Recherche

Près de 250 hospitalisations d’enfants par an pour intoxication au cannabis

Quentin Haroche | 02 Mai 2024

Paris – Si le cannabis est loin d’être la principale cause d’intoxication accidentelle chez les enfants, l’intoxication au cannabis a souvent des conséquences graves pour les plus petits.

C’est l’inquiétude de tous les parents : que son petit enfant boive de la lessive ou avale une pile-bouton et qu’il faille l’amener de toute urgence à l’hôpital. Si c’est généralement à ce genre de cas que l’on pense lorsqu’on évoque le sujet des intoxications accidentelles des enfants, il existe d’autres sources d’accidents domestiques certes moins fréquentes mais tout aussi voire encore plus graves.

Le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur la question pointe notamment du doigt le danger des ingestions accidentelles de cannabis par les jeunes enfants, de plus en plus fréquentes et particulièrement graves.

Pour élaborer ce rapport sur les intoxications accidentelles des enfants, publié le 24 avril dernier, les agents de l’Anses, en collaboration avec Santé Publique France (SPF) se sont appuyés sur plusieurs bases de données, notamment celles des centres anti poison (CAP), aussi bien que sur que les données hospitalières et de mortalité. Ils ont ainsi pu dresser un état des lieux des intoxications accidentelles chez les enfants entre 2014 et 2020.

Le cannabis, première cause d’admission en réanimation chez les enfants de moins de six ans

Au total durant cette période, plus de 143 000 appels à des CAP pour des intoxications d’enfants de moins de 15 ans ont été enregistrés, ainsi que plus de 63 000 passages aux urgences et plus de 23 000 hospitalisations pour des enfants de moins de six ans (ainsi que 23 décès d’enfants de moins de 15 ans).

Ce sont sans surprise les produits de nettoyage et d’entretien qui constituent la principale source d’intoxication accidentelle, à l’origine de plus de 29 % des cas enregistrés par les CAP, les produits de traitement de la lessive étant parmi eux la principale source d’accident. Le rapport de l’Anses note cependant que les intoxications pédiatriques dues à ces produits ont baissé de moitié entre 2014 et 2020 « suite à l’application des mesures de prévention européenne obligatoires depuis 2015 : boîte opaque, fermeture renforcée, pictogrammes de prévention… ».

Les intoxications au monoxyde de carbone constituent le cas le plus fréquent d’intoxication accidentelle conduisant à une hospitalisation (10,8 %), suivies de diverses intoxications médicamenteuses par analgésiques non opioïdes (10,4 % dont 5,9 % par paracétamol) ou par benzodiazépines (9,5 %). 

Le cannabis est lui à l’origine de 7,3 % de ces cas graves, soit environ 240 hospitalisations d’enfants de moins de six ans par an. Mais signe de la particulière dangerosité de cette drogue pour les enfants, le cannabis constitue la première cause d’hospitalisation en réanimation pour intoxication accidentelle pour les enfants de moins de six ans (23,3 %), devant les intoxications au monoxyde de carbone (20,6 %) et les intoxications par benzodiazépines (7,5 %). Chaque année, ce sont une vingtaine d’enfants qui sont admis en réanimation pour avoir ingéré du cannabis. 

Entre un et deux enfants hospitalisés en réanimation pour morsure de serpent chaque année

Les intoxications accidentelles au cannabis chez les enfants ont augmenté entre 2014 et 2020, que ce soit en fréquence ou en gravité : 11 % des passages aux urgences pour ingestion de cannabis ont abouti à une admission en réanimation en 2020, contre seulement 5 % en 2014. L’Anses note que le cannabis est de loin la drogue la plus souvent en cause en cas d’intoxication accidentelle de l’enfant, seulement quatre cas graves liés à d’autres stupéfiants ayant été recensés par les CAP entre 2014 et 2020.

Parmi les autres sources, à première vue improbables, d’intoxication accidentelle d’enfants, on peut relever les piqures d’araignée, qui constituent la première cause de passages aux urgences pour les enfants de moins de six ans, mais aussi les morsures de serpent, responsables d’une à deux admissions en réanimation chaque année. L’Académie de Médecine a d’ailleurs publié vendredi dernier des recommandations sur « les risques pour les enfants en contact étroit avec des animaux de compagnie non traditionnels » (ACNT).

Pour éviter les intoxications accidentelles, l’Anses rappelle quelques recommandations somme toute assez basiques : mettre hors de portée des enfants les petits objets ou les produits, ranger les médicaments ou veiller au bon usage des appareils de chauffage à risque d’émission de monoxyde de carbone.

L’Anses met également en garde contre la pratique du déconditionnement des produits ménagers, qui consiste à transvaser un liquide potentiellement dangereux dans une bouteille sans étiquette : chaque année, les CAP reçoivent plus de 6 700 appels liés à cette pratique, pour des accidents qui touchent enfants comme adultes.

Hypertension: plus de 650.000 cas liés à une consommation d’alcool dépassant les plafonds recommandés

Plus de 650.000 adultes en France métropolitaine, essentiellement des hommes, souffriraient d’hypertension artérielle du fait d’une consommation d’alcool dépassant une moyenne de 10 verres par semaine, selon une étude publiée mardi 30 avril par Santé publique France. En France, environ un adulte sur trois est hypertendu, soit environ 17 millions de personnes. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés, comme l’âge, les antécédents familiaux, une faible activité physique, une alimentation riche en sel et pauvre en fruits et légumes, l’obésité mais également la consommation d’alcool.

