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décembre 2019

Une mutation liée au métabolisme de l’alcool pourrait contribuer à la maladie d’Alzheimer

Bien qu’étudiée depuis des années, la maladie d’Alzheimer demeure une pathologie complexe et n’est toujours pas entièrement comprise par les chercheurs. Au fil du temps, les biologistes ont mis en évidence de nombreux facteurs jouant un rôle dans l’évolution de la maladie. Récemment, un autre de ces facteurs a été découvert : une mutation d’une enzyme impliquée dans le métabolisme de l’alcool. La présence de cette mutation entraîne l’accumulation de produits toxiques augmentant le taux de dégénérescence cellulaire.

Une mutation courante dans une enzyme clé impliquée dans le métabolisme de l’alcool augmente les dommages aux cellules des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, selon une étude menée par des chercheurs de la Stanford University School of Medicine. Cette mutation de l’aldéhyde déshydrogénase 2, ou ALDH2, est associée à une rougeur du visage suite à la consommation d’alcool. Elle réduit considérablement l’activité de l’enzyme, ce qui entraîne l’accumulation d’acétaldéhyde, un produit toxique du métabolisme de l’alcool.

Le corps réagit à la présence de la toxine par des rougeurs cutanées et une inflammation. La mutation est surtout répandue dans la population de l’Asie de l’Est. Elle se produit chez environ 560 millions de personnes, soit 8% de la population mondiale, selon Daria Mochly-Rosen. Comprendre la relation entre l’alcool et les gènes liés à la maladie d’Alzheimer aura de vastes conséquences, car de nombreuses personnes peuvent, sans le savoir, nuire à leur santé en consommant régulièrement de l’alcool.

« Nos données suggèrent que l’alcool et les gènes prédisposés à la maladie d’Alzheimer peuvent exposer les humains à un risque accru d’apparition et de progression d’Alzheimer. Ceci est basé sur nos études cellulaires dérivées de patients et nos études animales, donc une étude épidémiologique chez l’Homme devrait être réalisée à l’avenir » explique Mochly-Rosen.

Mutation d’ALDH2 : elle provoque l’accumulation de radicaux libres

Des études épidémiologiques dans des populations d’Asie de l’Est ont précédemment suggéré une association entre la mutation dans ALDH2, qui provoque des bouffées vasomotrices, et la maladie d’Alzheimer. Cependant, il y a également eu d’autres études qui n’ont pas trouvé d’association. Pour explorer davantage un rôle possible d’ALDH2, les auteurs ont examiné des cultures cellulaires faites à partir de cellules de 20 patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Lors d’un test en laboratoire, une culture présentait la mutation ALDH2 (également connue sous le nom de ALDH2*2). Alors que la quantité de protéine ALDH2*2 dans cet échantillon correspondait au niveau de protéine ALDH2 dans les cellules normales, la protéine mutante n’avait qu’une fraction de la capacité à décomposer l’acétaldéhyde. Par rapport aux cellules normales, les cellules ALDH2*2 avaient plus de radicaux libres et plus de 4-HNE, un autre produit chimique toxique qui est normalement traité par ALDH2.

« Les radicaux libres se forment lorsque nous avons de la fièvre, lors de maladies chroniques, ou lorsque nous sommes stressés ; les radicaux libres se forment sous de nombreux types de stimuli pathologiques. Ces radicaux libres forment des aldéhydes toxiques, et le travail d’ALDH2 est d’éliminer ces produits chimiques toxiques. Une fois que ces aldéhydes s’accumulent, les premiers organites qu’ils endommagent sont les organites qui contiennent l’enzyme censée s’en débarrasser : les mitochondries ».

Sur le même sujet : Quel est le lien entre pollution et maladie d’Alzheimer ?

Restaurer l’activité de l’enzyme ALDH2 grâce à l’Alda-1

Ce cercle vicieux conduit finalement à une réduction de l’activité mitochondriale, une augmentation de la formation de radicaux libres par les mitochondries endommagées et, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, à la mort des neurones. Le niveau de radicaux libres a été restauré à la normale après l’ajout d’Alda-1, une petite molécule qui fixe ALDH2*2 en se liant au site catalytique et en restaurant l’enzyme à une structure fonctionnelle.

Mochly-Rosen et ses collègues ont découvert Alda-1 en tant qu’activateur d’ALDH2*2 en 2008. Alda-1 active également l’ALDH2 non mutant et pourrait donc bénéficier à plus de personnes. Des essais cliniques sont en cours pour tester l’utilité des molécules de type Alda-1 comme traitement.

ethanol alzheimer

L’éthanol augmente la formation de radicaux libres chez les personnes atteintes de la mutation ALDH2*2 et de la maladie d’Alzheimer (AD). Crédits : Amit U. Joshi et al.

