disait-on il y a 80 ans ….
par Alexis Chenu
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14 décembre 2021
Premier État à légaliser l’usage thérapeutique du cannabis en 1996, la Californie répliquait 20 ans plus tard en légalisant, cette-fois, son usage récréatif. Un marché lucratif, estimé à environ 7 milliards de dollars (pour le seul État de Californie), qui permet aujourd’hui aux habitants comme aux touristes d’acheter librement leur weed (sur présentation d’une pièce d’identité), et même de se faire livrer à domicile.
Devant l’engouement suscité par la libéralisation du marché, Sophie Cilpa, avocate internationale, spécialiste des questions juridiques franco-américaines, et Pierre Hourcade, avocat aux barreaux de Paris, New-York et Californie, tous deux associés au sein du cabinet Action Avocat, font le point sur les risques encourus par les Français qui souhaiteraient faire voyager joints, graines ou bonbons infusés au cannabis.
Ramener du cannabis en France
Le message est clair. « Voyager des États-Unis, et notamment de la Californie, vers la France avec du cannabis, quelle que soit sa forme – joint, bonbon, huile – signifie, plus ou moins, exporter des produits stupéfiants, expliquent les avocats, dans la mesure où le produit transporté est constitué effectivement en une forme ou une composition interdite par la législation en vigueur en France.
Dans cette hypothèse LIRE LA SUITE
Écrit par Axelle Bouschon

C’est un fléau chaque année plus présent sur l’île. Mais dont on parle peu. Nous vous proposons toute cette semaine une série d’enquêtes, à la rencontre de ceux qui luttent contre ce phénomène, de ceux qui consomment, mais aussi de ceux qui en vivent. 2ème épisode, aux côtés d’une association.
Il est 8h30, passants et voitures affluent à un rythme régulier, le long de la rue royale, à Bastia. Au rond-point de la résidence A Tramunta, en face du chemin menant à l’hôpital de Falconaja, le centre d’Addictions France ouvre ses portes, et se remplit au gré des arrivées des employés. Ce lundi 25, ils sont cinq et une stagiaire à travailler.
Une pile de documents sous le bras, Déborah Baron se…. CLIQUEZ POUR LIRE LA SUITE
La France et l’Union européenne doivent faire face à un vaste trafic transcontinental de cocaïne livrée par tonnes et qui rapporte des milliards aux trafiquants et aux réseaux.
Expertise collective, complexe appareil de renseignement : un grand État peut-il se tromper de guerre ? Ô combien. Exemple énorme, la « guerre à la drogue » lancée en juin 1971 par Richard Nixon, qui crée en 1973 la DEA Drug Enforcement Administration, outil fédéral spécifique. Or cette « guerre » ne cible que le plus visible : le cannabis (des hippies) et l’héroïne (drogue des Noirs et des vétérans-toxicomanes rentrés du Vietnam). La cocaïne ? La Maison blanche et de DEA la négligent, quoique Pablo Escobar & co. lancent alors sur l’Amérique du Nord un tsunami de « chlorhydrate de cocaïne » (nom savant de la drogue) puis de crack (proto-cocaïne à fumer). Washington corrige la colossale bévue en 1984 : à Miami, un jury fédéral inculpe Pablo Escobar et les chefs d’un cartel de Medellin actif mais impuni depuis dix ans. Trop tard : les États-Unis absorbent alors 400 tonnes de « coke » par an, les guerres de gangs (pour contrôler le gâteau) font 15 morts par jour (surtout, Noirs) et les cartels ont créé dans toute l’Amérique du Nord un maillage de distribution des drogues, toujours actif en 2021.
50 ans plus tard, l’Union européenne et la France font-t-elles la même bourde ? C’est hélas possible car le gouvernement français cible par électoralisme ces petits dealers de cités dont le négoce reste le cannabis. M. Darmanin et ses troupes multiplient ces futiles opérations coup-de poing où l’on saisit quelques kilos d’un haschisch fumé, en France, à raison d’une tonne par jour ; et capture des sous-fifres libérés à l’instant par la justice de M. Dupond-Moretti. Ce, quand sévit un colosse criminel, toujours plus riche et puissant. Démonstration.
D’abord, les données du problème cocaïne pour la France et l’Europe ; les chiffres ci-après étant tout sauf hyperboliques, plutôt au bas de la fourchette :
• Comparée aux autres stupéfiants, la cocaïne est une machine à fric inégalée. Livrée en gros en France, pure à ± 80%, les grossistes la payent en moyenne ± 32 000 €/kilo (32 millions d’€ la tonne). Puis la cocaïne est coupée (la tonne pure devient 1,5 t.) ; le prix, niveau demi-grossiste, passe à ± 45 000 €/kilo. Enfin, la vente de rue se fait vers 70€ le gramme, 40€ le 1/2 g.
• Bien sûr, cette « accumulation primitive du capital » enrichit surtout le haut de la pyramide criminelle, caïds et cadres des gangs. Exemple : ce caïd achète, pour sa clientèle régionale, 500 kg de cocaïne en gros puis la revend à des patrons de « fours » (points de deal) au prix du kilo coupé. Pour cette seule transaction, il gagne ± 6,5 millions d’euros. Moins ses frais : entretien du gang, logistique, avocats, corruptions diverses, train de vie… Bénéfice net de la seule opération (sans encombres policiers ou douaniers) : 6 millions d’€.
