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Le cannabis sur la route

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Benjamin Sire : Pourquoi la légalisation du cannabis est une illusion

Si le tout-répressif en matière de drogues est une impasse, la légalisation n’a rien d’une solution idéale, comme le prouvent les exemples étrangers ou l’essor de la cocaïne.

La drogue, je connais… 

Cannabis, cocaïne, MDMA, peyotl, morphine, et j’en passe. 

Au fil des années, pour de bons et de très mauvais prétextes. Au fil des années, parfois pour répondre à la douleur nue, au handicap et aux aléas d’une vie davantage sortie des pages d’un roman que d’une froide réalité. Au fil des années pour oublier les coups, les viols, les traumas, les décès et ce diagnostic sans issue ni importance qui se cache derrière le syndrome borderline, qui semble être concomitant aux addictions… 

Au fil des années jusqu’à la rédemption, qui ne résout pourtant rien, parce que toute addiction est si vite remplacée par une autre, parce que le café, la cigarette et l’apéro ne sont que les avatars légaux des stupéfiants dont le parfum d’interdit se dissipe vite, ne laissant plus que s’installer le triste face à face avec la dépendance. 

La drogue, eux, ils ne connaissent pas, ou trop peu.  

Pourtant ce sont eux qui en parlent, légifèrent et qui jugent. 

Politiciens éloignés des réalités, médecins plus ou moins empathiques, services sociaux décharnés, souvent superbes de nudité impliquée, parfois exaspérants d’idéologie, pouvoir judiciaire dépassé, exsangue, et parfois trop perméable aux interprétations politiques. 

Ce sont eux qui ont à traiter des questions de dépénalisation, de légalisation, de répression, ou à organiser le statu quo, tandis que les forces de l’ordre gèrent l’impossible, dans un perpétuel salut à Sisyphe. 

En matière de drogue, et particulièrement concernant le cannabis, les expériences se multiplient, les échecs aussi, et nul n’est en mesure de savoir placer le curseur entre la carotte et le bâton, pour la simple et bonne raison qu’un juste équilibre sera toujours impossible à trouver avant la résolution de certains problèmes sociaux et sociétaux, propres à notre temps, à commencer par la peur d’un avenir sans horizon et de la perte de sens qui irrigue une époque ultra individualiste et concurrentielle. Le crime et la drogue prolifèrent sur le mal être et la tentation, la tentation se nourrit du vide de sens et d’utilité…. et la drogue à son tour refabrique du vide en aspirant l’âme des consommateurs. 

Des dizaines de milliers « d’emplois »

La légalisation est-elle la plus mauvaise solution à l’exception des toutes les autres, ou un pire parmi les autres ? 

De quoi s’agirait-il donc, si ce n’est d’une défaite des plus amères ? Jusqu’où peut aller la logique mortifère considérant que si un produit illégal et dangereux – parce que oui, le cannabis l’est dangereux, à l’image d’autres drogues et produits jugés plus sévèrement – est massivement consommé, il doit être légalisé ? C’est un puits sans fond… 

Réfléchissons bien et regardons s’ouvrir la boite de Pandore.  

Jeunes, en nombre, et moins jeunes, consomment en masse du cannabis, nourrissant un marché parallèle fondé sur un banditisme des plus violents, mais assurant des dizaines de milliers « d’emplois », faisant vivre des quartiers entiers et générant, en France, un chiffre d’affaire de près de 3,5 milliards d’euros selon l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies). Rien que cette phrase révèle son lot de problématiques qui sont autant de casse-têtes. 

C’est un secret de polichinelle que les autorités ne peuvent trahir trop ouvertement. L’une des craintes liées à une éventuelle légalisation, supposée entraîner un assèchement de la criminalité, notamment dans les cités, tient à la possible explosion de celles-ci, par la suppression de dizaines de milliers de boulots plus ou moins bien rémunérés qu’elle provoquerait. Dans des environnements déjà précaires, où l’échec scolaire est endémique et les mentalités gangrenés par la ghettoïsation, nulle mesure ne pourrait rapidement permettre aux populations concernées de combler un manque à gagner qui est pour beaucoup le salaire de la survie. Loin des revenus mirifiques des trafiquants qui occupent le haut de la pyramide économique du secteur, la plupart des « salariés » du cannabis, sont des « intérimaires » qui jouent les petites mains en échange de pourboires aux montants variables. D’une certaine manière, aussi cynique soit-il de l’écrire, le statu quo est censé assurer une forme de paix sociale, même s’il s’agit toujours de reculer pour mieux sauter. 