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Une nouvelle appli contre les addictions

Une collaboration entre plusieurs associations a abouti à la création d’une nouvelle appli pour lutter contre les addictions à l’alcool, au tabac, à la drogue, aux médicaments et aux jeux.

Téléchargée et installée en quelques secondes, l’application se révèle plutôt facile à utiliser. En plus des informations de base sur les addictions, des autotests et de l’option « journal de bord », il est possible d’avoir une consultation en ligne gratuite, confidentielle et anonyme avec des spécialistes compétents. Une option qui était souhaitée depuis longtemps .

Günter Biwersi, directeur-adjoint de l’association « Jugend- an Drogenhëllef »: « Normalement nous voyons nos clients une fois par semaine. Mais maintenant nous pouvons répondre à des questions particulières ou, au moyen du journal de bord, discuter de choses, qui souvent ne peuvent pas être abordée lors d’une rencontre d’une heure. » L’application n’est pas seulement destinée à ceux qui sont en traitement ou en consultation. « Nous sommes aussi de plus en plus souvent contacter par des jeunes et des étudiants qui tentent des expériences qui ont des questions. »

« Nous espérons toucher une grande partie des usagers d’internet. Qu’il s’agisse d’un consommateur, de quelqu’un qui recherche des substances ou par le thème de l’addiction. Je pense que nous auront beaucoup de succès avec ce projet La consultation va fonctionner vite pendant la semaine. Les réponses arriveront dans un délai de 48 heures.

En ce qui concerne les substances addictives, l’appli fournit actuellement des informations sur six produits, dont l’alcool, les cigarettes, le cannabis et la cocaïne. Une sélection limitée qui va s’étoffer durant les prochains mois.

« Ce sont les substances les plus couramment consommées par les gens actuellement. Nous adapterons aussi le programme. Mais cela dépendra de la demande des clients. Ce qui sera demandé le plus souvent, sera aussi développé en premier.“

Mais cela ne doit pas empêcher de poser des questions sur d’autres produits. L’application a été développée pour le marché luxembourgeois, mais ses promoteurs espèrent aussi pouvoir aider des frontaliers et des habitants de la Grande Région.

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En Amérique, 130 Américains meurent chaque jour d’une overdose

Un site Américain révèle des photos avant/après choquantes de toxicomanes pour sensibiliser aux effets néfastes de la drogue sur le physique

En Amérique, la drogue fait des ravages et tue pas moins de 130 personnes quotidiennement. Afin de sensibiliser aux dommages de la drogue, une série de photos d’identités avant/ après de personnes baignant dans la drogue ont été publiées sur le site internet Rehabs.com. La série photographique intitulée « Faces of Addiction » montre à quel point les changements physiques causés par la consommation de drogue sont choquants. Dans la description, on peut lire : « Peu de choses ont un effet physique plus rapide sur le corps que les drogues illicites. Cela se voit surtout avec des substances comme la méthamphétamine, l’héroïne et le crack. Non seulement le corps se détériore rapidement, mais le visage est également considérablement affecté ».

Capture rehabs.com

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le changement est particulièrement choquant. On constate grâce à ces photos comparatives que la consommation de drogues provoque un vieillissement prématuré et que de grosses plaies apparaissent couramment sur le visage des toxicomanes.

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Nous buvons trop !

Les Français boivent trop d’alcool ! Le docteur Jean-Jacques Erbstein tire la sonette d’alarme. (Ecouter l’émission)

Actualité : 

  • Après le mois sans tabac de novembre, le Gouvernement voulait lancer le mois sans alcool pour janvier 2020.
  • Cette opération portée par Santé Publique France est finalement annulée par l’Elysée

Mais rappelons les effets de l’alcool sur notre santé

  • une consommation abusive = complications hépatiques, cardiovasculaires, neurologiques
  • facteur de risques pour certains cancers
  • l’alcool reste la 2ème cause de mortalité en France (INSERM)
  • l’alcool est responsable de plus de 200 maladies et atteintes diverses : cirrhose alcoolique et facteurs de risques pour HTA, altération de la mémoire,
  • et de troubles plus « banals » : fatigue, trouble du sommeil, difficulté de concentration…
  • 10% des adultes boivent tous les jours
  • le vin est de loin l’alcool le plus consommé

Des dangers réels même en petite quantité !

