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Canada : ma cabane au cannabis

Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon »

Ça y est, au Canada, l’irréparable vient d’être commis. Ce 15 octobre 2018, le Premier sinistre, Justin Trudeau, légalise à des fins récréatives le cannabis, qui était interdit depuis 1923. Vingt ans auparavant (préalable obligé), d’autres avaient entrouvert la porte en déguisant le cannabis en médicament. Le Canada est ainsi le premier État du G20 à avoir succombé. Promesse électorale tenue : « élection, piège à chichon ».

Le Canada n’était pourtant pas, dans le monde, le plus gros consommateur de cannabis. Il était très en deçà de la France qui, à cet égard, est l’échappée du critérium européen. La consommation devrait bien vite y exploser, à l’image des files qui se forment devant les magasins aux premiers jours de cette légalisation. Des initiatives isolées se font jour pour tenter de calmer le jeu dans les universités, la police, l’armée, les transports… Quand la loi s’effondre, des règlements intérieurs essaient d’y suppléer, avec une légitimité qui sera bien vite contestée.….

Cette légalisation a fait feu de tous les poncifs dont nous sommes abreuvés depuis vingt ans : meilleur contrôle du produit, de sa qualité, de sa teneur en tétrahydrocannabinol (THC), disparition du trafic ; mise au jour d’une économie souterraine que le fisc va pouvoir ponctionner ; figures sémantiques imposées auxquelles ne croient même plus ceux qui les déversent, tels des psittacidés.

C’est d’une main tremblante que le politique devrait légiférer quand ses décisions confinent à l’irréversible. On ne met pas de nom sur la personnalité qui aurait légalisé le tabac et devrait assumer ses 79.000 morts annuels en France. On ne met pas de nom sur tel autre qui a légalisé l’alcool, et qui devrait rendre compte de ses 49.000 morts. Cela ne s’est pas passé comme ça ; on ne sait plus qui a fait quoi et à combien ils s’y sont mis.

Pour le cannabis le paysage est tout autre. Le législateur modèle 2018, au Canada ou ailleurs, ne peut ignorer le pouvoir d’accrochage de cette drogue (20 % de ceux qui l’on essayé en deviennent dépendants) ; il ne peut méconnaître les principales manifestations de sa toxicité physique (supérieure à celle du tabac) ; il connaît forcément un certain nombre de ses méfaits psychiques : perturbations des capacités éducatives, effets désinhibiteurs avec prise de risque ou agressivité, perturbation de la conduite des véhicules à moteur et de diverses activités professionnelles, troubles de la maturation cérébrale pouvant déboucher sur la schizophrénie (communément « la folie ») selon une relation désormais irréfragable, induction d’anxiété, de dépression, de démotivation, incitation au passage à d’autres drogues quand l’intensité des effets du cannabis s’atténue, par le jeu d’une tolérance.

Tout comme la truffe qui rend fous les cochons, le cannabis fait entrer en rut : les alcooliers (Pernod-Ricard pense l’associer à ses whiskies), des chocolatiers, des confiseurs, des producteurs de tisanes, tous sont prêts à en mettre partout, même dans le sirop d’érable…

Que les concurrents commerciaux du Canada se réjouissent : s’ils savent résister eux-mêmes aux sirènes du cannabis, ils l’emporteront sur ceux que Trudeau chausse des semelles de plomb du cannabis.

Cette législation fera davantage de victimes que le tabac ; elle exacerbera les effets de l’alcool ; elle conduira à la légalisation d’autres drogues. Mais, au fait, Monsieur Trudeau, à partir de combien de victimes s’expose-t-on à l’accusation de crime contre l’humanité ?

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Zéro pour le Un-1

Par le Professeur Jean Costentin , Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Le 4 juillet 2018, un hebdomadaire qui m’était inconnu « Le un-1 », en son numéro N°209, me fut prêté par une collègue (membre de notre CNPERT).

Elle souhaitait le confronter à la connaissance sur le cannabis que j’ai constituée sur plus de vingt années.

Faussement ingénue elle ajouta « j’aimerais savoir ce que vous en pensez ».

