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La Hongrie intensifie sa guerre contre la drogue

 9 juillet 2025

By La Rédaction

Hongrie et guerre à la drogue

Sous la houlette du Premier ministre Viktor Orbán, le gouvernement hongrois a lancé une vaste campagne de répression présentée comme une croisade morale visant à protéger la jeunesse du pays.

En mars 2025, le gouvernement a ainsi annoncé une campagne nationale de lutte contre la drogue assortie d’une politique de tolérance zéro, suivie en avril d’un amendement constitutionnel déclarant : « La production, la consommation, la distribution et la promotion de drogues sont interdits en Hongrie. ».

De la réduction des risques à l’hostilité

Alcool et nicotine : un même circuit cérébral à l’origine de la récompense et de l’anxiété

09 juillet 2025

Résultats scientifiques Neuroscience, cognition

Pourquoi certaines drogues renforcent-elles le comportement de consommation tout en induisant de l’anxiété ? Dans un article publié dans la revue Nature Communications, des scientifiques mettent en lumière un mécanisme surprenant qui permet de comprendre ce paradoxe. En étudiant les effets de la nicotine et de l’alcool sur le cerveau de la souris, ils ont identifié un circuit cérébral qui lie directement le renforcement et le malaise émotionnel.

Un mécanisme qui lie renforcement et anxiété

Des travaux antérieurs avaient déjà permis de montrer que la nicotine inhibe spécifiquement une sous-population de neurones à dopamine dans une région du cerveau appelée aire tegmentale ventrale (VTA) connue pour jouer un rôle central dans le circuit de la récompense. Ces neurones qui projettent vers l’amygdale, une région impliquée dans la régulation des émotions, sont associés à l’anxiété. Mais le mécanisme de leur inhibition restait mal compris. 

Dans cette étude publiée dans Nature Communications, des scientifiques montrent que cette inhibition résulte d’un effet en cascade. Lorsqu’un autre groupe de neurones dopaminergiques de la VTA qui projettent vers le noyau accumbens (NAc), une région clé du circuit de la récompense, est activé par la nicotine ou l’alcool, il déclenche une boucle de rétrocontrôle qui inhibe les neurones de la VTA projetant vers l’amygdale et modulant l’anxiété.

Résultat : une même substance peut renforcer le comportement de consommation tout en déséquilibrant les circuits émotionnels qui régulent normalement l’anxiété.

Un circuit partagé par l’alcool et la nicotine

Les scientifiques ont également démontré que l’alcool engage le même circuit que la nicotine et que leurs effets s’additionnent. En utilisant l’optogénétique, une technique de pointe qui permet d’activer ou d’inhiber des neurones avec de la lumière, ils ont pu bloquer spécifiquement cette boucle de rétroaction. Cela empêche à la fois l’inhibition neuronale et l’apparition du comportement anxieux généralement observé après l’administration des drogues.

Cette découverte souligne un aspect méconnu du fonctionnement du cerveau : les mêmes réseaux qui codent la récompense peuvent, dans certaines conditions, générer des états émotionnels négatifs. En reliant directement ces deux dimensions, le circuit mis en évidence éclaire les mécanismes de l’addiction, en particulier la co-consommation fréquente de tabac et d’alcool. Au-delà de ces résultats fondamentaux, ces travaux ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour mieux comprendre comment le cerveau articule comportement de consommation et régulation émotionnelle, et comment cette dynamique peut devenir pathologique dans le contexte de l’usage répété de drogues.

© Fabio Marti

Figure : La nicotine et l’alcool activent une boucle de rétrocontrôle inhibitrice entre les circuits dopaminergiques de la récompense et de l’anxiété. La nicotine et l’alcool augmentent l’activité des neurones dopaminergiques projetant vers le noyau accumbens (DAVTA–NAc, en rouge), responsable de l’effet de récompense.

Cette activation déclenche un retour gabaergique vers la VTA, inhibant l’activité des neurones dopaminergiques ciblant l’amygdale (DAVTA–Amg, en bleu), ce qui induit de l’anxiété. DA : dopamine ; VTA : aire tegmentale ventrale ; NAc : noyau accumbens ; Amg : amygdale.

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Publicité pour l’alcool sur Internet :

« 80 % des moins de 17 ans déclarent en voir régulièrement »

Est-il légal de faire la promotion de l’alcool sur les réseaux sociaux ?

Franck Lecas : Oui. La loi n’interdit la publicité pour l’alcool qu’à la télévision, au cinéma et sur les sites Internet destinés spécifiquement aux mineurs. Ailleurs, elle est admise à condition que son contenu ne soit pas séduisant ou attractif, même de manière indirecte, en faisant référence au glamour, au luxe, au sport, à l’évasion et à la sexualité.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, les fabricants d’alcool ont trouvé de nouvelles opportunités pour promouvoir leurs marques et notamment en injectant leurs publicités dans le feed des internautes. C’est très efficace pour toucher les jeunes : 80 % des moins de 17 ans déclarent voir régulièrement de la publicité pour l’alcool sur Internet.

La présence des marques d’alcool sur les réseaux sociaux est-elle recensée ? F. L. : Oui, avec l’association Avenir santé nous avons un observatoire. Elle effectue également une veille sur les publications des influenceurs ayant plus de 10 000 abonnés. Plus de 11 300 contenus faisant la promotion de l’alcool ont été repérés entre juin 2021 et janvier 2024, émanant surtout de géants de la bière et des spiritueux (whisky, gin, etc.). Au total, 79 % des 15-21 ans déclarent voir des publicités pour l’alcool toutes les semaines sur les réseaux sociaux, principalement Instagram et TikTok. Il s’agit de la partie émergée de l’iceberg. Près de la moitié émanent d’influenceurs.

En quoi est-ce un problème ? F. L. : Parce que les jeunes ont un sentiment de proximité avec les influenceurs qu’ils suivent, ils s’y identifient. Voir des likes et des commentaires positifs sous leurs publications, c’est une forme de caution : cela normalise la consommation d’alcool et incite les followers à surévaluer les niveaux de consommation « acceptables ». D’autant que ces publications associent l’alcool avec des expériences positives, la fête, les vacances, le chic, des références humoristiques.

Plusieurs études ont démontré cet impact. Les influenceurs ont-ils le droit d’inciter à consommer de l’alcool ? F. L. : Non, qu’ils soient rémunérés par une marque ou pas. L’observatoire Avenir santé a intégré 483 influenceurs. Nous en avons contacté plus de 200 et 87 ont retiré leurs posts illégaux. 134 continuent à publier régulièrement des contenus sur l’alcool.

