Le cannabis persiste jusqu’à 6 jours dans le lait maternel
Selon des chercheurs américains,le THC (principe actif du cannabis) pourrait persister jusqu’à 6 jours après consommation dans le lait maternel. Devant le manque de données concernant l’impact neurologique sur les nourrissons, les scientifiques appellent naturellement les femmes allaitantes à stopper toute prise de marijuana.
Des scientifiques de l’Université de Californie à San Diego ont cherché à savoir quels composants du cannabis pénètrent dans le lait maternel et combien de temps ils y restent. Pour cela, ils ont étudié 54 échantillons provenant de jeunes mères consommant du cannabis à des degrés divers.
Résultat, ils ont détecté du tétrahydrocannabinol, ou THC, le principal composant psychoactif de la marijuana, dans 63% des échantillons de lait maternel. Et ce jusqu’à six jours après la dernière consommation déclarée par la mère.
« La quantité de THC potentiellement absorbée par le nourrisson était relativement faible », explique Christina Chambers, principale auteure de ce travail. « Mais nous ne savons toujours pas si cette dose peut être délétère pour le bébé. » Les conseils des chercheurs ne peuvent donc aller que dans le sens de ceux de l’Académie américaine de pédiatrie. A savoir, s’abstenir de toute consommation au cours de l’allaitement.
Anne Souyris, adjointe Santé et Relations avec l’AP-HP du maire de Paris, vient de proposer la création de quatre nouvelles salles de shoot. Une aberration ne venant jamais seule, elle y adjoint (évidemment), pour satisfaire toute la population des toxicomanes, un bus itinérant pour aller au-devant des fumeurs de crack, dans les rues de la capitale.
Il y a quatre ans, le ministre de la « Santé », Marisol Touraine, assignait à ces salles de shoot un caractère expérimental dont les résultats devaient être analysés pendant six ans ; leur existence serait alors reconsidérée. Les résultats doivent être jugés si positifs que madame Souyris propose déjà d’en ouvrir plein d’autres. Ce fut pourtant dans la douleur que les habitants du quartier de la gare du Nord accueillirent cette salle ; douleur qui, d’ailleurs, n’est toujours pas calmée.
Cette grande première, qui n’a que deux ans d’existence, n’a été suivie que par Strasbourg, après une inconvenante course-poursuite pour savoir qui, de Paris ou de Strasbourg, pourrait se glorifier d’être la première ville à s’en doter – ainsi qu’à s’endetter, car leur coût de fonctionnement est exorbitant.
La proximité de l’hôpital Lariboisière venait sécuriser le processus d’accueil des « overdoses », justification principale du « Shootez-vous en toute sécurité ». Cela a été une incitation à l’auto-administration de plus fortes doses de drogues ; ainsi, le nombre d’« overdoses » s’est accru, mais la mortalité s’est réduite, du fait de la sécurité apportée par l’hôpital voisin.
Les deux arguments principaux de ces salles de shoot étaient, au nom de la « réduction des risques », la prise en charge des overdoses et la prévention de la contamination par les virus du SIDA et de l’hépatite C, résultant de l’échange de seringues contaminées. Ces deux arguments sont fallacieux.
On dispose, désormais, d’un agent bloquant les récepteurs sur lesquels agissent l’héroïne, la morphine, la méthadone et d’autres opioïdes, pour déclencher l’inhibition de la respiration, qui caractérise « l’overdose » ; il s’agit de la naloxone : Nalscue®, qui peut être administrée, en spray, par quiconque, en tous lieux, hors les salles de shoot.
Depuis longtemps, la contamination par le virus du SIDA n’est plus le fait des toxicomanes, qui accèdent librement et le plus souvent gratuitement à la fourniture de seringues et d’aiguilles. Elle est, principalement, le fait de pratiques homosexuelles masculines, avec des partenaires multiples, s’adonnant à des injections de drogues stimulantes pour leur permettre d’« assurer » (les cathinones sont très en vogue dans cette « indication »). On lira sur ce sujet le bulletin épidémiologique hebdomadaire du 19 septembre 2017 qui donne des chiffres précis obtenus à partir d’un questionnaire auto-anonyme réalisé en 2015.
