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« Pas de fatalité dans l’addiction »

LA PRÉSIDENTE DE LA MILDECA ÉTAIT À SAINT-MARTIN JEUDI 29 SEPTEMBRE.

Dans le cadre de son déplacement dans les Antilles, Danielle Jourdain-Menninger, la présidente de la mission interministérielle de la lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) était à Saint-Martin jeudi 29 septembre 2016. «J’avais effectué un déplacement il y a deux ans en Martinique, Guadeloupe et Guyane, mais je n’étais pas venue à Saint-Martin. Je pense que c’était une erreur parce que ce que j’ai vu aujourd’hui montre qu’il se fait ici un travail extrêmement intéressant» a-t-elle confié lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à l’Espace Santé Jeune à Concordia.

Au cours de sa visite, la présidente de la MILDECA a rencontré les représentants des services de l’Etat et de la COM ainsi que les acteurs de terrain engagés dans la politique publique de lutte contre les drogues et les conduites addictives. En 2016, la MILDECA a soutenu deux associations de Saint-Martin pour des campagnes de prévention des produits addictifs et de réduction des risques auprès des jeunes consommateurs de produits psycho-actifs pour un montant global de 16 500 € : les Liaisons dangereuses (Marigot) et Jeunesse Soualiga (Concordia).

La présidente du MILDECA a exprimé sa satisfaction quant au travail mené par les différents acteurs locaux en matière de régulation du trafic et de prévention. Elle promet notamment de citer l’Espace Santé Jeune de Concordia en exemple. Elle a également félicité l’association Soualiga pour ses méthodes (par des jeunes pour des jeunes) qui offrent «des réponses immédiates à ces jeunes pour qu’ils fassent le point de leur addictions parce qu’il n’y a pas de fatalité dans l’addiction» a-t-elle affirmé. Et d’ajouter : «Quand on veut convaincre un jeune d’arrêter sa consommation on ne lui fait pas la morale, on se sert des outils qui sont les siens : vidéo, smartphones… en plus de l’ensemble des politiques publiques». L’objectif étant que les jeunes entrent le plus tard possible dans les addictions pour en sortir le plus tôt possible.

Pour et Contre

Terra Nova présente une vaste étude pour montrer par quels moyens la légalisation du cannabis est envisageable en France, et pourquoi elle est souhaitable.

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Quels effets attendre d’une légalisation du cannabis en France ?

Le cannabis est l’objet de nombreux travaux scientifiques, comme le montrent les 23 734 publications indexées dans PubMed au 08/07/2016. Les domaines d’investigations le concernant sont très divers : mécanismes d’action, métabolisme, toxicité, effets somatiques, effets sur le psychisme, etc.

Parallèlement, son statut juridique est depuis de nombreuses années un sujet de débats en France et dans de nombreux autres pays. En France, depuis quelques décennies, les usages du cannabis ont été souvent décrits en termes de convivialité et de détente.

Certains consommateurs sont caractérisés par un usage ponctuel et sociable volontiers qualifié de « festif » ou « récréatif », tandis que d’autres le sont par un usage régulier et solitaire [1]. Parallèlement, l’intérêt thérapeutique de certains de ses principes actifs, et en particulier du delta-9-tetrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol, est venu s’immiscer dans les débats relatifs à la toxicité de cette plante sous le prétexte que « si c’est un médicament, c’est bon pour la santé ».

Un tel adage est un non-sens scientifique. Les méfaits de l’usage du cannabis sur la santé humaine ont été mis en évidence et portés à la connaissance de tous depuis des décennies par de très nombreux auteurs et présentés dans de nombreux ouvrages [1—8].

Pourtant, le nombre de consommateurs en France atteint en 2014 des records avec 1,4 millions d’usagers réguliers (plus de 10 fois par mois) et 700 000 usagers quotidiens (au moins une fois par jour), le nombre de saisies « d’herbe » n’a jamais été aussi important (plus de 10 tonnes en 2014) et l’autoculture est en pleine expansion [9]. C’est dans un tel contexte que certaines voix en France s’expriment publiquement en faveur de la légalisation du cannabis et de son usage récréatif, et inclure ainsi le cannabis dans le groupe des toxiques récréatifs autorisés que sont l’alcool et le tabac, respectivement responsables de 50 000 et 79 000 morts par an en France.

