Les entreprises montréalaises qui soumettent leurs employés à des tests routiniers d’alcoolémie pourront le faire de manière beaucoup plus rapide grâce à un nouveau dispositif qui permet de mesurer le taux d’alcool simplement en touchant un détecteur avec deux doigts.
«Aucun échantillon d’haleine, de sang ou d’urine n’est requis, juste le toucher de 2 doigts», assure le directeur marketing d’Alco Prévention Canada, Eric Ferron. Basée à Laval et distribuant des détecteurs d’alcool partout au Québec, Alco Prévention Canada a annoncé mercredi un partenariat avec l’entreprise Sobrsafe, afin de répandre cette nouvelle technologie de détection qu’elle qualifie de «révolution technologique».
La technologie fonctionne en détectant l’alcool émis par les pores de la peau. En temps réel, le dispositif détermine la quantité d’alcool détectée et si l’employé est en état ou non d’aller sur son lieu de travail.
Nous anticipons une demande mondiale pour cette technologie et sommes ravis d’être la première entreprise au Canada à promouvoir Sobrsafe Eric Ferron, directeur marketing d’Alco Prévention Canada
Ayant beaucoup de clients à Montréal, Alco Prévention Canada estime que les secteurs qui bénéficieront le plus de cette nouvelle technologie sont «les flottes commerciales, les lieux de travail, les transports et les autobus scolaires». Dans les lieux de travail où les employés sont en présence de machinerie et d’outils «dangereux», la technologie permettra «d’assurer une sécurité», selon M. Ferron.
Par exemple, elle «permettra d’éviter qu’un travailleur en état d’ébriété ne pénètre sur le sol d’une usine ou qu’un conducteur ne reçoive les clés d’un camion ou d’un bus», donne pour exemples un communiqué d’Alco Prévention Canada.
En entrevue, M. Ferron a tenu à rassurer quelconque critique potentielle de la légalité d’un système de détection aussi efficace. Même lorsque la détection est imposée aux employés, Éric Ferron affirme que l’employé «accepte» la procédure de détection en «acceptant l’emploi».
Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue. (Le Télégramme/Gwénaëlle Le Ny)
Dans l’accident mortel de Ploufragan survenu le 16 avril dernier, les résultats des analyses toxicologiques sont tombés le vendredi 28 avril. Il s’avère que le conducteur ayant causé le drame était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.
Ce vendredi 28 avril, Nicolas Heitz, procureur de la République de Saint-Brieuc, a communiqué sur l’avancée de l’enquête concernant le dramatique accident survenu le dimanche 16 avril, rue du Pont Noir, à Ploufragan. Cet accident où trois voitures étaient impliquées, ainsi qu’un groupe de cyclistes, avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.
Les trois passagers également positifs aux stupéfiants
« Des prélèvements ont été réalisés sur l’ensemble des personnes impliquées aux fins de recherche d’alcool et d’éventuels toxiques », a indiqué le procureur. « Il en ressort que le conducteur de la Peugeot 508, ayant causé l’accident, était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.
Ses trois passagers étaient également positifs aux stupéfiants ». S’agissant des deux autres conducteurs, ceux-ci étaient négatifs à l’alcool et aux stupéfiants. Une expertise des véhicules a également été requise.
« Le véhicule circulait à une vitesse excessive »
Les déclarations des différents témoins ont, par ailleurs, permis de confirmer que « le véhicule Peugeot 508 circulait à une vitesse excessive ». Le conducteur n’était en outre pas titulaire du permis de conduire. Ce véhicule Peugeot 508 lui avait d’ailleurs été prêté par un des passagers blessé dans l’accident.
Il n’a pas encore pu être entendu par les enquêteurs pour déterminer son éventuelle responsabilité pénale. « Les investigations se poursuivent aux fins de déterminer le déroulé exact de ce terrible accident », conclut Nicolas Heitz.