• Combien de cocaïne ainsi livrée en France, à bon port ? Les experts d’Anvers et Rotterdam, ports d’où la « coke » inonde l’Europe, disent en saisir 10%. La douane française étant performante, accordons-leur le (généreux) taux de saisie de 25%. 1/4 saisi, 3/4 livrés aux narcos. Donc : 13 tonnes saisies par nos douanes en 2020, ± 40 t. livrées aux semi-grossistes. Là, le profit annuel du haut de la pyramide (de gros à demi-gros) est à ce seul niveau de ± 520 millions d’€. Voyons maintenant les profits cascadant du haut en bas du circuit de vente, du kilo en gros (± 32 000 euros) au 1/2 gramme en boîte de nuit (40 €) : ce profit total du négoce de la cocaïne en France (métropole) approche le milliard et demi d’€. Profit total annuel, soulignons-le, renouvelé chaque douze mois.
• Niveau Union européenne (et ses ± 4 millions de cocaïnomanes) le problème est pire. D’abord, malgré tout l’activisme de Washington et les serments de régimes locaux corrompus ou impuissants, le cône nord de l’Amérique latine produit toujours plus de cocaïne ; le marché N°1 mondial des cartels, de la Colombie au Mexique, étant désormais l’Europe.
• Exemple, le port d’Anvers (Belgique) : 120 km2 (Paris intra-muros : 105 km2), 64 000 salariés directs (alentours, 80 000 autres vivent du port), 7,5 millions de conteneurs traités en 2020. 66 t. de cocaïne saisies en 2020 (sans doute 100 t. à Anvers, fin 2021). Rappel : en 2010, ± 50 t. de cocaïne étaient saisies pour toute l’Union européenne. Combien de dockers, grutiers, douaniers, employés et fonctionnaires de la fourmilière d’Anvers, prêts à gagner 10 000€ à détourner les yeux ou prêter un badge d’accès ? 100 000€ pour une grosse « extraction » de drogue ? Pire à Rotterdam, inquiétant pour des ports français, Le Havre en tête.
Ce, quand une chaîne logistique mondiale toujours plus automatisée et accélérée complique le travail des douanes ; la police étant toujours plus confrontée aux guerres de gangs visant au contrôle d’une telle mine d’or : fusillades, attentats à la bombe, jets de grenades, règlements de comptes, enlèvements, tortures, etc.
Là est le pire danger, pour l’Europe et la France : des caïds riches à milliards (les principaux opèrent depuis le Maghreb, le Golfe, l’Andalousie, etc.), pouvant corrompre des élus et fonctionnaires ; stipendier des pirates informatiques pour manipuler les structures portuaires ; infiltrer l’économie légale, l’immobilier etc., pour y recycler et blanchir leurs profits – et acquérir plus de puissance encore.
Tel est le défi lancé à la France et l’Union européenne, par le macro-trafic transcontinental d’une cocaïne livrée par tonnes et rapportant des milliards. Un second article exposera le problème des micro-trafics en France même : « crack » au nord-est de Paris, guerres de la « coke » dans des ports français.
Après 9 mois sans alcool, les tentations de trinquer après la naissance de bébé sont parfois grandes. Alors, les femmes qui allaitent doivent-elles vraiment se priver de ce plaisir ? L’alcool passe-t-il directement dans le lait maternel ? Est-il nocif pour le bébé ? Doit-on jeter son lait après avoir bu un verre ? Carole Hervé, consultante en lactation IBCLC répond à toutes ces questions que les jeunes mamans se posent.
Les superviseurs de la ville de San Francisco ont approuvé à l’unanimité une ordonnance suspendant la taxe professionnelle de la ville sur les détaillants de cannabis la semaine dernière.
Le superviseur de San Francisco, Rafael Mandelman, qui a rédigé l’ordonnance, a déclaré dans une déclaration au San Francisco Examiner que la suspension est destinée à aider les détaillants légaux de cannabis qui tentent de rivaliser avec les trafiquants de drogue illégaux et une augmentation des vols.
La taxe, qui impose une taxe de 1 à 5 % à l’échelle de la ville sur les recettes brutes des entreprises de cannabis, a été approuvée par les électeurs en novembre 2018 et devait entrer en vigueur le 1er janvier 2022. L’ordonnance, qui a été adoptée mardi, suspend la d’impôt jusqu’au 31 décembre 2022.
« Les entreprises de cannabis créent de bons emplois pour les San Franciscains et fournissent des produits sûrs et réglementés à leurs clients », a déclaré Mandelman dans une déclaration au San Francisco Examiner.
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« Malheureusement, le marché illégal est florissant en faisant baisser les prix des entreprises légales, ce qui est mauvais pour notre économie car les entreprises illégales ne paient pas d’impôts tout en soumettant les travailleurs à des conditions dangereuses et les consommateurs à des produits dangereux. Ce n’est pas le moment d’imposer une nouvelle taxe sur les petites entreprises qui viennent juste de s’établir et qui tentent de concurrencer les opérateurs illicites », a ajouté Mandelman.
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Mandelman a également suggéré que l’ordonnance est destinée à aider à compenser les pertes que les détaillants de cannabis ont subies du fait de vols généralisés à San Francisco, qui a connu une augmentation vertigineuse de la criminalité au cours de l’année écoulée.
Vue aérienne du pont de la baie de San Francisco-Oakland avec paysage urbain moderne en arrière-plan, San Francisco, Californie, USA.
