Recherche

Catégorie

Accueil

Lettre du CNPERT Septembre 2024

On a aussi besoin de rire de temps en temps !

Lettre du CNPERT de Juillet 2024

Présentation du Président du CNPERT, JP Goullé

Voici le sommaire de la lettre N°91 de juillet 2024 du CNPERT :

Page 1 – Dans son éditorial, Jean-Pierre Goullé évoque l’échec sanitaire cuisant en Oregon, deux ans après la dépénalisation de toutes les drogues. La situation étant devenue complètement hors de contrôle, cet État américain est contraint de faire machine arrière.

Page 2 – Gérard Dubois, relate les très intéressants résultats d’une vaste étude sur la mortalité à court et à moyen terme après l’arrêt du tabac. Il rappelle également qu’avec 8 millions de morts par an dans le monde, le tabac constitue la première cause évitable de décès.

Page 3 – François Topart et ses collègues du Comité National Contre le Tabagisme, exposent toutes les raisons qui devraient conduire à l’interdiction des filtres de cigarettes. Mentionnons que leurs travaux ont été primés par l’Académie de médecine en 2023.

Pages 3, 4, 5 – Claude Matuchansky, résume un travail qui montre que la légalisation du cannabis « récréatif » au Canada depuis 2018 s’est associée à une augmentation de 40% des hospitalisations pour psychoses et états psychotiques.

Page 5 – Jean-Pierre Goullé, reprenant un article de la revue « Addiction », souligne que la légalisation du cannabis aux États-Unis est responsable d’une multiplication par 20 de sa consommation entre 1992 et 2022. Ainsi, pour la première fois en 2022, le nombre de consommateurs quotidiens de cannabis a dépassé celui de l’alcool.

Page 5, 6 – Alexis Demas, attire notre attention sur les intoxications accidentelles au cannabis chez l’enfant, risque collatéral de la légalisation.

Pages 6, 7 – Yvan Touitou, dans le cadre d’une séance qu’il a organisée à l’Académie de médecine, évoque avec le développement d’Internet, un nouveau venu dans la liste des addictions chez l’enfant et l’adolescent : le jeu vidéo en ligne.

Pages 7,8 – Emmanuel Le Taillandier au travers du titre « La France des enfers naturels » s’inquiète de la forte progression de la consommation de cocaïne, consommation qui touche désormais tous les milieux sociaux et atteint les zones les plus reculées.

JP Goullé

————————————————-

Présentation de JP Tillement

Chers collègues,

C’est par un « scoop » impressionnant que débute cette lettre de juillet 2024 (N° 91) du CNPERT.

L’arrêt du tabac ne garantit pas pour autant qu’il évite, à l’ancien fumeur, la survenue d’un cancer du poumon. Ce risque, longtemps prédominant chez l’Homme, augmente maintenant chez la Femme.

Le Collège National de Lutte contre le Tabagisme, étudiant le rôle des filtres des cigarettes, prouve que non seulement ils ne sont d’aucune utilité protectrice, mais qu’au contraire ils facilitent l’acceptabilité du tabac, donc son usage et contribuent en outre à la pollution.

Les dernières observations des conséquences délétères de la légalisation du cannabis en Amérique du Nord (USA et Canada) confirment ce qui était prévisible, une augmentation de consommation et une hausse des hospitalisations des toxicomanes pour psychoses. En outre, leurs enfants sont aussi parfois atteints, probablement par contact familial.

L’addiction comportementale, essentiellement par les jeux vidéo, se développe rapidement chez les enfants. Cette « toxicomanie sans drogue », difficile à maitriser par les parents, s’accompagne aussi d’une toxicité oculaire et neurologique due à la lumière artificielle en excès. La vigilance s’impose.

Enfin de bonnes lectures vous sont proposées dans le cadre de « La France des enfers naturels ». Notre pays est-il devenu un narco-état et les addictologues remplacés par des urgentistes ?

N’hésitez pas à nous apporter vos propres observations des méfaits des drogues, toute nouvelle preuve est utile, les décideurs d’ l’Orégon en ont manqué.