Ce journal, par souci d’économie, est édité sur une feuille unique dont le dépliement fait apparaître 16 feuilles/32 pages, d’un format 21/29,7.
Le fumeur de cannabis doit renoncer au découpage et à la recherche de la continuité du texte, qui demeure souvent au delà de ses capacités cognitives. Il lui faudrait, pour n’en rien perdre, acheter deux numéros, les déplier et les afficher sur un mur, l’un sur une face et le second sur l’autre…

Dispensez vous de ces contorsions, vous vous prémunirez de l’ennui et surtout de l’exaspération.

La brève interview d’une neurobiologiste explique bien le mécanisme d’action de cette drogue, mais elle ne porte aucune attention spécifique à ses méfaits physiques et elle effleure à peine ses méfaits psychiques.

Exit l’anxiété, la dépression, les altérations cognitives, la désinhibition et ses prises de risques ; la schizophrénie est à peine citée.

Tous les autres articles sont lourdement eux favorables à la légalisation. Ils recourent à tous les poncifs qui nous sont infligés depuis deux décennies : amélioration de la qualité des produits en circulation (« ne craignez plus, le chichon sera bon ») ; la prévention pourra enfin se développer (si c’est comme celle qui a été appliquée au tabac et à l’alcool, gare à la suite) ; cela libérera la police de tâches inutiles (elle devra cependant se porter sur les trafics des dealers convertis à d’autres drogues ; il faudra donc les légaliser toutes, mais c’est trop tôt pour nous le dire) ; cela rapportera des taxes à l’Etat (après Vespasien et ses impôts sur les édicules, ce seront des taxes sur le shit (vous connaissez la traduction de ce terme anglais qui désigne le « cacannabis ») ; cela créera de nouveaux emplois, pour les dealers d’aujourd’hui, qui deviendront cannabiculteurs ou vendeurs dans ces nouvelles échoppes dédiées à la vente du cannabis et de des nombreux produits nouveaux qui en contiendront.

On ne devrait pas oublier de citer les emplois créés dans les hôpitaux psychiatriques qui déjà regorgent des victimes de la consommation illicite de cannabis, ainsi que ceux nécessaires à Pôle emploi pour prendre en charge ces jeunes gens que le cannabis a rendu très difficiles à insérer dans une activité professionnelle.

Ajoutons la création d’industries pour mettre le cannabis à toutes les sauces : boissons, gâteaux, chocolats, cosmétologie….

La découverte tardive de cet hebdomadaire (qui sévit depuis déjà 219 semaines) ne m’a créé aucun regret. Sur le sujet qui m’intéresse ses messages biaisés, tronqués, orientés, me font craindre qu’il en soit allé de même pour les autres thèmes qu’il a antérieurement abordés.
Avec ma manie docimologique (d’universitaire corrigeant des copies depuis 50 ans) qui me fait synthétiser mes évaluations par une note, j’attribuerais 1/20 à cette édition. Ne le trouvant pas dans votre kiosque à journaux, vous économiserez 2€80.

Voilà, chère Françoise, l’avis que vous m’avez demandé d’exprimer.

 

La drogue et les jeunes

Interview du docteur Philippe Cadet, directeur de la

clinique des Essarts, à Grand Couronne

Cannabis ‘more harmful than alcohol’ for teen brains

Le cannabis ‘plus nocif que l’alcool’ pour le cerveau des adolescents (traduction en bas de cette page)
A teenager smoking cannabisImage copyright GETTY IMAGES

Teenagers using cannabis are causing long-lasting damage to their developing brains, a Canadian study suggests.

It found the impact on thinking skills, memory and behaviour was worse than that of teenage drinking.

The researchers, from the University of Montreal, urged teenagers to delay their use of cannabis for as long as they felt able.

The study tracked and tested 3,800 adolescents over four years, starting from around the age of 13.

Drinking alcohol and taking drugs, such as cannabis, at a young age is known to cause problems with cognitive abilities such as learning, attention and decision-making as well as academic performance at school.

This study found these problems increased as cannabis use increased – and the effects were lasting, unlike those of alcohol.

The teenagers, from 31 different Canadian schools, gave details of their drug and drinking habits once a year.

