Recherche

L’alcool, même à faible dose, pourrait être plus délétère chez les personnes âgées en mauvaise santé et défavorisées

Il est avéré qu’une consommation excessive d’alcool est très néfaste pour la santé. La sensation d’ivresse peut entraîner des troubles psychiques et physiques immédiats. De plus, sur le long terme, l’alcool est un facteur aggravant, voire déclencheur, de nombreuses pathologies (cancers, cirrhose, hypertension, etc.). Nous ne sommes toutefois pas tous égaux face à ces effets.

Une étude dirigée par l’Université autonome de Madrid révèle qu’une consommation d’alcool, même modérée, est plus préjudiciable aux personnes âgées à la santé fragile ou économiquement défavorisées.

Lire la suite


Boire de l’alcool pendant l’été est encore pire, un effet méconnu sur la peau enfin révélé

Romane Tardy

En été, la consommation d’alcool a tendance à être plus importante. Pourtant, c’est la pire période pour en consommer, et votre peau en subit les conséquences…

Un petit verre de rosé, une bière ou un bon Spritz bien frais en terrasse l’été est un petit plaisir pour beaucoup. C’est un moment de détente à partager pour nombre de Français, même s’il est très important de consommer l’alcool avec modération. Si cette recommandation est valable toute l’année, elle est d’autant plus importante en été où la consommation est souvent plus conséquente et parfois abusive.

Avec la chaleur, le corps a encore plus besoin de s’hydrater. Même si certaines boissons alcoolisées peuvent sembler rafraichissantes, elles n’hydratent pas. Au contraire, elles produisent souvent l’effet inverse. Il y a notamment un effet diurétique. Les urines sont plus fréquentes et donc la quantité d’eau évacuée est supérieure à celle ingérée avec la boisson alcoolisée, entrainant un assèchement.

Il y a alors un risque accru de coup de chaud, qui peut transparaitre par des rougeurs, des maux de tête, de la fièvre ou encore des vomissements. « La toxicité de l’alcool augmente avec la chaleur », a assuré le médecin généraliste François Baumann à BFMTV. « Dans le corps, ça reste sur des endroits où ça ne devrait pas rester, c’est-à-dire sur le cerveau et ça donne des troubles qui peuvent exister au départ mais qui sont surmultipliés par l’effet de la chaleur », a-t-il précisé.

D’après une étude parue dans la revue scientifique British Journal of Dermatology, une autre raison méconnue est mise en lumière et peut s’avérer très surprenante : combiner alcool et soleil n’est aussi pas bon pour la peau. L’alcool rendrait la peau plus sensible aux UV et donc au coup de soleil. 18% des coups de soleil sévères seraient liés à cette combinaison. Il est donc nécessaire de faire attention à sa consommation mais aussi à bien se protéger.

Il est préférable de boire un grand verre d’eau quand la soif se manifeste. L’été, il ne faut pas hésiter à en boire en quantité. De plus, lors d’une soirée de grande consommation, il est préférable d’alterner un verre d’eau, un verre d’alcool et de manger en même temps. Attention, le risque de gueule de bois est d’ailleurs plus important en cas de forte chaleur. Santé Publique France déconseille aussi de boire avant d’aller se baigner pour éviter un choc thermique. Sous l’effet de l’alcool, le corps se refroidit plus rapidement dans l’eau. Alors prudence cet été !Partagez cette info avec vos amis et vos proches

Les Japonais inventent un « verre à bière lente » pour éviter les effets néfastes d’une surconsommation

AFP/Relaxnews Agence de Presse

La marque de bière japonaise Yona Yona Ale a imaginé un verre à bière pour limiter la consommation de son précieux élixir

En période de forte chaleur, comme celle qui fait actuellement suffoquer la France, on a tendance à avoir la main lourde sur les apéritifs pour se donner l’impression d’être rafraîchi. Et c’est particulièrement vrai quand on apprécie la bière. Sauf que l’alcool est à proscrire aux heures les plus chaudes de la journée pour éviter la déshydratation. Les Japonais, eux, ont trouvé la parade avec un verre dit « à bière lente ». On vous explique.