Bonnes vacances et à bientôt

                                                                                                     Jean-Paul Tillement

Psychodysleptiques /psychédéliques / onirogènes et dépression

Professeur Jean Costentin

Kétamine, psilocybine, champignons hallucinogènes, MDMA/ecstasy, LSD, l’ayahuasca (de l’écorce de certaines lianes Sudaméricaines) tout comme le protoxyde d’azote, dès un stade souvent précoce de leurs expérimentations sont présentées comme des révolutions thérapeutiques dans la dépression.

On omet habituellement de rappeler les raisons ayant conduit à leur bannissement originel : leur potentiel addictif ; la perte de contrôle de son comportement, la libération d’activités délirantes et hallucinatoires qui, joint à leur effet dissociatif, précipite souvent dans les psychoses, dont la schizophrénie.

Toutes ces substances ne sont pas des drogues ; elles ne suscitent pas toutes une addiction ; n’intensifient pas toutes la transmission dopaminergique dans le noyau accumbens pour susciter une sensation de plaisir. Néanmoins leur statut illicite, calqué sur celui des drogues, vise à en éloigner le consommateur en raison de leur dangerosité avérée.

Parmi ces agents psychodysleptiques proposés pour traiter des dépressions sévères, concentrons-nous ici sur l’un des plus documentés : la kétamine et son isomère S, l’eskétamine. Ces dérivés de la phencyclidine (PCP/ « poudre d’ange ») sont anesthésiques, analgésiques, toxicomanogènes.

Leur activité psychodysleptique est sollicitée dans les « rave parties » pour des expériences erratiques, qui peuvent néanmoins instaurer une pharmacodépendance. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardio-vasculaires, de troubles respiratoires, d’accidents dus à des troubles de l’équilibre et à un état confusionnel.

Des expériences négatives, mémorables (« bad trip ») associent une anxiété vive, des attaques de panique, une incapacité de distinguer la réalité des hallucinations, de contrôler ses émotions, avec la peur incontrôlée de ne pas recouvrer son état antérieur.

Plus grave encore est l’émergence de troubles psychotiques aiguës qui peuvent durer plusieurs jours et même être définitifs quand ils décompensent une schizophrénie latente.

La kétamine est un antagoniste non compétitif du glutamate sur ses récepteurs du type NMDA. Comme pour surmonter cet antagonisme survient un accroissement de la libération du glutamate. Cet acide aminé, aux fonctions neuro-médiatrices, stimule des récepteurs de l’acide glutamique d’un autre type: les récepteurs AMPA.

S’enclencheraient alors différentes cascades intracellulaires impliquées dans la neuroplasticité, qui
conduiraient à un accroissement de la synaptogenèse, corrigeant la dépression liée à une raréfaction des influx s’exerçant sur les dendrites de certains neurones.

Outre cette activité antagoniste des récepteurs NMDA, la kétamine et/ou ses métabolites affectent divers autres types de récepteurs : dopaminergiques D 2, sérotonergiques 5-HT 2 et 5-HT 1B , opioïdes, cholinergiques muscariniques (M 1 , M 2 , M 3 ) ainsi que nicotiniques, récepteurs du GABA, ainsi que certains canaux sodiques et calciques ; au total un grand imbroglio mécanistique.

Alors que les effets antidépresseurs d’une dose unique, après un bref délai d’action, ne durent que quelques jours, des traitements itératifs ont montré une longue durée de l’effet à l’issue de ces traitements. On décrit de très longues rémissions possibles et même aussi des guérisons ; tout comme avec des antidépresseurs classiques. De plus il existe aussi des patients complètement résistants à ces traitements.

La fréquence des dépressions, leurs sévérités possibles, dominées par leurs risques suicidaires, justifient l’attention que l’on accorde à toutes les éventualités thérapeutiques ; les kétamines sont de celles-là.

L’eskétamine – Spravato, a obtenu l’autorisation de mise sur le marché comme anti dépresseur, en association à un inhibiteur spécifique de la recapture de la sérotonine (IRSS) ou de la Noradrénaline (IRSN), chez des patients adultes, de moins de 65 ans, pour traiter des épisodes dépressifs sévères ayant résisté à au moins deux antidépresseurs différents ou à l’électro-convulsivothérapie (aux électrochocs).