Their brain skills were also tested every year in school using computer-based cognitive tests.

Developing brains

Although levels of cannabis use in the study were low compared with alcohol use, 28% of the teenagers still admitted to some kind of use.

This compared with 75% of the teenagers who said they drank alcohol at least occasionally.

Prof Patricia J Conrod, lead study author, from the department of psychiatry at Montreal, said she had expected alcohol to have had more of an impact on the teenagers’ brains.

CannabisImage copyrightGETTY IMAGES

But, instead, the research detected greater increases in errors in cognitive tests on the teenagers using cannabis – while they were taking the drug and after they had stopped.

These effects were seen in working memory, reasoning and their ability to control their behaviour.

« Their brains are still developing but cannabis is interfering with that, » Prof Conrod said, of teenagers.

« They should delay their use of cannabis as long as they can. »

She also said the findings highlighted the importance of drug-prevention programmes.

Cannabis is thought to be the most widely used illegal drug in the UK.

It can be addictive and using it has been shown to increase the risk of developing psychotic illnesses, particularly in adolescents.

Giving up cannabis can lead to withdrawal symptoms, such as sleeping problems and mood swings, experts say.

The study is published in the American Journal of Psychiatry.

Une étude canadienne suggère que les adolescents qui utilisent le cannabis causent des dommages durables à leur cerveau en développement.

Il en ressort que l’impact sur les capacités de réflexion, la mémoire et le comportement était pire que celui de la consommation d’alcool chez les adolescents.

Les chercheurs, de l’Université de Montréal, ont exhorté les adolescents à différer leur consommation de cannabis aussi longtemps qu’ils le pourraient.

L’étude a suivi et testé 3 800 adolescents sur une période de quatre ans, à partir d’environ 13 ans.

Boire de l’alcool et se droguer, comme le cannabis, dès le plus jeune âge est connu pour causer des problèmes d’aptitudes cognitives comme l’apprentissage, l’attention et la prise de décision, ainsi que le rendement scolaire à l’école.

Cette étude a révélé que ces problèmes augmentaient à mesure que la consommation de cannabis augmentait – et les effets étaient durables, contrairement à ceux de l’alcool.

Quels sont les risques pour la santé de la consommation de cannabis?
Les adolescents, issus de 31 écoles canadiennes différentes, ont donné des détails de leurs habitudes de consommation de drogue et d’alcool une fois par an.

Leurs habiletés cérébrales ont également été testées chaque année à l’école à l’aide de tests cognitifs informatisés.

Développer les cerveaux
Bien que les niveaux de consommation de cannabis dans l’étude aient été faibles par rapport à la consommation d’alcool, 28% des adolescents ont néanmoins admis une certaine forme de consommation.

Ceci comparé à 75% des adolescents qui ont déclaré avoir bu de l’alcool au moins occasionnellement.

La professeure Patricia J Conrod, auteure principale de l’étude, du département de psychiatrie de Montréal, a déclaré qu’elle s’attendait à ce que l’alcool ait davantage d’impact sur le cerveau des adolescents.

Mais au lieu de cela, la recherche a mis en évidence une plus grande augmentation des erreurs dans les tests cognitifs chez les adolescents consommateurs de cannabis – pendant qu’ils prenaient la drogue et après l’avoir arrêté.

Ces effets ont été observés dans la mémoire de travail, le raisonnement et leur capacité à contrôler leur comportement.

« Leurs cerveaux sont encore en développement, mais le cannabis interfère avec cela », a déclaré le professeur Conrod, à des adolescents.

« Ils devraient retarder leur consommation de cannabis aussi longtemps qu’ils le peuvent. »

Elle a également déclaré que les résultats soulignaient l’importance des programmes de prévention de la toxicomanie.

Le cannabis est considéré comme la drogue illicite la plus largement utilisée au Royaume-Uni.

Il peut entraîner une dépendance et son utilisation augmente le risque de développer des maladies psychotiques, en particulier chez les adolescents.

L’abandon du cannabis peut entraîner des symptômes de sevrage, tels que des problèmes de sommeil et des sautes d’humeur, selon les experts.