Un très relatif assèchement du marché criminel

Pourtant, les choses ne se passeront pas ainsi, parce que partout où la légalisation a été instaurée, l’assèchement du marché parallèle et criminel du cannabis a été des plus relatifs, après, généralement, une période de flottement à laquelle a succédé une forte reprise.  

Plusieurs pays ou États de nations fédérales ayant fait l’expérience de la légalisation depuis plusieurs années peuvent ici nourrir notre réflexion. Il s’agit des Pays-bas, de l’Uruguay, du Canada, des États du Colorado et de Washington aux Etats-Unis (1), et de l’Espagne, dont la législation est plus tortueuse puisque seule la production à des fins de consommation personnelle y est autorisée, tandis que l’usage publique et le commerce restent prohibés. 

Auteur d’une tribune remarquée dans le Figaro au mois de juin, François Jolivet, député LREM de l’Indre est clairement hostile à la dépénalisation, bien que, comme moi, fervent partisan du cannabis thérapeutique. Comme il le confie : « J’ai une phrase pour résumer cela : je ne suis pas contre ce qui soulage, je suis contre ce qui tue. Je fais bien la différence ».  

Comme d’autres, le député de l’Indre a observé la situation aux Pays-Bas, plus vieux pays où la consommation est autorisée, jusqu’à produire un important narco-tourisme que nul n’ignore en France. 

Dans le pays des tulipes, l’État, qui autorisait la vente et la consommation de longue date, s’est lancé à titre expérimental dans la production afin d’alimenter les coffee shop, jusque-là approvisionnés par le marché parallèle et l’étranger. Cette expérience vient de s’étendre et le pays s’avère le premier de l’Union européenne à légaliser la production.

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Découverte d’une nouvelle cible thérapeutique pour lutter contre les addictions

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Lorsque une personne présente une addiction à une ou plusieurs drogues, sa seule obsession est de chercher à se procurer sa prochaine dose, quelles que soient les conséquences. Aucun traitement pharmacologique avec une réelle efficacité dans le temps n’est disponible aujourd’hui. Les taux de rechute après un sevrage sont souvent importants. Pourtant, la recherche avance ! Une nouvelle cible thérapeutique pour lutter contre les addictions a été découverte.

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Contrefaçon : gare aux médicaments vendus sur Internet  La contrefaçon touche tous les secteurs, même celui des médicaments.

Des copies imitent le nom et la forme des traitements existants mais ne contiennent pas de principe actif. Pire, certaines peuvent même être dangereuses. L’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM) nous en parle durant cette vidéo. 

Toutes les drogues addictives ont la particularité d’augmenter le taux de dopamine dans le striatum, une région du cerveau impliquée dans le circuit neuronal de la récompense. Cette augmentation de dopamine modifie la libération de glutamate et exacerbe ses effets excitateurs. L’équilibre glutamate – dopamine est perturbé ; et ceci altère durablement le comportement du consommateur. Une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents a permis d’identifier une nouvelle cible thérapeutique.

Des travaux sur la souris …

De la cocaïne a été injectée à des souris plusieurs fois par jour pendant suffisamment longtemps pour qu’elles deviennent dépendantes à la substance. Les souris ont ensuite été sacrifiées et le cerveau des souris a été observé en microscopie. Le récepteur de la dopamine et le récepteur du glutamate sont physiquement proches dans le cerveau ; ils sont tous les deux situés au niveau du striatum. Grâce à des anticorps marqués, les auteurs ont pu mettre en évidence la formation d’un complexe entre les deux récepteurs. Ce complexe est appelé hétérodimère.Le récepteur de la dopamine et le récepteur du glutamate sont physiquement proches dans le cerveau

Un traitement capable d’empêcher l’hétérodimérisation des récepteurs a ensuite été mis au point. Celui-ci n’altère pas les fonctions individuelles de chacun des récepteurs. De la même façon que précédemment, des souris ont été rendues dépendantes à la cocaïne. Un groupe a reçu une solution saline (contrôle) tandis que l’autre groupe a reçu le traitement empêchant l’hétérodimérisation.

Dans le groupe traité, l’équilibre glutamate – dopamine n’était pas perturbé par la prise de cocaïne ! Des tests ont également été réalisés pour vérifier que le traitement n’altérait pas les comportements naturels de la souris.