« Les entreprises de cannabis, ainsi que de nombreux autres détaillants à San Francisco, luttent sous le poids de vols de détail incontrôlables », a déclaré Mandelman. « San Francisco doit faire plus pour protéger ces entreprises, leurs employés et leurs clients avant de les frapper avec une nouvelle taxe. »
Journal International de Médecine
J.I.M. 11 décembre 2021
Dans les prochains mois, l’Allemagne, pourtant considérée comme un modèle de rigueur dans
l’inconscient collectif des Européens, devrait légaliser l’usage du cannabis récréatif. Après plusieurs pays
européens et certains états Américains. Cette décision venue d’Outre Rhin aura, on peut l’imaginer, une
grande influence dans le débat qui devrait reprendre en France à l’occasion des campagnes présidentielle et législative. Dans cette Tribune libre, le Pr Costentin, membre des Académies de Médecine et de Pharmacie, analyse un à un les arguments des partisans de la légalisation et expose les raisons sanitaires et sociétales, qui, selon lui, devraient conduire à ne pas y adhérer. A n’en pas douter son propos à la fois médical et politique (au sens étymologique) suscitera des réactions d’approbation ou d’improbation parmi nos lecteurs.
Nous leur ouvrons nos colonnes (dans les limites de la confraternité) pour enrichir le débat…
Par le Professeur Jean Costentin*
Des pressions convergentes, dont l’intensité redouble, s’exercent sur les médias, le monde politique et
ainsi sur nos concitoyens, pour obtenir la légalisation du cannabis. Elles utilisent de façon récurrente différents arguments que nous allons nous appliquer à réfuter.
Le diable s’exprime déjà dans le choix des mots, qui ne sont pas des détails Réprouvons l’expression « cannabis thérapeutique » qu’utilise d’emblée la mission parlementaire ayant pour objectif affiché de déterminer si la thérapeutique trouve au cannabis des intérêts pouvant justifier son élévation à la dignité d’un médicament ; ce disant elle exprime a priori ses conclusions. L’étude qu’elle initie est en rupture avec les règles élémentaires qui présidaient à l’étude d’un médicament potentiel ; bien loin de la discrétion qui prévalait en cette matière. Cette étude, sans placebo, ni médicament de référence, avec un nombre
fixe et restreint de patients, sur une durée limitée, pour tester 4 indications potentielles, délivre au public, en temps réel, des fractions d’information…
Aussi, avant même que ses résultats soient obtenus, ils sont d’emblée invalidés. Mais cela ne changera rien, les conclusions semblant déjà écrites. Ce cannabis dit « thérapeutique » est le faux nez de la légalisation du cannabis, à des fins toxicomaniaques.
Tous les Etats qui l’ont légalisé, telle une figure obligée pour apaiser le chaland, l’ont préalablement adoubé comme « médicament ».
Réprouvons aussi l’expression cannabis « récréatif » ; cet euphémisme se réfère à la récréation qui dans
nos souvenirs d’enfants s’apparente à de bons moments d’interruption des contraintes scolaires ; ce faisant il occulte délibérément que la « récré » cannabique peut se terminer mal, voire même dramatiquement.
La loi de 1970 décrétant la prohibition du cannabis n’est pas obsolète
« Le temps ne fait rien à l’affaire », cette loi reste d’actualité. Elle interdit le commerce, la possession,
l’usage du cannabis. Sa sévérité, résolument dissuasive, permettait l’infliction aux contrevenants d’une peine (maximale) d’un an de prison ou de 3.500 euros d’amende, avec inscription au casier judiciaire. Elle était justifiée par l’accroissement important de la consommation de cannabis qui survenait au décours de la pseudo- révolution de Mai 1968, avec son « jouir sans limite » et son « interdiction d‘interdire ». Déjà se précisaient différents méfaits de cette drogue, tandis que de nouveaux étaient entrevus ; ils ont été depuis lors, pour nombre d’entre eux, confirmés et précisés.
Mais cette loi est restée méconnue, faute d’être enseignée, d’être justifiée et d’être appliquée par l’institution judiciaire. Cette dernière, pour ne pas appliquer la sanction maximale, ce que l’on peut admettre, a classé l’infraction presque systématiquement sans suite, annihilant cette loi.
Au cours des 30 dernières années, le taux de THC s’est accru d’un facteur 6,5 dans les produits en
circulation, tandis que se développaient de nouveaux modes de consommation, visant à accroitre la cession du THC à l’organisme, ainsi :
- « l’huile de cannabis », à très haute teneur en THC, obtenue par extraction de la résine par des solvants
apolaires, suivie de leur évaporation ; elle peut être étirée sur des cigarettes communes, ou être mélangée à du
tabac, ou être utilisée dans les recharges des cigarettes électroniques ; - le « BHO » (butane hash oil), qui résulte de l’extraction de la résine par le butane liquéfié qui, après
volatilisation, laisse un résidu utilisé dans des nébuliseurs ; - les pipes à eau, qui centuplent le volume de fumée qui peut être inhalé dans les poumons distendus d’une façon maximale ;
- les nouveaux cannabinoïdes, obtenus par synthèse chimique (qui sont beaucoup plus puissants que le THC).
Les Français – tous premiers consommateurs du cannabis en Europe
Triste constat, de 1.500.000 usagers réguliers qui le consomment au moins une fois tous les 3 jours, dont
presque 1.000.000 de consommateurs quotidiens. Cette fréquence d’usage correspond à une dépendance avérée, car le THC est une drogue très rémanente, qui agit très durablement sur l’organisme.
