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Cannabis: Retailleau rejette en bloc l’idée d’un référendum sur la légalisation proposé par le maire de Grenoble

Matthieu Heyman

Le 24/01/2025

Le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, le 11 octobre 2024, lors de sa visite au centre de rétention administrative au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne)
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, le 11 octobre 2024, lors de sa visite au centre de rétention administrative au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) – JULIEN DE ROSA / AFP

Le ministre de l’Intérieur s’oppose ce vendredi au maire de Grenoble, Éric Piolle, qui réclame un référendum sur la dépénalisation du cannabis

Un référendum sur la dépénalisation du cannabis? C’est l’idée partagée par le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle ce jeudi 24 janvier qui a appelé Emmanuel Macron à organiser un référendum sur cette question.

« On met de plus en plus de gens en prison, mais pour autant (…) le niveau du trafic est toujours aussi élevé », a déclaré sur France info l’élu, qui a déjà par le passé évoqué une légalisation encadrée du cannabis.

« Je propose que le président de la République prenne l’initiative de faire un référendum sur le sujet, ça permettra de poser le sujet avec hauteur, plutôt que de s’embrouiller », a déclaré le maire grenoblois.

Les trafiquants de drogue, des « marchands de mort »

La ville de Grenoble est régulièrement le théâtre de règlements de compte liés au trafic de stupéfiants. En août dernier, le procureur de la République de Grenoble Éric Vaillant avait dénoncé « une guerre des gangs intense, avec des fusillades quasi-quotidiennes ».

Mais, de son côté, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est montré opposé à une telle consultation. « Le maire de Grenoble (…) veut littéralement trouver une ‘manière de vivre’ avec ces marchands de mort », a écrit ce vendredi 24 janvier le ministre de l’Intérieur sur X.

« Le seul modus vivendi (manière de vivre, NDLR) acceptable avec les narco-racailles, c’est la prison », a poursuivi Bruno Retailleau.

Le cannabis est la drogue la plus consommée en France avec 5 millions d’usagers dans l’année en 2023, selon la dernière étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

Dans le même temps, la demande en cocaïne n’a jamais été aussi forte avec 1,1 million de personnes qui en ont consommé au moins une fois dans l’année.

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Comment se sortir de l’alcool ?

Une hausse record de consommation de cocaïne en France

La consommation de cocaïne en France atteint des sommets sans précédent. Selon le rapport annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) pour 2025, près de 9,4 % des adultes entre 18 et 64 ans ont déjà expérimenté la cocaïne, marquant une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Parmi eux, 2,7 % en ont consommé au cours de l’année écoulée, un chiffre alarmant qui place la France parmi les pays européens les plus touchés par ce phénomène.

En 2023, près de 1,1 million de Français ont déclaré avoir consommé de la cocaïne, soit près du double par rapport à 2017. Cette hausse souligne la gravité de l’évolution des comportements addictifs dans l’Hexagone.

La hausse de l’usage régulier de cette drogue stimule un débat crucial sur ses causes et ses conséquences. Quels sont les moteurs de cette tendance, et comment la société française peut-elle y répondre efficacement ?

Le profil des consommateurs de cocaïne en France

Autrefois associée à un usage élitiste, la cocaïne est aujourd’hui devenue une drogue à portée de publics variés. Le rapport de l’OFDT révèle que l’âge moyen des consommateurs tend à baisser, touchant notamment les jeunes adultes. 1,4 % des adolescents de 17 ans rapportent avoir déjà essayé la cocaïne, un taux qui pourrait paraître faible mais qui indique une préoccupante progression parmi cette tranche d’âge vulnérable.

De plus, les différences de genre s’amenuisent : bien que les hommes soient encore majoritaires parmi les consommateurs (13,4 % contre 5,5 % pour les femmes), la progression de la consommation féminine suggère une évolution socioculturelle dans l’usage des drogues.

Les tortures infligées au mot « drogue »

Pr. Jean Costentin

        Sous le prétexte que tabac et alcool sont licites certains oublient qu’il s’agit de drogues. Ne voit-on pas fleurir des expressions comme « le tabac et l’alcool ainsi que les drogues », comme si le tabac et l’alcool n’en étaient pas. Comme s’ils n’étaient pas convoqués pour intensifier la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens et stimuler ce faisant les récepteurs dopaminergiques D2 de ce noyau pour susciter une sensation de plaisir ; ce qui est le mécanisme d’action neurobiologique commun à toutes les drogues.

