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mars 2018

Certaines drogues peuvent donner un AVC

Le vin, un alcool comme les autres ?

En termes d’effets sur la santé, existe-t-il des différences à consommer un volume donné d’alcool pur sous forme de vin, de bière ou de whisky ? Le « french paradox » existe-t-il vraiment ? La présence d’antioxydants a-t-elle un effet positif qui contrebalance significativement les effets négatifs ?

Le vin, un alcool comme les autres ?
Le vin, un alcool comme les autres ?

Au début du mois de février, sur le plateau du Grand débat de France 2, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a lancé un pavé dans la tonnelle :

« L’industrie du vin laisse à croire que le vin est un alcool différent des autres alcools. Or, en termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky. Il y a zéro différence. On laisse penser à la population française que le vin serait protecteur, apporterait des bienfaits que [ne conféreraient] pas les autres alcools : c’est faux. Scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre. »

La déclaration a depuis lors alimenté de nombreux débats, mêlant d’une part citations (plus ou moins exactes et plus ou moins à jour) d’études scientifiques et, d’autre part, opinions sur la défense du terroir, des traditions, de l’emploi et des savoir-faire. Intéressons-nous ici exclusivement au volet scientifique du dossier et à l’exactitude des déclarations de la ministre, sans débattre de leurs implications potentielles en termes politiques ou de choix de société.

Faux arguments

Des critiques superficielles ont opposé à Agnès Buzyn qu’un même volume de vin ne contenait pas la même quantité d’alcool qu’un même volume de whisky, et ne pouvait donc pas être aussi dangereux… C’est feindre d’oublier que, pour chaque boisson, la définition du « verre » est précisément alignée sur son taux d’alcool moyen. Les doses servies dans les débits de boisson sont normalisées : 25 cl de bière à 5°, 12,5 cl de vin (de 10° à 12°), 3 cl d’alcool distillé à 40° (whisky, anisette, gin) contiennent chacun environ 10 g d’alcool pur [1].

Ceci étant rappelé, existe-t-il des différences – en termes d’effets à moyen ou à long termes sur la santé – à consommer un volume donné d’alcool pur sous forme de vin, de bière ou de whisky ? Autrement dit, les substances qui côtoient l’alcool dans le verre modulent-ils ses effets ?

Pas de bénéfice spécifique au vin… si bénéfice il y a !

Il est souvent affirmé qu’un bénéfice en terme de mortalité globale et de risque cardiovasculaire est observé chez les personnes qui boivent quotidiennement, et modérément, du vin. L’affirmation est trompeuse à plusieurs titres.

Premièrement, elle suggère que la corrélation mentionnée serait spécifique au vin. Or, dès le début des années 2000, l’Inserm constatait que, dans la littérature scientifique, « aucun type de boisson ne semble supérieur aux autres » quant à un lien entre consommation modérée d’alcool et risque apparememnt diminué de diverses pathologies cardiovasculaires [2].

Mais la nature même de ce lien est douteuse. Comme l’observait le nutritionniste Boris Hansel sur le plateau du Magazine de la santé, d’autres facteurs de confusion existent : les buveurs modérés tendraient à manger plus de fruits et légumes et à faire plus d’activité physique que les abstinents. Ils seraient également d’un niveau social plus élevé, « avec donc un meilleur accès aux soins ». « Il est donc probable que ce ne soit pas le vin qui les protège mais plutôt un mode de vie globalement plus sain », résumait-il. En 2016, des chercheurs nord-américains et australiens ont par ailleurs montré que, dans les études comparant abstinents et buveurs modérés d’alcool, un facteur était rarement pris en compte : les causes de l’abstinence. Maladie préexistante, arrêt suite à de longues années d’excès… une fois ces paramètres pris en compte, la consommation modérée d’alcool ne diminue plus la mortalité globale.

Dernier problème : quand bien même un lien de cause à effet entre consommation modérée d’alcool et diminution du risque cardiovasculaire serait formellement avéré, il ne pèserait pas lourd dans la balance par rapport aux effets délétères avérés.

Oui, le vin est bien cancérogène à faibles doses

La consommation modérée d’alcool est associée à l’augmentation d’un grand nombre de cancers (bouche, gorge, larynx, œsophage, estomac, foie, sein…) [3]. Ce, même à faibles doses.

Le vin ne fait pas exception, et il ne semble pas exister de dose quotidienne « sans effet ». Typiquement, chez les femmes, l’augmentation du risque de cancer du sein dès le premier verre est analogue avec le vin et les autres types de boissons alcoolisées (de l’ordre de +10%).

Le grand public est parfois trompé par des annonces sur les effets positifs sur la santé de molécules anti-oxydantes extraites du vin (polyphénols…). Si certains d’entre eux ont des effets biologiques in vitro et, à doses élevées, sur le modèle animal, ces effets restent aujourd’hui très spéculatif chez l’homme. En outre, l’idée que leur présence annulerait les effets cancérogènes de l’alcool est démentie par la littérature scientifique.

la rédaction d’Allodocteurs.fr

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Salle de shoot : nouvelle agression

Une nouvelle agression perpétrée ce mardi, rue Ambroise-Paré (Xe) sur une jeune femme enceinte, a ravivé l’inquiétude et la colère des riverains.

C’est l’événement de trop. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans un quartier sous tension depuis des mois. L’agression devant témoins, mardi soir, vers 19 h 30 d’une jeune femme enceinte rue Ambroise-Paré (Xe), à quelques mètres de la salle de consommation de drogue, a ravivé l’inquiétude des riverains. Ceux-là mêmes qui recensent, semaine après semaine, la multiplication des incivilités, cambriolages, intrusions dans les immeubles, deal, jet de seringues et scènes d’injection de drogue en pleine rue.