Les arguments évoqués sont que la légalisation serait suivie : • d’une diminution du nombre de consommateurs ; • d’une diminution du tabagisme et du risque de cancers en remplaçant le tabac par du cannabis ; • d’une cassure du trafic ; • d’une relance de la croissance en France en instaurant ainsi une nouvelle recette fiscale [10].

Il est à noter qu’à ce jour, aucun de ces arguments n’est étayé par des publications scientifiques.

Pour évaluer de manière objective et pertinente les conséquences d’une légalisation, les publications scientifiques réalisées dans les pays ou états concernés semblent pourtant constituer le meilleur outil. Les conséquences observées par les auteurs sont : • non pas une diminution du nombre de consommateurs mais bien au contraire une normalisation du produit et une augmentation du nombre de nouveaux usagers [11—15].

Aux États-Unis par exemple, la prévalence d’usage est plus importante dans les états l’ayant légalisé que dans les autres. Il est également noté une augmentation du nombre de personnes dépendantes [15] ; • une augmentation du nombre des admissions dans les services d’urgences ainsi que des hospitalisations pour intoxications aiguës au cannabis [14,16—18] : symptômes neuropsychiatriques (agitation, épisodes psychotiques, anxiété), gastro-intestinaux (hyperémèse cannabique), cardiovasculaires (tachycardie, hypertension).

Une augmentation significative d’hospitalisations en urgence de jeunes enfants après ingestion de boulettes de « haschich » est également mentionnée par plusieurs auteurs [16,17,19] ; • une augmentation des problèmes pulmonaires (bronchopneumopathie chronique obstructive, cancer du poumon) est également signalée. À ce sujet il convient de mentionner que « remplacer le tabac par du cannabis », comme le proposent certains, est une très mauvaise idée car la fumée de cannabis contient plus de composés carcinogènes que la fumée de tabac [20,21] ; • une augmentation du nombre de conducteurs dépistés positifs au cannabis [17,22].

Rappelons que le cannabis est déjà en France avec l’alcool l’un des facteurs exogènes les plus souvent impliqués chez les jeunes dans les accidents mortels de la route [23,24] ; • une augmentation de la teneur en THC dans les plants de cannabis ainsi qu’un accès plus facile pour les adolescents à des variétés nouvelles et plus puissantes [15,22] ; • concernant les jeunes consommateurs, il est important de noter que le cannabis peut perturber gravement la maturation cérébrale.

En modifiant les connexions entre les neurones, il peut déterminer des troubles délirants, hallucinatoires et cognitifs qui sont des manifestations caractéristiques de la schizophrénie [25—28] ; • une augmentation du risque de passage à d’autres drogues et en particulier à la cocaïne et l’héroïne [17] ; • une explosion de l’autoculture, en milieu naturel [29] ou en serres en utilisant des techniques de culture permettant d’atteindre des teneurs en THC très élevées.

Il apparaît donc à la lecture de toutes ces publications que la légalisation de l’usage du cannabis peut être lourde de conséquences sur la santé humaine et en particulier pour la jeunesse. Cependant, à une époque où des efforts importants sont mis en œuvre dans notre pays pour lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme, il y a lieu d’intensifier la lutte contre le trafic ainsi que l’information auprès de notre jeunesse par tous les moyens disponibles (médecins, pharmaciens, enseignants dans les collèges,…) afin que nul ne doute du danger que représente le cannabis pour le corps et l’esprit de l’homme et plus généralement pour le devenir de notre société.