L’efficacité alléguée, magnifiée par les médias, a été soumise à une évaluation pour déterminer le service médical rendu = SMR (dans l’absolu) ainsi que l’aide au service médical rendu = ASMR (comparée aux autres traitements disponibles). Le SMR a été jugé faible/insuffisant (malgré son association à un autre antidépresseur de référence) ; l’ASMR a été jugée absente.Bref, le pschitt d’un pétard mouillé.Une forme pour instillations nasales de l’eskétamine a été développée ; elle fait florèsdans certaines soirée branchées et « rave parties ». Sa diffusion en thérapeutique a révélé
nombre d’effets secondaires, dont certains qui sont franchement adverses, conduisent à une balance bénéfices/risques éloignée de l’enthousiasme que certains s’appliquaient à diffuser (1).

Parmi les effets détectés : une dissociation (déréalisation, dépersonnalisation), des idées suicidaires, une sédation, une pharmacodépendance incitant à des mésusages et des abus, des vertiges, des nausées, des céphalées, une dépression respiratoire, des attaques de panique, des tentatives de suicide, des troubles dépressifs…

Certains espéraient qu’avec cette drogue des « raves parties », on allait enfin pouvoir adorer ce qu’on avait brulé. Les développements présents n’y concourent pas. Wokisme et cancel culture, n’épargnent pas la psychopharmacologie ; le monde de la psychiatrie compte en son sein nombre d’idéologues préparés à de tels aggiornamentos. Ils ne tarderont pas à nous en proposer d’autres, mais notre vigilance est aiguisée.

(1) Ruixe L. et coll. Pharmacovigilance of esketamine nasal spray : an analysis of the FDA adverse reporting system database. Frontiers in Pharmacology 14 juin 2024

Professeur Jean Costentin

Grandir auprès de parents alcooliques : quelles conséquences pour les enfants ?

© Getty Images / Peter DazeleyTemps de lecture

Récits d’enfance perturbés, relations familiales fracturées, troubles de confiance en soi, nombreux sont les effets délétères de l’alcoolisme au sein du foyer. Aujourd’hui, l’addiction à la boisson concerne de nombreux parents belges, une maladie qui affecte aussi la vie de leurs enfants. 

Scruter les signes sur le visage de leurs parents, vider les bouteilles dans l’évier, surveiller les consommations et trouver les cachettes… Les enfants de parents alcooliques font état d’une enfance bouleversée, marquée par l’alcool. Ils décrivent un environnement instable, des relations complexes, des sentiments troublés, une maladie à l’énorme impact sur l’entourage. Encore associé à des moments de convivialité, de fête ou de détente, l’alcool peut avoir des répercussions dommageables sur le consommateur mais également, sur sa famille. Selon Sciensano, 14% de la population belge boit de l’alcool en excès, c’est-à-dire plus de 10 unités d’alcool par semaine

Des enfances marquées par l’alcool

Les troubles alcoolodépendants des parents sont à l’origine de plusieurs difficultés pour les enfants. La première étant un climat familial instable lié à l’anxiété et l’irritabilité de la figure parentale. Dans son ouvrage « Les enfants de parents alcooliques« , le médecin addictologue Philippe Michaud distingue d’autres conséquences sur le foyer : « Les difficultés financières chroniques (un tiers du revenu est consacré en moyenne à l’entretien de la dépendance), la négligence des besoins psychiques et/ou physiques des enfants, la violence conjugale ou à l’encontre des enfants, les accidents domestiques ou de la voie publique, les abus sexuels incestueux…« 

Dans le podcast « Mes parents sont alcooliques« , de Radio France, la parole est donnée aux concernés. Ne visant pas à stigmatiser les parents ni à générer de la compassion, ce projet vise simplement à écouter les récits des enfants de parents alcoolodépendants, que l’on entend peu. Julien, 28 ans, raconte : « Le soir, mon père allait se coucher, assommé par l’alcool, et nous n’arrivions pas à raisonner ma mère, complètement bourrée. Un jour, sur le chemin du retour après un dîner chez des amis, j’ai demandé qu’on s’arrête parce que je voyais la voiture zigzaguer. J’ai pris les clés, j’ai dit « c’est fini, je veux plus. On va se planter ». C’est ce qu’on vit, nous, enfant d’alcoolique, régulièrement.« 