Pour mieux mesurer le poids de l’alcool, Santé publique France a cherché à estimer le nombre de cas d’hypertension attribuables à une consommation dépassant les plafonds recommandés chez les 18-74 ans. Pour limiter l’impact sur la santé de l’alcool, des repères de consommation à moindre risque (maximum 10 verres par semaine, maximum deux verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation) ont été définis depuis 2017 et communiqués régulièrement depuis.

Quelque 655.000 cas d’hypertension artérielle avant 75 ans «seraient liés à la consommation d’alcool excédant une moyenne de 10 verres par semaine en France métropolitaine», dont 624.000 hommes et 31.000 femmes, estime l’étude parue dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Faute de données récentes sur la fréquence de l’hypertension Outremer, l’étude est limitée à la métropole. La «différence importante» entre hommes et femmes résulte principalement, selon les chercheurs, de consommations d’alcool plus importantes des hommes par rapport aux femmes, mais aussi d’épisodes de binge drinking et d’alcoolisation massive plus fréquents chez les uns que chez les autres.

L’importance de la prévention

S’ils reconnaissent certaines limites méthodologiques à leur étude, ses auteurs la voient comme «une estimation a minima des cas d’hypertension artérielle attribuables à la consommation d’alcool qui s’avère très élevée, et fondée sur deux enquêtes robustes et représentatives de la population française, l’enquête avec examen de santé Esteban et le Baromètre de Santé publique France». Face à ces résultats, l’agence sanitaire insiste sur l’importance de la prévention de la consommation d’alcool mais aussi de la prise en charge de l’hypertension.

L’alcool demeure l’un des premiers facteurs de risque de maladies et de décès en France, avec plus de 40.000 décès attribuables. En plus des risques cardiovasculaires et de cirrhose, la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de certains cancers. «Si les Français ont réduit leur consommation d’alcool depuis trente ans, les niveaux de consommation restent très élevés (…) tant en population générale que parmi certaines sous-populations, comme les femmes enceintes», rappelle la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, dans un éditorial chapeautant ce bulletin épidémiologique.

Source

Une consommation excessive d’alcool chez les hommes

Quelque 655 000 cas d’hypertension artérielle avant 75 ans « seraient liés à la consommation d’alcool excédant une moyenne de 10 verres par semaine en France métropolitaine », dont 624 000 hommes et 31 000 femmes, estime l’étude parue dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire. Faute de données récentes sur la fréquence de l’hypertension Outremer, l’étude est limitée à la métropole.

 L'alcool est un facteur de risque important d'hypertension artérielle. © Salsabila Ariadina, Adobe Stock

 L’ALCOOL EST UN FACTEUR DE RISQUE IMPORTANT D’HYPERTENSION ARTÉRIELLE. © SALSABILA ARIADINA, ADOBE STOCK

La « différence importante » entre hommes et femmes résulte principalement, selon les chercheurs, de consommations d’alcool plus importantes des hommes par rapport aux femmes, mais aussi d’épisodes de binge drinking et d’alcoolisation massive plus fréquents chez les uns que chez les autres.

S’ils reconnaissent certaines limites méthodologiques à leur étude, ses auteurs la voient comme « une estimation a minima des cas d’hypertension artérielle attribuables à la consommation d’alcool qui s’avère très élevée, et fondée sur deux enquêtes robustes et représentatives de la population française, l’enquête avec examen de santé Esteban et le Baromètre de Santé publique France ».

Prévention et prise en charge de l’hypertension

Face à ces résultats, l’agence sanitaire insiste sur l’importance de la prévention de la consommation d’alcool mais aussi de la prise en charge de l’hypertension. L’alcool demeure l’un des premiers facteurs de risque de maladies et de décès en France, avec plus de 40 000 décès attribuables. En plus des risques cardiovasculaires et de cirrhose, la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de certains cancers.

« Si les Français ont réduit leur consommation d’alcool depuis trente ans, les niveaux de consommation restent très élevés (…) tant en population générale que parmi certaines sous-populations, comme les femmes enceintes », rappelle la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, dans un éditorial chapeautant ce bulletin épidémiologique.

Source

Cannabis – Comment en est-on arrivé là,

Et maintenant que faire ?

Pr. Jean Costentin


Un malaise sociétal croissant alimente le mal-être de notre jeunesse ; il contribue au déferlement du cannabis et de différentes autres drogues. Après l’énumération de plusieurs de ses causes nous considérerons quelques pistes susceptibles de contrer cette pandémie toxicomaniaque, de prévenir le recrutement de nouvelles victimes et guérir ceux qui ont succombé.

Notre Nation, d’une façon apparemment culturelle, est particulièrement vulnérable à l’usage, bientôt suivi par l’abus des drogues et de divers agents neurotropes et/ou psychotropes. Parmi les 27 Nations Européennes nous détenons le record des consommations de tabac, d’alcool, de cannabis, de morphiniques (morphine, héroïne, codéine, tramadol…) tandis que s’accroit, d’une façon inquiétante, celle de cocaïne.

