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juin 2020

Ce que la consommation excessive d’alcool fait à votre corps et que vous ignorez

De l’ADN aux hormones, la consommation excessive d’alcool peut modifier considérablement la biologie de votre corps. Lorsque vous vous réveillez avec une gueule de bois, il est évident que les boissons de la nuit dernière ne vous ont pas fait beaucoup de bien. Mais des études montrent que les effets d’une forte consommation d’alcool peuvent faire bien plus pour votre corps que de vous laisser un jour de misère. Au fil du temps, l’alcool peut affecter votre biologie et la modifier de façon néfaste.

Une consommation excessive d’alcool peut :

1. Modifier votre ADN et vous donner envie de plus d’alcool

Le « binge drinking », qui se caractérise comme la prise rapide de plus de quatre ou cinq verres dans une fenêtre de deux heures, et ce cinq jours ou plus par mois, peuvent modifier votre constitution génétique. Une étude récente, publiée en décembre 2018 dans la revue Alcoholism : Clinical & Experimental Research, a identifié deux gènes qui sont sujets à des changements. L’un affectant l’horloge biologique du corps et l’autre régulant le système de réponse au stress. Les auteurs de l’étude, de l’université Rutgers, ont également découvert que les changements génétiques chez les buveurs excessifs et les buveurs occasionnels étaient associés à une plus grande envie d’alcool.

2. Augmentation des risques de cancer, en particulier de la tête, du cou, du foie et des seins

San surprise, la consommation d’alcool augmente le risque de toute une série de cancers. Plus de 5 % de toutes les nouvelles occurrences de cancer et près de 6 % de tous les décès par cancer dans le monde sont attribués à l’alcool, selon une étude publiée en octobre 2015 dans l’International Journal of Cancer. Chez les grands buveurs, le risque monte en flèche. Par exemple, les gros buveurs sont cinq fois plus susceptibles que les non-buveurs de contracter un cancer de l’œsophage. Mais même une consommation modérée d’alcool augmente les risques d’avoir un cancer de la bouche, de la gorge et du sein. Pour le cancer du sein en particulier, un seul verre par jour peut augmenter les risques.

3. Modifier la composition des organismes dans l’intestin

Il existe des dizaines de milliards de micro organismes, pour la plupart de « bonnes » bactéries, dans le tube digestif qui aident le corps à faire des choses comme digérer les aliments et produire des vitamines. Mais l’alcool interfère avec leur composition et leur fonction. La consommation chronique d’alcool peut provoquer une surcroissance bactérienne et des déséquilibres dans l’intestin. Cela peut entraîner une série de problèmes digestifs, notamment des douleurs d’estomac, des ballonnements, de la constipation, de la diarrhée et de la rosacée.

4. Affectent la mémoire à long terme et la structure du cerveau

Une nuit de beuverie ou de consommation excessive d’alcool peut entraîner des trous de mémoire, des périodes pendant lesquelles la personne intoxiquée ne peut pas se souvenir des événements et des détails clés. Si elle peut se souvenir de quoi que ce soit. Mais la consommation d’alcool peut également entraîner des problèmes à long terme au niveau des fonctions cérébrales. Les personnes qui boivent beaucoup, sur une longue période, risquent de modifier le « disque dur » du cerveau. Ce qui peut entraîner des problèmes cognitifs même après avoir atteint la sobriété. Une forte consommation d’alcool peut également éroder le tissu cérébral et augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral.

5. Cause des troubles hormonaux

La consommation excessive chronique d’alcool peut également causer des dégâts dans le système endocrinien de l’organisme. Les glandes productrices d’hormones assurent plusieurs fonctions importantes de l’organisme, notamment la croissance et le développement, le métabolisme et l’humeur. La consommation excessive et fréquente d’alcool, peut perturber la communication entre les systèmes nerveux, endocrinien et immunitaire. Les conséquences peuvent être graves et de grande envergure. Les anomalies liées au stress, les déficits reproductifs, les défauts de croissance corporelle et les dysfonctionnements immunitaires ne sont que quelques-unes des conséquences possibles qui figurent en tête de liste.

Quelle est la quantité d’alcool consommée en excès ?

Les professionnels de la santé conseillent la modération en matière de consommation d’alcool. Il est recommandé de ne pas dépasser plus d’un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes. Prendre un verre chaque jour de la semaine n’est pas la même chose que de prendre sept verres le samedi. La consommation excessive d’alcool n’est jamais sans danger.

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Abus d’alcool : recrudescence des comas éthyliques en Haute-Garonne

Le Samu de Haute-Garonne constate une augmentation des admissions de jeunes aux urgences pour des comas éthyliques graves…

Abus d'alcool et comas éthyliques

C’est Étienne Guyot, le préfet de la Haute-Garonne, qui tire la sonnette d’alarme sur l’abus d’alcool et l’augmentation des admissions de jeunes aux urgences pour des comas éthyliques graves. Les informations que fait remonter le Service d’aide médicale d’urgence (Samu 31) à ce propos sont formelles et inquiétantes.