Attention même en faible quantité (1,3 verre par jour), l’alcool serait responsable de 100 morts par an

1 SEUL verre d’alcool par jour augmente le risque de certains cancer, quelle que soit la boisson alcoolisée (vin, bière, apréotfo…)

Car l’éthanol est cancérigène : cancer de la bouche et gorge, de œsophage, foie, colon/rectum, sein

Source 

Une nouvelle étude réalisée par des scientifiques japonais et américains vient confirmer le lien existant entre la consommation d’alcool et le risque de développer un cancer.

lire l’article

GROSSESSE et CANNABIS : Prudence, les effets sont sévères sur la santé du bébé

La légalisation croissante du cannabis, en particulier aux Etats-Unis, en élargit l’utilisation globale, thérapeutique ou récréative, y compris par les femmes enceintes. Ainsi, aux Etats-Unis, environ 16% des femmes enceintes en consomment quotidiennement. De premières études ont associé l’exposition in utero au cannabis à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez le fœtus. Cette nouvelle étude d’une équipe de l’Université du Nevada (Las Vegas) menée par échographie révèle de nouveaux effets néfastes sur le développement du fœtus : retard de croissance, insuffisance pondérale à la naissance, vulnérabilité aux infections, réduction du taux d’oxygène in utero… Dans le Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine, ces auteurs médecins mettent en garde les femmes en âge de concevoir : 0 cannabis durant la grossesse.

Le résultat n’est pas surprenant car c’est pendant son développement in utero que le « bébé » est probablement le plus vulnérable aux expositions néfastes. C’est confirmé par cette étude de cohorte rétrospective menée auprès de 450 femmes enceintes qui se sont auto-identifiées comme des utilisatrices régulières de cannabis. 450 femmes non consommatrices de canabis ont été appariées en tant que témoins. Les chercheurs ont comparé les données démographiques, les mesures de biométrie fœtale, la translucidité nucale et les données des dopplers de l’artère ombilicale chez les utilisatrices vs témoins. Le retard de croissance intra-utérin a été défini comme une réduction du poids fœtal de 10%, par rapport au poids normal.

De nouveaux effets multiples et néfastes du cannabis identifiés sur la santé du fœtus

La consommation quotidienne de cannabis pendant la grossesse apparaît ici liée à un risque accru d’insuffisance pondérale à la naissance,

  • de retard de croissance : au troisième trimestre, 26 des 192 fœtus exposés au cannabis présentent un retard de croissance (vs 6 des 192 témoins),
  • de vulnérabilité aux infections,
  • de diminution du taux d’oxygène ou d’apoxie (liée à une augmentation de la résistance vasculaire placentaire aux deuxième et troisième trimestres qui peut perturber le flux nécessaire de sang riche en oxygène à travers le placenta),
  • l’hypoglycémie,
  • de faibles scores d’Apgar,
  • la mortinaissance.

Ainsi, la consommation maternelle quotidienne de cannabis est associée à de nombreux problèmes de santé pour le bébé pendant la grossesse, mais aussi après la naissance et plus tard dans la vie. Ces données viennent confirmer les résultats de précédentes recherches : « Des données récentes publiées dans le JAMA indiquent que la consommation de cannabis durant la grossesse a doublé au cours des 15 dernières années et que 70% des femmes estiment que le risque associé est minime, voire nul », alerte l’auteur principal, le Bobby Brar, médecin à l’UNLV School of Medicine.

Ces conclusions qui contribuent à la preuve des dangers de l’exposition in utero du fœtus au cannabis, doivent alerter les jeunes femmes en âge de concevoir. Les médecins notent également que l’exposition à certains composés chimiques présents à la fois dans le tabac et le cannabis pourrait expliquer les anomalies de croissance observées : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, présents à la fois dans le tabac et la fumée de cannabis seraient clairement en cause.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les effets négatifs de la consommation quotidienne de cannabis de la mère, sur la croissance du fœtus, mais les auteurs mettent sérieusement en garde sur les dangers la consommation de cannabis pendant la grossesse.

Les femmes enceintes devraient être soumises à un dépistage tout au long de leur grossesse et être informées des effets possibles, ainsi que des interventions pouvant leur permettre d’arrêter de fumer.

Café, tabac, alcool : qu’y a-t-il de pire pour le sommeil ?

Très courants au quotidien, le tabac, le café et l’alcool ont été étudiés pour leurs effets sur notre sommeil. Et les résultats sont assez surprenants.