On peut alors se poser la question si, plutôt que de salles de shoot supplémentaires, ce n’est pas d’« homo-sexodromes » dont la capitale devrait se doter.
Un collectif d’une dizaine d’associations agissant contre les toxicomanies (dont j’avais assuré la coordination) avait contesté, avec maints arguments à l’appui, le principe de ces salles de shoot ; l’Académie nationale de médecine ainsi que celle de pharmacie avaient exprimé, d’une façon très argumentée, leurs réserves. Ils n’ont pas été entendus.
Aujourd’hui, les personnels de ces salles s’appliquent à en justifier le bien-fondé (défense de leur emploi oblige) alors que les objections et critiques précédemment émises se vérifient chaque jour. Et l’on aboutit à ce grand écart entre ceux qui voudraient les faire fermer et ceux qui voudraient les multiplier.
Facebook a pris très au sérieux la vente de stupéfiants qui était facilitée par son réseau social depuis quelques années. Plusieurs mesures ont été mises en place à la suite d’un rapport du CDC qui rapporte que 30 000 Américains sont morts d’une overdose de substances opioïdes.
Pour lutter contre la vente de drogues sur son réseau social, Facebook a banni de sa recherche de nombreux termes relatifs à ces substances illicites. Sont notamment concernés les noms de nombreuses drogues opioïdes, très addictives. Il s’agit d’un changement qui arrive quelques heures après la publication d’un rapport par le CDC (Centre de contrôle des maladies et de la prévention aux USA) selon lequel 30 000 Américains sont morts en 2017 suite à une overdose d’opioïde, soit 50 % de plus qu’en 2016.
Il s’avère que Facebook est devenu au fil du temps une véritable place de marché pour vendeurs et acheteurs de drogues, où sont organisées rencontres et transactions. Avec la mise en place de ce filtrage, Facebook espère pouvoir contrer ce phénomène. À noter qu’il ne s’applique qu’aux pages et non pas aux profils. On peut donc trouver des utilisateurs qui contournent le changement opéré par Facebook en modifiant le nom de leur profil, avec celui d’une drogue en particulier. Facebook va donc devoir encore travailler sur son outil pour le rendre plus efficace.
L’idée est aussi de se servir de ce système pour faire de la prévention. Ainsi, aux États-Unis, si vous tapez « acheter Xanax », un seul résultat s’affiche et présente la mention « Besoin d’aide ? Si vous ou une personne que vous connaissez lutte contre une substance opioïde, nous souhaitons aider en offrant confidentiellement un traitement, en plus d’informations sur la prévention. » Le message est suivi d’un lien vers le site gouvernemental d’aide contre l’addiction aux drogues.
Précisons que cette volonté de Facebook de mettre un terme à la vente de stupéfiants ne date pas d’hier. En novembre 2017, Mark Zuckerberg s’étonnait d’apprendre que son réseau social était le théâtre d’un gigantesque réseau de vente de drogues. Cinq mois plus tard, en avril, le PDG de Facebook était entendu au Capitole pour répondre aux questions de personnalités politiques, suite au scandale Cambridge Analytica.
L’homme politique David McKinley avait alors demandé à Mark Zuckerberg : « Votre plateforme est utilisée pour acheter des drogues très addictives sans prescription. Avec le respect que je vous dois, Facebook permet ce genre de pratique, par conséquent vous faites du mal aux gens. Êtes-vous d’accord avec ces propos ? » Le PDG n’avait alors pas répondu directement à la question en se justifiant : « Il y a de nombreux secteurs de contenus où nous devons faire un meilleur travail pour faire respecter nos règles. »
En juin, Facebook annonçait travailler sur de nombreuses restrictions en matière de drogue. Il avait notamment annoncé qu’un lien vers un site d’aide contre l’addiction à la drogue serait mis en place. L’objectif était clairement de montrer que le réseau social ne fermait pas les yeux devant certaines dérives de sa plateforme. À voir si ces nouvelles dispositions seront, à terme, déployées sur d’autres versions que la seule mouture américaine de Facebook.