Plusieurs raisons expliquent cette très forte consommation nationale :
• La large méconnaissance de la loi de prohibition des drogues, surtout diffusée par ceux qui la critiquent
• L’absence de prévention éducative, dénoncée par l’OEDT (Observatoire européen des drogues et
toxicomanies). Les jeunes français n’ont au maximum, durant leur cursus éducatif, qu’une à deux heures
d’exposé par des fonctionnaires de la Gendarmerie, qui leur présentent la loi, les risques encourus à y
contrevenir, les subterfuges des dealers. Les risques sanitaires sont à peine effleurés par les enseignants des sciences de la vie qui n’y sont pas formés et qui s’y intéressent peu ; et même ceux qui s’y intéressent ne peuvent développer un enseignement sur les drogues, car il n’est pas inscrit dans les programmes éducatifs ;
• la prolifération dans les cités « sensibles » d’une économie de la drogue à ciel ouvert, qui mobilise
d’énormes sommes d’argent.
Elle est alimentée par une immigration au-delà des capacités d’accueil de notre pays où le chômage structurel affecte plus de 3 millions de nos concitoyens ;
• les 450 tonnes de cannabis qui entrent aisément chaque année sur le territoire national, essentiellement en provenance du Maroc ;
• l’auto-culture favorisée par la prolifération dans nos villes des « Growshops »
• la propension des Français à consommer des psychotropes (anxiolytiques, hypnotiques, antidépresseurs) ainsi que diverses drogues (alcool, tabac, morphiniques…) ; cette grande vulnérabilité nationale aux toxicomanies aurait dû mobiliser les pouvoirs publics, mais les responsables politiques ont laissé filer.
• la magistrature, elle aussi, a laissé filer, submergée par un nombre croissant de diverses procédures ; elle a classé sans suite pénale les affaires qui lui paraissaient mineures relativement à d’autres dossiers, avec pour conséquence l’absence de sanction pour les consommateurs de drogues et pour les dealers.
Les peines rarement prononcées sont faibles en comparaison de celles infligées dans les autres nations de l’Union Européenne pour ces mêmes délits ; en outre et très fréquemment, elles ne sont pas appliquées.
• Les rigueurs originelles de la loi de 1970 ont été régulièrement « détricotées », puisqu’on en est maintenant à l’infliction d’une simple contravention de 200 euros, en solde de tout compte, (laquelle d’ailleurs n’est pas toujours perçue) ; sans inscription sur un registre, ce qui aurait pu contribuer à dissuader des récidives, par l’augmentation du montant de la contravention en fonction de leur nombre.
• la police effectuant les investigations et contrôles qui lui sont demandés se sent désavouée par l’absence de suites judiciaires données à ses interpellations
Les assertions fausses et les méfaits du cannabis
La « grosse ficelle » (en chanvre) du « rapport Roques » (1998), très colportée, affirmait que la
dangerosité du cannabis était inférieure à celle du tabac et de l’alcool, tous deux légalisés. Contrairement à cette allégation, la toxicité pour l’organisme des fumées du cannabis est supérieure à celle du tabac. La résine de cannabis (haschisch), comme celle présente sous forme de globules sur la plante (la marijuana), augmente de 200°C la température de combustion de l’élément végétal, poussant plus avant sa décomposition thermique et produisant ainsi 6 fois plus de goudrons, dont différents constituants sont cancérigènes pour les sphères bucco- pharyngée et broncho-pulmonaire.
Elle produit aussi 6 à 8 fois plus d’oxyde de carbone (CO) qui, en se fixant intensément sur l’hémoglobine des globules rouges, réduit leur capacité de fixer l’oxygène pour l’amener aux tissus qui le consomment ; il s’en suit une toxicité cardio-vasculaire du cannabis plus importante que celle du tabac.
Il est ainsi la 3 ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il induit des artérites des membres
inférieurs, plus précoces que celles provoquées par le tabac ; il est à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes.
Alors que le tabac n’est pas nocif pour le cerveau (à sa dépendance près), le THC du cannabis, à l’origine,
lui aussi, d’une forte dépendance, induit de surcroît des troubles psychiques et psychiatriques souvent graves (ivresse, désinhibition avec prise de risque, troubles cognitifs, anxiété, dépression, bouffées délirantes, hallucinations, schizophrénie, escalade toxicomaniaque).
Le cannabis incite à la consommation d’alcool. Le THC rend imperceptible à celui qui s’alcoolise,
l’approche du moment où il ne peut plus maîtriser sa consommation, qui vire alors à l’alcoolisation aigüe (« binge drinking »/ « biture expresse »), avec pour corollaire le coma alcoolique.
En 2019, 730 personnes ont été tuées dans un accident impliquant un conducteur sous l’emprise d’un
stupéfiant, lequel, dans 90% des cas, était le cannabis. Dans l’étude « Stupéfiants et accidents mortels de le route » ( S.A.M .), déjà ancienne, la conjonction du cannabis avec l’alcool multipliait par 14 le risque d’accidents mortels ; des études plus récentes évaluent ce facteur à 29.
Alors que la « puissance publique » est incapable de réduire de façon importante la consommation de
tabac et d’alcool, comment peut-elle imaginer y adjoindre une autre drogue, aussi addictive et encore plus délétère que ces deux premières ?
La France qui est en bonne place parmi les Nations qui dépensent le plus pour l’éducation de ses enfants,
n’en est pas payée en retour, puisque dans le classement PISA international des performances éducatives, elle n’apparaît qu’en 27ième rang. L’éradication du cannabis de l’espace éducatif nous ferait progresser au moins d’une quinzaine de rangs.
