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Date

3 janvier 2023

Les jeunes finissent toujours plus à l’hôpital en raison du cannabis

Une nouvelle étude montre une forte augmentation des hospitalisations d’ados et de jeunes adultes qui ont consommé trop d’herbe en Suisse.

En Suisse, on observe une forte hausse des hospitalisations dues au cannabis.
En Suisse, on observe une forte hausse des hospitalisations dues au cannabis.20 minutes/Matthias Spicher

Alors que la Suisse s’apprête à tester la distribution légale de cannabis à des fins récréatives (lire l’encadré), les résultats d’une récente étude sont inquiétants: si, en 1998, il y a eu 185 personnes hospitalisées en raison d’une consommation excessive de cannabis, ce chiffre a augmenté à 961 en 2020, dévoile «20 Minuten» lundi. Et ce sont surtout les ados et les adultes de 15 à 24 ans ainsi que les 25-44 ans, qui sont les plus touchés.

Cannabis plus concentré

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer cette forte hausse: d’une part, les jeunes Suisses consomment bien plus souvent du cannabis qu’il y a vingt ans; d’autre part, la proportion de l’ingrédient actif du cannabis, le tétrahydrocannabinol (THC), a considérablement augmenté ces dernières années. «Certains produits sont même enrichis en cannabinoïdes synthétiques pour renforcer l’effet», explique Philippe Pfeifer, coauteur de l’étude et médecin-chef du Centre de psychiatrie des toxicomanies des Services psychiatriques universitaires de Berne.

En outre, le changement de perception joue également un rôle majeur. «Beaucoup ne voient pas le cannabis comme une drogue, mais comme une substance pour les loisirs, voire un remède naturel, ce qui réduit la perception du risque, surtout chez les jeunes», ajoute le scientifique.

Effets secondaires dangereux

Le hic, c’est que fumer de l’herbe n’est pas anodin, et une consommation excessive peut causer des hallucinations, des délires ou de la confusion mentale, rappelle Philippe Pfeifer. «J’ai développé des psychoses à travers des années de consommation excessive de cannabis», confirme un lecteur. Un autre affirme être devenu paranoïaque et s’être complètement retiré de son environnement social.

Selon le psychiatre et spécialiste des drogues Toni Berthel, les résultats de l’étude ne parlent pas en défaveur de la légalisation du cannabis. «Les hospitalisations sont aussi dues à un manque de contrôle qualité de la substance en circulation. Avec une légalisation, un tel contrôle peut être garanti», affirme-t-il.

Premier essai-pilote à Bâle à la fin du mois

Pour rappel, une modification de la loi sur les stupéfiants est entrée en vigueur en mai 2021. Elle autorise la remise de cannabis à des fins récréatives. Dans ce cadre, le projet-pilote Weed Care, doit démarrer le 30 janvier à Bâle. Il sera le tout premier essai de distribution légale de cannabis à usage adulte avec THC en Europe, cela via les pharmacies du canton. Le but: en savoir plus sur les effets du cannabis sur la santé physique et psychique des consommateurs et voir si son accès contrôlé peut avoir un impact sur le marché de la drogue et mieux protéger la jeunesse. D’autre essais-pilotes sont également sur les rails à Genève et à Lausanne.

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«Dry January» : ces conseils pour relever le défi du mois de janvier sans alcool

Ecouter l’émission https://www.europe1.fr/videos/embed/4158275

De nombreux Français ont consommé de l’alcool pour les fêtes de Noël et du Nouvel an. Face aux possibles excès, certains veulent se rattraper avec le « Dry January », le mois de janvier sans alcool. Dans l’émission « Bienfait pour vous », Laurence Cottet, autrice de « Non ! J’ai arrêté », partage ses astuces pour relever le défi.

Après les excès des fêtes, il est temps pour beaucoup de ralentir sur la consommation d’alcool. Certains vont s’essayer ou s’essayent depuis le jour de l’An au défi du « Dry January », c’est-à-dire un mois de janvier sans alcool.

