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Éric Dupond-Moretti fustige “le petit pétard du samedi soir”

Ces mots qui étonnent

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Contre la drogue, Éric Dupond-Moretti ne fait pas dans le laxisme.

C’est même un discours de fermeté qu’il a livré dans Télématin face à Thomas Sotto sur France 2 le mardi 4 avril.

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Dans le viseur du ministre de la Justice, il y a les consommateurs, et pas seulement de cocaïne. Le compagnon d’Isabelle Boulay s’en prend aussi au « petit pétard du samedi soir »

Si Éric Dupond-Moretti n’a pas le coeur a rire sur ce sujet, c’est aussi en raison du contexte.
Car, cette intervention médiatique arrive après trois fusillades survenues à Marseille dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 avril. Ce sont les quartiers nord gangrénés par la drogue qui ont été touchés.

L’âge des victimes interpelle parce que les trois hommes décédés ont une vingtaine d’années.

« Il faut durcir la loi contre les consommateurs pour essayer d’assécher tout ça ? », lui a demandé Thomas Sotto. « Il y a [déjà] des amendes forfaitaires contre les consommateurs », a répondu Éric Dupond-Moretti.

Visite du Pr Jean-Pierre Goullé, vice-président du CNPERT à L’EDVO (Espoir du Val d’Oise)

le jeudi 23 février


L’EDVO est une association nationale selon la loi de 1901, créée en 1987. Elle est située 4 rue Galliéni à Montmagny (95360). Son Président fondateur en est Jean-
Paul Bruneau qui est retraité de la police nationale. Il assume depuis 35 ans les fonctions de directeur général bénévole.
L’EDVO, c’est selon sa devise :
Ecouter, prévenir, soutenir, aider, faire réagir
Développer ses capacités à redevenir autonome et abstinent de produits psychotropes
Vivre libre sans drogues
Orienter toute personne en difficulté
Les objectifs visés sont de permettre à chaque individu confronté à un problème d’addiction, quelle que soit son origine, son âge, sa situation sociale, de retrouver sa dignité, son épanouissement et sa place dans la société.


L’EDVO (espoir du Val d’Oise) a été pionnier en France en proposant une approche originale fondée sur l’abstinence selon le modèle Minnesota. L’EDVO, fondé en 1987 par son président Jean Paul Bruneau, est un organisme associatif à but non lucratif
œuvrant pour la réinsertion sociale et professionnelle des personnes en grande difficulté concernées par l’addiction à des produits psychotropes modifiant le comportement.

Avec ses professionnels et ses bénévoles formés (thérapeutes, suivi social, administration…), l’association accueille et accompagne toute victime d’addiction (alcool, drogues, jeux, etc…), volontaire pour un changement de comportement, notamment par le soutien psychologique et l’hébergement.


L’association intervient également dans le domaine de la prévention, du partage de son savoir-faire et participe le cas échéant au débat public.
L’EDVO est entièrement indépendant, son fonctionnement est assuré par des dons, des subventions ou des actions de financement propres. L’association s’appuie sur un réseau de bénévoles et de professionnels (thérapeutes, suivi social, administration…).

La démarche s’appuie aussi sur l’entraide entre dépendants, partant du constat que personne n’est mieux placée qu’un dépendant pour en aider un autre.
L’association s’est donnée pour but de permettre à chaque individu confronté à un problème d’addiction de retrouver sadignité, son épanouissement et sa place dans la société. Ses missions se déclinent autour de ces objectifs en mettant en place les moyens d’accompagner les personnes souffrantes d’addiction vers une véritable reconstruction.


Ecouter, prévenir, soutenir, aider, faire réagir les personnes souffrantes d’addiction et leur famille :

  • en écoutant leur problématique et les informant sur les différentes options de soin ;
  • en les accompagnant dans leurs choix et leurs processus de soin : sevrage, cure et prise en charge des pathologies annexes ;
  • en les aidant dans leurs démarches de prise en charge ;
  • en informant et soutenant les familles et les accompagnants ;
    Les interventions en public :
  • en intervenant dans les établissements scolaires ou de formation, auprès des parents et des équipessocio-éducatives, auprès de tout groupe demandeur et en conférence publique :
  • en développant un partenariat avec les entreprises pour répondre aux obligations légales du dirigeant et sensibiliser le personnel aux risques liés à l’usage des produits modifiant le comportement : drogues, alcool, drogues, médicaments ;
  • en formant les acteurs des relais de proximité.
  • en partageant ses expériences avec les structures locales, départementales, régionales, nationales, voire internationales, afin d’élargirses champs d’action sous forme d’affiliations ou de conventions. Développer ses capacités à redevenir autonome et abstinent de produits psychotropes :
  • dans cettestructure d’hébergementtemporaire qui permet à chaque résident de se reconstruire et de se responsabiliser au quotidien ;
  • par l’accompagnement à la réinsertion sociale et professionnelle prodigué par ses professionnels :CESF, éducateur ;
  • grâce à sonépicerie socialeréservée aux familles et aux personnes en difficulté́, une aide alimentaire, encadrée par un travailleur social, permet un retour progressif vers une autonomie durable.

