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Alcool : comment le cerveau récupère-t-il après une période d’abstinence ?

Par Benjamin ROLLAND, psychiatre, addictologue, maître de conférences des universités, praticien hospitalier, Inserm U1028 / CNRS UMR5292, responsable du Sual (Service universitaire d’addictologie de Lyon), Université Claude Bernard Lyon 1

La consommation excessive d’alcool a des conséquences sur le cerveau. Elles peuvent être limitées et même inversées après un arrêt prolongé de la consommation d’alcool, mais toutes les régions du cerveau ne récupèrent pas de la même façon.

Au cours des cinquante dernières années, la consommation d’alcool a diminué régulièrement en France, une baisse principalement imputée à la diminution de la consommation de vin. Malgré tout, aujourd’hui, encore 10 % des Français adultes sont en difficulté avec l’alcool.

La consommation excessive d’alcool n’est pas sans dommage sur le cerveau. De nombreuses études ont révélé que le volume de structures cérébrales impliquées dans la cognition et l’apprentissage se réduit de façon conséquente chez les personnes dépendantes à l’alcool. Cette diminution est partiellement réversible après un arrêt prolongé de la consommation, mais toutes les régions du cerveau ne récupèrent pas de la même façon. Quelles sont celles qui bénéficient d’un arrêt de l’alcool ? Et, dans le cas de celles qui n’en bénéficient pas, quelles en sont les conséquences ?

L’alcool diminue le volume cérébral

Même chez des buveurs modérés mais réguliers, une réduction globale du volume cérébral a été constatée. Elle n’est toutefois pas définitive : à l’arrêt de l’alcool, on constate une récupération partielle du volume du cerveau, qui s’accompagne d’une amélioration des capacités cognitives. De nombreux facteurs influent sur cette récupération : l’âge, le genre, des facteurs génétiques, l’existence d’antécédents familiaux d’addiction à l’alcool, le tabagisme, etc.

L’altération cérébrale liée à l’alcool peut-elle, elle-même, influencer les comportements liés aux addictions ? En d’autres termes, peut-elle augmenter les risques de rechute ? Pour le savoir, la première étape était de déterminer quelles régions cérébrales, parmi celles impliquées dans l’addiction, s’avéraient les plus touchées par ces variations de volume. L’équipe de Timothy Durazzo et Dieter Meyerhoff, sans doute les auteurs les plus connus dans le domaine de la neuroimagerie structurale dans l’alcoolodépendance, s’est récemment penchée sur la question.

Une récupération immédiate

Les chercheurs ont analysé par IRM les cerveaux de 85 personnes alcoolodépendantes une semaine, un mois et sept mois après qu’elles ont arrêté de consommer de l’alcool, et les ont comparés aux images cérébrales d’individus témoins consommant très peu ou pas d’alcool, donc sans dépendance.

Étaient considérées comme dépendantes les personnes dont la consommation avait été de plus de 204 verres d’alcool dits « standards » (un verre standard correspond à peu près à un « ballon » de 12 cl de vin soit 10 g d’éthanol) par mois au cours des huit dernières années pour les hommes, et 108 verres pendant les six dernières années pour les femmes. Cette différence s’explique par le fait que les hommes éliminent l’alcool plus rapidement que les femmes, et que les effets cérébraux et organiques sont plus importants chez ces dernières, à dose égale.

Au sujet des différences entre les genres, il est intéressant de souligner que si les hommes nés entre 1891 et 1910 étaient trois fois plus susceptibles que les femmes nées à la même période d’avoir un usage problématique de l’alcool, ce ratio s’est progressivement amenuisé au cours du XXe siècle. Au point qu’aujourd’hui, il n’existe plus d’écart significatif entre les garçons et les filles nés entre 1991 et 2000.