Assertion aberrante – « la légalisation du cannabis permettrait une prévention de sa consommation »
Ceux qui s’abstiennent de consommer du cannabis sont convaincus de son caractère dangereux ; avec sa
légalisation ils penseront que l’Etat, dans sa fonction de protection des citoyens, ne saurait autoriser un produit dangereux ; ils seraient ainsi dissuadés de continuer de s’en abstenir. Quant à ceux qui s’en abstiennent par respect de la loi, les non-transgressifs (encore nombreux chez nos jeunes), la légalisation lèverait chez beaucoup leur retenue à le consommer.
Il est aberrant de prétendre qu’on ne peut enseigner des règles de prévention sur des produits ou des
comportements interdits. Faudrait-il autoriser le viol pour en diminuer le nombre ? Le vol pour enseigner
l’honnêteté ? Les exemples de semblables aberrations abondent, qui annihilent cet argument. Prévenir consiste à intervenir en amont d’une expérimentation, pour empêcher que s’installe une addiction, surtout quand on sait que lorsqu’elle est installée on est impuissant à la faire régresser. Une prévention, même soigneusement pratiquée, n’éteindra pas en France l’appétence pour les drogues ; elle pourra la contenir et, on l’espère, la restreindre.
Une légalisation du cannabis aboutirait, plus ou moins rapidement, à une augmentation considérable du nombre de ses consommateurs, à l’instar de celle du tabac (avec ses 13 millions de fumeurs irrépressibles et ses 75.000 décès annuels) et de l’alcool (avec ses 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants et alcooliques, et ses 41.000 décès annuels).
Cet avis est partagé par le comité interministériel de lutte contre les stupéfiants, qui le 25 Mai 2021 l’exprimait : « L’expérience des Pays-Bas, de l’Uruguay, du Portugal, de l’Espagne, du Canada et
de certains États américains fait apparaître une augmentation du nombre de consommateurs post-légalisation du cannabis dans tous ces pays, ce qui peut entraîner un usage d’autres produits stupéfiants ». Cette déclaration évoque l’escalade vers d’autres drogues ; escalade à laquelle incite la dépendance au cannabis.
Cette escalade, que contestaient les pro-légalisateurs, est devenue irréfragable et les mécanismes en cause (phénomène de tolérance et effets épigénétiques) sont de mieux en mieux précisés. Autoriser le cannabis ouvrirait la porte à la consommation d’autres drogues.
Des déclarations très médiatisées de politiques qui annoncent régulièrement l’imminence de la légalisation du cannabis, contribuent à sa banalisation.
Si la légalisation était décrétée, elle deviendrait irréversible, quels qu’en soient les méfaits (à l’instar du
tabac et de l’alcool). La législation française compte diverses dispositions malencontreuses, qu’on ne sait abolir, en dépit de leurs méfaits avérés.
La légalisation serait-elle bénéfique pour le budget de la Nation ?
Face à la santé, un des biens les plus précieux, que pèseraient des taxes, même substantielles, devant la
primauté qu’on doit accorder à l’Homme, et en particulier aux plus jeunes, nos germes d’éternité sur qui
reposent nos espoirs de pérenniser les fondamentaux de notre société, alors que des actions concertées
s’appliquent à la déconstruire, à la démolir. La volonté de certains d’une légalisation du cannabis participe à cette agression.
Dans l’Etat du Colorado, qui fut un des premiers Etats américains à légaliser le cannabis, il a été calculé
que pour 1 $ qu’il percevait en taxes, il lui en coûtait 4,5$ pour éponger les dépenses générées par cette drogue : en soins médicaux (particulièrement psychiatriques), pour les accidents routiers ou professionnels dans lesquels il est en cause, les dépenses des assurances, les procès, l’incurie sociale, l’assistanat…
Un cannabis légalisé moins puissant, moins « trafiqué », serait moins dangereux
Pour tenter de diminuer sa consommation, le cannabis de régie devrait être plus cher et moins puissant que celui du marché noir ; mais on sait qu’il serait boudé par les consommateurs, qui s’adresseraient toujours au marché noir.
C’est en effet à la demande de ses consommateurs que dans les produits en circulation le taux de
THC a été multiplié par 6,5 en 30 ans ; ils ne seraient donc pas enclins à revenir aux « tisanes » d’antan. Dans les pays ayant légalisé le cannabis, non seulement le deal reste très actif, mais il élargit de plus l’offre d’autres drogues.
Quant au cannabis de régie il serait encore plus facilement accessible aux jeunes, tout comme l’est
actuellement le tabac, dont l’interdiction de vente aux mineurs est ignorée par la majorité des buralistes.
La légalisation du cannabis supprimerait-elle le deal, les dealers, leurs guerres et les balles perdues ?
L’émoi suscité par la mort de quelques malfrats qui prospèrent avec le commerce des drogues qui tuent
leurs consommateurs par milliers est malséant. N’ayons de compassion que pour les quelques victimes de leurs « balles perdues ». Il est naïf de croire que la légalisation du cannabis dirigerait ses 220.000 dealers vers Pole emploi et que les « gros bonnets » se mettraient en retraite anticipée. Le marché noir du cannabis perdurerait, complété le cas échéant par un élargissement de l’offre de cocaïne/crack, d’amphétamines, de cathinones, d’ecstasy, de buprénorphine, d’héroïne, de cannabinoïdes de synthèse…Les adolescents qui par l’usage du cannabis satisfont un besoin de transgression, vécu comme un viatique pour accéder au statut d’adulte, devraient, s’il était légalisé, effectuer cette transgression au niveau de la cocaïne ou des morphiniques.
