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Alcool: Signes et symptĂ´mes d’une maladie alcoolique du foie

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Cet article explore les signes et symptômes précoces de la maladie alcoolique du foie, ses stades, ses causes, ses facteurs de risque,

Marie Desangeil

 Photo Freepik

La maladie alcoolique du foie résulte d’une surconsommation d’alcool, qui endommage le foie et entraîne une accumulation de graisses, une inflammation et des cicatrices. Le foie est l’un des organes les plus complexes du corps humain, avec plus de 500 fonctions. Celles-ci comprennent :

– filtrer les toxines du sang
– le stockage de l’énergie
– la fabrication d’hormones et de protéines
– la régulation du cholestérol et de la glycémie

Cet article explore les signes et symptômes précoces de la maladie alcoolique du foie, ses stades, ses causes, ses facteurs de risque, ses traitements et sa prévention.

Les stades de la maladie alcoolique du foie

La maladie alcoolique du foie comporte quatre stades principaux :

la stéatose hépatique alcoolique
l’hépatite alcoolique
fibrose
cirrhose

Les lésions hépatiques peuvent affecter l’ensemble de l’organisme. Une fois que les dommages commencent, ils peuvent mettre longtemps à se manifester, car le foie est généralement très efficace pour se régénérer et se réparer. Souvent, au moment où les médecins détectent les dommages, ceux-ci sont irréversibles.

Signes et symptômes d’une maladie alcoolique du foie

Les premiers signes de la maladie alcoolique du foie sont vagues et touchent plusieurs systèmes de l’organisme. En plus d’un sentiment général de malaise, les signes peuvent inclure les éléments suivants :

– des douleurs dans l’abdomen
– des nausées et des vomissements
– diarrhée
– une diminution de l’appétit

Il peut être facile pour quelqu’un de rejeter les premiers symptômes comme étant les effets d’une gastro ou d’un malaise général. Cependant, le fait de ne pas diagnostiquer ni traiter ces symptômes, surtout si l’on continue à consommer de l’alcool, peut entraîner une progression plus rapide de la maladie du foie au fil du temps.

La stéatose hépatique alcoolique

La consommation d’une grande quantité d’alcool peut entraîner l’accumulation d’acides gras dans le foie. Parfois, une consommation excessive d’alcool sur une courte période, même inférieure à une semaine, peut en être la cause. Il n’y a normalement aucun symptôme, et la stéatose hépatique alcoolique est souvent réversible si la personne s’abstient de consommer de l’alcool à partir de ce moment.

Hépatite alcoolique

L’hépatite alcoolique est un syndrome grave de la maladie alcoolique du foie. L’hépatite est un terme général désignant le gonflement et l’inflammation du foie, quelle qu’en soit la cause. Si une personne continue à boire de l’alcool, cela entraînera une inflammation permanente du foie. Cela peut se produire après plusieurs années de consommation excessive d’alcool. Elle peut également survenir de manière aiguë pendant les périodes de consommation excessive d’alcool.

Les symptômes courants de l’hépatite alcoolique sont les suivants :

– la jaunisse, ou une teinte jaune du blanc des yeux et de la peau
– une hypertrophie du foie, appelée hépatomégalie
– les caractéristiques d’une réaction inflammatoire systémique comme:
– température corporelle inférieure à 36°C ou supérieure à 38°C
– fréquence cardiaque supérieure à 90 battements par minute
– fréquence respiratoire supérieure à 20 respirations par minute
– nombre de globules blancs supérieur à 12 000 ou inférieur à 4 000 par microlitre.

L’hépatite alcoolique évolue généralement vers une cirrhose si la personne continue à boire de l’alcool. L’hépatite peut guérir chez une personne qui arrête de boire de l’alcool, mais une éventuelle cirrhose ne s’inverse pas.

Fibrose

La fibrose est une accumulation de certains types de protéines dans le foie, dont le collagène. Elle est présente dans la plupart des types de maladies chroniques du foie.

Pour déterminer l’étendue de la fibrose, les médecins utilisent le système de notation Metavir sur une échelle de A0 à A3 :

A0 : aucune activité
A1 : activité légère
A2 : activité modérée
A3 : activité sévère
Les formes légères à modérées de fibrose peuvent être réversibles.

Le système Metavir évalue également le niveau de fibrose de F0 à F3 :

F0 : absence de fibrose
F1 : fibrose sans tissu cicatriciel
F2 : fibrose avec tissu cicatriciel occasionnel
F3 : cicatrice étendue mais pas de cirrhose
F4 : cirrhose

Cirrhose

La cirrhose survient lorsque le foie est enflammé depuis longtemps, ce qui entraîne des cicatrices et une perte de fonction. Cette affection peut mettre la vie en danger. Les dommages causés par la cirrhose sont irréversibles, mais une personne peut prévenir d’autres dommages en continuant à éviter l’alcool. L’abstinence à vie peut améliorer la fonction hépatique, mais les dommages permanents et graves de la cirrhose peuvent signifier que la personne a besoin d’une greffe du foie pour survivre.Comme le foie ne traite plus correctement les toxines, la personne sera plus sensible aux médicaments et à l’alcool. La consommation d’alcool accélère la destruction du foie, réduisant la capacité du foie à compenser les dommages actuels.

Signes tardifs

Lorsque la maladie alcoolique du foie progresse, ses symptômes deviennent plus faciles à reconnaître. Les signes les plus distinctifs d’une maladie du foie à un stade avancé, comme la cirrhose ou la fibrose, sont les suivants :

– un œdème, ou gonflement des membres inférieurs
– une accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite)
– fièvre et frissons
– démangeaisons extrêmes de la peau
– ongles qui se recourbent de façon excessive (cercles)
– une perte de poids importante
– faiblesse générale et fonte des muscles
– sang dans les vomissures et les selles
– saignements et ecchymoses plus facilement
– réactions plus sensibles à l’alcool et aux drogues

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de maladie alcoolique du foie. Les personnes qui boivent de la bière et de l’alcool fort sont plus susceptibles de souffrir d’une maladie du foie que celles qui consomment d’autres boissons alcoolisées, comme le vin. Les femmes sont plus sensibles aux effets négatifs de l’alcool, même à des niveaux de consommation identiques à ceux des hommes, et sont donc plus susceptibles de développer rapidement une fibrose, une inflammation et des lésions hépatiques à cause de l’alcool.