L’étude est publiée dans l’American Journal of Psychiatry.

Cette start-up veut faire du vin sans alcool un juteux business

Le Petit Béret

Le Petit Béret a mis au point des technologies qui lui permettent de fabriquer un vin qui n’a jamais contenu d’alcool. Une première qui lui ouvre les portes des très attrayants marchés moyen-orientaux.

« Le temps ne fait rien à l’affaire » (à la façon de G. Brassens)

Les p’tits cons-ommateurs de cannabis rejoignent les vieux cons-ommateurs

Pr. Jean Costentin  – Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

La toxicomanie est faite de continuums ; continuum des produits qui s’ajoutent par ordre d’intensités d’effet et de toxicités croissantes ; continuum générationnel, les jeunes cons-ommateurs d’hier devenus inéluctablement les vieux cons-ommateurs d’aujourd’hui.

 La revue Drug and Alcohol dependence, 2018, 191, 337-381, dans un article intitulé : « Marijuana use by middle-aged and older adults in the United States, 2015-2016 », montre un accroissement du nombre d’adultes d’âge moyen et de séniors qui s’adonnent à cette toxicomanie. Cette publication a l’intérêt de s’intéresser à des adultes d’âge moyen (9% de consommateurs) et des plus de 65 ans ( 3% ) ; population qui était passée jusqu’à maintenant « sous les radars ».

Essayons d’imaginer la sociologie de ces vieux fumeurs de shit.

Il y a ceux qui ont débuté tôt cette addiction et qui n’en ont pas été gravement affectés, même si leurs parcours familiaux et/ou professionnels  ont été plus chaotiques, avec une altitude de croisière plus basse qu’elle n’eut été s’ils s’en étaient abstenus. Parmi eux certains n’ont jamais arrêté de consommer; la tolérance à certains effets gênants du cannabis les y a aidés.

D’autres, dont les activités imposaient qu’ils s’en abstiennent, ont arrêté. Mais à l’heure de la retraite, désoeuvrés, sans famille ou s’en étant détachés, ils s’étourdissent et trompent leur ennui, leurs regrets, leur inutilité ou leurs échecs, en renouant  avec la fumée du cannabis. Pour ne pas encourir les condamnations prévues par la loi, ils militent évidemment pour l’abolition de la loi qui le prohibe.

N’oublions pas les « Bobos » qui s’encanaillent en fumant du shit, pour retrouver des jouissances de leurs jeunes années sur les barricades de Mai 1968 ; cette « vérolution » qui leur a donné l’illusion d’avoir eu, les pauvrets, le courage de leurs aïeux qui dressèrent des barricades au XIIIème siècle. Ils requièrent aussi la légalisation de toutes les drogues. C’est dans leur nature pétitionnaire ; acutisée par le plaisir « d’emmerbéter » le « catho » et le « bourgeois tradi » ; la sensation d’être vraiment urbains, branchés, au dessus du vulgum pecus et conchiant le populisme.

Référons nous aussi au « jeunisme » dans deux de ses assertions : épauler les revendications des jeunes, sans se donner le mal de trier entre celles qui sont justifiées et celles qui leur sont délétères ; ou encore repousser les limites du vieillissement, en mimant les pratiques d’une frange de la jeunesse.

Concédons à ces individus mûrs, et pour certains déjà blets, qu’à leur âge les méfaits du cannabis seront moindres ou différents de ceux qui affectent nos ados. Déplorons que pour satisfaire leurs caprices ils se moquent éperdument d’exposer  nos jeunes à cette drogue si délétère.

Indifférents au fait de mourir plus idiots, ils n’est pas dans leurs plaisirs de se coucher moins sots qu’ils se sont levés.

L’usage nouveau du cannabis chez les adultes d’âge moyen et chez les séniors justifie, en tous cas, d’effectuer des études spécifiques sur les conséquences sanitaires de cette drogue à leurs âges.

On peut leur savoir gré de se prêter bénévolement à cette expérimentation ; mais avec leur manie de tout vouloir se faire rembourser, attendons nous à les voir revendiquer, avec la légalisation du cannabis, la participation de la « sécu » à leurs dépenses.

