Recherche

Le cannabis altère le cerveau des ados

Par Pierre Kaldy le 23.06.2018 à 17h00

Alors que le Canada s’apprête à légaliser la consommation récréative de cannabis, une étude menée à Montréal vient confirmer le risque accru de troubles psychotiques chez les adolescents qui en consomment régulièrement.

Un homme fume de la marijuana

Un homme fume de la marijuana à Ottawa de la colline parlementaire à Ottawa le 20 avril 2017. Lars Hagberg / AFP

LARS HAGBERG / AFP

La consommation de cannabis précède les premiers troubles psychotiques chez l’adolescent, conclut une vaste étude canadienne menée à Montréal (Canada). Pendant quatre ans, plus de 3 700 collégiens de 13 ans ont répondu à un questionnaire régulier sur les troubles de la pensée qu’ils pouvaient avoir et leur degré de consommation de la drogue. Une analyse statistique a permis de conclure que les symptômes psychotiques (entendre des voix ou voir des images, croire entendre les pensées des autres, etc.) apparaissaient en général après avoir pris l’habitude de fumer du cannabis, et augmentaient avec cet usage.

Un risque accru chez l’adolescent

Ce même type d’étude dite prospective, quand une population non sélectionnée est suivie sur plusieurs années, avait déjà permis d’établir la responsabilité directe du tabac dans le cancer du poumon en 1956. Plusieurs grandes enquêtes en Finlande et au Royaume-Uni ont récemment souligné le risque accru de symptômes psychotiques liés à la consommation de cannabis chez l’adolescent, âge où le cerveau est en plein remodelage et ses cellules particulièrement sensibles à la substance hallucinogène de la plante, le THC.

Au moment où le Canada s’apprête à légaliser la consommation récréative de cette drogue très lucrative dans le sillage de l’Uruguay et de huit États américains, les chercheurs concluent qu’une politique de prévention vis-à-vis des jeunes et des femmes enceintes devrait être mise en place.  » Il nous reste à construire une véritable politique de prévention à l’échelle du pays.  » insiste la responsable de l’étude Patricia Conrod.

Sciences et avenir

Dépénalisation du cannabis : l’Académie de médecine alerte encore les pouvoirs publics

L’Académie de médecine prend de nouveau position contre la dépénalisation du cannabis, dans un communiqué signé de Jean-Pierre Goullé, Jean Costentin, Jean-Pierre Olié, et Claude-Pierre Giudicelli, au nom de la commission V (Santé mentale-Neurosciences-addictions).

La rue Bonaparte a souhaité réagir pour répondre à une tendance qui semble se diffuser dans la société : « La demande d’une dépénalisation de la détention de cannabis se fait de plus en plus insistante ; en même temps, les réserves, jusque-là acceptées, sur son usage thérapeutique sont régulièrement contestées. »

L’ Académie déploie trois arguments :

  • La teneur du cannabis en son principe actif le tétrahydrocannabinol a été multipliée par 6,5, ce qui amplifie ses effets cardiovasculaires et neuropsychiatriques. La précocité de l’exposition au cannabis aggrave les altérations cérébrales et les effets psycho-cognitifs.
  • L’Académie souhaite poser la question du lien entre la consommation des jeunes Français et la mauvaise position de la France au classement PISA des performances éducatives.
  • Enfin, le lien entre consommation de cannabis et conduites à risque avec conséquences mortelles lors d’accidents de la voie publique est désormais connu.

L’Académie redoute qu’une dépénalisation du cannabis ou que l’autorisation de l’usage thérapeutique soient interprétées comme un message de tolérance, voire d’incitation à l’usage du cannabis par les adolescents et préadolescents.

Les académiciens mettent en garde les pouvoirs publics et demandent que l’information des jeunes sur les risques liés à l’usage du cannabis soit érigée en une priorité nationale et que d’intenses campagnes d’information soient menées. Et voit dans le nouveau service national « une opportunité à ne pas manquer pour avertir les jeunes en y faisant intervenir des acteurs motivés des filières de Santé ».

Source

Sur le même sujet :

Sondage : les Français et le cannabis

Sondage : les Français et le cannabis

Où en sont les Français avec le cannabis ?

Une enquête réalisée par l’Ifop pour Terra Nova dresse le portrait d’une opinion en train de changer. 51 % des Français seraient ainsi favorables (40 % ont une opinion contraire) à «une régulation et un encadrement du cannabis» géré par l’état et selon certaines règles bien établies (interdit aux mineurs, au volant et dans les lieux publics).

