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« La consommation de cannabis augmente le risque de troubles psychiatriques »

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Publié le 26/06/2025

DÉCODAGE. À l’occasion de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, Julien Azuar, addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances, met en lumière l’impact néfaste de la consommation de drogues chez les jeunes.

Face à l’intensification du trafic de stupéfiants et à la montée de la violence qui l’accompagne, le Gouvernement a dévoilé en novembre 2024 un plan renforcé contre la criminalité organisée, consolidé début 2025.

À l’occasion de la journée internationale contre…..

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Les autorités alertent face à une augmentation des intoxications liées à des produits à base de CBD

Raphaëlle de Tappie 23 juin 2025

Depuis quelques années, la consommation de cannabidiol (CBD), explose. A tel point qu’en 2022, 10 % des Français en avaient ingéré au moins une fois dans l’année, d’après les chiffres du gouvernement. Mais alors que la consommation de produit à base de CBD augmente, le nombre d’intoxications progresse lui aussi, et « significativement », alertent l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) dans un communiqué de presse paru le 19 juin.

« Depuis début 2024, plusieurs centaines d’intoxications ont été recensées chez des personnes ayant consommé des produits présentés comme contenant du CBD », révèlent les deux organismes. Ces données proviennent des centres antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV) ou des centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A).

Les produits incriminés sont vendus en magasin, dans des distributeurs automatiques ou sur internet sous forme d’e-liquides pour cigarettes électroniques, produits fumés, denrées alimentaires (huiles, gélules, bonbons, chocolats etc.), précise le communiqué. Dans la plupart des cas, ces intoxications sont provoquées par des substances interdites présentes dans les produits ou par des taux de THC (principe actif du cannabis), supérieurs à 0,3%. Cela survient alors que le consommateur croit avoir (…)

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15% des Français ne boivent pas d’alcool

LINFO.RE – créé le 18.06.2025 à 08h59 – mis à jour le 18.06.2025 à 08h59 – Matthieu Patou-Parvédy

La Fédération Française des Spiritueux constate une diminution de la consommation d’alcool en France. 15% des Français ne boivent plus une goutte d’alcool.

« Depuis quelques temps (…) on a des non-consommateurs absolus, qui ne boivent pas une goutte, ni chez eux, ni dans un cadre de convivialité, et qui l’assument.  », indique Thomas Gauthier, directeur général de la Fédération Française des Spiritueux (FFS) à l’Agence France Presse. En tout, ils représenteraient 15% des Français.

Une absence de consommation d’alcool qui concerne tous les pans de la population. Mais la tendance s’accentue surtout chez la jeune génération. Entre 2020 et 2024, la part des non-acheteurs d’alcool (à domicile) a progressé de 50% chez les 18-34 ans.

Par conséquent, les achats de spiritueux diminuent. Ils connaissent un recul à hauteur de 2,6% en volume. Et ce, peu importe les réseaux de distribution : grandes surfaces, cavistes, cafés ou encore duty free.

Dans les cafés et restaurants, la FFS explique le repli des consommations par la météo défavorable de l’année passée.

Cannabis : la Thaïlande fait marche arrière

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif © REUTERS / REUTERS

Martin Lagrave 17/06/2025

Devenue en 2022 le premier pays asiatique à dépénaliser le cannabis, la Thaïlande s’apprête à interdire son usage récréatif. Une nouvelle réglementation face à une explosion des usages récréatifs et des trafics.

Ce qu’il faut retenir : 

  • La Thaïlande s’apprête à interdire l’usage récréatif du cannabis , trois ans après l’avoir légalisé en 2022.
  • Seul l’usage médical resterait autorisé , sur ordonnance.
  • Plus de 90 % des magasins pourraient fermer. 
  • Le gouvernement invoque l’explosion de la consommation chez les jeunes , les trafics, et l’absence d’encadrement légal .

Déjà la fin d’une parenthèse en Thaïlande. En 2022, Bangkok faisait figure de pionnière en Asie en retirant le cannabis de la liste des stupéfiants. Ainsi, la vente, la culture et la consommation de cannabis devenaient légales du jour au lendemain.