Les consommations extravagantes du tabac et de l’alcool, légalisés de très longue date, attestent de notre incapacité à les gérer : le tabac piège 13 millions des nôtres et tue chaque année 75 000 d’entre-eux ; l’alcool a rendu dépendants 4 500 000 de nos concitoyens, dont quelques centaines de milliers d’alcooliques avérés ; il tue chaque année 42 000 d’entre-eux.

Alors qu’avec une dette abyssale nos finances publiques sont dans le rouge ces consommations loin de contribuer à un renflouement grèvent davantage le budget. Le coût direct des drogues pour les finances publiques est de 15 milliards d’euros pour le tabac, 5 milliards d’euros pour l’alcool et 2,5 milliards d’euros pour les drogues illicites, soit un total de 22,5 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB.

Ce coût direct représente 5,5% dans les dépenses publiques (qui s’élèvent à 380 milliards). Contrairement à une idée reçue, les taxes sur l’alcool et le tabac ne couvrent que respectivement 37% et 40% du coût des soins engendrés par les pathologies liées à leur consommation.

Nous sommes tout aussi défaillants pour la gestion des drogues illicites. Ainsi, malgré son interdiction, le cannabis recrute plus d’un million cinq cent mille usagers réguliers ; la buprénorphine à haut dosage est prescrite à plus de 100 000 sujets dépendants, dont beaucoup se l’injectent alors qu’elle est conçue (à un coût élevé pour la sécurité sociale) pour faire rompre les héroïnomanes avec leur comportement injecteur (ces héroïnomanes sont au nombre de 200 000 environ).

Au fond de ce trou, nous continuons de creuser, par l’idée récurrente de légaliser le cannabis ; légalisation conçue par ses défenseurs comme un préalable à celle des autres drogues. Ce qui nous ferait ressembler à l’Oregon qui, ayant légalisé toutes les drogues en 2021, connaît en 2022 une situation catastrophique liée à leur usage, avec près de 1 000 morts par surdose en 2022 pour 4,2 millions d’habitants (la France en compte 340 pour 67,7 millions d’habitants). Est-ce cela que nous voulons ? Comment sommes-nous tombés si bas ?

Nous n’avons pas perdu le combat contre les drogues, puisque nous avons tout fait pour ne pas l’engager ; nous avons au contraire laissé faire et laissé passer toutes les drogues à nos frontières.
Nous avons acheté (à crédit) une paix très relative dans les cités « sensibles », devenues « territoires perdus de la République » dont l’économie repose largement sur les drogues ; zones de « non-droit » qui, en fait, ont instauré un droit différent de celui de notre Nation.

La loi de décembre 1970 qui prohibe les drogues n’a été ni enseignée, ni expliquée, ni justifiée et dès lors n’a pas été appliquée. Les juridictions ont régulièrement classé sans suite les infractions qui leur étaient communiquées, faisant de façon répétée des « rappels à la loi », aux mêmes délinquants, qui repartent aussitôt, jetant un regard narquois sur les policiers qui les ont présentés au juge.

Cette loi a été la cible récurrente d’idéologues formatés aux errements de mai 1968, adeptes de « l’interdiction d’interdire », militants véhéments pour la légalisation du cannabis, qu’ils voient comme un préalable à celle de toutes les drogues. C’est pour certains l’inefficacité de la loi de 1970 qui serait responsable de l’échec de la politique sur les drogues illicites dans notre pays et en particulier de la forte
consommation de cannabis.

C’est l’argument que mettent systématiquement en avant ceux qui réclament la dépénalisation / légalisation de cette drogue. L’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) a montré que les peines d’emprisonnement prévues pour l’offre d’un kilogramme d’héroïne ou de cannabis (quantité en vue de reventes) diffèrent considérablement parmi les 25 pays européens ayant participé à cette enquête.

Ainsi, en Grèce, pays où les sanctions infligées sont les plus lourdes, l’offre d’un kg d’héroïne conduit
à 20 ans de prison et l’offre d’un kg de cannabis conduit à 10 ans de prison. A l’autre extrémité de la sévérité des sanctions, les pays les plus tolérants et les plus laxistes en matière de trafic de drogue sont les Pays-Bas et la France pour lesquels l’offre d’un kg d’héroïne conduit à des peines de respectivement 1 an et de 2 ans de prison.

La loi de décembre 1970 a été profondément assouplie par la loi Taubira et ses décrets d’application
avec l’aménagement des peines selon : les circonstances de l’infraction, la personnalité de l’auteur, sa situation matérielle, familiale et sociale. Un décret d’application a instauré la transaction pénale pour les petits délits passibles d’un an d’emprisonnement maximum.

Après accord préalable du Procureur, elle se conclue par le règlement immédiat d’une amende, ce qui éteint l’action publique. La loi de 1970 n’était pas appliquée et la loi de 2014 avec son décret d’application de 2015 l’a rendue totalement inopérante. Ainsi, avec une démagogie consubstantielle à leur fonction élective, nos hommes et femmes politiques ont émasculé par degrés la loi de prohibition.

Elle se réduit à une simple amende de 200 €, ne laissant aucune trace et non acquittée dans la majorité des cas. Le président de la République s’en étant ému, ceux qui requièrent la suppression de cette amende et de facto la légalisation du cannabis, ont été pris de convulsions.