«Nous n’avons jamais connu une telle insécurité »

«Cette jeune femme sortait de l’hôpital Lariboisière où elle avait rendu visite à son père, et venait de s’engager dans l’escalier qui mène au parking souterrain, lorsqu’un homme, sous la menace d’un couteau, a tenté de lui arracher son sac à main, détaille un habitant du quartier qui a échangé avec la victime avant qu’elle ne soit prise en charge par la police. Elle pleurait, était en panique totale et commotionnée. Très choquée. Je l’ai encouragée à porter plainte. Sans qu’un lien avec la salle de shoot soit établi, il n’en demeure pas moins que jamais, avant l’ouverture du lieu, voici plus d’un an, ce quartier n’avait connu une telle insécurité et une telle série d’agressions. Nous n’en pouvons plus. »

Une surveillance policière plus étroite

Intégré depuis peu à la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du XVIIIe arrondissement élargie, le secteur de la Lariboisière-Gare du Nord, fait désormais l’objet d’une surveillance policière plus étroite, mais n’en demeure pas moins «extrêmement anxiogène » : «Nous avons rencontré le préfet de police, Michel Delpuech il a y a dix jours et lui avons transmis un recueil de plusieurs dizaines de pages, horodaté et illustré de photos, des incidents survenus ces six derniers mois dans notre quartier, souligne un membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord, qui vient d’être associé au comité de suivi de la ZSP. Nous avons bénéficié d’une écoute attentive et bienveillante. »

« 9 jours sur 10, un problème est signalé »

Le collectif, qui exige depuis des mois le déplacement de la salle de consommation dans un quartier sans riverains ni commerçants, recense dans leur long document aux allures de cahier de doléances le nombre de shoots de rue observés — parfois devant des enfants — , de cessions de stupéfiants, d’Autolib’ squattées par des toxicomanes et de seringues abandonnées. Mais également, les vitrines brisées des commerçants, le nombre de cambriolages, de bagarres, d’invectives aux passants et d’intrusions dans les halls d’immeubles.

Bilan des intéressés : «Sur 180 jours, nous avons recensé 157 délits… Ce qui signifie que 9 jours sur 10, un problème est signalé dans le quartier. » La préfecture de police, quant à elle, avance plus de 4 000 contrôles au total, aux abords de la salle, parmi lesquels près de 1 500 ont relevé d’une infraction pénale.

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La Fête est finie

 La Fête est finie

Un film de Marie Garel-Weiss

Film autobiographique sur l’addiction aux drogues dures, ce premier long métrage est un coup de poing.

La fête a-t-elle commencé ?

La fête est finie, mais avait-elle commencé ? En effet, le premier long métrage, prometteur et largement autobiographique, de Marie Garel-Weiss ne présente pas l’addiction à la drogue comme un phénomène de mode ou de révolte, mais bien plutôt comme une maladie, un besoin morbide dont on doit tenter par tous les moyens de se défaire. Son film raconte l’arrivée dans un centre de désintoxication, suite à un pétage de plomb, de Céleste, 19 ans, qui va y faire la rencontre de sa vie, Sihem, belle jeune fille perdue comme elle mais différemment. C’est sur cette trame délicate et fragile que va jouer pendant 90 minutes le talent de la jeune réalisatrice, servie par deux magnifiques actrices, Zita Hanrot (découverte dans Fatima de Philippe Faucon, 2015) et Clémence Boisnard (répérée dans une boîte de nuit par l’assistante du casting). Toutes deux font merveille pour exprimer, chacune à sa manière, le désespoir et la rage des toxicomanes. On pourrait dire que le film est découpé en deux parties presque distinctes : d’abord le centre de cure où leur amitié exclusive est mal vécue par les autres pensionnaires et la direction, puis finalement rejetée ; ensuite le monde réel et leur difficulté pour résister à la drogue et tenter de survivre.

Un scénario tout simple Marie Garel-Weiss, réalisatrice de deux courts métrages (L’amour dans les saunas hétéroxuels et La Vie de garçon diffusés sur Canal+), est surtout scénariste et coscénariste, notamment pour des programmes courts télévisuels ou le film Atomic Circus des frères Poiraud. On retrouve bien sa touche dans ce scénario pourtant simple, mais qui analyse bien les errements de la psyché humaine, dans des allers et retours sur ces jeunes filles paumées et leurs familles respectives. Sihem, d’origine maghrébine, à la fois rejetée et adorée par ses parents, aurait pu comme ses sœurs faire une belle carrière dans la justice. Céleste a rejeté sa mère, l’a agressée pour lui voler un collier afin de se droguer, et elle la retrouve vers la fin du film lorsqu’elle devient (très vite, trop vite ?) clean. C’est en effet la limite de ce beau premier film : on dirait que la réalisatrice a voulu coûte que coûte trouver une sorte de happy end. Céleste, enfin sortie d’affaire après un sevrage d’une centaine de jours, grâce à l’appui d’un groupe de parole (thérapie qu’elle refusait au début), va aider à son tour Sihem lorsqu’elle la retrouve dans la rue entre la vie et la mort alors qu’elles s’étaient violemment disputées puis séparées.


Réalisme poétique
Malgré tout, ce film très réaliste mais aussi poétique, ouvre sur un monde difficile où le moindre faux pas risque de faire chuter à nouveau. Les toxicomanes, tout comme les alcooliques, vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et il leur faut une grande force de caractère pour résister à la tentation. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que, dans les groupes de parole, il y a des personnes qui ont arrêté depuis plus de vingt ans et qui viennent pour encourager les autres ! Il faut souligner aussi la très belle photo de Samuel Lahu et la musique originale de Ferdinand Berville et Pierre Allio.

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