Références

[1] Contextes d’usage du cannabis.Expertise collective Inserm, editor. Cannabis. Quels effets sur le comportement et la santé. Paris: Editions Inserm; 2001. [2] Council on Scientific Affairs. Marijuana: its health hazards and therapeutic potentials. JAMA 1981;246:1823—7. [3] Laqueille X. Les troubles psychiatriques liés à l’usage de cannabis. Toxibase 2003;12:19—27. [4] Moore TH, Zammit S, Lingford-Hughes A, Barnes TR, Jones PB, Burke M, et al. Cannabis use and risk of psychotic or affective mental health outcomes: a systematic review. Lancet 2007;370:319—28. [5] Peyret E, Delorme R. Cannabis use among children and adolescents: impacts and consequences. Bull Acad Natl Med 2014;198(3):579—88. [6] Aspects moléculaires, cellulaires et physiologiques des effets du, cannabis. Académie des sciences, rapport no 39. In: Technique & Documentation. Éd Lavoisier: Paris; 1997. [7] Kalant H. Adverse effects of cannabis on health: an update of the littérature since 1996. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry 2004;28:849—63. [8] Mura P, Dumestre-Toulet V. Cannabis sativa variété indica. In: Kintz P, editor. Traité de toxicologie médico-judiciaire. Paris: Elsevier; 2007. p. 299—320. [9] Drogues, chiffres clés 2015. Observatoire Franc¸ais des Drogues et des Toxicomanies; 2015. [10] Ogronik M, Kopp P, Bongaerts X, Tecco JM. An economic analysis of different cannabis decriminalization scenarios. Psychiatr Danub 2015;27(1):309—14. [11] Hall W, Weier M. Assessing the public health impacts of legalizing recreational cannabis use in the USA. Clin Pharmacol Ther 2015;97(6):607—15. [12] Davis JM, Mendelson B, Berkes JJ, Suleta K, Corsi KF, Booth RE. Public health effects of medical marijuana legalization in Colorado. Am J Prev Med 2016;50(3):373—9. [13] Cerda M, Walle M, Keyes KM, Galea S, Hasin D. Medical marijuana laws in 50 states: investigating the relationship between state legalization of medical marijuana and marijuana use, abuse and dependence. Drug Alcohol Dep 2012;12(1—3):22—7. [14] Kim HS, Monte AA. Colorado cannabis legalization and its effect on emergency care. Ann Emerg Med 2016 http://dx.doi.org/10.1016/j.annemergmed.2016.01.004. [15] Sobesky M, Gorgens K. Cannabis and adolescents: exploring the substance misuse treatment provider experience in a climate of legalization. Int J Drug Policy 2016 http://dx.doi.org/10.1016/j.drugpo.2016.02.008. [16] Monte AA, Zane RD, Heard KJ. The implications of marijuana legalization in Colorado. JAMA 2015;313(3):241—2. [17] Wilkinson ST, Yarnell S, Radhakrishnan R, Ball SA, D’Souza DC. Marijuana legalization: impact on physicians and public health. Annu Rev Med 2016;67:453—66. [18] Brewerton TD, Anderson O. Cannabinoid hyperemesis syndrome masquerading as an eating disorder. Int J Eat Disord 2016, http://dx.doi.org/10.1002/eat.22515. [19] Wang GS. Pediatric concerns due to expanded cannabis use: unintended consequences of legalization. J Med Toxicol 2016, http://dx.doi.org/10.1007/S13181-016-0552x. [20] Wu TC, Tashkin DP, Djahed B, Rose JE. Pulmonary hazards of smoking marijuana as compared with tobacco. N England J Med 1988;318(6):347—51. Éditorial 183 [21] Underner M, Urban T, Perriot J, de Chazeron I, Meurice JC. Cannabis smoking and lung cancer. Rev Mal Respir 2014;31(6):488—98. [22] Maxwell JC, Mendelson B. What do we know now about the impact of the laws related to marijuana. J Addict Med 2016;10(1):3—12. [23] Mura P, Dumestre V, Brunet B, Venisse N, Lelong J, Jamey C, et al. Prévalence d’usage d’alcool et de stupéfiants chez 359 conducteurs d’automobiles décédés dans un accident de la voie publique en France en 2014 et 2015. Tox Anal Clin 2016;28(2):S12. [24] Goullé JP, Guerbet M. Cannabis and road safety. Rev Prat 2014;64:1044—6. [25] Smith M, Cobia D, Wang L, Alpert KI, Cronenwett WS, Goldman MB, et al. Cannabis-related working memory deficits and associated subcortical morphological differences in healthy individuals and schizophrenia subjects. Schizophr Bull 2014;40:287—99. [26] Renard J, Vitalis T, Rame M, Krebs MO, Lenkeu Z, Le Pen G, et al. Chronic cannabinoid exposure during adolescence leads to long-term structural and functional changes in the prefrontal cortex. Eur Neuropsychopharmacol 2016;26:55—64. [27] Smith MJ, Cobia DJ, Reilly JL, Gilman JM, Roberts AG, Alpert KI, et al. Cannabis-related episodic memory deficits and hippocampal morphological differences in he althy individuals and schizophrenia subjects. Hippocampus 2015;25: 1042—51. [28] Renard J, Krebs MO, Le Pen G, Jay TM. Long-term consequences of adolescent cannabinoid exposure in adult psychopathology. Front Neurosci 2014;8:361. [29] Carah JK, Howard JK, Thompson SE, Short Gianotti AG, Bauer SD, Carlson SM, et al. High time for the conservation: adding the environment to the debate on marijuana liberalization. BioScience 2015;65(8):822—9. Patrick Mura Service de toxicologie et pharmacocinétique, centre hospitalier universitaire, BP 577, 86021 Poitiers cedex, France Adresse e-mail : patrick.mura@chu-poitiers.fr