… à la confirmation chez l’Homme !

Des études complémentaires ont pu être menées chez l’humain. Des échantillons de cerveaux humains ont pu être récupérés après leur décès. Les patients sélectionnés avaient un historique de consommation de psychostimulants et des psychostimulants ont été détectés dans leur sang au moment du décès. Des échantillons contrôles étaient également disponibles.

L’expression du récepteur à la dopamine était moins importante dans le groupe de patients dépendants tandis que l’expression du récepteur au glutamate était identique entre les deux groupes. Grâce à des anticorps marqués, l’hétérodimère récepteur du glutamate – récepteur de la dopamine a également pu être observé en plus grande quantité dans les cerveaux des patients dépendants à une drogue, en dépit de la diminution de l’expression du récepteur à la dopamine. Encore plus intéressant : les sujets qui présentaient les plus faibles concentrations en récepteur à la dopamine avaient les concentrations en hétérodimères les plus élevées !

Ces résultats chez l’humain confirment que l’hétérodimère récepteur au glutamate – récepteur à la dopamine est une cible pharmacologique pertinente dans le traitement des addictions. Ces travaux ouvrent également des perspectives intéressantes dans le traitement d’autres pathologies psychiatriques dépendantes de l’équilibre glutamate – dopamine comme la schizophrénie, l’autisme ou les troubles du déficit de l’attention.

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Mon enfant se drogue : comment l’aider à se libérer de son addiction ?

Sur les jeunes, le fléau de la drogue peut être encore plus dévastateur. Comment faire quand cela arrive à notre enfant ? Comment l’aider ?

Frédérique Le Teurnier reçoit Roselyne Febvre, une journaliste qui raconte la descente aux enfers de son fils dans un livre.

Un sachet de drogue caché dans la proche d'un jean
Un sachet de drogue caché dans la proche d’un jean © Getty

Les battements de cœur du colibri, c’est le titre du livre de Roselyne Febvre publié aux éditions du Rocher. Elle est journaliste et cheffe du service politique de France 24. Elle est aussi la maman d’Arthur, 26 ans et toxicomane. 

Dans son ouvrage, elle raconte la terrible descente aux enfers de son fils à cause de son addiction. Elle revient sur la spirale infernale dans laquelle il a sombré en évoquant ses accès de folie, son passage au commissariat, son séjour à l’hôpital psychiatrique et son sevrage difficile. 

Dans C’est déjà demain, cette maman partage son expérience pour aider les milliers de parents qui traversent la même épreuve avec leur enfant. 

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Le poids de la culpabilité

« Quelle est ma part de responsabilité dans tout cela ? » est la première question que l’on se pose lorsque l’on découvre que son enfant prend de la drogue. Pour Roselyne Febvre, si chaque parent est responsable de son enfant, il ne peut pas être coupable de tout ce qui lui arrive. Il faut accepter de ne pas être un parent parfait. 

Il n’y a pas assez de suivi derrière (une hospitalisation), et pour les parents non plus. Le jour où il va prendre plus d’indépendance et qu’il va recommencer à sortir, ça va être l’angoisse – Catherine

Elle explique que le plus grand cadeau qu’on peut faire à son enfant quand on se rend compte qu’il va mal, c’est de s’occuper d’abord de soi-même. Aller voir un psychologue permet de se confier et d’être guidé en tant que parent. 

De nombreuses psychothérapies sont efficaces. Elles sont utiles pour mettre des stratégies en place pour opérer délicatement sans braquer son enfant. Dire à un jeune « ce n’est pas bien, tu ne devrais pas fumer » ne fonctionne pas. Il faut être plus subtil. 

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Comprendre le trouble de l’usage de l’alcool

* Le National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA) définit le « binge drinking » (alcoolisation ponctuelle importante) comme un mode de consommation d’alcool qui amène la concentration d’alcool dans le sang (CAB) à 0,08 %, soit 0,08 gramme d’alcool par décilitre, ou plus.

Pour un adulte typique, il correspond à la consommation de cinq verres ou plus pour les hommes ou de quatre verres ou plus pour les femmes, sur une durée d’environ 2 heures. **

Le NIAAA définit la consommation excessive d’alcool comme la consommation de plus de quatre verres par jour pour les hommes ou de plus de trois verres pour les femmes. Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est une affection médicale caractérisée par une altération de la capacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur le plan social, professionnel ou sur la santé. Ce terme englobe les affections que certaines personnes désignent comme l’abus d’alcool, la dépendance à l’alcool, l’addiction à l’alcool et le terme courant, l’alcoolisme.