« Ça sent le pastis dans le lave-vaisselle »

Un homme raconte, résolu, au micro de Radio France : « Ça fait bien 20 ans que je sais que ça ne changera pas. Ma mère vit avec maintenant. En quelques secondes, je sais qu’elle est alcoolisée. Je n’ai plus de relations avec elle, c’est sûr. Je n’arrive pas à faire abstraction, quand ça arrive, je n’ai juste pas envie d’être à cet endroit. Ça me touche trop, en fait, ça me remue beaucoup trop.« 

Interviewée par le média français, une femme se souvient d’une après-midi en compagnie de sa mère : « Ça sent le pastis dans le lave-vaisselle. Maman est ivre. Je veux trouver la bouteille qui l’a rendue comme ça. J’ouvre tous les placards, je sais que je vais mettre la main dessus […]. Je vide la bouteille dans l’évier. Je me sens mieux, mais je sais que ça va recommencer.« 

En plus de la tristesse éprouvée, un phénomène courant est l’inversion des rôles parents enfants. Ces derniers se parentalisent et assument parfois la gestion du parent en plus de la leur, mais aussi du foyer. Se prendre en charge scolairement, cuisiner, protéger le parent en éloignant l’alcool du ménage et se présenter toujours sous son meilleur jour pour éviter les conflits alcoolisés. Un ensemble de situations qui peut mener à des troubles émotionnels et psychologiques, tels que l’hyperactivité, l’impulsivité, l’agressivité, des retards sur le plan cognitif et scolaire, une baisse de l’estime de soi, la dépression…

Et l’alcoolisme, ça se transmet ?

La consommation d’alcool, à l’origine d’un plaisir ressenti, vient stimuler le système de récompense du cerveau, secrétant de la dopamine. Le risque apparaît lorsque les prises se répètent : habitudes sociales ou besoin de réguler des sentiments négatifs ou positifs (tristesse, anxiété, tension, joie). L’alcoolodépendance arrive au stade où la consommation n’est plus maîtrisée, et où les individus ne peuvent plus s’empêcher de consommer de l’alcool. L’alcoolisme est une maladie chronique, et non un manque de volonté ou une faiblesse.

Selon le Centre des Addictions Bruxelles Epsylon, l’existence d’une personnalité addictive est un mythe. Processus de normalisation de l’alcool, liens génétiques, réponse au stress… L’addiction est liée à tout un contexte psychologique, affectif, familial, social, professionnel du système dans lequel l’individu évolue. Relier l’addiction aux gènes reste complexe, puisque le contexte module la vulnérabilité des individus face aux substances et que de nombreux facteurs sont à prendre en compte. 

Peut-on malgré tout dire que l’alcoolisme se transmet des parents aux enfants ? Dans l’étude « Enfants de parents affectés d’une dépendance : Problèmes et résilience« , les résultats indiquent que « les sujets alcooliques ont six fois plus de chances d’avoir des parents alcooliques que les individus non alcooliques de la population normale, et deux fois plus que ceux provenant d’une population clinique« . Plus on commence tôt et plus les risques augmentent également : boire avant 13 ans augmente de 47% le risque de devenir un adulte alcoolodépendant.

Source

Révélations: ce que deviennent les quantités de plus en plus impressionnantes de drogues saisies

Au Maroc, une lutte sans merci contre le trafic des drogues et des stupéfiants. (Y.El Harrak/Le360)

Par Mohammed Boudarham

Le 16/06/2024

Au Maroc, les autorités optent pour la destruction par incinération des drogues saisies, soit plusieurs dizaines de tonnes chaque année. Mais, en attendant que ces tonnes de résine de cannabis, de cocaïne ou de kif en tiges partent en fumée, comment se déroule leur conservation et qui est responsable de leur gestion? Éléments de réponse.

