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Qu’est-ce que la Monkey Dust, cette drogue très addictive qui émerge en France ?

Par Juliette Vienot de Vaublanc Publié le 5 juin 2025

L’Agence de l’Union européenne sur les drogues a appelé jeudi 5 juin 2025 les pays du continent à la « vigilance » face à la menace que représentent les cathinones synthétiques, catégorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.
L’Agence de l’Union européenne sur les drogues a appelé jeudi 5 juin 2025 les pays du continent à la « vigilance » face à la menace que représentent les cathinones synthétiques, catégorie dont fait partie la Monkey Dust. Photo d’illustration.  dejah_thoris / stock.adobe.com

Une des premières saisies de Monkey Dust en France a eu lieu il y a quelques semaines en Seine-Saint-Denis, d’après des informations du Parisien. Cette drogue de synthèse, dont les effets s’approchent de ceux de la cocaïne ou de la méthamphétamine, a causé de gros dégâts au Royaume-Uni ces dernières années.Partager

Déjà bien implantée chez certains de nos voisins, la Monkey Dust (« poussière de singe ») gagne du terrain dans l’Hexagone. L’une des premières saisies de cette drogue de synthèse a eu lieu en Seine-Saint-Denis il y a quelques semaines, d’après les informations du Parisien. Ce jeudi 5 juin, l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) a appelé les pays européens à la « vigilance » face à la « menace émergente » que représentent les drogues de synthèse, dont les cathinones, groupe dont fait partie la Monkey Dust.

De son nom scientifique méthylènedioxypyrovalérone (abrégé MDPV), ce produit particulièrement addictif se présente sous la forme d’une poudre blanchâtre qui peut être sniffée, fumée dans une pipe, avalée ou injectée. Il a commencé à être vendu comme drogue de synthèse en 2004 aux États-Unis.

Jusqu’à son interdiction dans le pays au début des années 2010, les consommateurs américains pouvaient acheter des produits étiquetés comme sels de bain et contenant du MDPV. Du fait de la méconnaissance de sa composition, la Monkey Dust a un temps été qualifiée de « drogue du zombie », avant que ce qualificatif ne désigne finalement d’autres drogues de synthèse, retrace l’Observatoire des drogues et des tendances addictives.

« Drogue de prédilection pour les personnes démunies »

La Monkey Dust a des effets comparables à ceux de la cocaïne ou des amphétamines : le produit agit comme un puissant stimulant et diminue la perception de la douleur pendant quelques heures. Mais au-delà de ses effets euphorisants, la MDPV provoque aussi des hallucinations, voire une sévère paranoïa, augmente l’agressivité et les comportements violents. Particulièrement addictive, cette drogue incite également à consommer toujours plus, au risque de l’overdose.

Autre caractéristique préoccupante : son faible coût. « Son prix est très bas, notamment comparé à d’autres drogues illicites, ce qui en fait une drogue de prédilection pour les personnes démunies dont les difficultés financières peuvent aggraver leur consommation », alerte le centre britannique de traitement des addictions sur son site.

L’arrivée de ce produit particulièrement addictif et peu cher en France a de quoi inquiéter au vu de la situation de certains pays étrangers. Dans le centre de l’Angleterre, la Monkey Dust constitue un véritable fléau autour de la localité de Stoke-on-Trent. Depuis que cette drogue de synthèse a commencé à s’y répandre, en 2018, plusieurs cas de consommateurs commettant des actes de criminalité ont été rapportés.

Dans une moindre mesure, la Belgique est également touchée. Après une vaste opération de saisie et d’arrestations, début 2024, le parquet de Flandre-Orientale a tenu à mettre en garde contre les « répercussions graves sur la santé physique et mentale » de la consommation de MDPV, même à petite dose.

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Une consommation quotidienne d’alcool augmente le risque de cancer du pancréas

Une étude associe la consommation quotidienne d’alcool à un risque accru de cancer du pancréas

Si l’alcool est connu depuis longtemps pour être cancérigène, le lien avec le cancer du pancréas n’était jusque-là que suspecté.

Une vaste étude vient de le confirmer.

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C’est quoi cette étude qui affirme que le vin blanc et le champagne réduisent le risque d’arrêt cardiaque soudain ?

Maïwenn Furic

dim. 11 mai 2025

FAKE OFF – Pour éviter le risque d’arrêt cardiaque soudain, d’autres facteurs comme une alimentation riche en fruits, ou un contrôle de sa tension artérielle, ont été mis en avant par cette étude.

Boire du vin blanc et du champagne serait bon pour la santé. C’est en tout cas le message qui circule sur les réseaux sociaux. Plus particulièrement, leur consommation diminuerait le risque d’arrêt cardiaque.

Une nouvelle qui réjouit les amateurs de ces boissons alcoolisées, et qui trouve son public, tout particulièrement en France. Mais d’autres se montrent plus méfiants en raison des nombreux dangers que représente l’alcool pour la santé.

FAKE OFF

Cette nouvelle provient d’une étude publiée le 28 avril dernier dans le Canadian Journal of Cardiology. Elle est la première à explorer de manière aussi large les liens entre des facteurs non cliniques et le risque d’arrêt cardiaque soudain.

L’étude a été menée sur plus de 500.000 personnes adultes d’âge moyen à avancé, au Royaume-Uni, durant plusieurs années. Elle conclut qu’entre 40 % et 63 % des cas d’arrêts cardiaques soudains pourraient être évités grâce à certains changements de mode de vie.

Alimentation riche en fruits, gestion de son poids, contrôle de sa tension artérielle…

Les chercheurs ont identifié 56 facteurs de risque non médicaux, qui vont de l’alimentation à l’humeur, mais en passant également par le cadre de vie ou bien le niveau d’éducation.

Et justement parmi ces facteurs les plus efficaces pour réduire ce risque : une alimentation riche en fruits, la gestion de son poids, le contrôle de la tension artérielle, et enfin, une consommation modérée de vin blanc ou de champagne.

Cannabis, cocaïne, kétamine… En France, la consommation de drogues progresse, sauf chez les jeunes

En France, la consommation de drogues illicites progresse dans presque toutes les catégories, et aussi au travail. Le cannabis reste de loin la substance la plus utilisée. Seule exception dans cette tendance inquiétante avec l’usage chez les plus jeunes qui recule.

Par Henrik Lindell

Publié le 14/05/2025 • Lecture 7 m

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 Illustration de l’usage de la cocaïne • HUGO AZMANI/MAXPPP

La tendance est bien documentée depuis plus d’une décennie : la consommation générale des drogues augmente en France. Et avec elle sa cohorte d’horreurs, de vies détruites, de violence meurtrière et de corruption. Ainsi le fléau du narcotrafic dont « la France est submergée », selon le rapport de la commission d’enquête sénatoriale publié en mai 2024 et porté par les sénateurs Jérôme Durain (PS) et Étienne Blanc (LR).

Ce document de 600 pages constitue la base de la loi votée par l’Assemblée nationale le 29 avril 2025 visant à « lutter contre le narcotrafic » et instaurant une série de mesures répressives, comme la création d’un parquet national anticriminalité organisée, le gel des avoirs des narcotrafiquants, l’interdiction des trafiquants de paraître dans leur quartier de deal, le durcissement du régime carcéral, etc.