Considéré comme une affection cérébrale, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Les changements durables dans le cerveau causés par l’abus d’alcool contribuent à maintenir le TUA et rendent les individus vulnérables aux rechutes. La bonne nouvelle est que quelle que soit la gravité du problème, un traitement fondé sur des preuves avec des thérapies comportementales, des groupes d’entraide et/ou des médicaments peuvent aider les personnes souffrant de TUA à obtenir et à maintenir leur rétablissement.

Selon une enquête nationale, 14,1 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus1 (5,6 pour cent de ce groupe d’âge2 ) ont eu un TUA en 2019. Parmi les jeunes, on estime que 414 000 adolescents âgés de 12 à 17ans1 (1,7 pour cent de ce groupe d’âge2 ) ont présenté un TUA pendant cette période.

Qu’est-ce qui augmente le risque de TUA ? Le risque qu’une personne développe un TUA dépend en partie de la quantité, de la fréquence et de la vitesse à laquelle elle consomme de l’alcool.

L’abus d’alcool, ce qui comprend le binge drinking* et la consommation excessive d’alcool, augmente avec le temps le risque de TUA. D’autres facteurs augmentent également le risque de TUA, par exemple : **

• Boire à un âge précoce. Une récente enquête nationale a révélé que parmi les personnes âgées de 26 ans et plus, celles qui ont commencé à boire avant l’âge de 15 ans étaient plus de 5 fois plus susceptibles de rapporter avoir eu un TUA au cours de l’année passée que celles qui ont attendu jusqu’à l’âge de 21 ans ou plus pour commencer à boire. Le risque pour les femmes de ce groupe est plus élevé que pour les hommes.

• Antécédents génétiques et familiaux de problèmes liés à l’alcool. La génétique joue un rôle, avec une héritabilité d’environ 60 pour cent ; cependant, comme d’autres maladies chroniques, le risque de TUA est influencé par l’interaction entre les gènes d’une personne et son environnement. Les habitudes de consommation d’alcool des parents peuvent également influencer la probabilité qu’un enfant développe un TUA un jour.

SPECTRE DU TROUBLE DE L’USAGE DE L’ALCOOL MODÉRÉ LÉGER SÉVÈRE

Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) est une affection médicale caractérisée par une altération de la capacité à arrêter ou à contrôler la consommation d’alcool malgré des conséquences négatives sur le plan social, professionnel ou sur la santé. Considéré comme une affection cérébrale, le TUA peut être léger, modéré ou sévère. Comprendre le trouble de l’usage de l’alcool • Affections mentales et antécédents de traumatisme.

Un large éventail d’affections psychiatriques, y compris la dépression, le trouble de stress post-traumatique et le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, sont des comorbidités du TUA et sont associées à un risque accru de TUA. Les personnes qui ont des antécédents de traumatismes infantiles sont également vulnérables au TUA. Quels sont les symptômes du TUA ? Les professionnels de santé utilisent les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition (DSM-5) pour évaluer si une personne présente un TUA et pour en déterminer sa sévérité, le cas échéant. La sévérité est basée sur le nombre de critères qu’une personne satisfait en fonction de ses symptômes : léger (2 à 3 critères), modéré (4 à 5 critères) ou sévère (6 critères ou plus). Un professionnel de santé pourrait poser les questions suivantes pour évaluer les symptômes d’une personne.

Au cours de l’année passée :

• Avez-vous eu des moments où vous avez fini par boire plus, ou plus longtemps, que prévu ?

• Avez-vous, à plusieurs reprises, voulu réduire ou arrêter de boire, ou avez-vous essayé, mais sans succès ?

• Avez-vous passé beaucoup de temps à boire ? Ou à être malade ou à vous remettre d’autres effets secondaires ?

• Avez-vous eu tellement envie d’un verre que vous ne pouviez penser à rien d’autre ?

• Avez-vous constaté que la consommation d’alcool, ou le fait d’être malade à cause de la consommation d’alcool, interférait souvent avec le fait de prendre soin de votre foyer ou de votre famille ? Ou était source de problèmes professionnels ? Ou de problèmes scolaires ?

• Avez-vous continué à boire même si cela causait des problèmes avec votre famille ou vos amis ?

• Avez-vous abandonné ou réduit des activités qui étaient importantes ou intéressantes pour vous, ou qui vous donnaient du plaisir, afin de boire ?