Plusieurs paquets de fentanyl saisis à l’aéroport international O’Hare de Chicago en novembre 2017 Photo : Reuters/Joshua Lott
Le cannabis est toujours aussi populaire dans le monde, mais les autorités s’inquiètent de plus en plus du détournement de médicaments d’ordonnance vers le marché noir. Portrait de la consommation des drogues ici et ailleurs sur la planète.
Un texte de Jean-Philippe Guilbault
Dans son plus récent rapport, l’Office des Nations unies sur les drogues et le crime (ONUDC) confirme que le cannabis, avec ses 192 millions d’utilisateurs dans le monde, demeure la drogue la plus populaire en 2017, particulièrement chez les jeunes.
Au cours de la dernière année, 5,8 % des jeunes de 15 à 16 ans en auraient consommé, estime l’organisme international.
Le cannabis demeure la drogue la plus consommée dans le monde, selon un récent rapport de l’ONU. Photo : Getty Images/Joseph Eid
Or, si le cannabis se hisse au sommet des drogues les plus consommées dans plusieurs pays, l’ONUDC s’inquiète surtout de la hausse de la consommation illégale de médicaments d’ordonnance.
*Au sein du Royaume-Uni, l’Irlande du Nord affiche cependant un taux plus élevé de personnes consommant des tranquillisants, soit 10 % de sa population.
Méthodologie : L’ONUDC compile les résultats de plusieurs études nationales. Seules les estimations jugées les plus probables ont été retenues, pour les années les plus récentes, dans chaque pays.
« L’usage non médical d’opioïdes pharmaceutiques est une source de préoccupation croissante tant pour les services de détection et de répression que pour les professionnels de la santé publique », est-il écrit dans le rapport.
Fentanyl en Amérique du Nord, méthadone en Europe ou tramadol en Afrique et au Proche-Orient, plusieurs régions du monde sont aux prises avec de graves crises de santé publique liées à de nombreux décès par surdose de ces médicaments produits de manière illégale.
« Le Canada entier est dans une crise des opiacés », estime Anne-Élisabeth Lapointe, directrice générale du Centre québécois de lutte aux dépendances. « Au Québec, on ne s’entend pas encore pour dire si on est dans cette crise ou si nous sommes plutôt dans une préoccupation, mais c’est sûr que l’on observe ce phénomène qui est parti de l’ouest du pays et qui se promène d’une province à l’autre. »
Les autorités américaines sont aux prises avec une crise liée à de nombreux décès par surdose de fentanyl. Photo : Getty Images/Chip Somodevilla
C’est surtout aux États-Unis que les opioïdes, particulièrement le fentanyl, frappent le plus fort, souligne Mme Lapointe.
« En 2015 et 2016, pour la première fois en cinquante ans, l’espérance de vie a reculé aux États-Unis d’Amérique pendant deux années consécutives », rappelle d’ailleurs le rapport de l’ONUDC.
L’organisation internationale s’inquiète également qu’une soixantaine de pays doivent maintenant composer avec d’importantes consommations de substances tranquillisantes comme les benzodiazépines (Xanax, Valium, Ativan, etc.)
« L’abus de benzodiazépines présente des risques graves, notamment un risque accru de surdose lorsqu’elles sont utilisées en association avec de l’héroïne », souligne le rapport. « Les benzodiazépines sont souvent en cause dans les cas de surdoses mortelles liées à des opioïdes comme la méthadone. »
Un phénomène qui inquiète également l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, qui a produit un rapport sur les usages non médicaux des benzodiazépines en juin dernier.
« Au Canada on est des mangeurs de pilules et le Québec encore plus », s’exclame Mme Lapointe, qui est également directrice générale de la prévention à la Maison Jean Lapointe, un centre montréalais pour la réadaptation des personnes souffrant de dépendances.