Ce qui nous a conduit à saisir la justice pour certains d’entre eux mais aussi les réseaux qui les hébergent qui sont responsables de ce qu’ils publient. Certains ont-ils été condamnés ? F. L. : Oui, plusieurs influenceurs dont Pierre Croce (4 millions d’abonnés), Ana Rvr (500 000 followers) et la plateforme Instagram à deux reprises.

En ce qui concerne les marques, de nombreuses grandes marques ont déjà été condamnées pour de la publicité illicite sur les réseaux : Ricard, Aperol (appel en cours), La Bête (Kronenbourg), Get 27, etc. Texte : Isabelle Verbaere

En savoir plus : https://www.phosphore.com/actu/publicite-pour-lalcool-sur-internet-80-des-moins-de-17-ans-declarent-en-voir-regulierement/

Le cannabis augmenterait les risques de maladie cardiovasculaire

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSEL’ingestion de THC pourrait avoir des effets cardiovasculaires.

Le THC, l’ingrédient actif de la marijuana, a des effets négatifs sur les artères, selon une nouvelle étude californienne. Cela pourrait augmenter le risque de crise cardiaque et d’AVC.

Mathieu PerreaultLa Presse

« Il est possible que le THC affecte les récepteurs cannabinoïdes sur des cellules des vaisseaux sanguins », dit Matt Springer, un biologiste spécialiste de médecine cardiovasculaire à l’Université de Californie à San Francisco, qui est l’auteur principal de l’étude publiée en mai dans la revue JAMA Cardiology.

Les cellules endothéliales sont responsables du tonus des vaisseaux sanguins. Chez les 55 participants de l’étude californienne, ce tonus était autant altéré chez ceux qui fumaient du cannabis et chez ceux qui mangeaient des bonbons de THC. Plus précisément, la dilatation de l’artère quand le flux sanguin augmentait était moins rapide que chez les participants qui ne fumaient ni ne mangeaient du THC.

Cette diminution de la « dilatation médiée par le flux » (FMD) est l’une des principales mesures de l’athérosclérose qu’entraîne le tabagisme. L’atteinte du FMD chez les fumeurs et les mangeurs de cannabis était semblable à ce qui survient chez les fumeurs de cigarettes, selon M. Springer.

Ces résultats sont « très surprenants », explique Carolyn Baglole, une chercheuse de l’Université McGill qui vient de publier deux études sur les impacts du vapotage de THC sur la santé. Elle note que l’impact direct du THC, par rapport à sa consommation par combustion ou par vapotage, a été peu étudié. La dernière publication importante à ce sujet qu’elle a retracée est une étude américano-suisse datant de 2009.

Les chercheurs de San Francisco ont aussi étudié deux autres variables cardiovasculaires : la production d’un composé chimique responsable de la dilatation des vaisseaux sanguins, l’oxyde nitrique (NO), et la vitesse à laquelle le sang se propage dans les artères.

Pour ce qui est du NO, les effets négatifs du THC ne se retrouvent que chez les fumeurs de cannabis, pas chez ceux qui mangent des bonbons de THC. Et il n’y a pas d’effet négatif du THC sur la vitesse du sang, contrairement à ce qui se voit chez les fumeurs de cigarettes.

Ils n’ont pas par ailleurs regardé l’effet des bonbons de CBD, une autre molécule du cannabis, sur la santé cardiovasculaire.

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Vente d’alcool aux mineurs : près de 90% des supermarchés toujours en faute

LINFO.RE – créé le 6.07.2025 à 06h51 – La rédaction

Chaque jour, des mineurs parviennent à acheter de l’alcool dans les grandes surfaces. Selon une association, cette pratique est pourtant strictement prohibée par la loi.

Istanbul : une trentaine de personnes meurent après avoir bu de l’alcool frelaté Dry January et ces boissons sans alcool qui nous font du bien !

Dans l’ouest de la France, une récente série de contrôles révèle une situation préoccupante. Malgré des campagnes de sensibilisation et un cadre légal clair, de nombreuses enseignes laissent encore passer des ventes interdites. L’association Addictions France tire la sonnette d’alarme, chiffres à l’appui.

Une infraction toujours largement répandue

Lors de tests menés à Nantes, Rennes et Angers en avril et mai derniers, 86 % des 90 supermarchés visités ont vendu de l’alcool à des mineurs. Leclerc, Carrefour, Lidl, Intermarché ou encore Monoprix sont concernés. L’étude montre une légère amélioration par rapport à 2021 (93 %), mais le constat est accablant. Selon Myriam Savy, porte-parole de l’association, l’accès à l’alcool reste aujourd’hui encore trop facile pour les jeunes. « Malgré l’interdiction formelle de vente d’alcool aux mineurs et l’engagement de l’État à mieux la faire respecter, l’accès à l’alcool reste en 2025 très aisé pour les mineurs », a-t-elle déploré, propos repris par Tf1 Info

Des vérifications presque inexistantes

Ces achats tests ont été réalisés en semaine, en plein jour, et dans des conditions d’affluence réduite. Seuls 8 % des magasins ont exigé une pièce d’identité, alors que la loi impose un contrôle systématique, sans se baser sur l’apparence. L’article L.3342-1 du Code de la santé publique est pourtant clair sur ce point. Certaines enseignes sont particulièrement défaillantes. C’est le cas notamment chez Monoprix, Auchan, ou dans la majorité des Carrefour visités où aucun refus n’a été enregistré.

Sanctions rares, sentiment d’impunité

En deux ans, les actions menées par Addictions France ont abouti à seulement 37 procédures judiciaires. Les premières audiences ne commenceront qu’en décembre 2025. Ce délai renforce la banalisation de l’infraction, selon l’association. Si la loi prévoit une amende de 7 500 euros pour les vendeurs en faute, les sanctions restent rares et peu dissuasives. L’association réclame des mesures plus fermes pour freiner ce phénomène persistant.

Source

La Lettre du C N P E R T

Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

Président Pr. J.-P. Goullé

EDITORIAL du Professeur JP Tillement

La France terre d’addictions
Dans la Lettre N°96 de mai 2025, nous avons évoqué très succinctement le rapport annuel 2025 de la Cour des comptes publié le 29 mars dernier, portant sur les politiques publiques en faveur des jeunes. Dans la troisième partie de leur rapport, les sages sont sévères quant aux politiques nationales de prévention à destination de la jeunesse, et ils ciblent tout particulièrement l’addiction à cette période de la vie (1). Il est parfaitement établi que les jeunes constituent une catégorie excessivement vulnérable à
l’addiction.

