Recherche

Mois

Mai 2024

Le phénomène Puff dans les collège et lycées

Professeur Costentin

Chaque semaine, des élèves de mon collège sont exclus pour avoir vendu (ou acheté) une puff dans l’enceinte de l’établissement. Peut-être êtes-vous passés à côté du phénomène puff ? C’est une cigarette électronique préremplie et préréglée, aux couleurs pimpantes et acidulées, aux saveurs fruitées et récréatives, programmée pour être jetée au bout de 300 à 600 bouffées.

Le taux de nicotine varie entre 0 et 2 %, si on se fournit en France, et peut monter encore si on passe par des sites américains, les concentrations les plus vendues aux États-Unis tournant autour de 5 ou 6 %. S’en procurer est d’une facilité enfantine : elle est vendue partout et coûte peu cher, et même si cette vente est en théorie interdite aux moins de 18 ans, la prolifération des puffs entre les mains de nos élèves prouve que les buralistes, comme les spécialistes de la vape, ne sont pas regardants. De toute façon, on en trouve partout sur le Net ou sur Instagram, et il suffit de renseigner une fausse date de naissance pour passer les barrières préventives et accéder aux sites.

Les adultes n’y voient que du feu…

Lors d’une sortie scolaire, j’ai parlé avec certains de mes élèves de 4e et ils me disaient que c’étaient leurs parents qui les achetaient pour eux. Ces parents pensent peut-être les éloigner ainsi de la consommation de tabac alors que toutes les études prouvent le contraire et attestent que ces cigarettes électroniques ludiques sont prédictives en termes de consommation tabagique. Mais c’est festif, et puis c’est la mode ! Il y en a partout, partout, et surtout sur les réseaux sociaux où des influenceurs sont payés pour en faire la promotion et où les autres gogos participent bénévolement à ce mouvement de propagation massive.

Certains sites vantent même les mérites de la nicotine pour perdre du poids, nicotine que l’on trouve dans la puff avec un doux arôme de fraise, bien moins repoussant qu’une bonne vieille odeur de tabac froid. Ma fille lycéenne me disait que ses camarades tirent quelques taffes à chaque intercours : c’est rapide, cela se sort du sac en deux secondes, cela n’a pas besoin de temps de chauffe et laisse dans l’air une vague odeur de bonbon, de mangue ou de menthe fraîche. Les adultes n’y voient que du feu et les adolescents se gorgent de nicotine tout au long de la journée. La dernière venue, la « 9K », contient 9.000 bouffées, soit l’équivalent de 18 paquets de cigarettes.

La France réfléchit à l’interdire. Enfin, pas vraiment. C’est le « en même temps ». On veut l’interdire, mais l’an prochain seulement… Le temps d’écouler les stocks ? Les députés viennent de découvrir que c’est très très mauvais. On pourrait se demander pourquoi ils ne s’étaient pas renseignés avant d’autoriser la commercialisation d’un tel produit, étant donné qu’on avait depuis un moment des informations en provenance des États-Unis.

Mais ils ont attendu « de voir ». On a vu. Maintenant, ils disent « stop », fermement ! Ils vont protéger nos enfants ! Tout cela doit cesser ! Nos représentants ont donc voté en février, à l’unanimité des deux chambres, une loi pour interdire la vente de puffs en France.

Deux mois après, quid ? Eh bien, pas grand-chose, parce qu’ils attendent la validation par la Commission européenne. On se demande pourquoi on perd encore du temps et de l’énergie à voter des lois qui n’ont aucune valeur sans la bénédiction de l’Europe, dont on peut imaginer qu’elle hésitera à fermer la porte à un marché aussi lucratif. Il y a donc fort à parier que les couleurs chatoyantes des puffs continuer

Selon une étude, le CBD serait inutile contre la douleur et pourrait même être dangereux

par Yohan Demeure, expert géographe 2 mai 2024,

huile cannabis

Crédits : CBD-Infos-com / Pixabay

Au Canada, des chercheurs ont réalisé une méta-analyse ayant permis de conclure que les produits contenant du cannabidiol (CBD) sont inefficaces contre la douleur. Il se pourrait même qu’il existe un danger en lien avec leur consommation.

Des effets comparables à ceux d’un placébo

Dans de nombreux pays, le cannabidiol (CBD) est désormais un produit de consommation courante, sous forme d’huile, d’herbe et autres produits dérivés. Parmi les effets motivant les consommateurs, nous retrouvons entre autres le soulagement des douleurs. Toutefois, des chercheurs de l’École de santé publique de l’Université de l’Alberta (Canada) estiment que cette substance est couteuse, non efficace et même potentiellement nocive.