  • Vivre libre sans drogue : vivre son rétablissement psychologique, physique et sa réinsertion sociale, dans le cadre d’EDVO, en bénéficiant d’une méthode reconnue dans les pays anglo- saxons et innovante en France, la méthode de prise en charge dite « Modèle Minnesota » ;
  • vivre à nouveau en lien avec les autres et avec la société ;
  • vivre une rechute comme « thérapeutique », sans perdre le bénéfice des acquis grâceauxréadmissions ;
  • vivre quand on est proche d’un dépendant, alcoolique, ou toxicomane, sans culpabiliser, sans codépendance, en participant tous les 15 jours à des groupes « écoute parents », pour y trouver mieux-être et entraide

  • Oser reconstruire sa vie : retrouver l’espoir en apprenant au quotidien à aimer la vie sans drogues ;
  • oser projeter sa vie personnelle et professionnelle en construisant un vrai projet de réinsertion ;
  • optimiser ses chances de rester abstinent avec le soutien d’EDVO, en participant assidûment aux groupes d’entraide extérieurs (Narcotiques Anonymes, Alcooliques Anonymes, par exemple) pour affermir son processus de rétablissement à long terme ;
  • oser vivre chaque jour, libéré des chaînes de l’addiction et soutenu par d’autres
    dépendants en rétablissement.

Ce déplacement réalisé au titre du CNPERT a comporté :

  • la rencontre avec le Président Bruneau, avec Monsieur Cyril Kamir, Thérapeute référent, et avec Madame Roy, également thérapeute de l’équipe ;
  • la visite de l’hôtel social : cette partie hébergements est réservée aux sortants de soins en addictologie, en ce moment à EDVO, ce sont 34 places permanentes au 4 rue Gallieni ;ses occupants peuvent bénéficier ensuite des 14 places en appartements de transition (départements 95 et75) pour les sortants qui travaillent, et attente d’un appartement thérapeutique chez des partenaires en région parisienne.
  • Pour la structure principale de 34 places, ce sont principalement des chambres pour deux résidents, avec quelques
    chambres à un lit pour ceux qui ont repris une activité professionnelle, comportant11 points hygiène séparés au niveau des chambres ; mais également de plusieurs autres zones communes : cuisines, salle de restauration, salles de réunions. La durée de séjour est de 6 mois, renouvelable une fois. Au plan budgétaire, sur la partie 34 places, EDVO ne perçoit que 53.680€ de subvention Allocation Logement Temporaire sur 26 places.
  • Les autres places peuvent bénéficier des APL individualisées en fonction des ressources personnelles et chaque pensionnaire participe financièrement aux frais de sa prise en charge globale à EDVO à hauteur de 30% de ses ressources (chômage, indemnité journalière ou RSA, la famille si moins de 25 ans) : soit environ 8€ par jour et par personne sur un coût de
    journée par pensionnaire début 2022 qui était de 27€ (avec les augmentations des fluides en 2022, malgré le bouclier tarifaire notamment, les charges ne cessent d’augmenter et le prévisionnel 2023 atteint 33,29€ par jour et par personne ce qui estest inquiétant selon le Président Bruneau).
  • la visite de la Maison Relais (de 37 places, réservées aux personnes sortant de la rue) localisées de l’autre côté de la rueGalliéni, face à l’hôtel social, dans un immeuble récent, permet à des personnes très démunies de prendre un
    temps non limité pour se rétablir et elles peuvent bénéficier d’un rétablissement plus spécifique dans l’hôtel social précité.
  • Dans l’hôtel social, j’ai pu m’entretenir avec trois pensionnaires, en présence du Président Bruneau, de Monsieur Cyril Kamir, Thérapeute référent et de Madame Roy, thérapeute dans l’équipe. Les thérapeutes sont vacataires auto
    entrepreneurs sous convention, y compris la psychiatre en supervision d’équipe.
  • Au cours de cet entretien, Nous avons rencontré Maud, âgée de 33 ans, Sylvain, 36 ans et Yanis 30 ans. Tous les trois ont connu des addictions qui ont fait l’objet de cures de désintoxication, tous ont rechuté plusieurs fois avant cette prise en charge à EDVO, globale : physique, psychique et psychologique associée au sevrage, qui constitue pour eux un objectif majeur.
  • Ils ont fait état de poly-addictions (alcool, cannabis, héroïne, cocaïne, …) et l’un d’entre eux d’addiction dès l’âge de 11 ans.
  • Des informations sur les missions périphériques complémentaires de l’association m’ont permis de comprendre l’importance des deux épiceries sociales implantées en Ile-de-France pour l’aide auprès des plus démunis et sur la manière dont sont alimentées les résidents en produits alimentaires très variés (conserves, légumes, produits frais, surgelés, …) ;
  • Les actions de prévention de l’associationqui sont menées tant en milieu éducatif qu’en entreprise.
    Ainsi, l’établissement le plus ancien d’EDVO, fonctionne avec une équipe pluridisciplinaire sur une méthode d’accompagnementutilisée principalement dans les Pays anglo-saxons, inspirée du « Modèle Minnesota ».
  • Elle assure une prise en charge globale associant le thérapeutique, le social, les changements de comportement fondés sur l’abstinence de tout produit psychoactif, l’autogestion des émotions, la préparation à une autonomie durable avec
    réinsertion sociale et l’accès au logement individuel.