Comme nous l’avons rappelé dans la Lettre N°96, leur cerveau, n’atteint sa pleine maturité que vers l’âge de 25 ans, ce qui les met en plus grand danger que l’adulte face à l’addiction. En effet, d’une part, il existe
une maturité plus précoce des circuits souscorticaux – qui sont ceux de la récompense/du plaisir – impliqués dans les conduites addictives ; d’autre part, du fait que le cortex n’a pas encore atteint son épaisseur normale, la maturation des circuits responsables du contrôle inhibiteur qui freine la consommation de drogues est plus tardive, ce qui favorise les choix impulsifs et les prises de risque, avec la sous-estimation des conséquences négatives ultérieures (2). Il est admis que commencer à consommer de l’alcool au début de l’adolescence, par rapport à une initiation vers l’âge de 20 ans, multiplie par dix le risque de devenir alcoolodépendant à l’âge adulte, Le cerveau des adolescents est donc beaucoup plus sensible aux effets de toutes les drogues que celui des adultes, et Il existe de ce fait une plus grande vulnérabilité aux addictions à cet âge de la vie. Face à ce risque, une éducation et une prévention précoces s’imposent.

La Cour rappelle que, si les jeunes peuvent sembler en meilleure santé, physique et mentale que les adultes, du fait de leur âge, la réalité est toute différente, affirme-t-elle : « Ainsi la France est l’un des
pays d’Europe les plus concernés par la consommation de drogues et d’alcool par les jeunes.

En 2021, 2,6% des 18-24 ans déclaraient consommer quotidiennement de l’alcool, taux le plus élevé de la zone euro. La consommation française de drogues serait également parmi les plus importantes en Europe ». Face à ce constat, les sages estiment que la réponse sanitaire et médicosociale se révèle insuffisante par manque de volontarisme et par défaut de ciblage des jeunes. L’accompagnement et le soin des personnes souffrant d’addictions sont inadaptés.

Selon eux, pour prévenir les addictions, il est essentiel d’agir le plus tôt possible, avant que les problèmes ne se manifestent, comme le rappelle l’Académie de médecine depuis plus de 20 ans, au travers de ses nombreux avis, communiqués et rapports, dont les plus récents sont résumés dans cette Lettre.

La Cour observe que les efforts en la matière ne sont pas à la hauteur des enjeux. Selon elle, les exemples
réussis des politiques conduites dans les pays du Nord plaident pour une approche plus volontaire et transversale de la prévention et du traitement des addictions : « L’évolution constante des modes de consommation de drogues, avec une augmentation de la diversité des substances psychoactives,
l’usage encore très répandu du tabac et l’essor des addictions comportementales, comme les jeux d’argent en ligne ou lesréseaux sociaux, de même que la fragmentation de la gouvernance actuelle de
lutte contre les drogues, rendent indispensable une actualisation de la stratégie nationale » constate-t-elle.

Cette actualisation permettrait de se fixer des objectifs ambitieux de réduction des risques, avec en parallèle la lutte indissociable contre le narcotrafic. Jean-Pierre Goullé

Références :
1- Les addictions des jeunes aux drogues illicites et à l’alcool : un enjeu de prévention et de prise en charge puff ou pas puff ? Pour une interdiction de la vente des e-cigarettes jetables (G. Dubois).
Consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une
prévention précoce.
Un rapport de l’Académie nationale de médecine adopté en séance plénière le 1er octobre 2019.
Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte s’explique par une entrée très précoce dans leurs consommations, puis par des progressions régulières, comme le montrent les trois séries d’enquêtes de
prévalence réalisées entre 2010 et 2017 chez des adolescents de 11 à 17 ans.

Ces consommations constituent donc un problème majeur de santé publique auquel il semble important d’apporter des réponses prioritaires. L’adolescence est une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions, du fait de l’absence de maturité neuropsychologique. Afin de prévenir la consommation de drogues, des informations et des actions de prévention des conduites addictives doivent être engagées
précocement, dès l’école, puis tout au long du processus éducatif. Des interventions variées visant au développement des compétences des enfants, et/ou des parents, des stratégies à compétences multiples, voire réglementaires, ont également montré leur efficacité.

Afin de prévenir la consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent, l’Académie de médecine recommande :
1) d’augmenter significativement les enseignements consacrés aux sciences de la vie et de la terre, afin d’y intégrer, dès l’école primaire et jusqu’à l’université, une information régulière sur les dangers de ces
drogues ;
2) de promouvoir des actions collectives de sensibilisation sur les risques des drogues licites et illicites, à destination prioritairement des parents, des femmes enceintes, du corps médical, des enseignants, des milieux professionnels et politiques. Ces actions devraient pouvoir s’appuyer sur les résultats d’enquêtes déclaratives de prévalence auprès des adolescents, et sur des

Rapport de la Cour des comptes,19 mars 2025. Goullé JP. Morel F. Rapport 19-09.

Consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une prévention précoce. Bull Acad Natl Med 2020;204:4-15.

Face à ce problème des addictions, la présente Lettre (N°97) comporte les propositions de l’Académie de médecine au travers du résumé de trois rapports, ainsi que d’un avis, auquel est joint un texte du Pr
Gérard Dubois sur la « puff » : consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une prévention précoce (JP. Goullé et F. Morel). drogues : éducation et prévention (JP. Goullé, M. Hamon, JJ Hauw et JM. Léger). pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé (A. Bonnin, N. Rives et Y.Lévy). monoxyde de carbone, tabac et femme enceinte (G. Dubois, JP. Tillement et D. Bertrand). dépistages anonymes et aléatoires des consommations.

Les résultats des enquêtes disponibles sur la fréquence d’usage chez les adolescents indiquent l’urgence à mettre en place une étude d’évaluation des comorbidités psychiatriques (troubles graves de la personnalité, troubles cognitifs, troubles émotionnels, symptômes psychotiques…) chez les adolescents usagers ;
3) de maintenir l’interdiction du cannabis, de rendre dissuasif l’accès au tabac en poursuivant l’augmentation des prix, en faisant respecter l’interdiction de vente de l’alcool et du tabac aux mineurs, et de limiter leur publicité et promotion ;

4) de donner explicitement mission aux médecins scolaires, dont le nombre doit être accru, avec le concours des infirmières des établissements scolaires et universitaires, d’assurer un repérage médical de la consommation de produits addictifs chez l’adolescent ; afin de les orienter vers une prise en charge médicale adaptée.

Prs Jean-Pierre Goullé et Françoise Morel. Référence : Goullé JP. Morel F. Rapport 19-09.
Consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une
prévention précoce. Bull Acad Natl Med 2020;204:4-15
.

Drogues : éducation et prévention.