On sait combien la forme mais aussi la finesse des parois d’un verre jouent beaucoup dans l’expérience de dégustation du vin et de tout autre boisson alcoolisée. Mais pour des raisons relevant davantage de précautions médicales, une nouvelle silhouette vient d’être imaginée au Japon. Si l’on connaît déjà le verre en forme de sablier pour déguster la célèbre kwak belge, la marque Yona Yona Ale a poussé le trait encore plus loin en amincissant le milieu du contenant pour reprendre presque uniformément le galbe de ce compteur de temps. Et cela ne sert pas seulement à saisir le verre plus facilement…

L’objectif est simple à saisir : vous empêcher de boire trop vite votre mousse. Et en cette période de forte chaleur, on peut imaginer ce type d’outil comme un bon moyen de ne pas se laisser dépasser par son envie de rafraîchissement (on le rappelle, il n’y a rien de mieux que l’eau pour s’hydrater quand il fait chaud !).

Le concept du verre est poussé jusqu’à un tel point qu’il est difficile de boire sans contrainte son contenu. En fait, on déguste la première partie du sablier, et puis l’élixir présent dans la partie basse reste emprisonné, obligeant le consommateur à lever avec beaucoup de volonté le coude pour le siroter. Ce n’est pas pour rien si le verre a été baptisé « yukkuri ». Cela signifie en japonais : le verre à bière lente. Tout l’intérêt de ce contenant insolite est de soulager le foie.

Ce verre n’est vraiment pas un poisson d’avril (nous sommes en plein été), puisqu’il a été conçu à la main par des artisans verriers. Il n’est pas (encore) disponible à la vente dans les magasins nippons, mais est mis à disposition des clients d’une série de points de vente et bars à Tokyo. A défaut d’avoir l’opportunité de vous envoler jusqu’au pays du soleil levant cet été, il existe d’autres solutions plus faciles à mettre en oeuvre pour se rafraîchir pendant la canicule : boire de l’eau et garder les fenêtres et volets fermés aux heures les plus chaudes de la journée, sinon vous donner le sentiment d’un rafraîchissement en dégustant une petite glace.

Source

Alcool et drogues ….

Alcool, drogue et médicaments : un cocktail mortel toujours plus répandu sur autoroute

Par Angélique Négroni

Ces comportements à risques représentent, pour la troisième année consécutive, la première cause de mortalité sur le réseau français.

La consommation d’alcool, de drogue et de médicaments est de plus en plus à l’origine des accidents mortels sur nos autoroutes. Dans son bilan sécurité routière 2023 portant exclusivement sur ce réseaul’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa) constate que la conduite sous l’influence de ces produits a ainsi provoqué 31 % des accidents mortels l’an dernier, contre 26 % en 2022 et 27,7 % en 2021.

Ces comportements à risques représentent, pour la troisième année consécutive, la première cause de mortalité. Des chiffres qui mettent en alerte l’Asfa. Car même si les autoroutes restent le réseau le plus sûr – elles connaissent même une baisse sensible du nombre de tués, avec 181 décès, soit 7 de moins qu’en 2022 -, ces données traduisent une tendance inquiétante.

« Celle d’automobilistes qui prennent de plus en plus de risques », affirme le délégué général de l’Asfa, Christophe Boutin. Dans le détail, la drogue a provoqué 19 collisions mortelles, l’alcool, 14, et le cocktail des deux, 13. Quant aux autres drames de la route, ils trouvent leur origine dans la prise de médicaments seule ou associée à l’alcool ou à la drogue.

Hausse des comportements à risque

Ces accidents provoqués par des conducteurs sous emprise de produits ont lieu à des périodes bien identifiées. « 55 % surviennent entre 21 heures et 6 heures du matin et 43 % se produisent le week-end », peut-on lire dans l’étude. La conduite à risque revêt bien sûr d’autres formes. 

En 2023, l’Asfa constate sur son réseau de plus en plus de manœuvres dangereuses. « Les automobilistes respectent moins les distances de sécurité, font des queues de poisson, et l’agressivité que l’on relève dans notre société rejaillit sur les autoroutes », décrit le responsable de l’Asfa. Ces comportements ont causé 17 % des accidents mortels.

La vitesse excessive devient quant à elle le deuxième facteur des collisions fatales (19 % contre 16 % en 2022). Un taux qui ne cesse de grimper depuis 2019. « Avant cette date, on constatait année après année une baisse encourageante, jusqu’à obtenir un taux de 12 % en 2018 », rappelle Christophe Boutin. Ce revirement des tendances est le résultat, selon lui, de la baisse de l’efficacité du contrôle des radars automatisés : « Les automobilistes ont clairement identifié les emplacements des appareils. »

Baisse des contrôles aléatoires

À cela s’ajoute une chute des contrôles aléatoires menés par les forces de l’ordre mobilisées sur d’autres missions. L’Asfa estime par ailleurs que le « cadeau » fait aux automobilistes par le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin, a pu jouer dans cette dégradation. Depuis janvier dernier, les petits excès de vitesse ne sont plus, en effet, sanctionnés par un retrait de points.

