puff, l’équivalent de deuxc paquets de cigarettes. Je ne peux que reprocher toute démarche commerciale, s’il y en a, qui vise une clientèle mineure. On est clairement interdit aux moins de 18 ans, au même titre que les jeux, que le vapotage et que le tabac. Nous avons une politique assez stricte de demander une pièce d’identité aux consommateurs, dès qu’on a un doute.« 

Ce buraliste ajoute que la puff représente 50% de ses ventes de vapotage. La CNCT ne donne pas de chiffres précis sur les ventes globales de puff. Seule certitude, le marché de la cigarette électronique pèse globalement 140 millions d’euros sur 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires brut annuel.

La « puff », cette cigarette électronique qui vise les plus jeunes – le reportage de Benjamin Illy

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Une évolution !!

Quant aux soldats 10 paquets de cigarettes par semaine ….

« Pour être un homme »

Tabac et alcool à l’origine de près 40 % des cancers dans le monde

selon une méta-étude parue dans le « Lancet »
Publié le 19/08/2022
Crédit photo : Phanie

Elle confirme ce que l’on savait déjà : près de la moitié des cancers dans le monde sont attribuables à un facteur de risque donné, dont en premier lieu le tabac et l’alcool, conclut une méta-étude publiée ce 19 août dans le « Lancet ». « Selon notre analyse, 44,4 % des morts par cancer dans le monde (…) sont attribuables à un facteur de risque qui a été mesuré », écrivent leurs auteurs qui plaident pour un renforcement des mesures de prévention pour lutter plus efficacement contre la maladie. 

Ces travaux réalisés dans le cadre du Global Burden of Disease, un vaste programme de recherche financé par la fondation Bill Gates, sont d’une ampleur sans équivalent, impliquant plusieurs milliers de chercheurs dans la majeure partie des pays du monde.Ils permettent donc de connaître plus en détail les facteurs de risques selon les régions du monde même si, dans l’ensemble, ses conclusions confirment ce qui était déjà connu : le tabac est de loin le principal élément ayant favorisé un cancer (33,9 %), suivi par l’alcool (7,4 %).

Prévention et dépistage

Surtout, ces conclusions plaident pour accorder une grande place à la prévention en matière de santé publique, puisque nombre de ces facteurs de risques se rapportent à des comportements qui peuvent être changés ou évités. Toutefois, une grosse moitié de cancers ne sont pas attribuables à un facteur de risque donné, ce qui montre que la prévention ne suffit pas.

Celle-ci, selon les auteurs, doit donc s’accompagner de deux autres piliers : un diagnostic suffisamment précoce et des traitements efficaces. Dans un commentaire indépendant, publié dans la même édition du « Lancet », deux épidémiologistes ont appuyé ces conclusions, estimant également que l’étude souligne l’importance de la prévention.

Ces deux commentateurs, Diana Sarfati et Jason Gurney, ont toutefois appelé à ne pas forcément prendre pour argent comptant la précision des estimations données, remarquant que le recueil des données est par nature sujet à de nombreuses insuffisances dans plusieurs pays.

SOURCE

Propositions du CNPERT : Prologue et Synopsis

            IPrologue

Notre Nation est minée de longue date par les ravages physiques du tabac (75.000 décès annuels avec souvent, au préalable, de nombreux handicaps affectant la qualité de vie des tabagiques) et par les ravages physiques et psychiques de l’alcool (41.000 décès annuels, avec de nombreux handicaps et de grandes détresses psychiques et sociales, dont nombre d’actes de violence, sur les femmes et dans les familles). Tous ces drames sont la rançon du caractère licite de ces drogues et l’expression d’appétits capitalistes insatiables qui tirent de ces intoxications de masse, de somptueux bénéfices, que sans cesse  ils s’appliquent à faire croître.

L’attrait commun des humains pour les drogues est redoublé par d’éventuelles perturbations familiales, environnementales, relationnelles, éducatives… Cet ensemble est exacerbé par un appât du gain qui s’exprime à toutes les étapes du parcours des drogues. En regard de ces différents facteurs les considérations humanistes, morales et sanitaires ne pèsent pas lourd. C’est ainsi que l’on aboutit au désastre des toxicomanies, qui affecte particulièrement notre Nation ; puisqu’elle apparait en Europe aux premiers rangs des consommateurs de nombreuses drogues.