Il s’agit de consommateurs, de prosélytes du haschisch, d’addictologues à contre-emploi (pour beaucoup rétribués par le budget de la Nation) et évidemment de la « Fédération Addiction » elle aussi financée largement par nos impôts. Tous devraient « se soumettre à la loi ou se démettre », mais cette exigence est systématiquement bafouée.

Le trafic de cannabis continue de prospérer à partir du Rif Marocain, premier
producteur de cette drogue. Son auto-culture se développe, au point de représenter 10% de
la consommation ; elle est facilitée par l’implantation diffuse des « grow shops » pour l’achat
du matériel, prolongé par la commande des graines sur le Net puis leur livraison à domicile
par la Poste.

Les buralistes vendent du papier à cigarette grand format, dont le seul usage est la confection des « pétards » (cigarettes grossières de marijuana). La MILDT devenue MILDECA dont l’acronyme par sa lettre L, signifie Lutte (contre les drogues, toxicomanies et autres conduites addictives) a été présidée, à l’exception d’E. Apaire et de N. Prisse, par des missionnaires de la légalisation du cannabis (N. Maestracci, D.Jayle, D. Jourdin-Menninger) Cannabis et autres drogues circulent assez librement en prison, permettant à des détenus qui n’en étaient pas dépendants à l’entrée le soient à leur sortie.

Cannabis et autres drogues sévissent dans les hôpitaux psychiatriques où sont traités nombre de patients qui en sont les victimes. La poursuite en ces lieux de leur consommation aggrave leur état, induit une résistance à leurs traitements et prolonge leur durée de séjour hospitalier.

Les médias annoncent régulièrement la légalisation imminente du cannabis, incrustant la notion de son innocuité. Qui imaginerait qu’un État responsable (y compris de la santé de ses citoyens) puisse faciliter la diffusion d’une drogue délétère, qu’il faut fumer pour la consommer alors que l’on prône l’éradication du tabac qui tue la moitié de ses consommateurs ?

Faisant dans l’abjection, une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran (neurologue qui devint le ministre de la Santé que l’on sait et qui se reconvertit dans la « médecine esthétique ») s’est fixée pour objectif d’obtenir la légalisation du cannabis sous trois rubriques : de « confort », « thérapeutique » et « récréatif » (pour ne pas dire toxicomaniaque).

A partir d’une expérimentation clinique qui accumule des biais et déroge aux règles d’évaluation des médicaments, elle est parvenue, par un « cavalier législatif » introduit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, acquise par la procédure du 49-3, à faire autoriser (pour 5 ans renouvelables) le « cannabis thérapeutique ».

Beaucoup des graves méfaits physiques, psychiques et psychiatriques du cannabis, sont occultés par la plupart des médias, au sein desquels sévissent des sujets contaminés par cette drogue, évidemment acquis à la cause de sa légalisation. Pour s’en convaincre il suffit de demander à nos concitoyens ce qu’ils savent de la responsabilité du cannabis dans la survenue d’artérites, d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus du myocarde, de pancréatites aiguës, de cancers du testicule, de cancers broncho-pulmonaires…

Plus édifiant encore, ce qu’ils savent de ses effets épigénétiques, qui persistent longtemps après l’arrêt de
sa consommation, et que le consommateur peut transmettre à sa progéniture ; pouvant engendrer : malformations, autisme, vulnérabilité aux toxicomanies, troubles anxieux, dépressifs, schizophréniques, cognitifs, déficits immunitaires, certaines hémopathies…).

Pourquoi avoir tant attendu pour engager la lutte contre les trafiquants et les dealers par ces opérations « place nette » ; après avoir laissé prospérer les trafics pratiqués par plus de 220 000 dealers ?
Pourquoi ne procède-t-on à davantage de contrôles fiscaux de certaines épiceries, de certains restaurants, et autres blanchisseries de l’argent de la drogue ? 

Pourquoi ne demande-t-on pas plus souvent à des individus sans emploi, de justifier des moyens permettant leurs achats de luxe ? Pourquoi l’Éducation nationale a-t-elle, au très long cours, assisté sans réagir à la montée du péril chez les jeunes qui lui sont confiés, (du Collège jusqu’à l’Université) ; péril
traduit par leur crétinisation, leur désinhibition, leur démotivation, leurs incivilités, leurs
résultats pitoyables au classement international PISA des performances éducatives ?

Pourquoi ne traque-t-on l’usage du cannabis chez certains enseignants, élèves, cadres, décideurs… ; ce qui est techniquement facile ? Pourquoi tarde-t-on encore à mettre en place une prévention digne de ce nom ; dispensée par des enseignants convaincus, formés à cet effet, Pourquoi laisser se fissurer le rempart contre les drogues que constitue le sport.

l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) à la suite de l’agence mondiale qui accorde désormais des circonstances atténuantes aux sportifs qui présentent des cannabinoïdes ou des métabolites de la cocaïne dans leurs urines aux décours d’une compétition, dans la mesure où ils déclarent avoir consommé ces drogues à des fins « récréatives » ou lorsque, dépendants de ces drogues, ils ne pourraient s’en passer.