Une certaine euphorie s’est alors propagée dans le pays et plus de 10 000 dispensaires ont vu le jour, dopés par l’afflux de touristes et par l’engouement local. Toutefois, cette libéralisation s’est faite sans encadrement légal strict et ce vide juridique a rapidement laissé place au désordre.

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Désormais, la coalition gouvernementale menée par le parti conservateur Pheu Thai veut faire machine arrière. Le ministre de la Santé a annoncé le 8 mai qu’une nouvelle loi était en préparation pour autoriser la consommation de cannabis uniquement sur prescription médicale, délivrée par un professionnel agréé, rapporte The Diplomat.

Un secteur menacé d’effondrement

Pour les acteurs du secteur, le choc est brutal. Chokwan Kitty Chopaka, militante bien connue de la cause et propriétaire d’une boutique à Bangkok, estime que 90 % des points de vente pourraient fermer. Son propre magasin a baissé le rideau début 2025, faute de rentabilité. Après l’explosion de la demande, l’offre a rapidement excédé les besoins : prix à la baisse, concurrence déloyale des produits illégaux.

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif SOPA Images/SIPA / © SOPA Images/SIPA

Le retour à un usage strictement médical menace toute une économie parallèle en plein développement. Le cannabis était vu comme un relais de croissance, notamment dans l’agriculture et le tourisme. En 2022, une étude estimait le potentiel du secteur à plus d’un milliard de dollars par an.

Des raisons politiques et sanitaires

Officiellement, ce revirement s’appuie sur plusieurs motifs : une consommation croissante chez les jeunes, une multiplication des points de vente illégaux, et l’essor inquiétant du trafic international. Depuis 2022, la floraison rapide de boutiques – plus de 10 000 enregistrées – a échappé à tout contrôle centralisé.

Nombre de commerçants ont contourné les limites légales, notamment le taux maximum autorisé de THC (0,2 %), en vendant des produits plus puissants que prévu. Parallèlement, le marché noir s’est renforcé, alimenté à la fois par la demande locale et par des réseaux cherchant à exporter discrètement la marchandise.

Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif
Trois ans après la légalisation, la Thaïlande fait marche arrière sur le cannabis récréatif Sakchai Lalit/AP/SIPA / © Sakchai Lalit/AP/SIPA

Les autorités thaïlandaises affirment avoir intercepté, en douze mois, plus de 800 tentatives de contrebande dans les aéroports du pays. Des voyageurs étrangers, notamment britanniques, ont été arrêtés en possession de fleurs, d’huiles ou de produits dérivés du cannabis, dissimulés dans leurs bagages. Certains de ces produits ont fini par réapparaître sur des marchés asiatiques et européens.

Drogues et alcool au travail : une épidémie silencieuse qui gangrène le monde professionnel

Une enquête d’ampleur réalisée sur plus de 110 000 salariés révèle une explosion de la consommation de stupéfiants et d’alcool en entreprise. Le malaise est profond, et la Bretagne est en première ligne.

La société iThylo, spécialisée dans les dépistages en entreprise, vient de publier une étude édifiante portant sur les usages de substances psychoactives au travail entre 2017 et avril 2025. Les résultats, issus de plus de 110 000 tests salivaires et éthylotests, dévoilent une réalité préoccupante : la consommation de drogues et d’alcool en milieu professionnel est en forte hausse.

Un doublement des cas positifs en moins de 10 ans

En 2017, 2,6 % des salariés testés étaient positifs à l’alcool ou aux stupéfiants. En 2025, ce taux atteint 5,3 %, soit une augmentation de 107 %. Le phénomène s’est particulièrement aggravé depuis la crise du Covid, avec une progression de 43 % de l’alcool et 52 % des drogues entre 2022 et 2025. Contrairement à certains préjugés, cette consommation ne se limite plus à quelques profils urbains festifs ou à des cadres stressés : elle touche désormais massivement les travailleurs précaires et les intérimaires.

Le cannabis reste la substance la plus détectée, avec 1,8 % de positivité en moyenne. Mais c’est la cocaïne qui connaît la plus forte progression : +1 200 % entre 2017 et 2025. Les cas les plus frappants concernent des groupes de travailleurs consommant collectivement, notamment sur les chantiers de nuit. L’héroïne, bien que marginale, apparaît dans un tiers des tests envoyés pour confirmation.