Le tabac et l’alcool sont des drogues, de vraies drogues, et souvent des drogues très délétères (75.000 décès annuels pour ce premier et 42.000 pour ce second) même s’il existe pour l’alcool des usages raisonnables peu nocifs.

Alors que sont sortis si facilement du champ des drogues ces deux toxiques, on y fait entrer sans nuance des substances qui y sont étrangères/ allogènes. Ainsi entend-on souvent parler de « drogues de soumission chimique » ou de « drogues du violeur » pour des substances aussi différentes que le GHB / gamma-OH ; le ZyrtecÒ / cétirizine ; le DonormylÒ / doxylamine ; des benzodiazépines anxiolytiques et / ou hypnotiques et / ou antiépileptiques, comme le RivotrilÒ / clonazépam ; des hypnotiques tels l’Imovane Ò / zopiclone, le StilnoxÒ / zolpidem ; des antidépresseurs inhibiteurs de la recapture spécifiques de la sérotonine (IRSS) :  le ProzacÒ, le FloxyfralÒ  / fluoxétine,  le DeroxatÒ, DivariusÒ, Paxil / paroxétine ; le ZoloftÒ / sertraline ; les SeropramÒ, CelexaÒ / citalopram ; les SeroplexÒ, CipralexÒ / escitalopram ; le PriligyÒ  / dapoxétine…

A côté de ces psychotropes, certaines drogues sont utilisées pour ces soumissions : l’ecstasy / MDMA et des dérivés ; d’autres amphétamines dont la méthamphétamine ; la cocaïne. Elles sont le plus souvent introduites subrepticement dans une boisson ou font l’objet d’une consommation consciente,  mais dont les conséquences en matière de soumission peuvent être ignorées du consommateur : ainsi l’alcool, le cannabis, la cocaïne, l’ecstasy, les cathinones dont la 3MMC, les opiacés (morphine, codéine) et des opioïdes (tramadol, méthadone…) ou encore le protoxyde d’azote par inhalation… Des agents psychodysleptiques comme le LSD (diéthylamide de l’acide lysergique) ou la kétamine sont également incriminés.

Si certaines des substances qu’on vient d’énumérer sont effectivement des drogues pour ceux qui s’y adonnent avec régularité, ce n’est pas le cas dans la soumission chimique où elles sont administrées à l’insu du plein gré du consommateur qui en est la victime. En effet, selon le code pénal (article 222-15 modifié par la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007), la soumission chimique fait partie des infractions définies comme « l’administration volontaire de substance nuisible portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’autrui ».

L’expression « drogue du violeur » devrait être bannie et remplacée par celle d’agent de soumission chimique, quand bien même cette substance serait par ailleurs une drogue. D’abord elle n’est pas celle du violeur mais celle utilisée par le violeur, ou par celui qui assiste au viol de la victime sans le pratiquer lui-même (cf. l’épouvantable drame de Mazan, infligé à madame Pélicot). De plus toute soumission chimique ne se traduit pas inéluctablement par un viol. La soumission chimique n’implique pas que les agressions sexuelles, elle concerne également des vols avec ruse, l’extorsion de signature, la compétition quelle que soit sa nature (sport, entreprise) ou encore les situations où la sédation facilite le travail (garde d’enfants, en maison de retraite).

Enfin, sous le prétexte que le mot drogue peut faire peur, d’aucuns s’appliquent à l’émasculer. Ils parlent de « substance d’abus », mauvaise traduction du terme anglais « drug of abuse », qu’il faudrait traduire par « substance donnant lieu à une consommation abusive », et sûrement pas par « drogue d’abus », ce qui serait un pléonasme, puisque le terme drogue inclut consubstantiellement la notion de consommation abusive.

Dans cette tectonique du mot drogue apparaît l’expression « substance » (tout court), ce qui ne veut rien dire, puisqu’il y a des millions de substances dont, parmi elles, quelques centaines au plus sont des drogues.