Singapour a exécuté par pendaison mercredi 26 avril un homme condamné à mort pour le trafic d’un kilogramme de cannabis, ont annoncé les autorités, ignorant des appels de l’étranger à reconsidérer l’exécution et abolir la peine capitale dans la cité-Etat. «Le Singapourien Tangaraju Suppiah, âgé de 46 ans, a vu sa sentence exécutée aujourd’hui à la prison de Changi», a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’administration pénitentiaire singapourienne.
Tangaraju Suppiah a été exécuté malgré l’appel lancé la veille par le Bureau des droits humains des Nations unies aux autorités singapouriennes pour «reconsidérer urgemment» la pendaison projetée du condamné.
Le milliardaire britannique Richard Branson, membre de la Commission mondiale sur la lutte contre les drogues, avait également exhorté lundi la cité-Etat à renoncer à l’exécution de Tangaraju Suppiah estimant, à l’instar des défenseurs des droits humains et des membres de la famille de Tangaraju Suppiah, que ce dernier n’a jamais manipulé le cannabis pour lequel il a été condamné et dénoncent des failles dans le dossier.
Mais le ministère singapourien de l’Intérieur a réfuté mardi les assertions de Richard Branson, l’accusant dans un communiqué d’avoir «manqué de respect aux juges de Singapour et à notre système de justice pénale».
Tangaraju Suppiah a été condamné à la peine capitale en 2018 pour sa participation à un trafic portant sur 1,01 kilogramme de cannabis, le double de la quantité passible de la peine de mort à Singapour, l’un des pays les plus répressifs du monde en matière de stupéfiants.
Des déclarations datant d’une interview faite au magazine Psychologies en 2010, et d’autres plus récentes, faites dans un podcast de RTL en 2020, ont été exhumées. Pourquoi ? Parce que Carole Bouquet y évoque son addiction à la drogue dans le passé et parce qu’elle est une amie de Pierre Palmade.
Pour elle, la consommation de drogue a commencé à la fin des années 70, une période sombre pour elle puisque son père est alors tombé gravement malade. La jeune actrice d’alors a dû s’occuper de lui, avec sa sœur. « La drogue me permettait tout simplement de me lever le matin, d’aller à l’hôpital, puis de m’occuper de lui à la maison alors qu’il était atrocement malade », explique-t-elle à ce sujet.
« Ça me donnait de la force »
Elle ajoutait également : « Ça me donnait de la force. C’était comme une béquille qui rendait les choses plus douces ». Des explications à ce sujet ? Elle en avait : « j’étais une fille de bonne famille au milieu des musiciens les plus camés au monde ».
« Quand j’ai vu que je remplaçais un manque par un autre, que je devenais dépendante, j’ai réglé le problème le plus vite possible« , avait-elle confié. Et c’est tant mieux pour elle et pour sa famille !
Quelques informations à partager et invitation pour nos événements de mai et juin.
– Je compte sur votre participation pour notre grande braderie du samedi 6 Mai de 10h à 18h à la salle des fêtes de Montmagny
– Nous espérons avoir votre aide pour notre collecte alimentaire de Mai les 12, 13 Mai de 9h à 20h et le 14 Mai de 9h à 12h30, aux deux entrées du magasin AUCHAN à TAVERNY. Nous avons besoin de bénévoles pour cette collecte, nos administrateurs et nos pensionnaires seront ravis de votre soutien (car nous aidons sur ce même week-end l’ODER dans sa collecte annuelle – Vous pouvez participer également à cette opération et à la vente de leur brocante des 20 et 21 Mai à Montmorency; EDVO bénéficie d’un important soutien financier de l’ODER chaque année).
– Le 22 Juin à 19h30, pour les adhérents et invités d’EDVO, nous aurons notre Assemblée Générale Ordinaire et je vous invite à noter cette date SVP.