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SOUFFLER DANS LE BALLON POUR DÉTECTER LE CANNABIS, C’EST POSSIBLE !

Les éthylotests sont aujourd’hui le moyen le plus rapide, et le moins coûteux, d’évaluer son taux d’alcool dans le sang. Pratique avant de prendre la route. Mais comment faire si l’on veut connaître son taux d’une autre substance ? Comme le cannabis, qui est légal dans certains pays et certains états américains, mais interdit si vous conduisez ?

Des chercheurs de l’Université de Stanford ont mis au point une version dérivée de l’éthylotest classique, laquelle mesure le taux de THC dans le corps. Au cas où vous ne le sauriez pas, certaines drogues laissent des traces durant une longue période. Pour le THC, cela peut aller jusqu’à un mois.

Le « potalyzer » (en référence au « Breathalyzer » américain) est développé par l’équipe du Dr. Shan Wang, il utilise des biocapteurs magnétiques pour détecter les molécules de THC présentes dans votre salive. Cet échantillon de salive sera alors mélangé avec les anticorps liés aux molécules de THC et utilisés comme marqueurs. Le tout est ensuite placé sur un appareil pour déterminer la concentration de THC dans votre corps, selon le nombre d’anticorps liés au THC sur la bande test

Cela signifie que même si techniquement vous avez encore du THC dans votre organisme, sa concentration pourrait être suffisamment faible pour ne pas altérer votre jugement. Cependant, comme le précise l’équipe du projet, une limite légale devra être déterminée, par les états ou le pays. Ce que font certains et d’autres pas. Les verra-t-on bientôt aux bords de nos routes ?

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Quels effets attendre d’une légalisation du cannabis en France ?

Le cannabis est l’objet de nombreux travaux scientifiques, comme le montrent les 23 734 publications indexées dans PubMed au 08/07/2016.

Les domaines d’investigations le concernant sont très divers : mécanismes d’action, métabolisme, toxicité, effets somatiques, effets sur le psychisme, etc. Parallèlement, son statut juridique est depuis de nombreuses années un sujet de débats en France et dans de nombreux autres pays.

En France, depuis quelques décennies, les usages du cannabis ont été souvent décrits en termes de convivialité et de détente. Certains consommateurs sont caractérisés par un usage ponctuel et sociable volontiers qualifié de « festif » ou « récréatif », tandis que d’autres le sont par un usage régulier et solitaire [1].

Parallèlement, l’intérêt thérapeutique de certains de ses principes actifs, et en particulier du delta-9-tetrahydrocannabinol (THC) et du cannabidiol, est venu s’immiscer dans les débats relatifs à la toxicité de cette plante sous le prétexte que « si c’est un médicament, c’est bon pour la santé ».

Un tel adage est un non-sens scientifique. Les méfaits de l’usage du cannabis sur la santé humaine ont été mis en évidence et portés à la connaissance de tous depuis des décennies par de très nombreux auteurs et présentés dans de nombreux ouvrages [1—8].

Pourtant, le nombre de consommateurs en France atteint en 2014 des records avec 1,4 millions d’usagers réguliers (plus de 10 fois par mois) et 700 000 usagers quotidiens (au moins une fois par jour), le nombre de saisies « d’herbe » n’a jamais été aussi important (plus de 10 tonnes en 2014) et l’autoculture est en pleine expansion [9].

