Recherche

Catégorie

Actualités

Ces chercheurs de l’Université Johns Hopkins suggèrent aux Autorités de tirer aujourd’hui les leçons de la lutte contre le tabagisme ou la consommation d’alcool chez les jeunes pour éviter l’expérimentation massive du cannabis par les enfants et les adolescents. Une inquiétude renforcée aux Etats-Unis, où 4 États ont déjà autorisé le cannabis à usage récréatif. Leurs conclusions, présentées dans la revue Pediatrics, appellent à saisir cette fenêtre d’opportunité unique pour créer un environnement réglementaire qui minimise l’accès des jeunes au cannabis. Au même titre qu’à l’alcool et au tabac.

Rappelons l’état des lieux aux Etats-Unis : Un américain sur 10 est en possession d’une carte d’autorisation d’usage de cannabis médical ou connaît quelqu’un dans ce cas. Certains états, comme le Michigan, ont mis en œuvre des règles strictes pour l’usage chez l’enfant. D’autres états, comme le Maine, sont encore plus stricts et menacent de retrait de l’autorité parentale les parents consommant en présence des enfants. Enfin, dans le Connecticut, les législateurs envisagent un projet de loi qui permettrait d’élargir l’usage du cannabis médical à l’Enfant. Dans le New Jersey, un pas en avant vient également d’être franchi vers l’autorisation de l’usage médical chez l’Enfant. Enfin, au Colorado ce sont certaines souches de cannabis qui sont autorisées pour l’usage pédiatrique. Si l’opinion publique américaine est très favorable à la libéralisation de l’usage médical élargi, voire à la dépénalisation de l’usage récréatif, aujourd’hui 4 Américains sur 5 restent opposés à son utilisation, même médicale, en présence d’enfants. Une récente étude de l’Université du Michigan vient de révéler la conscience des adultes américains sur les effets cérébraux possibles d’une expérimentation et d’une consommation à l’adolescence. Une précédente étude de chercheurs de Boston a posé la question de l’usage médical du cannabis chez l’Enfant, en cas de troubles du développement et du comportement, face une pratique réelle, aux Etats-Unis, dans la prise en charge pédiatrique de l’autisme, et autres troubles.

Ces premiers jours de légalisation du cannabis sont à considérer comme « une fenêtre d’opportunité unique » pour règlementer afin de réduire l’accès des jeunes au cannabis, explique l’auteur principal, le Dr Brendan Saloner, professeur au Département de politique et de gestion de la santé à l’École Bloomberg. « Notre priorité numéro un doit être de protéger nos enfants ».

Car la légalisation du cannabis est en marche aux Etats-Unis, 4 Etats, le Colorado, Washington, l’Oregon, l’Arizona ont déjà adopté des lois qui légalisent son usage récréatif et d’autres états pourraient suivre. Un certain nombre d’Etats débattent activement sur la dépénalisation.

4 stratégies sont ici proposées pour prévenir la consommation de cannabis chez les mineurs :

  1. Le recours aux taxes et aux prix élevés, les jeunes étant particulièrement sensibles aux prix. Une stratégie efficace contre le tabagisme des jeunes.
  2. La régulation de l’accès au cannabis, même si en dépit des limites d’âge, de nombreux adolescents parviennent à obtenir de l’alcool et des cigarettes dans les points de vente. Ici, les auteurs appellent à plus de contrôles et à des sanctions plus sévères, ainsi qu’à la règlementation des emplacements des détaillants de cannabis.
  3. Prévenir l’ingestion accidentelle par les enfants, en imposant une signalétique sur les aliments contenant du cannabis et en limitant la concentration de THC dans ces aliments.
  4. Adopter aussi un étiquetage neutre pour les produits du cannabis et limiter leur promotion !

Cette arrivée du cannabis va créer son lot de questions bien au-delà de ce qui s’est produit avec le tabac et l’alcool. En particulier parce que le cannabis peut être cultivé à la maison. Des données existent déjà sur l’efficacité des interventions de prévention contre le tabac et l’alcool, utilisons-les !