Ce challenge s’adresse à tout le monde, et particulièrement à toutes celles et tous ceux qui s’interrogent sur leur consommation ou qui désirent faire une pause. Pour réussir ce défi, Laurence Cottet, autrice de Non ! J’ai arrêté, donne quelques conseils dans l’émission Bienfait pour vous.

Ne pas voir ce défi comme une punition

« D’abord, il ne faut pas le faire comme une punition. Il faut vraiment prendre la décision de le faire », prévient-elle auprès de Mélanie Gomez et Julia Vignali. L’autrice, qui raconte dans son livre comment elle est arrivée à limiter drastiquement sa consommation d’alcool, explique que le Dry January doit être « ludique et pédagogique » pour toutes les personnes qui veulent relever le défi. 

« C’est pour apprendre aussi des informations sur l’alcool, ses méfaits, etc », ajoute Laurence Cottet.

Relever le challenge en groupe

L’autrice de Non ! J’ai arrêté, conseille également de réaliser ce challenge entouré. « Il y a des groupes d’entraide, notamment sur Facebook, à commencer par le mien, Alcool Addiction France Janvier », partage-t-elle, soulignant que ce groupe compte 3.500 membres. « C’est génial parce que vous mettez un post en disant que vous avez démarré, mais que ça va être compliqué, et vous avez plein de gens qui répondent que vous n’êtes pas tout seul. »

« Ne le faites pas seul, et profitez de ce janvier sobre pour vous interroger sur votre relation à l’alcool », ajoute Laurence Cottet. Et pour les participants qui ne parviendraient pas à tenir le zéro alcool en janvier, pour cause d’anniversaire ou autre, pas de panique selon le docteur Christele Peybernard, psychiatre addictologue, le principal est de réduire sa consommation. « Il y aura un bénéfice de toute manière », relève-t-elle.

En s’appuyant sur des études, le docteur affirme que le mois de janvier sans alcool « apporte des bénéfices sur la santé, le sommeil, la peau, la baisse du poids, de la tension artérielle, de la glycémie, du cholestérol pour ceux qui en ont, et les effets bénéfiques se voient au-delà du mois ».

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TEMOIGNAGES. Pas d’alcool au réveillon du Nouvel An, voici leurs explications

Ecrit par Vincent Ballester.

Assortiment de boissons non-alcoolisées pour les fêtes : jus de fruits, eau du robinet de Strasbourg (ou rémoise), sodas, eau de source, boissons festives pétillantes, etc.
Assortiment de boissons non-alcoolisées pour les fêtes : jus de fruits, eau du robinet de Strasbourg (ou rémoise), sodas, eau de source, boissons festives pétillantes, etc. • © Vincent Ballester, France Télévisions

Certaines personnes profitent des réveillons de fin d’année sans consommer la moindre goutte d’alcool. Elles ont expliqué pourquoi à France 3 Champagne-Ardenne.

Sans alcool, la fête est plus folle. Beaucoup ne croient pas à cet adage, mais il n’empêche que certaines personnes se passent de la moindre goutte d’alcool lors des réveillons de fin d’année.

Raisons de santé, pas d’envie particulière, nécessité de rester sobre pour conduire… France 3 Champagne-Ardenne a lancé un appel à témoignages, qui montre que les raisons de cette abstinence peuvent être fort diverses et variées.

La sécurité avant tout

Maxime Gallet invoque la sécurité. « J’ai eu ma fille il y a deux ans, et depuis je ne bois pas pour rentrer en sécurité à la maison avec ma petite famille. Le réveillon du Nouvel An est fait pour passer de bons moments en famille. Ma femme admire le fait que je ne bois pas, elle se sent rassurée quand je prends la voiture après les fêtes. »

Et la santé aussi

Coraline n’a bu ni à Noël, ni au Nouvel An. « Je ne bois pas d’alcool car j’ai fait une cure en avril et je n’ai toujours pas repris. Mes proches sont contents, comme ça je peux conduire et m’occuper des enfants [rires]. Et comme dit le dicton : sans alcool, la fête est plus folle. »