Hausse de la consommation

L’avenir dira si cette nouvelle loi est une réponse adéquate contre un mal à l’égard duquel les politiques publiques semblent jusqu’alors impuissantes. À ce titre, les derniers chiffres clés publiés en janvier 2025 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), dont le rôle est d’éclairer les politiques publiques dans le domaine, offrent une lecture saisissante. À l’exception de l’héroïne, les produits illicites comme la cocaïne, l’ecstasy et différentes nouvelles drogues, dont la kétamine, enregistrent une forte croissance.

Prenons la cocaïne. Selon l’OFDT, 1,1 million de Français entre 11 et 75 ans avaient consommé au moins une fois la poudre blanche en 2023. Un chiffre qui justifie l’expression « tsunami blanc » utilisée dans le rapport sur le narcotrafic en 2024. En 30 ans, la proportion des Français utilisant ce produit au moins une fois par an a été décuplée en passant de 0,3 % de la population en 1992 à 2,7 % en 2023. Au total, un Français adulte sur 10 (9,4 %) a expérimenté la cocaïne au moins une fois au cours de sa vie contre 5,6 % en 2017. Cette évolution est la même pour l’ecstasy (ou MDMA) : en 2023, 750 000 Français l’ont utilisée au moins une fois.

Quant au cannabis, de loin la drogue illicite la plus consommée, son usage est toujours aussi conséquent et son usage, de plus en plus toléré, nombre d’élus français œuvrant d’ailleurs pour sa légalisation, voie déjà choisie par plusieurs pays (Allemagne, Canada, plusieurs États des États-Unis). Pas moins de 900 000 Français y ont recours quotidiennement et 1,4 million au moins 10 fois par mois, selon l’OFDT. Ce qui donne plus de deux millions de personnes dépendantes de cette drogue. Au total, la moitié des Français adultes ont déjà goûté au cannabis au moins une fois au cours de leur vie.

Davantage de drogues en circulation

L’OFDT explique cette expansion par plusieurs facteurs : l’offre, qui ne cesse de croître en quantité comme en qualité et de se diversifier grâce à la forte hausse de la production, elle-même stimulée par l’activité de plus en plus intense et perfectionné des réseaux criminels. C’est particulièrement le cas de la cocaïne, comme le résume le sociologue Clément Gérome, chargé d’études à l’OFDT : « Le produit est plus abordable et plus facile d’accès qu’à une époque et il est plus souvent consommé dans des contextes festifs, dans le cadre d’une sociabilité amicale. Pour des personnes qui n’ont jamais consommé, il y a désormais plus d’occasions de l’expérimenter. »

La vente, elle, a été grandement facilitée par Internet, le trafic des drogues s’étant largement « uberisé » : « À une époque, pour acheter, il fallait connaître des gens, rappelle Clément Gérome. Maintenant, il suffit de récupérer le compte d’un trafiquant sur un réseau social ou une messagerie instantanée et il vient vous livrer, où que vous soyez. »

Les nouveaux utilisateurs sont des hommes, surreprésentés pour tout ce qui concerne la consommation des drogues illicites, âgés en majorité de 25 à 44 ans. Le choix des produits consommés dépend d’abord du prix. Si la cocaïne à sniffer est devenue plus abordable, elle reste chère, puisqu’il faut débourser 66 € le gramme en moyenne. Ce coût est souvent considéré trop élevé par les jeunes consommateurs, qui préfèrent s’offrir un comprimé d’ecstasy pour 10 €. Les personnes les plus précaires, elles, utilisent surtout, et de plus en plus, du crack, substance composée de cocaïne « basée » avec du bicarbonate de soude, à fumer.

Pour une quantité moindre (un demi-gramme ou même moins), l’utilisateur obtient un effet psychostimulant violent, mais plus bref. « La fabrication du crack peut être faite par n’importe qui dans sa cuisine : on trouve même des tutos sur Youtube pour le faire. À part le Nord-Est parisien ou certains Dom-Tom, où la cocaïne est revendue déjà sous forme de crack, les usagers à Marseille, Bordeaux, Lyon, etc. le fabriquent ainsi eux-mêmes », précise Clément Gérome, qui a mené une étude de terrain sur le sujet. Les produits plus récents qui se développent en France attirent surtout une population dans la tranche d’âge des 25-34 ans. Ainsi la kétamine, à l’origine un anesthésiant, qui est consommé pour ses effets euphoriques et désinhibant.

Et un usage aussi au travail

Cependant, ces facteurs ne disent pas pourquoi les Français se droguent et surtout pourquoi ils le font de plus en plus. Notre pays serait-il plus mal en point aujourd’hui qu’hier ?

Avant d’esquisser une réponse, il faut rappeler qu’une société sans drogues, licites ou illicites, n’existe pas et n’a jamais existé. « Les drogues et les addictions sont inhérentes à notre société et aux citoyens et citoyennes qui la composent. Une société est ainsi confrontée à un double mouvement contradictoire : elle participe à leur développement tout en ayant la charge de leur régulation et de la gestion de leurs conséquences. », écrit Christian Ben Lakhdar, universitaire membre du collège scientifique de l’OFDT, dans Addicts. Les drogues et nous (Seuil, 2020).

Selon le psychanalyste et essayiste Jacques Arènes, « c’est tout simplement une tendance humaine de vouloir manipuler les états de conscience, par exemple en recherchant plus de plaisir ou pour s’apaiser. De ce point de vue, il n’y a rien de neuf ».

Fin observateur des mutations de la société, aux premières loges pour écouter les souffrances de ses patients dans son cabinet, il note cependant que quelque chose a changé ces dernières décennies : « La personnalité de base narcissique et hédoniste est plus présente qu’il y a 50 ans dans le monde occidental. Il y a une comme une injonction sociale à faire la fête, à prendre du plaisir, à rechercher plus d’intensité aussi. Je note également que plus on a du mal à vivre des expériences de base comme la relation humaine, le lien avec des gens, plus on a besoin d’intensité, de multiplier les expériences. Le fait que l’expérience commune est souvent vécue comme vide par nos contemporains pourrait en partie expliquer l’usage accru de produits psychostimulants, notamment ceux qui ont des effets désinhibants. »

D’autres psychologues et universitaires constatent aussi un nouveau phénomène préoccupant : la consommation accrue de drogues au travail, qu’il s’agisse de produits illicites, de psychotropes légaux ou de l’alcool. Marie Pezé, docteure en psychologie et spécialiste de la souffrance au travail et du burn-out, nous dit d’emblée : « Je ne connais personne qui ne prenne pas de psychostimulants de tout ordre dans le cadre de son travail… pour tenir. C’est la réponse à l’intensification et à l’accélération du travail en matière de demande d’objectifs inatteignables. De plus en plus de travailleurs sont sous antidépresseurs et anxiolytiques. On voit aussi de plus en plus de personnes prendre des drogues, notamment de la cocaïne, pratique fréquente chez les tradeurs, mais aussi chez certains ouvriers. Car partout il faut se doper pour tenir la cadence. »

D’après Marie Pezé, il est important de noter que « ce n’est pas l’alcool ou la drogue qui s’immisce au travail, mais le travail qui convoque l’alcool ou la drogue ».