« La consommation débridée d’alcool est un vrai danger pour votre santé, votre sécurité et pour celle des autres. Je demande instamment à chacun de faire preuve de modération et de rester maître de son comportement », déclare Étienne Guyot.

Les conséquences dramatiques de l’abus d’alcool

Les services de l’État rappelle que l’alcool, seul ou associé à d’autres substances, accroît la vulnérabilité des personnes et facilite le passage à des actes répréhensibles de la part de certains auteurs désinhibés.

Et que la présence d’alcool, parfois associée à d’autres produits psychoactifs, est constatée dans une grande majorité des affaires de vols (notamment de téléphones portables), violences, viols, accidents de la route, noyades ou décès.

Autre rappel : l’ivresse manifeste dans un lieu public est interdite et réprimée par une amende pouvant atteindre 150 euros. En Occitanie, la consommation de produits psychoactifs reste supérieure à la moyenne nationale.

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Drogue : l’amende forfaitaire, un moyen efficace pour réduire la consommation ?

Jean-Pierre Pujol,

Pr de Biochimie (Université de Caen) et

membre du CNPERT

(Centre National de Prévention, d’Études et

de Recherches sur les Toxicomanies),

craint que la consommation de stupéfiants

soit banalisée dans l’opinion publique.

L’amende de 200 € pourra être minorée à 150 € ou majorée à 450 € en fonction du délai de paiement. 

Un nouveau dispositif destiné, selon le gouvernement, à réduire l’augmentation du nombre de consommateurs de stupéfiants, particulièrement de cannabis, va être testé dans les villes de Rennes, Reims et Créteil à partir du 16 juin. Les contrevenants devront s’acquitter de 200 € (montant minoré à 150 € et majoré à 450 € en fonction du délai de paiement). L’usage de stupéfiant sera donc forcément perçu par les usagers comme un délit mineur, au même titre qu’un excès de vitesse sur la route, et va sans doute contribuer à le banaliser dans l’opinion publique.

Des peines de prison rarement effectuées

Comment en est-on arrivé là, alors que la France est connue pour avoir une loi plutôt répressive, prévoyant jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende ? Tout simplement parce que cet arsenal législatif n’est pas, ou peu, appliqué d’ordinaire. En ce qui concerne le trafic, l’offre de stupéfiants conduit de même à des peines de prison rarement effectuées, si l’on compare la situation à d’autres pays européens.

Selon une étude de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), parue en 2017 et portant sur 25 pays, en Grèce l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane de 20 ans de prison et l’offre d’un kg de cannabis à 10 ans de prison. À l’autre extrémité de l’échelle on trouve les deux pays les plus tolérants, les Pays-Bas et la France où l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane respective de 1 an et de 2 ans de prison. La situation a été encore assouplie par la loi Tubiana.

En France, souvent l’aménagement de peine conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. Peu de prévenus effectuent réellement leur peine de prison.

« Frapper au porte-monnaie »

Face à cette situation, on comprend que les policiers et gendarmes chargés de lutter contre l’usage de stupéfiants soient découragés de voir que leur travail ne permette pas de traduire les usagers et les trafiquants (la distinction est souvent difficile à établir) devant les tribunaux.

Alors, encore une fois, on choisit la facilité… On va « frapper au porte-monnaie », en espérant que cette mesure soit de nature à dissuader les consommateurs de consommer. Or, l’addiction au cannabis (souvent suivie de l’addiction à la cocaïne) est connue pour être très forte, conduisant à la recherche de substances de plus en plus dosées.

Une amende forfaitaire ne pourra jamais décourager un consommateur au point de renoncer à l’usage de sa drogue. A fortiori si celui-ci fait partie de la population aisée, peu affectée par le paiement d’une amende même élevée. À l’inverse, ce dispositif ne va-t-il pas pousser davantage certains individus, moins favorisés, à rechercher par tous les moyens, y compris les violences, de quoi financer leur consommation ?

300 000 enfants de 12 à 15 ans

Cette nouvelle règle est l’occasion, encore une fois, de constater qu’aucune réponse sanitaire n’est prévue pour lutter contre ce fléau. Or, c’est oublier les méfaits du cannabis sur la santé, non seulement chez les adultes mais surtout chez les jeunes adolescents.

En France, on compte 1,6 million de consommateurs réguliers de cannabis et 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont déjà expérimenté cette drogue.

Le cannabis n’est pas une drogue « douce » : un grand nombre de travaux scientifiques et d’études statistiques ont démontré définitivement qu’il s’agit d’une « drogue dure », qui provoque une addiction extrêmement forte, aggravée par l’association au tabac et à l’alcool, et menant très souvent à « l’escalade » vers d’autres drogues encore plus néfastes (cocaïne, héroïne).

Nombreux troubles mentaux, violences conjugales

Par sa grande solubilité dans les lipides, la substance active, le THC, s’associe aux membranes cellulaires, peut franchir aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumuler dans le cerveau.

Chez les adolescents, où cet organe est en cours de maturation, il provoque de nombreux troubles mentaux : perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, ataxie, incoordination motrice, désinhibition pouvant conduire à des prises de risque, induction de raptus agressifs contre soi-même ou dirigés contre autrui, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, troubles psychiatriques (schizophrénie), anxiété et dépression.