– Le 29 Juin à 20h , la troupe des résidents d’EDVO et ses animateurs, vous invite à réserver vos places pour sa seconde soirée théâtre à la salle AGECA 177 Rue de Charonne à Paris 11ème. Venez avec vos proches; ce sera un grand encouragement pour l’ensemble de nos résidents et les animateurs de nos ateliers Art-thérapie
Pour information, avec mon équipe j’ai eu le plaisir de recevoir les visites à EDVO le 11 Janvier, les dirigeants de la CPAM 78 et 95, de la Mutualité Française IDF, puis des A.R.S. du 75, du 95 et du 93, puis de la CNAV le 25 janvier, puis le 23 Février du Président de l’Académie Nationale de Médecine, Vice président du CNPERT ; le 24 Mai AM, nous aurons la visite de Madame BONNET, nouvelle Préfète à l’égalité des chances 95, accompagnée de Monsieur le Sous-Préfet de Sarcelles, de Monsieur le directeur de la DDTES 95 et peut-être que le Docteur PRISSE, Président de la MILDECA pourra se joindre à eux (que j’ai rencontré le 6 Avril à l’Académie Nationale de Médecine).
Les élus du Conseil Municipal de Paris 7éme, avec Madame Rachida DATI, souhaitent développer un partenariat avec notre structure pour les sortants de cures et viendront nous rendre visite le 25 Mai.
J’espère que toutes ces visites permettront à EDVO d’avoir un financement pour le fonctionnement de sa structure principale, avec sa spécificité inspirée du modèle Minnesota, pour la prise en charge globale des sortants de cures.
Actuellement, la réalisatrice Valérie JOURDAN, enregistre un documentaire d’une heure, sur EDVO, avec ses 35 ans d’expérience et son actualité ; ce documentaire intègre les témoignages d’anciens résidents d’EDVO comme, entre autres, Rémy RAULT, artiste peintre qui va faire une tournée en moto sur tout le Territoire auprès des centres partenaires ou futur partenaires, pour faire connaître notre méthode en apportant son témoignage (27 ans de clean et un parcours d’une nouvelle vie sociale réussie et pleine de projets).
L’équipe EDVO est enfin au complet, (voir organigramme en pièce jointe) et la livraison (après 2 ans d’attente) de notre camion aménagé « épicerie sociale mobile » financé par l’Etat « France Relance » , permet d’organiser ses tournées auprès des structures qui hébergent des personnes en difficulté, du 93 (soutenu par le plan « Rebond » du Conseil Départemental) et du 95 (subvention en attente auprès de ce Conseil Départemental).
Vous avez ainsi, par cette lecture, et j’espère par votre participation (www.edvo.fr pour nous soutenir), partagé un peu de la vie de notre association.
A bientôt.
Bien cordialement.
Jean-Paul BRUNEAU
Président Fondateur de l’Association Nationale EDVO – 06 09 21 26 92
La dépendance ne concerne pas seulement les drogues ou l’alcool. Voici quelques pistes qui peuvent vous aider à la vaincre.
Marie Desangeil
La dépendance est l’incapacité de cesser de consommer une substance ou d’adopter un comportement, même si cela cause des dommages psychologiques et physiques. Le terme addiction ne désigne pas seulement la dépendance à des substances telles que l’héroïne ou la cocaïne. Certaines dépendances impliquent également une incapacité à cesser de participer à des activités telles que le jeu, l’alimentation ou le travail.
La dépendance est une condition chronique qui peut également résulter de la prise de médicaments. Par exemple, l’utilisation abusive d’opioïdes, en particulier le fentanyl, a causé près de 50 000 décès aux États-Unis pour la seule année 2019.
L’addiction est « une maladie médicale chronique traitable impliquant des interactions complexes entre les circuits cérébraux, la génétique, l’environnement et les expériences de vie d’un individu ». Les personnes souffrant d’addiction consomment des substances ou adoptent des comportements qui deviennent compulsifs et se poursuivent souvent en dépit des conséquences néfastes.
De nombreuses personnes, mais pas toutes, commencent à consommer une drogue ou à s’engager dans une activité volontairement. Cependant, la dépendance peut prendre le dessus et réduire la maîtrise de soi.