Dans l’étude, les IRM ont révélé que toutes les régions étudiées (cortex cingulaire antérieur, insula, cortex préfrontal dorsolatéral, cortex orbitofrontal) étaient altérées au moment où les participants entamaient leur période d’abstinence. Après l’arrêt de l’alcool, néanmoins, le volume des structures cérébrales affectées augmentait à nouveau au fil du temps, et ce dès que les personnes cessaient leur consommation. Les effets de l’arrêt de consommation étaient en effet détectables dès la première semaine ou le premier mois d’arrêt. Ces récupérations suivaient toutefois des trajectoires très différentes selon les individus, certains récupérant moins bien que d’autres.

En outre, une structure ne récupérait jamais : l’hippocampe. Or celle-ci joue un rôle important la mémorisation, en particulier dans la formation de nouveaux souvenirs.

Des différences qui expliqueraient l’inégalité face à l’alcool

Les anomalies neurobiologiques survenant dans l’hippocampe semblent donc plus persistantes que celles se produisant dans le cortex. Ceci pourrait entraîner des problèmes d’apprentissage, en particulier en ce qui concerne les nouvelles tâches intervenant dans la gestion de l’abstinence sur le long terme. Conjugué au fait que la plasticité de la matière grise observée durant l’abstinence varie d’un individu à l’autre, ceci suggère que certaines personnes pourraient présenter plus de risques de rechute.

L’étude avait toutefois certaines limites. D’abord, aucune IRM n’avait été réalisée avant l’arrêt de l’alcool. L’obtention de tels enregistrements est bien entendu difficile, en raison de contraintes à la fois techniques et éthiques. Ensuite, la plupart des sujets n’avaient pas passé les trois enregistrements successifs (à une semaine, un mois et sept mois après l’arrêt de l’alcool), ce qui limite la valeur des données recueillies. Enfin et surtout, aucune mesure cognitive associée n’a été réalisée (ce point doit faire l’objet de recherches futures). C’est regrettable, car elles auraient été nécessaires pour montrer que les atteintes des structures cérébrales ont de réelles significations cliniques.

À la recherche des origines de la susceptibilité individuelle

Les études du même type déjà réalisées sur des sujets alcoolodépendants ont montré qu’ils subissent deux types d’atteintes. D’une part, des atteintes qu’on peut qualifier « d’irritation », à la fois diffuses et fréquentes, mais aussi réversibles après arrêt de l’alcool. D’autre part, des atteintes devenues « fixées », qui perdurent bien après l’arrêt de l’alcool.

Dans ce contexte, beaucoup de questions restent sans réponse. D’abord, même si l’on suspecte l’existence d’un lien fort avec les atteintes cognitives (lesquelles se séparent d’ailleurs selon les deux mêmes types – « irritatifs » et « fixés »), celui-ci n’a jamais vraiment été correctement étudié jusqu’à présent, alors qu’il a une importance évidente en pratique. Ensuite, il est crucial de comprendre pourquoi certaines atteintes (la plupart) sont réversibles, alors que d’autres se figent et laissent des traces, sinon indélébiles, au moins durables. Enfin, il est essentiel de comprendre pourquoi certains sujets sont plus exposés que d’autres aux atteintes fixées.

S’agit-il d’une question de dose et de durée d’exposition à l’alcool ? Trop simpliste, sans doute. Les différences observées d’un patient à l’autre s’expliquent probablement par des facteurs individuels de susceptibilité neurobiologique à l’alcool, encore méconnus. Mieux connaître ces déterminants sera l’enjeu majeur des prochaines années pour les chercheurs.

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

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Les bienfaits du cannabis ?

«Dry January» : ces conseils pour relever le défi du mois de janvier sans alcool

Ecouter l’émission https://www.europe1.fr/videos/embed/4158275

De nombreux Français ont consommé de l’alcool pour les fêtes de Noël et du Nouvel an. Face aux possibles excès, certains veulent se rattraper avec le « Dry January », le mois de janvier sans alcool. Dans l’émission « Bienfait pour vous », Laurence Cottet, autrice de « Non ! J’ai arrêté », partage ses astuces pour relever le défi.