On peut craindre que le facteur lié à l’inattention au volant continue d’augmenter dans les prochaines années avec la multiplication des équipements embarquésAssociation des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa)

Pour l’association, l’annonce faite plusieurs mois plus tôt a été un mauvais signal adressé aux usagers de la route et a pu contribuer à un certain relâchement. L’Asfa s’alarme également de l’implication écrasante des moins de 35 ans dans les accidents mortels. Alors qu’ils ne représentent que 17 % des conducteurs, ils sont à l’origine d’un accident mortel sur deux.

Leur part atteint 44 % quand l’alcool, la drogue et les médicaments sont en cause et 50 % pour les manœuvres dangereuses. Elle culmine enfin à 52 % pour la vitesse excessive. L’étude souligne aussi le rôle de l’inattention au volant. 15 % des vies brisées sur autoroute auraient pu être évitées si les conducteurs n’avaient pas fait usage de leur smartphone ou tablette en roulant.

Améliorations sur la somnolence 

Les données des forces de l’ordre, qui interviennent sur chaque accident mortel, permettent à l’Asfa d’établir que la manipulation de ces objets avait surtout lieu lors des déplacements domicile-travail. « On peut craindre que le facteur lié à l’inattention au volant continue d’augmenter dans les prochaines années avec la multiplication des équipements embarqués et des services qu’ils proposent », s’inquiète l’association.

Première cause des accidents mortels il y a encore trois ans, la somnolence est quant à elle reléguée aujourd’hui au sixième rang (13 %). Des résultats encourageants « grâce aux campagnes sur la fatigue au volant », selon Christophe Boutin. Parmi toutes ces données, l’Asfa insiste aussi sur le nombre d’accidents mortels provoqués par des piétons (18 %).

« Il peut s’agir de piétons sortant d’un véhicule en panne ou accidenté (62 %), mais également de piétons provenant de l’extérieur et traversant les voies (25 %) », note les auteurs de l’étude. Enfin, l’association rappelle que deux agents travaillant sur les autoroutes ont été mortellement fauchés par des automobiles l’an passé.

Source

Il y a tellement de bienfaits à ne plus consommer d’alcool

Jacques Pochon, Bulle

Intéressant et important de consacrer une page à la problématique de la consommation ou non d’alcool (lire La Liberté du 16 juillet, «Sobres, ils vivent très bien, merci»). En effet, le fait de ne pas boire d’alcool peut être source d’incompréhension, de jugement, de mise à l’écart quelquefois. Pourtant la doctoresse responsable du service des addictions au CHUV le dit clairement: «Moins on boit, mieux c’est.»

Je pense qu’il serait souhaitable, pour prévenir tous les problèmes de santé dus à la consommation d’alcool, ainsi que les dégâts causés sur les routes et dans les familles, d’agir pour supprimer toute publicité, d’éduquer la jeunesse pour l’inciter à ne pas commencer à boire. Une solution serait de valoriser les boissons sans alcool, de les vendre moins cher peut-être.

En ces temps où l’on se plaint de l’augmentation alarmante des primes d’assurance-maladie, le fait de diminuer fortement la consommation d’alcool serait une partie de la solution. Le raisin et le jus de raisin sont si bons! Et je ne parle pas des bienfaits au niveau de la santé, aussi bien physique que spirituelle. Notre porte-monnaie lui aussi serait content d’une telle solution. Bravo à ces jeunes pour le courage de leur décision!

Révolutionner les tests de THC : détecter le cannabis avec seulement quelques gouttes de salive

SciTechDaily

Avec seulement quelques gouttes de salive et en quelques minutes, la présence de THC peut être détectée grâce à une technique développée par les universités de Cordoue et de Valence, permettant d’accélérer le processus d’analyse et d’utiliser de très petits échantillons.

Les universités européennes ont développé une nouvelle méthode pour détecter rapidement et avec précision le THC dans de petits échantillons de salive.

Cette technique simplifie les processus traditionnels en deux étapes principales et utilise la spectrométrie de masse pour une analyse rapide. Elle représente une avancée significative dans la technologie de dépistage des drogues.

Le cannabis est la drogue illégale la plus consommée en Europe. On estime qu’environ 8 % des adultes ont consommé du cannabis en 2022. L’abus généralisé de cette substance a des conséquences sur la santé et est considéré comme un problème social important. Une ressource fondamentale pour contrôler son utilisation et éviter ces problèmes de santé serait une forme d’analyse rapide, simple, non invasive et fiable qui utilise un liquide facile à extraire, comme la salive.