  • L’EDVO s’est entouré de partenaires partageant les mêmes objectifs et a mis en action des missions complémentaires permettant de fonctionner avec un coût de journée de 27€ par personne, avec un autofinancement sur la moitié de ce coût
    « toujours compliqué à maintenir cependant en 2023 ».
    Ce modèle est transposable sur tout le territoire et correspondant aux besoins d’au moins un tiers des demandeurs de cure (alcooliques, polytoxicomanes, pharmacodépendants).

  • Il est à noter que le taux de faible rechute(75 % retrouvent une autonomie durable sans retour à une addiction).L’EDVO fait donc réaliser à nos institutions des économies importantes, mesurables, comparativement au coût de
    l’accompagnement des victimes d’addictions, soit sous traitement de substitution (buprénorphine, méthadone, médicaments, …), soit pris en charge dans une salle de consommation à moindre risques.L’abstinence de tout produit psychotrope, avec ce
    type d’accompagnement, comportant de plus un hébergement préparant à l’autonomie, sauve de nombreuses vies chaque année. Elle procure un confort de vie qui a beaucoup d’attrait pour tous ceux qui souhaitent suivre ce cheminement vers le
    rétablissement.

  • Conclusion
    Nous avons été surpris et favorablement impressionné : non seulement par la pertinence te la qualité du dispositif mis en place dans le cadre de la prise en charge globale et intégrée d’une addiction, jusqu’à la réinsertion à la fois sociale et professionnelle ; mais également par un coût de fonctionnement extrêmement contraint d’une telle structure, qui complète utilement les dispositifs de prise en charge médicale hospitalière.

Ce modèle très respectueux de l’humain et très économique, qui a fait ses preuves, devrait être davantage soutenu par nos institutions sanitaires en charge des addictions.

Quand l’exemple vient « d’en haut » !!

Consommation de drogue : le prince Harry dans le viseur des autorités américaines

LINFO.RE

Une commission publique américaine se penche sur les récentes révélations du prince Harry dans ses mémoires chocs, ‘Le Suppléant’, notamment ses abus de drogue quand il était plus jeune.

« Être différent »

Dans son livre ‘Le Suppléant’, le prince Harry règle ses comptes avec la famille royale. Il a notamment révélé avoir eu une violente altercation avec son frère William, et a qualifié sa belle-mère Camilla Parker-Bowles de « dangereuse et méchante ». Par ailleurs, l’époux de Meghan Markle a aussi révélé dans ce livre avoir consommé diverses drogues dans sa jeunesse.

Il a notamment confié quant à sa consommation de cocaïne et d’un hallucinogène : « ce n’était pas très amusant, ça ne m’a pas rendu particulièrement heureux, mais ça m’a fait me sentir différent, et c’était mon objectif principal, se sentir, être différent ». Comme le relaie le magazine Voici, ces révélations ont interpellé une commission publique aux États-Unis, qui a demandé aux autorités d’immigration américaines de révéler le questionnaire du prince Harry lorsqu’il est arrivé aux USA, informe le Daily Mail.

Le prince aurait-il menti ?

Il faut savoir qu’aux États-Unis, les visiteurs doivent remplir un questionnaire sur lequel figure notamment cette question : « Avez-vous déjà été un consommateur de drogues ou un addict ? ». Le prince Harry pourrait donc être amené à s’expliquer devant la justice américaine s’il avait menti sur le formulaire et aurait pu voir son immigration refusée.

Mais cette affaire pourrait bien cachée autre chose. En effet, la présidentielle américaine approche et le couple Harry/Meghan est très proche de Barack Obama et de grandes figures démocrates. Les Républicains conservateurs, eux, mettent l’immigration au centre du débat politique, et ils pourraient chercher à embarrasser leurs adversaires.

Ces pays où l’alcool est vendu à des prix astronomiques

En cette période d’inflation, intéressons-nous au prix de l’alcool, que ce soit le pays où il est le plus cher, le moins cher, mais aussi à l’alcool le plus cher au monde.

Par Martin Lemaire

pays alcool prix
Ces pays où l’alcool est le plus cher. Adobe Stock / SDP

De manière synthétisée, quelques paramètres conditionnent le prix moyen de l’alcool dans un pays. Premièrement, le niveau de vie : plus il est bas, moins l’alcool est cher. Mais il ne s’agit pas d’une règle infaillible, car il convient également de prendre en compte l’accès à l’alcool, parfois réglementé par des questions religieuses ou soumis à une taxation particulière. La production – ou à défaut l’importation – des matières premières (blé, orge, raisin, etc.) entre évidemment par ailleurs en compte.