Elle prend pour exemple ces infirmières qu’elle reçoit au sein de son cabinet : « Elles me le disent : “Je rentre à la maison épuisée, je surveille les devoirs, je prends un verre. Au bout de six mois, c’est la moitié de la bouteille et un pétard au canapé pour redescendre. Et le matin, ce sera des amphétamines piquées dans le service.” Le rythme de travail enclenche en effet un système d’hyperactivité compulsive dont on n’arrive pas à sortir. »

Un phénomène similaire est constaté chez les cadres supérieurs. « Depuis cinq ans, nous recevons en consultation de plus en plus de chefs d’entreprise, de directeurs d’hôpitaux, de directeurs d’administration, le top niveau. C’est donc la gouvernance qui craque alors que c’est elle qui a mis en place des organisations du travail très productivistes sans marge de manœuvre, sans autonomie. Ces personnes nous parlent de la perte du sens du travail. Dans leurs sphères, la cocaïne circule ouvertement. »

Les jeunes consomment moins

Il existe cependant une bonne nouvelle : les plus jeunes ne consomment pas de plus en plus de drogues. Au contraire, et Clément Gérome est formel : « Nous voyons une baisse de la consommation pour l’ensemble des substances des jeunes en dessous de 17 ans. Un seul chiffre : 9,2 % des jeunes avaient un usage régulier du cannabis en 2014. Ils n’étaient plus que 3,8 % en 2022. Et qu’il s’agisse d’alcool, de tabac ou de cocaïne comme de tout autre produit illicite, cette diminution est un fait. Les nouveaux usagers sont moins souvent recrutés parmi les jeunes que parmi les classes d’âge 25-44 ans. »

Selon le sociologue, cette tendance est facile à analyser. Pour l’alcool, le tabac et le cannabis, « c’est l’effet de 20 ans de politiques de dénormalisation de ces produits, comme l’interdiction de la consommation dans les lieux publics, l’augmentation importante du prix pour le tabac et le changement de représentation du fait de fumer, y compris pour le cannabis, assimilé à des choses négatives. Pour l’alcool, c’est l’effondrement de la consommation quotidienne qui joue ce rôle », qui évite toute accoutumance chez les jeunes.

Néanmoins, l’universitaire reconnaît volontiers qu’il ne sait pas pourquoi les jeunes consomment de moins en moins de drogues illicites. « Certes, les jeunes sont peu solvables et ils habitent souvent chez leurs parents, observe-t-il, ce qui complique l’usage de produits illicites. Mais cela ne suffit pas pour expliquer cette nouvelle tendance, dont on ne peut que se féliciter. »

Source

Le narcotrafic en France

« Légaliser le cannabis en France serait une erreur, voici ce qu’il s’est passé à l’étranger »

Courrier des lectrices et des lecteurs. « Les allégations des promoteurs de la légalisation du cannabis sont contredites par les statistiques. Dans les pays qui ont légalisé cette drogue, on a constaté une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. »

« Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique. » Ici, une opération anti-drogue de la police à Bellevue, près de Nantes (Loire-Atlantique), en 2020.

« Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique. » Ici, une opération anti-drogue de la police à Bellevue, près de Nantes (Loire-Atlantique), en 2020. | FRANCK DUBRAY / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Ouest-France Publié le 06/05/2025 

« La légalisation du cannabis revient de manière récurrente dans le débat politique, en arguant que cette mesure ne poserait aucun problème de santé publique. Or, c’est ne tenir aucun compte des nombreuses données médicales récemment publiées qui témoignent, au contraire des problèmes survenus dans les pays ayant procédé à la légalisation.

Les hospitalisations dues au cannabis ont augmenté de 12 et 22 % en Ontario et au Canada, où le cannabis récréatif a été légalisé en 2018. La proportion des automobilistes hospitalisés après un accident et positifs au THC (tétrahydrocannabinol, constituant psychoactif majeur du cannabisa doublé dans le pays. Le nombre de psychotiques a également triplé : les nouveaux cas de schizophrénie associés au cannabis sont passés de 3,7 % avant la légalisation à 10,3 % après légalisation. Chez les jeunes de 12 à 19 ans, le risque de développer des troubles psychotiques a été multiplié par onze.

« La consommation multipliée par vingt aux États-Unis »

Par ailleurs, les allégations des promoteurs de la légalisation sont contredites par les statistiques. C’est ainsi qu’il y a une augmentation et non une baisse de la consommation et un maintien du marché illicite. La consommation du cannabis a augmenté aussi bien au Canada qu’aux États-Unis.

Aux USA, le nombre de consommateurs a été multiplié par vingt, passant de 900 000 avant la législation (1992) à 17,7 millions après la législation. Quant au marché noir, il n’a pas disparu, le cannabis légal restant toujours plus cher que l’illégal, dénué de taxe. Il s’est réorganisé vers des drogues encore plus dangereuses.

Lire aussi : La légalisation du cannabis entraînerait-elle une hausse de la criminalité ? On vous répond

Ailleurs, il n’a pas été possible de fixer un taux minimal de THC dans le cannabis. En Uruguay, le taux de cannabis légal est passé de 2 % lors de la législation à 15 % aujourd’hui. Il est impossible de faire consommer du cannabis faiblement dosé à des utilisateurs habitués à des taux de 15 ou 20 %.

Légaliser le cannabis pour faire de la prévention chez les jeunes en insistant sur ses méfaits est illogique alors que permettre à un adulte de se le procurer librement rendra plus incitative sa consommation par les plus jeunes. Il convient donc de ne pas légaliser la consommation du cannabis en France, compte tenu de ses effets toxiques. Il faut au contraire instaurer des programmes de prévention et d’information sur les dangers de cette drogue, dès le plus jeune âge. »

La Lettre du C N P E R T (N°96)

Président Pr. J.-P. Goullé
S’il faut être attentif à l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il est majeur de nous préoccuper de l’état des enfants que nous lui léguerons

Editeur en chef Pr. J.-P. Tillement Mai 2025

EDITORIAL
Fin 2024, j’ai été contacté par les Cahiers français, revue bimestrielle gérée par la Direction de l’information légale et administrative (DILA), rattachée aux services du Premier ministre. Cette revue aborde les grands sujets qui nourrissent le débat public. Illustrés par des infographies et de nombreuses photographies, ses articles courts et ses fiches pratiques permettent de mieux comprendre les questions de société, d’économie et de politique.

Chaque numéro s’organise autour d’un dossier composé de six à huit articles qui analysent en profondeur une thématique. D’autres rubriques analyse d’une loi, d’une politique publique, points de vue de deux experts, éclairage sur une notion, un concept, traitement d’un événement historique et ses répercussions) complètent le numéro.