Café, tabac ou alcool avant de dormir : une étude sur ce qui provoque l’insomnie a examiné en détail certaines routines que nous pratiquons de manière parfois assidue (vous savez, la dernière clope avant d’aller au lit) pour étudier l’importance d’un sommeil réparateur. Les chercheurs voulaient voir si la nicotine, la caféine et l’alcool avaient vraiment un effet néfaste sur notre sommeil. Et la conclusion est surprenante.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue américaine Sleep de la Sleep Research Society. Des scientifiques de la Harvard Medical School et de la Florida Atlantic University ont examiné les habitudes de sommeil de 785 personnes. Tous étaient relativement âgés (63,7 ans en moyenne) et surtout des femmes (67,9% du total), avaient des journaux de sommeil et des appareils de mesure des signes vitaux sur leurs poignets. La question posée : la durée et la profondeur du sommeil nocturne peuvent-elles être affectées par la consommation de café, tabac ou alcool au cours des quatre heures précédant le coucher ?

Les cigarettes perturbent le plus le sommeil

La nicotine s’est avérée être de loin le plus grand tueur de sommeil. Non seulement celui-ci a été moins réparateur, mais les fumeurs ont aussi eu un sommeil beaucoup plus interrompu, ce qui n’a pas été le cas pour les autres stimulants testés. Pour les patients qui souffraient déjà d’insomnie antérieure, la nicotine a eu un effet particulièrement négatif : ils ont dormi en moyenne 42 minutes de moins par nuit, selon le journal The Independent.

La consommation d’alcool a également entraîné un sommeil moins réparateur. L’alcool n’endommage pas autant le sommeil que la nicotine : la durée du repos nocturne n’a pas été grandement affectée. Toutefois, la plus grande surprise au sujet de quelle substance cause plus d’insomnie n’est pas celle-là.

Et si le café ne réveillait pas ?

« La consommation nocturne de caféine n’a eu aucun effet sur les paramètres du sommeil », ont déclaré les chercheurs. Selon The Independent, c’est la plus grande surprise de l’étude, car la caféine et le café sont considérés comme des stimulants depuis plusieurs générations. Cependant, des études antérieures ont montré que l’effet de la caféine sur le sommeil ne peut être scientifiquement prouvé.

Selon Christine Spadola, cette étude est l’une des plus grandes et des plus importantes de sa catégorie. Bien que d’autres études sur le sujet aient été publiées à grande échelle, telles que la Jackson Heart Sleep Study, dans de nombreux cas il n’est pas clair qu’une distinction est faite entre la consommation occasionnelle et la consommation continue (par exemple, en comparant les fumeurs endurcis avec des personnes qui ne boivent qu’un verre de vin rouge la nuit de façon occasionnelle).

Source

Sabotage du mois sans alcool par le gouvernement de Macron. C à dire.

Cette émission est visible du 4 au 10 Décembre 2019

Cliquez sur la photo Source Médiapart

Alcool : le défi du « janvier sec » lancé « malgré les efforts du lobby alcoolier et la pression de l’Elysée »

Les associations de promotion de la santé font valoir les bienfaits d’initiatives similaires au Royaume-Uni et en Belgique.

Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août.
Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août. IAN LANGSDON / AFP

Les associations d’addictologie et de promotion de la santé, dont notamment la Fédération Addiction, Aides, la Ligue contre le cancer… ne baissent pas les bras, loin de là.

Elles ont annoncé dans un communiqué commun, mardi 3 décembre, qu’« il y aura bien » une campagne de « Dry January » en France, « malgré les efforts du lobby alcoolier, malgré l’annulation, sous pression de l’Elysée, de l’opération “Mois sans alcool” initialement prévue par Santé publique France ».

France Assos Santé, qui regroupe 85 associations de patients et usagers, veut encore y croire. Dans un communiqué, lundi 2 décembre, intitulé « Monsieur le Président, clarifiez votre position », elle appelle Emmanuel Macron à dissiper cet « affreux malentendu » et demande que « ce soit bien à l’agenda de janvier 2020 ». En attendant, France Assos Santé soutient le Dry January à la française.

Source : Le Monde

L’ecstasy à Paris : 10 morts depuis Janvier 2019

La MDMA, la « drogue de l’amour », fait son retour en Europe

Plus connue quand elle se trouve sous la forme d’ecstasy, cette drogue ne détrône pas le cannabis en termes de consommation en Europe, mais elle talonne la cocaïne.