Cannabis de synthèse : 71 overdoses en deux jours sur le campus américain de Yale

100 fois plus puissante que le cannabis

par Charlotte Arce

Connu sous les noms de « K2 » ou « Spice », le cannabis de synthèse continue à faire des victimes sur les campus américains. La semaine dernière, ce sont 71 cas d’overdose qui ont été recensés sur le campus de l’Université de Yale, aux États-Unis.

Les étudiants la surnomment « K2 », « Spice », « Black Mamma » ou encore « Mr. Nice Guy ». Encore relativement peu connu en France, ce cannabis de synthèse poursuit son inquiétante progression sur les campus américains, où il jouit d’une impressionnante notoriété malgré les risques pour la santé.

Le site de CBS rapporte ainsi qu’à la mi-août, cette drogue synthétique a occasionné plus de 70 overdoses en l’espace de 2 jours à New Haven, Connecticut, où se trouve le campus de la prestigieuse Université de Yale. Selon les autorités, la plupart des cas d’overdose ont eu lieu au New Haven Green, un parc du centre-ville tout proche de l’Université. 6 victimes ont été retrouvées dans un état grave mais aucun décès n’a été signalé.

Une drogue 100 fois plus puissante que le cannabis… et bien plus dangereuse

Ce n’est pas la première fois que ce fameux cannabis de synthèse fait des ravages chez les jeunes Américains. Facile à acheter sur Internet, cette drogue synthétique est réputée pour produire les mêmes effets que le véritable cannabis, mais aussi de décupler ses effets. 85 à 100 fois plus puissante que la marijuana, elle est par ailleurs indétectable via les tests de dépistage car privée de THC, le principe actif du cannabis.

Ce qui ne l’empêche pas d’être extrêmement dangereuse pour la santé. Interrogée par Ouest France, le Dr Agnès Cadet-Taïrou, responsable du pôle Tendances récentes et nouvelles drogues à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) met en garde les éventuels consommateurs : « Ces molécules, les cannabinoïdes synthétiques, sont nombreuses et diffèrent selon les produits. Elles sont surtout beaucoup plus puissantes que le THC. »

Un enjeu de santé publique aux États-Unis

D’où les multiplications d’overdoses outre-Atlantique. CBS rapporte ainsi que plus tôt cette année, le K2 a été associé à au moins 22 cas de saignements graves – du nez, des gencives et de l’urine – dans la région de Chicago. En 2017, des dizaines de personnes au regard vide ont été aperçues en train de trébucher comme des zombies dans un quartier de Brooklyn après avoir consommé cette drogue de synthèse.

Et la recrudescence n’est pas près de s’arrêter. En 2012, le National Institute on Drug Abuse révélait que 11% des adolescents américains avaient déjà testé le cannabis de synthèse.

« Ces produits peuvent être vendus sur Internet sous forme de poudre ou de liquide, mais ils sont surtout mélangés à des feuilles broyées ressemblant au cannabis standard, poursuit le Dr Cadet-Taïrou. Il s’en vend également sous forme dite ‘e-liquide’, utilisée avec des cigarettes électroniques. Et comme il existe une multitude de molécules, il est à la fois difficile de savoir précisément ce qu’il y a dedans et il n’existe pas d’effets standards : pour certains, le produit aurait un effet relaxant, sédatif ; pour d’autres, c’est un euphorisant. Mais les effets secondaires sont nombreux. »

Les conséquences sur la santé sont souvent désastreuses : accidents cardiaques, problèmes de rein et de foie, confusions, malaises, tensions artérielles, états psychiatriques délirants et paranoïaques qui conduisent parfois à la mort.

L’objectif désormais, aux États-Unis : mieux informer le public sur les ravages causés par le K2 et lutter contre son expansion auprès des étudiants et adolescents. Pour en finir avec ces multiplications d’overdoses, le gouvernement fédéral a déjà interdit de nombreux cannabinoïdes synthétiques spécifiques, tandis que des États et des villes comme New York ont adopté leurs propres lois visant d’autres cannabinoïdes synthétiques.

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Les effets du cannabis expliqués en 6 minutes

Une démonstration claire et précise ….