• Plus d’une fois vous êtes-vous retrouvé(e) dans des situations pendant ou après avoir bu qui ont augmenté vos chances de vous blesser (comme conduire, nager, utiliser des machines, marcher dans une zone dangereuse ou avoir des rapports sexuels non protégés) ?

• Vous avez continué à boire même si cela vous faisait vous sentir déprimé(e) ou anxieux(-se) ou aggravait un autre problème de santé ? Ou après avoir eu un blackout ?

• Avez-vous dû boire beaucoup plus qu’auparavant pour obtenir l’effet désiré ? Ou trouvé que votre nombre habituel de verres avait beaucoup moins d’effet qu’auparavant ?

• Avez-vous constaté que lorsque les effets de l’alcool s’épuisaient, vous présentiez des symptômes de sevrage, tels que des troubles du sommeil, des tremblements, une agitation, des nausées, des sueurs, une accélération du rythme cardiaque ou des convulsions ? Ou senti des choses qui n’étaient pas là ?

Chacun de ces symptômes peut être source d’inquiétude.

Plus les symptômes sont nombreux, plus le besoin de changement est urgent. Quels sont les types de traitement du TUA ? Plusieurs approches de traitement fondées sur des preuves sont disponibles pour le TUA. Une solution unique ne convient pas à tout le monde et une approche thérapeutique qui peut fonctionner pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Le traitement peut être ambulatoire et/ou hospitalier et être assuré par des programmes spécialisés, des thérapeutes et des médecins.

Médicaments Trois médicaments sont actuellement approuvés par la Food and Drug Administration des États-Unis pour aider les personnes à arrêter ou réduire leur consommation d’alcool et prévenir les rechutes : la naltrexone (par voie orale et injectable à longue durée d’action), l’acamprosate et le disulfirame.

Tous ces médicaments sont non addictifs et peuvent être utilisés seuls ou associés à des thérapies comportementales ou à des groupes d’entraide. Thérapies comportementales Les thérapies comportementales, également appelées psychothérapie de l’alcoolisme ou « thérapie par la parole », fournies par des thérapeutes agréés, visent à modifier le comportement de l’alcool.

Les exemples de thérapies comportementales sont les interventions brèves et les approches de renforcement, les traitements qui renforcent la motivation et enseignent les compétences pour faire face aux rechutes et les prévenir, et les thérapies basées sur la pleine conscience. Groupes d’entraide Les groupes d’entraide fournissent un soutien par les pairs pour arrêter ou réduire la consommation d’alcool.

Les réunions de groupe sont disponibles dans la plupart des communautés, à peu de frais ou gratuitement, à des heures et des endroits pratiques – y compris une présence croissante en ligne. Cela signifie qu’ils peuvent être particulièrement utiles aux personnes qui risquent de rechuter. Les groupes d’entraide, associés aux médicaments et à la thérapie comportementale fournis par les professionnels de santé, peuvent offrir un soutien supplémentaire précieux.

Veuillez noter : Les personnes atteintes d’un TUA sévère peuvent avoir besoin d’une aide médicale pour éviter le sevrage alcoolique si elles décident d’arrêter de boire. Le sevrage alcoolique est un processus potentiellement mortel qui peut survenir lorsqu’une personne qui a beaucoup bu pendant une période prolongée arrête soudainement de boire.

Les médecins peuvent prescrire des médicaments pour traiter ces symptômes et rendre le processus plus sûr et moins pénible. Les personnes souffrant d’un TUA peuvent-elles s’en remettre ? De nombreuses personnes atteintes de TUA se rétablissent, mais les revers sont fréquents chez les personnes sous traitement. Le recours précoce à l’aide d’un professionnel peut prévenir une rechute dans la consommation d’alcool.

Les thérapies comportementales peuvent aider les personnes à développer des compétences pour éviter et surmonter les facteurs déclenchants, comme le stress, qui peuvent conduire à la consommation d’alcool. Les médicaments peuvent également aider à dissuader la consommation d’alcool pendant les périodes où les personnes peuvent présenter un risque accru de rechute (par ex., divorce, décès d’un membre de la famille).

Besoin d’aide ? Si vous êtes préoccupé(e) par votre consommation d’alcool et que vous souhaitez savoir si vous pourriez présenter un TUA, veuillez consulter le site Internet

Repenser la consommation d’alcool.