» À LIRE AUSSI : Fin 2023, les vignerons devront mentionner la valeur nutritionnelle des vins sur l’étiquette

Quel est le pays où l’alcool est le plus cher ?

C’est le Bahreïn qui remporte la palme du pays où s’offrir un verre représente la plus grosse dépense. Non pas car le coût de la vie y est exceptionnellement élevé, mais bien parce que le gouvernement limite drastiquement l’accès à l’alcool. À l’image de ce que l’on a pu voir au Qatar pendant la Coupe du monde de football, l’achat de boissons alcoolisées est très encadré et les taxes sont très élevées.

Une étude publiée en 2020 par la Banque mondiale et relayée par le site Quartz montre que le prix de l’alcool au Bahreïn était 345 % plus élevé par rapport à la moyenne mondiale. La suite du top 5 : les îles Turques-et-Caïques (+176 %), l’Iran (+175 %), l’Islande (+150 %) et Singapour (+143 %).

Quel est le pays où l’alcool est le moins cher ?

Tout en bas de ce même classement, on retrouve l’Azerbaïdjan, où l’alcool coûte en moyenne 58 % moins cher par rapport à la moyenne des autres pays du globe. Pour profiter d’un verre à bas prix, le Kirghizstan reste très avantageux (-57 %), tout comme l’Ukraine (-54 % ), le Kazakhstan (-54 %) ou la Biélorussie (-50 %).

Quel est l’alcool le plus cher au monde ?

Il est difficile de désigner un alcool comme étant le plus cher au monde, car le prix dépend de bien des facteurs. Il est également convenu que le coût d’une bière peut difficilement être corrélé à celui d’un vin, ou encore d’un spiritueux. Enfin, certains alcools sont vendus à des prix extrêmement élevés, mais cela se justifie principalement par le contenant, tantôt serti de diamants, tantôt dessiné par un designer aux prestations chèrement tarifées.

S’il faut élire l’alcool le plus cher au monde dans la catégorie des spiritueux et des liqueurs, citons la bouteille de limoncello produite il y a une dizaine d’années par la distillerie Russo, en Campanie. Aucune différence n’est à noter concernant le breuvage, mais la bouteille est ornée d’un diamant de 18,5 carats, comme le rapportait le site Gentside en 2011. Seules deux éditions ont été confectionnées, dont une vendue au prix de 30,6 millions d’euros. Par ailleurs, la bien nommée Billionaire Vodka, vendue 3,7 millions de dollars, met quant à elle davantage l’accent sur le produit en lui-même. Commercialisée par le groupe Leon Verres, cette vodka est distillée à partir de blé pur et d’eau de source de montagne selon une recette historique de l’époque des tsars russes, comme le revendique le site officiel. À ce prix-là, le (riche) acquéreur peut contempler l’étiquette en or… Mais aussi se préparer quelques Bloody Mary.

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Cannabis et sommeil

Cocaïne : « L’imagination et les moyens des trafiquants sont sans limites »

Propos recueillis par Hervé Chambonnière le 25 mars 2023 à 06h00

En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne.
En France, Le Havre est la principale porte d’entrée de la cocaïne. (Illustration Lionel Le Saux)

Directeur exécutif adjoint d’Europol, l’agence européenne de coopération policière, le général français Jean-Philippe Lecouffe analyse pour Le Télégramme les ressorts de l’explosion du trafic de cocaïne, jusque dans les ports bretons, et de la lutte contre les réseaux criminels. Avec une alerte au risque fentanyl pour l’Europe.

Europol a encore récemment fait tomber plusieurs réseaux internationaux de stupéfiants, avec leurs têtes. Partout en France et en Europe, les saisies sont pourtant en hausse, la production aussi en Amérique latine, et on voit apparaître, même en Bretagne, des interceptions (180 kg à Lorient, et à Brest) jamais constatées auparavant. Est-ce anecdotique ou une tendance de fond ?

Les principaux ports d’arrivée de la cocaïne en Europe sont situés au nord : Anvers, Rotterdam, Hambourg… En France, Le Havre est la principale porte mais on constate une augmentation du trafic sur le port de Marseille.

Dans les ports des Balkans aussi. En fait, les trafiquants cherchent toujours à diversifier les entrées, et tentent donc de passer partout où des conteneurs arrivent. Ils testent les sites qui leur paraissent moins contrôlés. Mais, pour ceux-là, on n’est pas à la même échelle.

Les trafiquants privilégient les ports où la masse des flux est telle – on parle de millions de conteneurs par an – que leurs cargaisons ont peu de risque d’être contrôlées. La drogue y passe en tonnes. De mémoire, le record en une saisie doit s’élever à 9 ou 11 tonnes. L’unité de compte pour les grandes organisations criminelles, c’est la tonne. Europol travaille précisément sur ces réseaux.