Un rapport de l’Académie nationale de médecine adopté en séance plénière le 7 novembre 2023.
La consommation de drogues licites (alcool, tabac) et illicites (cannabis et autres drogues) est responsable de la perte annuelle de près de 130.000 vies humaines en France, à laquelle s’ajoutent des coûts sanitaires et sociaux considérables.

La dépense directe des finances publiques s’élève à 22,1 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB. Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte dans la population française
s’explique par un début très précoce des consommations, puis par des progressions régulières au cours de la vie, comme le montrent les études de prévalence.

Si les enquêtes les plus récentes affichent unebaisse sensible de leur fréquence d’usage chez les adolescents (alcool, tabac, cannabis), ces consommations demeurent importantes et constituent un problème majeur de santé publique auquel il faut apporter des réponses prioritaires. En effet, l’adolescence est une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions, du fait de l’absence de maturité cérébrale. De nombreux facteurs peuvent faciliter le développement d’une addiction, qu’ils soient génétiques, environnementaux, liés à une vulnérabilité psychiatrique ou aux traits de la personnalité.

D’une manière générale, la consommation de drogues à cet âge est susceptible d’induire de nombreux troubles.
Pour sa prévention, il est indispensable d’assurer précocement, dès l’école primaire, une éducation spécifique sur les dangers de cette consommation, et de la poursuivre dans le cadre de programmes adaptés à toutes les étapes du parcours éducatif jusqu’à l’université. Des actions systémiques visant à
une meilleure formation des professionnels de santé et à une véritable coordination des départements ministériels concernés doivent également être mises en place.

Pour la mise en œuvre effective de ces actions, l’Académie de médecine recommande :

1) de créer des programmes éducatifs à la santé obligatoires, dès l’école primaire et jusqu’à l’université, incluant une sensibilisation aux risques sanitaires des drogues, ciblée sur l’objectif prioritaire de la
prévention de leur consommation ; et d’assurer une formation efficace des enseignants en charge de ces actions par une véritable mobilisation concertée, interconnectée et coordonnée, des services concernés des ministères de l’éducation nationale, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, en lien étroit avec le ministère de la santé et de la prévention ;

2) d’étendre à tous les établissements d’enseignement l’application des programmes d’éducation préventive destinés à développer les compétences psychosociales des enfants à l’école primaire et des
adolescents au collège

3) d’assurer une formation des médecins généralistes dans le domaine des addictions et de sensibiliser les professionnels de santé et du secteur médico-social ;

4) de développer l’offre d’activités culturelles, ludiques et sportives à la jeunesse en particulier dans les quartiers où le risque de consommation des drogues est élevé ;

5) de promouvoir la diffusion, par des pairs, des messages de prévention sur les réseaux sociaux à l’attention des plus jeunes ;

6) de maintenir l’interdiction de vente et de consommation du cannabis et de réduire l’accessibilité du tabac et des boissons alcooliques par une augmentation significative des prix et le contrôle effectif de
l’interdiction de leur vente aux individus mineurs.
Prs Jean-Pierre Goullé, Michel Hamon, JeanJacques Hauw et Jean-Marc Léger.
Référence : Goullé JP, Hamon M, Hauw JJ, Léger JM.
Rapport 23-24. Drogues : éducation et prévention. Bull
Acad Natl Med 2024;208:119-130.


Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé.
Un rapport de l’Académie nationale de médecine adopté en séance plénière le 26 mars 2024.
Toutes les grandes causes de santé publique exigent le succès d’actions de prévention efficaces. Pour que la prévention sanitaire soit comprise, acceptée, promue et intégrée par le plus grand nombre dans le déroulé de leur vie, il est indispensable que les citoyens aient, tous, reçu toutes les informations et les
formations nécessaires.

C’est donc à l’école que doit se dérouler la formation la plus importante, pour que tous les enfants et adolescents puissent devenir des adultes maîtres de la protection et de la garantie de leur santé et de celle des autres.

Pour justifier, détailler, et recommander cette installation d’une véritable « culture de la prévention en santé » chez tous nos concitoyens, l’Académie nationale de médecine a publié en 2024 le rapport intitulé
« Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé ».

Ce rapport décrit les raisons, l’importance et les moyens pour que l’école intègre la prévention en santé parmi les valeurs fondamentales qu’un enfant doit apprendre pour devenir un adulte responsable et capable de bien mener son développement, au même titre que l’acquisition des savoirs en mathématiques, la lecture, l’écriture, la citoyenneté, l’histoire …
L’Académie précise que si des actions de prévention en santé existent actuellement à l’école et au lycée, et que de nombreuses activités sont menées, celles-ci restent très hétérogènes au niveau national, dépendantes de la motivation des enseignants et de celle des responsables d’établissements. Les
étudiants en santé peuvent aider les établissements dans le cadre du service sanitaire intégré dans leur cursus, mais sur des actions ponctuelles.

Les thèmes abordés et les compétences des intervenants sont très variables. En complément, si les programmes scolaires abordent bien des notions de biologie et de physiologie humaine, le lien
avec les conséquences en terme de prévention en santé est limité.

Malgré cela, d’importants enjeux de santé persistent ou se dégradent actuellement, alors qu’ils sont accessibles à une politique de prévention et d’éducation en santé renforcée, notamment chez les jeunes. C’est, en particulier, le cas des addictions, de la santé mentale des adolescents, de la mauvaise
alimentation, de la sédentarité, de la santé sexuelle et reproductive, de l’acceptabilité de la vaccination, du dépistage de certains cancers ou du bon usage des médicaments.

C’est à l’École et au Lycée qu’un programme doit être établi au niveau national, délivré par les nseignants de « Sciences de la Vie et de la Terre », avec une progression adaptée de l’école maternelle jusqu’à la terminale.

Ce programme devra compléter les enseignements déjà existants sur le corps, les organes et les grandes fonctions physiologiques, avec des descriptions des grandes causes de maladies et des moyens
de prévention. Ainsi, l’enfant devenant adulte saura, dans les limites de la connaissance

3) d’assurer une formation des médecins généralistes dans le domaine des addictions et de sensibiliser les professionnels de santé et du secteur médico-social ;

4) de développer l’offre d’activités culturelles, ludiques et sportives à la jeunesse en particulier dans les quartiers où le risque de consommation des drogues est élevé ;

5) de promouvoir la diffusion, par des pairs, des messages de prévention sur les réseaux sociaux à l’attention des plus jeunes ;

6) de maintenir l’interdiction de vente et de consommation du cannabis et de réduire l’accessibilité du tabac et des boissons alcooliques par une augmentation significative des prix et le contrôle effectif de
l’interdiction de leur vente aux individus mineurs.