Les Français reconnaissent les effets positifs que pourrait apporter une telle réforme (recettes fiscales, renforcement de la lutte contre le marché illégal) mais souhaitent, à une très large majorité, l’organisation d’un grand débat. L’enquête nous apprend également que les sympathisants de gauche sont les plus nombreux à avoir déjà «tiré sur un pétard» (Ecologistes 55 % et LFI 52 %), Les Marcheurs ne sont plus que 29 % et Les Républicains 22 %.

Mais surprise, au Rassemblement national (ex-FN), ils sont 39 % à avoir essayé. Comme les Insoumis, l’électorat du RN est jeune et les moins de 35 ans sont 45 % à avoir bravé cet interdit.

Les jeunes du département s’engagent contre les addictions aux drogues et à l’alcool

Les jeunes du CDJ pour la remise du Prix Charles Gottlieb.

Les jeunes du CDJ pour la remise du Prix Charles Gottlieb. Photo CG

Les Conseillers départementaux jeunes (CDJ) des Alpes-Maritimes lancent ce jeudi une campagne de communication contre les conduites addictives.

Top départ à 15 heures.

« #JyTouchePas« , la campagne de sensibilisation sur les conduites addictives portée par les jeunes conseillers départementaux jeunes a été lancée ce jeudi, en présence de Charles Ange Ginésy et Joëlle Arini, respectivement président et vice-présidente du Déportement ainsi que d’Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes.

Les jeunes du conseil départemental sont répartis en commissions, l’une sur la santé, la solidarité et l’éducation, et l’autre sur l’environnement, le patrimoine et la sécurité.

Ce sont les jeunes eux-mêmes qui ont planché sur la thématique de l’addiction et qui ont cherché quels était les moyens les plus efficaces pour sensibiliser le plus efficacement leurs pairs.

FACE AUX DROGUES, ÇA VARIE

Les addictions, telles que le cannabis et l’alcool, touchent tous les publics mais les jeunes sont particulièrement vulnérables au phénomène.

>> RELIRE. Les adolescents de plus en plus accros aux drogues dures et au porno

Même si la consommation est en recul par intermittences, les comportements des adolescents restent très variables et soumis à des effets de mode.

Les 27 jeunes élus de la commission sécurité ont donc travaillé depuis deux ans sur la conception d’une campagne de communication et de prévention, à destination des collégiens du département.

Elle est à la fois axée sur les risques encourus pour la santé, et sur les bons comportements à adopter lorsqu’on se trouve confronté à ce type de phénomène

Source

Cannabis : la ministre de la Santé compte fermer les coffee shops

Agnès Buzyn l’a déclaré, dimanche, sur RTL. Selon elle, ces établissements fermeront dans plusieurs mois.

Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
Des personnes font la queue devant un coffee shop, dans le 11e arrondissement de Paris, le 9 juin 2018.
(ALPHACIT NEWIM / CROWDSPARK / AFP)

« Il va falloir qu’on revoie la législation et revoir comment on met de l’ordre dans tout cela. » Face au boom actuel de coffee shops qui « détournent le droit » pour vendre un dérivé du cannabis, le gouvernement veut clarifier la loi, a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur RTL, dimanche 17 juin.

« Zone grise du droit »

A la question « auront-ils fermé dans quelques mois ? », la ministre a répondu : « Je pense qu’ils auront fermé ». Pour elle, « ces coffee shops se sont ouverts sur une zone grise du droit. Le droit dit que le chanvre peut être utilisé à des fins industrielles quand il contient moins de 0,2% de THC [la substance active du cannabis]. Il ne parle pas de produits en cigarette mais de la plante. Or ces magasins détournent le droit en disant que leurs cigarettes contiennent moins de 0,2% de THC. »

« Aujourd’hui, toute vente de cannabis à usage récréatif lorsqu’il contient du THC, quelle que soit la dose, est normalement condamnable. Mais c’est vrai que la législation sur les 0,2% peut être un peu floue », a relevé Agnès Buzyn.

Enquête préliminaire ouverte

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, le 11 juin, concernant une boutique parisienne vendant un dérivé du cannabis, afin de vérifier si elle respecte la législation, a appris l’AFP, confirmant une information du Journal du dimanche (article abonnés).

Les investigations ont été confiées à la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme. L’enquête porte sur les chefs d’emploi, acquisition, transport, détention, offre et cession de stupéfiants.

Madame la Ministre,  votre déclaration sur le cannabis médicament est maladroite.