Cannabis – que faire


S’il est vrai « qu’il n’existe pas de sociétés sans drogue », ce constat de démission ne doit pas être ressassé pour décourager les actions contre ce fléau. Il n’aurait jamais dû figurer au frontispice de ceux qui prétendent agir contre les drogues, telle la « Fédération Addiction ». Évoquons quelques pistes visant à corriger ces errements multiples afin, au moins, de contenir cette pandémie. 

Elles opéreront :
Par l’affichage d’une détermination inébranlable (saluons celle du ministre de l’intérieur G. Darmanin).
Par une information et une prévention rigoureuses, répétitives, claires, en direction des familles, dispensées systématiquement par les enseignants, étant fléchées dans les programmes éducatifs, par les encadrants des sports et des loisirs, avec une diffusion régulière par les médias.
Par l’application rigoureuse des lois et règlements sur les drogues et toxicomanies.
Par un vrai contrôle de l’herméticité des frontières aux drogues.
Par des opérations « place nette » réalisées de façon inopinée, itérative et au très long cours.
Par l’application de la loi qui interdit tout prosélytisme sur les drogues.
Par une vigilance rigoureuse exercée par la MILDECA vis-à-vis de tout ce qui est de nature à banaliser les drogues.
Par des sanctions à la hauteur des troubles et dangers que provoquent les drogues à ceux à qui elles sont procurées.
Par des contrôles fréquents de l’absence de cannabis/THC dans la salive chez les conducteurs d’engins à moteur ainsi que dans les urines des candidats au permis de conduire ;
Par des contrôles urinaires pratiqués chez des membres de différentes professions, à la prise de leurs fonctions ou au cours de celle-ci (justice, éducation, santé, armées, forces de l’ordre, aviation, surveillants de centrales nucléaires…
Par la création de centres fermés dédiés spécifiquement au traitement des toxicomanes, ayant pour objectif leur re conformation sociale, le cas échéant leur retour à l’emploi, la pratique de sports…

Par une attention rigoureuse exercée par les directions des hôpitaux psychiatriques, veillant à l’impossibilité d’y introduire du cannabis ; cette attention devant être un élément important dans le processus de leur accréditation.
Par l’accroissement du montant des amendes à acquitter en fonction du nombre de récidives (documenté par un fichier informatique consultable de façon extemporanée) avec, au-delà de trois récidives, l’obligation de suivre, aux frais du contrevenant, une formation de deux jours, conclue par un contrôle des connaissances acquises ; formation prolongée par un suivi médical qui s’assurera, par l’analyse des urines voire des cheveux, que la consommation a cessée.
Par l’évaluation des résultats obtenus par les « addictologues », pour les mettre en relation avec les crédits qui leur seront alloués.
Par une reconsidération des subventions allouées aux associations censées lutter contre les drogues et toxicomanies, en fonction de leur investissement effectif.
Par un encouragement à la pratique des sports et par l’incompatibilité d’être licencié d’une fédération sportive si l’on est consommateur de drogues.
Par un encadrement strict des conditions d’utilisation de la buprénorphine à haut dosage ; en restreignant son remboursement à sa seule association à la naloxone (Suboxone © ), afin d’empêcher son injection.
Par une action résolue contre le tabac, porte d’entrée dans le cannabis ; situant au niveau de ce tabac, pour les adolescents la transgression par laquelle débute l’ascension de l’échelle des drogues.
Par une responsabilisation des parents, qui doivent être mieux informés et doivent régler les amendes infligées à leurs enfants mineurs (prélevées le cas échéant, sur les diverses allocations qui leur sont versées).

Pr. Jean Costentin

Le ministre de la Justice affirme deux choses sur la consommation de cannabis :

Article rédigé par Mathilde Bouquerel

Radio France – Publié le 30/04/2024

Alors que le gouvernement a lancé mi-mars l’opération place nette XXL, destinée à « porter un coup d’arrêt aux trafics de drogues », selon le président de la République Emmanuel Macron, le ministre de la Justice Éric-Dupond Moretti s’est exprimé sur la consommation de cannabis sur BFMTV. Il a d’abord affirmé qu’en France, « la consommation de shit en particulier chez les jeunes est en diminution ». Cette affirmation est vraie, mais elle est à nuancer.

Le ministre s’appuie sur une enquête publiée par l’OFDT, l’Office français des drogues et tendances addictives. Chaque année, l’Office interroge un panel représentatif de jeunes de 17 ans sur leur consommation d’alcool, de tabac et de cannabis, et il publie régulièrement des enquêtes à partir de l’analyse de leurs réponses. D’après l’enquête publiée l’année dernière, en 2017, ils étaient 39% à avoir essayé le cannabis contre un peu moins de 30% en 2022. L’enquête reconnaît bien un changement de la perception de cette drogue chez les jeunes, grâce aux politiques publiques, mais elle pointe aussi l’impact de la crise sanitaire. Moins de contact entre les jeunes, explique l’OFDT, c’est aussi moins d’initiation à l’alcool, au tabac et au cannabis.

Deux millions de consommateurs de cannabis en plus depuis la légalisation au Canada ?