Pour en savoir plus sur les options de traitement de l’alcoolisme et rechercher des soins de qualité près de chez vous, veuillez consulter le NIAAA Alcohol Treatment Navigator. National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism NIH . . . Turning Discovery Into Health® National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism https://www.niaaa.nih.gov • 301-443-3860 Mai 2021

Pour plus d’informations sur l’alcool et votre santé, veuillez consulter : https://niaaa.nih.gov 1 Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA), Center for Behavioral Health Statistics and Quality. 2019 National Survey on Drug Use and Health. Table 5.4A—Alcohol Use Disorder in Past Year Among Persons Aged 12 or Older, by Age Group and Demographic Characteristics: Numbers in Thousands, 2018 and 2019.

https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/reports/rpt29394/NSDUHDetailedTabs2019/NSDUHDetTabsSect5pe2019.htm?s=5.4&#tab5-4a. Accessed November 6, 2020. 2 SAMHSA, Center for Behavioral Health Statistics and Quality. 2019 National Survey on Drug Use and Health. Table 5.4B—Alcohol Use Disorder in Past Year Among Persons Aged 12 or Older, by Age Group and Demographic Characteristics: Percentages, 2018 and 2019.

https://www.samhsa.gov/data/sites/default/files/reports/rpt29394/NSDUHDetailedTabs2019/NSDUHDetTabsSect5pe2019.htm?s=5.4&#tab5-4b. Accessed November 6, 2020.

Alcoolisme : d’anciens buveurs au chevet des patients

Le recours à l’appui d’anciens malades qui ont connu l’addiction fait partie des méthodes les plus efficaces pour aider à sortir de la dépendance à l’alcool.

D'ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l'alcool, c'est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays. BSIP via AFP/B. Boissonnet
D’ex-buveurs qui aident ceux qui veulent arrêter l’alcool, c’est le modèle du parrainage créé aux Etats-Unis par les Alcooliques anonymes et leurs groupes de parole, et repris dans de nombreux pays.
BSIP via AFP/B. Boissonnet

Comment rester abstinent dans un monde qui ne l’est pas, lorsque l’on est fragile vis-à-vis de l’alcool ? Les associations d’usagers représentent une aide au maintien de l’abstinence, grâce à d’anciens dépendants qui s’en sont sortis. France Patients Experts Addictions, présidée par Sandra Pinel, forme ainsi d’anciens patients devenus experts en addiction pour accompagner des personnes dépendantes, dans des centres de soins, ou des associations.

Toutes les associations d’ex-buveurs font un travail indispensable qu’il s’agisse de la Croix bleue, des Alcooliques anonymes, ou de Vie libre. Ces structures, d’où le jugement est exclu, réalisent un accompagnement par des pairs, clé de la réussite.

« Après avoir intégré un groupe de parole, j’ai réussi à tout arrêter »

« J’ai eu des problèmes de consommation de cannabis et cocaïne pendant mes études d’infirmière, puis j’ai commencé à consommer de l’alcool et des médicaments,raconte Sandra Pinel. À un moment donné, j’ai eu des vomissements intempestifs tous les matins. Le gastro-entérologue à qui j’ai avoué que je buvais trois bières par jour ― c’était beaucoup plus en réalité ― m’a adressé à un psychologue dans un centre de soins. Après avoir intégré un groupe de parole à Vie libre, j’ai réussi à tout arrêter, alcool, cannabis, cocaïne, tabac. Cette expérience m’a incité à créer un groupe Facebook dédié aux addictions, puis j’ai initié France Patients Experts Addictions, que désormais je préside. »

En 2020, une étude américaine publiée dans la « Cochrane Library » a démontré l’importance des associations de patients, à partir d’une enquête évaluant les Alcooliques anonymes (AA). Cette association a été lancée en 1935 à la suite de la rencontre dans l’Ohio de deux Américains qui cherchaient un moyen de rester sobre. Ils ont formé un groupe de soutien, puis défini les douze étapes pour le sevrage, la première étant d’accepter son incapacité à contrôler sa consommation ; la dernière étant d’aider les autres à rester sobres en devenant le parrain d’un nouveau membre.

Ce modèle s’est répandu dans 180 pays. D’autres associations ont vu le jour sur des modèles similaires. Dans cette analyse récente portant sur 10 000 participants, les chercheurs ont conclu que les Alcooliques anonymes étaient au moins aussi efficaces que la psychothérapie pour atteindre et maintenir l’abstinence.