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Canada: «la légalisation du cannabis est une catastrophe annoncée»

Jérôme Blanchet-Gravel

Le Canada s’inspire-t-il de la ville d’Amsterdam? On pourrait le croire, car la consommation du cannabis sera bientôt légalisée à l’échelle du pays. Pour le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu et l’ex-enquêteur Paul Laurier, cette décision aura de graves conséquences. Sputnik s’est entretenu avec eux.

Le 17 octobre prochain, la marijuana deviendra légale au Canada. Le Canada deviendra ainsi le premier pays du G7 à légaliser «l’or vert». L’usage du cannabis était interdit depuis 1923, mais l’État fédéral autorisait sa consommation à des fins médicales depuis 2001.

Concrètement, le gouvernement canadien autorisera la possession d’une quantité de cannabis allant jusqu’à 30 grammes. La commercialisation du produit sera assurée par des sociétés d’État, gérées par les gouvernements provinciaux. Sans surprise, la consommation du pot sera également réservée aux adultes, l’âge minimal pouvant varier en fonction des provinces (18 ans au Québec, 19 ans en Ontario).

Jusqu’à 30 grammes autorisés pour les adultes

Le Premier ministre Justin Trudeau est si fier de son coup qu’il estime que le Canada pourrait donner l’exemple à des pays alliés. Selon lui, la légalisation de la marijuana est une décision «progressiste», qui serait avant tout prise pour le bien commun des Canadiens, du point de vue de la santé et de la sécurité publiques.

Le premier argument invoqué est que la légalisation de la marijuana privera de nombreux criminels de leur lucratif commerce. On pense effectivement que les sociétés d’État chargées de vendre le pot remplaceront les revendeurs illégaux. Dans cette optique, le gouvernement canadien pense assurer un meilleur contrôle, surtout auprès des jeunes.

«Le Règlement sur le cannabis contribuera à protéger la santé et la sécurité des Canadiens, en particulier les jeunes, et favorisera une industrie légale concurrentielle en mesure de supplanter le marché illicite. Il énoncera les règles relatives à la production, à la distribution, à la vente, à l’importation et à l’exportation de cannabis en toute légalité», peut-on lire dans le communiqué de presse du gouvernement.

Mais surtout, en légalisant le cannabis, le gouvernement canadien espère renflouer ses caisses. Statistique Canada estime qu’environ 4,9 millions de Canadiens âgés de 15 à 64 ans ont acheté du cannabis en 2017, leurs dépenses totalisant environ de 5,7 milliards de dollars canadiens (3,75 milliards d’euros). Parmi eux, 90% ont acheté du cannabis à des fins récréatives.

Vente de pot: un marché lucratif pour les gouvernements?

Après la légalisation, pour chaque gramme de cannabis vendu à moins de 10 dollars canadiens (6,60 €), une taxe d’environ 0,98 dollar canadien (0,65 €) sera prélevée par l’État fédéral, lequel redistribuera un quart de la somme aux provinces. À ce montant s’ajouteront les taxes fédérales et provinciales à la consommation, qui oscillent entre 10% à 15%.

À première vue, le projet peut donc paraître prometteur, mais plusieurs voix se sont élevées pour le critiquer, voire le dénoncer. Ainsi, le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu se dit complètement opposé à la légalisation du cannabis.Interrogé par Sputnik, M. Boisvenu a rapidement évoqué «une catastrophe appréhendée» dans ce dossier. Et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, le sénateur met en garde contre l’engorgement du système judiciaire. Le gouvernement canadien pense décharger le système en limitant les arrestations pour possession de marijuana, mais en fait, il ne fera que déplacer le problème. Notamment en raison du nombre élevé de contestations de la loi qui est à prévoir.

«Beaucoup de dossiers vont aller jusqu’en Cour Suprême. On pensait libérer les palais de justice des causes [cas, nldr] de « pot », mais il va y avoir beaucoup plus de causes de contestation du règlement, notamment car les lois des provinces sur la marijuana ne sont pas totalement en phase avec la loi fédérale.»