L’ONU s’inquiète d’une hausse dans la consommation non médicale de médicaments de prescription. Photo : iStock
Selon elle, les personnes qui abusent de ce type de médicaments deviennent rapidement dépendantes et le sevrage est « excessivement difficile », même sous la supervision d’un médecin.
« Ou bien les médecins n’appuient pas assez sur ce point-là quand ils en prescrivent à leurs patients, ou soit que les patients cessent d’écouter la consigne et décident d’en prendre plus », croit Mme Lapointe.
Si l’ONUDC indique que les tranquillisants seraient plus populaires auprès des femmes, alors que le cannabis, la cocaïne et les opiacés seraient plus utilisés par les hommes, une démarcation claire entre les sexes n’est pas si évidente.
« En termes généraux, les hommes ont plus d’opportunités et d’occasions de consommer des drogues, quelles qu’elles soient », explique Anna Samaha, professeure au département de pharmacologie de l’Université de Montréal. « Mais une fois que les femmes ont eu accès aux drogues, la dégringolade, la progression vers l’addiction est accélérée. »
Le contexte social et l’âge
Selon les observations de l’ONUDC, les raisons motivant la consommation de drogues chez les jeunes sont multiples et complexes. Parmi celles-ci, le contexte social, des facteurs personnels ou l’environnement familial peuvent mener un jeune à consommer.
« La situation géographique, le statut socio-économique de la population, mais aussi les perceptions culturelles, toutes ces choses-là peuvent jouer [un rôle dans la consommation d’une certaine drogue] », précise Mme Samaha.
Le choix des drogues varierait également en fonction de la richesse du milieu d’où provient le jeune.
Ainsi, des drogues comme l’ecstasy, la méthamphétamine, la cocaïne ou le LSD sont souvent plus consommées dans des pays riches, notamment lors de soirées dans des bars.
À l’opposé, dans des milieux plus défavorisés, les produits inhalés, comme la peinture, le pétrole ou de la colle, sont prédominants, ajoute l’ONUDC.
Face à une consommation de plus en plus diversifiée selon les contextes sociaux, appliquer une solution simple au problème des drogues dans le monde est impossible, estime l’organisme onusien.
L’adoption de mesures isolées, qu’elles soient axées sur une seule substance ou qu’elles visent à lutter contre le problème de la drogue, peut s’avérer inefficace, voire contre-productive.
Anna Samaha rappelle également qu’il ne faut pas oublier que la dépendance aux drogues demeure un problème en partie médical et partage les observations de l’ONUDC selon lesquelles il faut adapter les traitements « en respectant les droits de la personne ».
L’organisme invite donc les autorités à respecter les besoins particuliers des femmes, des jeunes et des personnes plus âgées, puisque ces populations sont de plus en plus touchées par les problèmes de dépendance aux drogues.
Ils étaient cinq pour faire leurs sottises et ils voudraient en faire davantage.
C’est ce que je retiens du livre Toxic1,dont je me suis infligé la lecture (focalisation sur les toxicomanies oblige).
« Toxic », ce livre l’est à tous les égards. Ce sont les élucubrations de cinq comparses (Bernard Kouchner, Patrick Aerberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau et William Lowenstein) qui, irrépressiblement, à l’automne de leur vie, signent et persistent dans toutes leurs sottises émises au cours des trente dernières années.
Réjouissons-nous : en dépit des alternances politiques, qui auraient pu offrir à leurs thèses des fenêtres de plus grandes occasions, notre société n’a pas cédé à toutes leurs pressions qui visent, in fine, à la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis. Certes, nous leur devons, au moins en partie, que la France soit championne européenne de la consommation des drogues (toutes confondues). Mais on imagine où nous en serions s’ils avaient été davantage entendus…
En couverture de l’ouvrage, les esquisses de leurs visages sont ponctuées de points noirs – dernière poussée d’acné juvénile ? Quoi qu’il en soit, leur lecture m’a donné des boutons.
Sous le titre « Toxic », un sous-titre : « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Ils se revendiquent donc comme les seuls à avoir fait sa promotion ; le moment venu, cela facilitera l’instruction du procès de ces « cinq médecins du gang », comme ils s’autodésignent.
