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janvier 2015

Comment apprendre à gérer ses émotions sans en passer par une addiction

Les émotions trop fortes, violentes, peuvent être à l’origine d’un processus d’addiction chez la personne qui y est sujette.

Apprenez à détecter les signaux qui disent « danger ! », grâce à ce troisième volet de notre série consacrée à la gestion des émotions.

Atlantico : Qu’est-ce qui fait qu’une personne deviendra « addict » (drogue, cigarette, aliments, sport, etc.) et qu’une autre ne développera pas de tendance addictive?

Sylvie Protassieff : Pour qu’une addiction se développe chez une personne, il faut la conjonction de trois facteurs : un produit, un milieu, une personnalité. Il faut entendre le terme « produit » au sens large, on y trouve bien sûr l’alcool, le tabac, tous les psychotropes, (ce qu’on appelle dans la langue courante les drogues et tous les produits utilisés comme tels, colles, etc.), mais aussi les médicaments. Le milieu agit comme un facteur d’entraînement et parfois même de justification pour l’usage du produit.

Pour un adolescent par exemple, s’il est physiquement fragile et s’il se trouve dans un milieu qui va le mettre en présence de telle ou telle substance, ces facteurs vont l’encourager à la consommation. Ils peuvent également devenir un code de reconnaissance entre plusieurs jeunes. Un adulte seul, peut trouver une satisfaction en jouant au poker. De plus, se retrouver en groupe avec d’autres joueurs va entraîner une tendance à adopter des comportements. Utiliser des substances, adopter un comportement est généralement encouragé par le groupe. C’est ce que l’on constate aussi la plupart du temps à propos de la cigarette. La personnalité présente en général des carences de l’axe narcissique. Autrement dit, pour avoir un axe objectal, c’est-à-dire être capable de parler, d’échanger avec les autres, il faut déjà avoir une bonne assise intérieure personnelle. C’est ce qu’on appelle le narcissisme (dans le sens positif du terme). Les carences dans l’appréciation de soi se trouvent souvent dans le sentiment de ne pas avoir été aimé, de ne pas être l’enfant choisi par ses parents ou de ne pas être celui que ces derniers attendaient. C’est alors un vécu qui peu être le lit d’une addiction ultérieure, qui viendra palier un manque. Le problème de l’appréciation de soi est aussi fréquent chez beaucoup de personnes non « addicts ».

Quelle différence peut-on établir entre l’addiction à une substance et l’addiction à un comportement ? Qu’est ce qu’on appelle une addiction comportementale ? Peut-on vraiment qualifier « d’addiction » un comportement dans lequel aucune substance n’intervient ?

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L’utilisation de la E-Cigarettes explose chez les plus jeunes

Source : Teen prescription opioid abuse, cigarette, and alcohol use trends down

National Institute on Drug Abuse (NIDA), December 16, 2014

Présentée comme un outil d’arrêt du tabac par ses producteurs et comme une nouvelle incitation à fumer et à contourner les lois anti-tabac par ses détracteurs, la e-cigarette poursuit sa conquête du monde. Alors que l’Australie a définitivement interdit la e-cigarette et que l’OMS en réclame une restriction plus forte, une étude menée aux Etats-Unis montre que la e-cigarette est dorénavant le moyen le plus utilisé par les plus jeunes pour fumer, devenant ainsi la première technique d’initiation au tabagisme.

Cette situation nouvelle, inédite mais logique après les investissements publicitaires massifs des industriels de la e-cigarette, met également en lumière l’incapacité voire l’abandon des instances de santé publiques face à un outil dont les dangers restent ignorés de leurs utilisateurs. Il faut bannir la e-cigarette avant qu’il ne soit trop tard.

L’étude menée aux Etats-Unis  par l’Institut National des abus de drogues (NIDA) a mesuré chez des adolescents du collège au lycée, l’utilisation d’alcools, de drogues, tabac et e-cigarettes, dont de précédentes études avaient retrouvé une augmentation exponentielle d’utilisation parmi les plus jeunes, cible marketing privilégiée des fabricants. 41 000 jeunes ont répondu à un questionnaire.

L’étude retrouve que les plus jeunes fument dorénavant plus de e-cigarettes que de tabac, banalisant dangereusement le fait de fumer selon les experts.  17% des 17-18  déclarent avoir utiliser une e-cigarette dans les mois précédents ainsi que 13.6% reconnaissaient avoir fumer des cigarettes. Parmi les 15-16 ans, les résultats montrent une utilisation respectivement à 16% et 7% et parmi les 12-14 de 8.7% et 4%. Si la consommation de e-cigarette explose en comparaison aux études réalisées en 2013, l’usage de toutes les autres drogues, cigarettes, médicaments  opiacés, MDMA, K2/spice (MJ synthétique) et alcool, sont eux en décroissance chez les moins de 18 ans.

A l’heure où les Etats-Unis, à la différence de la France, a réussi à faire passer le nombre de fumeurs en dessous de la barre des 18% de la population (36% en France), la e-cigarette pose un problème terrible de santé publique. Certes, il reste probable que fumer une e-cigarette est moins toxique que de fumer du vrai tabac, mais toujours beaucoup plus que de ne rien fumer ;  Or cette étude montre un engouement et une utilisation de plus en plus fréquente de la e-cigarette chez des jeunes non-fumeurs. Ces e-cigarettes peuvent contenir de la nicotine, substance addictive déjà rencontrée dans la cigarette, mais aussi en fonction des fabriquant, contenir des éléments nocifs, cancérigènes ou autres.