Éric Dupond-Moretti s’est aussi exprimé sur la situation au Canada. Dans ce pays, le cannabis a été légalisé en 2018 avec des conséquences néfastes, selon le garde des Sceaux, puisque « depuis que cette législation a été votée, il y a 2 millions de stupeux en plus ». C’est vrai, mais là aussi c’est à nuancer. Ce chiffre vient d’une étude de l’agence Santé Canada, l’équivalent de Santé publique France.
Selon cette étude, en 2018, 22% de la population du pays avaient consommé du cannabis dans l’année écoulée contre 26% en 2023. Si l’on rapporte à la population du Canada, cela fait bien 2 millions de consommateurs en plus.

Cependant, cette hausse de la consommation de cannabis, elle est à l’œuvre depuis une quinzaine d’années. En 2011, sept ans avant la légalisation, les consommateurs de cannabis représentaient 9% de la population canadienne tandis qu’en 2017, un avant la légalisation, ils étaient déjà 15%. On lit aussi dans l’étude de Santé Canada que depuis cette légalisation, les Canadiens s’initient plus tard au cannabis. L’âge de la première consommation était de 18 ans en 2018 contre 20šans en 2023. Enfin, avec la légalisation, les Canadiens sont aussi moins nombreux à prendre le volant sous l’emprise du cannabis. 27% des Canadiens l’avaient fait dans l’année écoulée en 2018, contre 17% en 2023.

Source

Voulons-nous vraiment vivre avec les drogues ?

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le thérapeute François Diot avance des pistes concrètes pour lutter contre le fléau de la drogue en France. Selon lui, cela passe par sortir du modèle thérapeutique et se donner pour horizon la sortie de la dépendance.

François Diot est hypnothérapeute et ancien chef de service d’un CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues).


Deux événements récents ont remis la question des drogues sur le devant de la scène : la dépénalisation du cannabis décidée par l’Allemagne et, en France, la multiplication des opérations «Place nette» dans les quartiers gangrenés par la drogue et régentés par les trafiquants. Comme il fallait s’y attendre, sur les ondes comme sur les écrans, le micro a été donné, ici à une sociologue «spécialiste» de la toxicomanie ; là, à un représentant de la police ; ailleurs à d’autres voix encore. Sans surprise, la question sensible et complexe des drogues reste abordée sur le mode du clivage : «pour» ou «contre», «répressif» ou «permissif», «droite» ou «gauche». Bref, selon une approche idéologique, alors qu’il s’agit à la fois d’une question de santé publique et d’une question de sécurité et de lutte contre le narcotrafic. Une politique globale et coordonnée entre les différents ministères est donc indispensable. Qu’en est-il ?

Aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur, suivi par celui de la Justice, est particulièrement mobilisé pour lutter contre le trafic et le grand banditisme, car pour le ministre Gérald Darmanin «la drogue est la plus grande menace sécuritaire de notre pays qui nous touche collectivement». Ce ministre, comme son collègue de la Justice, sont donc logiquement opposés à toute légalisation des drogues en France. Mais quid de la position du ministère de la Santé ? À ce jour, on regrette qu’il se fasse si discret. En lieu et place d’une position explicite de sa part, c’est le secteur de l’addictologie – dominé par les associations de prise en charge des consommateurs de drogue et de la réduction des risques – qui donne de la voix et s’emploie à la faire entendre auprès des autorités publiques. Ce secteur, regroupé sous la houlette de la Fédération addiction qui regroupe 800 associations, est vent debout contre la politique mise en œuvre par le ministre de l’Intérieur.

Il préconise, urbi et orbi, d’une part la décriminalisation de l’usage de drogue et, d’autre part, l’accompagnement de la consommation encadrée dans des structures telles que les Salles de consommation à moindre risque (SCMR), nommées Haltes soin addiction (HSA) à partir de 2022. Or, l’expérimentation de la HSA à Paris depuis 2016, gérée par l’une de ces associations, obtient des résultats peu convaincants concernant la réduction des risques, et ils sont nuls pour ce qui est de la sortie de l’usage de drogue. Enfin, elle est un échec sur le plan de la tranquillité et de la sécurité des riverains. Il suffit pour s’en convaincre de lire le rapport de l’Inserm sur les résultats effectifs en matière de réduction des risques qui est l’objectif premier de cette structure. En effet, selon ce rapport, sur la base d’une simulation couvrant une période de 10 ans entre 2016-2026, «les SCMR permettent d’éviter un nombre relativement modeste d’infections VIH (6%) et VHC (11%) […] et permettent seulement une augmentation d’espérance de vie de 5 à 6 mois dans les populations fréquentant les SCMR» par rapport à celles qui ne les fréquentent pas. Il suffit aussi d’écouter les riverains qui habitent à proximité véritable de la salle en question, concernant leur tranquillité et leur sécurité et de prendre la peine de traverser ce quartier anxiogène.