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Le cannabis ne sera finalement pas légalisé au Grand-Duché de Luxembourg

Pas de réorientation de la politique antidrogue par le biais d’une légalisation du cannabis. Le gouvernement rétropédale.

Cette promesse-là, le gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg ne pourra pas la tenir. La légalisation du cannabis récréatif, pourtant inscrite dans le programme de la coalition, ne s’opérera pas comme prévu. Il n’y aura pas de coffee shop, pas de vente possible même sous contrôle de l’État.

La ministre de la Santé a annoncé mardi sur les ondes de la radio socioculturelle 100,7 qu’une série d’incompatibilités avec les législations européennes empêchait la légalisation du cannabis au Grand-Duché.

Le pays devait être le premier de l’Union européenne à se risquer dans une telle politique qui consistait à placer la culture et la vente de cannabis sous contrôle de l’État. Finalement, seule la consommation ainsi que la culture dans la sphère privée et dans des quantités limitées seront réglementées. Pas plus de précisions pour l’heure.

C’est une sacrée volte-face du gouvernement et qui surprend du monde, à commencer par déi Lénk qui s’est fendue d’un communiqué dans lequel le parti revendique la poursuite des travaux déjà engagés pour aboutir à la légalisation programmée. Un groupe de travail avait été mis en place pour plancher sur le projet de loi, réunissant sept ministères.

Le gouvernement a décidé, dès cet été, de virer de bord. Plus question de jouer les pionniers en la matière. L’ambition du Grand-Duché avait aussitôt suscité des réactions mitigées dans les pays voisins alors qu’à la Chambre des députés, le Parti chrétien-social s’était ouvertement prononcé contre la légalisation pour des raisons de santé publique.

Le Grand-Duché ne comptait pas suivre le modèle des Pays-Bas qui n’a, au demeurant, jamais légalisé le cannabis. Des coffee shops sont autorisés à en vendre des petites quantités, mais la production est interdite. Les Pays-Bas ont tout de même réagi à ce non-sens en se lançant à titre expérimental dans la culture légale du cannabis, supervisée par l’État.

Deux ans plus tard, après cette phase concluante, le gouvernement de Mark Rutte fait des Pays-Bas le premier pays de l’Union européenne à légaliser la production de cannabis. Le dispositif entrera en vigueur l’année prochaine.

Pendant ce temps, aux Pays-Bas

Le Grand-Duché, de son côté, se dirige vers une politique plus soft qui permettra de cultiver quelques plants à la maison et de consommer chez soi. Ceux qui n’ont ni la place ni la patience, ou ni la main verte, continueront à faire appel aux réseaux qui n’ont pas à s’inquiéter de la concurrence.

Pour déi Lénk, le revirement du gouvernement n’est pas une première dès qu’il s’agit de «projets ambitieux» qui demandent «beaucoup d’engagements et de travail». Il sera «lourd de conséquences», estime la Gauche, en prévenant que les dealers avaient encore de beaux jours devant eux.

Sans parler de la qualité du produit qui échappe à tout contrôle. L’abandon du projet de légalisation du cannabis «est un aveu de faiblesse du gouvernement», insiste la Gauche.

Pour les agriculteurs qui espéraient consacrer quelques hectares à la production de cannabis, c’est une mauvaise nouvelle. Il leur reste encore le cannabis à usage médical, que le gouvernement peine à se procurer à l’étranger, pour les sauver.

En 2017, quand le gouvernement néerlandais a décidé d’expérimenter la production de cannabis d’État, le journal De Volkskrant écrivait qu’il n’y avait que deux réponses possibles à l’échec du système néerlandais concernant les drogues douces: «Soit on interdit la vente de cannabis et on ferme tous les coffee shops, soit on réglemente la culture du cannabis, pour permettre à l’État de contrôler toute la chaîne, de la production jusqu’à la consommation. […] C’est une démarche louable, qui s’impose d’urgence.»

Les Pays-Bas ont décriminalisé la vente de petites quantités de cannabis (moins de cinq grammes) en 1976 et la loi autorise chaque citoyen à cultiver légalement cinq plants de cannabis pour son usage personnel. C’est ce que compte faire le Grand-Duché en 2021?

Le gouvernement devrait préciser son projet en octobre. Celui des Pays-Bas, premier pays européen à produire du cannabis, ne s’est pas fracassé sur les écueils de la législation européenne.