C’est alors que le raisonnement qui aurait prévalu pour la légalisation du cannabis devrait s’appliquer à toutes les autres drogues.
La légalisation du cannabis apaiserait-elle le climat de certaines banlieues, de certains quartiers ? Le climat
de certaines cités resterait « pourri » ; il continuerait de « pourrir » les espaces à l’entour qui continueraient de s’enfoncer dans une intoxication collective.
Cette situation déplorable persistera :
– tant que les dealers de drogues gagneront beaucoup plus que dans l’exercice d’activités légales ;
–tant que les drogues constitueront une économie souterraine florissante ;
– tant qu’une immigration non régulée accumulera sur le territoire national des étrangers non intégrables par le travail, en raison de leur inadéquation aux fonctions proposées et de l’absence d’emploi, du fait d’un chômage endémique ;
– tant qu’une éducation digne de ce nom, n’aura pas dissuadé une large frange de la population de se tourner vers des drogues ;
– tant que « l’argent de poche » ne sera pas assis sur un service rendu, faisant que l’argent facilement gagné repart facilement en fumées ;
– tant que l’éducation nationale ne s’investira pas dans la prévention des toxicomanies, comme lui en fait le reproche l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT), la France restera en Europe la Nation la plus grande consommatrice de cannabis ;
– tant que nos concitoyens n’auront pas compris que le marché des drogues n’existe que par l’importance de leurs consommateurs et que les adultes ne peuvent interdire aux jeunes de consommer ce qu’ils s’autorisent ; sur l’air du « faites ce que je dis (si au moins je le dis), mais ne faites pas ce que je fais ».
-tant que persisteront des milliers de points de deals notoires, ou que les livraisons de drogues pourront
s’effectuer à domicile.
Une légalisation du cannabis ne soulagerait pas le travail de la police car le marché noir ne disparaîtrait
pas ; pas plus que les dealers et « gros bonnets » qui élargiraient la diversité de leurs offres et y ajouteraient d’autres trafics. Une légalisation ne soulagerait pas davantage le travail de la justice, qui aurait à juger les mêmes délinquants pour d’autres délits, qu’elle ne pourrait plus classer sans suite.
Des addictologues sont pourtant en faveur d’une légalisation
L’addictologie est écartelée entre un groupe d’idéologues et d’authentiques médecins qui, ces derniers,
placent une démarche authentiquement médicale au cœur de leur activité. On les entend peu, car ces premiers se sont emparés « des manettes » de la représentation médiatique de leur profession, contraignant ces derniers à la discrétion.
Ce sont les addictologues/idéologues à contre-emploi qui, il y a encore quelques années, clamaient que le cannabis était sans danger pour les enfants et les adolescents. Ils demeurent toujours sans réponse quand on leur demande s’ils disposent de traitement pour détacher du cannabis ceux qui en sont devenus dépendants. Ils manifestent un semblable mutisme quand on les questionne sur les effets épigénétiques du cannabis, comme s’ils n’en avaient jamais entendu parler.
Ce sont les mêmes qui militent pour les « salles de shoots ».
Il est urgent que les structures et administrations qui les appointent, analysent leurs activités, s’intéressent
à leurs résultats, pour les mettre en adéquation avec leurs coûts pour la collectivité ; urgent aussi qu’elles leur rappellent leur devoir de réserve vis-à-vis de la légalisation qu’ils prônent pour le cannabis et pour toutes les autres drogues. Sans leur mise au pas, la prise en charge des addictions continuera d’être un douloureux et couteux échec.
Des parents ont laissé leurs enfants se perdre dans les toxicomanies, à partir des propos rassurants que leur tenaient ces addictologues à contre emploi, qui ne les ont pas incités à en protéger leurs enfants. Certains parents, en cette période très processive, s’interrogent sur l’opportunité de leur demander des comptes, pour mise en danger de la santé mentale et même parfois de la vie de leurs enfants.
Plusieurs États ont légalisé le cannabis, ne prenons-nous pas le risque d’être les derniers à le faire ?
La France, qui voudrait encore être porteuse de messages pouvant profiter à l’humanité, n’a pas à rougir
de sa prudence ni à s’excuser de ne pas sombrer dans le suivisme et le mimétisme, d’autant que s’il fallait lui trouver des circonstances atténuantes, elle est en Europe le tout premier Etat consommateur de cannabis. Elle n’a pas à se mettre à la remorque d’Etats qui dissolvent l’humanisme dans le lucre, les royalties et autres taxes.
Après le grand Duché du Luxembourg, la nouvelle coalition qui va gouverner l’Allemagne, qui s’est déportée sur la gauche par rapport à la précédente, envisage de légaliser le cannabis. Les « verts » voient dans le cannabis un moyen d’obtenir la régression économique à laquelle ils aspirent. Le cannabis est en effet la drogue de la l’affaiblissement cognitif, de l’amotivation, du renoncement ; de la transformation des indignés en résignés ; elle peut calmer ceux qui réprouvent avec véhémence l’afflux d’immigrés qui leur semblent difficile à intégrer culturellement.