Les chercheurs ont passé en revue pas moins de seize études randomisées en double aveugle publiées depuis 2019. Ces dernières ont conclu à une efficacité du CBD comparable à celle d’un placebo pour la prise en charge de la douleur. Les résultats de cette méta-analyse ont été publiés dans la revue The Journal of Pain en octobre 2023.

Par ailleurs, alors que de très nombreux produits contenant du CBD figurent aujourd’hui sur les étals des boutiques spécialisées, les scientifiques ont mené des analyses montrant que seulement 25 % de ces mêmes produits présentaient réellement la quantité indiquée sur les étiquettes. Pour Sebastian Straube, l’un des problèmes réside dans le fait que les règles publicitaires encadrant la consommation de cannabis (au Canada) sont différentes de celles concernant les produits pharmaceutiques habituels.

Une potentielle nocivité

« Il n’y a pas beaucoup de preuves de l’efficacité du CBD pour les gens qui vivent avec la douleur et il y a des préoccupations importantes que ça puisse être nuisible. », a déclaré Sebastian Straube, principal auteur de l’étude. Ces propos ont été relayés par le quotidien canadien La Presse le 19 avril 2024.

L’une des études citées par l’équipe canadienne indique qu’un patient épileptique sur dix (ayant participé à des tests de prise de CBD) a déclaré avoir eu au moins un effet secondaire. D’autres travaux mentionnaient des niveaux d’enzymes plus élevés dans le foie de 7 % chez les consommateurs ou encore un risque accru d’accident de la route.

Selon Sebastian Straube, le succès du CBD s’explique en partie par le fait que souvent, les personnes ayant des douleurs n’ont pas d’autres produits à disposition pour se soulager.

Source

Légalisation du cannabis. Le cinglant échec de l’exemple californien

« Moi président, je légaliserai le cannabis », titrait alors le quotidien Ouest-France le 8 janvier 2022 dans un article narrant le déplacement à Angers de Yannick Jadot (EELV) alors candidat à l’élection présidentielle s’étant déroulée quelques mois plus tard.

À l’occasion de la visite d’un laboratoire pharmaceutique angevin menant des recherches sur le cannabis thérapeutique, Yannick Jadot déclarait, selon le Courrier de l’Ouest, que s’il arrivait à l’Élysée, il autoriserait « la culture du cannabis comme le font beaucoup de pays. On inscrira le cannabis au registre des plantes à cultiver, parce qu’on a un besoin urgent de soulager les douleurs de beaucoup de malades ».

Mais, outre le cannabis thérapeutique, le candidat EELV de l’époque envisageait aussi de légaliser le cannabis « récréatif ». « En tant que drogue douce, comme va le faire l’Allemagne », car, selon lui, il s’agissait d’« un enjeu de sécurité et de santé », ajoutant en guise d’argument que la France était « le pays le plus répressif et celui où l’on fume le plus ».

En Californie, « une hausse exponentielle » du cannabis illégal

D’exemples étrangers en matière de légalisation du cannabis, il en a été question dans un article du Figaro publié le 6 avril dernier. Article qui s’intéresse au cas de la Californie, un État américain où, huit ans après la légalisation du cannabis, « les fermes clandestines submergent le désert », résume le quotidien français.

En effet, au grand dam des utopistes d’EELV, la réalité du terrain finit toujours par prendre le pas sur la théorie : la légalisation du cannabis en 2016 par la Californie a eu pour effet d’appliquer de fortes taxes sur les produits légaux. Conséquence logique et inévitable, les cultures illégales de drogue dans cet État de la côte ouest américaine ont connu « une hausse exponentielle ».

Ironie de l’histoire, comme le rappelle Le Figaro, cette légalisation totale du cannabis approuvée par référendum voilà désormais huit ans avait justement pour mission première de mettre les trafiquants et tous les acteurs de la culture illégale sur la touche. Mais les autorités californiennes n’avaient visiblement pas anticipé cet impact de la fiscalité, faisant finalement le jeu des narcotrafiquants.

Le marché illégal plus important que le marché légal

Dorénavant, les autorités californiennes en sont réduites à effectuer de multiples opérations policières pour démanteler des centaines de serres. Notamment dans le désert de Mojave, à l’est de Los Angeles.

Avec un prix évalué à 600 dollars pour 450 grammes de cannabis, les gérants de ces fermes illégales sont à la tête d’un commerce très lucratif. Quant aux débouchés, les trafiquants peuvent également facilement revendre leur drogue « dans la moitié des 50 États américains où l’usage récréatif du cannabis est toujours interdit », précise le titre de presse.

Enfin, autre conséquence prévisible, le caractère rentable de ces trafics illégaux suscite iné-vitablement divers règlements de compte dans une Californie où, de l’avis de certains experts, ces cultures clandestines de cannabis représentent une manne financière plus importante que le marché légal.