Prs Jean-Pierre Goullé, Michel Hamon, JeanJacques Hauw et Jean-Marc Léger.
Référence : Goullé JP, Hamon M, Hauw JJ, Léger JM.
Rapport 23-24. Drogues : éducation et prévention. Bull
Acad Natl Med 2024;208:119-130.

Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé.
Un rapport de l’Académie nationale de médecine adopté en séance plénière le 26 mars 2024.
Toutes les grandes causes de santé publique exigent le succès d’actions de prévention
efficaces.

Pour que la prévention sanitaire soit comprise, acceptée, promue et intégrée par le plus grand nombre dans le déroulé de leur vie, il est indispensable que les citoyens aient, tous, reçu toutes les informations et les formations nécessaires. C’est donc à l’école que doit se dérouler la formation la plus importante, pour que tous les enfants et adolescents puissent devenir des adultes maîtres de la protection et de la garantie de leur santé et de celle des autres.

Pour justifier, détailler, et recommander cette installation d’une véritable « culture de la prévention en santé » chez tous nos concitoyens, l’Académie nationale de médecine a publié en 2024 le rapport intitulé :Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé

Ce rapport décrit les raisons, l’importance et les moyens pour que l’école intègre la prévention en santé parmi les valeurs fondamentales qu’un enfant doit apprendre pour devenir un adulte responsable et capable de bien mener son développement, au même titre que l’acquisition des savoirs en mathématiques, la lecture, l’écriture, la citoyenneté, l’histoire …

L’Académie précise que si des actions de prévention en santé existent actuellement à l’école et au lycée, et que de nombreuses activités sont menées, celles-ci restent très hétérogènes au niveau national, dépendantes de la motivation des enseignants et de celle des responsables d’établissements.

Les étudiants en santé peuvent aider les établissements dans le cadre du service sanitaire intégré dans leur cursus, mais sur des actions ponctuelles. Les thèmes abordés et les compétences des intervenants sont très variables. En complément, si les programmes scolaires abordent bien des notions de biologie et de physiologie humaine, le lien avec les conséquences en terme de prévention en santé est limité.

Malgré cela, d’importants enjeux de santé persistent ou se dégradent actuellement, alors qu’ils sont accessibles à une politique de prévention et d’éducation en santé renforcée, notamment chez les jeunes. C’est, en particulier, le cas des addictions, de la santé mentale des adolescents, de la mauvaise alimentation, de la sédentarité, de la santé sexuelle et reproductive, de l’acceptabilité de la vaccination, du dépistage de certains cancers ou du bon usage des médicaments.

C’est à l’École et au Lycée qu’un programme doit être établi au niveau national, délivré par les enseignants de « Sciences de la Vie et de la Terre », avec une progression adaptée de l’école maternelle jusqu’à la terminale. Ce programme devra compléter les enseignements déjà existants sur le corps, les organes et les grandes fonctions physiologiques, avec des descriptions des grandes causes de maladies et des moyens de prévention.

Ainsi, l’enfant devenant adulte saura, dans les limites de la connaissance scientifique du moment, comprendre les principaux facteurs de risques et si possible les éviter ou les contourner pour ne pas nuire à sa santé.

L’Académie nationale de médecine a donc émis les recommandations suivantes :
1- l’inscription dans les programmes scolaires, de la maternelle à la terminale, d’un enseignement à la prévention en santé permettant aux enfants et adolescents d’acquérir un socle partagé de connaissances

2- un remodelage des enseignements en biologie et santé pour les compléter par des éléments de prévention ;

3- la généralisation, le renforcement et la pérennisation des actions de « l’École Promotrice de Santé » ;
4- une formation des enseignants du premier degré à la compréhension des déterminants
de santé ;
5- la création de contenus pédagogiques dédiés, mis à disposition de la communauté éducative sur le site EDUSCOL.

Prs Alain Bonnin, Nathalie Rives, Yves Lévy. Référence : Bonnin A, Rives N et Lévy Y – Rapport
24—04. Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé. Bull Acad Natl Med
2024;208:708-719
.
Monoxyde de carbone, tabac et femme enceinte.
Avis présenté en séance plénière de l’Académie nationale de médecine le 11 mars 2025.
Un quart des Françaises sont fumeuses quand elles apprennent leur grossesse. Si la moitié d’entre elles cessent de fumer, la quasi-totalité de l’autre moitié se contentent de réduire leur consommation, croyant, à tort, réduire ainsi les risques.

En effet, s’il est habituel d’évaluer le risque tabagique par la consommation journalière de cigarettes, ce n’est plus le cas si cette consommation résulte d’une réduction volontaire. Sur plus de 12 millions de grossesses, le risque d’admission en soins intensifs néonatals est significativement augmenté, aux États-Unis, dès les faibles consommations tabagiques, i.e. de 16% [« odd ratio » (risque relatif rapproché) : 1,16 (1.13 à 1.19)] pour 1 à 2 cigarettes par jour ; cette augmentation est de 31 % [« odd ratio » : 1,31 (1.30 à 1.33)] pour 20 cigarettes ou plus par jour.

Une division par 10 de la consommation journalière ne réduit que de moitié les risques pour l’enfant, car cette réduction est compensée par une meilleure exploitation des cigarettes fumées pour maintenir la nicotinémie (phénomène d’auto-titration).

La consommation journalière n’est donc pas une bonne évaluation du risque obstétrical, et la première cigarette est déjà celle de trop. Si deux tiers des femmes françaises déclarent que le médecin ou la sagefemme, qui les a suivies, les a informées des conséquences délétères du tabac pour la future mère et son enfant à naître (avortement, GEU, prématurité, petit poids de naissance, mort subite du nourrisson), trop nombreuses sont celles qui se contentent encore de réduire leur consommation.
La source majeure du monoxyde de carbone (CO) expiré est l’inhalation de la fumée de tabac par tabagisme actif ou passif.
L’imprégnation du fœtus par le CO est environ deux fois plus élevée que celle de sa mère.
Le poids moyen des nouveau-nés est corrélé à la concentration de CO maternel expiré, étant diminué de 750g chez les nouveau-nés de mères ayant un niveau de CO supérieur à 20 ppm.

Dès 2004, la mesure du CO expiré chez la femme enceinte a été recommandée par une réunion de consensus, pour évaluer les risques réels du tabac, mais, vingt ans après, ce test n’est toujours pas entré en pratique courante. Un dosage simple, fiable et rapide, peut être réalisé en cabinet de consultation, par un médecin ou une sage-femme, avec un appareil peu coûteux. Cette mesure objective et systématique peut avoir un effet
déclencheur pour arrêter de fumer et non plus seulement diminuer la consommation. Cette diminution doit être présentée comme encourageante, mais insuffisante pour ;protéger le fœtus.
Pour promouvoir et développer la mesure du CO expiré, chez la femme enceinte, pour favoriser l’arrêt complet du tabac, l’Académie nationale de médecine recommande : d’évaluer régulièrement le développement (nombre d’actes) et l’efficacité (pourcentage d’arrêts du tabac) de l’application de ces recommandations sur le tabagisme maternel.