Source

Trafic de drogue : trois personnes sont mortes à Marseille

Dans la nuit du 2 au 3 avril, trois personnes ont perdu la vie à Marseille (Bouches-du-Rhône). La cité phocéenne a été le siège d’une série de fusillades sur fond de guerre de territoire.

Rarement Marseille (Bouches-du-Rhône) avait connu une nuit aussi violente que celle du dimanche 2 avril. Deux hommes d’une vingtaine d’années sont morts au cœur de la cité du Castellas. Ils se tenaient devant des commerces quand ils ont été visés, depuis une voiture, par des tirs d’armes de guerre. Eddy Sid, policier et membre du syndicat FO, décrit : « Ils ont essayé de prendre la fuite, malheureusement, ils ont été suivis. Certains ont été achevés à bout portant. D’autres ont essayé de fuir en véhicule et ils ont été rafalés à l’intérieur de leur véhicule. » 

Une dynamique de vendetta 

Lundi 3 avril, au matin, la plupart des habitants du quartier sont bouleversés par ce qui s’est passé. Cette première fusillade au Castellas, à 23h30, a été suivie d’une deuxième dans le quartier des Aygalades, où quatre autres personnes ont été blessées. Le dernier acte a eu lieu dans le quartier de La Joliette, une heure plus tard.

Cette fois, les tirs ont visé un groupe de trois adolescents, tuant un jeune de 16 ans. La préfecture de police évoque une dynamique de vendetta chez les trafiquants de drogue, qui se partagent le même territoire. Depuis le début de l’année, 13 personnes ont été tuées par balles à Marseille sur fond de trafic de drogue. 

Source  (voir la vidéo)

Quelles conséquences de la banalisation des drogues ?

ECOUTER l’EMISSION (39′)

La dernière enquête de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances addictives relève une baisse de l’usage des drogues chez les jeunes, mais aussi leur banalisation généralisée. Tous les territoires et tous les milieux sociaux et professionnels sont concernés : quelles conséquences ?

Avec

  • Julie Dupouy médecin généraliste et addictologue à Pins-Justaret et professeure des universités à l’université de Toulouse
  • Marie Jauffret-Roustide Sociologue et chercheuse au centre d’étude des mouvements sociaux à l’INSERM. Membre du comité scientifique de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies.
  • Julien Morel d’Arleux directeur de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives

Les quotidiens régionaux sont des fenêtres ouvertes sur une réalité longtemps sous-estimée en France : celle de la généralisation de la consommation de drogue dans l’ensemble du pays.

Le cannabis bien sûr, mais aussi la cocaïne et son dérivé, le crack, l’héroïne, la MDMA-ecstasy et les autres d’orgues de synthèses ne sont plus des marchés restreints aux grandes métropoles mais ont pénétré le tissu social en profondeur.

En revanche, la consommation de chacune de ces substances évolue au fil du temps comme le montre la récente enquête de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances addictives qui note que la consommation du cannabis a baissé chez les jeunes tandis que la consommation de poppers avait bondi dans ces mêmes tranches d’âge.

Pour en débattre, Emmanuel Laurentin reçoit Julie Dupouy, médecin généraliste et addictologue à Pins-Justaret et professeure des universités à l’université de Toulouse ; Marie Jauffret-Roustide, sociologue et politiste, chercheur à l’Inserm, au Centre d’Etudes des Mouvements sociaux, coordonne le programme « Sciences sociales, drogues et société » à l’EHESS ; Julien Morel d’Arleux, directeur de l’Observatoire Français des Drogues et des Tendances Addictives.

Marie Jauffret-Roustide s’intéresse à l’exemple de la cocaïne : « c’est le produit avec l’augmentation la plus importante sur ces dix dernières années, mais la proportion de Français qui ont expérimenté est dix fois moins importante, la cocaïne est encore un produit de niche ». Elle insiste sur l’image festive du produit : « quand on commencer à consommer, on a pas le sentiment de dangerosité et que ça peut mener à la dépendance, là où l’héroïne est directement associée au VIH ou aux junkies ». Plus généralement, elle remarque que le développement de la consommation de drogues, particulièrement en milieu rural, est lié à des facteurs sociaux comme « la crise économique, le désespoir de certaines populations ». Si le parallèle avec la situation américaine peut sembler évidente, la France n’a pas les mêmes caractéristiques : « sur les opiacés, en France a été créé un véritable encadrement, l’agence nationale du médicament lutte contre les conflits d’intérêts, et on a interdit la publicité ».