Toxicomanie et mésusage
La toxicomanie et l’abus de drogues sont deux choses différentes. Le mésusage fait référence à l’utilisation abusive d’une substance à des doses élevées ou dans des situations inappropriées pouvant entraîner des problèmes de santé et des problèmes sociaux. Cependant, toutes les personnes qui font un usage abusif d’une substance ne souffrent pas de dépendance.
L’addiction est « le fait ou la condition d’être dépendant d’une substance, d’une chose ou d’une activité particulière ». Par exemple, une personne qui boit beaucoup d’alcool lors d’une soirée peut ressentir à la fois les effets euphoriques et les effets nocifs de la substance.
Toutefois, cela ne constitue pas une dépendance tant que la personne ne présente pas « un trouble chronique et récidivant caractérisé par la recherche compulsive de drogues, la poursuite de la consommation en dépit des conséquences néfastes et des changements durables dans le cerveau ».
Il existe des dépendances aux substances et des dépendances non liées aux substances.
Voici quelques exemples de dépendances non liées à une substance:
le jeu la nourriture Internet jeux téléphone portable le sexe Une personne souffrant de dépendance continuera à abuser de la substance ou de l’activité en dépit de ses effets néfastes.
Symptômes
Les principaux signes de dépendance sont les suivants:
difficultés relationnelles, qui se traduisent souvent par des attaques contre les personnes qui identifient la dépendance incapacité à arrêter de consommer une substance, même si elle est à l’origine de problèmes de santé ou de problèmes personnels, tels que des problèmes professionnels ou relationnels un manque d’énergie notable dans les activités quotidiennes des changements profonds dans l’apparence, y compris une perte de poids et un abandon notable de l’hygiène l’apparition d’une attitude défensive lorsqu’on lui pose des questions sur la consommation de substances psychoactives.
Sevrage d’une dépendance à une substance
Lorsqu’une personne dépendante cesse de prendre la substance ou d’adopter le comportement, elle peut présenter certains symptômes. Pour les personnes qui sont devenues physiquement dépendantes d’une substance, un arrêt brutal peut provoquer de nombreux symptômes désagréables et, dans certains cas, être fatal.
Quand contacter un médecin
Toute personne qui consomme des substances, même dans un cadre social, doit en parler avec un médecin afin de s’assurer que l’usage est sans danger et de surveiller les signes ou les symptômes de dépendance. Toutefois, il se peut qu’une personne souffrant d’une dépendance ne soit pas prête ou désireuse de demander une aide médicale professionnelle, quelles que soient les conséquences négatives de sa consommation sur sa santé et son bien-être. Si une personne est victime d’une overdose, son entourage doit immédiatement demander une assistance médicale d’urgence. Une personne qui s’est remise d’une overdose peut vouloir demander une aide professionnelle pour traiter sa dépendance. Lorsqu’une personne est prête et souhaite obtenir de l’aide pour traiter sa dépendance, elle peut contacter un professionnel de la santé pour discuter des options de traitement. Ces options comprennent la réhabilitation, la thérapie, la désintoxication et les médicaments.
Les traitements
Les avancées médicales et les progrès en matière de diagnostic ont aidé la communauté médicale à mettre au point divers moyens de gérer et de résoudre la dépendance.
Voici quelques-unes de ces méthodes :
le traitement médicamenteux la thérapie comportementale et le conseil les dispositifs médicaux pour traiter le sevrage le traitement des facteurs psychologiques connexes, tels que la dépression des soins continus pour réduire le risque de rechute
Le traitement de la toxicomanie est très personnalisé et nécessite souvent le soutien des amis et de la famille de l’individu. Le traitement peut être long et compliqué. L’addiction est une maladie chronique qui a des effets psychologiques et physiques variés. Chaque substance ou comportement peut nécessiter des techniques de gestion différentes.