Le CNPERT affiche dans son intitulé les objectifs qu’il s’assigne : réunir les informations épidémiologiques et toxicologiques les plus pertinentes sur les drogues en circulation ; analyser l’importance de leur consommation et de leurs méfaits ; suggérer les moyens à mettre en œuvre pour contenir et mieux encore faire reculer leurs consommations.

            Pour les lecteurs pressés, sont synthétisées  en  trois pages les actions de prévention que nous suggérons,  et pour tous les autres lecteurs sont présentés  sur une vingtaine de pages les attendus et les modalités de mise en œuvre de ces suggestions.

Ces propositions s’adressent à tous les citoyens français, avec l’espoir qu’ils insuffleront à leurs élus leurs préoccupations et leurs requêtes. Le CNPERT vous prie donc d’en assurer la plus large diffusion et vous en remercie.

II – Synopsis des propositions du CNPERT

       visant à faire régresser les drogues et toxicomanies

            Tabac – Alcool

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de ces deux drogues.

-Mettre en œuvre dès maintenant toutes les dispositions permettant d’atteindre en 2030 l’ambition d’une génération sans tabac, exprimée par le Président de la République.

-Accroître les prix du tabac et de l’alcool.

-Faire respecter l’interdiction de leurs ventes aux mineurs.

-Généraliser les facultés et les hôpitaux « sans tabac ».

-Multiplier les messages de prévention.

-Interdire toutes les formes de leur publicité.

-Utiliser le nouveau service national pour faire des jeunes appelés des éducateurs dénonçant les méfaits de toutes les drogues.

-Réduire la production d’alcool, le degré alcoolique des vins, le volume des flacons de bière.

-Multiplier les contrôles routiers et professionnels de l’alcoolémie.

-Interdire les « happy hours » ; interdire les dons d’alcool par les alcooliers aux soirées festives comme incitation à la consommation.

-Lier la restitution d’un permis suspendu après constat d’une alcoolisation routière à une  vérification de l’abstinence attestée par la mesure dans les cheveux de l’éthylglucuronide.

-Encourager le développement d’une gastronomie pouvant se marier avec des boissons non alcooliques. 

-Supprimer les boissons alcooliques dans les « pots » d’entreprises et les réunions professionnelles.

-Interdire la vente et la consommation d’alcool lors des manifestations sportives.

-Responsabiliser les personnels des bars dans la prévention des ivresses.

-Rappeler que le fœtus ne supporte pas l’alcool ; qu’il est menacé par le syndrome d’alcoolisation fœtale ; les pictogrammes apposés sur les boissons alcooliques doivent être parfaitement lisibles.

Cannabis

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de cette drogue.

-Lutter contre les lobbies au service de la diffusion du cannabis ; dénoncer les médias qui sont leurs relais.

-Empêcher le détournement des e-cigarettes par des recharges « d’huile de cannabis » et des divers produits à base de cannabis ou de cannabinoïdes de synthèse.

-Interdire la vente aux mineurs des pipes à eau.

-Interdire la vente des feuilles de papier à cigarette « grand format », qui ne servent qu’à la confection de « pétards ».

-Signaler publiquement et au conseil de l’ordre, les comportements de certains addictologues qui banalisent cette drogue, en font l’apologie et militent pour sa légalisation.  

-Appliquer, en l’aménageant, la prohibition du cannabis édictée par la loi de 1970. L’amende de 200 € infligée au possesseur et/ou au consommateur de cannabis devrait être inscrite sur un fichier informatisé, permettant de multiplier son niveau au prorata du nombre de récidives ; avec au delà de 3 récidives, l’obligation de suivre un stage payant d’information sur les méfaits de la drogue ; stage comportant à son issue un contrôle des connaissances acquises (le stage étant réitéré si le niveau est insuffisant), avec mise en place d’un suivi médical comportant des contrôles urinaires périodiques.