L’objet de la saisine du numéro 444 de mars-avril 2025 des Cahiers français, pour laquelle j’ai été sollicité, publiée dans cette lettre N°96 du CNPERT, rapporte le point de vue de deux experts à propos de la légalisation du cannabis : pour ou contre ?

Les deux experts sont chacun chargés d’exposer les arguments sur lesquels ils fondent et motivent leur avis en réponse à quatre questions. J’ai ainsi développé les raisons qui s’opposaient à la légalisation récréative du cannabis. Ce sont les réponses à ces quatre questions qui sont reprises dans cette lettre.

En effet, une telle légalisation serait une erreur sanitaire grave, ainsi que vient d’ailleurs de le rappeler l’Académie de médecine dans son récent communiqué*
Jean-Pierre Goullé

  • La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé
    publique –
  • Académie nationale de médecine, communiqué du 9 avril 2025.
  • Question 1 – Certains de nos voisins (Canada, Allemagne, Espagne, Portugal, Pays-Bas, Belgique,
    République Tchèque, Italie) ont opté pour un assouplissement de la législation concernant le cannabis.
    Quels bilans peut-on tirer de ces politiques ?
    Parmi les pays qui ont choisi de revenir sur la prohibition de la consommation de cannabis,
    certains en autorisent l’usage, d’autres l’ont dépénalisé voire légalisé, comme le Canada
    (2018) ou l’Allemagne (2024). Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions en ce qui
    concerne la politique allemande en la matière.

  • En santé publique, volet primordial à prendre en compte, rappelons que les nombreux
    troubles et maladies liés à la consommation de la drogue sont parfaitement connus et
    qu’aucun traitement médicamenteux ne permet de les prendre en charge (1). Une
    étude canadienne montre, de plus, que le risque de développer des troubles
    psychotiques est multiplié par onze chez les 12 à 19 ans (2). Des atrophies cérébrales sont
    aussi consécutives à sa consommation (3).

  • Les accidents du travail sont plus nombreux chez les 20 à 34 ans. Plus grave, le
    tétrahydrocannabinol, l’un des principes actifs du cannabis, peut toucher la descendance du
    consommateur en âge de procréer (1). Enfin la légalisation n’a pas permis de faire baisser
    les autres toxicomanies, au contraire. Le nombre de décès par opioïdes qui était au
    Canada de 107 par million d’habitants en 2017, a atteint 210 en 2021 (4). En outre, si la
    régulation du marché a fait diminuer la part illicite du cannabis, le trafic et l’usage de
    toutes les autres drogues se sont accrus.
    Concernant les coûts et méfaits de la consommation de cannabis, ils s’élèvent à 2,4
    milliards de dollars canadiens (4).
    Sur le plan économique, l’argument de la perception de nouvelles taxes, utilisées
    comme source de recettes fiscales, est d’abord discutable sur le plan de la
    déontologie politique : peut-on accepter des rentrées fiscales par la mise sur le marché
    d’un nouveau produit dangereux ? La perception de taxes sur le tabac et sur l’alcool,
    produits historiquement légaux, se justifie pour des motifs de santé publique, en
    permettant une baisse des usages attestée par toutes les expertises nationales ou
    internationales, mais elle ne se justifie pas pour de nouvelles drogues interdites. Les
    défenseurs de la légalisation du cannabis n’ont aucun modèle économique robuste sur
    lequel s’appuyer. En cas de régulation par l’État, les frais liés à la mise en place d’un
    dispositif public de culture, de transformation, de distribution et de contrôle du cannabis
    seraient considérables, et l’équilibre entre les gains et les coûts pour les finances publiques
    serait sans doute défavorable, si l’on ajoute en particulier les coûts sociaux, comme pour
    l’alcool et le tabac. Ainsi, au Canada, suite à la légalisation du cannabis, le bilan de 2018 à
    2022 montre que les taxes n’ont couvert que 37,2% du coût de fonctionnement du
    programme de réglementation du cannabis (5). Au Colorado, les taxes ne couvrent que
    25% des coûts de la légalisation.
    Pr Jean-Pierre Goullé

  • Références
    1- http://www.em-consulte.com/revue/LPMFOR/1/3 et http://www.em-consulte.com/revue/LPMFOR/1/4.
    2- McDonald AJ, Kurdyak P, Rehm J, et al. Agedependent association of cannabis use with risk of
    psychotic disorder. Psychol Med. 2024 Aug;54(11):2926-2936.
    3- Navarri X, Robertson DN et al. Cells and molecules underpinning cannabis-related variations in cortical thickness during adolescence. J Neurosci. 2024 Oct
    9;44(41):e2256232024.
    4- La stratégie canadienne sur les drogues + autres substances. L’approche du gouvernement du Canada à l’égard des méfaits liés à la consommation de substances et de la crise des surdoses. Santé Canada, octobre 2023.
    5- Rapport sommaire pour l’examen de 2021-2022 du cadre de recouvrement des coûts liés au cannabis.
    Santé Canada, août 2023. http://www.canada.ca > 2021- 2022-rapport sommaire.
    Question 2 – En quoi les politiques répressives actuelles sont-elles faillibles ?
    En France, le cadre de la politique de lutte contre les drogues illicites est, en effet, fixé
    par la Loi du 31 décembre 1970, qui déploie un arsenal juridique parmi les plus répressifs
    d’Europe. Mais, chacun sait – en premier lieu les réseaux criminels – qu’elle n’est pas appliquée ; affirmer que la France mène une politique répressive constitue donc une contrevérité. Dans une enquête conduite sur les pratiques judiciaires dans les pays de l’Union européenne, l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), devenu en juillet 2024 l’Agence de l’Union
    européenne sur les drogues (EUDA), a apporté la preuve de sa non-application.
  • En effet, l’OEDT constate que la France et les Pays-Bas sont les deux nations les plus
    laxistes des pays membres de l’UE en matière de sanctions pour la détention de grandes quantités de cannabis ou d’héroïne.
  • La figure montre les peines d’emprisonnement moyennes qui sont appliquées par les différents pays pour la possession d’un kg de cannabis ou d’héroïne (1) ; or quand il s’agit d’une telle quantité, ce
    n’est manifestement pas pour un usage personnel. L’Observatoire souligne
    également que les peines moyennes appliquées varient de manière considérable parmi les pays de l’UE.
    L’OEDT constate que, pour la possession d’un kg de cannabis destiné à la vente, la Grèce, la Slovaquie et la Lituanie, sont les plus sévères en matière d’application des peines, conduisant à une condamnation moyenne de dix ans de prison. Pour la possession d’une même quantité en France
    ou aux Pays-Bas, entre autres, les peines d’emprisonnement pouvant être suspendues, elles ne figurent pas sur ce graphique.