Le travail en embuscade

Kody est un sapeur-pompier volontaire (SPV) des Ardennes. « Étant d’astreinte le soir du réveillon, je me dois de ne pas boire d’alcool. Je suis jeune conducteur également, et je ne faisais pas le réveillon chez moi. Je n’y ai pas le droit, même si un verre serait bien. La tolérance zéro est importante, pour toutes personnes reprenant le volant. Ma famille est assez étonnée que je ne puisse pas boire un verre, mais les lois restent les mêmes au moment des fêtes. » Il termine par un conseil. « Faites attention à vous sur la route. » 

Cela peut paraître surprenant pour certaines et certains, mais pas besoin d'une célèbre bière alsacienne, d'un fastueux champagne, ou d'un bon riesling millésimé pour passer une chouette soirée.
Cela peut paraître surprenant pour certaines et certains, mais pas besoin d’une célèbre bière alsacienne, d’un fastueux champagne, ou d’un bon riesling millésimé pour passer une chouette soirée. • © Vincent Ballester, France Télévisions

On s’amuse très bien sans

L’alcool ? Il n’apporte « rien » à Élise Rémy. « Faire une fête sans orgie alcoolisée semble inconcevable pour beaucoup. Pourtant, une soirée 100 % non alcoolisée s’avère tout à fait possible. Boire n’est pas en soi une nécessité. S’amuser, prendre du bon temps, créer des liens sont faisables sans nécessairement ingurgiter des doses excessives d’alcool. On peut très bien s’amuser sans. Souvent, les gens ne comprennent pas qu’on puisse passer un bon repas sans goûter à l’alcool. Personnellement l’alcool ne m’apporte rien. Je suis très bien sans. » Elle finit avec un petit appel bienvenu. « Je respecte les gens qui boivent, alors respectons les gens qui ne boivent pas. »

Moins de verres pour soi, plus d’attention aux autres

Alexis Maravilha s’amuse très bien sans boire. « Je ne bois d’alcool car je trouve ça inintéressant. Et cela peut me permettre de m’occuper des personnes qui ont bu. En contrôlant si elles sont aptes à conduire ou non, si elles doivent rester avec nous, si il faut les stopper. J’ai déjà goûté à différents alcools et je n’ai pas aimé, hormis une coupe de champagne. Au final, je ne bois pas et mes soirées se passent tout aussi bien. » 

Manon livre un joli souvenir. « Quand j’étais jeune et que l’on allait en soirée avec mes parents, papa disait toujours à maman : ‘on fait moitié moitié, j’emmène la voiture, et toi tu la ramènes’. Aujourd’hui, je ne bois pas, je sers de Sam à mes parents. Ils peuvent profiter pleinement de leurs soirée. »

Marie est une Sam : elle ne boit pas d'alcool pour ramener en voiture les personnes qui en ont consommé. On voit ici sa bouteille d'eau.
Marie est une Sam : elle ne boit pas d’alcool pour ramener en voiture les personnes qui en ont consommé. On voit ici sa bouteille d’eau. • © Marie

De son côté, Marie est également une Sam. « Depuis des années, je préfère ne pas boire pour reprendre le volant. Une fois, au Nouvel An, on m’a dit : ‘bois  un coup’. J’ai été tentée par l’ambiance. Et après, je n’étais pas en état de reprendre le volant. Et les autres étaient bien alcoolisés. Donc ça m’a bien refroidie. » 

Les moqueries et responsabilités, merci bien

Raccompagner les autres car elle n’a pas bu, ça agace au contraire un peu Cécile. « Mon conjoint et moi ne buvons pas d’alcool. On n’aime pas et on n’en voit pas l’intérêt. Le problème, c’est que bien souvent, on ne prévoit rien de ‘bon ou festif’ à la place. À croire que seuls les apéros alcoolisés comptent et qu’on ne sait rien boire d’autre de bon. Alors qu’il existe tellement de bon jus de bons fruits, cocktails, ou autres. Ou alors on est relégué au rang des gamins avec sirop et soda… » 