Celles qui consomment plus de deux verres par jour et les hommes qui consomment plus de trois verres par jour pendant plus de cinq ans présentent un risque accru de maladie alcoolique du foie. Les femmes qui consomment de grandes quantités d’alcool et qui ont également un excès de poids ont plus de chances de développer une maladie chronique du foie. Toutefois, l’obésité est également un facteur de risque pour les hommes.

Le fait d’avoir l’hépatite C augmente le risque, et une personne qui consomme régulièrement de l’alcool et qui a eu un quelconque type d’hépatite a plus de chances de développer une maladie du foie. Des changements génétiques peuvent affecter le risque. Si une personne subit des modifications du profil génétique de certaines enzymes essentielles au métabolisme de l’alcool, comme l’ADH, l’ALDH et le CYP4502E1, elle aura plus de chances de développer une maladie alcoolique du foie.

Traitement

La première étape du traitement de la maladie alcoolique du foie, quel que soit son niveau, consiste à éliminer l’alcool du régime alimentaire.

Abstinence

Cela peut aider à inverser certains stades précoces de la maladie du foie. Par exemple, arrêter de boire une fois que l’on a diagnostiqué une stéatose hépatique peut permettre d’inverser la maladie en 2 à 6 semaines.
Lorsqu’un médecin diagnostique une maladie alcoolique du foie, à quelque stade que ce soit, il recommande à la personne de ne jamais recommencer à boire.

Tout état qui s’est inversé réapparaîtra généralement lorsque la personne recommencera à boire. Les personnes qui boivent régulièrement plus que les limites quotidiennes d’alcool recommandées ne devraient pas arrêter de boire sans soutien médical. Le sevrage de l’alcool peut mettre la vie en danger. Les personnes doivent demander l’aide d’un professionnel de la santé pour gérer le sevrage en toute sécurité.

Thérapie

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peuvent atténuer les symptômes de sevrage chez une personne dépendante de l’alcool. Les personnes souffrant d’une dépendance grave à l’alcool peuvent séjourner dans un établissement de réadaptation pour patients hospitalisés afin de bénéficier d’une surveillance plus étroite.

Modifications du mode de vie

Les médecins peuvent également recommander de perdre du poids et d’arrêter de fumer, car l’excès de poids et le tabagisme ont tous deux démontré un rôle dans l’aggravation de la maladie alcoolique du foie. Les médecins peuvent également recommander la prise quotidienne d’une multivitamine.

Transplantation du foie

Chez les personnes souffrant d’insuffisance hépatique, le foie cesse complètement de fonctionner. Cela peut être le résultat d’une maladie du foie à un stade avancé et signifie souvent qu’une transplantation hépatique est la seule option pour une survie prolongée. Une greffe de foie est une procédure compliquée qui dépend de la disponibilité d’un donneur. En règle générale, seules les personnes pouvant justifier d’une abstinence d’alcool d’au moins six mois avant l’intervention peuvent prétendre à une greffe. Une greffe de foie est une solution de dernier recours. Arrêter l’alcool et traiter cette maladie à un stade précoce est le meilleur moyen pour une personne d’augmenter ses chances d’inverser ou de ralentir la maladie. Les médicaments anti-rejet après la transplantation peuvent augmenter le risque d’infections graves et de certains cancers.

Prévention

Pour prévenir la maladie alcoolique du foie et d’autres affections liées à la consommation d’alcool, les médecins conseillent une consommation modérée d’alcool: « un verre par jour » pour les femmes, et « deux verres par jour » pour les hommes, et ce uniquement à partir de 21 ans. On définit généralement la consommation excessive d’alcool comme étant la consommation de cinq boissons alcoolisées ou plus pour les hommes ou de quatre boissons alcoolisées ou plus pour les femmes lors de la même occasion, pendant au moins un jour au cours du dernier mois.

Perspectives

L’espérance de vie d’une personne atteinte d’une maladie alcoolique du foie diminue considérablement à mesure que la maladie progresse. En moyenne, 1 personne sur 3 au stade le plus avancé de la maladie du foie et de la cirrhose est encore en vie après 2 ans.

Lorsque le corps peut compenser et gérer la cirrhose, l’espérance de vie typique est de 6 à 12 ans. Les personnes atteintes de maladies moins graves survivront plus longtemps si elles s’abstiennent de consommer de l’alcool. Ne pas fumer et contrôler son poids sont des changements de mode de vie importants que les gens peuvent faire pour réduire davantage le risque.

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La publicitĂ© Ă©volue !

et dans les annĂ©es 60, au service militaire, l’Ă©tat donnait 1 cartouche de cigarette par semaine car il fallait ĂŞtre un fumeur « pour ĂŞtre un homme »

Le combat contre le fentanyl doit ĂŞtre mondial comme le Covid-19, selon les Etats-Unis

Publié le : 15/04/2023 exico (AFP) – 

Le combat contre le fentanyl doit ĂŞtre mondial, comme la lutte contre le Covid-19, a insistĂ© samedi l’ambassadeur des Etats-Unis au Mexique au sujet de cette drogue de synthèse qui tue des milliers d’AmĂ©ricains avec des composants chimiques venus de Chine via le Mexique.

« Le monde doit s’unir, il ne s’agit plus seulement du Mexique et des Etats-Unis. Les gouvernements d’Europe sont en train de voir ce qui se passe avec le fentanyl », a dĂ©clarĂ© Ken Salazar Ă  la presse.