L’usage du cannabis chez l’adulte conduit souvent à des manifestations d’agressivité violente. L’analyse des faits divers montre que beaucoup des violences conjugales observées lors du récent confinement se sont déroulées sur fond de cannabis.

Traiter comme une maladie

Il faut donc considérer que le consommateur de cannabis est avant tout un malade et qu’il doit être traité comme tel. Même s’il faut déplorer que les peines soient peu souvent appliquées, le passage devant le juge permet au moins à celui-ci de prononcer l’obligation de traitement. Avec l’application de l’amende, cette possibilité disparaît.

En définitive, nous sommes toujours dans l’attente d’une vraie politique de lutte contre la toxicomanie, qui impliquerait en particulier un programme de prévention dès l’école primaire, comme c’est le cas en Suède par exemple.

Quand les pouvoirs publics prendront-ils conscience de l’importance du problème sanitaire posé par la toxicomanie ?

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COLOMBIE TÉMOIGNAGES: LES RAVAGES CACHÉS DE LA COCAÏNE

Cloisons nasales perforées, impuissance, nécroses cutanées: la cocaïne génère des maladies et effets secondaires méconnus

Destruction de cloison nasale, problèmes cardiaques ou neurologiques, impuissance sexuelle, nécroses: la cocaïne génère maladies et effets secondaires méconnus et honteusement dissimulés. Des ex-toxicomanes et drogués rencontrés en Colombie, premier producteur de ce stupéfiant, témoignent.

La sortie du confinement, imposé pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, risque de se traduire par une hausse des surdoses avec une reprise de la consommation après des mois de sevrage, craignent des experts.

Risque de surdose

«Les gens, qui ont réduit leur consommation durant la quarantaine, ne peuvent prendre ce qu’ils prenaient avant, parce que cela pourrait provoquer une surdose», avertit Julian Quintero, directeur de l’institut d’action technique sociale (ATS) à Bogota, la capitale colombienne confinée depuis le 20 mars.

Quelque 500’000 toxicomanes meurent chaque année dans le monde et 35 millions d’entre eux souffrent de «troubles» consécutifs à leur addiction, selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), publié en mai.

Difficulté de traiter ces effets secondaires

«Les gens vont difficilement chez le médecin pour une addiction à la cocaïne et ils ne pensent pas que cela cause d’autres affections», explique Efren Martinez, directeur scientifique du centre de désintoxication de la fondation Colectivo Aqui y Ahora, en soulignant la difficulté de traiter ces effets secondaires, dont les patients parlent avec réticence.

Voici trois témoignages, recueillis par l’AFP, sur le calvaire de ces maladies, nées de l’inhalation de cocaïne.

Les saignements n’empêchaient pas Nicolas Merizalde de «sniffer» du «perico», nom populaire de la cocaïne en Colombie. «Avec un mouchoir, avec n’importe quoi, je nettoyais le sang. J’attendais que cela sèche un peu, puis je m’en remettais encore et encore jusqu’à saigner», raconte cet homme de 47 ans.

Cloison en platine

Pas de trace visible de chirurgie, bien que sa cloison nasale ait été remplacée par du platine. Les dégâts au septum du nez sont générés par une consommation effrénée de longue date, dans son cas depuis ses 14 ans.

«Les acides que contient la cocaïne ont le pouvoir de dévorer l’os, littéralement», souligne M. Martinez. Et, «le plus grave, ce sont les micro-infarctus cérébraux», quand la cloison nasale est perforée, la poudre montant au cerveau.

Impuissance sexuelle

De l’alcool et la marijuana, Nicolas Merizalde est passé très vite à la «neige» et de «façon plus obsessive» que ses amis: «Eux sniffaient une ligne, moi deux». Sa vie est partie en vrille. Il a volé, frappé sa petite amie, passé de la drogue au Pérou, s’est laissé tripoter par un «dealer» de drogue en échange de sa dose.

Au bout du rouleau, il s’est enfermé dans un motel pour en finir d’une surdose. Mais il a échoué et s’est retrouvé hospitalisé. Depuis 1995, il est «clean» et dirige depuis dix ans un centre de réhabilitation.

Alberto attribue la rupture avec sa femme à sa dysfonction érectile. «Amoureux» de la cocaïne, il n’imaginait pas qu’elle le trahirait au lit. «C’est ce qui peut arriver de pire… c’est ce qui a déclenché notre séparation, car mon corps, ma vie, tout dépendait de la drogue», a raconté ce quadragénaire dans un couloir de l’hôpital universitaire San José à Bogota.

Erection perturbée

Il y a été opéré d’une ischémie cérébrale, causée par la poudre blanche. Ses difficultés d’érection ont commencé il y a plus de vingt ans. Il en avait 22, dont huit à se droguer quotidiennement. Il s’est marié, a eu deux enfants, sans renoncer à la «coke». Son épouse l’a toléré, jusqu’à ce qu’il puise dans le budget familial.