C’est dans un tel contexte que certaines voix en France s’expriment publiquement en faveur de la légalisation du cannabis et de son usage récréatif, et inclure ainsi le cannabis dans le groupe des toxiques récréatifs autorisés que sont l’alcool et le tabac, respectivement responsables de 50 000 et 79 000 morts par an en France.

Les arguments évoqués sont que la légalisation serait suivie : • d’une diminution du nombre de consommateurs ; • d’une diminution du tabagisme et du risque de cancers en remplaçant le tabac par du cannabis ; • d’une cassure du trafic ; • d’une relance de la croissance en France en instaurant ainsi une nouvelle recette fiscale [10].

Il est à noter qu’à ce jour, aucun de ces arguments n’est étayé par des publications scientifiques.

Pour évaluer de manière objective et pertinente les conséquences d’une légalisation, les publications scientifiques réalisées dans les pays ou états concernés semblent pourtant constituer le meilleur outil. Les conséquences observées par les auteurs sont : • non pas une diminution du nombre de consommateurs mais bien au contraire une normalisation du produit et une augmentation du nombre de nouveaux usagers [11—15].

Aux États-Unis par exemple, la prévalence d’usage est plus importante dans les états l’ayant légalisé que dans les autres. Il est également noté une augmentation du nombre de personnes dépendantes [15] ; • une augmentation du nombre des admissions dans les services d’urgences ainsi que des hospitalisations pour intoxications aiguës au cannabis [14,16—18] : symptômes neuropsychiatriques (agitation, épisodes psychotiques, anxiété), gastro-intestinaux (hyperémèse cannabique), cardiovasculaires (tachycardie, hypertension).

Une augmentation significative d’hospitalisations en urgence de jeunes enfants après ingestion de boulettes de « haschich » est également mentionnée par plusieurs auteurs [16,17,19] ; • une augmentation des problèmes pulmonaires (bronchopneumopathie chronique obstructive, cancer du poumon) est également signalée. À ce sujet il convient de mentionner que « remplacer le tabac par du cannabis », comme le proposent certains, est une très mauvaise idée car la fumée de cannabis contient plus de composés carcinogènes que la fumée de tabac [20,21] ; • une augmentation du nombre de conducteurs dépistés positifs au cannabis [17,22].

Rappelons que le cannabis est déjà en France avec l’alcool l’un des facteurs exogènes les plus souvent impliqués chez les jeunes dans les accidents mortels de la route [23,24] ; • une augmentation de la teneur en THC dans les plants de cannabis ainsi qu’un accès plus facile pour les adolescents à des variétés nouvelles et plus puissantes [15,22] ; • concernant les jeunes consommateurs, il est important de noter que le cannabis peut perturber gravement la maturation cérébrale.

En modifiant les connexions entre les neurones, il peut déterminer des troubles délirants, hallucinatoires et cognitifs qui sont des manifestations caractéristiques de la schizophrénie [25—28] ; • une augmentation du risque de passage à d’autres drogues et en particulier à la cocaïne et l’héroïne [17] ; • une explosion de l’autoculture, en milieu naturel [29] ou en serres en utilisant des techniques de culture permettant d’atteindre des teneurs en THC très élevées

Il apparaît donc à la lecture de toutes ces publications que la légalisation de l’usage du cannabis peut être lourde de conséquences sur la santé humaine et en particulier pour la jeunesse.

Cependant, à une époque où des efforts importants sont mis en œuvre dans notre pays pour lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme, il y a lieu d’intensifier la lutte contre le trafic ainsi que l’information auprès de notre jeunesse par tous les moyens disponibles (médecins, pharmaciens, enseignants dans les collèges,…) afin que nul ne doute du danger que représente le cannabis pour le corps et l’esprit de l’homme et plus généralement pour le devenir de notre société.

Patrick Mura

Service de toxicologie et pharmacocinétique, centre hospitalier universitaire, BP 577, 86021 Poitiers cedex, France

Adresse e-mail : patrick.mura@chu-poitiers.fr

http://dx.doi.org/10.1016/j.toxac.2016.07.003 2352-0078/© 2016 Societé Française de Toxicologie Analytique. Publie par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

Sartrouville : Une fillette de 4 ans hospitalisée après avoir ingéré du cannabis

Une fillette de 4 ans a fait un malaise à l’école, dans les Yvelines, après avoir avalé du cannabis. Sa mère a été interpellée et placée en garde à vue, le 7 septembre 2016.