Autre terme anglais pour désigner les drogues au sens français de ce terme celui de « addictive drug ». Il devrait être traduit « substance addictive », ou « substance aux effets addictifs », ou « substance engendrant une addiction ». Si le terme drogue fait peur, en cette période où tant d’humains s’y adonnent, il n’y a aucun intérêt à en amoindrir le caractère dissuasif, à moins que l’on veuille, comme certains addictologues à contre-emploi, accroître le nombre de leurs victimes

Pr. Jean Costentin

Un grande diversité de profils et de parcours pour les usagers de cannabis

Publié le 5 décembre 2024

L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie les résultats de l’enquête sociologique « Nouveaux visages des usagers réguliers de cannabis » (Novurc) qui explore les trajectoires et les habitudes de consommation de cannabis chez des adultes usagers réguliers de cannabis à l’âge adulte. Ceux-ci représentent, selon l’OFDT*, environ 3% des 18-64 ans. Ce travail met en lumière la grande diversité des profils et des parcours de ces usagers.

Les adultes qui consomment régulièrement du cannabis ne forment pas un groupe homogène : appartenant à des milieux sociaux très divers, leurs situations diffèrent fortement en termes de parcours et de styles de vie, de pratiques et de modes de consommation, mais aussi d’état de santé, notamment de santé mentale. Ainsi, parmi les personnes interrogées, un grand nombre rapportent des problèmes de santé mentale, chroniques ou épisodiques. Nombre d’entre elles racontent avoir recours au cannabis pour soulager des symptômes tels que l’anxiété ou le stress ou pour éviter des traitements médicamenteux.

Le milieu social est associé à des différences significatives dans les parcours de consommation : les personnes issues de milieux populaires, dès lors qu’elles sont confrontées à des problèmes de santé mentale ou à des conditions de travail difficiles, ont tendance à rapporter des consommations de cannabis plus élevées et plus durables.

Au-delà de la diversité des profils, l’étude identifie différents parcours d’usage parmi les consommateurs réguliers de cannabis, en fonction des quantités consommées, du rôle assigné au cannabis dans la vie quotidienne et de la relation avec d’autres produits. En croisant tous ces éléments, trois parcours typiques se dégagent :
– le premier se singularise par une consommation modérée de cannabis et « maîtrisée » dans le temps, souvent intégrée à des routines de fin de journée ;
– le deuxième est caractérisé par une consommation importante et prolongée de cannabis, parfois accompagnée d’une
consommation régulière d’alcool ;
– enfin, un troisième parcours-type regroupe des trajectoires marquées par l’usage de multiples substances, où le cannabis, après une période d’usage problématique d’autres produits (comme l’alcool ou d’autres drogues illicites), devient un recours pour s’en distancier.

L’analyse des trajectoires de consommation révèle une tendance à la stabilisation de toutes les consommations, ainsi que l'adoption progressive de pratiques de réduction des risques liées à la consommation de cannabis. Cependant, malgré le fait que les femmes ont souvent les consommations les plus modérées, ce sont elles qui pourraient aussi avoir la plus grande résistance aux changements de comportement.

Les résultats de cette enquête menée par entretiens entre 2022 et 2024, ouvrent des pistes de réflexion pour affiner les approches de réduction des risques et répondre aux besoins des usagers réguliers, en tenant compte de leurs profils variés et de leurs trajectoires spécifiques.

Drogues en France : une nouvelle étude révèle une augmentation de la consommation de cannabis et de cocaïne

En France, la consommation de drogues s’étend et se diversifie, touchant toutes les générations et classes sociales. L’enquête de L’Express révèle des tendances surprenantes.

La consommation de drogues en France ne cesse de croître, révélant des disparités marquées selon les substances, les zones géographiques et les populations concernées. L’enquête approfondie de L’Express dévoile trois aspects clés : les tendances d’usage, la cartographie des départements les plus touchés et les répercussions économiques d’un marché clandestin florissant.

La France confrontée à une consommation galopante

En France, la consommation de drogues atteint des sommets. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la cocaïne, longtemps perçue comme une drogue d’élite, s’est démocratisée. En 2023, près de 10 % des adultes français déclarent y avoir goûté, selon l’OFDT. Une progression fulgurante qui s’explique par une pureté renforcée et des prix accessibles, stables autour de 65 euros le gramme. Les grandes villes, notamment Paris et Marseille, deviennent les épicentres d’un usage festif qui ne connaît plus de barrières sociales.

Le cannabis, leader incontesté des drogues illicites, reste omniprésent. Avec plus de la moitié des Français adultes ayant expérimenté cette substance, sa banalisation semble actée. Mais un basculement s’opère : les jeunes consomment moins, tandis que les plus de 40 ans, souvent usagers occasionnels dans leur jeunesse, y reviennent. Quant aux nouvelles drogues comme la MDMA, elles séduisent une jeunesse avide de sensations fortes à moindre coût, marquant une diversification alarmante des usages.