  • Ces trois pays qui appliquent les sanctions les plus sévères sont aussi parmi les plus « vertueux » en matière de consommation de cette drogue. Comme le montre le bulletin statistique 2024 de l’OEDT, la prévalence d’usage de cannabis, 20 jours sur 30, parmi les 15-64 ans est comprise entre 0,1 t 0,3%
    dans les trois pays cités ci-dessus ; alors qu’en France elle est près de dix fois plus élevée (1,8%) (2). Quant à la prévalence de cet usage parmi les 15-34 ans, elle est comprise entre 0,1 et 0,2% dans les trois pays ; en France, elle est près de vingt fois plus élevée (3,1%). Notons qu’avec
    respectivement 2,1% et 2,7%, ces pourcentages sont, aux Pays-Bas,comparables à ceux de la France. Il semble donc que la sévérité des sanctions influe sur les niveaux de consommation. Cette situation
    paradoxale, entre une loi répressive et sa non-application, a conduit nos députés à voter en 2018 la création d’une amende forfaitaire de 200 euros pour sanctionner l’usage illicite de stupéfiants. Apprenant que dans plus de la moitié des cas elle n’est pas réglée, le président de la République s’en est ému et a requis une plus grande rigueur, immédiatement contestée par un collectif
    d’associations favorables à la légalisation de toutes les drogues.
    Pr Jean-Pierre Goullé
    Références
    1- Rapport européen sur les drogues. Tendances et évolutions, 2017. Observatoire européen des drogues et des toxicomanies.
    https://www.euda.europa.eu/edr2017_en.
    2- Prevalence of drug use > frequency of cannabis use

All adults (aged 15-64). Agence de l’Union européenne sur les drogues.
https://www.euda.europa.eu/data/stats2023/gps_en#displayTable:GPS-552-1

Question 3 – Quels sont lesavantages et les inconvénients d’un assouplissement de la législation
concernant la consommation de cannabis ? Quels effets la dépénalisation ou plus encore la
légalisation du cannabis aurait-elle, concernant notamment la lutte contre le trafic illégal, le risque
sanitaire, l’effet sur la consommation des plus jeunes ?
Un « cannabis d’État » d’un coût dissuasif et modérément dosé en THC ne supporterait pas la concurrence avec celui proposé par les réseaux criminels qui, leurs revenus baissant,
commercialiseraient d’autres drogues.

Ils ont d’ailleurs déjà anticipé un éventuel manque à gagner, la cocaïne inondant massivement
l’Europe et la France. Avec les mêmes arguments que pour le cannabis, viendra la légalisation de toutes les drogues, comme en Oregon ou en Colombie Britannique, avec le résultat catastrophique que l’on connaît (triplement des overdoses mortelles entre 2019 et 2022, toxicomanes laissés dans la 4 rue, livrés à eux-mêmes…) qui impose à ces deux États de faire machine arrière.
L’usage du cannabis progresse partout où il est dépénalisé/légalisé. Aux U.S.A., sa
consommation quotidienne, chiffrée entre 1979 et 2022 (1), montre que le nombre des usagers quotidiens de cannabis a dépassé celui des usagers de l’alcool pour la première fois en 2022 ; ils sont 20 fois plus nombreux en 2022 qu’en 1992. Les niveaux de consommation sont corrélés à ceux de la
politique mise en œuvre, avec une baisse pendant les périodes où elle est répressive et une augmentation pendant les phases de politique libérale.
Les adultes abdiqueraient leur exemplarité vis-à-vis des jeunes.
Les adolescents ne consommant pas de cannabis le justifient par son interdiction et/ou sa toxicité. Légaliser annihilerait ces barrières ; vouloir interdire sa vente aux mineurs reproduira l’échec observé avec le tabac et l’alcool.

Le cannabis est six fois plus toxique que le tabac (qui tue 75.000 fumeurs par an) (2). Il est responsable d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux, et il multiplie par deux le risque de cancer
bronchopulmonaire.
Ses effets sur le cerveau ont des conséquences sanitaires multiples : frappant en période de maturation cérébrale (12 à 24 ans), le cannabis induit des psychoses, une vulnérabilité à la schizophrénie (100.000 cas
lui sont imputables), à l’anxiété, aux troubles dépressifs et suicidaires, aux déficits cognitifs, à l’altération du développement neuropsychique, à l’hyperactivité avec déficit de l’attention, aux toxicomanies. Il affecte la mémoire à court terme ─ qui permet de former une mémoire à long terme ─,
d’acquérir une culture. Consommé entre 12 et 19 ans, il a des effets particulièrement délétères. Drogue du syndrome amotivationnel, il participe à notre rang déplorable (27e) dans le classement du
programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Il incite à se tourner vers d’autres drogues et aux polytoxicomanies. Il est impliqué chaque année dans près de 600 accidents mortels de
la route
. Ses effets perdurent bien au-delà de la présence du THC dans l’organisme.
Induisant des modifications épigénétiques, il affecte l’expression de divers gènes, transmissible à la progéniture de ses consommateurs.
Notre insuffisance à gérer les méfaits de l’alcool et du tabac, nous interdit d’ajouter, aux drames que ceux-ci provoquent, ceux du cannabis. Sa légalisation serait une grave erreur et ses auteurs ne pourraient exciper du caractère imprévisible des méfaits qui surviendraient, car ils sont désormais connus.
Enfin, sa consommation va totalement à l’encontre de l’objectif « zéro tabac » visé par nos autorités.
Pr Jean-Pierre Goullé
Références