La mère d’une enfant qui a fait un malaise dans une école maternelle de Sartrouville (Yvelines), a été placée en garde à vue, mercredi 7 septembre 2016. La fillette de 4 ans aurait avalé un morceau de résine de cannabis, révèle le site Le Parisien. Récit.

Elle fait un malaise à l’école

La fillette de 4 ans s’est sentie mal, lundi 5 septembre 2016, dans la matinée, alors qu’elle se trouvait à l’école maternelle. Très vite, les médecins qui l’ont examinée ont estimé que l’enfant était sous l’emprise de la drogue et présentait les symptômes d’une intoxication au cannabis.

L’essentiel.

Une mère et son compagnon devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Versailles après l’hospitalisation d’une petite fille ayant ingéré du cannabis.
Lundi 5 septembre 2016, une enfant de 4 ans, élève en maternelle à Sartrouville, dans les Yvelines, a été prise d’un malaise. Tout laisse à penser que la petite fille a ingéré du cannabis. Elle a été transportée à l’hôpital Necker à Paris puis à l’hôpital d’Argenteuil, dans le Val-d’Oise.
La mère de l’enfant a immédiatement mis en cause son compagnon, qui, selon elle, consomme régulièrement de la drogue. L’homme de 26 ans aurait laissé traîner un morceau de résine de cannabis, relate Le Parisien. « Il avoue qu’il fume du cannabis et qu’il peut lui arriver d’en laisser traîner chez lui », a indiqué une source au journal. Mais soulignant qu’il hébergeait gracieusement la mère et l’enfant, il a affirmé ne pas être responsable de la petite fille. Lors de la perquisition menée au domicile familial, le chien renifleur aurait tout de même marqué l’arrêt à plusieurs endroits de l’appartement, précise Le Parisien. La mère de la petite fille et son compagnon ont été interpellés et placés en garde à vue, mercredi 7 septembre 2016. Ils seront convoqués le 4 février devant le tribunal correctionnel de Versailles. La fillette a été retirée à sa mère.

Le compagnon de la mère laisserait traîner du cannabis

Interpellée mercredi 7 septembre, la mère de la fillette aurait expliqué aux enquêteurs que son compagnon, consommateur régulier, aurait laissé traîner un morceau de résine de cannabis dans son domicile que l’enfant aurait pu avaler. Son compagnon a également été entendu dans le cadre de l’enquête. La mère, âgée de 24 ans, a été placée en garde à vue pour « pour soustraction d’un parent à ses obligations légales compromettant l’éducation et la santé de l’enfant » et blessures involontaires avec ITT n’excédant pas trois mois. Le couple comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Versailles début février 2017.

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DROGUE: UN VACCIN CONTRE LA DÉPENDANCE À LA COCAÏNE EN COURS DE DÉVELOPPEMENT AU BRÉSIL

Une équipe de chercheurs brésiliens met actuellement au point un traitement contre l’addiction à la cocaïne. Le pays est l’un des plus touché par cette drogue dure.

C’est une maladie d’un genre bien particulier qui va peut-être bientôt se voir pourvue d’un vaccin. Une équipe de scientifiques brésiliens de l’université fédérale de Minas Gerais (UFMG) travaille actuellement à la mise au point d’un vaccin contre l’addiction à la cocaïne.

En développement depuis deux ans, il en est actuellement à sa phase de tests sur des animaux. A terme, le vaccin en question pourra être proposé, non pas en prévention (comme le sont habituellement les vaccins donc), mais pour aider les toxicomanes qui souhaitent sincèrement arrêter de se droguer. Des usages sur des enfants ou des adolescents pour les protéger d’une addiction future sont également envisagés, sans plus de détails.

« Nous avons développé une molécule qui stimule le système immunologique pour produire des anticorps contre la cocaïne. Ces anticorps vont séquestrer la drogue et l’empêcher d’arriver au cerveau en réduisant les effets euphorisants. Cela conduit une perte d’intérêt pour l’utilisateur », a expliqué Angelo de Fatima, chercheur et professeur au Département de chimie organique. Le scientifique n’a pas voulu cependant dévoiler le nom de la molécule qui rend possible cette réaction, celle-ci n’ayant « pas encore été brevetée » explique-t-il.