Ce panorama montre que la drogue n’est plus l’apanage d’une seule classe ou génération. Hommes et femmes, riches et précaires, jeunes et seniors : aucun segment de la population n’est épargné. Alors que les hommes restent majoritaires parmi les usagers, la consommation féminine, notamment de cocaïne, affiche une hausse préoccupante. Ce phénomène illustre un relâchement des tabous culturels et une banalisation qui s’enracine profondément.

Marseille et la Seine-Saint-Denis : territoires sous emprise

La carte de la drogue en France révèle des disparités frappantes. Certaines zones, comme les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis, sont devenues de véritables poudrières. À Marseille, le narcotrafic gangrène des quartiers entiers. Les règlements de comptes y sont monnaie courante, plongeant des familles dans une violence qui dépasse l’imaginable. En Seine-Saint-Denis, la densité urbaine et la précarité offrent un terreau fertile pour les réseaux, transformant le département en un point névralgique du trafic.

Pourquoi ces territoires ? La réponse tient à des facteurs structurels. À Marseille, la proximité des ports méditerranéens en fait une plaque tournante idéale pour les cargaisons venues d’Amérique latine et d’Afrique du Nord. En Seine-Saint-Denis, la jeunesse, frappée par un chômage endémique, alimente un vivier de petites mains pour les trafiquants. Ces zones ne sont pas seulement des centres de consommation : elles sont le cœur battant d’un marché illégal qui nourrit violence et corruption.

3,5 milliards d’euros : le poids économique de la drogue

Derrière chaque gramme vendu se cache une machine économique tentaculaire. Le marché de la drogue en France génère environ 3,5 milliards d’euros par an, selon une enquête de Public Sénat. Le cannabis, à lui seul, représente l’essentiel de ce chiffre, avec des prix attractifs : 10 euros pour un gramme d’herbe, 8 euros pour de la résine. La cocaïne, malgré son coût plus élevé, continue de conquérir les villes et les campagnes.

Mais ces milliards ne s’arrêtent pas aux poches des trafiquants. Une grande partie de cet argent est blanchie, souvent via l’immobilier, un secteur où les sommes colossales échappent aux radars fiscaux. Parallèlement, le narcotrafic alimente un cercle vicieux : guerres de territoire, règlements de comptes et criminalité violente. À Marseille, 47 fusillades ont été recensées en 2023, laissant derrière elles des familles brisées et un climat de terreur.

Le coût pour la société est tout aussi vertigineux. Les hôpitaux débordent de patients victimes de surdoses ou de pathologies liées à des usages prolongés. Les forces de l’ordre, débordées par l’ampleur des réseaux, peinent à enrayer la spirale infernale. À cela s’ajoutent des fractures sociales profondes, exacerbées par un sentiment d’impunité dans certains quartiers.

Une bombe à retardement sociétale

Les chiffres sont alarmants, mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’enquête de L’Express met en lumière une réalité crue : la France est confrontée à une crise multidimensionnelle, où se mêlent consommation galopante, territoires abandonnés et violences endémiques

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La drogue en France : la réponse de ChatGPT

ChatGPT

ChatGPT est une intelligence artificielle capable de générer du contenu écrit. Développé par OpenAI, ce « chatbot » est ce que l’on appelle une IA générative. Il peut répondre à des questions, écrire des livres, organiser des notes, planifier des vacances, développer des lignes de codes… Il suffit de lui envoyer un « prompt » (une question) et ChatGPT s’exécute, avec la possibilité d’adapter sa personnalité.

La question de l’importance de la drogue en France est complexe et multidimensionnelle, touchant des aspects sociaux, économiques, de santé publique et de sécurité. Voici une analyse des principaux enjeux autour de la drogue en France :

1. Impact sur la santé publique

La consommation de drogues (légales et illégales) a des conséquences directes et indirectes sur la santé des individus. Les drogues illégales, comme la cocaïne, le cannabis, l’héroïne ou les drogues de synthèse, sont responsables de nombreux problèmes de santé, notamment des troubles psychiatriques, des dépendances, des overdoses et des maladies infectieuses (hépatite C, VIH).