Au total, l’État de Californie compterait plusieurs dizaines de milliers de fermes illégales sur son territoire. À quand une visite de Yannick Jadot afin d’y présenter ses solutions ?

Crédit photo : Capture YouTube (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2024, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Près de 250 hospitalisations d’enfants par an pour intoxication au cannabis

Quentin Haroche | 02 Mai 2024

Paris – Si le cannabis est loin d’être la principale cause d’intoxication accidentelle chez les enfants, l’intoxication au cannabis a souvent des conséquences graves pour les plus petits.

C’est l’inquiétude de tous les parents : que son petit enfant boive de la lessive ou avale une pile-bouton et qu’il faille l’amener de toute urgence à l’hôpital. Si c’est généralement à ce genre de cas que l’on pense lorsqu’on évoque le sujet des intoxications accidentelles des enfants, il existe d’autres sources d’accidents domestiques certes moins fréquentes mais tout aussi voire encore plus graves.

Le dernier rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur la question pointe notamment du doigt le danger des ingestions accidentelles de cannabis par les jeunes enfants, de plus en plus fréquentes et particulièrement graves.

Pour élaborer ce rapport sur les intoxications accidentelles des enfants, publié le 24 avril dernier, les agents de l’Anses, en collaboration avec Santé Publique France (SPF) se sont appuyés sur plusieurs bases de données, notamment celles des centres anti poison (CAP), aussi bien que sur que les données hospitalières et de mortalité. Ils ont ainsi pu dresser un état des lieux des intoxications accidentelles chez les enfants entre 2014 et 2020.

Le cannabis, première cause d’admission en réanimation chez les enfants de moins de six ans

Au total durant cette période, plus de 143 000 appels à des CAP pour des intoxications d’enfants de moins de 15 ans ont été enregistrés, ainsi que plus de 63 000 passages aux urgences et plus de 23 000 hospitalisations pour des enfants de moins de six ans (ainsi que 23 décès d’enfants de moins de 15 ans).

Ce sont sans surprise les produits de nettoyage et d’entretien qui constituent la principale source d’intoxication accidentelle, à l’origine de plus de 29 % des cas enregistrés par les CAP, les produits de traitement de la lessive étant parmi eux la principale source d’accident. Le rapport de l’Anses note cependant que les intoxications pédiatriques dues à ces produits ont baissé de moitié entre 2014 et 2020 « suite à l’application des mesures de prévention européenne obligatoires depuis 2015 : boîte opaque, fermeture renforcée, pictogrammes de prévention… ».

Les intoxications au monoxyde de carbone constituent le cas le plus fréquent d’intoxication accidentelle conduisant à une hospitalisation (10,8 %), suivies de diverses intoxications médicamenteuses par analgésiques non opioïdes (10,4 % dont 5,9 % par paracétamol) ou par benzodiazépines (9,5 %). 

Le cannabis est lui à l’origine de 7,3 % de ces cas graves, soit environ 240 hospitalisations d’enfants de moins de six ans par an. Mais signe de la particulière dangerosité de cette drogue pour les enfants, le cannabis constitue la première cause d’hospitalisation en réanimation pour intoxication accidentelle pour les enfants de moins de six ans (23,3 %), devant les intoxications au monoxyde de carbone (20,6 %) et les intoxications par benzodiazépines (7,5 %). Chaque année, ce sont une vingtaine d’enfants qui sont admis en réanimation pour avoir ingéré du cannabis. 

Entre un et deux enfants hospitalisés en réanimation pour morsure de serpent chaque année

Les intoxications accidentelles au cannabis chez les enfants ont augmenté entre 2014 et 2020, que ce soit en fréquence ou en gravité : 11 % des passages aux urgences pour ingestion de cannabis ont abouti à une admission en réanimation en 2020, contre seulement 5 % en 2014. L’Anses note que le cannabis est de loin la drogue la plus souvent en cause en cas d’intoxication accidentelle de l’enfant, seulement quatre cas graves liés à d’autres stupéfiants ayant été recensés par les CAP entre 2014 et 2020.

Parmi les autres sources, à première vue improbables, d’intoxication accidentelle d’enfants, on peut relever les piqures d’araignée, qui constituent la première cause de passages aux urgences pour les enfants de moins de six ans, mais aussi les morsures de serpent, responsables d’une à deux admissions en réanimation chaque année. L’Académie de Médecine a d’ailleurs publié vendredi dernier des recommandations sur « les risques pour les enfants en contact étroit avec des animaux de compagnie non traditionnels » (ACNT).