Le cannabis médicinal engendre des maladies cardiovasculaires graves

Source: Université Laval1Le cannabis médical est de plus en plus prescrit aux personnes souffrant de douleurs chroniques, mais son usage ne serait pas sans risque. Une étude qui vient de paraître dans BMC Cardiovascular Disorders associe le cannabis médical à une hausse de 44% du risque de problèmes cardiovasculaires graves.

Arsène Zongo, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval, et six chercheurs de l’Université de l’Alberta et de l’Université de Toronto, ont examiné l’incidence des visites à l’urgence ou des hospitalisations en raison d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral chez 18 653 patients à qui on avait prescrit du cannabis médical. Ils ont fait le même exercice pour un groupe de 51 243 patients comparables sur le plan des caractéristiques sociodémographiques, des habitudes de vie et de certains indicateurs de santé.

Pendant le suivi des sujets – qui a été de 8 mois en moyenne -, l’incidence des événements cardiovasculaires graves a atteint 7,19 par 1000 personnes dans le groupe cannabis et 5,67 par 1000 personnes dans le groupe témoin, soit une augmentation de 44% du risque.

Lorsque tous les événements cardiovasculaires, peu importe leur gravité, ont été considérés dans les analyses, leur incidence était de 28,34 par 1000 dans le groupe cannabis et de 19,0 dans le groupe témoin, soit une hausse de 47% du risque.

L’étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet entre le cannabis médical et les problèmes cardiovasculaires, mais elle appelle à la prudence, commente Arsène Zongo.

Le chercheur rappelle qu’il n’existe pas encore de démonstration scientifique de l’efficacité du cannabis médical pour la grande majorité des conditions pour lesquelles il est prescrit. « Ce sont des considérations juridiques et non des preuves scientifiques qui ont conduit le Canada à légaliser l’usage du cannabis médical en 2001. »

Le profil de sécurité du cannabis médical est encore mal connu, mais il se précise à mesure que son usage croît dans la population. « Considérant le peu de preuves scientifiques démontrant l’efficacité du cannabis médical, il est important que les médecins évaluent bien les bénéfices et les risques avant d’en prescrire à leurs patients, souligne le professeur Zongo. Il serait hasardeux d’en prescrire à des personnes qui ont des problèmes cardiaques connus sans assurer un suivi très serré de ces patients. »

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Des scientifiques espèrent développer un vaccin contre les overdoses d’opioïdes 

93.331 personnes sont décédées d’une overdose en 2020 aux États-Unis.

Cachets d'oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP
Cachets d’oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP

Repéré sur NBC News

Erika Edwards, journaliste pour NBC News a pu assister aux premières injections d’un essai de vaccin créé pour empêcher les overdoses d’opioïdes. Cet essai, encadré par Sandra Comer, a lieu à la faculté de médecine du Minnesota.

Tous les participants de l’essai sont addictes aux opioïdes. Ils vont passer dix semaines sous la surveillance de l’équipe de la faculté qui leur administrent des doses d’opioïdes non-mortelles pour observer la réaction du vaccin.

Son principe est assez simple, il force le système immunitaire du patient à développer des anticorps contre une cible donnée, comme pour tous les vaccins. Dans cet essai, c’est l’oxycodone qui est visé.

En revanche, le vaccin ne pourra pas empêcher les sujets de ressentir le manque de drogue. Il pourra seulement protéger les personnes susceptibles de consommer de l’oxycodone d’une overdose et des dommages au cerveau.

Deux autres universités développent également des vaccins ciblant d’autres opioïdes comme le fentanyl. Mais tous les scientifiques s’accordent à dire que pour lutter contre cette crise sanitaire, un vaccin ne suffit pas. Il faut qu’il soit couplé à des traitements pour lutter contre l’addiction elle-même, que ce soit des substituts ou une thérapie.

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Des chiffres édifiants

En 2020, aux États-Unis, 93.331 personnes sont mortes par overdose de drogue dont 70% à cause des opioïdes. En 2019, au moins 1,6 millions de personnes avaient un problème d’addiction sévère aux opioïdes aux Etats-Unis. Certains le sont devenus après une soirée seulement, beaucoup d’autres après une prescription d’anti-douleurs. En 2019, au moins dix millions d’Américains ont consommé des opioïdes en dehors d’un schéma de prescription classique.

En France, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), entre 2000 et 2017, le pays est passé de 15 à 40 hospitalisations pour overdose d’opioïdes par million d’habitants, et le nombre de décès pour overdose a plus que doublé sur la même période.

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