Deuxièmement, Pierre-Hugues Boisvenu pense que le projet de loi nuira aux peuples autochtones et ne contribuera pas vraiment à éradiquer la production illégale. D’ailleurs, la Gendarmerie royale du Canada s’était déjà prononcée sur le sujet: selon le plus haut corps policier du pays, le crime organisé ne sera pas écarté du marché.

«À mon avis, les conséquences de la légalisation sont sous-estimées par les gouvernements. Il y a d’abord des problèmes majeurs au niveau des réserves autochtones. Pour les Premières Nations, la légalisation sera un fléau. Déjà, ces peuples étaient aux prises avec des problèmes de drogue, et maintenant ils vont être aux prises avec plus de trafiquants et de production illégale. Il faut bien comprendre que la légalisation ne va pas du tout abolir le marché noir», a affirmé M. Boisvenu à Sputnik.

Le sénateur québécois s’inquiète aussi du nombre de gens intoxiqués qui conduiront leur véhicule, estimant dangereuse la conduite sous l’effet du stupéfiant. Il rappelle de plus que le test permettant de détecter cette substance dans l’organisme est beaucoup plus élaboré que l’alcotest… alors qu’il ne permet même pas de démasquer les gens qui ont mangé et non fumé de la marijuana… Et encore une fois, il craint une multiplication des contestations judiciaires, car les autorités ne seront pas prêtes à composer avec le phénomène.

Marijuana et conduite automobile: un cocktail explosif

L’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec, Paul Laurier, partage l’avis de M. Boisvenu à ce sujet. Ce qui l’inquiète le plus est la sécurité routière. Non seulement la consommation de marijuana est dangereuse en soi pour les automobilistes, mais combinée à l’alcool et à d’autres drogues, elle pourrait faire des ravages. M. Laurier parle aussi de la combinaison fatale de textos et de marijuana au volant. Il rappelle qu’une fraction de seconde d’inattention suffit souvent pour créer des accidents mortels.

«Ma plus grande crainte, ça va être sur les routes. On va déplacer le problème. La police n’interviendra pas dans la rue, mais va devoir s’occuper des accidents causés par la consommation de pot. Les policiers vont intervenir sur beaucoup plus d’accidents. […] On va donc se retrouver avec une période de flottement. On a forcé le Sénat à passer cette loi-là, à dire oui, mais c’est évident qu’on n’est pas prêts. Les rapports scientifiques n’ont pas été considérés».

Un petit chien

Paul Laurier est aussi convaincu que la légalisation de la marijuana contribuera à démystifier, voire à banaliser sa consommation. En faisant du cannabis un produit comparable à l’alcool, le gouvernement Trudeau envoie le message que son usage n’est pas dramatique, voire tout à fait normal.

«La légalisation va généraliser et banaliser la consommation de la marijuana. Il va y avoir des effets nocifs sur la santé, c’est certain. Il y aura aussi des effets nocifs sur la santé mentale. Ce sont les gens qui vont payer pour cette expérience-là. […] La légalisation du cannabis, c’est un écran de fumée», s’est insurgé M. Laurier dans une entrevue avec Sputnik.

M. Laurier a aussi souligné que le crime organisé n’allait pas cesser du jour au lendemain de vendre du cannabis et que le Canada entrerait dans une «difficile période de transition». Ce que pense aussi M. Boisvenu. Paul Laurier a ajouté que beaucoup d’argent du crime organisé avait même été investi dans la production légale de marijuana.

marijuana

Enfin, si le Canada est le premier pays du G7 à légaliser la marijuana, il faut toutefois rappeler qu’il n’est pas le premier État nord-américain à le faire. Le gouvernement fédéral des États-Unis n’a jamais légalisé le pot, mais le Colorado, Washington, l’Oregon, l’Alaska, le Nevada et la Californie l’ont fait en tant qu’États. Le Canada s’est inspiré de l’expérience américaine pour mettre en œuvre sa propre politique.Justin Trudeau sait-il qu’en 2014, les cas d’ingestion involontaire de cannabis par des enfants de moins de neuf ans ont augmenté de 34% au Colorado et que les accidents de la route impliquant des fumeurs de pot ont bondi de 75% en trois ans dans ce même État?

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