Après les excès des fêtes, il est temps pour beaucoup de ralentir sur la consommation d’alcool. Certains vont s’essayer ou s’essayent depuis le jour de l’An au défi du « Dry January », c’est-à-dire un mois de janvier sans alcool.

Ce challenge s’adresse à tout le monde, et particulièrement à toutes celles et tous ceux qui s’interrogent sur leur consommation ou qui désirent faire une pause. Pour réussir ce défi, Laurence Cottet, autrice de Non ! J’ai arrêté, donne quelques conseils dans l’émission Bienfait pour vous.

Ne pas voir ce défi comme une punition

« D’abord, il ne faut pas le faire comme une punition. Il faut vraiment prendre la décision de le faire », prévient-elle auprès de Mélanie Gomez et Julia Vignali. L’autrice, qui raconte dans son livre comment elle est arrivée à limiter drastiquement sa consommation d’alcool, explique que le Dry January doit être « ludique et pédagogique » pour toutes les personnes qui veulent relever le défi. 

« C’est pour apprendre aussi des informations sur l’alcool, ses méfaits, etc », ajoute Laurence Cottet.

Relever le challenge en groupe

L’autrice de Non ! J’ai arrêté, conseille également de réaliser ce challenge entouré. « Il y a des groupes d’entraide, notamment sur Facebook, à commencer par le mien, Alcool Addiction France Janvier », partage-t-elle, soulignant que ce groupe compte 3.500 membres. « C’est génial parce que vous mettez un post en disant que vous avez démarré, mais que ça va être compliqué, et vous avez plein de gens qui répondent que vous n’êtes pas tout seul. »

« Ne le faites pas seul, et profitez de ce janvier sobre pour vous interroger sur votre relation à l’alcool », ajoute Laurence Cottet. Et pour les participants qui ne parviendraient pas à tenir le zéro alcool en janvier, pour cause d’anniversaire ou autre, pas de panique selon le docteur Christele Peybernard, psychiatre addictologue, le principal est de réduire sa consommation. « Il y aura un bénéfice de toute manière », relève-t-elle.

En s’appuyant sur des études, le docteur affirme que le mois de janvier sans alcool « apporte des bénéfices sur la santé, le sommeil, la peau, la baisse du poids, de la tension artérielle, de la glycémie, du cholestérol pour ceux qui en ont, et les effets bénéfiques se voient au-delà du mois ».

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TEMOIGNAGES. Pas d’alcool au réveillon du Nouvel An, voici leurs explications

Ecrit par Vincent Ballester.

Assortiment de boissons non-alcoolisées pour les fêtes : jus de fruits, eau du robinet de Strasbourg (ou rémoise), sodas, eau de source, boissons festives pétillantes, etc.
Assortiment de boissons non-alcoolisées pour les fêtes : jus de fruits, eau du robinet de Strasbourg (ou rémoise), sodas, eau de source, boissons festives pétillantes, etc. • © Vincent Ballester, France Télévisions

Certaines personnes profitent des réveillons de fin d’année sans consommer la moindre goutte d’alcool. Elles ont expliqué pourquoi à France 3 Champagne-Ardenne.

Sans alcool, la fête est plus folle. Beaucoup ne croient pas à cet adage, mais il n’empêche que certaines personnes se passent de la moindre goutte d’alcool lors des réveillons de fin d’année.

Raisons de santé, pas d’envie particulière, nécessité de rester sobre pour conduire… France 3 Champagne-Ardenne a lancé un appel à témoignages, qui montre que les raisons de cette abstinence peuvent être fort diverses et variées.