L’homme de confiance du prĂ©sident Biden a qualifiĂ© d’historique » la rĂ©union bilatĂ©rale jeudi Ă  Washington portant sur la lutte contre le trafic de drogue du Mexique vers les Etats-Unis, et le trafic d’armes en sens inverse.

A l’issue de cette rĂ©union, les autoritĂ©s amĂ©ricaines ont annoncĂ© vendredi des sanctions contre des rĂ©seaux impliquant la Chine dans le trafic de fentanyl.

Deux entreprises chinoises, accusées de fournir au cartel des composés chimiques, sont ciblées par des sanctions du ministère du Trésor.

Le dĂ©partement de la Justice a Ă©galement inculpĂ© 28 personnes, dont quatre enfants du narcotrafiquant mexicain JoaquĂ­n « El Chapo » Guzmán, qui purge une peine de prison Ă  vie dans une prison du Colorado.

Un des trois fils Guzmán, Ovidio, a été arrêté le 5 janvier au Mexique dans une opération qui a provoqué la mort de 29 personnes (10 militaires et 19 délinquants présumés). Les Etats-Unis ont demandé son extradition dès février.

D’autres personnes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es en Colombie, en Grèce, au Guatemala et aux Etats-Unis, a dĂ©clarĂ© la directrice de l’agence amĂ©ricaine anti-drogue (DEA), Anne Milgram.

Le 6 avril, PĂ©kin a niĂ© l’existence d’un « trafic illĂ©gal de fentanyl entre la Chine et le Mexique ».

« Les Etats-Unis devraient faire face Ă  leur propre problème et prendre des mesures pour (…) rĂ©duire la demande », avait dĂ©clarĂ© la porte-parole du ministère chinois des Affaires Ă©trangères, Mao Ning.

Elle Ă©tait interrogĂ©e sur une lettre du prĂ©sident mexicain Andres Manuel Lopez Obrador Ă  son homologue chinois Xi Jinping lui demandant de l’aide dans la lutte contre le trafic de fentanyl entre la Chine et le Mexique.

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Le HHC : ce dĂ©rivĂ© du cannabis vendu lĂ©galement en France

Par Jeanne Sénéchal

ENQUĂŠTE – En consommant du HHC, plusieurs consommateurs expliquent avoir ressenti des effets similaires au cannabis. Pourtant, ce produit est vendu lĂ©galement en France. Que contient-il et pourquoi n’est-il pas classĂ© comme stupĂ©fiant ?

Lorsque Lucas s’est rendu dans son magasin habituel de CBD il y a deux mois, il s’est aperçu qu’un nouveau produit Ă©tait en vente : le HHC. «Effet dĂ©fonce garantie», lui lance alors le tenancier du shop. Curieux, Lucas achète un peu de ce produit et dĂ©cide d’en fumer le soir venu. Et lĂ , surprise : il ressent les effets qu’ils connaissaient lorsqu’il fumait du cannabis. Le lendemain, il retourne au magasin et demande au commerçant comment ce type de produit peut ĂŞtre lĂ©gal : «Tout est lĂ©gal avant d’ĂŞtre illĂ©gal», lui rĂ©pond-il, un sourire en coin. Il n’a pas tort : ce produit, qui imite pourtant les effets de la principale molĂ©cule active du cannabis, le THC, n’est pas classĂ© comme stupĂ©fiant en France. Ce qui laisse place Ă  de nombreuses interrogations.

Sur le papier, le HHC est l’acronyme de hydrocannabinol, une molĂ©cule fabriquĂ©e chimiquement proche du THC. Elle aussi existe dans le cannabis naturel, mais en toute petite quantitĂ©. Elle n’est pas rĂ©pertoriĂ©e comme produit stupĂ©fiant et est vendue dans les magasins de CBD, en toute lĂ©galitĂ©, pour un prix de 11 euros le gramme environ, contre 6 Ă  10 euros pour du CBD et 10 Ă  14 euros pour du THC vendu illĂ©galement. Le HHC peut prendre la forme d’herbe, d’huile, de tisane, de gelĂ©e et autre. Mais Ă  la diffĂ©rence du CBD, les effets sont bien plus importants.

Qu’est-ce que le HHC, ce dĂ©rivĂ© du cannabis vendu lĂ©galement en France ?

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Des effets semblables au THC

Maxime consommait du cannabis depuis l’âge de ses 16 ans. En 2021, il dĂ©cide de tout arrĂŞter et tente de se mettre au CBD. «Mais les effets quasi-inexistants ne m’ont pas vraiment sĂ©duit», raconte-t-il. Comme Lucas, il tombe il y a peu de temps dans son magasin de CBD sur du HHC en rĂ©sine, comme du shit. Et lĂ , stupĂ©faction Ă©galement : il ressent presque les mĂŞmes effets que le THC : la dĂ©fonce, mais sans ĂŞtre mal le lendemain matin ; la sĂ©dation, mais sans devenir paranoĂŻaque. Depuis, il fume deux joints par soir en rentrant du travail et avant de se coucher. «C’est un entre-deux entre le CBD et le THC, mais ça se rapproche vraiment du THC», nous prĂ©cise-t-il.

Bien que vendue depuis peu, cette molĂ©cule est dĂ©jĂ  arrivĂ©e jusqu’au rĂ©seau français d’addictovigilance, dont les centres rĂ©gionaux recensent les cas de complications liĂ©es Ă  la consommation de substances psychoactives. «Nous avons reçu plusieurs alertes concernant cette molĂ©cule, notamment des personnes qui avaient achetĂ© ce nouveau produit et qui avaient Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©es des effets», explique Liselotte Pochard, du CEIP-Addictovigilance PACA Corse. Ils ont Ă©galement retrouvĂ© du HHC fortement dosĂ© dans des Ă©chantillons prĂ©levĂ©s en point de deal traditionnel. Et confirment : «Le HHC ressemble au THC, autant sur les effets psychoactifs que sur les effets indĂ©sirables, comme les cĂ©phalĂ©es, les vomissements ou encore les vertiges».