Alcool : des pics en soirée… et le vendredi

Les tests réalisés en fin de journée ou durant les horaires de nuit révèlent une nette augmentation des cas positifs à l’alcool, atteignant jusqu’à 7 % dans certaines tranches horaires. Le vendredi se distingue également par un pic de consommation, preuve que la veille de week-end relâche les freins chez certains salariés.

L’étude révèle aussi des disparités régionales inquiétantes : la Bretagne arrive en tête avec 6,6 % de tests positifs cumulant alcool et stupéfiants, bien au-dessus de la moyenne nationale. Une statistique qui interroge, tant sur les habitudes que sur les conditions de travail dans la région.

Derrière les chiffres se cache un mal-être plus profond. Si l’étude souligne les risques accrus d’accidents du travail (jusqu’à 20 % selon l’INRS) et le gouffre financier lié à ces comportements, elle soulève surtout une question de fond : pourquoi tant de salariés consomment-ils ? Fuite, perte de sens, pression psychologique, déstructuration sociale ? Les réponses, elles, peinent à émerger. Mais une chose est sûre : une société qui voit ses travailleurs se réfugier dans la drogue et l’alcool est une société en perdition.

Source

Consommation de cannabis chez la population générale (tiré de l’EQC)

Les données sur la consommation de cannabis présentées sur cette page sont tirées de l’Enquête québécoise sur le cannabis. Cette enquête offre une vue approfondie des différentes modalités de consommation.

Consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois

Situation actuelle

Consommateurs : personnes qui ont pris ou essayé de la marijuana, du cannabis, du pot ou du haschich au moins une fois au cours de la dernière année.

Les données issues de l’Enquête québécoise sur le cannabis (EQC) de 2024 indiquent que 18 % des Québécois de 15 ans et plus ont consommé du cannabis au cours des 12 mois précédant l’enquête, les hommes en plus grande proportion que les femmes (22 % contre 14 %).

Les jeunes adultes de 21-24 ans représentent le groupe d’âge où l’on retrouve la plus grande proportion de consommateurs de cannabis (35 %) au cours de la dernière année, suivis par les 25-34 ans (31 %), les 18-20 ans (28 %), les 35-54 ans (21 %) et les 15-17 ans (16 %). La plus faible proportion de consommateurs de cannabis au cours des 12 derniers mois est observée chez les personnes de 55 ans et plus (8 %).

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Whisky, rhum, cognac… Les Français boivent (un peu) moins d’alcools forts paraît-il

Santé !•Que ce soit dans les bars, restos, magasins ou à la maison, les Français consomment moins de spiritueux. Les ventes ont baissé de près de 3 % en 2024

Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France.
Les achats de spiritueux ont chuté de 2,6% en 2024 en France. - Caro / Waechter / Sipa

M.L. avec AFP

L’essentiel

  • Les achats de spiritueux en France ont reculé de 2,6 % en 2024, avec une baisse dans tous les canaux de distribution et types d’alcools forts.
  • Malgré cette baisse, les Français ont consommé près de 268 millions de litres de spiritueux en 2024, ce qui représente environ 7 bouteilles par personne de plus de 19 ans sur l’année.
  • Le directeur général de la FFS affirme pourtant que tous les indicateurs sont à la baisse et que les exportations, qui représentent la moitié de la valeur du secteur, ont également chuté de manière significative.

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Qu’on se le dise, les Français boivent moins. Enfin un peu moins. Enfin un peu moins d’alcools forts en tout cas. Selon la Fédération française des spiritueux (FFS), les achats de spiritueux en France ont en effet reculé de 2,6 % en 2024, que ce soit dans les grandes surfaces, chez les cavistes, dans les bars et même les dans boutiques de duty free.

Les grandes et moyennes surfaces ont écoulé 247 millions de litres de ces alcools distillés d’au moins 15 %, soit une diminution de 3,8 % par rapport à 2023. Si les alcools blancs, dits « festifs » résistent mieux, les whiskys et anisés, dont plus de la moitié des ventes se fait en supermarchés, poursuivent leur recul. La tendance est identique pour les cafés et restaurants, avec 20,8 millions de litres, en baisse de 2 %.

Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.

Près de sept bouteilles par personne en 2024

Pourtant, ce sont donc quand même près de 268 millions de litres de spiritueux qu’ont ingurgité les Français en 2024. Si l’on se base sur les chiffres de l’Insee et que l’on ne compte que les personnes de plus de 19 ans, soit 57 millions de Français, cela représente un peu moins de cinq litres par personne sur une année. Ou près de sept bouteilles de Vodka, Whisky, gin ou autre.

Cocaïne, cannabis, alcool… Les consommations de drogues ont explosé de 107% dans les entreprises

Marine Cardot

"Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés", raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d'illustration).
« Les consommateurs de cannabis sont des gens aisés », raconte sur RMC Jérémy, bac+5 et père de famille. (Photo d’illustration). – Victoria Hazou – AFP

Explosion de l’usage de la cocaïne, intérimaires et travailleurs de nuit surexposés… Les tests positifs à l’alcool et aux drogues ont doublé en 8 ans, selon une étude publiée par Ithylo, qui réalise les dépistages en entreprise.

Épidémie d’addictions chez les salariés français. Selon une nouvelle étude, les tests positifs à l’alcool ou aux stupéfiants ont augmenté de 107% en huit ans dans les entreprises. Le taux de positivité a ainsi plus que doublé, passant de 2,6% en 2017 à 5,3% en 2025. Les consommations marquent notamment une forte hausse après la période Covid.

« Ce n’est plus une série de cas isolés, mais une dynamique massive et persistante », alerte l’étude.

Elle a été réalisée par l’entreprise Ithylo (qui réalise ces dépistages) sur un large panel de salariés (plus de 100.000 échantillons), principalement dans les secteurs du BTP, de l’énergie, du transport et de l’industrie. Il faut savoir que les entreprises sont autorisées à faire pratiquer ces tests inopinés et obligatoires pour les salariés en postes dits « hypersensibles », c’est-à-dire pour lesquels la consommation de drogues présente un danger grave pour eux-mêmes et leurs collègues.

13 fois plus de cas positifs à la cocaïne

Selon les résultats, l’usage de la cocaïne explose particulièrement, avec 13 fois plus de cas positifs à la cocaïne en huit ans. Si cette drogue semblait autrefois réservée à certains milieux festifs ou de cadres urbains, elle s’est aujourd’hui installée, même chez les ouvriers.

« Nous pensions l’usage de cocaïne marginal en entreprise. C’est désormais une réalité présente sur les chantiers, les sites industriels et les bureaux », s’alarme Jean-Jacques Cado, président d’Ithylo.

Le cannabis reste la substance la plus dépistée (1,8% de salariés positifs). L’alcool, quant à lui, enregistre un net pic en soirée, notamment après 17 heures et les vendredis, avec des taux jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne.

Les intérimaires et les précaires plus vulnérables

Mais alors qui sont les salariés qui consomment sur leur lieu de travail? Les travailleurs les plus précaires sont les plus vulnérables face au risque d’addiction. Les intérimaires sont particulièrement concernés: alors qu’ils ne représentent que 15% de l’échantillon total, ils concentrent à eux seuls 25% des cas positifs au cannabis, 31% à la cocaïne et 18% à l’alcool.

Selon différentes études sur le sujet, une surexposition aux addictions est observée pour les salariés qui ont des conditions de travail plus difficiles: notamment les horaires décalés, l’isolement, la faible intégration aux collectifs et le manque d’accès à l’information ou à la prévention.

La moitié des intérimaires déclarent en effet ne pas savoir vers qui se tourner en cas de souffrance liée à une consommation. Beaucoup craignent aussi que se signaler leur coûte leur mission. « L’efficacité d’une politique de prévention se mesure à sa capacité à atteindre les plus fragiles », explique Jean-Jacques Cado.

« Exclure les intérimaires, c’est créer des angles morts où les risques explosent. »

« Ils avaient consommé ensemble »

Des cas de consommation de groupe ont même été observés. Jean-Jacques Cado cite notamment l’exemple d’un chantier de nuit de 21 personnes, où 7 intérimaires logeant ensemble avait été testé positifs à la cocaïne. « L’un d’entre eux avait apporté la substance et ils avaient consommé ensemble », raconte-t-il.