Quand vous dites que vous n’aimez pas, vous avez l’impression que vous-même n’êtes pas normal. Cécile, qui ne boit pas d’alcool au réveillon

« En plus on nous laisse bien souvent les responsabilités alors qu’on n’en veut pas. C’est bien malheureux à dire, mais… La consommation d’alcool, comme le vin, appartenant à la culture et au patrimoine français, est tellement forte et élargie à l’alcool en général… Que quand vous faites le choix de ne pas boire, et dites que vous n’aimez pas, vous avez l’impression que vous-même n’êtes pas normal. Puisque tout le monde aime ça, et que vous ne respectez pas les règles de la société qui a banalisé l’alcool. Bien souvent, le vin, champagne, et autres de ce genre ne sont même pas considérés comme de l’alcool. Contrairement à de l’alcool plus fort, type whisky, vodka, et autres. »

Montrer l’exemple

Pour Gégé, les raisons sont plutôt « simples. Mon compagnon et moi-même ne buvons pas d’alcool au réveillon, et de manière très rare d’ailleurs… Je trouve cela totalement ridicule, j’ai les enfants et je veux leurs montrer que l’on peut passer un bon moment sans forcément boire de l’alcool. Mes proches ne comprennent pas forcément, mais respectent. »

Pas d’alcool, pas de disputes

Un homme souhaitant conserver l’anonymat, sans doute pour éviter de subir les foudres des lobbies de l’alcool, raconte que « c’est mon cas. Mais pas que : nous sommes une tablée de 25 environ qui ne boit pas une seule goutte d’alcool (et c’était déjà le cas pour Noël). En ce qui me concerne, c’est une nouveauté : il n’y avait pas un réveillon, depuis que je suis adulte, où je ne buvais pas un ou plusieurs verres. Ce sera la première fois cette où je n’angoisserai pas en me demandant comment va se dérouler la soirée. Souvent, cela dégénérait et se terminait en engueulades violentes. »

Un très mauvais souvenir

Constance Lagarde a 26 ans, mais contrairement à nombre de personnes de son âge, profite de ses soirées et festivités autrement : l’alcool, très peu pour elle depuis une situation très difficile survenue lors du Nouvel An 2020. « Mon ex-compagnon n’a pas su se retenir de boire, plus qu’il ne fallait : une bouteille de whisky à lui seul. Il pensait avoir l’alcool gentil : il faisait des câlins à tout le monde. Mais il a fini par avoir le vin méchant. Il est devenu incontrôlable en fin de soirée, il a levé la main sur moi, et a failli me tuer en m’étranglant. On a dû faire intervenir la police, j’ai porté plainte, et je l’ai quitté. »

J’ai toujours peur lorsqu’il y a énormément d’alcool aux fêtes. Constance Lagarde, qui ne boit quasiment plus depuis qu’on a tenté de l’étrangler

 « Depuis, je ne bois plus d’alcool, ou alors vraiment juste un seul verre lors de grandes occasions. Je me contente de boire du soft [toute boisson sans alcool; ndlr] et cela ne m’empêche pas de faire la fête et de profiter de l’ambiance. Mais j’ai toujours peur lorsqu’il y a énormément d’alcool aux fêtes. Et je me méfie énormément. Je me prive même parfois d’aller dans certaines soirées où je sais que les gens ne savent pas s’empêcher de trop boire, pour éviter d’assister à des bagarres ou de voir les gens saouls, ce qui me gâche la fête de mon point de vue. Je pense qu’on peut très bien s’amuser sans avoir recours a la consommation d’alcool. »

Pour rappel et en guise de conclusion, l’abus d’alcool nuit à la santé, selon une expression consacrée.

Source France 3

Lettre du CNPERT de Janvier 2023

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