Pour éviter les intoxications accidentelles, l’Anses rappelle quelques recommandations somme toute assez basiques : mettre hors de portée des enfants les petits objets ou les produits, ranger les médicaments ou veiller au bon usage des appareils de chauffage à risque d’émission de monoxyde de carbone.

L’Anses met également en garde contre la pratique du déconditionnement des produits ménagers, qui consiste à transvaser un liquide potentiellement dangereux dans une bouteille sans étiquette : chaque année, les CAP reçoivent plus de 6 700 appels liés à cette pratique, pour des accidents qui touchent enfants comme adultes.

Hypertension: plus de 650.000 cas liés à une consommation d’alcool dépassant les plafonds recommandés

Plus de 650.000 adultes en France métropolitaine, essentiellement des hommes, souffriraient d’hypertension artérielle du fait d’une consommation d’alcool dépassant une moyenne de 10 verres par semaine, selon une étude publiée mardi 30 avril par Santé publique France. En France, environ un adulte sur trois est hypertendu, soit environ 17 millions de personnes. Plusieurs facteurs de risque sont identifiés, comme l’âge, les antécédents familiaux, une faible activité physique, une alimentation riche en sel et pauvre en fruits et légumes, l’obésité mais également la consommation d’alcool.

Pour mieux mesurer le poids de l’alcool, Santé publique France a cherché à estimer le nombre de cas d’hypertension attribuables à une consommation dépassant les plafonds recommandés chez les 18-74 ans. Pour limiter l’impact sur la santé de l’alcool, des repères de consommation à moindre risque (maximum 10 verres par semaine, maximum deux verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation) ont été définis depuis 2017 et communiqués régulièrement depuis.

Quelque 655.000 cas d’hypertension artérielle avant 75 ans «seraient liés à la consommation d’alcool excédant une moyenne de 10 verres par semaine en France métropolitaine», dont 624.000 hommes et 31.000 femmes, estime l’étude parue dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire.

Faute de données récentes sur la fréquence de l’hypertension Outremer, l’étude est limitée à la métropole. La «différence importante» entre hommes et femmes résulte principalement, selon les chercheurs, de consommations d’alcool plus importantes des hommes par rapport aux femmes, mais aussi d’épisodes de binge drinking et d’alcoolisation massive plus fréquents chez les uns que chez les autres.

L’importance de la prévention

S’ils reconnaissent certaines limites méthodologiques à leur étude, ses auteurs la voient comme «une estimation a minima des cas d’hypertension artérielle attribuables à la consommation d’alcool qui s’avère très élevée, et fondée sur deux enquêtes robustes et représentatives de la population française, l’enquête avec examen de santé Esteban et le Baromètre de Santé publique France». Face à ces résultats, l’agence sanitaire insiste sur l’importance de la prévention de la consommation d’alcool mais aussi de la prise en charge de l’hypertension.

L’alcool demeure l’un des premiers facteurs de risque de maladies et de décès en France, avec plus de 40.000 décès attribuables. En plus des risques cardiovasculaires et de cirrhose, la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de certains cancers. «Si les Français ont réduit leur consommation d’alcool depuis trente ans, les niveaux de consommation restent très élevés (…) tant en population générale que parmi certaines sous-populations, comme les femmes enceintes», rappelle la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, dans un éditorial chapeautant ce bulletin épidémiologique.

Source

Une consommation excessive d’alcool chez les hommes

Quelque 655 000 cas d’hypertension artérielle avant 75 ans « seraient liés à la consommation d’alcool excédant une moyenne de 10 verres par semaine en France métropolitaine », dont 624 000 hommes et 31 000 femmes, estime l’étude parue dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire. Faute de données récentes sur la fréquence de l’hypertension Outremer, l’étude est limitée à la métropole.

 L'alcool est un facteur de risque important d'hypertension artérielle. © Salsabila Ariadina, Adobe Stock

 L’ALCOOL EST UN FACTEUR DE RISQUE IMPORTANT D’HYPERTENSION ARTÉRIELLE. © SALSABILA ARIADINA, ADOBE STOCK

La « différence importante » entre hommes et femmes résulte principalement, selon les chercheurs, de consommations d’alcool plus importantes des hommes par rapport aux femmes, mais aussi d’épisodes de binge drinking et d’alcoolisation massive plus fréquents chez les uns que chez les autres.

S’ils reconnaissent certaines limites méthodologiques à leur étude, ses auteurs la voient comme « une estimation a minima des cas d’hypertension artérielle attribuables à la consommation d’alcool qui s’avère très élevée, et fondée sur deux enquêtes robustes et représentatives de la population française, l’enquête avec examen de santé Esteban et le Baromètre de Santé publique France ».