Maxime nous explique ressentir plus de sensations avec la rĂ©sine de HHC qu’avec le format de l’herbe : «Lorsque je fume de l’herbe, les effets s’estompent très vite. Alors que lorsque c’est de la rĂ©sine, je peux ĂŞtre dĂ©foncĂ© pendant 1h30», indique-t-il. Selon lui, la rĂ©sine est plus dosĂ©e que les autres formats. Mais dans les faits, comment se fait-il que les effets ressemblent Ă  ceux du cannabis naturel ? «Comme la molĂ©cule du HHC est chimiquement proche de celle du THC, elle va agir de la mĂŞme façon sur les rĂ©cepteurs cĂ©rĂ©braux au THC, les CB1. L’activation de ces rĂ©cepteurs va alors provoquer des effets sĂ©datifs, une distorsion de la rĂ©alitĂ©, comme le cannabis. Ă€ la diffĂ©rence, le CBD n’active pas ces rĂ©cepteurs», explique le professeur Benjamin Rolland, psychiatre et addictologue, de la facultĂ© de MĂ©decine et MaĂŻeutique Lyon-Sud.

Et des risques

Qui dit effets notables, dit Ă©galement risques : comme le THC, «il y a donc un risque de pharmacodĂ©pendance, de sevrage Ă  l’arrĂŞt, on peut s’attendre Ă  avoir les mĂŞmes risques qu’avec le THC, notamment cardiovasculaire. Mais nous n’avons pas encore assez de recul lĂ -dessus», prĂ©vient Liselotte Pochard, du CEIP-Addictovigilance PACA Corse. Outre les risques psychoactifs, il existe aussi des risques concrets, notamment lors de la conduite de vĂ©hicule. Ce qu’admet de son cĂ´tĂ© Maxime : «Bien que je sois moins dĂ©foncĂ© qu’avec du THC, je sens que la conduite pourrait ĂŞtre dangereuse». Avec tous ces risques, pourrait-on la classifier comme drogue ? «Cela dĂ©pend de la dĂ©finition. Mais effectivement, si on estime qu’une drogue est une substance qui peut donner des intoxications, des troubles de la vigilance avec un risque d’addiction, on pourrait dire que c’est une drogue», ajoute le professeur Rolland.

Mais comment cette molĂ©cule peut-elle ĂŞtre lĂ©gale ? Les drogues de synthèse prolifèrent grâce Ă  un vide juridique. Et le HHC en fait partie. «C’est quelque chose qui est assez classique, les fabricants de substance s’adaptent en permanence et bricolent des molĂ©cules qui chimiquement sont suffisamment proches des molĂ©cules interdites pour provoquer des effets similaires», explique le professeur Rolland. Il y a donc une course-poursuite constante entre ces crĂ©ateurs et les pouvoirs publics qui les interdisent. «Le HHC sera sĂ»rement interdit, mais il y aura très probablement un penta-hydrocannabinol ou un octocannabinol qui finiront par arriver.»

Pour pouvoir interdire ce type de substance, plusieurs axes doivent ĂŞtre identifiĂ©s : le produit doit ĂŞtre commercialisĂ©, consommĂ© et il faut des preuves d’une gravitĂ© des effets psychoactifs et dangereux. Une fois ces Ă©lĂ©ments cochĂ©s et la dangerositĂ© prouvĂ©e, les autoritĂ©s compĂ©tentes classent la molĂ©cule comme dangereuse ou pas. «C’est plus ou moins long, il suffit qu’il y ait un cas qui entraĂ®ne des complications ou un dĂ©cès pour que cela accĂ©lère le processus», explique Liselotte Pochard. L’Autriche, quant Ă  elle, vient d’en interdire la production et la distribution sur le territoire, la possession et la consommation restent impunies. Il est alors probable que la France et les autres pays europĂ©ens suivent cette dĂ©cision.

Vidéo Trafic de drogue : la France est-elle impuissante ?

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« Drogue du zombie » : c’est quoi la xylazine, ce produit vĂ©tĂ©rinaire utilisĂ© par les toxicomanes ?

Aux Etats-Unis, la propagation de la xylazine, surnommĂ©e « drogue du zombie » ou « Tranq », inquiète les autoritĂ©s sanitaires. AltĂ©ration des fonctions cardiaques, corps nĂ©crosĂ©, perte de conscience… Le nombre de cas d’overdose se multiplie Ă  cause de la frontière très mince entre la dose d’efficacitĂ© et la dose lĂ©tale.

"Drogue du zombie" : c'est quoi la xylazine, ce produit vétérinaire utilisé par les toxicomanes ?
© La xylazine, surnommĂ©e « drogue du zombie », est responsable de plus en plus de morts aux Etats-Unis. (Photo d’illustration : Laurent Hamels / via AFP)

PubliĂ© le 14/04/2023 – Alexandre CHAUVEL

Aux Etats-Unis, l’Agence amĂ©ricaine des mĂ©dicaments s’inquiète de l’Ă©mergence d’une drogue très dangereuse, appelĂ©e « drogue du zombie » ou « Tranq ». Aujourd’hui, selon Newsweek, citĂ© par Slate, on la trouverait dans 36 Etats du pays, mais elle se rĂ©pand rapidement.

Si elle se propage aussi vite, c’est parce que son coĂ»t est très faible. Sur Internet, on peut en trouver pour six dollars le kilogramme, soit moins de six euros. Ce qui est achetĂ©, c’est du xylazine, un mĂ©dicament utilisĂ© par les vĂ©tĂ©rinaires comme sĂ©datif ou prĂ©-anesthĂ©sique. 

La xylazine ne doit pas ĂŞtre consommĂ©e par l’homme

UtilisĂ© pour les chats, chiens et chevaux, ce mĂ©dicament ne doit surtout pas ĂŞtre consommĂ© par l’homme, car il peut gravement altĂ©rer les fonctions cardiaques. Il inhibe les rĂ©cepteurs adrĂ©nergiques. Ce sont ceux-ci qui permettent au corps de rĂ©guler le rythme cardiaque et la tension artĂ©rielle. 