Prs Gérard Dubois, Jean-Paul Tillement et Dominique Bertrand. Référence : Dubois G, Tillement JP, Bertrand D, au nom du groupe de travail du comité économie de la santé (CESAM). Bull Acad Natl Med 2025 ; 209 : 663- 665.

Puff ou pas Puff ?

Pour une interdiction de la vente des ecigarettes jetables. Tribune publiée dans Le Point le 28/11/2023

Dès 2015, l’Académie nationale de médecine considère que l’e-cigarette est moins dangereuse que la cigarette, mais qu’elle ne devait être utilisée que par des fumeurs de tabac.

Elle conseille donc d’en interdire la vente aux mineurs, ainsi que la publicité et l’usage, là où il est interdit de fumer (1, 2).
Ces positions sont toujours d’actualité et l’efficacité des e-cigarettes pour l’arrêt du tabac s’avère supérieure aux substituts nicotiniques traditionnels (3). Il est établi qu’essayer l’e-cigarette favorise le tabagisme des jeunes, mais c’est 40 % moins efficace qu’essayer du tabac. De fait, le tabagisme des collégiens n’a jamais été aussi bas (en classe de 3 ème , 2 fois moins d’expérimentations et 4 fois moins d’usage quotidien entre 2010 et 2021) (4).

À 17 ans, l’usage du tabac est en baisse, de même que celui de l’e-cigarette (5). Si la tendance se
poursuivait, l’objectif d’une quasi-disparition du tabagisme en France (<5% de fumeurs) serait atteignable en 2032 (6).
La Puff, un piège pour enfants et ados Mais cette situation est intolérable pour ceux qui profitent financièrement du tabac. En doublant la demande d’e-cigarettes chez les enfants et les adolescents, il est possible de ralentir, voire d’inverser les tendances. C’est ce qu’entreprend avec succès, depuis 2021, la Puff, une cigarette électronique jetable.

Par son prix compétitif, son emballage attractif, ses saveurs sucrées et fruitées, sa disponibilité dans un grand nombre de lieux (débits de tabac, kiosques, restaurants, voire grande distribution ou magasins de décoration), elle est aisément accessible. Discrète, elle est facile d’utilisation, y compris dans l’enceinte scolaire pour la moitié d’entre eux.

L’Internet et les réseaux sociaux sont mobilisés avec force influenceurs. Elle a même fait l’objet de ites Internet (Wpuff.com ou Wpuff.fr) aujourd’hui condamnés.

De plus, faite de plastique avec une batterie au lithium, la Puff, jetable, devient un déchet toxique qui s’ajoute dangereusement aux 4 500 milliards de mégots jetés annuellement dans le monde.
En juillet 2022, chez les 13-16 ans, un sur dix a déjà essayé la Puff, 28 % des utilisateurs d’e-cigarette ont commencé par la Puff, qui n’est pas alors un outil de sevrage.
Son succès auprès des jeunes est indéniable, inacceptable et dangereux. Elle est destinée, promue et distribuée pour piéger les enfants et les adolescents et ainsi nuire à la lutte contre le tabac. Elle n’a donc aucune légitimité à rester sur les marchés français et européen. Pr Gérard Dubois.

La prise en charge de la mesure systématique du CO expiré, pour mieux motiver et aider à l’arrêt les femmes fumeuses (tabac, cannabis) pendant la grossesse et l’allaitement ; la création d’une cotation, d’un forfait ou d’un complément qui, accompagnant la réalisation de la mesure du CO expiré chez toute femme enceinte, serait la validation et la valorisation d’une pratique efficace et évaluée. Son montant
relèverait des relations entre les professionnels de santé et l’Assurance maladie. Au maximum, 1,7 million de tests seraient réalisés annuellement ;

Références : OFDT. ESCAPAD, 20 ans d’observation des usages à l’adolescence. Paris, OFDT, Théma, 2022.
Le Rire Infertile

Le protoxyde d’azote (N₂O), utilisé depuis le XIXe siècle en médecine comme agent anesthésique, notamment en obstétrique et en soins dentaires, est aujourd’hui au cœur d’une problématique de santé publique méconnue (1,2). Alors que son usage récréatif explose chez les jeunes adultes, et en particulier chez les femmes en âge de procréer, les risques associés à ce gaz restent largement sous-estimés (3).

Présenté comme une substance euphorisante et sans danger, le N₂O masque en réalité un potentiel
toxique pour la fertilité féminine et le développement embryonnaire.
Des études rigoureuses, dès les années 1990, ont mis en lumière les effets délétères de l’exposition professionnelle au protoxyde d’azote (4-6). L’une d’elles, publiée dans The New England Journal of Medicine, a révélé une diminution de 59 % de la fertilité chez les assistantes dentaires exposées plus de cinq heures par semaine (7).

Le mécanisme biologique est aujourd’hui mieux compris : le N₂O inactive la vitamine B12, perturbant les maturation ovocytaire, à la réceptivité de l’endomètre, à l’implantation embryonnaire et au développement du système nerveux fœtal (8-10). Or, cette toxicité avérée dans le cadre professionnel est aujourd’hui multipliée et aggravée dans le cadre de l’usage récréatif (11,12).

Lors de soirées ou festivals, des dizaines de bouffées sont souvent inhalées en une seule session, sans aucune régulation, ni prise de conscience. Ce mode de consommation intervient souvent à des
périodes cruciales du cycle menstruel ou de la conception. Le risque est donc non seulement individuel mais aussi populationnel, avec une exposition massive, non contrôlée, et silencieuse. Les effets ne se
limitent pas à la fertilité.

Des données animales, confortées par des observations humaines préliminaires, suggèrent un impact sur le développement fœtal : malformations, retards de croissance intra-utérins, troubles neurocomportementaux (13,14).

Les perturbations épigénétiques induites pourraient même être transmises aux générations suivantes, augmentant la vulnérabilité à l’addiction, aux troubles de l’attention ou de l’humeur (15,16). Le gaz
« hilarant » pourrait ainsi laisser dans son sillage une empreinte invisible mais durable dans le patrimoine biologique humain.

Face à ces constats, l’absence de régulation est préoccupante. Le Royaume-Uni a été l’un des seuls pays à publier, en 2023, une évaluation des dangers du N₂O, appelant à une limitation de son usage. Aucune mention de risque reproductif n’est pourtant exigée sur les cartouches commercialisées. Il n’existe pas
non plus, à l’heure actuelle, de recommandations formelles sur la sécurité reproductive face à ce gaz. Il est urgent d’agir.