Prévention et prise en charge de l’hypertension

Face à ces résultats, l’agence sanitaire insiste sur l’importance de la prévention de la consommation d’alcool mais aussi de la prise en charge de l’hypertension. L’alcool demeure l’un des premiers facteurs de risque de maladies et de décès en France, avec plus de 40 000 décès attribuables. En plus des risques cardiovasculaires et de cirrhose, la consommation de boissons alcoolisées augmente le risque de certains cancers.

« Si les Français ont réduit leur consommation d’alcool depuis trente ans, les niveaux de consommation restent très élevés (…) tant en population générale que parmi certaines sous-populations, comme les femmes enceintes », rappelle la directrice générale de Santé publique France, Caroline Semaille, dans un éditorial chapeautant ce bulletin épidémiologique.

Source

Cannabis – Comment en est-on arrivé là,

Et maintenant que faire ?

Pr. Jean Costentin


Un malaise sociétal croissant alimente le mal-être de notre jeunesse ; il contribue au déferlement du cannabis et de différentes autres drogues. Après l’énumération de plusieurs de ses causes nous considérerons quelques pistes susceptibles de contrer cette pandémie toxicomaniaque, de prévenir le recrutement de nouvelles victimes et guérir ceux qui ont succombé.

Notre Nation, d’une façon apparemment culturelle, est particulièrement vulnérable à l’usage, bientôt suivi par l’abus des drogues et de divers agents neurotropes et/ou psychotropes. Parmi les 27 Nations Européennes nous détenons le record des consommations de tabac, d’alcool, de cannabis, de morphiniques (morphine, héroïne, codéine, tramadol…) tandis que s’accroit, d’une façon inquiétante, celle de cocaïne.

Les consommations extravagantes du tabac et de l’alcool, légalisés de très longue date, attestent de notre incapacité à les gérer : le tabac piège 13 millions des nôtres et tue chaque année 75 000 d’entre-eux ; l’alcool a rendu dépendants 4 500 000 de nos concitoyens, dont quelques centaines de milliers d’alcooliques avérés ; il tue chaque année 42 000 d’entre-eux.

Alors qu’avec une dette abyssale nos finances publiques sont dans le rouge ces consommations loin de contribuer à un renflouement grèvent davantage le budget. Le coût direct des drogues pour les finances publiques est de 15 milliards d’euros pour le tabac, 5 milliards d’euros pour l’alcool et 2,5 milliards d’euros pour les drogues illicites, soit un total de 22,5 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB.

Ce coût direct représente 5,5% dans les dépenses publiques (qui s’élèvent à 380 milliards). Contrairement à une idée reçue, les taxes sur l’alcool et le tabac ne couvrent que respectivement 37% et 40% du coût des soins engendrés par les pathologies liées à leur consommation.

Nous sommes tout aussi défaillants pour la gestion des drogues illicites. Ainsi, malgré son interdiction, le cannabis recrute plus d’un million cinq cent mille usagers réguliers ; la buprénorphine à haut dosage est prescrite à plus de 100 000 sujets dépendants, dont beaucoup se l’injectent alors qu’elle est conçue (à un coût élevé pour la sécurité sociale) pour faire rompre les héroïnomanes avec leur comportement injecteur (ces héroïnomanes sont au nombre de 200 000 environ).

Au fond de ce trou, nous continuons de creuser, par l’idée récurrente de légaliser le cannabis ; légalisation conçue par ses défenseurs comme un préalable à celle des autres drogues. Ce qui nous ferait ressembler à l’Oregon qui, ayant légalisé toutes les drogues en 2021, connaît en 2022 une situation catastrophique liée à leur usage, avec près de 1 000 morts par surdose en 2022 pour 4,2 millions d’habitants (la France en compte 340 pour 67,7 millions d’habitants). Est-ce cela que nous voulons ? Comment sommes-nous tombés si bas ?

Nous n’avons pas perdu le combat contre les drogues, puisque nous avons tout fait pour ne pas l’engager ; nous avons au contraire laissé faire et laissé passer toutes les drogues à nos frontières.
Nous avons acheté (à crédit) une paix très relative dans les cités « sensibles », devenues « territoires perdus de la République » dont l’économie repose largement sur les drogues ; zones de « non-droit » qui, en fait, ont instauré un droit différent de celui de notre Nation.

La loi de décembre 1970 qui prohibe les drogues n’a été ni enseignée, ni expliquée, ni justifiée et dès lors n’a pas été appliquée. Les juridictions ont régulièrement classé sans suite les infractions qui leur étaient communiquées, faisant de façon répétée des « rappels à la loi », aux mêmes délinquants, qui repartent aussitôt, jetant un regard narquois sur les policiers qui les ont présentés au juge.