Analyse innovante basée sur la salive

Afin d’accélérer ce type d’analyse et de le rendre efficace dans des échantillons de salive plus petits, le FQM-215 – Préparation d’échantillons abordable et durable Le groupe de l’Université de Cordoue a travaillé en collaboration avec le groupe GICAPC de l’Université de Valence pour concevoir une nouvelle technique d’analyse qui simplifie le traitement de l’échantillon et permet de vérifier la présence de THC (Tétrahydrocannabinol) avec seulement 0,25 ml de salive.

Des chercheurs sur la détection salivaire du cannabis

Les chercheurs qui ont mené l’étude. Crédit : Université de Córdoba

Technique de micro extraction dispersive

À cette fin, on utilise une technique appelée micro extraction dispersive par sorption, avec un barreau agitateur miniaturisé, qui « consiste en l’ajout d’un matériau capable d’extraire les analytes dans l’échantillon (dans ce cas, le tétrahydrocannabinol « L’aimant agitateur (qui se trouve dans la salive) a des propriétés magnétiques, de telle sorte que lorsqu’on place un très petit aimant (le barreau agitateur) dans le dispositif dans lequel se trouve la salive, une agitation magnétique se produit, provoquant la formation d’un vortex, dispersant les particules qui interagissent avec les analytes de l’échantillon.

Lorsque l’agitation s’arrête, les particules contenant les analytes sont à nouveau attirées par l’aimant », explique Jaime Millán Santiago, chercheur à l’UCO.

De cette façon, les molécules de THC présentes dans la salive peuvent être extraites très rapidement. « Nous avons réduit à 2 étapes ce qui serait autrement de 5 », a déclaré la professeure de l’UCO Marisol Cárdenas.

Détection simplifiée du THC

Après l’étape de préparation de l’échantillon vient la deuxième : « Nous transférons l’aimant miniaturisé, recouvert des particules qui ont piégé le THC qui se trouvait dans l’échantillon, et le transférons dans une aiguille, à laquelle nous appliquons une haute tension et ajoutons un solvant organique capable d’interrompre l’interaction entre le matériau extractant et le THC, générant un électrospray qui est introduit dans le spectromètre de masse » explique le chercheur.

En seulement deux étapes, et avec un très petit échantillon de salive, la concentration de cannabis dans la salive peut être déterminée en quelques minutes seulement. Cette technologie, comme l’explique le professeur Rafael Lucena, « pourrait déjà être incorporée dans les méthodes d’analyse des laboratoires de routine » et se distingue par sa sensibilité, sa sensibilité, sa précision et sa précision.

Innovation collaborative

Cette technologie est possible grâce à la combinaison de deux innovations développées par les équipes de Cordoue et de Valence. Alors que l’étape d’extraction et de préparation de l’échantillon a été conçue par l’Université de Valence, la méthode d’analyse a été conçue par cette équipe au sein du Département de chimie analytique de l’Université de Cordoue.

« Nous utilisons des aiguilles en acier inoxydable (un matériau peu coûteux et disponible) et nous profitons de la partie non métallique de l’aiguille (cavité luer) pour coupler l’aimant avec le THC, retenu sur le matériau extractant, et, pour l’immobiliser, nous utilisons un autre aimant externe, permettant ainsi au flux du solvant de passer et d’éluer les analytes, qui sortent de la pointe de l’aiguille sous forme de spray qui pénètre dans l’instrument d’analyse, où la concentration de THC est mesurée », explique Jaime Millán, l’un des créateurs de cette méthode.

Source

Une hausse de 30 % par rapport à 2019 : de plus en plus de conducteurs contrôlés positifs à la drogue

Les résultats des échantillons de 2023, montrent que le cannabis reste la drogue la plus souvent consommée : 58 % des échantillons salivaires en contiennent, relève Vias.

Image=d-20201224-GKHLNK_high.jpg
Photo News.

En 2023, un total de 12.636 conducteurs ont été contrôlés positifs à l’une ou plusieurs drogues, ce qui représente en moyenne 35 procès-verbaux par jour. Il s’agit d’une hausse de 30 % par rapport à 2019, selon des chiffres communiqués vendredi par l’institut belge de la sécurité routière Vias. Un conducteur positif sur six l’était à plusieurs drogues.

En Belgique, près de 80 % des analyses salivaires sont effectuées par l’Institut National de criminalistique et de criminologie (INCC). Les résultats des échantillons de 2023, montrent que le cannabis reste la drogue la plus souvent consommée : 58 % des échantillons salivaires en contiennent, relève Vias.