« Sur la période 2014-2017, il y a une augmentation du nombre d’usagers, notamment sur la cocaïne » complète Julien Morel d’Arleux, « mais pas d’augmentation des expérimentateurs : le produit est plus disponible donc des gens qui connaissaient déjà l’ont reconsommé ». Les études menées par l’OFDT montrent la pénétration de l’usage des drogues dans le tissu géographique, jusque dans les zones rurales : « il y a une offre de stupéfiants sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées qui permettent de convenir d’un rendez-vous avec un dealer qui va aller dans les villages pour un certain nombre de clients par exemple ». Par conséquent, Il faut traiter la question de l’accessibilité des drogues, selon lui, même si la banalisation n’est pas totale : « le regard que portent les Français sur les drogues ne montre pas de banalisation, que ce soit sur la cocaïne ou l’héroïne, il n’y a pas d’évolution ».

Pour Julie Dupouy, il y a bien une banalisation de l’usage des drogues : « les patients utilisent plutôt de façon festive au début, surtout parmi les adultes entre 25 et 40 ans, c’est un usage occasionnel ». Le problème de l’addiction se pose ensuite, « quand on est plus dans une relation indépendante, quand on n’a plus maitrise de l’usage ». Elle alerte sur la perception des dangers liés aux drogues : « les gens ont une bonne perception des risques, mais on envisage moins le risque direct pour soi-même et les patients sont toujours surpris quand ils tombent dans l’addiction ». C’est un chantier de « dénormalisation » qu’elle appelle à engager, « si on y arrive sur le tabac, il y a encore un effort important à faire sur l’alcool ».

Source Radio France

Vancouver, laboratoire de la drogue légale

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Dépénaliser l’héroïne, la cocaïne, les opiacés… C’est l’expérimentation, observée à la loupe dans le monde entier, qu’a lancée la province de Colombie-Britannique. Toute personne de plus de 18 ans peut y posséder jusqu’à 2,5 grammes de substances illicites.

Par Philippe Boulet-Gercourt publié le 01 avril 2023

Temps de lecture 8 min

Ça sent bon, au Coca Leaf Cafe. La lumière est douce, les serveuses souriantes et sympas, et le thé aux feuilles de coca, délicieux. Pour atteindre le bar, à droite, il faut contourner les trois ou quatre personnes qui font invariablement la queue devant un autre comptoir, comme dans un bureau de tabac. Sauf qu’elles ne viennent pas faire le plein de clopes. Elles repartent avec leurs sachets de champignons hallucinogènes, leurs flacons de LSD ou leurs feuilles de kratom, une plante inscrite en France sur la liste des psychotropes. On peut payer par carte de crédit et emporter, si on le souhaite, une brochure explicative pour chaque produit (« Si vous n’avez pas consommé de kratom auparavant, mieux vaut commencer par une dose de 2 milligrammes »).

Unique au monde ? Sans doute. Légal ? Certainement pas. Mais pour l’heure, toléré. Dana Larsen, le patron, n’est pas un dealer de drogue. C’est un activiste connu, et il le prouve en nous emmenant visiter à deux pâtés de maisons un autre endroit sans équivalent dans le monde, financé par les profits du Coca Leaf Cafe : « Get Your Drugs Tested » (« Faites tester vos drogues »), une échoppe où n’importe qui, gratuitement, apporte ses stupéfiants pour savoir s’ils comportent des substances comme le fentanyl, les benzodiazépines (anxiolytiques), le LSD…

Il existe d’autres sites de test par spectromètre, mais celui-ci détient le record du nombre d’échantillons analysés, plus de 40 000 à ce jour, les usagers pouvant pousser la porte du labo ou envoyer par courrier leurs drogues depuis tout le Canada.

Bienvenue dans le laboratoire mondial de la came ! Vancouver vient encore de le prouver, avec une mesure lancée par son précédent maire et reprise par toute la province de Colombie-Britannique : la dépénalisation des drogues dures (après avoir déjà autorisé la consommation de cannabis il y a cinq ans).

Depuis le 31 janvier, toute personne âgée de 18 ans et plus peut posséder légalement jusqu’à 2,5 grammes de substances illicites, y compris la cocaïne, les opioïdes tels que l’héroïne, la méthamphétamine et l’ecstasy. Les propriétaires ne sont plus arrêtés, leur drogue n’est plus saisie. La police distribue à la place des dépliants contenant des suggestions de traitement. Dans le monde, seuls le Portugal et l’Etat de l’Oregon aux Etats-Unis ont mis en place une législation similaire.

Pour comprendre l’origine de cette mesure, il faut sortir du Coca Leaf Cafe et remonter Hastings Street vers l’ouest, sur quelques centaines de mètres. C’est là que se trouve le cœur de Downtown Eastside, un quartier regroupant des milliers de drogués, hallucinante cour des miracles jalonnée de centaines de tentes de SDF.

C’est de ce concentré de misère humaine et de vies ravagées qu’est partie l’étincelle de la dépénalisation, venant d’activistes comme Garth Mullins, de l’association Vandu (Vancouver Area Network of Drug Users, ou « réseau de consommateurs de drogues de la région de Vancouver »).