Le 3 juin, une opération conjointe de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) a permis la saisie d’une cargaison de plus de 18 tonnes de drogue à Sidi Rahal Plage. La quantité saisie constitue un record depuis le début de l’année en cours, loin devant les 10,5 tonnes saisies à Agadir le 17 mars, ou encore les 10,3 tonnes interceptées, le 27 du même mois et dans la mêle ville.

Si on sait que la destination finale des stupéfiants (cannabis, comprimés psychotropes, cocaïne et kif en tige) et des tabacs de contrebande (tabac à priser, cigarettes et autre pâtes «maâssel») saisis par les forces de l’ordre dans le cadre de leurs opérations est une décharge publique où ils sont incinérés, cette étape est précédée par d’autres verrouillées par les lois et règlements.

La phase laboratoire

Dès qu’une saisie est effectuée par l’un des corps de sécurité, civil (Sûreté nationale, douanes) ou militaire (Forces armées royales, Gendarmerie royale), des échantillons des produits récupérés sont prélevés par les éléments du Laboratoire national de la DGSN, ou envoyés pour analyse au siège de l’institution, situé sur le boulevard Roudani à Casablanca , nous explique une source sécuritaire. «À titre d’exemple, on vérifie le taux de THC d’une saisie de résine de cannabis, ou on définit le degré de pureté quand il s’agit de cocaïne», détaille notre interlocuteur.

Les résultats de ces analyses sont d’une grande utilité dans le travail de la police, puisqu’ils sont susceptibles de l’aider à déterminer la provenance de la substance en question, d’appréhender l’évolution du trafic de drogues et de surveiller les tendances sur le marché illégal des stupéfiants.

Incinération de 24 tonnes de drogue, le 31 décembre 2021 à Tanger (S. Kadry / Le360).

Quant au gros des quantités de drogue saisies, il est d’abord entreposé sous bonne garde du corps sécuritaire qui l’a intercepté, mais pas pour très longtemps. «Quand il s’agit de petites quantités, elles peuvent être confiées à la salle des scellés. Ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de plusieurs tonnes de drogues. Et les choses se compliquent quand la saisie de drogue s’accompagne de celle d’encombrants matériels, comme des véhicules ou des embarcations maritimes», poursuit notre source.

Source

2,7 millions de décès prématurés évitables par an

Chaque année en Europe, 2,7 millions de morts sont causées par le tabagisme, l’alcool, les énergies fossiles et les aliments transformés a déclaré l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ce mercredi 12 juin dans son rapport sur les déterminants commerciaux des maladies non transmissibles. Elle exhorte les gouvernements à imposer une réglementation plus stricte de ces produits nocifs pour la santé et qui mettent en péril les systèmes de santé.

Les déterminants commerciaux de la santé désignent la manière dont les acteurs du secteur commercial, leurs produits et leurs pratiques influent sur la santé. Certaines de ces industries : tabac, alcool, agroalimentaire ou encore énergies fossiles déploient de nombreuses stratégies pour entraver la mise en œuvre des politiques relatives aux maladies non transmissibles (cancers, maladies respiratoires et cardiovasculaires, diabète, etc.) causées par leurs produits.

Le Dr Hans Henri P. Kluge, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a déclaré : « Les tactiques de ces industries comprennent l’exploitation des personnes vulnérables par le biais de stratégies de marketing ciblées, la tromperie des consommateurs et la diffusion de fausses déclarations sur les bénéfices de leurs produits ou sur leurs certifications environnementales. »

Les maladies non transmissibles, première cause de mortalité en Europe

Ainsi, le rapport estime que le tabac, les combustibles fossiles, les aliments ultra-transformés (UPF) et l’alcool sont responsables de plus de 7 400 décès chaque jour dans les 53 États de la région Europe de l’OMS. Globalement, ces quatre industries causent environ 2,7 millions de décès prématurés évitables annuellement dans la région soit environ un quart (24,5 %) de toute la mortalité.

Le rapport de l’OMS met en lumière l’importance de reconnaître et d’aborder les influences commerciales sur la santé publique, en soulignant que des actions politiques et réglementaires sont essentielles pour réduire les conséquences délétères de certains acteurs économiques à l’origine de maladies non transmissibles.