Pediatrics May 4, 2015, doi:10.1542/peds.2015-0436 Policy Strategies to Reduce Youth Recreational Marijuana

Source: 

 

Lycée sans drogue : Madame Pécresse a raison

POLITIQUE – Enfin allais-je dire! Au lendemain de la publication des chiffres alarmants sur l’évolution de la consommation de cannabis chez les jeunes, une responsable politique s’intéresse à la chose. Les chiffres sont têtus. L’enquête ESCAPAD réalisée lors de la journée Défense et citoyenneté, dans l’ensemble des centres métropolitains et ultramarins, a porté sur 26.351 adolescents et les résultats diffusés récemment concernent les pratiques des jeunes de 17 ans de métropole, soit 22.023 jeunes. Excusez du peu! Les chiffres sont là, sans ambiguïté: il est observé une « recrudescence importante de l’expérimentation (plus de 6 points) qui concerne filles et garçons. En 2014, parmi ceux qui ont fumé du cannabis dans l’année, un garçon sur quatre (25,7%) présente un risque élevé d’usage problématique ou de dépendance. Près d’un jeune de 17 ans sur 10 consomme au moins 10 fois par mois ».

A 17 ans, les jeunes sont encore au lycée: alors on fait quoi? On met tout sous le tapis en attendant de bonnes résolutions?

Nier le lien entre la consommation de cannabis chez les jeunes et le risque de décrochage scolaire signe une méconnaissance totale et du décrochage, et des effets du cannabis. De nombreuses études y compris de très récentes, plaident en faveur d’un lien entre les conduites à risque et la motivation scolaire. Les troubles de la mémoire et des facultés d’apprentissage induits par la consommation peuvent retentir sur le travail scolaire et l’adaptation sociale. Un des effets pharmacologiques majeur et bien identifié du produit chez les adolescents est la démotivation; la repérer le plus précocement possible est une approche cohérente et efficace dans la problématique du décrochage scolaire. Le « suivi pédagogique » mis en avant ne suffit pas pour aider les décrocheurs. C’est une approche hautement « intégrative », et qui prend en compte le comportement individuel qui doit être préconisée. Le repérage précoce des conduites à risque en fait partie.

Avant de critiquer les propositions, il faut relire l’expertise collective INSERM sur le cannabis. Il ne s’agit pas de prise de position politique mais d’expertises scientifiques: repérer précocement, aider, accompagner, proposer, tenir enfin compte des effets délétères à long terme sur le cerveau des adolescents.

Pour ces problèmes de conduites à risque, tout le monde est démuni: parents, communauté éducative. Le constater n’accuse personne. Par contre chercher ensemble des solutions, poser des mots sur le problème, associer habilement un cadre réglementaire et une stratégie de prise en charge sont des pistes qu’il faut explorer au sein des établissements scolaires. Ne pas laisser seuls ni les parents, ni les élèves, ni les enseignants. Dans les établissements, personne n’est ni formé, ni lisible pour assurer la prise en charge de ces problèmes. Entre le personnel de santé réparti sur plusieurs établissements et le personnel éducatif peu ou pas formé au repérage, on fait quoi? On en fait quoi des élèves concernés? On ne sait même pas identifier les structures d’aval pour leur prise en charge. Les interventions de prévention en classe par des addictologues spécialistes est ponctuelle, nécessaire, mais pas suffisante. La problématique n’est pratiquement jamais portée par le projet d’établissement, au même titre que la réussite des élèves. Les raisons sont nombreuses; le manque de portage politique fort en fait partie.

Oui, installer dans les établissements des « référents addiction », formés, qui repèrent, dialoguent, rendent lisibles les structures de prise en charge, c’est un premier pas audacieux pour aider les élèves.
C’est aussi mettre en œuvre les recommandations préconisées par les spécialistes.

Enfin, quelqu’un en parle et s’en préoccupe.

On ne peut que regretter qu’au nom d’un grand élan de déni politique, l’amendement qui demandait « qu’à compter de la rentrée scolaire de 2016, chaque établissement du second degré doit désigner un référent pour la prévention en matière de drogue et d’alcool au sein de l’équipe pédagogique existante » et déposé par Valérie Pécresse dans le cadre de l’examen de la loi de Santé ait été rejeté.

Dommage, il eut été enfin possible d’installer des actions cohérentes et lisibles en matière de lutte contre les addictions dans les lycées.

Source

Cliquez sur la photo pour voir la vidéo

Soeur Valls

États-Unis : les bourses étudiantes retirées aux consommateurs de cannabis

Outre-Atlantique, les étudiants condamnés pour possession ou trafic de stupéfiants sont déclarés inéligibles, pour un à trois ans, aux aides financières de l’État. En cas de « multirécidive », la sanction devient définitive.