Comment la consommation d’alcool contribue à la douleur chronique, c’est ce que décrypte et nous explique cette équipe d’addictologues du Scripps Research : l’équipe décrit, dans le British Journal of Pharmacology, comment la consommation d’alcool mais aussi son sevrage, entrainent une augmentation de l’hypersensibilité.
Ainsi, 2 mécanismes moléculaires différents, l’un entraîné par la consommation d’alcool et l’autre par le sevrage alcoolique expliquent ce lien complexe entre l’alcool et la douleur et, en l’occurrence, peuvent entrainer le développement de la douleur chronique.
Les troubles liés à la consommation d’alcool qui comprennent notamment l’abus d’alcool, l’alcoolodépendance affectent près de 30 millions de personnes aux seuls États-Unis. On sait qu’au fil du temps, ces troubles peuvent déclencher de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies du foie et certains cancers.
L’auteur principal, le Dr Marisa Roberto, professeur de médecine moléculaire au Scripps Research relève que « la douleur est à la fois un symptôme répandu chez les patients souffrant de dépendance à l’alcool et une raison de boire à nouveau ». Ces travaux, en identifiant ces 2 voies moléculaires, désignent également de nouvelles cibles médicamenteuses possibles pour le traitement de la douleur chronique et de l’hypersensibilité associées à l’alcool.
La douleur, l’un des impacts majeurs de la consommation d’alcool à long terme
Plus de la moitié des personnes atteintes de trouble de la consommation d’alcool ressentent une douleur persistante d’un type ou d’un autre. La neuropathie alcoolique, une lésion nerveuse qui provoque des douleurs chroniques et d’autres symptômes, fait partie de ce type de douleurs. De précédentes études ont montré que :
le trouble de la consommation d’alcool est également associé à des changements dans la façon dont le cerveau traite les signaux de douleur, ainsi qu’à des changements dans l’activation du système immunitaire ;
à son tour, cette douleur peut entraîner une augmentation de la consommation d’alcool ;
de plus, pendant le sevrage, les personnes atteintes de ces troubles peuvent souffrir d’allodynie, une condition caractérisée par le fait qu’un stimulus inoffensif est perçu comme douloureux.
L’étude a recherché les causes sous-jacentes de ces différents types de douleurs liées à l’alcool, en comparant 3 groupes de souris adultes : des animaux modèles d’alcoolodépendance, des animaux ayant un accès limité à l’alcool non-dépendants, des animaux « naïfs » d’alcool. L’expérience montre que :
chez les souris dépendantes, l’allodynie se développe pendant le sevrage alcoolique et l’accès ultérieur à l’alcool permet de réduire la sensibilité à la douleur ;
environ la moitié des souris non-dépendantes à l’alcool montrent également des signes de sensibilité accrue à la douleur pendant le sevrage de l’alcool mais, contrairement aux souris dépendantes, cette neuropathie n’est pas inversée par une réexposition à l’alcool ;
les niveaux de protéines inflammatoires sont augmentées chez les souris dépendantes : cela suggère que différents mécanismes moléculaires peuvent entraîner la douleur ;
enfin, ces protéines inflammatoires peuvent être des cibles médicamenteuses prometteuses pour lutter contre la douleur liée à l’alcool.
La dépénalisation de la drogue décidée par l’Oregon n’a pas été le succès escompté: les overdoses ont doublé car les incitations à se désintoxiquer ont disparu. Retour sur un fiasco.
Des photos de victimes du fentanyl au siège de la Drug Enforcement Admnistration (DEA). La possession de cette drogue, l’une des plus consommées aux Etats-Unis, n’expose plus à une condamnation en justice dans l’Oregon.
« Nous sommes connus pour nos microbrasseries et la marijuana – et maintenant pour le fentanyl et les tentes de sans-abri « , déplore Tony Vezina qui dirige 4D Recovery, un organisme de traitement de l’addiction. Tout en parcourant en voiture le centre historique de Portland, il montre des junkies fumant du fentanyl dans du papier d’aluminium.