Cette loi a été la cible récurrente d’idéologues formatés aux errements de mai 1968, adeptes de « l’interdiction d’interdire », militants véhéments pour la légalisation du cannabis, qu’ils voient comme un préalable à celle de toutes les drogues. C’est pour certains l’inefficacité de la loi de 1970 qui serait responsable de l’échec de la politique sur les drogues illicites dans notre pays et en particulier de la forte
consommation de cannabis.

C’est l’argument que mettent systématiquement en avant ceux qui réclament la dépénalisation / légalisation de cette drogue. L’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) a montré que les peines d’emprisonnement prévues pour l’offre d’un kilogramme d’héroïne ou de cannabis (quantité en vue de reventes) diffèrent considérablement parmi les 25 pays européens ayant participé à cette enquête.

Ainsi, en Grèce, pays où les sanctions infligées sont les plus lourdes, l’offre d’un kg d’héroïne conduit
à 20 ans de prison et l’offre d’un kg de cannabis conduit à 10 ans de prison. A l’autre extrémité de la sévérité des sanctions, les pays les plus tolérants et les plus laxistes en matière de trafic de drogue sont les Pays-Bas et la France pour lesquels l’offre d’un kg d’héroïne conduit à des peines de respectivement 1 an et de 2 ans de prison.

La loi de décembre 1970 a été profondément assouplie par la loi Taubira et ses décrets d’application
avec l’aménagement des peines selon : les circonstances de l’infraction, la personnalité de l’auteur, sa situation matérielle, familiale et sociale. Un décret d’application a instauré la transaction pénale pour les petits délits passibles d’un an d’emprisonnement maximum.

Après accord préalable du Procureur, elle se conclue par le règlement immédiat d’une amende, ce qui éteint l’action publique. La loi de 1970 n’était pas appliquée et la loi de 2014 avec son décret d’application de 2015 l’a rendue totalement inopérante. Ainsi, avec une démagogie consubstantielle à leur fonction élective, nos hommes et femmes politiques ont émasculé par degrés la loi de prohibition.

Elle se réduit à une simple amende de 200 €, ne laissant aucune trace et non acquittée dans la majorité des cas. Le président de la République s’en étant ému, ceux qui requièrent la suppression de cette amende et de facto la légalisation du cannabis, ont été pris de convulsions.

Il s’agit de consommateurs, de prosélytes du haschisch, d’addictologues à contre-emploi (pour beaucoup rétribués par le budget de la Nation) et évidemment de la « Fédération Addiction » elle aussi financée largement par nos impôts. Tous devraient « se soumettre à la loi ou se démettre », mais cette exigence est systématiquement bafouée.

Le trafic de cannabis continue de prospérer à partir du Rif Marocain, premier
producteur de cette drogue. Son auto-culture se développe, au point de représenter 10% de
la consommation ; elle est facilitée par l’implantation diffuse des « grow shops » pour l’achat
du matériel, prolongé par la commande des graines sur le Net puis leur livraison à domicile
par la Poste.

Les buralistes vendent du papier à cigarette grand format, dont le seul usage est la confection des « pétards » (cigarettes grossières de marijuana). La MILDT devenue MILDECA dont l’acronyme par sa lettre L, signifie Lutte (contre les drogues, toxicomanies et autres conduites addictives) a été présidée, à l’exception d’E. Apaire et de N. Prisse, par des missionnaires de la légalisation du cannabis (N. Maestracci, D.Jayle, D. Jourdin-Menninger) Cannabis et autres drogues circulent assez librement en prison, permettant à des détenus qui n’en étaient pas dépendants à l’entrée le soient à leur sortie.

Cannabis et autres drogues sévissent dans les hôpitaux psychiatriques où sont traités nombre de patients qui en sont les victimes. La poursuite en ces lieux de leur consommation aggrave leur état, induit une résistance à leurs traitements et prolonge leur durée de séjour hospitalier.

Les médias annoncent régulièrement la légalisation imminente du cannabis, incrustant la notion de son innocuité. Qui imaginerait qu’un État responsable (y compris de la santé de ses citoyens) puisse faciliter la diffusion d’une drogue délétère, qu’il faut fumer pour la consommer alors que l’on prône l’éradication du tabac qui tue la moitié de ses consommateurs ?

Faisant dans l’abjection, une mission parlementaire, initiée par le député O. Véran (neurologue qui devint le ministre de la Santé que l’on sait et qui se reconvertit dans la « médecine esthétique ») s’est fixée pour objectif d’obtenir la légalisation du cannabis sous trois rubriques : de « confort », « thérapeutique » et « récréatif » (pour ne pas dire toxicomaniaque).