Quelques jours seulement après le 4/20 [«four-twenty», en anglais], journée dédiée à la marijuana aux États-Unis, Le Student Loan Ranger rappelle la possibilité, souvent oubliée des étudiants, de se voir refuser bourses et prêts spéciaux, en cas de condamnation liée à la drogue (possession, vente, etc.). Le blog américain explique que, depuis 2009, la sanction pour «possession d’une drogue illicite» est établie selon trois niveaux: une perte d’éligibilité d’un an pour une première infraction, une de deux ans pour une deuxième infraction, une permanente pour une troisième infraction.

Pour «ventes ou volonté de vendre une drogue illicite», la sanction, plus lourde, est établie selon deux niveaux: une perte d’éligibilité de deux ans pour une première infraction, une perte d’éligibilité permanente dès la deuxième infraction. Les législateurs, conscients de peut-être aggraver le problème en amenant ces étudiants à quitter l’école pour plusieurs mois, ont néanmoins pensé à quelques systèmes de «remise de peine». Sous réserve de suivre un programme de réhabilitation et d’accepter de subir deux tests inopinés, les étudiants de bonne volonté peuvent ainsi réduire «sensiblement» leur durée d’inéligibilité.

A noter également qu’aucune aide financière de l’État n’est «supprimée» pendant sa période de perception ; il s’agit là d’inéligibilité, et non de suspension ou suppression. En outre, l’attribution de la sanction dépend de la date de condamnation, et non de la date d’infraction. «Imaginons qu’un étudiant ait été arrêté en janvier, alors qu’il était inscrit dans une école et percevait des aides financières de l’État, mais qu’il n’ait été condamné qu’en Juin, date à laquelle son année était terminée. Dans ce cas, son éligibilité future aux aides est remise en cause. A contrario, si l’arrestation a lieu en Juin mais la condamnation au mois de Janvier suivant, les aides financières de l’État perçus par l’étudiant ne sont pas remises en cause dans l’immédiat», écrit le Student Loan Ranger.

Source

CANNABIS: Il emmêle le réel et l’imaginaire

Source : Santélog

Actualité publiée le 25/4/2015 par Molecular Psychiatry

Cette étude américaine démontre pour la première fois que les consommateurs de cannabis ont un hippocampe moins actif, une structure clé impliquée dans le stockage des souvenirs. Pour le coup, ces usagers sont plus enclins à mélanger le vrai et le faux, à créer des distorsions de mémoire et à développer de faux souvenirs. Ces travaux, présentés dans la revue Molecular Psychiatry, suggèrent aussi qu’un usage chronique de cannabis pourrait accentuer les problèmes de mémoire liés à l’âge.

Cette recherche de l’Université de Barcelone menée avec l’utilisation de techniques de neuro-imagerie, a comparé les souvenirs de consommateurs de cannabis à ceux de témoins, afin d’identifier des différences dans la rétention de séries de mots. Après avoir écouté la première série de mots, les participants en ont écouté une seconde comportant de nouveaux mots, sémantiquement ou non reliés à ceux de la première série. Les participants devaient identifier les mots appartenant à la liste originale. L’expérience montre que, les consommateurs de cannabis vs témoins,

  • associent fréquemment à tort les nouveaux mots comme sémantiquement liés aux premiers, suggérant une tendance à la distorsion de mémoire et la création de faux souvenirs (voir le visuel en cliquant ici)
  • montrent une activation plus faible dans les zones du cerveau liées aux processus de mémoire et au contrôle général des fonctions cognitives, et d’autant plus faible que la consommation de cannabis à vie était élevée
  • présentent des lacunes de mémoire, même un mois après avoir cessé de consommer du cannabis,
  • sont enfin toujours plus susceptibles de souffrir de distorsion de mémoire, même des semaines après l’arrêt du cannabis.

Le cannabis mélange le réel et l’imaginaire : Ces données suggèrent que le cannabis aurait un effet prolongé sur les mécanismes cérébraux qui nous permettent de faire la différence entre le réel et l’imaginaire. Des erreurs de mémoire qui peuvent causer des problèmes au quotidien, et d’un point de vue plus clinique, aggraver les problèmes de perte de mémoire liée à l’âge.

L’effet pourrait aller jusque-là se rappeler ce qui n’est jamaiq arrivé, précisent les auteurs, notre mémoire se construisant progressivement et étant vulnérable à ces distorsions. Ainsi, ces « faux souvenirs » sont fréquemment identifiés dans plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques, et deviennent plus fréquents avec l’âge.