Jean-Pol Tassin, directeur de recherche Ă©mĂ©rite Ă  l’Inserm et spĂ©cialiste de l’addiction et du sevrage, explique Ă  nos confrères de Sciences et avenir les effets de cette drogue : « Dès qu’on arrĂŞte de stimuler les rĂ©cepteurs alpha1, on a une perte de conscience, d’attention, une extrĂŞme sĂ©dation et Ă©ventuellement des dĂ©lires ou des hallucinations : c’est très certainement pour cela qu’on l’appelle la drogue du zombie, mĂŞme si ce nom est plutĂ´t erronĂ©. »

Le corps nécrosé

Aux Etats-Unis, les consommateurs combinent gĂ©nĂ©ralement cette drogue avec d’autres substances comme les opioĂŻdes ou l’alcool, ce qui est d’autant plus dangereux.

Si la xylazine est surnommĂ©e « drogue du zombie », c’est Ă©galement parce qu’elle a des effets sur le corps. Sa consommation rĂ©pĂ©tĂ©e fait augmenter la pression sanguine et rĂ©duit l’oxygĂ©nation de la peau. Des abcès se crĂ©ent, et remontent Ă  la surface, donnant d’importantes plaies Ă  diffĂ©rents endroits du corps. Les abcès n’Ă©tant pas dĂ©tectables de suite, lorsque les tissus sont nĂ©crosĂ©s, il est dĂ©jĂ  trop tard. Certains patients doivent alors ĂŞtre amputĂ©s.

Aucun remède contre cette drogue

Selon les tĂ©moignages des consommateurs, la xylazine donnerait l’impression de se trouver sur un nuage. Un nuage dont on ne redescend que très rarement, car contrairement aux autres drogues, aucun mĂ©dicament ne permet de combattre la xylazine.

« Le problème avec cette drogue et ce qui la rend particulièrement dangereuse, c’est que l’intervalle entre la dose lĂ©tale et la dose d’efficacitĂ© est faible », prĂ©cise Jean-Pol Tassin. En 2020, la xylazine Ă©tait impliquĂ©e dans 26 % des overdoses dans l’Etat de Pennsylvanie. L’annĂ©e suivante, Ă  Philadelphie, 90 % des Ă©chantillons de drogues saisis contenaient de la xylazine. 

Continuez longtemps monsieur Pagny de faire des chansons

Continuez longtemps monsieur Pagny de faire des chansons que beaucoup apprécient mais cessez de colporter des stupidités qui peuvent faire un tort considérable à vos jeunes auditeurs.

Professeur Jean Costentin

Durant le week-end de Pâques, le chanteur Florent Pagny, interviewé sur la radio RTL., a prétendu que c’est grâce au cannabis qu’il avait surmonté le mal être de sa jeunesse. Déclaration irresponsable quand on sait les drames que cette drogue peut produire chez les adolescents.


A la question de la responsabilité de cette drogue dans le cancer du poumon qui perturbe son existence depuis un an, il a répondu que le cannabis n’avait rien à voir avec ça. Il collectionne décidément les déclarations fausses et dangereuses.
Pour sa propre information et pour ceux qu’il a désinformé, indiquons qu’au congrès national des pneumologues français qui s’est tenu à Marseille en janvier 2023, une étude a comparé l’âge et l’état de santé de 9.000 patients atteints de cancers broncho-pulmonaires, tous diagnostiqués au cours de l’année 2020, les uns fumeurs du seul tabac, d’autres du cannabis et enfin les autres non-fumeurs.


Cette étude a constaté la plus grande précocité de l’apparition de ce cancer chez les consommateurs de cannabis (53 ans) que chez les consommateurs de tabac (65 ans), alors que les cancers ne relevant pas de ces deux causes survenaient à un âge encore plus tardif (72 ans) et ne représentaient que 13% des cancers broncho-pulmonaires.


Indiquons à monsieur Pagny que ces cancers des fumeurs sont la première cause de mortalité chez l’Humain, à l’origine de 75.000 décès annuels dans notre pays ; qu’ils concernent majoritairement les hommes ; mais que la proportion des femmes ne cesse de croître pour se rapprocher de leur mortalité par cancer du sein (elles sont en effet de plus en plus nombreuses à fumer en débutant de plus en plus précocement).


Un chirurgien O.R.L. qui m’est très proche me disait que les cancers du pharynx ou du larynx qu’il avait opéré chez des sujets jeunes concernaient tous des fumeurs de cannabis …


Ecoutez le chanteur, si vous l’aimez, mais résistez à ses analyses fallacieuses. « Ne sutor ultra crepidam », se traduira en la circonstance : « Chanteur limite toi à tes chansons ! »

Qu’est-ce que la drogue « tranq », dĂ©signĂ©e menace nationale aux États-Unis ?

La xylazine, ou « tranq » est une drogue de synthèse qui fait des ravages aux États-Unis. Le gouvernement du pays vient de la dĂ©signer « menace Ă©mergente » ce 12 avril.

Anne-Firmine Mayala avec AFP Rédigé le 12/04/2023

Le sénateur Charles Schumer prend la parole lors d'une séance d'information sur la Xylazine liée aux décès par overdose à New York, le 26 mars 2023
Le sĂ©nateur Charles Schumer prend la parole lors d’une sĂ©ance d’information sur la Xylazine liĂ©e aux dĂ©cès par overdose Ă  New York, le 26 mars 2023  â€”  Shutterstock

Les États-Unis l’ont dĂ©signĂ©e mercredi 12 avril comme « menace Ă©mergente« . La xylazine, surnommĂ©e « tranq », ou encore « drogue du zombie », fait rage dans le pays.

« C’est la première fois dans l’histoire de notre nation qu’une substance est dĂ©signĂ©e comme menace Ă©mergente« , a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse le Dr Rahul Gupta, directeur du bureau chargĂ© de la lutte contre les drogues Ă  la Maison Blanche.