La sécurité avant tout

Maxime Gallet invoque la sécurité. « J’ai eu ma fille il y a deux ans, et depuis je ne bois pas pour rentrer en sécurité à la maison avec ma petite famille. Le réveillon du Nouvel An est fait pour passer de bons moments en famille. Ma femme admire le fait que je ne bois pas, elle se sent rassurée quand je prends la voiture après les fêtes. »

Et la santé aussi

Coraline n’a bu ni à Noël, ni au Nouvel An. « Je ne bois pas d’alcool car j’ai fait une cure en avril et je n’ai toujours pas repris. Mes proches sont contents, comme ça je peux conduire et m’occuper des enfants [rires]. Et comme dit le dicton : sans alcool, la fête est plus folle. »

Le travail en embuscade

Kody est un sapeur-pompier volontaire (SPV) des Ardennes. « Étant d’astreinte le soir du réveillon, je me dois de ne pas boire d’alcool. Je suis jeune conducteur également, et je ne faisais pas le réveillon chez moi. Je n’y ai pas le droit, même si un verre serait bien. La tolérance zéro est importante, pour toutes personnes reprenant le volant. Ma famille est assez étonnée que je ne puisse pas boire un verre, mais les lois restent les mêmes au moment des fêtes. » Il termine par un conseil. « Faites attention à vous sur la route. » 

Cela peut paraître surprenant pour certaines et certains, mais pas besoin d'une célèbre bière alsacienne, d'un fastueux champagne, ou d'un bon riesling millésimé pour passer une chouette soirée.
Cela peut paraître surprenant pour certaines et certains, mais pas besoin d’une célèbre bière alsacienne, d’un fastueux champagne, ou d’un bon riesling millésimé pour passer une chouette soirée. • © Vincent Ballester, France Télévisions

On s’amuse très bien sans

L’alcool ? Il n’apporte « rien » à Élise Rémy. « Faire une fête sans orgie alcoolisée semble inconcevable pour beaucoup. Pourtant, une soirée 100 % non alcoolisée s’avère tout à fait possible. Boire n’est pas en soi une nécessité. S’amuser, prendre du bon temps, créer des liens sont faisables sans nécessairement ingurgiter des doses excessives d’alcool. On peut très bien s’amuser sans. Souvent, les gens ne comprennent pas qu’on puisse passer un bon repas sans goûter à l’alcool. Personnellement l’alcool ne m’apporte rien. Je suis très bien sans. » Elle finit avec un petit appel bienvenu. « Je respecte les gens qui boivent, alors respectons les gens qui ne boivent pas. »

Moins de verres pour soi, plus d’attention aux autres

Alexis Maravilha s’amuse très bien sans boire. « Je ne bois d’alcool car je trouve ça inintéressant. Et cela peut me permettre de m’occuper des personnes qui ont bu. En contrôlant si elles sont aptes à conduire ou non, si elles doivent rester avec nous, si il faut les stopper. J’ai déjà goûté à différents alcools et je n’ai pas aimé, hormis une coupe de champagne. Au final, je ne bois pas et mes soirées se passent tout aussi bien. » 

Manon livre un joli souvenir. « Quand j’étais jeune et que l’on allait en soirée avec mes parents, papa disait toujours à maman : ‘on fait moitié moitié, j’emmène la voiture, et toi tu la ramènes’. Aujourd’hui, je ne bois pas, je sers de Sam à mes parents. Ils peuvent profiter pleinement de leurs soirée. »

Marie est une Sam : elle ne boit pas d'alcool pour ramener en voiture les personnes qui en ont consommé. On voit ici sa bouteille d'eau.
Marie est une Sam : elle ne boit pas d’alcool pour ramener en voiture les personnes qui en ont consommé. On voit ici sa bouteille d’eau. • © Marie

De son côté, Marie est également une Sam. « Depuis des années, je préfère ne pas boire pour reprendre le volant. Une fois, au Nouvel An, on m’a dit : ‘bois  un coup’. J’ai été tentée par l’ambiance. Et après, je n’étais pas en état de reprendre le volant. Et les autres étaient bien alcoolisés. Donc ça m’a bien refroidie. » 