  1. Caulkins JP. Changes in self-reported cannabis use in the United States from 1979 to 2022. Addiction. 2024 Sept;119(9):1648-1652.
  2. Bonaldi C, Boussac M, Nguyen-Thanh V. Estimation du nombre de décès attribuables au tabagisme, en France de 2000 à 2015. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2019;15:278-284.
    Question 4 – Quel degré d’encadrement est, à vos yeux, la meilleure stratégie pour
    réguler la consommation et garder un contrôle sur les pratiques : répression plus ferme dépénalisation, comme solution intermédiaire ? autorisation de consommation du
    cannabis pour tout usage, récréatif et thérapeutique ? légalisation du cannabis pour un usage thérapeutique uniquement ?
    Pour les raisons exposées précédemment, il ne faut pas dépénaliser, ni légaliser l’usage de cannabis, mais maintenir son interdiction.
    La France doit enfin mettre en œuvre une politique ambitieuse pour limiter et réduire la consommation d’une drogue dangereuse 5 pour la santé, politique axée sur plusieurs volets :
  • dispenser une prévention précoce, portant sur les dangers des drogues, intégrée dans le système éducatif, depuis l’école primaire et jusque dans les structures d’enseignement supérieur. Rappelons, à cet égard, que l’OEDT a décerné un carton rouge à la France, le mauvais élève de l’Europe,
    dénonçant un grave déficit d’information en milieu éducatif, en raison du manque d’interventions fléchées dans les programmes ;
  • promouvoir des actions collectives de sensibilisation aux dommages multiples (sanitaires, sociaux et sociétaux) causés par les drogues, à destination prioritairement des parents, des femmes enceintes, des jeunes adultes, des professionnels de santé, des enseignants, des entreprises, et des milieux
    politiques ;
  • mettre en place des campagnes d’information, ciblant particulièrement les jeunes adultes en âge de procréer, sur les risques de transmission à la descendance de l’appétence aux drogues via des mécanismes épigénétiques ;
  • développer les programmes d’activités sociales, culturelles et sportives afin de limiter le risque de consommation de drogue, comme le démontre expérimentalement la
    capacité d’un environnement « enrichi » à réduire l’attrait pour les drogues ;
  • assurer une prise en charge médicale adaptée pour les sujets présentant une addiction ;
  • organiser en milieu éducatif un repérage médical de consommation de produits
    addictifs chez l’adolescent ;
  • maintenir une répression, pour limiter l’usage comme cela a été montré dans d’autres pays. L’idée selon laquelle les politiques répressives sont coûteuses et que la légalisation réduit l’usage et assèche le marché noir, en soulageant les forces de l’ordre et le système judiciaire, constitue une
    contrevérité. Malgré sa légalisation depuis 2016, la Californie reste « submergée » par des dizaines de milliers de fermes illégales.
    En 2024, jamais il n’avait été mobilisé autant de moyens policiers pour mener de vastes opérations de démantèlement et mettre un terme aux actions violentes du crime organisé. De surcroît, la légalisation présente le risque accru de consommation chez les jeunes et un accès facilité à d’autres drogues encore plus dangereuses.
    La légalisation de médicaments purs issus du cannabis est un fait non contesté. Elle fait suite aux essais cliniques conduits selon les règles en vigueur pour les deux spécialités qui ont bénéficié d’une autorisation de mise sur le marché (CBD pour l’un et CBD + THC pour l’autre). La prescription de cannabis dit «thérapeutique » est programmée en 2025, dans les cinq indications d’une
    expérimentation « d’exception » qui a cependant dérogé à toutes les exigences méthodologiques imposées à tout médicament, comme l’ont dénoncé dans un communiqué les Académies de médecine et de pharmacie.
    Pr Jean-Pierre Goullé
    Analyse d’article : « Brain Function Outcomes of Recent and Lifetime Cannabis Use ».(1)
  • Contexte et objectifs
    La généralisation de la légalisation du cannabis à l’échelle mondiale s’est traduite par une augmentation de sa consommation, accompagnée d’une augmentation de la concentration en THC dans les produits commercialisés. Malgré une perception souvent banalisée de ses effets, le cannabis
    n’est pas anodin et peut altérer durablement le fonctionnement cérébral. L’objectif de cette
    étude était d’examiner l’impact de sa consommation – à la fois récente et cumulée sur l’ensemble de la vie – sur l’activation cérébrale lors de diverses tâches cognitives.
    Pour ce faire, les auteurs se sont appuyés sur les données du « Human Connectome
    6
    Project », qui offrent un ensemble complet d’IRM fonctionnelles et d’informations sur l’usage de cannabis.
    Méthodologie
    Cette étude américaine transversale a inclus 1003 jeunes adultes âgés de 22 à 36 ans (âge
    moyen de 29 ans), dont 470 hommes et 533 femmes. Ils ont été classés en trois groupes
    en fonction de leur consommation au cours de leur vie :
  • non-utilisateurs : moins de 10 joints (73,4% de la cohorte)
  • consommateurs modérés : entre 11 et 999 joints (17,8%)
  • gros consommateurs : plus de 1000 joints, ou diagnostic de dépendance (8,8%)
    De plus, un test urinaire réalisé le jour même de l’examen IRM a permis d’identifier les
    consommateurs récents. La positivité y était définie par une concentration du métabolite
    THC-COOH supérieure à 50 ng/mL, indiquant une consommation au cours des 10 derniers
    jours.
    Les participants ont effectué sept tâches lors de l’IRM fonctionnelle, évaluant différents
    domaines cognitifs : mémoire de travail, traitement des récompenses, émotions, langage, fonctions motrices, raisonnement relationnel et théorie de l’esprit. Pour chacune de ces tâches, les chercheurs ont extrait l’activation moyenne des régions cérébrales activées par la tâche.
  • Des modèles de régression à effets mixtes ont été utilisés pour analyser les associations entre la consommation de cannabis (tant récente que cumulative) et l’activation cérébrale, tout en ajustant pour des variables démographiques et cliniques (âge, sexe, niveau d’éducation, revenu, consommation d’alcool et de nicotine, ainsi que l’âge du premier usage de cannabis).
    Résultats
    Ils ont révélé que l’usage intense de cannabis sur l’ensemble de la vie était associé à une
    diminution significative de l’activation cérébrale lors de la tâche de mémoire de travail. En particulier, les régions impliquées – l’insula antérieure, le cortex préfrontal médian et le cortex préfrontal dorsolatéral – présentaient une activité réduite chez les gros
    consommateurs par rapport aux nonutilisateurs. En ce qui concerne l’usage récent de cannabis, celui-ci a été associé à une baisse de l’activation cérébrale lors des tâches de mémoire de travail et motrices, ainsi qu’à une moins bonne performance comportementale. Cependant, ces associations n’ont pas été retrouvées aux corrections pour le taux de fausse découverte, suggérant que les effets aigus sont moins robustes ou plus variables que ceux liés à l’exposition cumulative.

  • Discussion et implications
    Ainsi, l’usage chronique et intense de cannabis est associé à une altération durable de l’activation cérébrale, en particulier dans des régions riches en récepteurs CB1, telles
    que le cortex préfrontal. Cette réduction de l’activation pourrait être interprétée comme
    une adaptation neuronale à l’exposition prolongée au THC, ce qui concourt aux
    résultats d’études antérieures montrant une réduction de l’épaisseur corticale, dans ces
    zones, chez les consommateurs réguliers de cannabis. Par ailleurs, l’association observée
    entre l’usage récent de cannabis et la performance cognitive (notamment sur la tâche de mémoire de travail) suggère que son sevrage avant des activités cognitives exigeantes pourrait améliorer la performance.