Nous avons tous nos faux souvenirs, sur notre enfance par exemple. Le contrôle sur la « véracité » de nos souvenirs est une tâche cognitive complexe qui, en fait, nous permet d’avoir notre propre sens de la réalité.

Source: Molecular Psychiatry 31 March 2015 Telling true from false: cannabis users show increased susceptibility to false memories (Visuel@ Hospital Sant Pau)

« Hommes et femmes ne se droguent pas pour les mêmes raisons » (Figaro)

Si l’enquête publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) révèle que les adolescents fument de plus en plus de cannabis, elle constate aussi que cette évolution est plus forte chez les jeunes filles. Malgré tout, celles-ci restent moins nombreuses que les garçons à se droguer. Y a-t-il une question de genre derrière le rapport à la drogue ? Nos questions à François Beck, directeur de l’OFDT.

Lefigaro.fr/Madame. – Dans votre étude, on remarque que la hausse de la consommation de cannabis par les adolescentes est forte.
François Beck. – 
Cette évolution chez les jeunes filles est très étonnante, puisqu’elles sont passées de 38,9 % à avoir testé la drogue en 2011 à 45,8 % en 2014 et sont 5,8 % à en consommer régulièrement, contre 3,4 % trois ans plus tôt. C’est elles qui portent la tendance à la hausse de la consommation chez les adolescents : 47,8 % des jeunes ont déjà fumé au moins une fois du cannabis en 2014, contre 41,5 % en 2011. Depuis 2002, on était sur une tendance à la baisse, jusqu’à cette reprise, qui est assez forte.

Comment expliquer cette tendance marquée chez les jeunes femmes ?
Historiquement, la consommation de cannabis est plus forte – et relativement stable – chez les garçons, alors que les femmes ont toujours eu tendance à consommer plus de médicaments légaux ayant des effets sur le psychisme. De manière générale, quelles que soient les drogues, leur usage est bien plus répandu dans l’univers masculin que dans l’univers féminin. Mais la société change, et les comportements aussi. Comme avec le travail et la cigarette par le passé, les femmes « investissent » un domaine qui leur était assez inaccessible auparavant. Ce phénomène est particulièrement notable dans les catégories professionnelles hautes, notamment chez les cadres, où les femmes ont un niveau de consommation beaucoup plus proche de celui des hommes.

La relation à la drogue est-elle donc identique chez les hommes et chez les femmes ? Continuer à lire « « Hommes et femmes ne se droguent pas pour les mêmes raisons » (Figaro) »

Explosion de la consommation de cannabis : « La France est un lieu de production (LCI -TF1)

Cliquez ci dessous pour voir la vidéo

Paul, 18 ans, accro au cannabis : « je suis une loque » (Europe N°1)

TÉMOIGNAGE – La consommation de cannabis est repartie à la hausse chez les jeunes en France. Une addiction dans laquelle Paul est tombé, adolescent.

A 17 ans, près d’un adolescent sur deux a déjà fumé un joint. Selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi, la consommation de cannabis chez les jeunes est nettement repartie à la hausse. Paul, 18 ans, fait partie de ces accrocs au THC (tetrahydrocannabinol, la molécule qu’on retrouve dans le cannabis, ndlr). « Au début, c’est juste un plaisir. Et à la fin, c’est un besoin », confie le jeune homme à Europe 1.

« J’ai niqué toutes mes années de lycée »

« Je suis tombé vraiment dans le cannabis quand j’avais 15 ans. Je fumais déjà tous les jours », raconte Paul, extrêmement lucide sur son addiction. « Tu commences à fumer tout le temps, tu commences à fumer tout seul. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’ai niqué toutes mes années de lycée », poursuit-il. « Je suis en Terminale et je n’ai plus envie d’aller en cours. Je me suis fait virer et je ne sais même pas comment je vais avoir mon Bac parce que je fais que fumer. Je deviens une loque en fait. Je ne fais plus rien ».

Selon l’étude de l’OFDT, menée en mars 2014 auprès de 22.023 personnes âgés de 17 ans,47,8% des jeunes affirment avoir déjà essayé le cannabis et 9,2% disent en fumer au moins dix fois par mois. Paul, lui, en fume quotidiennement. Il est parfaitement conscient des problèmes que cela pose sur son quotidien. « Tu te refermes sur toi-même », avoue-t-il. « Tu deviens flemmard, t’as rien envie de faire. Tes potes te proposent de faire des trucs et tu dis ‘non, je vais rester chez moi, je vais rien faire, j’ai la flemme de sortir ».