La France ne tient pas les consommateurs de drogue pour des délinquants, contrairement à ce qu’affirment les tenants de la décriminalisation de toutes les drogues.François Diot

Force est donc de constater qu’en France il n’existe pas aujourd’hui une politique globale, cohérente et coordonnée au niveau des trois ministères concernés : Santé, Intérieur, Justice. Et comme la nature a horreur du vide, la place est occupée par les associations bien introduites, depuis longtemps, dans les rouages ministériels, les organismes étatiques (Agence régionales de Santé-ARS ; Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives-MILDECA) et certaines municipalités. Cette forme d’entrisme permet à ce secteur associatif d’être, tout confondu, financé à hauteur d’un milliard d’euros par an pour gérer notamment les multiples structures dédiées à la réduction des risques. En contrepartie de cette manne financière, il est surprenant que l’État n’exige aucune obligation de résultats qu’il est en droit d’attendre : quotas de sevrage, de sortie de l’addiction, de réinsertion professionnelle, etc. Autant de données qui sont absentes des rapports d’activité. Et il est tout aussi surprenant que ces structures assimilées à des établissements médico-sociaux ne fassent pas l’objet d’une évaluation régulière, notamment par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Considérant, selon la formule rituelle, que «la France est en retard», ces acteurs de la réduction des risques prennent pour exemple la politique menée au Portugal depuis le début des années 2000. Celle-ci est, à leurs yeux, efficace car en décriminalisant l’usage de toutes les drogues, elle ne fait plus du consommateur un délinquant mais elle le considère – surtout s’il est dépendant précaire – comme un «patient». En outre, notre voisin portugais a ouvert des centres d’accompagnement pour les consommateurs, où leur sont offerts conseils, produits de substitution, seringues stériles, pipes, aide à l’accès aux prestations médicale, psychologique et sociale… Dans son étude de juin 2021, intitulée «Dépénalisation des drogues au Portugal : bilan 20 ans après», l’OFDT conclut – tout en soulignant les aspects positifs sur le plan de la réduction des risques en particulier – : «l’approche portugaise bénéficie d’une forte notoriété : régulièrement citée dans le débat public, elle est souvent présentée comme une réforme vertueuse, même si ses effets, contrastés, sont souvent mal connus».

Faut-il affirmer pour autant que «La France est en retard», comme le répète à l’envi le secteur associatif de la réduction des risques ? Non, elle n’a rien à envier à nos amis portugais car elle dispose d’un réseau considérable de structures : le territoire national ne compte pas moins de 350 CSAPA (Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), 151 CAARUD (Centre d’accueil, d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), 2 HSA (Halte Soin Addiction), 12 Communautés thérapeutiques et de très nombreuses Consultations jeunes consommateurs. L’existence même d’un tel dispositif qui aurait besoin d’être évalué régulièrement, témoigne de ce que la France ne tient pas les consommateurs de drogue pour des délinquants, contrairement à ce qu’affirment les tenants de la décriminalisation de toutes les drogues. Quant au regard que les Français portent aujourd’hui sur ces consommateurs, il n’a plus rien du rejet méprisant, fort heureusement.

Face ce problème aigu de santé public, il est temps de sortir de ce modèle thérapeutique et de se donner pour horizon la sortie de la dépendance.François Diot

Plutôt que d’appeler de leurs vœux la décriminalisation des drogues, les contempteurs du supposé «retard» de notre pays, auraient besoin de se livrer un aggiornamento de leur logiciel conceptuel et de leur pratique. Car si la réduction des risques reste nécessaire, elle n’est plus suffisante. À elle seule, elle est en échec face à une drogue très addictive comme le crack pour laquelle il n’existe pas de substitut et à laquelle aucun des pays érigés en modèle (le Portugal et la Suisse par exemple) n’a trouvé de solution. C’est pourquoi, soutenir qu’une salle de consommation encadrée pour usagers de crack résoudra le problème est un leurre. L’addiction à ce produit est si forte que permettre une consommation encadrée revient à maintenir la personne dans l’addiction et à le normaliser. L’usager de drogue n’est pas un délinquant. Il est une personne humaine en souffrance qui a besoin d’être soignée et qui, bien souvent, a perdu tout libre arbitre pour décider de s’en sortir. À nous de l’aider.

Les citoyens, eux, ne s’y trompent pas lorsqu’ils s’opposent à l’implantation d’une salle de consommation au cœur d’habitation et de commerces. Ils s’y opposent non pas seulement à cause des désordres qu’elle crée inévitablement dans leur environnement, mais aussi parce qu’ils ont compris que l’argent public investi dans ce cas ne permet pas d’éloigner les consommateurs des lieux de deal et encore moins de les soigner véritablement.

Face ce problème aigu de santé public, il est temps de sortir de ce modèle thérapeutique et de se donner pour horizon la sortie de la dépendance. Ce modèle est particulièrement inadapté pour les consommateurs de crack qui, de surcroît, sont souvent polytraumatisés. Il faut donc sortir de l’impasse actuelle. Cela suppose d’intégrer dans les objectifs d’une politique de santé digne de nom : la rupture avec l’usage de drogue ; la multiplication des places de désintoxication à l’hôpital ; l’allocation à la psychiatrie de tous les moyens qui lui font cruellement défaut ; la création de communautés thérapeutiques inspirées du modèle Minnesota comme le monde anglo-saxon les a mises en œuvre avec succès. Doit-on s’habituer à vivre avec les drogues plutôt que de combattre leur trafic et d’avoir une politique ambitieuse pour soigner celles et ceux qui en sont les victimes ? C’est à ce choix que les pouvoirs publics doivent répondre.