Comprimés d’ecstasy.
Comprimés d’ecstasy. DOMINIQUE FAGET / AFP

La « drogue de l’amour », la « D », la « MD »… Autant de petits noms pour désigner la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), un stupéfiant plus connu quand il se trouve sous la forme d’ecstasy, qui signe son retour en Europe. La substance, qui s’est fait connaître dans les années 1990, ne détrône pas le cannabis en termes de consommation, loin de là, mais elle talonne la cocaïne depuis quelques années. C’est ce que montre le rapport 2016 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié mardi 31 mai, et qui porte sur les données des années 2013 et 2014.

Ce rapport estime que 13 millions des 15-64 ans ont déjà consommé de la MDMA, soit près de 4 % de cette population (5,1 % a déjà testé la cocaïne et 24,8 % le cannabis). La MDMA séduit majoritairement des jeunes adultes : sur les 2,5 millions de personnes en ayant consommé au cours de l’année, 2,1 millions ont moins de 35 ans.

Substance présente dans les raves à ses débuts, « la MDMA/ecstasy n’est plus une drogue de niche ou liée à une sous-culture » et se trouve dans les bars ou les fêtes à domicile, indique par ailleurs le rapport.

« Peu chère, facile d’accès, de bonne qualité », la MDMA remplit tous les avantages d’une consommation « festive » de drogue, reconnaît Muriel Grégoire, psychiatre à l’hôpital Marmottan, spécialisé dans la prise en charge des addictions. « Elle a vraiment bonne réputation », ajoute la soignante, soulignant qu’il y a peu de risque de devenir accro : « C’est une drogue qui n’accroche pas. »

« En addictologie, ce n’est pas le problème principal, explique-t-elle. La MDMA stimule d’abord la sérotonine, et non la dopamine, comme le fait la cocaïne. Et si la cocaïne peut être discrète socialement, les effets de la MDMA sont visibles, si bien que les gens n’ont pas envie d’être dans cet état tout le temps. »

La MDMA est aussi « empathogène », c’est-à-dire qu’elle génère de l’empathie, d’où son surnom de « drogue de l’amour ». Les personnes qui en consomment décrivent un sentiment d’amour universel, l’envie de câliner son voisin, ils ressentent de l’énergie pour danser tout en restant « tranquille, sans devenir irritable », rapporte le docteur Muriel Grégoire.

« Bad trip » et attaques de panique

Pourtant, cette drogue a aussi des effets indésirables. Muriel Grégoire reçoit ainsi en consultation une poignée de consommateurs de MDMA qui ont l’impression de « ne pas redescendre » :

« Souvent, ce sont des patients qui en ont pris de manière abusive, de fortes doses ou tous les week-ends pendant plusieurs semaines. Ils ont fait un “bad trip” et ils gardent des signes résiduels quelques jours voire quelques semaines après. Ils peuvent souffrir de troubles anxieux ou dépressifs (attaque de panique, anxiété du matin au soir), ou, plus rarement, de troubles psychotiques comme un sentiment de persécution, de déréalisation ou de dépersonnalisation, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent plus où ils sont ou qui ils sont. »

Les personnes fragiles ou alcoolisées sont plus sujettes à ces « mauvais voyages » mais « ces effets indésirables peuvent arriver à n’importe qui », souligne Muriel Grégoire. Le risque de surdose, pouvant entraîner la mort, n’est pas exclu non plus. « La situation est d’autant plus préoccupante que la MDMA […] est de plus en plus disponible via les marchés en ligne », précise Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

Le rapport de l’OEDT rappelle que la MDMA, après une phase de grande popularité dans les années 1990, a connu « une longue période pendant laquelle sa piètre qualité et son adultération [frelatage] se sont traduites par une diminution de sa consommation ».

Mais, aujourd’hui, « un marketing sophistiqué et ciblé » serait en œuvre, selon les auteurs de l’étude, afin de relancer cette drogue. Ils décrivent ainsi des « poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes ». « Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en œuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue », suggère l’observatoire.

Substituts « légaux »

Par ailleurs, sur Internet, on voit apparaître des produits de synthèse vendus comme des substituts « légaux », indique l’étude. Ces nouvelles substances psychotiques jouent sur une zone grise juridique, éphémère : le temps que la « nouvelle » molécule soit officiellement reconnue comme illicite, elle peut être considérée comme légale par défaut.

Or la cathinone, par exemple, un substitut de stimulants tels que les amphétamines, la MDMA et la cocaïne, « a causé près de 200 intoxications aiguës et une centaine de décès depuis 2011 » en Europe, souligne le rapport. Plus risquées, ces substances sont aussi « clairement addictives », constate Muriel Grégoire.

Source 1

Source 2

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