Dans un long chapitre, ils se racontent, sombrant dans l’auto et l’hétéro-congratulation : baroudeurs, Che-guévaristes ; confondant allègrement engagements politiques, engagements humanitaires (Médecins du monde, Médecins sans frontières…), toxicomanies ; avec un besoin irrépressible de faire parler d’eux. Jeunes ambitieux, ils vilipendèrent Claude Olievenstein (créateur du centre Marmottan, qui fut en son temps le shogun français de l’addictologie). Comme au Far-West, où il fallait atteindre Kit Carson pour devenir « le meilleur tireur de l’Ouest ». Ils ont tiré sur Olievenstein et ils réitèrent, alors qu’il n’est plus là pour se défendre.
Bernard Kouchner, comme pour s’excuser d’avoir été ministre d’un gouvernement « de droite », souligne, à plusieurs reprises, que ses idées étaient plus faciles à faire passer sous des ministres se présentant comme tels (Simone Veil, Michèle Barzach, Philippe Douste-Blazy, Roseline Bachelot).
Les cinq comparses exhalent une grande suffisance ; ils ont compris à la place des autres. Le drogué n’est pas le malade qui justifie que tout soit fait pour le guérir ; très au-delà de l’empathie, ils font dans la collusion revendiquée (humanitaire n’est pas synonyme d’humanisme ni d’éthique médicale).
Ils prétendent que l’interdiction des drogues empêche la prévention et l’information ; ignorant, ce faisant, que chaque année, en France, 130.000 décès sont imputables au tabac et à l’alcool, qui sont drogues licites. Répétant depuis quarante ans les mêmes sottises, ils se sont fermés aux évidences et entretiennent leur errance par un psittacisme affligeant. Ils ignorent résolument que divers aspects de la réduction des risques en font naître de bien plus importants.
Les moyens consacrés aux addictions et le nombre de leurs victimes n’ont jamais été aussi élevés, tandis que leur taux de guérison est pitoyable. Cela impose de repenser l’information, la prévention, la prise en charge des victimes, la répartition des moyens, le fonctionnement des structures – conclusions aux antipodes de celles du « gang des cinq ». Aussi faut-il enfin le démasquer et le neutraliser, car ils affirment que « l’audace qui les tient depuis plus de 30 ans n’est toujours pas apaisée » ; qu’ils « n’ont pas désarmé, et que leur combat continue ».
Notes:
Toxic, B. Kouchner et coll., « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Éd. Odile Jacob, mai 2018
Des études scientifiques démontrent que le joint fait plus de ravages en bouche que la cigarette. – AFP
Les dentistes de la Société de médecine dentaire belge ont alerté les consommateurs de cannabis sur les effets dévastateurs de cette drogue sur leurs dents.
La marijuana fait des ravages dans la bouche de ses fumeurs, et bien plus encore que la cigarette, alertent les dentistes de La société de médecine dentaire belge.
« Les dentistes sont nombreux à constater les effets néfastes du cannabis au niveau de la santé buccodentaire » rapporte au journal Le SoirVéronique Seha, dentiste généraliste et chargée de cours sur l’impact du tabagisme sur la santé buccodentaire. Elle ajoute: « la dose et la durée dans le temps de la consommation constituent des facteurs aggravants ».
Elle explique aussi que les personnes fumant le cannabis sont plus susceptibles d’être victimes de: « colorations, de l’érosion dentaire, plus de caries, plus de dents manquantes, des troubles sensoriels, des mycoses et des lésions précancéreuses ».
Le THC, substance dévastatrice
Le THC, le principe actif contenu dans la marijuana, est le principal responsable de ses dommages buccaux. Les dentistes estiment que cette substance modifie la flore buccale, diminue la production de salive, épaissit et rend la plaque dentaire plus collante et difficile à éliminer.