Et leur relation intime s’est étiolée. «Quand tu […] es dépendant de la drogue, cela annule souvent le plaisir sexuel», dit-il. La cocaïne forme des caillots de graisse dans les vaisseaux sanguins, perturbant l’irrigation du pénis, donc l’érection, explique le toxicologue Miguel Tolosa, qui a suivi Alberto.

Nécrose cutanée

Mais l’impuissance était un problème mineur face à d’autres troubles: infarctus cérébral, problèmes hépatiques, coronariens et rénaux. «La drogue a été la pire décision de ma vie. Elle a tout gâché», admettait Alberto, avant de cesser d’aller aux contrôles médicaux et que l’hôpital perde sa trace.

Jorge Rodriguez montre son torse, son dos, ses bras. Sa peau témoigne de l’«enfer» de la nécrose cutanée due à une cocaïne frelatée: elle est parsemée de cicatrices de la taille de lentilles. «Les démangeaisons ne me laissaient rien faire, ni lire, ni écrire, ni l’amour […] Cela empoisonne la vie», se souvient cet homme de 50 ans, chez lui dans le centre de Bogota.

«Travailler reclus»

«Le lit tâché de sang, les chemises… C’est une maladie honteuse». A la fin des années 2010, son corps s’est couvert de boutons, transformés en lésions. «Pour aller à une réunion, je devais me passer des calmants sur la peau», explique-t-il. «J’ai dû cesser d’avoir une vie professionnelle publique [comme chercheur et consultant, ndlr] et travailler reclus». Consommateur de cocaïne depuis un quart de siècle, il a commencé à souffrir après avoir changé de dealer. Cinq amis ont ensuite présenté les mêmes symptômes.

Des médecins ont évoqué la gale ou des acariens. Les traitements ne les soulageaient que quelques jours, jusqu’à ce que l’institut d’action technique sociale (ATS) analyse la cocaïne. Pour plus de profit, les narcos l’avaient mélangée à du Levamisol, un antiparasitaire vétérinaire.

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Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérables

La sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer pourquoi celles-ci sont plus vulnérables que les hommes face à l’alcool.

Alcool : comment le cerveau des femmes les rend plus vulnérablesLITTLEBEE80/ISTOCK

L’ESSENTIEL
  • Les femmes sont plus vulnérables face à l’alcool que les hommes.
  • Cela pourrait s’expliquer par des forts niveaux d’œstrogènes dans leur cerveau.
  • Les œstrogènes activeraient la dopamine, liée au circuit de récompense dans le cerveau.

En France, l’alcool tue environ 41 000 personnes par an. Pourtant, si au pays du vin, la consommation tend globalement à diminuer, celle des femmes rejoint peu à peu celles des hommes. Force est de constater que les deux sexes ne sont pas égaux face à l’alcool. Non seulement les femmes qui boivent sont socialement moins bien vues, mais l’alcool affecte également plus leur organisme. Il a notamment été prouvé que l’alcoolémie apparaissait plus élevée chez une femme que chez un homme à quantité égale absorbée. L’élimination de l’alcool est également plus lente chez les femmes. Si un foie plus petit et une corpulence moins importante peuvent expliquer ces phénomènes, les mécanismes biologiques en jeu demeureraient flous. Aujourd’hui, une nouvelle étude parue dans The Journal of Neuroscience montre que la sécrétion d’une hormone modifiant la réponse neuronale chez les femmes pourrait expliquer cette différence.

Pour leur étude, les chercheurs ont travaillé sur des souris, dont les cerveaux sont assez similaires à ceux des humains. Ils ont activé les récepteurs d’oestrogènes (groupe de stéroïdes, dont la fonction, à l’état naturel, est d’être une hormone sexuelle femelle primaire) dans l’aire tegmentale ventrale (ATV, groupe de neurones situé en plein centre du cerveau) de souris mâles et femelles. Ils ont alors pu observer que l’activation du récepteur d’œstrogène ERα enflamme les neurones en réponse à l’alcool.

Le taux d’oestradiol (E2) augmente et altère le système de la dopamine, un neurotransmetteur dans plusieurs voies du système nerveux, dont celle de la récompense. Quand les taux de E2 sont hauts, les neurones de l’ATV réagissent plus intensément à la présence d’éthanol et libèrent de la dopamine. Les abus sont alors plus probables, la consommation d’alcool étant plus “récompensée” par le système nerveux des souris femelles que celui des mâles.

“Les femmes passent plus rapidement à un trouble de la consommation d’alcool”

Les scientifiques ont ensuite bloqué certains récepteurs (ERa et ERb) dans l’ATV des souris. Si cela a diminué l’abus d’alcool chez les souris femelles, cela n’a eu aucun effet sur les mâles, bien que leur cerveau contienne également des oestrogènes. Il est donc possible que, chez les femelles, les récepteurs d’oestrogènes soient plus sensibles à l’activation quand les niveaux changent, avancent les chercheurs. Ainsi, l’oestrogène aurait des “effets puissants” sur le système de dopamine et augmenterait la vulnérabilité des femmes à développer une dépendance à l’alcool. 