Les activités des lobbys du tabac ont eu un impact significatif en retardant la mise en œuvre de politiques de santé publique efficaces, en minimisant les taxes sur le tabac, et en réduisant les restrictions sur la publicité du tabac. Ces lobbys ne se limitent pas à des activités nationales, mais exercent aussi une influence sur les régulations internationales. Ils cherchent à influencer les négociations et les décisions au sein d’organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT).

Malgré les risques pour la santé, seulement une minorité de pays européens ont appliqué des bonnes mesures dans les lieux sans tabac, ou adopté l’ensemble des bonnes pratiques en matière de lutte antitabac énoncés dans la Convention-Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Ainsi les efforts visant à rendre les produits moins attractifs par le biais d’un emballage neutre, ou à en réduire l’accessibilité par des hausses de taxe n’aboutissent souvent pas.  Tel est notamment le cas pour l’alcool ou encore pour l’étiquetage des aliments via des nutriscores.[1]

L’OMS rappelle que le tabac est responsable de plus d’un million de décès par an en Europe, soit environ 10 % de tous les décès dans la région attribuables à ce seul facteur de risque. Les combustibles fossiles sont également un facteur important, causant près de 600 000 décès chaque année, ce qui représente environ 5 % de tous les décès. L’alcool est responsable de plus de 400 000 décès annuels. Enfin, plus de 350 000 décès sont attribués à une consommation excessive de viande transformée, de boissons sucrées et d’aliments gras et salés.

Des pratiques commerciales similaires

Ces acteurs commerciaux pointés dans le rapport s’engagent dans des pratiques quasi identiques pour façonner à leur avantage les environnements structurels, politiques et d’information. Leurs principaux objectifs sont de générer des profits, de maximiser les ventes de produits et de stimuler la consommation. Ces industries dépensent des ressources considérables pour s’opposer aux politiques de santé publique, elles s’efforcent de diffuser des données scientifiques qui leur sont favorables en taisant les conflits d’intérêt. Leurs actions renforcent les inégalités sociales en matière de santé. Enfin elles externalisent les coûts liés aux dommages causés par leurs produits sur la santé humaine et environnementale et elles aggravent considérablement le poids des maladies non transmissibles dans les systèmes de santé.

Vers une mise en place de la réglementation plus stricte

Les recommandations du rapport exhortent les gouvernements européens à imposer des réglementations plus strictes sur la commercialisation des produits nocifs pour la santé. Elles appellent à limiter les pratiques monopolistiques et à protéger les politiques publiques du lobbying de ces acteurs puissants, et à privilégier la santé publique sur les intérêts catégoriels de ces agents économiques. L’action réglementaire est d’autant plus cruciale à l’ère de la mondialisation, où les accords commerciaux internationaux et les intérêts économiques transnationaux peuvent entraver les efforts visant à protéger la santé publique.

« Pendant trop longtemps, nous avons considéré les facteurs de risque comme étant principalement liés aux choix individuels. Nous devons reformuler le problème comme un problème systémique, où la politique doit contrer les ‘environnements de surconsommation’, restreindre le marketing et arrêter l’ingérence dans l’élaboration des politiques. » a rappelé Frank Vandenbroucke, vice-premier ministre belge.

L’article 5.3 de la CCLAT vise à protéger les politiques de santé publique contre l’influence de l’industrie du tabac. Il recommande de limiter et de rendre transparentes les interactions avec cette industrie, de rejeter les partenariats non contraignants, d’éviter les conflits d’intérêts, d’assurer la transparence des interactions nécessaires et de refuser les financements et dons de l’industrie du tabac. Cette approche peut être appliquée à la lutte contre les maladies non transmissibles en protégeant les politiques de santé publique des influences nuisibles, en maintenant la transparence, en évitant les conflits d’intérêts et en refusant les financements des industries contribuant aux MNT.

Enfin il est rappelé le rôle crucial de la société civile dans l’adoption et la mise en œuvre des politiques publiques. Ainsi certains pays ont obtenu des résultats positifs malgré la forte opposition de l’industrie.  Récemment, la mobilisation nationale et internationale des organisations de la société civile a contribué à l’adoption d’une législation sur le tabac en Slovénie. En Estonie, une coalition de partenaires du secteur de la santé, dont des dentistes, des infirmières et des médecins, a contribué à faire progresser la législation sur la taxation des boissons sucrées.