« C’est super dur d’arrêter »

Pourtant parfaitement clairvoyant sur sa situation, Paul ne voit pas le bout de son addiction. « Oui, j’ai envie d’arrêter de fumer mais c’est super dur », lâche-t-il avant de donner un conseil pour ceux qui seraient tentés par la marijuana : « si je vois un jeune qui commence à fumer, j’aimerais bien lui dire qu’il ne faut pas commencer« 

MDMA : pourquoi la consommation explose chez les ados

DROGUE – En quelques années, la MDMA est devenue la drogue la plus « hype » chez les jeunes en France. Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur ce phénomène inquiétant.

L’expérimentation de MDMA (ecstasy) chez les jeunes âgés de 17 ans a pratiquement doublé en France au cours des trois dernières années, révèle la dernière enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur cette drogue qui fait fureur chez les adolescents.

En quelques années, la MDMA (anciennement connue sous le nom d’ecstasy) est devenue la nouvelle drogue à la mode chez les jeunes. En effet, le nombre d’adolescents âgés de 17 ans ayant expérimenté cette drogue a pratiquement doublé en l’espace de trois ans : 3,8% des adolescents de 17 ans l’ont testé en 2014, alors qu’ils étaient 1,9 % en 2011, d’après les chiffres de l’OFDT.

La MDMA, c’est quoi au juste ?
Les premiers usages récréatifs de la MDMA remontent à la fin des années 80, où son usage était très répandue dans les clubs branchés de New-York, avant de débarquer au milieu des années 90 dans les rave parties. « La MDMA est le principe actif de l’ecstasy », précise le Dr Laurent Karila, qui dirige le Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions (CERTA) à l’Hôpital Paul Brousse de Villejuif.

Autrement dit, de l’amphétamine. Au début des années 2000, on la voit réapparaître sous forme de cristaux qu’il faut ensuite réduire en poudre afin de l’absorber par la bouche ou le nez. « Le problème, c’est que la MDMA est souvent coupée avec d’autres produits, comme la cocaïne. Il est donc difficile de connaître son véritable dosage. »

 Comment expliquer le phénomène ?
La MDMA a pour effet de stimuler les contacts, en créant un sentiment d’euphorie, d’excitation et d’empathie. « Les jeunes sont attirés par cette drogue parce qu’elle associé au milieu festif », reprend le psychiatre. Il y a un effet de mode autour de la MDMA, qui est devenue en quelques années un marqueur générationnel. »

En effet, le nombre de jeunes âgés de 17 ans ayant testé la cocaïne a très peu augmenté au cours trois des dernières années (+0,2%). Moins chère, la MDMA est aussi plus facile à trouver, sur Internet ou lors des soirées. « Le plus marquant, c’est que son usage est en hausse aussi bien chez les jeunes filles que les jeunes garçons », explique le psychiatre.

Quels sont les dangers pour la santé ?
A entendre les consommateurs, la MDMA aurait peu d’effets secondaires et un faible pouvoir addictif, en comparaison à la cocaïne ou au cannabis. Une « aberration », estime le Dr Laurent Karila. La consommation répétée de cette drogue peut avoir en effet des conséquences graves sur la santé.

Laurent Karila en dresse une liste non exhaustive : hyperthermie maligne (forte fièvre pouvant conduire à un décès), hépatite fulminante, etc. « On observe des dégâts importants sur les organes, comme le rein et le foie, mais aussi au niveau du cerveau à travers des troubles psychologiques ou cognitifs, des dépressions. » Sans parler du risque d’addiction, en cas de prise régulière.

Comment prévenir l’usage de la MDMA chez les jeunes ?
Le phénomène est assez inquiétant, estime Laurent Karila : « Des campagnes de prévention doivent être menées pour informer les jeunes sur les risques pour la santé et aider les parents à détecter une addiction chez leur enfant. » Par exemple, s’il dépense beaucoup d’argent, s’il grince des dents (bruxisme), mais aussi à travers les sorties répétées jusqu’à l’aube ou les changements d’humeur. En cas de soupçons, mieux vaut s’adresser aux professionnels de santé : « Il existe des consultations pour jeunes consommateurs ou encore des centres d’addictologie », conseille le psychiatre.

Source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