“Ces résultats indiquent que différents mécanismes cérébraux provoquent la consommation excessive d’alcool chez les femmes et les hommes, explique Amy Lasek, psychiatre à l’université de l’Illinois (Etats-Unis) et co-autrice de l’étude. Si la consommation d’alcool est plus importante durant les périodes où les niveaux d’œstrogène sont élevés, cela peut contribuer à la fois à des risques pour la santé liés à l’alcool mais aussi augmenter les risques de développer des problèmes d’alcoolisme sévères”, explique-t-elle au site Inverse. “Les femmes passent plus rapidement d’une consommation problématique d’alcool à un trouble de la consommation d’alcool et souffrent des effets négatifs de l’alcool sur la santé, tels qu’un risque accru de cancer, de lésions hépatiques, de maladies cardiaques et de lésions cérébrales », poursuit-elle.

Il a notamment déjà été prouvé qu’à consommation égale d’alcool, les femmes gardaient plus de séquelles à long terme. Elles souffrent davantage d’atteintes neurologiques (polynévrites périphériques à l’origine de douleurs ou de troubles de la sensibilité des extrémités) et développent plus tôt que les hommes une stéatose (foie gras), une fibrose hépatique ou encore une cirrhose (5 à 7 ans avant en moyenne).

Une approche basée sur le sexe dans le traitement de l’alcoolisme ?

“C’est important car cela signifie que des approches différentes pourraient être nécessaires pour réduire la consommation excessive d’alcool chez les hommes et les femmes », développe Amy Lasek. Ainsi, à terme, ces résultats pourraient conduire à des traitements innovants basés sur le sexe pour l’alcoolisme.

Actuellement, il existe déjà des médicaments bloquant les récepteurs d’œstrogènes. Connus sous le nom de modulateurs sélectifs des récepteurs d’œstrogènes (SERMS), ils sont utilisés pour traiter le cancer du sein. “Cependant, les SERMS ont des effets secondaires importants comme des bouffées de chaleur, de la fatigue et des sautes d’humeur, donc, malheureusement, utiliser un SERM pour bloquer les récepteurs d’œstrogènes chez des femmes par ailleurs en bonne santé afin de réduire la consommation d’alcool n’est pas une bonne option », explique Amy Lasek.

Reste donc à trouver des voies de signalisation spécifiques par lesquelles les récepteurs d’œstrogènes agissent dans le cerveau, entraînant une augmentation de la consommation excessive d’alcool et du sentiment de récompense chez les femmes. Cela pourrait permettre de mettre au point une méthode plus ciblée pour réduire la consommation excessive d’alcool chez elles. Et ce, sans effets secondaires, espèrent les chercheurs.

Quelle consommation en France ?

On parle de consommation ponctuelle immodérée d’alcool quand une personne a un taux d’alcoolémie à 0,08 g/dl ou plus, soit généralement cinq verres ou plus pour les hommes ou quatre verres ou plus pour les femmes en environ deux heures.

En France, les autorités sanitaires recommandent quelques jours sans alcool dans une semaine et, les jours où l’on en consomme, de ne pas dépasser les deux verres dits standards. Globalement, il est conseillé de ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine.

Malgré tout, selon une enquête de Santé publique France menée en 2017, à cette époque, 9,7% des Français de 18-75 ans déclaraient avoir bu plus de dix verres d’alcool au cours des sept derniers jours. Par ailleurs, 7,9% disaient avoir en avoir consommé plus de cinq jours sur sept. “Cela représente environ 10,5 millions d’adultes qui boivent trop. Ils boivent en tout cas dans une proportion qui augmente les risques pour leur santé notamment les risques à moyen et long terme : cancers, hypertension, hémorragies cérébrales, certaines maladies cardiovasculaires…”, commentait alors Viet Nguyen-Thanh, responsable de l’unité addiction de Santé publique France à l’AFP.

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Le confinement a poussé les Français à consommer plus d’alcool et de psychotropes

Les résultats préliminaires d’une enquête internationale à laquelle «Libération» s’associe montrent que les Français ont davantage réparti leur consommation d’alcool durant le confinement, mais figurent parmi les plus forts utilisateurs d’anxiolytiques.

Ce sont des résultats intermédiaires, mais qui dessinent déjà des tendances sur les consommations d’alcool et de drogues – licites ou non – depuis la propagation de l’épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement décidées un peu partout sur la planète. La Global Drug Survey (GDS), enquête internationale menée depuis 2014 dans une trentaine de pays, s’est lancée ce printemps dans une édition exceptionnelle dictée par la pandémie. Objectif, selon Marie Jauffret-Roustide, chercheuse à l’Inserm et référente en France : «Examiner l’offre, les comportements, l’expérience des drogues et les politiques publiques.»

L’enquête, disponible en ligne et en français ici jusqu’au 20 juin, prend une quinzaine de minutes à remplir. L’anonymat des répondants est évidemment garanti, tout comme la confidentialité des réponses. Trois semaines après son lancement, elle a déjà réuni plus de 40 000 participants. Les Allemands constituent la moitié des effectifs (19 000 personnes), mais la France, avec plus de 6 000 répondants, représente la deuxième cohorte. L’enquête espère atteindre 100 000 participants et 10 000 en France d’ici la mi-juin. Les répondants français sont à 63% des hommes, et leur âge moyen s’élève à 28 ans.