Source

TABAGISME : FUMER AUGMENTE LE RISQUE D’OBÉSITÉ ABDOMINALE, SELON UNE ÉTUDE

L’étude a L’étude a été menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague. [Andrey Popov/Adobe]

Publié le 15/04/2024

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Copenhague a démontré un lien entre le tabagisme et le développement de la graisse abdominale. Cette dernière peut entraîner des maladies cardiovasculaires et du diabète.

C’est une croyance populaire qui est aujourd’hui discréditée. Selon une étude menée au sein de l’Université de Copenhague, l’initiation au tabagisme ou la consommation de tabac à long terme participe à la formation de la graisse abdominale. Des résultats qui contredisent une croyance populaire selon laquelle fumer permettrait de ne pas prendre de poids.

«Notre étude a démontré que fumer amène à une élévation significative de la graisse abdominale», a déclaré Germán Carrasquilla, chercheur participant à l’étude, à la BBC. «Plus précisément, le type de graisse qui augmente le plus est celle viscérale, située profondément dans l’abdomen».

En effet, la graisse viscérale entoure plusieurs organes, comme le pancréas, le foie, les intestins et les reins. Plusieurs études ont montré que cet excès de tissus adipeux augmente les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et même de démence, selon les chercheurs d’une université australienne. La principale raison est le caractère inflammatoire de cette graisse abdominale qui, à long terme, a un impact sur le métabolisme et la sécrétion d’insuline.

Les résultats de ces recherches tendent ainsi à prouver que les fumeurs disposent d’une substance «d’une adiposité abdominale plus élevée». De même, les conclusions suggèrent que «la répartition de la graisse corporelle peut influencer la lourdeur du tabagisme, indépendamment de l’indice de masse corporelle (IMC)». Une étude qui pourrait s’adresser aux quelque 12 millions de Français qui se déclarent fumeurs quotidiennement.

Les chercheurs soutiennent enfin que «les efforts de santé publique visant à prévenir et à réduire le tabagisme peuvent également contribuer à réduire la graisse abdominale et le risque de maladies chroniques associées». En 2023, une étude de l’Inserm a montré que 17% des Français étaient obèses, deux fois plus qu’en 1997.

Source

« Cette drogue atteint le cerveau en 8 secondes »

 A Nantes, la consommation de crack explose

Au Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues de Nantes, on a vu la consommation de crack monter en flèche. « L’extrême addiction de ce produit et le prix bas de la cocaïne en sont la raison », avancent les intervenants, qui observent quotidiennement les effets de cette drogue.

Kevin GRETHEN. Publié le 14/04/2024

Dans le local du boulevard de Launay, à Nantes, les fumeurs de crack ont pris la place de ceux qui s’injectent de l’héroïne dans le sang (les seringues étant désormais fournies en pharmacie).

C’est une tendance très nette, constatée par les intervenants du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud). Ici, les « crackeux » peuvent récupérer des pipes pour s’enivrer de cette drogue aux puissants effets.

Le Caarud, un lieu d’incitation à la consommation ? « Non, c’est un centre de réduction des risques, précise Gurvan Le Bourhis, chargé de projets. Sans nous, ces personnes auraient quand même consommé leur drogue.

Autant qu’ils le fassent dans de meilleures conditions sanitaires. Par exemple, on fournit du bicarbonate de soude pour réaliser le crack, plutôt que de l’ammoniaque. Ça nous semble moins dangereux. Ça coûte moins cher à la société de donner du matériel propre que de soigner des gens malades d’hépatites. »

Les intervenants du Caarud livrent aussi des conseils aux toxicomanes : « On leur explique comment préparer une consommation. En mangeant avant, en s’hydratant, en fumant en présence d’autres personnes en cas de souci. »

50 € le gramme

Le prix en baisse de la cocaïne et sa profusion sont les premières explications de cette explosion de la consommation. « À Nantes, le gramme s’achète 50 €, note Gurvan Le Bourhis. Vingt ans plus tôt, le prix grimpait jusqu’à 120, voire 150 €. »

Les équipes du Caarud reçoivent les personnes les plus abîmées, « mais il ne faut pas se leurrer, cette drogue intéresse toutes les strates de la société ».

Effets indésirables et risques cardiaques

Stéphane, un intervenant qui a passé quarante-six ans dans les stupéfiants avant de s’en sortir, abonde : « Le crack provoque un effet de montée très recherché, beaucoup plus fort que la cocaïne. Je ne voulais pas le croire, mais il suffit d’une fois pour tomber totalement accroc. »

« C’est beaucoup plus intense par la façon de consommer cette drogue. Ça atteint le cerveau en huit secondes », ajoute Gurvan Le Bourhis. Le corollaire est sanitaire : « Cela fait de gros dégâts, observe le chargé de projets. On se désocialise plus rapidement qu’avec la cocaïne. »

Au Caarud, les toxicomanes trouvent aussi des conseils : « On leur explique comment préparer une consommation. En mangeant avant, en s’hydratant, en fumant en présence d’autres personnes en cas de souci. Parce qu’il y a des effets indésirables, et des risques cardiaques. » Mais, l’intervenant social le confesse : « Ces personnes recherchent cet effet boost. Alors ils ne sont pas tous sensibles à ce qu’on leur dit. »

Source

Des voeux qui deviennent réalités ?

Source : Le Figaro 29 Mars 2024

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