Les membres du bureau du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) les professeurs J. Costentin, J.-P. Goullé, C. Giudicelli, J.-P. Tillement, le bâtonnier A. De Bézenac

 Madame A. Buzyn, ministre de la Santé, a déclaré (le 24 mai) sur « France Inter » : « l’utilisation du cannabis à des fins médicales pourrait arriver en France. Je pense que nous avons du retard. Je ne peux pas vous dire à quelle vitesse nous allons le développer mais en tous les cas, j’ouvre le débat avec les institutions responsables de ce développement. Il n’y a aucune raison d’exclure, sous prétexte que c’est du cannabis, une molécule qui peut être intéressante pour le traitement de certaines douleurs très invalidantes. J’ai demandé aux différentes institutions qui évaluent les médicaments de me faire remonter l’état des connaissances sur le sujet ».

 Cette déclaration a, évidemment, fait le Buzz et nous sommes de ceux qui l’ont trouvée maladroite, en ce qu’elle entretient la confusion entre le cannabis, plante toxicomanogène et le concept de médicament. Il y a quelques années l’Académie de médecine concluait une étude consacrée à cette plante : « Le cannabis : un faux médicament et une vraie drogue ».    

La France aurait du « retard » si disposant de données pharmacologiques irréfragables et importantes elle n’en tirait pas parti ; or ces données n’existent pas. Les éléments disponibles ne justifient pas le forcing d’appétits mercantiles impatients, qui font fi du sacro-saint principe « Primum non nocere » (d’abord ne pas nuire).

Les Etats qui ont franchi le pas du « cannabis médicament », sous la pression de lobbies cannabinophiles, ne se sont pas embarrassés des critères rigoureux qui, en France, président à l’élévation d’une molécule à la dignité de médicament. Sous prétexte qu’il s’agit de composants du chanvre indien, devrait-on rompre avec les précautions accumulées au cours du temps, pour améliorer la sécurité du médicament. On doit faire encore mieux à cet égard, après quelques « loupés » récents dont des médias se repaissent goulûment, alors qu’ils se passeraient de ces précautions quand il s’agit de cannabis.

On ne saurais rejeter a priori tel cannabinoïde (parmi la centaine que recèle le cannabis) s’il montrait, à l’état pur, un intérêt thérapeutique à des doses éloignées de celles suscitant des effets délétères. C’est ce que fait la pharmacologie depuis François Magendie (1783-1865) et son continuateur Claude Bernard (1813-1878).

Les Etats qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives, ont toujours commencé par le travestir en médicament. Notre Ministre, non suspecte de jouer de cette grosse ficelle (en chanvre), trouble néanmoins l’opinion publique, déjà terriblement désinformée sur cette drogue, en parlant globalement de cannabis.

Le THC/ tétrahydrocannabinol, unique attente des toxicomanes qui requièrent la légalisation du cannabis, est déconsidéré comme médicament du fait de son déplorable rapport bénéfices/risques. L’intensité  de chacun de ses effets thérapeutiques potentiels  est modeste, comparée à celle de médicaments disponibles. Il n’a pas de spécificité d’action (au lieu du projectile qui vise une cible biologique, c’est une grenade qui envoie des projectiles dans tous les sens), modifiant  simultanément de nombreuses fonctions, ce que l’on n’accepte plus d’un médicament. Et surtout il est invalidé par les risques nombreux et souvent graves qu’il fait courir à ses utilisateurs : Addiction, anxiété, dépression, schizophrénie, ivresse, perturbation de la conduite d’engins de tous types, désinhibition, altérations de la mémoire et de la cognition, artérites, angine de poitrine, infarctus du myocarde, immunodépression, perturbations de la grossesse et de l’enfant qui en naitra, modifications épigénétiques transmises à la descendance…

La déconfiture thérapeutique du THC étant patente, ceux qui avaient investi  dans le cannabis s’escriment à recycler le concept en promouvant son congénère, le cannabidiol (CBD), soudain paré de mille vertus. Il intensifierait les effets bénéfiques du THC et annulerait ses effets délétères (miracle de la phytothérapie !). Pour le démarquer du THC, il est prétendu que le CBD n’a pas d’effets psychotropes mais simultanément, pour le glorifier, il lui en impartissent une longue liste (comprenne qui pourra). Il est présenté comme une thériaque (ce qui en thérapeutique est devenu invalidant). Au stade de ses investigations, on ne peut présager de son avenir thérapeutique. Le fait qu’il provienne du cannabis indica, ne saurait le condamner a priori, d’autant qu’on dispose désormais de cultivars produisant du CBD en l’absence de THC.  Si de jolies fleurs odorantes poussaient sur du fumier, on ne devrait pas s’interdire de les cueillir, pour s’en parfumer…