Véronique Seha conseille donc vivement aux consommateurs de chanvre:
« Tout fumeur de cannabis (et bien sûr de tabac) devrait consulter régulièrement son dentiste, qui pourrait l’informer sans juger, dépister les atteintes bucco-dentaires, les soigner voire, si nécessaire, référer le patient à un autre spécialiste. Il est important de créer une relation de confiance pour aborder ce sujet délicat et permettre ainsi au consommateur de discuter sereinement avec le praticien ».
Il y a quarante ans, ma grand-mère me disait : « Il n’y a que les sots qui ne changent pas. »
À cette époque, le journal Libération publiait « l’appel du 18 joint », requérant (déjà) la légalisation du cannabis. Parmi ses signataires figurait un certain Bernard Kouchner ; il précisait qu’il était médecin, pour faire ressortir sa position à contre-emploi. Les déjà lointaines fumées des barricades de Mai 1968 continuaient d’intoxiquer quelques esprits vulnérables. L’écrivain Marcel Jouhandeau conseillait à ces-héros (liaison facultative) des barricades : « Rentrez chez vous, dans dix ans vous serez tous notaires. » Visionnaire, mais dans l’euphémisme, car ces révolutionnaires d’opérette allaient prospérer, au-delà du notariat, comme patrons de grandes sociétés (Nouvelles Frontières, FNAC, etc.) et même comme ministres : Moscovici, Mélenchon.
N’oublions pas Kouchner : ne fut-il (en deux mots) pas élevé plusieurs fois à la dignité de secrétaire d’État, mais aussi de ministre (Santé, Affaires étrangères…). Son affrontement au « trou de la Sécu » lui valut le surnom de « Bernard Coûte cher ». II s’est auto-glorifié d’avoir été l’instigateur des « salles de shoot » pour les toxicomanes.
Épaulé par Nicole Maestracci, ex-secrétaire du Syndicat de la magistrature, ascendant trotskiste, placée à la tête de la « Mission interministérielle de lutte (sic) contre les drogues et toxicomanies » (MILDT), il a commandité avec elle au professeur Roques un rapport comparatif sur les drogues. Ils avaient découvert en cet universitaire, pharmacien, éminent chimiste, une expertise extemporanée sur les drogues et toxicomanies.
Leur commande était implicitement d’affirmer que le cannabis était moins dangereux que le tabac et l’alcool ; raison évidente de ne pas continuer à l’interdire. Usant d’arguments partiels et partiaux, à partir de critères de dangerosité personnels et biaisés, la commande fut vite honorée et les médias lui réservèrent un accueil enthousiaste. À la fumée du tabac qui s’élève des salles de rédaction et des studios s’ajoutent souvent des vapeurs d’alcool et l’odeur du shit.
Une autre commande était passée à l’INSERM, pour établir un bilan sur le cannabis, mobilisant le sérieux de cet Institut national des sciences et de la recherche médicale. Les personnes auditées avaient été choisies pour être majoritairement favorables à la légalisation du cannabis. Si quelques-uns, d’un avis contraire, ont pu l’exprimer, la rédaction finale a éteint leurs voix. Heureusement, le législateur, au moment de trancher ce sujet, en dépit du réconfort apporté par les rapports commandités, a eu la main tremblante ; l’autre majorité politique qui lui a succédé a quelque peu rafraîchi ces esprits en ébullition…
Quarante ans après cet « appel du 18 joint », Bernard Kouchner, dans une émission télévisée d’Ardisson sur C8 (3 juin 2018), a voulu prouver qu’il était épargné par la maladie d’Alzheimer en ressortant ses anciennes antiennes. Péremptoire, affirmatif, suffisant, pontifiant, poncifiant, il est apparu fixé au stade cannombilical. Il n’a rien appris ni rien compris sur ce grave sujet sanitaire, social, sociétal. Il n’a, bien sûr, fait aucune référence aux multiples études toxicologiques, pharmacologiques, cliniques, épidémiologiques qui se sont accumulées. Le temps, pour lui, s’était arrêté il y a quarante ans. Il me revenait, avec émotion, la définition des sots de ma défunte grand-mère.