La xylazine, autorisĂ©e comme sĂ©datif et analgĂ©sique vĂ©tĂ©rinaire depuis 1972 par l’Agence amĂ©ricaine des mĂ©dicaments (FDA), n’est pas approuvĂ©e en dehors d’un usage sur les animaux.

Des risques d’amputation

Chez l’humain, sa consommation peut ralentir la respiration et le rythme cardiaque Ă  des niveaux dangereux, et provoquer des infections qui peuvent mener jusqu’Ă  des amputations de membres.

Entre 2020 et 2021, la dĂ©tection de xylazine par l’agence anti-drogue amĂ©ricaine (DEA) a augmentĂ© de quasiment 200% dans le Sud du pays, et de plus de 100% dans l’Ouest.

La dĂ©signation en tant que menace Ă©mergente doit permettre d’utiliser des fonds demandĂ©s par le prĂ©sident Joe Biden au Congrès amĂ©ricain dans son budget 2024, a expliquĂ© le Dr Gupta. 

Détection, analyse, traçage

« Nous avons besoin du soutien du Congrès », a-t-il plaidĂ©, afin de ne pas avoir Ă  rediriger de l’argent dĂ©diĂ© Ă  d’autres causes.

« Il ne s’agit pas d’un problème concernant les Etats » dĂ©mocrates ou rĂ©publicains, « c’est le problème de l’AmĂ©rique« , a-t-il martelĂ©. Le gouvernement est tenu, dans les trois mois suivant la dĂ©signation, de prĂ©senter au Congrès un plan d’action, qui s’attaquera Ă  plusieurs domaines.

Parmi eux : davantage de tests pour dĂ©tecter la drogue et des analyses afin de mieux cerner sa provenance – notamment si elle est dĂ©tournĂ©e aux États-Unis ou depuis la Chine -, dans une optique de mieux lutter contre sa prĂ©sence croissante sur le marchĂ© illĂ©gal.

Aucun antidote Ă  ce jour

« Nous allons rassembler des experts nationaux dans le domaine pour guider les pratiques, et identifier les approches les plus prometteuses pour une stabilisation clinique, la gestion du sevrage, et les protocoles de traitement« , a dĂ©taillĂ© Rahul Gupta.

De plus, « nous avons besoin d’un antidote« , qui n’existe pas Ă  ce jour, a-t-il ajoutĂ©. La naloxone, antidote qui permet de rĂ©animer une personne en train de faire une overdose liĂ©e Ă  un opioĂŻde (par exemple du fentanyl), n’est pas efficace contre la xylazine.

Fentanyl et xylazine, tous deux de synthèse, sont souvent retrouvĂ©s ensemble dans un mĂŞme produit, selon la DEA. En fĂ©vrier, les autoritĂ©s sanitaires amĂ©ricaines avaient lancĂ© une « alerte Ă  l’import » afin de mieux contrĂ´ler les livraisons de xylazine, pour s’assurer qu’elles soient effectivement destinĂ©es Ă  un usage vĂ©tĂ©rinaire. 

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L’alcool est-il mauvais pour la planète?

Ernest Ginot 

Une bonne gueule de bois environnementale est à prévoir après avoir bu ces lignes.

Tout ou presque a un coût environnemental et l'alcool n'y échappe (malheureusement) pas. | Wil Stewart via Unsplash
Tout ou presque a un coĂ»t environnemental et l’alcool n’y Ă©chappe (malheureusement) pas. | Wil Stewart via Unsplash

Pourquoi envions-nous l’orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou rĂ©sistent? Vous vous ĂŞtes sans doute dĂ©jĂ  posĂ© ce genre de questions sans queue ni tĂŞte au dĂ©tour d’une balade, sous la douche ou au cours d’une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L’Explication rĂ©pond Ă  vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez Ă  explication@slate.fr.

L’alcool est un vĂ©ritable danger pour la santĂ©. Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Ce que l’on sait moins, c’est que les boissons alcoolisĂ©es sont aussi dangereuses pour notre planète.

Pas d’ivresse, de chanson paillarde avec la Lune ou de coma Ă©thylique en perspective pour la Terre, mais plutĂ´t une dĂ©gradation de l’environnement importante, causĂ©e par la production de ces breuvages.

Certes, la question Ă©cologique n’est pas forcĂ©ment la première chose Ă  laquelle on pense quand on boit sa bière, tranquille, Ă  la terrasse d’un troquet. Pourtant, le problème pourrait bien s’inviter Ă  table un jour, vu l’impact sur la planète que peut avoir la production d’alcool en tous genres (vin compris, hĂ©las). Attention: la gueule de bois risque d’ĂŞtre rude après la lecture, pour toutes celles et ceux qui se soucient de l’environnement, mais qui ne refusent jamais un petit godet.

L’alcool, c’est de l’eau (beaucoup d’eau)

Ce n’est pas l’alcool en soi qui a une empreinte Ă©cologique importante. L’alcool ne dĂ©gage pas directement de gaz Ă  effet de serre et ne roule pas au diesel. Non, c’est plutĂ´t sa production et sa distribution qui posent problème.

La forte pollution liĂ©e aux boissons alcoolisĂ©es est d’abord due Ă  leur transport. D’une bouteille de tequila partant du Mexique Ă  un shooter dans un bar parisien, il y a une trotte. Les divers emballages du produit sont aussi pointĂ©s du doigt. Bouteilles en verre ou en plastique, canettes: tout a un coĂ»t environnemental, et pas des moindres.

La forte consommation d’eau nĂ©cessaire Ă  la production des ingrĂ©dients pour fabriquer ces liquides, sans oublier l’utilisation Ă  outrance des pesticides, est aussi Ă  prendre en compte. Cette mĂŞme production d’alcool rejette Ă©galement souvent des dĂ©chets toxiques, qui ravagent les sols. Prenons notre fameuse tequila du Mexique. Pour chaque litre produit, cinq kilos de pulpe et onze litres de dĂ©chets acides sont dĂ©versĂ©s dans les sols et l’eau environnante du pays de production, rapporte The Independent. SacrĂ©e gueule de bois environnementale.