La consommation de cocaïne peut, à long terme, provoquer une nécrose des tissus, des troubles cardiaques graves et des problèmes psychiatriques. Il n’est malheureusement guère étonnant que cette lueur d’espoir dans la lutte contre le fléau provienne du Brésil: selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la consommation de cocaïne au Brésil est quatre fois supérieure à la moyenne mondiale.

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Colorado: plus d’enfants intoxiqués à la marijuana après la légalisation

Le nombre de jeunes enfants qui consomme par inadvertance de la marijuana a explosé au Colorado depuis la légalisation de la consommation de cette drogue, en 2014, selon une nouvelle étude. Ses auteurs proposent que soient interdits les gâteaux et biscuits à la marijuana.

« Avec des collègues, nous voyions de plus en plus d’enfants aux urgences qui avaient consommé de la marijuana », explique George Wang, pédiatre à l’Université du Colorado, qui est l’auteur principal de l’étude publiée cet été dans la revue JAMA Pediatrics. « Les conséquences ne sont pas énormes : sur les 81 enfants que nous avons vus à nos urgences, il y a eu quelques cas nécessitant un respirateur, mais c’est tout de même inquiétant. On parle d’un seul hôpital pédiatrique. Il faut en tenir compte pour affiner la réglementation sur la marijuana. »

Les chercheurs ont recensé toutes les visites à un hôpital pédiatrique universitaire d’Aurora et tous les appels au centre régional antipoison de Denver qui étaient liés à la marijuana, de 2009 à 2015. Pour les enfants de 10 ans et moins, on a recensé 81 visites aux urgences et 160 appels, en progression constante de 2013 à 2015. Même aux niveaux les plus récents, la marijuana représente cependant une infime portion des activités de ces deux établissements : une cinquantaine sur 100 000 appels faits au centre antipoison chaque année, et une quinzaine sur 100 000 visites pédiatriques.

Malgré tout, le Dr Wang estime qu’il faut revoir certaines des modalités de vente de la marijuana.

« Il faut que les emballages ne puissent pas être ouverts par de jeunes enfants, comme les contenants de médicaments, dit le pédiatre américain. On pourrait interdire la publicité, comme pour le tabac. Et il faut débattre de l’opportunité de limiter la concentration de THC [principal ingrédient actif de la marijuana] et d’interdire la vente de marijuana comestible. »

« Dans beaucoup de cas, les enfants avaient mangé un biscuit à la marijuana. Il y a même des bonbons à la marijuana. Je ne pense pas que ce soit essentiel. »

– George Wang, pédiatre à l’Université du Colorado

« Je pense qu’il serait difficile pour le Colorado d’interdire la marijuana comestible, mais pour les autres régions qui envisagent la légalisation, je recommanderais d’y réfléchir sérieusement. À tout le moins, on devrait interdire de la marijuana comestible qui ressemble à des bonbons comme les oursons en gélatine, comme on en a vu ici », ajoute le pédiatre.

Les intoxications d’enfants pourraient-elles devenir assez fréquentes pour contrebalancer les avantages de la légalisation de la drogue, notamment la baisse des revenus du crime organisé ? « On ne parle pas d’épidémie ici, dit le Dr Wang. Je préfère ne pas faire de commentaires sur la légalisation. »

LES INTOXICATIONS CHEZ LES ADULTES

Les chercheurs du Colorado veulent maintenant étudier les intoxications chez les adultes et voir si les familles où il y a beaucoup d’intoxications à la marijuana ont aussi des problèmes avec les médicaments.

Veut-il dresser le portrait sociologique des parents les plus susceptibles d’avoir des enfants qui s’intoxiquent, par exemple leur niveau du revenu, leur situation d’emploi et leur degré d’éducation ? « Il faut prendre garde de ne pas stigmatiser les gens dont les enfants s’intoxiquent accidentellement, dit le Dr Wang. Cela dit, une telle analyse serait très intéressante, mais aussi très délicate sur le plan politique. »

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