Les moqueries et responsabilités, merci bien

Raccompagner les autres car elle n’a pas bu, ça agace au contraire un peu Cécile. « Mon conjoint et moi ne buvons pas d’alcool. On n’aime pas et on n’en voit pas l’intérêt. Le problème, c’est que bien souvent, on ne prévoit rien de ‘bon ou festif’ à la place. À croire que seuls les apéros alcoolisés comptent et qu’on ne sait rien boire d’autre de bon. Alors qu’il existe tellement de bon jus de bons fruits, cocktails, ou autres. Ou alors on est relégué au rang des gamins avec sirop et soda… » 

Quand vous dites que vous n’aimez pas, vous avez l’impression que vous-même n’êtes pas normal. Cécile, qui ne boit pas d’alcool au réveillon

« En plus on nous laisse bien souvent les responsabilités alors qu’on n’en veut pas. C’est bien malheureux à dire, mais… La consommation d’alcool, comme le vin, appartenant à la culture et au patrimoine français, est tellement forte et élargie à l’alcool en général… Que quand vous faites le choix de ne pas boire, et dites que vous n’aimez pas, vous avez l’impression que vous-même n’êtes pas normal. Puisque tout le monde aime ça, et que vous ne respectez pas les règles de la société qui a banalisé l’alcool. Bien souvent, le vin, champagne, et autres de ce genre ne sont même pas considérés comme de l’alcool. Contrairement à de l’alcool plus fort, type whisky, vodka, et autres. »

Montrer l’exemple

Pour Gégé, les raisons sont plutôt « simples. Mon compagnon et moi-même ne buvons pas d’alcool au réveillon, et de manière très rare d’ailleurs… Je trouve cela totalement ridicule, j’ai les enfants et je veux leurs montrer que l’on peut passer un bon moment sans forcément boire de l’alcool. Mes proches ne comprennent pas forcément, mais respectent. »

Pas d’alcool, pas de disputes

Un homme souhaitant conserver l’anonymat, sans doute pour éviter de subir les foudres des lobbies de l’alcool, raconte que « c’est mon cas. Mais pas que : nous sommes une tablée de 25 environ qui ne boit pas une seule goutte d’alcool (et c’était déjà le cas pour Noël). En ce qui me concerne, c’est une nouveauté : il n’y avait pas un réveillon, depuis que je suis adulte, où je ne buvais pas un ou plusieurs verres. Ce sera la première fois cette où je n’angoisserai pas en me demandant comment va se dérouler la soirée. Souvent, cela dégénérait et se terminait en engueulades violentes. »

Un très mauvais souvenir

Constance Lagarde a 26 ans, mais contrairement à nombre de personnes de son âge, profite de ses soirées et festivités autrement : l’alcool, très peu pour elle depuis une situation très difficile survenue lors du Nouvel An 2020. « Mon ex-compagnon n’a pas su se retenir de boire, plus qu’il ne fallait : une bouteille de whisky à lui seul. Il pensait avoir l’alcool gentil : il faisait des câlins à tout le monde. Mais il a fini par avoir le vin méchant. Il est devenu incontrôlable en fin de soirée, il a levé la main sur moi, et a failli me tuer en m’étranglant. On a dû faire intervenir la police, j’ai porté plainte, et je l’ai quitté. »

J’ai toujours peur lorsqu’il y a énormément d’alcool aux fêtes. Constance Lagarde, qui ne boit quasiment plus depuis qu’on a tenté de l’étrangler

 « Depuis, je ne bois plus d’alcool, ou alors vraiment juste un seul verre lors de grandes occasions. Je me contente de boire du soft [toute boisson sans alcool; ndlr] et cela ne m’empêche pas de faire la fête et de profiter de l’ambiance. Mais j’ai toujours peur lorsqu’il y a énormément d’alcool aux fêtes. Et je me méfie énormément. Je me prive même parfois d’aller dans certaines soirées où je sais que les gens ne savent pas s’empêcher de trop boire, pour éviter d’assister à des bagarres ou de voir les gens saouls, ce qui me gâche la fête de mon point de vue. Je pense qu’on peut très bien s’amuser sans avoir recours a la consommation d’alcool. »

Pour rappel et en guise de conclusion, l’abus d’alcool nuit à la santé, selon une expression consacrée.