Quelques spécificités françaises émergent d’ores et déjà. Ainsi, 56% des répondants disent avoir «vraiment bien vécu» la pandémie et les restrictions afférentes, contre 49% parmi les participants des autres pays. En revanche, le niveau de satisfaction à l’égard des décisions prises par les responsables politiques s’avère médiocre. Les Français leur décernent un 5/10, quand les Néo-Zélandais mettent 9/10 et les Allemands 8/10. Seuls les répondants britanniques (4/10) et brésiliens (0/10) sont plus sévères. Marie Jauffret-Roustide voit dans cet «effet miroir inversé» un paradoxe français, selon lequel une tradition protestataire et la mobilisation conséquente permettent, in fine, d’obtenir des mesures qui feraient traverser les périodes de crise relativement sereinement.

Moins de binge drinking

Quid des consommations durant le confinement ? Celle d’alcool semble avoir légèrement augmenté en nombre de jours de consommation dans la semaine, mais les conduites excessives de cinq verres ou plus en une occasion (binge drinking) ont, elles, régressé. Ainsi, 47% des répondants français ont augmenté («un peu» ou «beaucoup») leur nombre de jours de consommation d’alcool dans la semaine depuis le mois de mars. Pour 22% d’entre eux, il est resté stable, et il a baissé pour 31% des répondants.

Phénomène inverse pour les fois où une personne a consommé cinq verres ou plus en une seule occasion : 34% n’ont rien changé à leurs habitudes, 27% les ont augmentées, mais 37% ont réduit la fréquence de ces consommations excessives. Les raisons pour expliquer la prise d’alcool invoquent notamment l’ennui, le besoin de partager un moment de convivialité à la maison avec un membre de son entourage, mais aussi la volonté d’atténuer son stress.

Plus fort recours aux anxiolytiques

En ce qui concerne le cannabis, les tendances sont moins marquées que pour l’alcool à ce stade : 36% des usagers n’ont pas changé leurs habitudes, 37% ont augmenté le nombre de jours de consommation, et 27% ont diminué. Les fumeurs de joints ayant répondu à l’étude n’ont a priori pas été frappés de pénurie. Un quart des usagers de cannabis déclarent avoir augmenté leur consommation pour gérer le stress relatif à la pandémie, dans une proportion comparable à celle de l’alcool.

La spécificité française, en revanche, porte sur le recours aux benzodiazépines, les anxiolytiques, déjà largement consommés en temps normal. La pandémie n’a pas inversé la donne. Selon les résultats préliminaires de la GDS, 41% des Français ont augmenté leur consommation de ces produits psychotropes (c’est même la plus forte augmentation par rapport aux autres pays de l’enquête) durant la pandémie, 17% l’ont réduite, et 42% n’ont rien changé. Dans les autres pays, ces chiffres s’élèvent respectivement à 35%, 17%, et 48%.

Sylvain Mouillard

LES FEMMES SONT PLUS SENSIBLES AUX EFFETS NOCIFS DE L’ALCOOL, SELON UNE ÉTUDE

Par CNEWS –

 La sensibilité accrue des femmes aux effets nocifs de lalcool serait due à une hormone, l’oestradiol.[FRED TANNEAU / AFP]

Hommes et femmes sont-ils égaux face à l’alcool ? Les résultats d’une étude parue dans The Journal of Neuroscience semblent indiquer que non. Des tests sur des souris de laboratoire, dont le système nerveux est proche de celui de l’humain, ont montré une sensibilité accrue aux effets nocifs de l’alcool chez les femelles.

Cela tient au fait que, chez les femelles, la consommation d’alcool stimule la sécrétion d’une hormone appelée oestradiol (E2). Cette dernière modifie la réponse neuronale, notamment en altérant le sytème de la dopamine.

Ce neurotransmetteur, parfois surnommé «hormone du bonheur», permet la communication au sein du système nerveux et agit sur le comportement. Comme son surnom l’indique, la dopamine est directement liée au circuit de récompense du cerveau.

Lorsque le niveau d’oestradiol est élevé, les neurones du tronc cérébral qui produisent la dopamine sont anormalement stimulés par la consommation d’alcool. Et libèrent alors «l’hormone du bonheur» en quantité.

Ainsi, l’étude a montré que l’ingestion d’alcool était davantage «récompensée» par le système nerveux des souris femelles que par celui des mâles. Cela pourrait expliquer une tendance moindre des femmes à céder au binge drinking, cette hyperalcoolisation rapide qui consiste à boire le plus possible en un minimum de temps. Ce comportement bloquerait certains récepteurs de l’oestradiol dans les neurones.

Près d'un quart des Français (24 %) affirment que leur consommation d'alcool a, au contraire, diminué depuis le début du confinement.

D’un autre côté, Amy Lasek, une co autrice de l’étude, souligne le fait qu’une consommation importante lorsque «les niveaux d’œstrogène sont élevés» peut non seulement avoir les effets nocifs habituels de l’alcool, mais aussi «augmenter les risques de développer des problèmes d’alcoolisme sévère», en raison de cette sensation de récompense accrue.