Les autres invités de l’émission demeurèrent bouche bée, ils se couchèrent, sans nerf ; nul n’osa contester cette sommité fleurie, coiffée d’une canitie sans calvitie. Seul l’avocat Gilles-William Goldnadel exprima une discrète réserve. Si B.K. (comme le bacille au même acronyme) avait alors excipé de son diplôme de médecin, cela aurait justifié une protestation auprès du Conseil de l’ordre pour incitation à des comportements nuisibles à la santé (ce qui peut faire encourir une interdiction d’exercer la médecine).
J’ai des scrupules à résumer sa très riche carrière à cette saillie déplorable, mais elle a déjà provoqué beaucoup de drames. Si, par malheur, ses recommandations étaient suivies, plus grand-chose de ses œuvres n’aurait grâce à mes yeux.
Les gérants de ces magasins ont exploité un flou juridique sur la teneur en THC, une pratique à laquelle la garde des Sceaux veut mettre fin.
Dans une note que franceinfo s’est procurée, le ministère de la Justice demande aux procureurs de poursuivre « avec une particulière fermeté » les responsables de boutiques vendant des produits dérivés du cannabis.
Cette note a été envoyée lundi 23 juillet par le directeur des affaires criminelles et des grâces pour mettre fin à la floraison des coffee-shops un peu partout en France.
Les gérants de ces magasins ont exploité un flou juridique, prétextant qu’ils pouvaient vendre des produits dérivés du cannabis à condition que leur teneur en THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) soit inférieure à 0,20%.
Plusieurs coffee-shops déjà fermés à Paris, Bordeaux ou Dijon
Or, rappelle la note, cette teneur autorisée de 0,20% « s’applique à la plante de cannabis et non pas au produit fini qui en serait issu ». La plante est utilisée dans le bâtiment et le textile (sous forme de fibres contenues dans les tiges) ou dans l’alimentation (sous forme de graines).
Par conséquent, de nombreux coffee-shops sont dans l’illégalité. Ceux qui sont encore ouverts devraient fermer leurs portes rapidement.
Plusieurs établissements ont déjà été fermés ces dernières semaines, notamment à Paris, Bordeaux ou Dijon, et certains de leurs dirigeants mis en examen.
L’augmentation du nombre de cas d’enfants intoxiqués après avoir ingéré du cannabis, surtout sous forme de résine, doit attirer l’attention sur ce risque réel.
En 2015, l’Agence française du médicament avait conduit une enquête qui recensait 140 enfants intoxiqués au cannabis sur la période 2010 – 2014 (cinq ans), dont neuf qui avaient dû être hospitalisés dans un service de réanimation. A la suite de plusieurs cas graves, une nouvelle enquête a été réalisée et elle montre une augmentation sensible du nombre de cas recensés (sans parler de ceux qui ne le sont pas) : 194 intoxications entre 2015 et 2017 (trois ans).
Des conséquences graves
Cette seconde étude met aussi en évidence une proportion plus importante d’enfants pris en charge pour un coma, une complication respiratoire sévère ou des convulsions. L’ingestion de cannabis sous forme de résine arrive en tête des causes d’intoxication. Les cas d’enfants hospitalisés en réanimation ont nettement augmenté : 13% contre 7% dans l’enquête précédente. Au moins cinq enfants ont été intubés, avec une assistance respiratoire prolongée. On notera que certains enfants ont été conduits aux urgences plus de 24 h après l’ingestion. Les explications avancées par les parents portent sur la crainte de la stigmatisation ou des conséquences légales.
Comme l’explique la revue médicale Prescrire, en cas de consommation de cannabis dans l’entourage d’un enfant, il est indispensable de tenir le produit hors de sa portée. Cela paraît évident, mais les cas d’intoxication montrent que cette nécessité n’est pas respectée par tous.
Les symptômes possibles d’une intoxication ? Pupille dilatée, baisse du tonus musculaire, trouble de l’équilibre et des mouvements, hypothermie, tachycardie (rythme cardiaque trop rapide), dépression respiratoire, voire coma. Au moindre signe d’alerte, il est crucial de contacter immédiatement un service d’urgence.