Source France 3

Lettre du CNPERT de Janvier 2023

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Les membres du CNPERT vous souhaitent en 2023 autant de joie et de plaisir que cette biche

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Dry January : 5 bonnes raisons de ne pas boire d’alcool pendant un mois

Vous buvez peut-être trop d'eau et ça peut être dangereux pour votre santé

Plus que quelques jours avant que le mois de janvier pointe le bout de son nez. Et comme chaque année, de nombreuses personnes adopteront une bonne hygiène de vie en commençant par le Dry January. Une tradition qui persiste et qui consiste à ne pas boire de l’alcool jusqu’au 30 janvier. Voici 5 raisons de se mettre au mocktail.

D’après l’agence sanitaire Santé publique France, la consommation d’alcool est la deuxième cause de mortalité. C’est pour cela que sur le même principe que le Mois sans Tabac, plusieurs associations concernées par l’addiction, le cancer et la santé publique ont repris le concept du Dry January pour inciter les Français à arrêter l’alcool pendant un mois et prendre conscience de cet effet sur leur corps et leur comportement. Si l’alcool a un effet très festif, il est surtout dangereux pour la santé avec de nombreux effets néfastes.

La perte de poids

On ne vous l’apprend pas, mais les boissons alcoolisées sont très caloriques. Si vous avez tendance à boire beaucoup, cela risque de se faire ressentir dans vos jeans… Et oui, qui dit calories, dit prise de poids. En janvier 2019, le Docteur Richard De Visser, professeur à l’université de Sussex en Angleterre, a révélé que 54% des participants du Dry January avaient perdu du poids. Pour garder la ligne, vous savez par quoi commencer.

Un sommeil réparateur

Vous avez l’impression de mieux dormir en ayant bu ? C’est une erreur. L’alcool altère la quantité et la qualité de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Si vous buvez souvent de l’alcool, votre cycle du sommeil en est perturbé et vous risquez de faire des insomnies. Toujours d’après l’étude du Dr Richard Visser, 70% des personnes qui ont arrêté de boire de l’alcool en janvier ont mieux dormi.

Une belle peau

Teint pâle, acné… L’alcool peut en être la cause. Boire a un effet diurétique et par conséquence votre corps va être déshydraté. Une consommation excessive ou régulière assèche la peau et peut même être ridée beaucoup plus vite. C’est pour cela qu’il est conseillé de boire beaucoup d’eau après les excès pour éliminer les toxines et réhydrater votre corps. Un mois sans alcool va vous aider à retrouver une belle peau pulpeuse et lumineuse.

Des économies

Si votre santé vous remerciera d’arrêter de boire de l’alcool, votre compte en banque aussi. 86% des personnes sondées par le professeur de l’université de Sussex, qui ont décidé de ne plus toucher à une seule goutte pendant un mois, ont réussi à faire des économies. Ce qui n’est pas négligeable, surtout après les fêtes.

Une meilleure santé

Un mois sans alcool peut faire des miracles… D’après l’enquête du professeur, 65% des sondés avaient une meilleure santé générale. Consommer de l’alcool régulièrement élève la pression artérielle, favorise le risque d’hypertension, d’hémorragie cérébrale et de cirrhose du foie, une maladie chronique et irréversible. Vous pouvez aussi souffrir de troubles du rythme cardiaque et augmenter le risque de mort subite. Pour être en forme et en bonne santé, il est préférable de se faire plaisir avec de bons smoothies.