A partir d’une expérimentation clinique qui accumule des biais et déroge aux règles d’évaluation des médicaments, elle est parvenue, par un « cavalier législatif » introduit dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024, acquise par la procédure du 49-3, à faire autoriser (pour 5 ans renouvelables) le « cannabis thérapeutique ».

Beaucoup des graves méfaits physiques, psychiques et psychiatriques du cannabis, sont occultés par la plupart des médias, au sein desquels sévissent des sujets contaminés par cette drogue, évidemment acquis à la cause de sa légalisation. Pour s’en convaincre il suffit de demander à nos concitoyens ce qu’ils savent de la responsabilité du cannabis dans la survenue d’artérites, d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus du myocarde, de pancréatites aiguës, de cancers du testicule, de cancers broncho-pulmonaires…

Plus édifiant encore, ce qu’ils savent de ses effets épigénétiques, qui persistent longtemps après l’arrêt de
sa consommation, et que le consommateur peut transmettre à sa progéniture ; pouvant engendrer : malformations, autisme, vulnérabilité aux toxicomanies, troubles anxieux, dépressifs, schizophréniques, cognitifs, déficits immunitaires, certaines hémopathies…).

Pourquoi avoir tant attendu pour engager la lutte contre les trafiquants et les dealers par ces opérations « place nette » ; après avoir laissé prospérer les trafics pratiqués par plus de 220 000 dealers ?
Pourquoi ne procède-t-on à davantage de contrôles fiscaux de certaines épiceries, de certains restaurants, et autres blanchisseries de l’argent de la drogue ? 

Pourquoi ne demande-t-on pas plus souvent à des individus sans emploi, de justifier des moyens permettant leurs achats de luxe ? Pourquoi l’Éducation nationale a-t-elle, au très long cours, assisté sans réagir à la montée du péril chez les jeunes qui lui sont confiés, (du Collège jusqu’à l’Université) ; péril
traduit par leur crétinisation, leur désinhibition, leur démotivation, leurs incivilités, leurs
résultats pitoyables au classement international PISA des performances éducatives ?

Pourquoi ne traque-t-on l’usage du cannabis chez certains enseignants, élèves, cadres, décideurs… ; ce qui est techniquement facile ? Pourquoi tarde-t-on encore à mettre en place une prévention digne de ce nom ; dispensée par des enseignants convaincus, formés à cet effet, Pourquoi laisser se fissurer le rempart contre les drogues que constitue le sport.

l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) à la suite de l’agence mondiale qui accorde désormais des circonstances atténuantes aux sportifs qui présentent des cannabinoïdes ou des métabolites de la cocaïne dans leurs urines aux décours d’une compétition, dans la mesure où ils déclarent avoir consommé ces drogues à des fins « récréatives » ou lorsque, dépendants de ces drogues, ils ne pourraient s’en passer.

Cannabis – que faire


S’il est vrai « qu’il n’existe pas de sociétés sans drogue », ce constat de démission ne doit pas être ressassé pour décourager les actions contre ce fléau. Il n’aurait jamais dû figurer au frontispice de ceux qui prétendent agir contre les drogues, telle la « Fédération Addiction ». Évoquons quelques pistes visant à corriger ces errements multiples afin, au moins, de contenir cette pandémie. 

Elles opéreront :
Par l’affichage d’une détermination inébranlable (saluons celle du ministre de l’intérieur G. Darmanin).
Par une information et une prévention rigoureuses, répétitives, claires, en direction des familles, dispensées systématiquement par les enseignants, étant fléchées dans les programmes éducatifs, par les encadrants des sports et des loisirs, avec une diffusion régulière par les médias.
Par l’application rigoureuse des lois et règlements sur les drogues et toxicomanies.
Par un vrai contrôle de l’herméticité des frontières aux drogues.
Par des opérations « place nette » réalisées de façon inopinée, itérative et au très long cours.
Par l’application de la loi qui interdit tout prosélytisme sur les drogues.
Par une vigilance rigoureuse exercée par la MILDECA vis-à-vis de tout ce qui est de nature à banaliser les drogues.
Par des sanctions à la hauteur des troubles et dangers que provoquent les drogues à ceux à qui elles sont procurées.
Par des contrôles fréquents de l’absence de cannabis/THC dans la salive chez les conducteurs d’engins à moteur ainsi que dans les urines des candidats au permis de conduire ;
Par des contrôles urinaires pratiqués chez des membres de différentes professions, à la prise de leurs fonctions ou au cours de celle-ci (justice, éducation, santé, armées, forces de l’ordre, aviation, surveillants de centrales nucléaires…
Par la création de centres fermés dédiés spécifiquement au traitement des toxicomanes, ayant pour objectif leur re conformation sociale, le cas échéant leur retour à l’emploi, la pratique de sports…