Source

« Un coup de massue »: alcool interdit dans les kermesses

Comment les parents s’organisent à Rennes

Début mars 2024, la ville de Rennes a rappelé la règle à tous les directeurs d’établissements scolaires : l’alcool à la fête de l’école, c’est non. Ou alors sous certaines conditions. Des associations de parents d’élèves s’inquiètent du manque à gagner. La kermesse est souvent leur principale source de revenu. Une manne directement versée aux écoles pour mener des projets éducatifs et favoriser l’inclusion.

À Rennes, la mairie a rappelé la règle, début mars 2024, la tireuse à bière la fête de l’école : c’est non. Enfin presque… (photo d’illustration).

À Rennes, la mairie a rappelé la règle, début mars 2024, la tireuse à bière la fête de l’école : c’est non. Enfin presque… (photo d’illustration). | ARCHIVES OUEST-FRANCE.

« À Rennes, ça secoue le landerneau des Associations de parents d’élèves (APE) », confie Stéphane Tomczak, président de celle du groupe scolaire Châteaugiron Landry.

Dans un courriel envoyé aux directeurs d’école, début mars 2024, la mairie a rappelé à tous les directeurs d’école la réglementation concernant la vente d’alcool pendant les traditionnelles kermesses de fin d’année. « Conformément à la loi, il est interdit d’installer un débit de boissons de ce type à moins de 100 mètres d’un établissement », précise la Ville, qui s’appuie sur un arrêté préfectoral. Exit donc la tireuse à bière sous le préau pendant que les enfants jouent à la pêche au canard.

« On a tous appris la nouvelle avec inquiétude, raconte Stéphane Tomczak. La kermesse c’est ce qui génère le plus d’argent pour aider…

Lire la suite

Boire de l’alcool dans l’avion peut s’avérer mortel, selon une étude

Selon les conclusions d’une récente étude, l’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le cœur des passagers et engendrer des conséquences dramatiques.

Johanna Amselem

mar. 4 juin 2024 à 10:41 AM UTC+2

L’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le coeur des passagers(Getty Images)

Vous avez l’habitude de boire un verre de vin, une coupe de champagne ou une bière pendant vos voyages en avion ? Ce n’est peut-être pas une très bonne idée. Grâce à une récente étude menée auprès de 48 personnes et publiée dans la revue Thorax, les chercheurs ont constaté que boire de l’alcool à bord d’un avion pouvait avoir des conséquences mortelles.

En effet, l’alcool combiné à la pression de l’avion peut impacter le cœur des passagers. Précisément, cela pourrait réduire l’oxygène dans le sang et augmenter la fréquence cardiaque. « La consommation d’alcool à bord constitue un risque sous-estimé pour la santé qui pourrait être facilement évité. Il pourrait être bénéfique d’envisager de modifier la réglementation pour restreindre l’accès aux boissons alcoolisées à bord des avions », recommandent des universitaires de l’Institut de médecine aérospatiale d’Allemagne dans des propos rapportés par The Sun.

De faibles niveaux d’oxygène dans le sang

Les chercheurs rappellent que les arrêts cardiaques sont à l’origine de 58 % de tous les déroutements d’avions. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont surveillé la fréquence cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang et le sommeil d’un petit groupe de personnes. La combinaison de l’alcool et d’une faible concentration d’oxygène à haute altitude réduisait la qualité du sommeil et conduisait à une durée prolongée de faibles niveaux d’oxygène dans le sang.

« Ensemble, ces résultats indiquent que même chez les individus jeunes et en bonne santé, la combinaison de la consommation d’alcool et du sommeil dans des conditions hypobares exerce une pression considérable sur le système cardiaque et pourrait conduire à une exacerbation des symptômes chez les patients atteints de troubles cardiaques ou pulmonaires« , mettent en garde les auteurs. Selon eux, les passagers souffrant d’apnée du sommeil et de problèmes respiratoires devraient s’abstenir de boire pendant 12 heures avant et pendant le vol.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