Chaque individu, doit pouvoir choisir sa vie, sa drogue aussi, et ça ne regarde pas la société
Faut-il rappeler à chaque individus que nous vivons en société et que s’il vient à être dans le besoin il
l’appellera à son secours. Il le fera quand son incurie, liée à sa chute dans la drogue, le privera des moyens de sa survie. Notre société a choisi le modèle de la solidarité ; elle assiste (de plus en plus souvent à crédit) les malades de toutes affections, les handicapés de tous types, aussi doit-elle impérativement limiter leur nombre, en ne laissant pas se multiplier les victimes des addictions.
Pour conclure
Les civilisations sont mortelles et les drogues accéléreront la destruction de celles qui ne sauront s’en
prémunir.
La mondialisation correspond à de nouveaux jeux olympiques de l’esprit, de l’intelligence, du courage, de
la culture ; tireront « leur épingle de ce jeu » les Nations qui ne laisseront pas leurs membres être subvertis par les toxicomanies.
Pour le ministre de l’intérieur (G. Darmanin) « la légalisation du cannabis serait une faute morale » (Août
2021) ; ajoutons que ce serait aussi une faute sanitaire, sociale et sociétale.
« Le non-respect de la loi est destructeur pour la démocratie, car il est contagieux ». Il n’y a pas de démocratie sans État de droit, constitué de règles applicables à chacun.
On ne peut accepter durablement sa violation ou l’évolution de la règle (légalisation du cannabis) pour la faire respecter.
*Dr. en Médecine, Pharmacien, Dr. ès Sciences
professeur émérite de la faculté de Santé de Rouen
membre titulaire de l’académie nationale de Médecine
membre titulaire de l’académie nationale de Pharmacie
membre du collège de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD)
président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)
directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du CNRS (1984-2008)
directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011)
Derniers livres parus :
« Le désastre des toxicomanies en France » Ed. Docis (2018)
« Dictionnaire critique du cannabis » Ed. Docis (2019)
« Toxicomanies: Sauvons la jeunesse » Ed. JDH , coll. Hippocrate & Co (2021)
Par Hippolyte Radisson, le 9/12/2021
Alors que la Cour des comptes publie jeudi 9 décembre un rapport sur la mise en œuvre du « plan crack » à Paris, la situation s’enlise dans la capitale. Depuis 76 jours, 150 à 200 usagers de cette drogue dure s’entassent sur un lopin de terre dans le nord de la ville, sans que se dégagent de solutions à court terme.

Le train serpente dans l’obscurité des tunnels de la ligne 7 du métro parisien. Stalingrad, Riquet, Corentin-
Cariou, Porte de la Villette. C’est ce même parcours qu’ont emprunté, à la surface, les consommateurs de crack, repoussés toujours plus dans le nord de la capitale. Ballottés de la « colline du crack » au jardin d’Éole, puis dans le square Forceval à la Villette, où ils sont désormais implantés. Un lopin de terre bordé par le périphérique, où le sol s’est mué en boue.
→ REPORTAGE. Crack à Paris : un mur et peut-être la fin d’une impasse
On estime qu’il y a là 150 à 200 consommateurs de cette « drogue du pauvre », un dérivé de la cocaïne dont Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence une dose à fumer, un « caillou », se vend sur place pour 5 à 10 €. À l’euphorie, immédiate et éphémère, succède la redescente, anxiogène, qui pousse à reconsommer sans cesse. La solution devait être temporaire, les « crackers » sont là depuis 76 jours.
L’exaspération des riverains de Forceval
Pourquoi là ? Parce que c’est un « secteur sans riverains aux abords immédiats », expliquait la préfecture de police de Paris le 24 septembre, jour de l’évacuation vers Forceval. Cette phrase, Raphaël et Dominique la ruminent encore. Ils habitent dans le quartier des Quatre Chemins, à cheval entre Pantin et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Comme 35 000 personnes environ.
À Paris, l’épineuse gestion de la crise du crack
« Ils disent qu’il n’y a pas de riverains mais nous, on subit. Ça nous est tombé dessus comme la misère sur le pauvre monde, s’exaspère Dominique, 68 ans, autour d’un thé à la menthe. Ces pauvres êtres malades sont dans la boue et les rats, moi je ne dors pas tranquille. » Elle habite à 300 mètres du mur construit à la hâte par la préfecture de police sous le passage Forceval, qui n’empêche pas les usagers de rejoindre les villes voisines, en quête d’argent ou de nourriture.
On croise des personnes hagardes qui titubent sur les trottoirs, d’autres, recroquevillées au sol, qui allument leur pipe. « Il y a quelques agressions, une mendicité insistante, plusieurs voisins ont retrouvé des gens dans leur voiture, leur immeuble, leur palier », énumère Raphaël, 65 ans. Il a rejoint avec Dominique le collectif « 93 anti crack », en faveur d’une prise en charge des toxicomanes et de solutions pour contrer l’insécurité.
L’amertume des élus locaux
Ces riverains ont envoyé une lettre au premier ministre Jean Castex le 3 novembre pour réitérer une demande d’entretien. Réponse le 3 décembre : Jean Castex ne va pas les recevoir, il renvoie au ministre de l’intérieur. L’entourage de Gérald Darmanin indique à La Croix qu’il faut se tourner vers la préfecture de police de Paris pour obtenir des réponses. Et la réaction de celle-ci est lapidaire : elle renvoie à des communiqués de presse… vieux de trois mois.