Madame la ministre ne réitérez pas l’erreur de votre prédécesseur qui, sous la pression de lobbies, a autorisé dans la précipitation le Sativex®, présenté comme une révolution thérapeutique (contre les spasmes musculaires douloureux de la sclérose en plaques). Cinq ans plus tard il n’est pas commercialisé en France, son « service médical rendu »   étant jugé « insignifiant ». Cette « montagne a accouché d’une souris », mais elle laisse dans nombre d’esprits crédules des souvenirs himalayens. N’abdiquez pas votre bon sens, votre culture et votre éthique médicales pour complaire aux lobbies qui resurgissent et qui, pour nous entraîner dans le grand bain de la légalisation du cannabis, voudraient d’abord nous faire patauger dans le pédiluve du « cannabis-médicament ».

Alcool frelaté …. Que de morts !!

Une réflexion prémonitoire

Mr Serge Lebigot, Président de l’association Parents contre la drogue dans un récent article de Valeurs Actuelles (ci-dessous) pose la question  de l’intérêt de l’utilisation du cannabis. au motif d’un prétendu bénéfice thérapeutique. Rien n’est moins sur.

Son message rejoint le nôtre, n’est- ce pas plutôt une façon de tenter de banaliser ses effets addictifs? Nos lecteurs apprécieront

 

Pourquoi le champagne donne-t-il mal à la tête ?

La bonne question.- «Non, le champagne me fait mal à la tête», entend-on à chaque apéritif dînatoire. Vrai ou faux ? Nous avons posé la question aux spécialistes du luxueux breuvage.

En soirée, les bulles, c’est votre truc. Le lendemain, un peu moins. Vous êtes persuadée, comme beaucoup, que le champagne vous donne mal à la tête. Beaucoup plus que le vin rouge et la bière. Est-ce vraiment le cas ? Nous avons posé la question à deux spécialistes du luxueux breuvage.

Le soufre à l’origine de tous les maux ?

La composition du champagne, qui fait partie de la catégorie des vins blancs, ne diffère pas réellement des autres vins. De l’eau, du sucre, de l’alcool issu de la fermentation des raisins, différents types d’acides et d’autres composants comme le soufre, également appelé sulfite. «Dans tous ces ingrédients, ce qui est susceptible de causer des maux de têtes sont l’alcool qui provoque une déshydratation, et le soufre que l’on rajoute à plus forte dose dans le champagne que dans le vin rouge», explique Yan Rousselin, directeur de l’école de dégustation Cours d’œnologie and more.

Naturellement présent dans le raisin, le soufre rajouté est nécessaire dans la fabrication du champagne puisque qu’il évite au raisin de tourner et de prendre l’odeur et le goût du vinaigre. «Le soufre naturel, contrairement à celui que rajoutent les vignerons dans les moûts, ne donne pas spécialement mal à la tête», affirme Max L’Hermenier, co-auteur du livre Dans les coulisses du champagne .

La teneur en sulfites dépend également du producteur et de son mode de production. «Entre un fabricant qui fait 6000 bouteilles et un autre qui en fait 100.000, la gestion n’est pas la même. Les vignerons traditionnels contrôlent mieux la quantité de sulfites ajoutés alors que les industriels en mettent beaucoup plus, ce qui rend le champagne de moins bonne qualité», affirme Max L’Hermenier.

Le contexte de dégustation, un facteur non négligeable

Pour Yan Rousselin, «le champagne ne donne pas plus mal à la tête qu’un autre alcool». Cependant, le contexte dans lequel on le boit peut changer la donne. «C’est l’alcool des moments de fête, de l’apéritif, ou des cocktails. Ce qui veut dire qu’on le consomme avant d’avoir mangé, or l’alcool monte beaucoup plus vite à la tête quand on a l’estomac vide», indique Yan Rousselin.

Si ce que vous préférez dans le champagne, ce sont les bulles. C’est également ces dernières qui vous poussent à en consommer sans compter. «Les bulles en elles-mêmes ne donnent pas particulièrement mal à la tête, mais elles créent une sensation de fraîcheur qui rend le champagne facile à déguster», commente Yan Rousselin. En conclusion, ne vous privez pas de coupe lors du prochain apéro. Allez-y simplement avec modération et le ventre plein.

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