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Alcool : 7 vérités à savoir sur la (sur)consommation

Un petit verre pour trinquer, s’amuser, décompresser ou noyer son chagrin ? Les raisons de boire sont nombreuses, mais cela peut vite devenir notre ennemi. Le point sur la consommation d’alcool, modérée ou excessive.

C’est une réalité : le confinement a entraîné une hausse des addictions. Si 65 % des buveurs réguliers affirment que leur consommation d’alcool est « restée stable » pendant le confinement et que 24 % sont même parvenus à la faire baisser, en revanche, 11 % des buveurs d’alcool réguliers estiment que leur consommation a « progressé » pendant la période du confinement, selon Santé Publique France. Parmi ces derniers, plus de la moitié ont consommé plus souvent de l’alcool pendant la semaine, 10 % ont augmenté le nombre de verres… et 23 % ont cumulé (fréquence et quantité). Santé Publique France, explique que cela a touché plus particulièrement les moins de 50 ans, les citadins et les parents. Sans surprise, « l’ennui, le manque d’activité, le stress et le plaisir sont les principales raisons mentionnées par les usagers d’alcool ayant augmenté leur consommation », note Viêt Nguyen Thanh, responsable de l’unité addictions à la direction de la prévention et de la promotion de la santé à Santé publique France.

1-À TROP BOIRE, ON NE RISQUE PAS QUE LA CIRRHOSE

« On a beaucoup communiqué sur les méfaits du tabac, mais finalement très peu sur ceux de l’alcool, constate le Pr Naassila, président de la Société française d’alcoologie et directeur de l’Unité Inserm UMR 1 247, groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances (université de Picardie).Or, toute consommation d’alcool comporte un risque pour la santé. » Tout comme le tabac est mauvais à chaque cigarette fumée, chaque verre bu a un impact sur notre santé. Rappelons que l’alcool est la première cause d’hospitalisation en France (Bulletin épidémiologique hebdomadaire de 2015, Sante publique france) et l’on ne parle pas ici de personnes alcoolodépendantes. L’alcool est en effet impliqué dans de très nombreuses pathologies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou certains cancers. 17% des cancers du sein sont dus à une consommation excessive d’alcool, par exemple. L’alcool a en outre un effet sur notre aspect et notre hygiène de vie : prise de poids (un verre d’alcool équivaut en moyenneà 3 morceaux de sucre !), sommeil moins réparateur, mine fripée…

2- LES REPÈRES DE CONSOMMATION ONT CHANGÉ DEPUIS 2017

Santé publique France a défini en 2017 de nouveaux repères pour que chacun puisse savoir où il en est de sa consommation : pas plus de 10 verres d’alcool par semaine, avec 2 jours sans alcool (soit deux fois moins que les repères précédents). « Ces repères ont été définis relativement au risque acceptable de mortalité imputable à l’alcool, précise le Pr Naassila. Si l’on est en dessous de ces repères, cela signifie que l’on est à moindre risque de décéder d’une pathologie attribuable à l’alcool. » On considère par ailleurs que 6 verres bus en une seule occasion (4 pour les femmes) sont un critère de nocivité, c’est ce que l’on appelle l’alcoolisation ponctuelle importante.

3-DEUX JOURS SANS ALCOOL PAR SEMAINE, PEU IMPORTE SA CONSOMMATION

Il est aussi délétère de boire tous les jours, sans faire de pause, que de concentrer la même quantité sur une soirée. Ces deux jours sont par ailleurs essentiels pour deux raisons : d’abord pour se rendre compte que l’on peut se passer d’alcool. Si l’on ne peut pas s’enpasser, c’est une alerte à prendre en compte. Ensuite, pour mettre l’organisme au repos. « Il faut rappeler que l’alcool est un toxique, explique le Pr Naassila. Et même si l’on l’élimine, il perturbe le métabolisme hépatique et fatigue le foie. La consommation d’alcool régulière favorise la stéatose, c’est une accumulation de graisses dans le foie (on parle aussi de foie gras) qui peut dégénérer en fibrose, voire cirrhose et cancer du foie. »

4-LES FEMMES DE PLUS EN PLUS TOUCHÉES PAR LA SURCONSOMMATION

« La consommation des femmes aujourd’hui, notamment jusqu’à 40 ou 45 ans, est complètement décomplexée, note le Dr Karila, psychiatre et addictologue, auteur de « L’alcoolisme au féminin » (éd. Leduc.s,). Elle est inscrite dans les habitudes de vie courante, sans parler de consommation excessive ni de consommation addictive. » Entre afterworks, soirées bien arrosées et petit verre quotidien pour décompresser après une journée chargée, les femmes aujourd’hui s’alcoolisent plus que leurs grands-mères. Le hic ? Entre consommation (trop) régulière et surconsommation, il n’y a souvent qu’un pas. « On estime qu’il y a 1 million à 1 million et demi de Françaises pour qui la consommation d’alcool peut poser problème », constate encore le spécialiste. Ce qui est d’autant plus ennuyeux, c’est que les femmes tardent généralement à demander une prise en charge.