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Cannabis ou placebo, même effet

Selon une étude parue dans The Journal of the American Medical Association (JAMA) Network Open, la majorité des essais cliniques évaluant l’effet du cannabis sur la douleur indiquent que les placebos ont un effet analgésique aussi puissant. Or, l’abondante couverture médiatique de ces études cliniques passe souvent sous silence que les vertus du cannabis sont équivalentes à celles du placebo.

Étant donné l’intérêt croissant du cannabis pour traiter les douleurs persistantes et récalcitrantes, une équipe de chercheurs du département de neurosciences cliniques de l’Institut Karolinska, en Suède, a voulu évaluer l’ampleur de l’effet placebo mesuré dans des essais cliniques randomisés à double insu (c’est-à-dire que, d’une part, les patients qui reçoivent le placebo sont choisis au hasard et que, d’autre part, les patients et les expérimentateurs ignorent ce que chaque patient reçoit) comparant un composé actif issu du cannabis (un cannabinoïde) à un placebo ayant la même apparence, la même odeur ou le même goût.

Ils ont donc analysé les résultats de 20 études publiées depuis septembre 2021 qui regroupaient au total 1459 personnes âgées de 33 à 62 ans, dont un peu plus de la moitié étaient des femmes. L’intensité de la douleur était estimée (par le biais d’une auto-évaluation) avant et après le traitement (par le cannabinoïde ou le placebo).

Cette méta-analyse n’a pas montré une différence significative entre l’effet du placebo et celui du véritable cannabinoïde pour soulager les douleurs éprouvées par les participants, à l’instar d’une autre méta-analyse publiée en 2021 dans la revue Pain. « Le placebo procurait un soulagement modéré à élevé et cliniquement approprié », ce qui suggère que « l’effet placebo contribue considérablement à la réduction de la douleur observée dans ces essais cliniques randomisés », écrivent les chercheurs dans The JAMA Network Open.

De plus, la durée de l’essai clinique, qu’il soit de 45 minutes ou de plusieurs mois, n’a eu aucun effet significatif sur la réponse au placebo.

Ces scientifiques ont également observé une association entre le risque de biais dans une étude et la force de l’effet placebo qui y a été mesurée. Plusieurs essais cliniques comparant un cannabinoïde à un placebo échouent en effet à cacher adéquatement ce que reçoit le patient, car de nombreux participants arrivent à distinguer le placebo du cannabinoïde actif, en dépit du fait qu’ils ont les mêmes odeurs, goûts et apparences. Or, ces études conduisent généralement à une surestimation de l’efficacité du cannabis, soulignent les chercheurs.

 Des études ont montré que des reportages dans les médias de masse et la presse populaire ainsi que des informations obtenues sur Internet stimulaient les attentes envers un traitement

— Les auteurs de l’étude

Parmi les études analysées par les chercheurs de l’Institut Karolinska, celles qui présentaient un faible risque de biais (c’est-à-dire qui cachaient le mieux ce qui était administré aux participants) étaient aussi celles où la réponse au placebo était la plus élevée. « Probablement que, dans ces études, les participants réussissaient à maintenir leurs attentes positives face au traitement tout au long de l’essai et bénéficiaient ainsi davantage de l’effet placebo », avancent les auteurs de l’étude.

Ces derniers soulignent par ailleurs le fait que « les facteurs contextuels jouent un rôle important dans les réponses placebos ». « Les communications au sujet des traitements, de leur efficacité et de leurs effets indésirables façonnent les attentes des patients ainsi que leur réponse au placebo », relatent-ils dans un article paru dans Nature Reviews Neuroscience.

Pour cette raison, ils ont analysé la couverture médiatique (par les médias de masse et par les revues scientifiques) qu’avait reçue chacune des études cliniques de leur méta-analyse.

Ils ont observé que ces études visant à évaluer l’effet des cannabinoïdes sur la douleur avaient fait l’objet d’une très grande attention médiatique et d’un fort engagement sur les réseaux sociaux. Ceux-ci étaient le plus souvent positifs, et ce, indépendamment des résultats cliniques qui, eux, étaient peu tranchés en faveur du cannabis, comme l’ont décrit les chercheurs dans la première partie de leur article.