La consommation de drogues légales, comme l’alcool et le tabac, est également très préoccupante en France, où ces substances sont responsables de milliers de morts chaque année.

L’État met en place des politiques de prévention, de réduction des risques (mises à disposition de seringues stériles, centres d’écoute et de soins pour les toxicomanes) et de traitement des addictions (médicaments de substitution, suivi psychologique).

2. Problèmes sociaux et criminels

Le marché des drogues illégales engendre un marché parallèle souvent contrôlé par des réseaux criminels. Les trafics de drogue sont source de violences, de conflits entre bandes rivales, et alimentent l’insécurité dans certains quartiers. Les forces de l’ordre et la justice sont confrontées à ce phénomène, ce qui nécessite des moyens considérables en matière de lutte contre le trafic de drogue.

Les usagers de drogues, souvent marginalisés, peuvent se retrouver dans des situations de précarité sociale, ce qui aggrave les inégalités. Les discriminations, notamment dans les quartiers populaires, et la stigmatisation des consommateurs rendent difficile leur accès à des soins et à un soutien adéquat.

3. Consommation et législation

La consommation de drogues en France est relativement répandue. Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée, bien que sa légalité soit débattue (des discussions sur une possible légalisation ont lieu régulièrement). Les jeunes sont particulièrement exposés à la consommation de drogues, ce qui pousse les autorités à mettre en place des campagnes de prévention dans les écoles et à essayer d’endiguer les réseaux de distribution.

Le Code pénal français prévoit des sanctions pour l’usage, le trafic et la détention de drogues. Toutefois, certaines voix militent pour une dépénalisation de la consommation personnelle de drogues, notamment pour le cannabis, estimant que la politique actuelle ne permet pas de réduire efficacement les risques associés à la drogue tout en alourdissant le fardeau du système judiciaire.

4. L’aspect économique

La drogue, notamment par le biais du marché noir, représente un secteur économique important, bien que souvent invisible et non mesurable de manière précise. L’argent circulant dans ce secteur alimentant les trafics peut avoir un impact sur l’économie de certains quartiers, mais la situation est paradoxale : d’un côté, il y a des profits pour les trafiquants et de l’autre, un coût pour la société sous forme de dépenses publiques pour la prévention, le traitement et la répression du trafic.

5. Législation et débat public

Le débat sur la politique de la drogue en France est actif, en particulier concernant la légalisation ou la dépénalisation de certaines drogues, comme le cannabis. Si certains plaident pour un assouplissement des lois pour des raisons économiques ou de régulation des marchés, d’autres estiment que cela aggraverait les problèmes de santé publique et les risques associés à la consommation.

Conclusion

La question de la drogue en France touche à des dimensions variées, allant de la santé publique à la sécurité, en passant par les enjeux sociaux et économiques. Bien que des politiques publiques de prévention et de traitement existent, elles se confrontent à des défis importants, notamment en matière de lutte contre le trafic, de stigmatisation des usagers et de gestion des addictions. La question de la légalisation du cannabis, par exemple, fait toujours l’objet de vifs débats dans l’opinion publique et chez les décideurs politiques.

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La Lettre du CNPERT n°93 (Novembre 2024)

 Lettre N°93   
Président : Pr. Jean-Pierre Goullé   
Éditeur en chef : Pr. Jean-Paul Tillement   Novembre 2024­­

La Lettre du CNPERT
­­Comité National de Prévention, d‘Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il est majeur de nous préoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons.


ÉDITORIAL
L’éditorial du Président du CNPERT, Jean-Pierre Goullé

Un narco-état en Europe ?La situation des drogues en Europe est extrêmement préoccupante, aussi, l’Observatoire Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT) tire la sonnette d’alarme.
Pour répondre à cette menace majeure, depuis le 2 juillet dernier, l’OEDT devient l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA). Ses compétences sont élargies et ses moyens sont renforcés pour mieux analyser et faire face à un phénomène de plus en plus complexe et en très rapide évolution.