Vient ensuite la cocaïne, présente dans un échantillon salivaire sur 3 (33 %), puis les amphétamines (13 %) et les opiacés (héroïne, morphine) (2 %).

Selon Vias, les conducteurs sous l’influence de plusieurs drogues ont 5 à 30 fois plus de risques d’être impliqués dans un accident, en fonction du type de drogue et de la dose consommée. La drogue présentant le risque d’accident le plus élevé sont les amphétamines, notamment en raison de leurs effets stimulants sur le système nerveux central.

Dans son mémorandum publié avant les élections, Vias réclamait un contrôle drogue systématique en cas d’accident. Face à ces constats, elle réitère cette demande.

Source

Le cannabis tue, lui aussi

Le cannabis n’est pas une drogue douce.

De nouveaux cannabinoïdes de synthèse, plus puissants que le THC, ont des effets létaux.

Professeur Jean Costentin

Cette assertion répond à cette autre « le cannabis, lui, ne tue pas ». Cette dernière exprime, de façon péremptoire et sans nuances, qu’à la différence de l’héroïne, qui peut mettre en jeu le pronostic vital si elle est utilisée à de fortes doses (« overdose »), de très fortes doses de cannabis / THC, en aigu, n’attentent pas à la vie.

Reprise avec gourmandise par divers médias, cette formule a fait flores. Ceci a contribué à banaliser et à véhiculer la fausse bonne idée et en fait la vraie mauvaise idée que le cannabis est une drogue douce. En effet, il n’existe pas de drogue douce.

Des doses même très élevées de cannabis n’induisent pas de paralysie respiratoire. Le bulbe rachidien et son centre respiratoire ne comportent pas de récepteurs CB1 dont la stimulation pourrait paralyser cette fonction. Par contre des récepteurs opioïdes de type mu / m, qui sont la cible des agents morphiniques ou apparentés (opiacés ou opioïdes) sont abondants dans cette région cérébrale où leur stimulation, si elle est intense, paralyse la respiration.  Il n’empêche que de nouveaux cannabinoïdes de synthèse, beaucoup plus puissants que le THC, ont en aigu des effets létaux.

Qu’il n’y ait pas « d’overdoses » avec le cannabis, ne permet en rien de généraliser la notion de son innocuité et de la formuler « le cannabis, lui, ne tue pas » ; érigeant cette assertion tel un acte de foi, un mantra, le onzième commandement d’un décalogue devenu undécalogue. C’est pourtant, comme on va le voir, manifestement faux.

Le cannabis tue sur la route ; se situant presque au niveau de l’alcool, utilisé seul il est responsable de  731 morts en 2019 (23% des morts, contre 32% pour l’alcool). Sa fréquente, pour ne pas dire très banale association à l’alcool, à d’autres drogues, et à certains médicaments psychotropes multiplie par 29 le risque d’accidents mortels de la route.

Les effets désinhibiteurs du cannabis peuvent conduire : à des comportements auto- ou hétéro-agressifs : des défenestrations, des rodéos automobiles, des relations sexuelles non protégées par des préservatifs (le « monter à cru » des soirées homosexuelles amène à rappeler que si les traitements contre le SIDA ont fait d’énormes progrès, ils ne guérissent pas cette infection, qui peut encore tuer).

Le cannabis, par le jeu de l’escalade toxicomaniaque, incite à l’usage d’autres drogues, au nombre desquelles des opiacés et opioïdes, dont l’abus peut déboucher sur des overdoses mortelles.

Le cannabis peut induire de novo, ou décompenser, ou aggraver, la schizophrénie, affection dans laquelle l’espérance de vie est abrégée en moyenne d’une vingtaine d’années, 10% des schizophrènes meurent de mort violente.

 La dépression que peut induire le cannabis peut être à l’origine de tentatives de suicide, dont certaines aboutissent à des couronnes mortuaires.

La toxicité du cannabis est supérieure à celle du tabac (responsable de 75.000 morts chaque année en France). Sa toxicité résulte d’une production 6 à 8 fois plus élevée de goudrons cancérigènes (pour la sphère ORL et broncho-pulmonaire) et de 6 à 8 fois plus d’oxyde de carbone / CO avec sa toxicité cardio vasculaire (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, pancréatites…).

Diffuser l’idée que le cannabis ne tue pas est pire qu’une faute, c’est un crime, car il livre les crédules à la toxicité de cette drogue qui leur est dissimulée.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