La communauté médicale, les pouvoirs publics et les institutions sanitaires doivent prendre la mesure du risque. Il ne s’agit pas de diaboliser le N₂O, mais d’en encadrer l’usage, de renforcer la prévention, et surtout d’informer les femmes des dangers potentiels. Mettre en place un étiquetage clair, financer des études longitudinales et intégrer ce sujet aux politiques de santé reproductive sont des étapes nécessaires pour éviter une crise sanitaire évitable. Le protoxyde d’azote, entre outil médical et toxique social, illustre une tension
Dubois G, Goullé JP, Costentin J. La cigarette électronique permet-elle de sortir la société du tabac.
Bull Acad Natl Med 2015;199(2-3):363-369.

L’Académie de médecine rappelle les avantages prouvés et les inconvénients indûment allégués de la
cigarette électronique (vaporette). Communiqué de presse 6/12/2019.

Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Data Base of Systematic Reviews
17/11/2022 https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/
10.1002/14651858.CD010216.pub7full
.

Legleye S et al. Experimenting first with e-cigarettes versus first with cigarettes and transition to daily
cigarette use among adolescents: the crucial effect of age at first experiment. Addiction 2021;116(6):1521-
1531.

Tendances-OFDT. N°148, décembre 2021 :

Usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les élèves de 3ème en 2021.contemporaine : celle entre plaisir immédiat et conséquences différées. Protéger la santé reproductive des générations présentes et
futures, suppose aujourd’hui de lever le brouillard sur ce gaz trop longtemps considéré comme inoffensif.
Dr Alexis Demas.

Références :

  1. De Baetselier E, Noori T, Vuylsteke B, et al. Monitoring N2O trends in Europe: The overlooked rise. Euro Surveill. 2023;28(7):2300121.
  2. Suresh S, Long J, Iyer G. Public perceptions of recreational nitrous oxide: A systematic
    review. Public Health. 2022;205:125-132.
  3. Mahoney JJ, Jackson BJ. Prevalence and risk of nitrous oxide use in adolescents. J Adolesc
    Health. 2019;65(3):370-372.
  4. Brodsky JB, Cohen EN, Brown BW Jr, et al. Occupational exposure to nitrous oxide and
    spontaneous abortion. Anesthesiology. 1981;55(5):467-469.
  5. Saurel-Cubizolles MJ, Romito P, Lelong N, et al. Work schedule and pregnancy outcome:
    results from the ELFE cohort. Occup Environ Med. 2014;71(8):564-570.
  6. Michiels JM, Nieman FH, Sturmans F, et al. Fertility in female operating room personnel. J
    Occup Med. 1989;31(9):751-755.
  7. Rowland AS, Baird DD, Weinberg CR, et al. Reduced fertility among women employed as
    dental assistants exposed to high levels of nitrous oxide. N Engl J Med.
    1992;327(14):993-997.
  8. Sanders RD, Weimann J, Maze M. Biologic effects of nitrous oxide: A mechanistic and
    toxicologic review. Anesthesiology. 2008;109(4):707-722.
  9. Fenech M. Folate (vitamin B9) and genome stability: implications for maternal and child
    health. Mutat Res. 2001;475(1-2):1-8.
  10. Wang S, Tang Z, He Y, et al. DNA methylation in reproductive toxicity: A focus on epigenetic
    mechanisms of nitrous oxide. Environ Pollut. 2022;296:118746
  11. Garakani A, Jaffe RJ, Savla D, et al. Neurologic, psychiatric, and other medical manifestations of nitrous oxide abuse: A systematic review. Am J Addict. 2016;25(5):358-369.
  12. Demas A, Le Boisselier R, Simonnet L, et al. Another extensive nitrous oxide (N2O) myelopathy: The wood for the trees? Rev Neurol (Paris). 2020 May;176(4):293-295.
  13. Amos-Kroohs RM, Hall RA, Arnold RJ. Prenatal exposure to nitrous oxide disrupts
    neurodevelopment. Dev Neurosci. 2021;43(1):1-12.
  14. Marchand G, Masoud AT, Govindappagari S,
  15. anomalies: a systematic review. J Matern Fetal
  16. Neonatal Med. 2022;35(25):5071-5079.
  17. Berghuis SA, Bos AF, Sauer PJ, Roze E. Nitrous oxide and the developing brain:
    neurotoxicity and addiction risk. Arch Dis Child. 2015;100(10):995-999.
  18. Nunes ML, Lins OG, Carlini EA. Prenatal exposure to psychoactive substances and
    child neurodevelopment. Paediatr Drugs. 2003;5(10):663-675.

Professeur JP Tillement

L’OMS préconise une augmentation de 50 pour cent des taxes sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées d’ici à 2035

publié le samedi 5 juillet 2025 


Principaux renseignements

  • L’OMS préconise une augmentation de 50 pour cent des taxes sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées d’ici à 2035.
  • Cette initiative vise à réduire le nombre de décès prématurés et à générer 1 000 milliards de dollars de recettes publiques en l’espace d’une décennie.
  • La mise en œuvre de taxes sanitaires ciblées découragera la consommation de produits nocifs et permettra de financer des soins de santé universels et des programmes de développement.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise une augmentation significative des taxes sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées d’ici à 2035. Son objectif est de réduire la consommation de ces produits, qui contribuent à l’augmentation des maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, le cancer et le diabète.

Cette initiative, appelée « 3 x 35 », vise à prévenir 50 millions de décès prématurés au cours des 50 prochaines années et à générer 1 000 milliards de dollars de recettes publiques en l’espace d’une décennie. L’OMS estime que l’augmentation des prix d’au moins 50 pour cent par le biais de taxes d’accise rendra ces produits moins abordables et encouragera des choix plus sains.

L’appel à l’augmentation des taxes sanitaires intervient à un moment où les fabricants de boissons sont confrontés à des défis. L’évolution des préférences des consommateurs et les préoccupations économiques ont déjà un impact sur les ventes. Constellation Brands, par exemple, a récemment fait état d’une baisse de ses ventes nettes et de ses bénéfices, attribuant cette diminution à des facteurs tels que la réduction des dépenses consacrées aux rassemblements sociaux et les inquiétudes accrues concernant les finances personnelles.

Gagnant-gagnant

L’OMS affirme que la mise en œuvre de ces taxes sanitaires ciblées découragera non seulement la consommation de produits nocifs, mais générera également un financement crucial pour les soins de santé universels et les programmes de développement. Elle considère cette approche comme une solution « gagnant-gagnant » pour la santé publique mondiale et la stabilité économique.