La naissance de l’EUDA constitue une étape capitale pour traiter les défis actuels et futurs. Son objectif est d’accroître son aide aux décideurs politiques et aux professionnels en charge des drogues. Ses attributions sont élargies dans trois domaines:- l’observation et la surveillance de toutes les drogues,- la préparation de l’UE face aux nouvelles menaces,- le développement de ses compétences pour assurer des réponses adaptées.
Dans son rapport 2024, publié le 11 juin dernier, l’EUDA résume la situation de la drogue en Europe fin 2023, par trois mots-clés : partout, tout, tout le monde.Partout : à l’échelle internationale les problèmes de drogue se multiplient partout en Europe, avec la montée de la violence et de la corruption qui sont liées à ce marché. On constate une demande croissante des usagers pour des produits qui sont de plus en plus puissants et de plus en plus purs, comme le montrent les saisies. Cette situation est corrélée avec la forte progression des problèmes sanitaires.

LES DROGUES ILLICITES EN EUROPE EN 2024
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Dans son rapport 2024 publié le 11 juin dernier, l’Agence de l’Union Européenne sur les drogues confirme qu’avec 956 nouvelles drogues surveillées au 31 décembre 2023, le marché européen est en plein développement et est extrêmement actif. En plus de ces nouvelles drogues, les sites de production de cocaïne en Europe montrent la forte capacité d’adaptation et d’innovation des réseaux criminels. Ainsi, le démantèlement de laboratoires de transformation de cette drogue à grande échelle en Belgique, en Espagne ou aux Pays-Bas, éclaire sur la nouvelle organisation de ces réseaux criminels des deux côtés de l’Atlantique. Lire l’article­

LES CONSÉQUENCES MATERNELLES DU CANNABIS PRÉ-GESTATIONNEL­
L’étude rétrospective d’une vaste cohorte (entre les années 2011 et 2019) en Californie (où, du fait de sa légalisation en 2016, le cannabis est largement consommé, y compris par les femmes enceintes) a étudié́ l’association entre la consommation de cannabis par la mère en période prénatale et les suites obstétricales maternelles. Les consommations déclarées étaient quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles ou nulles. Des tests urinaires ont été réalisés pour mettre en évidence une consommation non avouée.­

LES ROUTES ALLEMANDES PLUS DANGEREUSES
« GRÂCE » À LA LÉGALISATION DU CANNABIS RÉCRÉATIF
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Depuis le jeudi 22 août 2024, l’Allemagne a modifié les règles concernant le cannabis au volant sur les routes allemandes, afin de s’adapter à la nouvelle légalisation du cannabis dit « récréatif », en vigueur dans le pays depuis le 1er avril 2024. Dorénavant, pour pouvoir conduire leur véhicule, les consommateurs allemands ne doivent pas dépasser 3,5 ng de tétrahydrocannabinol (THC, principal principe actif du cannabis) par millilitre de sang (3,5 ng/mL). Ce seuil était, auparavant, de 1 ng/mL. Cette décision est une erreur scientifique. En effet, dans l’étude Vigicann que nous avons menée, il y a déjà quelques années, chez des consommateurs occasionnels (1 à 2 joints par semaine) et des consommateurs chroniques (1 à 2 joints par jour), nous avions montré qu’il n’existe pas de relation entre la concentration sanguine de THC et les effets observés sur la route .Lire l’article­

UN BILAN PONCTUEL DE L’ALCOOLISME EN FRANCE­L’alcool tue, l’alcoolisme, l’abus d’alcool, est une toxicomanie mondiale majeure, caractérisée par le nombre élevé de personnes atteintes et la gravité de sa toxicité. Après le tabagisme, c’est la deuxième grande maladie addictive qui résiste aux efforts déployés pour la combattre.

Pourtant, elle fait partie des maladies évitables. L’alcoolisme tue directement (coma éthylique) et indirectement par les maladies qu’il provoque ou aggrave irréversiblement. Les chiffres sont éloquents : les derniers rapports de l’OMS lui imputent 2,6 millions de décès dans le monde dont 2 millions d’hommes et 600.000 femmes. Lire l’article­

DÉPENDANCE À LA NICOTINE : LES PRODUCTEURS DE TABAC À L’ŒUVRE


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L’industrie du tabac nous a habitué aux manipulations physiques : faux filtres qui ne filtrent pas, mais diluent la fumée et trompent les mesures de la machine à fumer, et chimiques; adjonction d’ammoniaque pour favoriser la nicotine libre plus addictive que la nicotine liée.

Aujourd’hui, cette industrie jongle avec les règles relatives aux produits de vapotage. Ainsi, deux études nord-américaines récentes (1,2) mettent en évidence les problèmes posés par les analogues de la nicotine, les sels de nicotine, et l’arôme menthol.  Lire l’article
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