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Un chiffre particulièrement marquant montre bien l’ampleur de ce phĂ©nomène: au total, on estime que 0,7% des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre dans le monde seraient dues Ă  l’alcool. Soit presque autant que la part de… la France: 0,9% des Ă©missions mondiales de CO2 (un chiffre qui ne concerne que les Ă©missions territoriales).

Vin, bière, alcools forts…

Alcools: tous coupables? Pas vraiment. Face Ă  ce problème, toutes les boissons n’ont pas le mĂŞme bilan.

Le vin, par exemple, pose un vrai problème: sa production nĂ©cessite beaucoup (beaucoup) d’eau. Un simple verre de vin de 125 ml requiert l’utilisation de 109 litres d’eau! Une quantitĂ© consĂ©quente, alors que la France –et une grande partie du monde– fait face à une pĂ©nurie d’eau de plus en plus menaçante.

Si l’on ne souhaite pas lâcher la bibine, mieux vaudrait notamment se tourner vers du vin en cubi. Au moins, son emballage en carton n’est pas aussi polluant que son cousin commercialisĂ© en bouteilles en verre.

Et la bière dans tout ça? Elle n’y Ă©chappe malheureusement pas non plus. La production d’une bouteille de bière de 500 ml consommerait jusqu’Ă  148 litres d’eau. C’est lĂ©gèrement mieux, mais loin d’ĂŞtre satisfaisant. Sans compter qu’une bouteille de bière importĂ©e et achetĂ©e dans le commerce, que l’on sirote tranquillement chez soi, serait responsable de la libĂ©ration de 900 grammes de CO2.

Ce chiffre tombe drastiquement à 300 grammes de CO2 si on boit une mousse brassée localement, transportée en fûts et directement dans un pub, ajoute le Guardian.

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La taille du verre a-t-elle une influence sur le goût du vin?

Ouf, vous dites-vous, les alcools forts sont sauvĂ©s! Pas de culpabilitĂ© Ă  avoir en engloutissant un verre de whisky, voire de pastis bien corsĂ©… Malheureusement, le bilan n’est pas plus reluisant pour ces derniers. Plus la teneur en alcool d’une boisson est Ă©levĂ©e, plus son empreinte carbone est consĂ©quente.

Ă€ y regarder de plus près, seul le cidre biologique local aurait les faveurs de la planète. Bien souvent produit Ă  partir de fruits qui n’auraient pas Ă©tĂ© vendus autrement, il permet de rĂ©duire le gaspillage, tout en prĂ©sentant un mode de production relativement facile.

Si la sobriĂ©tĂ© Ă©ternelle vous dĂ©prime dĂ©jĂ , n’allez pas pour autant noyer votre chagrin dans certaines boissons sans alcool. ThĂ©, cafĂ©, sodas: ce trio-lĂ , c’est la cata. La production de café participe fortement Ă  la dĂ©forestation, sans parler de l’empreinte carbone due Ă  son importation.

Un problème qu’on retrouve pour le thĂ©, qui, hormis les versions bio, est en plus aspergĂ© de pesticides Ă  tout-va. Quant aux sodas, les quantitĂ©s astronomiques d’eau employĂ©es pour leur fabrication en font de vĂ©ritables bombes environnementales.

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CocaĂŻne, cannabis, alcool, hĂ©roĂŻne, tabac, ecstasy… Que font ces drogues sur le cerveau ?

Ce week-end, en lisant une interview de l’écrivain FrĂ©dĂ©ric Beigbeder dans Le Figaro, oĂą il affirmait, je le cite, que lui, l’« homme blanc hĂ©tĂ©ro de plus de 50 ans Â» Ă©tait victime du racisme quatre fois, je me suis dit que le cerveau de l’ex-gandin des lettres françaises Ă©tait encore perturbĂ© par les nombreuses drogues qu’il avait consommĂ©es au cours de sa vie de noceur…

Quoi qu’il en soit, la drogue est une substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe le fonctionnement du système nerveux central ou qui modifie les états de conscience.

Nous verrons précisément comment les drogues agissent sur le cerveau, qu’il s’agisse de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy et de toutes les nouvelles drogues de synthèses comme la 3-MMC.

Comment toutes ces drogues fonctionnent-elles sur le corps ? Quels sont les dĂ©gâts qu’elles procurent, Ă  court, moyen ou long terme ? Pourquoi est-il criminel de prendre de la drogue au volant ?

Et puis nous verrons pourquoi les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets de la drogue.

Des drogues licites et illicites, dangereuses

Philippe Batel, psychiatre addictologue, explique ce qu’est une drogue : c’est un produit qui va modifier non seulement l’Ă©tat de conscience, mais qui va aussi avoir par son action psychotrope un impact sur les Ă©motions, sur la mĂ©moire, sur les cognitions et sur le sentiment d’ĂŞtre soi. La plupart des usagers de drogues vont les utiliser pour augmenter, booster ou modifier ces aspects.

Dans de nombreuses cultures Ă  travers le monde, depuis la plus haute antiquitĂ© et peut-ĂŞtre avant, l’ĂŞtre humain a recherchĂ© la perte de contrĂ´le de ses pensĂ©es, de ses actions, en prenant des substances psychoactives qui dĂ©connectent du rĂ©el et laissent parfois des souvenirs sensoriels extraordinaires. C’est le cas avec les substances hallucinogènes qui existent depuis des millĂ©naires.

Philippe Batel s’Ă©tonne de la fracture actuellement entre drogue licite et drogue illicite, qui n’a aucun sens pour les mĂ©decins et pour les soignants et devrait n’en avoir aucun pour les usagers Ă©galement. En effet, il explique que quand on demande aux experts de classer les drogues – dont l’alcool, le tabac, la cocaĂŻne, l’hĂ©roĂŻne, le cannabis, le LSD, les champignons hallucinogènes –, les plus dangereuses sont les drogues licites, Ă  savoir l’alcool en premier, et le tabac Ă©galement dans le haut du classement.