-Faire évoluer la loi afin de pouvoir s’assurer que les urines sont exemptes de cannabinoïdes chez les candidats à l’inscription dans les facultés de Santé, aux épreuves du permis de conduire, à l’admission dans la police, la gendarmerie, l’armée, les professions de Santé, la magistrature, l’enseignement, ainsi qu’à des postes de responsabilité (surveillants des centrales nucléaires, conducteurs d’engins, chauffeurs des transports en commun…) ; des contrôles devront également pouvoir être effectués au cours de leurs carrières professionnelles.

-Dans le processus d’accréditation des hôpitaux psychiatriques, une large place doit être accordée à l’appréciation des mesures prises pour  y empêcher l’intrusion des drogues.

-Traquer les dealers et mettre à profit leur incarcération pour les former à des activités professionnelles, dont ils devront ultérieurement justifier de l’exercice.

-Appliquer des contrôles fiscaux pour faire justifier de ressources honnêtes ceux ayant un haut train de vie inexpliqué.

Opioïdes- morphiniques

-Ces analgésiques majeurs, opioïdes ou apparentés (tramadol), ne devront pas être prescrits sans raisons impérieuses ;

-Ne pas être prescrits trop tôt, à de trop fortes doses et trop longtemps.

-Mettre fin au détournement de la buprénorphine à haut dosage, destinée à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur ; cette buprénorphine que s’injectent désormais près de 100.000 de ses « bénéficiaires » ;  son détournement étant facilité par la forme Lyoc récemment commercialisée. Ne devrait être autorisée que la prescription de Suboxone®, qui prévient un détournement par la voie intraveineuse.

-Renforcer la surveillance de la délivrance de la buprénorphine à haut dosage (BHD) commercialisé sous le nom de Subutex®, pour empêcher les multi prescriptions  et multi délivrances qui,  par revente du produit, recrutent aux morphiniques de jeunes toxicophiles, qui vont plonger dans la morphinomanie (mode d’initiation estimé à 30%) .

-Inscrire l’usage des traitements de substitution aux opioïdes, dans un schéma de décroissance visant l’abstinence à plus ou moins long terme.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour les morphiniques.

Cocaïne et crack

-Accroître les dispositifs de surveillance et les saisies pour que la rareté des produits en accroisse le prix.

-Traquer les dealers autour des regroupements de crackers.

-Renvoyer dans leurs pays d’origine les crackers dealers en situation irrégulière.

-Traiter en clinique les crackers schizophrènes.

-Traiter en des centres spéciaux (à créer), fermés à tout apport de drogues, ceux dont la dépendance ne résulte pas d’un processus psychotique.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour la cocaïne.

Autres propositions

-Remplacer autant que possible les allocations en espèces par des allocations en nature dédiées au logement, à l’habillement, à l’alimentation par des bons ne permettant pas l’achat de boissons alcooliques ou de toute autre drogue.

-Instaurer une éducation civique sanitaire, de l’école à l’université et dans les filières professionnelles, accordant une très large place aux toxicomanies et au dopage.

-Arrêter le versement de subventions à des associations complaisantes avec les drogues et toxicomanies.

-Enseigner à tous ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, de ne pas confondre une indispensable empathie avec la moindre collusion.

-Contrôler de façon régulière le fonctionnement qualitatif et quantitatif des structures d’accueil et d’aide pour les personnes malades de la drogue (CAARUD, CSAPA…)

-Former de façon spécifique aux dangers des toxicomanies tous les professionnels qui exercent au contact des jeunes.

-Empêcher l’entrée dans les « rave parties » (pour autant qu’elles soient autorisées) de toutes les drogues illicites, par la fouille à l’entrée des véhicules et des participants ;

-Suppression des comptoirs où certaines associations se livrent à une analyse très sommaire des drogues qui leur sont soumises ; cette pseudo «réduction des risques» faisant croire au caractère légal de l’intoxication et donnant une fausse sécurité sur les produits consommés.

-Appeler « drogues » les drogues, et « toxicomanes » ceux qui en abusent, sans recourir à des circonvolutions langagières qui en dissimulent la nature et les dangers (telles  « substances », « substances psychoactives », « substances d’abus »..).

-S’attaquer au Cyber marché noir des drogues avec les techniques modernes permettant de l’entraver.