« Plan crack » à Paris : la Cour des comptes pointe des efforts insuffisants
L’amertume et la colère, on la retrouve chez les politiques locaux. Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, a entamé un combat sans relâche, manifestant régulièrement avec des collectifs d’habitants. Il se rappelle avoir appris l’évacuation des toxicomanes par la presse, le 24 septembre : « A 11 h 30, le chef du cabinet du préfet de police m’appelle pour me tenir au courant, me mettant devant le fait accompli. Je lui ai dit “vous vous moquez du monde”, puis j’ai raccroché. »
« Berlin-Pantin » : Véronique Olmi s’indigne de la construction d’un mur dans le nord-est de Paris Bertrand Kern et la maire d’Aubervilliers Karine Franclet (UDI) ont tenté en vain de faire annuler la décision du préfet avec un recours en urgence devant le tribunal administratif, en octobre. Ils attendent désormais un jugement sur le fond, qui ne devrait pas intervenir avant quelques mois. « C’est un mépris de nos territoires. Les habitants ont le sentiment d’être la poubelle de Paris, de n’avoir pas le droit à un cadre de vie apaisé. On rajoute de la fragilité à la fragilité », déplore Karine Franclet.
Des structures d’accueil pour sortir de l’impasse
Comment sortir de l’enlisement ? « Il faudrait créer des petites structures d’accueil qui leur permettent de consommer hors de la rue et de suivre un parcours de réinsertion médico-social », plaide Bertrand Kern. La loi permet depuis fin novembre la création de « haltes soins addictions » (HSA) pour que les usagers puissent consommer à moindre risque. Mais la ville de Paris avance avec prudence sur le sujet, tant elle sait que l’ouverture de ce qui est parfois appelé des « salles de shoot », dont l’une existe déjà depuis 2016, peut susciter des tensions.
« Le projet, à moyen et long terme, est d’avoir des lieux qui permettent à la fois le soin et un espace de
consommation, décrit l’adjointe à la santé de la maire de Paris, Anne Souyris. À court terme, c’est d’avoir
beaucoup plus de lieux de repos et d’élargir les horaires des lieux existants ». « Mais tout est bloqué dans la discussion avec l’ARS et la préfecture », reprend-elle. Pour faire face à l’urgence, 40 places d’hébergement ont été débloquées ces trois derniers mois, et un bus de soin est désormais présent tous les après-midi sur le camp, ajoute-t-elle. Plusieurs observateurs craignent que la situation continue à s’enliser jusqu’à la présidentielle.
Le bilan en demi-teinte du « plan crack »
En mai 2019, les services de l’État, le parquet, la ville de Paris et les associations concluaient un protocole sur trois ans pour tenter d’extraire les usagers du crack de la rue. La Cour des comptes en dresse le bilan ce jeudi.
Au lieu des 9 millions d’euros prévus, 25 millions ont été investis dans ce « plan crack ». Mais la mise en œuvre est inégale. Seuls 19 des 33 actions programmées avaient été effectuées en juin 2021. La Cour souligne des résultats « réels mais partiels », sans effets sur la « tranquillité publique ». La coordination entre les différents acteurs s’est progressivement essoufflée.
Les places d’hébergements d’urgence à l’hôtel ont significativement augmenté, passant de 60 à plus de 400.
Les maraudes assurées par les associations ont aussi été renforcées. Mais les salles de repos et salles de consommation n’ont pas assez été développées, par manque de personnel soignant et de lieux pour implanter de nouvelles structures.
Article sélectionné par Xavier de Beaurepaire
La culture de l’alcool a encore de beaux jours devant elle : selon l’institut de recherche londonien Global Drug Survey, la France serait le pays où l’alcool est consommé le plus régulièrement. Cependant, les gens seraient plus souvent saoûls en Australie.
Chaque année, le Global Drug Survey mesure la consommation d’alcool et de drogue à travers le monde. Cette année, à la question « Combien de jours avez-vous consommé de l’alcool au cours de cette dernière année ? », les Français·e·s ont répondu 132. La France est suviie de près par la Nouvelle-Zélande avec 120 jours, les Pays-Bas avec 112 jours et la Hongrie avec 109 jours.
L’Australie, le pays où la population est le plus souvent ivre
Côté ébriété, les Australien·ne·s occupent la première place du classement : les participant·e·s à l’enquête ont déclaré avoir été saoûl·e·s 26,7 fois dans l’année, soit « avoir bu au point que les capacités mentales et physiques soient impactées, que l’équilibre/la parole soient affectés, d’être incapable de se concentrer clairement sur les choses et que la conversation et le comportement soient visiblement différent auprès des personnes de l’entourage. »
En France, la population se classe huitième et se dit avoir été ivre 17,5 fois de l’année, toujours au-dessus de la moyenne mondiale qui est à 14,6 fois par an et par habitant. En bas du classement, on trouve le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Roumanie. Tiens tiens, la Nouvelle-Zélande qu’on retrouvait….Au sommet du classement des pays où l’on boit le plus fréquemment. Un autre indicateur, celui du regret : sur le podium, l’Irlande, la Pologne…Et la Nouvelle-Zélande sont les trois pays qui « auraient voulu moins boire ou ne pas boire du tout » : les Irlandais regretteraient 28,4 fois dans l’année, la Pologne 28,3 et la Nouvelle-Zélande 27,4 fois par an.
Ces chiffres ne sont cependant pas représentatifs des populations puisque les taux de consommation de drogues des personnes participant à l’enquête sont plus élevés que ceux de la population générale : « Les données peuvent être utilisées pour décrire les modes de consommation et identifier les nouvelles tendances en matière de drogues. » détaille l’étude. Utile pour décrypter de nouveaux usages, mais pas pour faire un état des lieux de toute une population, donc.