« Nous nous battons pour la dépénalisation depuis une éternité, dit ce militant qui a joué un rôle clé dans cette première expérience de dépénalisation. A chaque fois, nous avons obtenu des réformes en tordant le bras du gouvernement. La pandémie de Covid a fait progresser les choses, nous avons continué à militer et soudain, un espace s’est ouvert, une opportunité politique. Il faut dire que la crise était tellement violente… »

Urgence de santé publique

Paul s’en souvient. Infirmier de soins d’urgence, il intervient sur les overdoses, le plus souvent dues au fentanyl, susceptible de stopper la respiration. « Vous avez dix minutes pour la faire repartir. Dès la sixième minute, il peut commencer à y avoir des dégâts cérébraux. » Paul est armé de naloxone, une sorte d’antidote qui permet souvent à la personne de « redescendre ». Mais pas toujours. Et face aux benzodiazépines, il n’existe aucun antidote. « Au début du Covid, je voyais mourir deux personnes par semaine. Il y en a même eu quatre, une semaine. » Paul n’a pas craqué, malgré des astreintes de douze heures où il ne cesse de courir d’une overdose à l’autre, mais il consulte de temps à autre un psychothérapeute

Depuis qu’en avril 2016 la Colombie-Britannique a déclaré l’épidémie d’opioïdes comme une urgence de santé publique, la province a enregistré plus de 11 000 morts par overdose, dont 2 272 pour la seule année 2022, soit plus de 6 morts par jour. Dans 82 % des cas, le fentanyl, initialement commercialisé par les laboratoires pharmaceutiques comme antidouleur et devenu l’objet d’un trafic massif, était impliqué. . . « A la fin des années 1990, un décès quotidien aurait été considéré comme une crise, se souvient Dana Larsen. Aujourd’hui, on regarderait un tel chiffre comme un vrai succès. »

Face à de tels ravages, Bonnie Henry a été l’une des premières, parmi les autorités, à suggérer la dépénalisation. Chargée de la santé pour la Colombie-Britannique, cette femme qui n’appartient pas au cénacle politique est devenue une icône nationale pour son rôle pendant la pandémie de Covid. Avant même l’arrivée du virus, en 2019, elle publie un rapport proposant de décriminaliser la possession de drogues pour usage personnel. « Le gouvernement provincial a rejeté mon rapport, il n’était pas prêt à s’engager sur cette voie, raconte-t-elle. Mais pendant la pandémie, la situation s’est nettement aggravée, du fait notamment de l’isolement des personnes, et le gouvernement a changé d’attitude. »

C’est la ville de Vancouver qui donne le coup d’envoi. Elle est la première à négocier avec le gouvernement fédéral l’autorisation d’expérimenter la dépénalisation. « Un jour de la fin 2020, raconte Kennedy Stewart, le maire de l’époque, la ministre fédérale de la Santé m’a téléphoné et m’a dit : “J’ai travaillé avec mon équipe et nous pensons que la ville pourrait demander la dépénalisation des drogues. Etes-vous prêt ?” “Et comment !” J’ai présenté une motion au conseil municipal, qui l’a adoptée. »

Attention : il ne s’agissait pas, et il ne s’agit toujours pas, de légaliser les drogues dures mais de réduire le nombre de morts, en limitant les comportements dangereux et en améliorant le travail de la police. Empêcher qu’un usager se cache de tous pour risquer de mourir seul chez lui. Empêcher qu’un(e) drogué(e), une fois sa came saisie, ne soit forcé(e) à un acte immédiat de prostitution (une industrie qui emploie de 7 000 à 10 000 personnes à Vancouver), ou tout autre crime. Empêcher que les flics passent leur temps au jeu dérisoire du chat et de la souris. Empêcher la stigmatisation sociale, source de rejet et de problèmes pratiques sans fin pour les drogués.

Un projet qui effraie

Son administration étant visiblement effrayée par le projet, le maire embauche Kora DeBeck, une chercheuse qui connaît le sujet sur le bout des doigts.

« La seule chose qu’il nous fallait absolument était le soutien de la police, poursuit l’ex-maire. Si elle disait non, c’était fini. Je ne m’entendais pas très bien avec leur syndicat, mais bizarrement j’avais de bons rapports avec leur chef. C’est à cause de lui que le seuil de possession a été fixé à 2,5 grammes. C’était une sorte de marché. » Imparfait, comme toute négociation, mais il fallait agir à tout prix.