  • La durée exacte nécessaire pour observer une récupération reste cependant incertaine,
    bien que des études antérieures suggèrent que les effets résiduels pourraient persister
    entre 2 et 4 semaines. Ces résultats ont d’importantes implications pour la santé
    publique, dans un contexte où le cannabis est de plus en plus perçu comme inoffensif. Ils
    soulignent la nécessité d’informer les consommateurs sur les risques potentiels liés à une consommation fréquente et régulière, notamment en ce qui concerne les fonctions
    cognitives essentielles telles que la mémoire de travail. L’étude présente certaines limites,
    notamment son caractère transversal, qui empêche toute inférence causale, ainsi que le
    fait que l’échantillon concerne de jeunes adultes, limitant la généralisation des résultats à d’autres groupes d’âge.
  • De plus, des informations importantes telles que la dose habituelle de THC, sa puissance, la voie d’administration et la durée précise depuis la dernière consommation n’ont pu être
    recueillies. Les auteurs recommandent des études longitudinales de grande envergure
    pour déterminer les effets du cannabis sur le fonctionnement cérébral et pour définir la
    durée pendant laquelle les effets négatifs persistent après l’arrêt de la consommation.
    Ils suggèrent également d’explorer plus en détail les mécanismes neurobiologiques
    sous-jacents aux altérations de l’activation cérébrale, notamment via des études portant
    sur la densité des récepteurs CB1.
  • Conclusion
    Cette étude montre que l’usage intense de cannabis au cours de la vie est associé à une
    diminution de l’activation cérébrale lors de tâches de mémoire de travail chez les jeunes
    adultes. Les effets aigus de l’usage récent semblent également influencer la performance cognitive, bien que de manière moins marquée. Ces résultats renforcent l’idée que la consommation chronique de cannabis peut avoir des répercussions durables sur des fonctions cognitives cruciales, ce qui doit être pris en compte dans les politiques de santé publique et dans les recommandations destinées aux consommateurs.
    Dr Alexis Demas
    (1) Référence : Gowin JL, Ellingson JM, Karoly HC, et al. Brain function outcomes of recent and lifetime cannabis use. JAMA Netw Open. 2025 Jan 2;8(1):e2457069.
    Modifications structurales du cerveau d’enfants nés d’une mère tabagique.
    Une étude (USA), (1) portant sur le développement cognitif du cerveau de l’adolescent, a suivi l’évolution de la structure cérébrale d’enfants, recrutés sur un registre national, à la recherche d’anomalies morphométriques en relation avec une exposition tabagique maternelle. L’intérêt de l’étude est multiple : tient notamment au nombre important de sujets initialement recrutés (11148), et aux deux évaluations cérébrales successivement effectuées, d’abord entre 9 et 10 ans puis entre 11et 12 ans, avec IRM et tests cognitifs à chaque évaluation.
    L’interprétation de l’imagerie a retenu les variations des volumes sous-corticaux et du
    contraste entre matière grise et matière blanche. On observe une diminution globale,
    statistiquement significative, des volumes cérébraux sous-corticaux chez les enfants
    nés de mère tabagique. Cette diminution est observée principalement sur le lobe frontal,
    mais aussi sur les lobes temporaux et pariétaux, sur les ventricules latéraux et sur le
    noyau caudé. Le rapport (contraste) matière grise/matière blanche est également diminué.
    Les conclusions des auteurs sont prudentes. Il n’est pas possible de conclure à la toxicité
    du seul tabac, car de nombreuses covariables ─ origine ethnique, conditions alimentaires et environnementales, statut social et d’éventuelles prises de drogue ─participent probablement aussi aux modifications observées. Cependant, le rôle toxique de la nicotine est probable ; on sait qu’elle provoque un amincissement du cortex et, expérimentalement, chez l’animal, une altération de la synthèse de myéline. La diminution du rapport de contraste entre matières grise et blanche est plus difficile à interpréter : elle peut signifier une dissociation de leurs mécanismes respectifs d’activation, des changements microstructuraux de la myéline (déjà décrits), une détérioration neuronale. Néanmoins, cette étude plaide pour un rôle toxique du tabac pour le fœtus chez la femme enceinte, et donc pour lui suggérer l’abstinence tabagique.

  • Pr Jean-Paul Tillement
    (1) Référence : Puga TB, Doucet GE, Thiel GE, et al. Prenatal tobacco exposure, brain subcortical volumes and gray-white matter contrast. JAMA Netw Open.
    2024;7(12):e2451786.


    Politiques de santé contre l’addiction des jeunes : le carton rouge de la Cour des comptes
    Dans son rapport 2025 (1), les magistrats de la Cour des comptes critiquent sévèrement
    les politiques nationales de santé contre l’addiction des jeunes. Ce constat n’est
    malheureusement pas nouveau. En effet, dès 2006, l’Académie de médecine avait organisé
    une journée et produit un rapport intitulé « désamorcer le cannabis dès l’école ».
    Force est de constater que malgré ses nombreuses alertes et rapports produits depuis 20 ans, l’Académie n’a toujours pas été entendue. Le constat des sages de la Cour des comptes est sévère, et il faut espérer que leur travail soit pris en compte et ne vienne pas grossir la pile des nombreux rapports restés lettre morte. Les magistrats rappellent que les jeunes constituent un public particulièrement sensible aux risques liés à la consommation d’alcool et de drogues illicites. En effet, leur cerveau, qui n’atteint sa pleine maturité que vers l’âge de 25 ans, est particulièrement vulnérable aux conduites addictives, surtout dès 12 ans, âge des premières expérimentations.
    La Cour rappelle un contexte de consommation précoce des drogues, favorable au développement d’une addiction :
  • un jeune sur dix s’estime dépendant aux drogues illicites ou à l’alcool ;
  • commencer à consommer de l’alcool au début de l’adolescence multiplie par dix le risque de devenir alcoolodépendant à l’âge adulte, par rapport à une initiation plus tardive, vers l’âge de 20 ans ;
  • 46,3% des jeunes âgés de 18 à 24 ans en 2023 disent avoir consommé, au moins une fois dans leur vie, du cannabis, et 3,5 % affirment en faire un usage quotidien ;
  • 230.000 jeunes de 18 à 24 ans seraient concernés par une addiction au cannabis.
    La consommation de drogues illicites et d’alcool par les jeunes, leur banalisation parfois, et les
    effets coûteux des addictions sur les plans sociaux et économiques, sont un enjeu majeur de santé publique, et ce d’autant plus que la situation reste préoccupante en France. La réussite des politiques de prévention et de lutte contre ce fléau, mises en œuvre dans les pays du Nord, montre
    que la lutte contre les addictions peut être conduite plus efficacement. Elle passe par une politique ambitieuse de prévention et de soin, conçue pour mobiliser toute la société, afin de préserver l’avenir des jeunes de 12 à 25 ans.
    Pr Jean-Pierre Goullé
    Référence : Les addictions des jeunes aux drogues illicites et à l’alcool : un enjeu de prévention et de prise en charge – Rapport de la Cour des comptes,19 mars 2025.

Il se faisait livrer, par drone, cigarettes, téléphones et cannabis… à la prison

Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 avril 2025, deux drones destinés à approvisionner une cellule de la maison d’arrêt de Vannes (Morbihan), étaient repérés. Ce mercredi 30 avril 2025, le tribunal a condamné un vingtenaire à dix-huit mois de prison.

Samedi 26 avril 2025, deux drones destinés à approvisionner une cellule de la maison d’arrêt de Vannes (Morbihan), étaient repérés. Ce mercredi 30 avril 2025, le tribunal a condamné un vingtenaire à dix-huit mois de prison.
Samedi 26 avril 2025, deux drones destinés à approvisionner une cellule de la maison d’arrêt de Vannes (Morbihan), étaient repérés. Ce mercredi 30 avril 2025, le tribunal a condamné un vingtenaire à dix-huit mois de prison. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Il est près de minuit, ce dimanche 27 avril 2025, lorsque les policiers de Vannes (Morbihan) sont requis à la maison d’arrêt. Un drone ouvreur survole la prison, pendant qu’un second intervient pour approvisionner une des cellules. Il fait nuit et ils ont du mal à repérer le propriétaire, mais à la troisième livraison, réalisée en quelques secondes, du drone doté d’un fil suspendu à une quinzaine de mètres, le destinataire de la transaction est repéré. Dans la cellule, le jeune homme tente de balancer certains objets récupérés, à l’arrivée des surveillants, comme des cigarettes, deux adaptateurs, trois smartphones, 72 gr de cannabis et de l’herbe. Dans sa poche, deux téléphones qui vont permettre de faciliter le trafic, alors que la responsabilité de son co-détenu est vite écartée. Pour les empêcher d’intervenir, l’homme menace :  Si vous rentrez, j’ai une kalachnikov dans la main ».