Les mĂ©decins ne font pas la distinction entre drogues dures et drogues douces. L’alcool, par les dĂ©gâts qu’il cause, pourrait par exemple ĂŞtre qualifiĂ© de drogue dure.

Comment les drogues agissent ?

Le plaisir est au cĹ“ur de la prise de drogue. Le docteur Julien Azuar, addictologue, explique pourquoi on peut tomber dans cet engrenage destructeur : « Au fur et Ă  mesure, ça se transforme, c’est ce qu’on appelle le renforcement positif. Donc on prend la drogue pour un certain effet. Et puis quand on la prend, en effet, ça fait cet effet, mais au fur et Ă  mesure, ça disparaĂ®t au profit d’un renforcement qu’on appelle nĂ©gatif. On est plutĂ´t mal quand on ne prend pas la substance et donc moins mal quand on la prend. Donc, on bascule d’un mĂ©canisme vers l’autre qui entraĂ®ne la maladie parce que la consommation n’est pas une maladie, c’est l’addiction qui est le trouble de l’usage, qui est une maladie. »

Philippe Batel explique comment on tombe dans l’hĂ©roĂŻne et pourquoi on y reste : « Les hĂ©roĂŻnomanes vous le racontent parfaitement. Il y a l’extase de la première prise avec la dĂ©fonce absolue et puis le parcours terrible de courir derrière ce souvenir extraordinaire, logĂ© dans une partie particulière du cerveau. Il y a une course effrĂ©nĂ©e vers quelque chose qui ne vient pas et c’est en cela que les addictions, c’est une maladie qui est dĂ©raisonnable et qui, très rapidement, est absurde. Car, pourquoi continuer Ă  pourrir son existence et très souvent celle des autres alors que le bĂ©nĂ©fice attendu, l’effet, n’est plus lĂ . »

Julien Azuar prĂ©cise les diffĂ©rents types de risques : « Quand on parle de dangerositĂ© physique, on parle de dangerositĂ© aiguĂ« ou chronique. Un champion toutes catĂ©gories en pathologies chroniques, c’est vraiment l’alcool qui va notamment dĂ©truire les neurones au fur et Ă  mesure. La cocaĂŻne, les risques aigus sont importants. Comme ça crĂ©e une vasoconstriction par exemple, on peut avoir un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral. »

Pourquoi devient-on addict ?

Selon le docteur Batel, « L’idĂ©e globale qui a longtemps prĂ©valu dans la psychiatrie et l’abord psychiatrique des addictions, c’est qu’il fallait une souffrance originelle pour pouvoir s’engager sur cette route glissante et pentue de l’addiction. En fait pas du tout. Initialement, pourquoi prendre de la cocaĂŻne ? Pour avoir le sentiment d’ĂŞtre beaucoup plus performant, ce qui, en règle gĂ©nĂ©rale, n’est pas du tout le cas. Pourquoi on prend des drogues en pathogène comme l’ecstasy ou la 3-MMC ? C’est avec l’idĂ©e d’ĂŞtre plus proche des autres. Il n’y a pas, en regard de chaque recherche de plaisir, une souffrance. Et ça, c’est juste essentiel. »

Certains sont d’emblĂ©e attirĂ©s vers les drogues, quand d’autres pas du tout. Il y a des facteurs gĂ©nĂ©tiques et des facteurs environnementaux, mais aussi des facteurs sociĂ©taux. Et tous ces facteurs vont faire qu’on va ĂŞtre plus ou moins Ă  risque de dĂ©velopper une dĂ©pendance aussi.

On ne le rappelle jamais assez : zéro drogue et zéro alcool quand on prend le volant. Un numéro utile pour vous ou vos proches Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 ou sur le site drogueinfoservice.fr

Invités

Dr Julien Azuar, docteur en mĂ©decine gĂ©nĂ©raliste et addictologue spĂ©cialiste dans les troubles liĂ©s Ă  l’usage d’alcool et de substances. Il est Ă©galement praticien hospitalier dans le service de MĂ©decine Addictologique de l’hĂ´pital Fernand Widal (Groupe Hospitalier Lariboisière – Fernand Widal, Saint Louis, Paris).

Pr Bernard Sablonnière, médecin biologiste, chercheur en neurobiologie et Professeur de Biochimie et de Biologie moléculaire à la Faculté de Médecine de Lille. Responsable d’un laboratoire de Neurobiologie au Centre de Biologie et Pathologie du Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Lille, il coordonne une équipe de chercheurs généticiens, sur le thème des Maladies neurodégénératives et la mort neuronale à l’INSERM.
Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages, dont La Chimie des sentiments (Odile Jacob, 2015), Le Cerveau : Les clĂ©s de son dĂ©veloppement et de sa longĂ©vitĂ© (Odile Jacob, 2015) et Les nouveaux territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016). Il mène Ă©galement une activitĂ© de vulgarisateur pour le grand public auprès des mĂ©dias. Le 15 mars dernier est paru La Chimie des odeurs, des saveurs et du plaisir (Odile Jacob, 2023).

Philippe Batel, psychiatre addictologue. Il a dirigĂ© le service d’alcoologie de l’hĂ´pital Beaujon (Clichy) et a Ă©tĂ© en charge de la coordination et de la direction mĂ©dicale de l’Institut MĂ©dical SpĂ©cialisĂ© MontĂ©vidĂ©o (anciennement Clinique MontĂ©vidĂ©o, première clinique privĂ©e spĂ©cialisĂ©e dans le traitement des addictions en France). Il est dĂ©sormais praticien hospitalier au Centre d’addictologie de la Charente, au sein du Centre Hospitalier Camille Claudel. Il prĂ©side l’ARMA (Association pour la recherche des maladies alcooliques).

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