5-LA CONSOMMATION EXCESSIVE PEUT RAPIDEMENT (ET FACILEMENT) S’INSTALLER

Il y a consommation excessive dès lors que l’on boit plus que prévu. Si l’on respecte les recommandations de Santé publique France, on minimise le risque de problèmes liés à l’alcool, mais cela ne préserve pas d’un glissement vers une surconsommation. Quels signes doivent alerter ? « Ils sont nombreux, souligne le Dr Karila, mais on doit vraiment s’interroger si l’on estime que l’on boit trop, que l’on boit en cachette ou seul, que l’on boit plus que les autres dans un événement, que l’on a besoin d’un verre pour se rassurer, etc. » Les impacts sur la qualité de vie (sommeil perturbé, fatigue, difficultés au travail…) sont aussi des éléments à prendre en compte, tout comme le rôle de l’entourage. Si l’on nous a déjà fait des reproches ou des remarques sur notre consommation, c’est qu’elle est excessive.

6-L’ABSTINENCE PENDANT UN MOIS EST TOUT BÉNÉFICE !

« Les effets de l’abstinence pendant un mois (comme lors du Dry January) sont étonnants, constate le Pr Naassila. Plusieurs études anglaises ont montré que 6 mois après un mois d’abstinence, on notait une nette diminution de la consommation d’alcool et du nombre d’épisodes d’ivresse. Mieux encore, ceux qui n’ont pas réussi à rester totalement abstinents voient aussi leur consommation diminuer à 6 mois. » Conclusion ? Simplement réduire sa consommation a déjà des effets positifs notables. En outre, « avec le Dry January, on s’inscrit dans la communication, le renforcement positif puisque les inscrits échangent sur les bénéfices de l’abstinence au quotidien qu’ils ont eux-mêmes expérimentés. » Se mettre au vert un mois permet ainsi d’éprouver- sans tabou – le rapport que l’on a avec l’alcool. « Ceux qui suivent le Dry January indiquent avoirplus de facilités ensuite à refuser de l’alcool. C’est un sentiment qui augmente la confiance en soi. »

7-LA MÉTHODE DES 5 C, EFFICACE POUR REPÉRER UNE DÉPENDANCE À L’ALCOOL

Pas évident d’identifier une addiction à l’alcool. Ausssi, le Dr Karila conseille de s’en remettre à la méthode des « 5 C » pour juger si l’on est passé d’une surconsommation à une alcoolo-dépendance. Si l’on retrouve ces 5 C régulièrement sur 12 mois, on est dans un processus addictif, il faut impérativement se faire aider :

  • Perte de Contrôle
  • Consommation Compulsive
  • Consommation Continue
  • Conséquences sur la santé
  • Craving, ou envie irrésistible de boire

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Cannabis : les messages de prévention visant à réduire les risques sont perfectibles

Plus d'un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l'année
Plus d’un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l’année CHABYBUCKO / ISTOCK.COM

Dans quelle mesure les consommateurs de cannabis ont-ils conscience des risques pour leur santé associés à cette substance ? Des chercheurs de l’université du Michigan et de l’université d’Etat de New-York à Buffalo (Etats-Unis) ont sondé 472 américains fumeurs de cannabis afin d’évaluer le degré d’efficacité des campagnes de prévention menées aux États-Unis. Les participants ont été recrutés lors du Hash Bash 2019, festival qui célèbre la marijuana et qui a lieu chaque année sur le campus de l’université du Michigan.

Publiée dans Health Promotion Practice, la recherche montre que les consommateurs fréquents de cannabis ne sont pas aussi bien informés qu’ils devraient l’être sur les stratégies de réduction des risques. Moins de la moitié d’entre eux (42%) est par exemple consciente qu’il est préférable d’éviter de fumer de la marijuana pendant la grossesse, tandis que seuls 36% connaissent la recommandation de ne pas conduire dans les six heures suivant la consommation de cannabis.

Environ un quart des participants estime par ailleurs que consommer des produits contenant du cannabidiol (CBD) et du tétrahydrocannabinol (THC), de l’huile de cannabis ou encore de mettre de la glace dans un bang s’avèrent des stratégies efficaces pour réduire la puissance du cannabis. Or, les auteurs de la publication rappellent que seuls les produits équitablement dosés en CBD et THC sont connus pour produire cet effet.

Bien que les connaissances ne garantissent pas automatiquement un comportement plus responsable, les chercheurs notent que le fait de fournir aux consommateurs de cannabis des informations précises sur les risques et les avantages de cette drogue aiderait au moins à prendre des décisions en toute connaissance de cause.

« Alors que de plus en plus d’États légalisent l’usage médical et récréatif du cannabis, il est important que la santé publique fournisse aux gens des connaissances adéquates sur l’utilisation du cannabis. Nous savons que l’abstinence n’est ni réaliste ni souhaitable pour certains consommateurs. Nous pouvons minimiser les coûts et les risques liés à la consommation de cannabis en sensibilisant les gens aux stratégies de réduction des risques », estime Lorraine Collins, co-autrice de l’étude.

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