« Kennedy Stewart a été très courageux, dit Garth Mullins, il a perdu sa campagne de réélection l’an dernier face à un candidat “loi et ordre” en partie à cause de cela. » Mais le seuil de possession de 2,5 grammes est considéré comme bien trop faible par presque tous, les stupéfiants étant souvent détenus en plus grande quantité. « Nous avions des données sur la consommation quotidienne de drogue, explique Kora DeBeck, l’universitaire recrutée comme consultante. C’était bien plus que 2,5 grammes, une de mes étudiantes estimait le montant à 15 grammes. »

Surtout, « la dépénalisation ne change rien à la toxicité des drogues », explique Ryan Maddeaux en s’allumant une pipe d’héroïne (il a replongé en 2020, quand il n’a pu trouver de calmants pour une rage de dents en plein Covid). Il est bien placé pour le savoir : volontaire chez Vandu, Ryan supervise une salle de shoot en sous-sol, équipée d’une bonbonne d’oxygène et de kits de naloxone. « Quand ça va mal, tu observes les détails, la poitrine qui bat trop vite, tu demandes : “Ça va, mec ?” »

Pour toute l’année 2022, la Colombie-Britannique a déploré un seul décès par overdose dans une salle de shoot. Le quartier de Downtown Eastside, que certains ont rebaptisé « Zombieland », ne représente d’ailleurs que 14 % des morts par overdose de la province. La plupart surviennent à l’intérieur des logements, souvent dans des familles « normales ».

L’expérimentation de la Colombie-Britannique commence tout juste. A ce premier stade, modeste, elle est quand même un big deal, un sacré changement de direction. « Pour moi, l’importance de cette loi tient à deux choses, analyse Bonnie Henry. Premièrement elle stipule que l’on n’est pas un criminel parce qu’on se drogue. Cela peut sembler simple mais c’est extrêmement important. Les consommateurs de stupéfiants me disent constamment que, lorsqu’ils s’adressent au système de santé, ils ne sont pas bien traités, les gens leur disent qu’ils sont des drogués et que c’est une infraction pénale. »

Ensuite, poursuit-elle, la police n’a plus à se demander sans cesse comment agir : « Les policiers m’ont parlé de leur crainte de voir leur responsabilité engagée s’ils ne saisissent pas ces substances et si la personne consommatrice meurt ensuite d’une overdose. » Pour Bonnie Henry, comme pour beaucoup d’autres, cependant, la suite logique de l’évolution amorcée serait une légalisation contrôlée, comme cela a été le cas pour l’alcool, le tabac ou maintenant le cannabis.

Il existe un autre scénario possible : un retour de bâton. Fin décembre, Pierre Poilievre, le leader de l’opposition conservatrice au Premier ministre canadien Justin Trudeau, poste une vidéo de lui devant un campement de SDF de Vancouver. L’épidémie de morts par overdose, lance-t-il, est le résultat « d’une politique délibérée des gouvernements libéraux et néodémocrates [Trudeau et ses alliés, NDLR] pour fournir des drogues financées par le contribuable, inonder nos rues avec ces poisons ». « Mais il existe des solutions, ajoute-t-il, nous savons ce qui fonctionne. » Lesquelles ? « Consacrer nos ressources au renforcement de nos frontières pour empêcher l’entrée dans le pays des ingrédients précurseurs qui entrent dans la fabrication de ces drogues. »

Une guerre illusoire

Bon courage ! A la mi-mars, à Vancouver et dans sa banlieue, la police fédérale a arrêté quatre individus et saisi une cache massive de précurseurs chimiques capables de produire 262 millions de doses de fentanyl à 2 milligrammes, un seuil potentiellement mortel, et 3 millions de doses d’ecstasy. Sur l’un des sites, la police a découvert un système de pressage de pilules susceptible d’en produire… 60 000 par heure. Pour une opération démantelée, combien d’autres restent opérationnelles ? « Trois types dans un labo, comme dans “Breaking Bad” [une série américaine sur un business de stupéfiants, NDLR], c’est facile », résume Dana Larsen.

La « guerre contre la drogue » n’a jamais marché, mais avec le fentanyl, elle devient encore plus illusoire. Quand on demande à Garth Mullins s’il pense que la France, jusque-là relativement épargnée par cet opioïde, puisse se retrouver touchée, il n’hésite pas : « “Fuck yeah”, c’est garanti ! Mais vous avez la chance de pouvoir vous inspirer de ce qui se passe ici, de combattre cette crise avant qu’elle ne devienne massive. » « Cela va vous tomber dessus », confirme Kennedy Stewart, l’ex-maire.« Quelqu’un m’a dit un jour qu’une seule grande enveloppe pouvait contenir 50 000 doses de fentanyl. Imaginez que cette enveloppe arrive à Marseille. C’est tellement moins cher à produire, pourquoi s’embêter à cultiver du pavot en Afghanistan ? »

Voilà pourquoi l’Europe, comme le reste du monde, observe de près l’expérience de la Colombie-Britannique. « Je reviens tout juste de Vienne, où j’ai participé aux travaux de la Commission des Nations unies sur les stupéfiants, confie Bonnie Henry. Oui, on nous observe au microscope. » Plutôt que de parler de laboratoire, Kennedy Stewart préfère une image empruntée au cinéma, à « Casablanca », ce film américain sur la rédemption d’un propriétaire de tripot, où la fumée de cigarette de Humphrey Bogart se noie dans le brouillard qui baigne l’aéroport : « Vancouver, dit-il, est le “Casablanca” de l’Amérique du Nord. »

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