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Le cannabis quadruple sa présence chez les 15-17 ans Tunisien : un cri d’alarme des autorités sanitaires

Le constat est alarmant : la consommation de cannabis chez les adolescents tunisiens âgés de 15 à 17 ans a été multipliée par quatre entre 2013 et 2021. Cette évolution inquiétante a été révélée ce mardi 2 juillet 2025 par Nabil Ben Salah, chargé du dossier de l’addiction au ministère de la Santé, lors de la 22e session « Population et Santé Reproductive » organisée par l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP). Le thème de cette rencontre, « Famille et addiction : réalités et attentes », souligne l’importance du rôle familial dans la prévention et la prise en charge des addictions.Face à cette hausse rapide et préoccupante de la consommation chez les jeunes, le ministère de la Santé a mis en place depuis 2021 une stratégie nationale globale visant à prévenir les addictions, réduire les risques, offrir un traitement médical adapté et faciliter la réinsertion sociale et professionnelle des personnes dépendantes. Cette stratégie s’efforce également de créer un environnement favorable qui permet aux usagers d’accéder facilement aux services de soins tout en luttant contre la stigmatisation sociale qui les marginalise souvent.Pour mieux cerner l’ampleur du phénomène, une plateforme de collecte de données a été instaurée afin de recenser régulièrement le nombre de personnes souffrant d’addiction ainsi que les types de drogues en circulation dans le pays. Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’appuyer les décisions politiques sur des informations actualisées et fiables, grâce à la collaboration de plusieurs ministères et institutions concernées.

Sur le terrain, la Tunisie dispose de structures spécialisées dans la prise en charge des addictions. En plus des services psychiatriques dans les hôpitaux publics, le centre de désintoxication Amal, situé à Djebel Oust dans le gouvernorat de Zaghouan, joue un rôle majeur dans le traitement et la réinsertion des patients dépendants. Ce centre, réactivé en 2019, accueille environ 1300 patients par an, offrant un accompagnement médical et psychosocial essentiel pour leur réhabilitation.

Le ministère de la Santé s’engage également à renforcer et étendre son réseau de soins. Ainsi, une clinique spécialisée en addictologie ouvrira ses portes à Sfax dès ce mois de juillet, tandis que le centre de traitement des addictions de Thyna, également dans la région de Sfax, fait l’objet de travaux de réhabilitation et de modernisation. Par ailleurs, un nouveau centre sera inauguré dans la région du Sahel avant la fin de l’année, afin de rapprocher les services des personnes concernées.

Par ailleurs, le ministère envisage la création d’unités spécifiques dédiées aux adolescents en situation d’addiction au sein des centres de l’ONFP. Ce projet vise à répondre aux besoins particuliers des jeunes, qui se retrouvent souvent en marge des structures classiques pour adultes et nécessitent un accompagnement adapté à leur âge et à leur contexte psychologique.

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« Un sentiment d’impunité »: 86% des supermarchés enfreignent la loi sur la vente d’alcool aux mineurs

Source :

03 juillet 2025

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D’après l’association Addictions France, 86% des supermarchés testés ont vendu de l’alcool à des mineurs entre avril et mai, contre 93% lors d’une opération similaire en 2021. Lors des tests effectués, seuls 8% des établissements ont demandé une pièce d’identité pour vérifier l’âge des clients.

Près de neuf supermarchés sur dix enfreignent la loi en vendant de l’alcool aux mineurs dénonce, au vu de tests menés à Nantes, Angers et Rennes, l’association Addictions France, qui réclame jeudi 3 juillet des « sanctions réellement dissuasives » et des contrôles fréquents par l’État.

Sur 90 établissements des enseignes Auchan, Lidl, Leclerc, Diagonal, U Express, Intermarché, Carrefour (City, Market et Express), Monoprix, Franprix et G20 testés en avril et en mai, 86% ont vendu de l’alcool à des mineurs, selon l’association. Contre 93% lors d’une opération similaire en 2021.

« Malgré l’interdiction formelle de vente d’alcool aux mineurs et l’engagement de l’État à mieux la faire respecter, l’accès à l’alcool reste en 2025 très aisé pour les mineurs », a déploré auprès de l’AFP Myriam Savy, responsable du plaidoyer chez Addictions France.

Tests avec des mineurs accompagnés d’huissiers

Pour ces tests, des mineurs se sont rendus, accompagnés d’un huissier, dans des supermarchés dont une partie avaient « déjà fait l’objet de constatations ». Seuls 8% des établissements ont demandé une pièce d’identité pour vérifier l’âge des clients.

Or l’article L.3342-1 du Code de la santé publique précise que « la personne qui délivre la boisson exige du client qu’il établisse la preuve de sa majorité » via un « acte systématique », « non conditionné par le simple doute sur l’apparence physique du client », rappelle Addictions France.

Ces achats tests « ont systématiquement été réalisés en pleine journée, en semaine », le plus souvent à des moments de « faible affluence, avec peu voire aucun client à la caisse », précise l’association pour battre en brèche par avance l’argument d’une « pression liée à l’affluence » pour justifier le non-contrôle de l’âge.

Dans le détail, sur les 25 magasins Carrefour testés, seuls deux ont refusé la vente, deux également chez les 11 Lidl testés, comme au sein des 7 magasins du groupe Coopérative U visités. Parmi les autres enseignes: un seul magasin E.Leclerc sur six a refusé la vente au mineur, un seul Intermarché sur 7, aucun Monoprix sur les 6 testés et aucun Auchan (sur deux).

À l’été 2023, l’association avait testé en Loire-Atlantique 42 bars, cafés et points de restauration rapide en zones urbaines et rurales: un seul avait refusé la vente après vérification de l’âge du mineur.

37 procédures judiciaires

Ses constatations en 2023-2024 ont donné lieu à l’ouverture de 37 procédures judiciaires dont les premières, « ne seront plaidées que le 9 décembre 2025 », soit un délai de deux ans qui « renforce un sentiment d’impunité et banalise la transgression de la loi », juge Addictions France.

Face à « l’inefficacité générale du dispositif réglementaire actuel » et de la « Charte d’engagements responsables » signée par la grande distribution (Carrefour, Auchan, Lidl, Monoprix…) en 2019, en partenariat avec la Fédération du commerce et de la distribution, l’association demande des contrôles aléatoires systématiques par l’État, et des sanctions « réellement dissuasives ».

Avec des amendes atteignant 2% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise si celui-ci est inférieur à 100.000 euros, et 10% à partir de 500.000 euros -selon un régime de sanctions graduées rappelant ceux du droit de l’environnement ou de la concurrence.

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