Ils ont notamment trouvé que les articles de nouvelles et les blogues, particulièrement, avaient un fort biais positif envers l’efficacité des cannabinoïdes dans le traitement de la douleur. Les scientifiques de l’Institut Karolinska croient que cette couverture médiatique favorable pourrait même expliquer en partie les fortes réponses placebos qu’ils ont observées dans leur méta-analyse, car « des études ont montré que des reportages dans les médias de masse et la presse populaire ainsi que des informations obtenues sur Internet stimulaient les attentes envers un traitement ».

« Cette attention médiatique hors du commun composée de reportages positifs envers les cannabinoïdes faisant fi des résultats scientifiques [soit de l’ampleur de l’effet examiné ainsi que de la qualité des études] pourrait contribuer à maintenir de hautes attentes chez les personnes qui participeront à de futurs essais cliniques, voire influencer leur réponse placebo. Et de ce fait, elle pourrait avoir un impact sur les résultats de ces futures études, de même que sur les décisions réglementaires, la pratique clinique ainsi que l’accès des patients aux cannabinoïdes pour soulager leur douleur », concluent-ils.

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DOULEUR POST-OP : Le cannabis pourrait au contraire l’exacerber

Dans cette situation précise, après une chirurgie, le cannabis pourrait avoir l’effet contraire de celui attendu et espéré : cette étude menée par une équipe de la Cleveland Clinic et présentée lors du Congrès annuel 2022 Anesthesiology suggère en effet que la consommation de cannabis peut exacerber la douleur post-op.  

« Le cannabis est de plus en plus utilisé comme traitement alternatif de la douleur chronique, mais il existe peu de données précisant comment le cannabis peut affecter les résultats des patients après une chirurgie », résume l’auteur principal, le Dr Elyad Ekrami, chercheur à l’institut d’anesthésiologie de la Cleveland Clinic. « Notre étude montre que les adultes qui consomment du cannabis ressentent plus -et pas moins- de douleur postopératoire. Ces mêmes patients vont donc faire une consommation plus élevée d’opioïdes après la chirurgie ».

Cannabis, plus de douleur post-op et plus d’opioïdes

L’étude a analysé les dossiers de 34.521 patients, dont 1.681 consommateurs de cannabis, ayant subi des chirurgies électives à la Cleveland Clinic de janvier 2010 à décembre 2020. Les consommateurs de cannabis en avaient consommé dans les 30 jours précédant la chirurgie, tandis que les autres participants n’en avaient jamais consommé. L’analyse révèle chez les patients consommateurs de cannabis :

  • des niveaux de douleur accrus de 14 % au cours des 24 premières heures suivant la chirurgie – vs témoins ;
  • chez ces mêmes patients, une consommation d’opioïdes accrue de 7 % après la chirurgie.

Mais ne peut-on imaginer que les patients éprouvant les niveaux de douleur les plus élevés consomment alors plus de cannabis (?)

« L’association entre la consommation de cannabis, les scores de douleur et la consommation d’opioïdes a déjà été rapportée dans des études plus petites », ajoutent les auteurs, qui précisent que leur étude est plus large et n’a pas inclus les patients souffrant de douleur chronique ou ceux ayant reçu une anesthésie locale.

De plus, l’étude a bien pris en compte les facteurs de confusion possibles, dont l’âge, le sexe, le tabagisme et la consommation d’autres substances, ainsi que la dépression et les troubles psychologiques.

Des recherches supplémentaires devront donc être menées pour mieux cerner les effets du cannabis post-op ou plus largement en cas de douleur aiguë. D’autant que l’augmentation post-opératoire des doses d’opioïdes après la chirurgie, chez les patients consommateurs de cannabis est en soi préoccupante.

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