Depuis que l’Oregon a décriminalisé la possession de petites quantités de drogue, en transporter sur soi ne vous expose généralement à aucun ennui sérieux. Désormais, au lieu d’être arrêtées, les personnes trouvées en possession de substances telles que le fentanyl, l’héroïne, la métamphétamine ou le LSD, sont condamnées à un procès-verbal et à une amende qui peut aller jusqu’à 100 dollars, mais qui est annulée si la personne appelle une hotline et accepte de subir une évaluation sanitaire.
58% des habitants approuvaient la décriminalisation
Autrefois l’Oregon était classé parmi les Etats américains connaissant le plus fort taux d’addiction aux drogues illicites, et parmi les plus mal lotis en matière d’accès aux traitements. Recourir au système de justice criminelle pour traiter l’addiction « a été un échec lamentable », rappelle le district attorney de Multnomah County Mike Schmidt qui, après avoir poursuivi pendant des années les utilisateurs, a fait campagne pour la décriminalisation. « Les gens souffrant d’addiction ont besoin d’aide, pas de sanctions judiciaires », proclamaient les flyers de la campagne. Les habitants ont approuvé la décriminalisation à 58%.
Doublement des morts par overdose
Mais depuis que la mesure est entrée en vigueur en février 2021, l’aide n’a pas été facile à trouver. Alors que la pandémie a généré une augmentation de la consommation de drogue dans tout le pays, les morts par overdose ont quasiment doublé en Oregon entre 2019 et 2021, tandis qu’elles n’augmentaient que de 50% au niveau national.
Inciter les gens à suivre un traitement par de simples procès-verbaux ne marche pas, souligne Keith Humphreys de l’université Stanford. Sans une pression sur les consommateurs, dit-il, « il n’existe aucun mécanisme pour les inciter à changer de comportement ».
Plus rien n’incite vraiment les drogués à se désintoxiquer
Sur les 4.000 personnes ayant fait l’objet d’un procès-verbal au cours des deux années d’application de la nouvelle loi, moins de 200 personnes ont appelé la hotline, et moins d’une quarantaine se sont déclarées intéressées par un traitement. La district-attorney de Marion County, Paige Clarkson, rappelle que la répression était un moyen de pousser les gens à se traiter, et que la décriminalisation « nous a totalement privés de cet outil ».
Les partisans de la politique adoptée en Oregon espèrent que les mentors que peuvent devenir les anciens drogués sauront encourager les gens à entrer volontairement en traitement. Mais les financements nécessaires se faisant attendre, les capacités de traitement de l’Etat restent cruellement insuffisantes. Les candidats attendent parfois plus de trois mois avant d’être admis dans un programme. Il faudrait augmenter de 60% les capacités d’accueil.
D’autres Etats envisagent la décriminalisation
L’Oregon est le seul Etat à avoir tenté la décriminalisation. Mais ses mauvais résultats ne devraient pas décourager les autres Etats de s’y essayer. Des projets de loi décriminalisant la possession ont été présentés dans neuf Etats, dont le Massachusetts et les Etats de New York et Washington. Au Canada, la Colombie britannique a dévoilé son propre projet pilote de décriminalisation.
Ses plus chauds partisans font valoir que la décriminalisation a déjà généré des avantages pour l’Oregon, estimant que 7.000 personnes de moins ont été arrêtées, et qu’il faudra un peu de temps avant que les autres bénéfices se fasse sentir. Pourtant, certains ont déjà changé d’avis. Mingus Mapp, conseiller municipal de Portland, était partisan de la décriminalisation.
Aujourd’hui il est dubitatif, notamment à l’égard de ceux qui recommandent la patience. « Vous n’avez qu’à regarder ce qui se passe sur nos trottoirs, dit-il, nous n’avons plus de temps à perdre. » Il regrette que l’Oregon ait démantelé un système de lutte contre l’addiction sans avoir rien prévu pour le remplacer.