 -Traçage des paiements (dont « dark web ») des substances illicites, suppression des commerces déguisés de drogues sous formes de « sels de bain », « étalons pour laboratoire de chimie » ; effectuer la saisie des flux financiers générés par ces trafics internationaux.

Prochain Article : III -Développements des suggestions  précédentes : A – Introduction le 19 juin

Tabac, alcool, cannabis : ces drogues modifient l’épigénétique des adolescents

Par Mathilde Debry

L’Académie nationale de médecine s’inquiète de l’impact de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis sur la santé des jeunes Français et sur leur future descendance. 

Tabac, alcool, cannabis : ces drogues modifient l’épigénétique des adolescents

LANASTOCK / ISTOCK.


  • En France, la consommation de tabac est responsable de 75.000 décès par an.
  • 41 000 Français meurent également chaque année d’une trop grande consommation d’alcool.

Nos adolescents consomment trop de tabac, d’alcool et de cannabis,, s’inquiète l’Académie nationale de médecine. L’institution milite pour que de nouvelles mesures préventives soient mises en place afin de mieux les protéger de ces produits dangereux pour la santé.  

« Double peine »

« Les enquêtes attestent de la prévalence élevée d’usage du tabac, de l’alcool et du cannabis débutant dès l’adolescence, période critique pour la maturation cérébrale, qui s’en trouve perturbée », expliquent les médecins dans un communiqué. « Les jeunes consommateurs sont exposés à une double peine : pour eux-mêmes, en raison des effets délétères directs de ces drogues, mais aussi par les marques épigénétiques qu’ils acquièrent et qu’ils pourraient transmettre à leur descendance », ajoutent-ils.

Des études chez l’animal démontrent en effet que ces marques épigénétiques modifient à la fois le niveau d’expression de certains gènes impliqués dans la réponse comportementale aux drogues et la vulnérabilité aux addictions. Les marques épigénétiques correspondent, en quelque sorte, à une mémoire cellulaire de l’exposition à certaines substances qui peut être transmise à la génération suivante, voire aux suivantes. « L’épigénétique des addictions devrait être mieux connue des décideurs », estiment les professionnels de santé.

De nouvelles recommandations

Au-delà de la prohibition du cannabis, de l’augmentation des prix du tabac, de l’interdiction de vente de l’alcool et du tabac aux mineurs et de la limitation de leur publicité, l’Académie nationale de médecine recommande :

1) d’intégrer dès l’école primaire et jusque dans les structures d’enseignement supérieur une information régulière sur les dangers de ces drogues.

2) De promouvoir des actions collectives de sensibilisation sur les dommages multiples (sanitaires, sociaux et sociétaux) causés par les drogues licites et illicites, à destination prioritairement des parents, des femmes enceintes, des jeunes adultes, des professionnels de santé, des enseignants et des milieux professionnels et politiques.

3) De mettre en place une vaste campagne d’information, ciblant particulièrement les jeunes adultes en âge de procréer, sur les risques de transmission à la descendance de l’appétence aux drogues via des mécanismes épigénétiques.

4) De développer davantage les programmes d’activités sociales, culturelles et sportives afin de réduire le risque de consommation de drogue.

5) De mettre en œuvre des programmes ambitieux de recherche préclinique et clinique en vue de disposer de marqueurs épigénétiques de l’addiction aux drogues, d’étayer la transmissibilité intergénérationnelle des altérations induites de l’épigénome, voire de concevoir des stratégies thérapeutiques innovantes des addictions fondées sur l’épigénétique.

Source

Chez les collégiens, moins d’alcool, de tabac et de cannabis, mais de nouvelles addictions

par Julien Baldacchino publié le 12 janvier 2022

L’Observatoire français des drogues et toxicomanies publie ce mercredi les résultats d’une enquête menée tous les quatre ans chez les jeunes en classe de 3e. Si les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis sont en nette baisse, l’OFDT se montre vigilant sur l’essor de la e-cigarette ainsi que du gaz hilarant.

La consommation de cigarettes a chuté en dix ans chez les collégiens, qu'elle soit régulière ou non
La consommation de cigarettes a chuté en dix ans chez les collégiens, qu’elle soit régulière ou non © Maxppp / Christophe Petit Tesson

C’est une enquête menée tous les quatre ans (cinq cette fois-ci, Covid oblige) sur les élèves en classe de troisième : l’enquête EnCLASS, menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies sur la santé et l’usage de substances par les adolescents, porte ses premiers enseignements, après que 1 972 élèves ont répondu début 2021 à une série de questions sur leurs pratiques. 