Ce phénomène s’accentue sur les équipes de nuit, souvent moins encadrées et plus isolées, où les tests révèlent jusqu’à 1 salarié sur 5 positif sur certains sites. Selon l’étude, ces chiffres suggèrent une utilisation des substances comme outil de compensation: pour rester éveillé, tenir physiquement, gérer l’ennui ou simplement s’extraire d’un rythme pénible.

« On voit très clairement que la consommation se déplace là où le regard s’éteint. Moins de supervision, plus de fatigue, plus de tentations. C’est un terrain fertile pour les comportements à risque », souligne Jean-Jacques Cado.

Il faut toutefois noter que l’étude met particulièrement en avant les conduites addictives dans les milieux ouvriers du fait de la composition de l’échantillon, ce qui ne veut pas dire que les drogues ou l’alcool sont absents des bureaux.

Accompagner plutôt que licencier

Ces comportements peuvent être très dangereux, pour le salarié lui-même et ses collègues. Le risque d’accidents du travail graves est multiplié par 2 dès lors qu’il existe une consommation d’alcool hebdomadaire excessive (au moins 2 verres par jour chez les femmes et 4 verres par jour chez les hommes), selon l’étude « Les conduites addictives de la population active », grâce aux chiffres de de la cohorte Constances.

Mais alors que se passe-t-il lorsqu’un salarié est testé positif aux substances psychoactives? « Dans la plupart des cas les entreprises vont avoir une démarche d’accompagnement pour aider le salarié à sortir de son addiction », assure Jean-Jacques Cado.

Évidemment en cas de récidive, des sanctions disciplinaires comme un licenciement peuvent être prises. Mais dans un premier temps, ce n’est pas le plus efficace car l’employé pourra retrouver un emploi dans une entreprise moins regardante, selon le spécialiste.

« Le dépistage n’est pas un piège, ni une stigmatisation. C’est un électrochoc bienveillant. Il révèle ce que le collaborateur n’ose pas dire, ce qu’il cache sous pression, par solitude ou en état d’épuisement », explique-t-il. Son entreprise propose notamment une ligne d’écoute confidentielle permettant aux salariés concernés de discuter avec un professionnel de santé, parfois pour la première fois.

L’INRS (institut national de recherche et de sécurité au travail) conseille notamment aux employeurs de mettre en place des actions de prévention, en concertation avec le CSE et les syndicats. Il peut s’agir notamment d’évaluer et de limiter les risques psychosociaux (qui jouent un rôle dans les conduites addictives).

L’entreprise peut aussi limiter les consommations d’alcool sur le lieu de travail (lors des pots par exemple). Elle doit par exemple veiller à fournir systématiquement des boissons non alcoolisées et à mettre à disposition des salariés de quoi se restaurer.

Marine Cardot

Source

Au moins 24 millions d’Européens ont consommé du cannabis en 2024

Publié le 11 juin 2025

By Aurélien BERNARD 

Consommateurs de cannabis en Europe

Le cannabis reste la substance illicite la plus consommée en Europe, avec 24 millions d’adultes, soit 8,4% de la population âgée de 15 à 64 ans, déclarant en avoir consommé au cours de l’année écoulée, selon le Rapport européen sur les drogues 2025 publié par l’Agence des drogues de l’Union européenne (EUDA).

Publié le 5 juin, ce rapport annuel offre un aperçu complet des tendances actuelles en matière de drogues dans les États membres de l’UE, en Norvège et en Turquie, sur la base de données issues d’enquêtes nationales et de sources répressives.

La France, l’Espagne et l’Italie en tête du classement pour la consommation au cours de la vie

Le rapport fait remonter les disparités importantes en matière de consommation à travers le continent.

La France enregistre la plus forte consommation de cannabis au cours de la vie chez les adultes âgés de 15 à 65 ans, avec 50,4 % d’entre eux déclarant en avoir consommé au moins une fois. L’Espagne suit avec 43,7 %, puis l’Italie avec 34,8 %.

La moyenne européenne de la consommation au cours de la vie se situe, elle, à 8,4%, montrant d’énormes disparités dans les approches culturelles du cannabis au sein de l’Europe.