Il nargue les surveillants

Finalement maîtrisé, l’homme est très énervé, gesticule mais accepte de les suivre aux douches. Au passage, il tente d’arracher un tuyau. Au petit matin, il n’est pas calmé et nargue ses surveillants d’un  Vous gagnez 2 000 € par mois, c’est ce que je fais en une soirée . Sur le chemin de la cellule disciplinaire, il continue de se débattre et trouve le moyen de mettre le feu à la couverture de la salle. Le départ de feu est maîtrisé, mais le jeune menace toujours.  Tu as intérêt à me transférer, sinon je te tue »,hurle-t-il à l’encontre d’un surveillant avant de simuler une tentative de suicide avec un cordon de son short. Il continue de donner les coups dans les portes.

Lire aussi : Contre les drones, les prisons passent à la vitesse supérieure

« J’ai fait de la provoc »

 C’est monté crescendo. J’ai été forcé à le faire », finit-il par confesser en expliquant la pression qu’il subit. Il était chargé de récupérer ces objets, qu’il devait ensuite remettre à des détenus.  J’ai des problèmes depuis le début de mon incarcération.  Et s’il est à peu près le seul à subir cette pression, c’est  parce qu’ils savent que je ne les dénoncerai pas », continue celui qui a fini par obtenir son transfert à la maison d’arrêt de Rennes. Quant à la kalachnikov ?  Je venais de passer à la fouille, et on me dit montrez, moi, vos mains, j’ai fait de la provoc », confie le détenu, incarcéré pour 14 mois pour trafic de stupéfiants. Quant aux menaces de mort,  Je m’entends bien avec eux et s’ils le disent, c’est que c’est vrai . Des menaces qui ne sont pas anodines, pour l’avocate qui représentent les quatre surveillants, marqués psychologiquement et qui ont demandé que leurs noms n’apparaissent pas.

« Je suis un petit jeune paumé »

Pour ses faits  inadmissibles  qu’il souhaite condamner avec la plus grande sévérité, le procureur Maxime Antier évoque la lutte à mener contre la facilitation du trafic en prison et les atteintes l’administration pénitentiaire, dont il faut protéger ceux qui l’incarnent. À ce titre, il requiert deux ans ferme.  Je ne suis pas un narcotrafiquant mais un petit jeune paumé »,plaide le jeune homme. En répression, le tribunal a condamné Islam Magamadov à dix-huit mois de prison avec maintien en détention, associé à une interdiction de séjour dans le Morbihan pendant cinq ans.

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« Avant, il y avait le cannabis, aujourd’hui la cocaïne est partout » : quand la drogue s’invite dans le monde du rugby amateur

Publié le 29/04/2025

Cette nouvelle fonctionnalité utilise une voix synthétique générée par ordinateur. Il peut y avoir des erreurs, par exemple dans la prononciation, le sentiment et le ton.

l’essentielDepuis quelques saisons, le comité départemental de rugby de l’Ariège a pris l’initiative d’organiser des rencontres autour du thème de la lutte contre les addictions dans le rugby. Après La Tour-du-Crieu il y a quelques semaines, c’est à Foix que les représentants des clubs étaient conviés à une nouvelle soirée d’information mais, surtout, d’échanges.

Objectif, parler sans tabou, faire un état des lieux et essayer de trouver des chemins pour, sinon stopper, du moins limiter les effets dévastateurs de ces addictions (alcool et drogue surtout). « Vous êtes en première ligne ». Frédérick Dédieu le répète, les dirigeants, bénévoles, éducateurs sont les premiers à pouvoir tirer la sonnette d’alarme. Addiction ou dépendance, le gendarme Guillaume Picard (Maison de protection des familles de l’Ariège) pose le débat.

« Même un verre, c’est quelques grammes d’alcool dans le sang ». Anthony Martineau, chef État-major départemental au sein de la police nationale en Ariège, passe ensuite la seconde. « Les problématiques du rugby, on les retrouve partout, dans toutes les strates de la société. » En Ariège, le problème des addictions est pris à bras-le-corps. « On va faire des contrôles inopinés, avant, pendant et après les matches. Mais il y a également un souci, les parents. On a du mal à les toucher. Il n’y a pas de solutions miracles, il faut explorer toutes les pistes. Vous, en tant qu’encadrants, entraîneurs, dirigeants, vous avez une responsabilité. »

« C’est aux jeunes eux-mêmes d’agir »

Le dialogue s’installe, sans frein. On se dit les choses. Maire de Saverdun, ex-président de l’UA Saverdun, Philippe Calléja intervient en tant que médecin. « Celui qui consomme des produits interdits, il triche. La levée de l’inhibition est un sujet. L’exemplarité à aussi une valeur. Ce n’est pas facile de parler à nos jeunes. L’important, c’est d’avoir le courage de parler de ces addictions. Il faut les affronter. Il faut éduquer. Et éduquer, c’est la répétition. On ne doit jamais se décourager. On a raison, il faut s’en persuader. Notre combat d’éducation est légitime. Il faut une hygiène de vie. »

Évidemment, l’alcool est en première ligne. La fameuse « troisième mi-temps » est encouragée mais doit être encadrée (« la bière sans alcool, c’est très bien »). Mais un nouveau fléau s’est invité depuis plusieurs saisons. « La drogue s’est multipliée, s’inquiète Philippe Calléja. Tout le monde s’en fout car il y en a partout. Entendre utiliser l’expression drogue douce, c’est une monstruosité. Avant, il y avait le cannabis, aujourd’hui la cocaïne est partout. C’est une réalité, ça a tout envahi. Les sportifs cherchent l’effet boost, intensif. C’est peut-être ça le plus dangereux. Il faut protéger notre rugby du monde extérieur. »

« Ne vous découragez pas, on va y arriver »

Le constat est terrible mais l’espoir est là. C’est le message qu’a voulu passer la représentante de l’association EPESS, Mylène Bacon. « Ne vous découragez pas, on va y arriver. Tous les messages de prévention sont importants. C’est aux jeunes eux-mêmes d’agir, il faut que ça vienne d’eux. Les jeunes savent communiquer, l’humain est riche. Il faut ouvrir le dialogue, insiste la députée Martine Froger. La répression n’est pas la solution. Je pense qu’il y a une responsabilisation chez les jeunes. Parler est un éternel recommencement. »

« On a une jeunesse pleine de ressources, poursuit Jean-Philippe Dargent, sous-préfet de Foix. Elle n’attend que d’être sollicitée. Elle attend qu’on l’amène sur le bon chemin. Vous, dirigeants, encadrants, bénévoles, vous avez un rôle de stimulateurs. » Le combat va se poursuivre. La mise en place de chartes de comportement dans chaque club est à l’étude. « On doit écouter les jeunes et ne pas leur imposer les choses », termine Frédérick Dedieu. La lutte contre les addictions se poursuit.

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