Par une attention rigoureuse exercée par les directions des hôpitaux psychiatriques, veillant à l’impossibilité d’y introduire du cannabis ; cette attention devant être un élément important dans le processus de leur accréditation.
Par l’accroissement du montant des amendes à acquitter en fonction du nombre de récidives (documenté par un fichier informatique consultable de façon extemporanée) avec, au-delà de trois récidives, l’obligation de suivre, aux frais du contrevenant, une formation de deux jours, conclue par un contrôle des connaissances acquises ; formation prolongée par un suivi médical qui s’assurera, par l’analyse des urines voire des cheveux, que la consommation a cessée.
Par l’évaluation des résultats obtenus par les « addictologues », pour les mettre en relation avec les crédits qui leur seront alloués.
Par une reconsidération des subventions allouées aux associations censées lutter contre les drogues et toxicomanies, en fonction de leur investissement effectif.
Par un encouragement à la pratique des sports et par l’incompatibilité d’être licencié d’une fédération sportive si l’on est consommateur de drogues.
Par un encadrement strict des conditions d’utilisation de la buprénorphine à haut dosage ; en restreignant son remboursement à sa seule association à la naloxone (Suboxone © ), afin d’empêcher son injection.
Par une action résolue contre le tabac, porte d’entrée dans le cannabis ; situant au niveau de ce tabac, pour les adolescents la transgression par laquelle débute l’ascension de l’échelle des drogues.
Par une responsabilisation des parents, qui doivent être mieux informés et doivent régler les amendes infligées à leurs enfants mineurs (prélevées le cas échéant, sur les diverses allocations qui leur sont versées).

Pr. Jean Costentin

Le ministre de la Justice affirme deux choses sur la consommation de cannabis :

Article rédigé par Mathilde Bouquerel

Radio France – Publié le 30/04/2024

Alors que le gouvernement a lancé mi-mars l’opération place nette XXL, destinée à « porter un coup d’arrêt aux trafics de drogues », selon le président de la République Emmanuel Macron, le ministre de la Justice Éric-Dupond Moretti s’est exprimé sur la consommation de cannabis sur BFMTV. Il a d’abord affirmé qu’en France, « la consommation de shit en particulier chez les jeunes est en diminution ». Cette affirmation est vraie, mais elle est à nuancer.

Le ministre s’appuie sur une enquête publiée par l’OFDT, l’Office français des drogues et tendances addictives. Chaque année, l’Office interroge un panel représentatif de jeunes de 17 ans sur leur consommation d’alcool, de tabac et de cannabis, et il publie régulièrement des enquêtes à partir de l’analyse de leurs réponses. D’après l’enquête publiée l’année dernière, en 2017, ils étaient 39% à avoir essayé le cannabis contre un peu moins de 30% en 2022. L’enquête reconnaît bien un changement de la perception de cette drogue chez les jeunes, grâce aux politiques publiques, mais elle pointe aussi l’impact de la crise sanitaire. Moins de contact entre les jeunes, explique l’OFDT, c’est aussi moins d’initiation à l’alcool, au tabac et au cannabis.

Deux millions de consommateurs de cannabis en plus depuis la légalisation au Canada ?

Éric Dupond-Moretti s’est aussi exprimé sur la situation au Canada. Dans ce pays, le cannabis a été légalisé en 2018 avec des conséquences néfastes, selon le garde des Sceaux, puisque « depuis que cette législation a été votée, il y a 2 millions de stupeux en plus ». C’est vrai, mais là aussi c’est à nuancer. Ce chiffre vient d’une étude de l’agence Santé Canada, l’équivalent de Santé publique France.
Selon cette étude, en 2018, 22% de la population du pays avaient consommé du cannabis dans l’année écoulée contre 26% en 2023. Si l’on rapporte à la population du Canada, cela fait bien 2 millions de consommateurs en plus.

Cependant, cette hausse de la consommation de cannabis, elle est à l’œuvre depuis une quinzaine d’années. En 2011, sept ans avant la légalisation, les consommateurs de cannabis représentaient 9% de la population canadienne tandis qu’en 2017, un avant la légalisation, ils étaient déjà 15%. On lit aussi dans l’étude de Santé Canada que depuis cette légalisation, les Canadiens s’initient plus tard au cannabis. L’âge de la première consommation était de 18 ans en 2018 contre 20šans en 2023. Enfin, avec la légalisation, les Canadiens sont aussi moins nombreux à prendre le volant sous l’emprise du cannabis. 27% des Canadiens l’avaient fait dans l’année écoulée en 2018, contre 17% en 2023.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