Ainsi, en 2021, 64,1% des élèves de 3e disent avoir déjà consommé de l’alcool au moins une fois dans leur vie, et 31,8% en ont consommé dans le mois précédant l’enquête. Si ce chiffre semble conséquent, c’est toutefois le plus faible depuis 2010, année du début de l’enquête. Et il en est de même pour tous les indicateurs, qui sont au plus bas en 2021 : 29,% des élèves de 3e ont déjà fumé des cigarettes, 3,7% en fument régulièrement. Et sur le cannabis, on est passé en dix ans de 23,9% des collégiens de 3e qui l’avaient expérimenté en 2010 à seulement 9,1% (et 3,9% qui en ont fait un usage récent) en 2021.https://e.infogram.com/e1b0019e-d98d-4ed5-803f-756628647bcb?parent_url=https%3A%2F%2Fwww.franceinter.fr%2Fsociete%2Fchez-les-collegiens-moins-d-alcool-de-tabac-et-de-cannabis-mais-de-nouvelles-addictions&src=embed#async_embed

Une baisse qui mérite toutefois que l’on prenne en compte le contexte particulier de ces deux dernières années, où les élèves se sont moins vus et où l’effet d’entraînement a pu être réduit. Malgré tout, cette baisse s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé dès 2010. 

Cigarette électronique, gaz hilarant et jeux d’argent

Cependant, derrière cette bonne nouvelle se cachent d’autres chiffres moins encourageants. C’est le cas des chiffres liés aux cigarettes électroniques notamment, qui pour la première fois passent devant les cigarettes classiques : 34,2% des élèves de 3e disent avoir expérimenté la « vapoteuse » en 2021, contre 29,1% qui ont essayé la cigarette. Même tendance pour ceux qui ont fumé au moins une fois dans le mois précédent le sondage (10,2% pour la cigarette, 13,9% pour la « vapoteuse »). Il n’y a que chez les fumeurs réguliers que le tabac surpasse encore la cigarette électronique. L’usage de la chicha est aussi en net recul. 

L’autre information alarmante, c’est l’apparition de nouvelles addictions : pour cette édition 2021 de son enquête, l’OFDT a interrogé les collégiens sur deux nouveaux éléments. D’une part, le protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant., souvent consommé sous forme de cartouches pour siphon à chantilly. Il apparaît que 5,5% des élèves de 3e disent avoir déjà testé cette substance. 

À écouter  –  ÉCONOMIELa consommation de tabac a reculé d’un quart en 5 ans ! 2 min

L’autre élément pris en compte, ce sont les jeux d’argent et de hasard : une première enquête en 2017 montrait que plus d’un tiers des jeunes de 17 ans avait déjà joué à un jeu d’argent… alors que ceux-ci sont interdits aux mineurs. L’OFDT a alors décidé de se saisir de cette question et de l’intégrer à l’enquête. Résultat : un collégien de 3e sur quatre a déjà joué à un jeu d’argent, 9% le font au moins une fois par mois et 3% au moins une fois par semaine. Sur ces données, qui viennent d’être intégrées à l’enquête, on ne peut toutefois pas constater d’évolution par rapport aux années précédentes.

Alcool, tabac, cannabis : la pandémie accélère la chute des usages chez les élèves de troisième

Par Le Figaro avec AFP Publié il y a 9 heures, mis à jour il y a 6 heures

La pandémie, avec son cortège de confinements et de restrictions sanitaires, a réduit la vie sociale des adolescents en France et engendré une «baisse importante» de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les élèves de troisième, selon une étude publiée mercredi 12 janvier.

Confinements successifs, couvre-feux, classes en demi-groupes… La pandémie a créé un contexte où «il y a eu moins de fêtes, moins d’occasions de sociabiliser, ce qui a sans doute décalé les expérimentations», explique à l’AFP Julien Morel d’Arleux, le directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui dévoile une enquête réalisée auprès de 2000 élèves de troisième lors du premier trimestre 2021.