Bien que le cannabis soit illégal dans la plupart des pays européens, 4,6 millions de personnes ont déclaré en consommer quotidiennement. Plus de 90% des consommateurs ont indiqué que leur consommation avait lieu à domicile, et 80% ont déclaré le consommer sous forme de joint, qu’il s’agisse d’herbe ou de résine.

La consommation chez les jeunes est en baisse, mais l’initiation précoce persiste

Si la consommation chez les adultes reste stable ou en augmentation, la situation semble évoluer chez les jeunes. Depuis 2003, le pourcentage de jeunes de 15 à 16 ans déclarant avoir consommé du cannabis au cours du mois précédent est passé de 9,7 % à 5,7 %, et la consommation au cours de la vie dans cette tranche d’âge a diminué de 21% à 13%.

L’initiation précoce persiste. 2,6 % des élèves interrogés ont déclaré avoir essayé le cannabis avant l’âge de 13 ans, ce qui suggère que si la consommation globale chez les jeunes est en baisse, les efforts de prévention restent difficiles en matière d’exposition précoce.

Puissance et trafic

Le rapport attire l’attention sur une tendance persistante : l’augmentation de la puissance de la résine de cannabis.

« Les tendances indexées montrent que la teneur moyenne en THC de la résine a presque doublé entre 2013 et 2023, tandis que celle du cannabis herbacé est restée globalement stable », indique le rapport. Cette évolution est attribuée en partie à l’évolution des techniques de production et à l’évolution des préférences des consommateurs.

Parallèlement à l’augmentation de la puissance, les saisies de cannabis ont également atteint des niveaux records. En 2023, les États membres de l’UE ont signalé 259 000 saisies de résine totalisant 551 tonnes et 219 000 saisies de cannabis herbeux totalisant 201 tonnes.

L’Espagne, en particulier, a connu une forte augmentation des saisies de beuh depuis 2019, suggérant selon le rapport des changements dans les flux de trafic et les centres de production.

Selon l’EUDA, les méthodes de trafic se diversifient, le cannabis arrivant désormais par avion de ligne en plus des itinéraires traditionnels par conteneurs et camions.

« Depuis 2019, le volume de cannabis saisi a considérablement augmenté en Espagne », note le rapport, suggérant des liens croissants entre l’Europe et les marchés légaux au Canada, aux États-Unis et en Thaïlande.

Préoccupations sanitaires liées aux concentrés et aux substituts du cannabis

L’essor des concentrés tels que la rosin et le shatter, parallèlement à la prolifération des cannabinoïdes semi-synthétiques tels que le HHC, le HHC-P et le THCP, suscite une inquiétude croissante parmi les professionnels de la santé.

Ces derniers sont souvent vendues dans des zones grises légales, commercialisées comme des alternatives au cannabis, mais sans faire l’objet du même contrôle réglementaire.

« Bien que les connaissances sur les effets du HHC chez l’homme soient limitées, des inquiétudes ont été soulevées à mesure que des études ont été publiées, notamment certains rapports faisant état de liens avec la psychose », note le rapport.

En Tchéquie, le Centre d’information toxicologique a enregistré plus de 170 consultations liées au HHC entre juin 2022 et février 2024, dont beaucoup concernaient des jeunes ayant consommé des produits comestibles tels que des gummies.

Une image incomplète de la consommation et des effets nocifs

Les auteurs avertissent que leurs chiffres pourraient sous-estimer les niveaux réels de consommation, compte tenu du statut illégal du cannabis dans de nombreux pays de l’UE. La stigmatisation sociale et les risques juridiques peuvent dissuader les consommateurs de révéler leurs habitudes de consommation lors d’enquêtes nationales.

Alors que les débats sur la légalisation du cannabis s’intensifient en Europe, les données brossent un tableau complexe : une consommation élevée et persistante, des modèles de production et de trafic en mutation et des risques émergents pour la santé publique liés aux nouveaux produits à base de cannabinoïdes. Avec une constante : l’interdiction du cannabis ne fait pas baisser sa consommation et génère des externalités négatives dangereuses pour les consommateurs et les sociétés.

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