Cette année, nous sommes très inquiets du niveau d’utilisation des e-cigarettes chez les adolescents“ expliquait Lloyd D. Johnston, médecin et principal auteur de cette étude “Ce serait une tragédie si ce produit détruisait les grand progrès obtenus dans la lutte contre le tabagisme des plus jeunes”.

Par ailleurs dans les Etats ayant normalisé la vente du cannabis, l’étude retrouve un taux d’utilisation de cette drogue chez 40% des 17-18 ans, souvent mixée avec de la nourriture, alors que ce taux d’utilisation n’est que de 26% dans les Etats n’ayant pas libéralisé la vente de medical marijuana, un argumenta allant contre ceux plaidant pour sa libéralisation, comme le plaidait encore récemment le quotidien Le Monde, sous prétexte que l’interdiction favorise la consommation. C’est le contraire.

La légalisation du cannabis : une idée fumeuse de Terra Nova

Le club de réflexions Terra Nova, proche des socialistes, propose de légaliser la vente du cannabis et de créer un monopole pour en assurer la commercialisation. Cette opération devrait rapporter environ 2 milliards d’euros de taxes par an au Trésor public. En effet, ce nouveau service public vendrait le cannabis à un prix intégrant une taxation importante. Ce prix élevé devrait faire baisser la demande. Ainsi cette opération serait bénéfique pour le budget de l’État et pour la santé publique. Les coûts liés à la lutte contre le trafic de cannabis pourraient être divisés par deux selon Terra Nova.

Toutefois ce raisonnement néglige la réaction prévisible des individus après la création du monopole public. Les consommateurs de cannabis ne changeront rien à leurs habitudes. Ils iront s’approvisionner auprès des trafiquants en place. Pourquoi payer plus cher un produit disponible auprès de leur dealer habituel à meilleur marché ? Il faut être un socialiste naïf pour croire que les drogués vont se précipiter vers le monopole pour contribuer au comblement du déficit budgétaire de l’État. Certains qui avaient peur de faire une mauvaise rencontre dans les cités chaudes se laisseront tenter par cette opportunité. Mais l’essentiel du trafic passera toujours par les trafiquants illégaux.

L’État se trouvera en concurrence avec des trafiquants qui auront refusé de céder la place. Actuellement, les assassinats permettent une autorégulation dans ce milieu. Mais on imagine mal les pouvoirs publics utiliser la même méthode pour assainir le marché. Il reste l’option d’un démantèlement légal des réseaux. Toutefois les pouvoirs publics ont pris l’habitude de fermer les yeux sur les trafics dans les cités pour acheter la paix sociale. De plus, les trafiquants sont souvent d’origine étrangère. Or Terra Nova a recommandé au PS de devenir un prestataire de services pour les minorités. Les vendeurs de cannabis d’origine étrangère appartiennent à une minorité qu’il faut respectée. L’arrestation de ces « chances pour la France » constituerait un mauvais signal.

En conclusion, la proposition de légaliser la vente de cannabis est une idée fumeuse. Elle provoquerait une augmentation de la demande qui ne contribuerait que marginalement au renflouement du budget de l’État. Cette proposition permet surtout de saisir l’état d’esprit de notre élite intellectuelle. Ces bobos, en dignes héritiers des babas cool, considèrent que fumer des substances illicites est une conquête individuelle sur une société injustement répressive. Après avoir probablement fumé la moquette de leur club, ils ont eu l’idée de joindre l’utile à l’agréable : donner une nouvelle liberté qui contribue au renflouement des finances publiques. Mais les socialo-bobos, en habillant leur désir hédoniste de raisonnements économiques, ont surtout démontré leur incompréhension totale de l’économie libérale.

Source

Une lecture recommandée :  La douleur transcendée par les artistes

Patrice QueneauUn livre de notre collègue et ami le Doyen Patrice Queneau aux Editions Glyphe, Paris,  2014, 138 pages

L’auteur, professeur émérite de Thérapeutique médicale, spécialiste de la douleur, est  un soignant et un enseignant. Il décrit dans un langage simple, didactique ce que  doit être la démarche d’un médecin devant un syndrome douloureux, comment appréhender la souffrance qui en résulte par une double démarche, celle qu’il doit mener et celle qu’il doit suggérer pour guider et accompagner son patient. Double réflexion où l’on reconnait le spécialiste mais aussi et surtout l’humaniste.

Sa démonstration  s’appuie sur des témoignages éloquents, qui mieux que les artistes  pouvaient observer, transcrire et restituer  l’intimité de la souffrance pour tenter de la maîtriser. Il fait appel aux travaux de peintres, de sculpteurs,  d’ écrivains qui ont exprimé leurs propres blessures ou celles d’autre souffrants qui les ont interpellées . il en résulte un ouvrage magnifiquement illustré qui rassemble des tableaux célèbres, des sculptures, des textes mais aussi des caricatures où chacun à sa manière démystifie la souffrance, la rend accessible et finalement au moins en partie maîtrisable.

Les médicaments ne sont pas oubliés, l’auteur leur donne toute leur place et souligne leur efficacité, il les situe dans une démarche globale faite d’une écoute attentive et d’un suivi personnalisé .

Traité de Thérapeutique que devraient lire tous les soignants et d’abord tous les étudiants, il intéressera  aussi ceux qui souffrent, ceux qui les entourent et plus simplement  ceux et celles pour qui l’humanisme médical  reste un pilier de notre métier.

Pour vous procurer ce livre cliquez ici ; un cadeau de Nouvel An original et instructif

Détente : Commençons l’année avec du champagne !

L’équipe du CNPERT vous présente ses meilleurs voeux pour 2015 et vous propose de commencer l’année avec le sourire !

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