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L’épidémie de Covid-19 a ainsi «accentué les tendances baissières qu’on observe depuis une dizaine d’années» chez les plus jeunes, ajoute-t-il. Une évolution «encourageante», alors que la France reste parmi les premiers pays consommateurs de substances psychoactives en Europe. Selon l’étude réalisée par questionnaire anonyme, le nombre d’élèves de troisième n’ayant jamais bu d’alcool a doublé entre 2010 et 2021, passant de 16,8% à 35,9%. La consommation d’une boisson alcoolisée au cours du dernier mois, déclarée par 31,8% des élèves, atteint elle aussi son plus bas niveau depuis 2010.

«Effet protecteur chez les jeunes»

L’alcool reste la substance psychoactive la plus populaire chez ces collégiens avec 64,1% d’expérimentateurs en 2021, contre 75,3% trois ans auparavant. De plus en plus ringard, le tabac séduit aussi beaucoup moins: 29,1% des adolescents de troisième déclarent avoir déjà fumé une cigarette, contre 37,5% en 2018 et 51,8% en 2010. Le tabagisme quotidien chez les jeunes de cet âge a lui été divisé par quatre au cours des onze dernières années.

L’usage du cannabis est également en «net recul», même si son expérimentation «reste précoce», selon l’OFDT. Moins d’un élève de troisième sur dix (9,1%) en a déjà fait l’expérience, contre 16,1% en 2018 et 23,9% en 2010. L’usage au cours du mois précédant l’enquête a lui été divisé par trois en l’espace de onze ans.

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Accentué par la pandémie, le recul de l’âge d’expérimentation de ces substances «a un effet protecteur chez les jeunes», reprend M. Morel d’Arleux, car la recherche a démontré que plus les consommations de substances psychoactives démarrent tard dans la vie, moins le risque de basculer dans l’addiction est important. L’OFDT alerte toutefois sur «l’accessibilité élevée» de ces produits: 19,5% élèves de troisième estiment que s’approvisionner en cannabis est assez ou très facile, une proportion qui grimpe à 31,5% concernant le tabac. Quant à l’alcool, un élève sur six a déjà connu un épisode d’ivresse.

Tabac, alcool, alimentation … Quels sont les plus gros facteurs de risque de cancers ?

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L’Institut national du cancer (Inca) lance cette semaine une campagne d’information sur la prévention des cancers, et a réalisé dans cette optique une infographie qui permet d’y voir plus clair. 

Tabac, alcool, alimentation... Quels sont les plus gros facteurs de risque de cancers ?

DOUCEFLEUR / ISTOCK.


L’ESSENTIEL

  • Les cancers représentent en France la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme.
  • En 2018, le nombre total de nouveaux cas de cancer est estimé à 382 000.

« Réduire son exposition aux principaux facteurs de risques évitables de cancer, c’est se donner l’opportunité de vivre plus longtemps et en meilleure santé ». Cette semaine, l’Institut national du cancer a lancé une grande campagne de prévention, car si 10 % des cancers qui se développent chaque année sont liés à des facteurs génétiques, 1 cancer sur 4 est lié à des facteurs externes (comportements, mode de vie ou environnement).

Sensibiliser le grand public

« Nous pouvons individuellement agir sur ces facteurs externes : ne pas fumer, diminuer sa consommation d’alcool, manger équilibré et varié, se protéger du soleil et réaliser régulièrement les dépistages : autant d’actions qui favorisent une meilleure santé », écrivent les experts dans un communiqué de presse. 

Pour sensibiliser le grand public, l’Inca a réalisé l’infographie ci-dessous, qui montre que le tabac est la première cause de cancer évitable en France. Viennent ensuite l’alcool, l’alimentation, le surpoids et l’exposition trop forte au soleil.

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40% des nouveaux cas annuels pourraient être évités

« La prévention est un moyen efficace de lutter contre les cancers. Nous estimons que 40 % des nouveaux cas annuels pourraient être évités grâce à l’adoption de comportements individuels et de modes de vie permettant de diminuer l’exposition aux principaux facteurs de risque évitables de cancers », concluent l’Inca, qui publie également une édition unique d’un magazine dédié à la prévention des cancers. 

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