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L’amende pour consommation de drogues entre en vigueur dans plusieurs villes

Les consommateurs de stupéfiants à ReimsRennesCréteil et Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) sont punis depuis mardi d’une amende forfaitaire de 200 €, une mesure voulue par le gouvernement pour en finir avec la « dépénalisation de fait ».

Cette nouvelle procédure, qui s’applique à toutes les drogues mais vise d’abord les usagers de cannabis, doit être étendue à Lille et Marseille à la mi-juillet avant de concerner progressivement toute la France métropolitaine.

L’amende, si elle est réglée sous quinze jours, est minorée à 150 €. Au-delà de 45 jours, le contrevenant devra s’acquitter d’une majoration fixée à 450 €.

Une promesse de campagne d’Emmanuel Macron

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’amende forfaitaire – à laquelle seules les personnes majeures seront soumises – a été votée par le Parlement en novembre 2018 et s’ajoute à l’arsenal législatif existant.

> Lire aussi : POINT DE VUE. Drogue : l’amende forfaitaire, un moyen efficace pour réduire la consommation ?

Présentée comme l’un des outils du plan antidrogue lancé par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner en septembre 2019, elle entend plus spécifiquement en finir avec la « dépénalisation de fait » du cannabis et apporter « une réponse pénale plus rapide et plus ferme et plus systématique ».

En effet, une loi de 1970 prévoit théoriquement de punir l’usage illicite de stupéfiants jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende, mais l’emprisonnement pour usage reste exceptionnel, les magistrats privilégiant des « mesures alternatives aux poursuites » comme des rappels à la loi.

La France, premier consommateur européen de cannabis

« L’amende forfaitaire […] va permettre aux forces de l’ordre et aux magistrats de se concentrer sur la lutte contre le trafic, plutôt que de consacrer leur temps à des procédures chronophages liées à la répression de la consommation de stupéfiants », s’est félicité le député Éric Poulliat (LREM), co-rapporteur de la mission d’information qui avait proposé la mesure en janvier 2018.

Premier consommateur européen de cannabis, la France comptait cinq millions de fumeurs de cette substance en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, un nombre qui augmente régulièrement depuis des années.

Source

Drogue : l’amende forfaitaire, un moyen efficace pour réduire la consommation ?

Jean-Pierre Pujol,

Pr de Biochimie (Université de Caen) et

membre du CNPERT

(Centre National de Prévention, d’Études et

de Recherches sur les Toxicomanies),

craint que la consommation de stupéfiants

soit banalisée dans l’opinion publique.

L’amende de 200 € pourra être minorée à 150 € ou majorée à 450 € en fonction du délai de paiement. 

Un nouveau dispositif destiné, selon le gouvernement, à réduire l’augmentation du nombre de consommateurs de stupéfiants, particulièrement de cannabis, va être testé dans les villes de Rennes, Reims et Créteil à partir du 16 juin. Les contrevenants devront s’acquitter de 200 € (montant minoré à 150 € et majoré à 450 € en fonction du délai de paiement). L’usage de stupéfiant sera donc forcément perçu par les usagers comme un délit mineur, au même titre qu’un excès de vitesse sur la route, et va sans doute contribuer à le banaliser dans l’opinion publique.

Des peines de prison rarement effectuées

Comment en est-on arrivé là, alors que la France est connue pour avoir une loi plutôt répressive, prévoyant jusqu’à un an de prison et 3 750 € d’amende ? Tout simplement parce que cet arsenal législatif n’est pas, ou peu, appliqué d’ordinaire. En ce qui concerne le trafic, l’offre de stupéfiants conduit de même à des peines de prison rarement effectuées, si l’on compare la situation à d’autres pays européens.

Selon une étude de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), parue en 2017 et portant sur 25 pays, en Grèce l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane de 20 ans de prison et l’offre d’un kg de cannabis à 10 ans de prison. À l’autre extrémité de l’échelle on trouve les deux pays les plus tolérants, les Pays-Bas et la France où l’offre d’un kg d’héroïne conduit à une peine médiane respective de 1 an et de 2 ans de prison. La situation a été encore assouplie par la loi Tubiana.

En France, souvent l’aménagement de peine conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. Peu de prévenus effectuent réellement leur peine de prison.

« Frapper au porte-monnaie »

Face à cette situation, on comprend que les policiers et gendarmes chargés de lutter contre l’usage de stupéfiants soient découragés de voir que leur travail ne permette pas de traduire les usagers et les trafiquants (la distinction est souvent difficile à établir) devant les tribunaux.

Alors, encore une fois, on choisit la facilité… On va « frapper au porte-monnaie », en espérant que cette mesure soit de nature à dissuader les consommateurs de consommer. Or, l’addiction au cannabis (souvent suivie de l’addiction à la cocaïne) est connue pour être très forte, conduisant à la recherche de substances de plus en plus dosées.

Une amende forfaitaire ne pourra jamais décourager un consommateur au point de renoncer à l’usage de sa drogue. A fortiori si celui-ci fait partie de la population aisée, peu affectée par le paiement d’une amende même élevée. À l’inverse, ce dispositif ne va-t-il pas pousser davantage certains individus, moins favorisés, à rechercher par tous les moyens, y compris les violences, de quoi financer leur consommation ?

300 000 enfants de 12 à 15 ans

Cette nouvelle règle est l’occasion, encore une fois, de constater qu’aucune réponse sanitaire n’est prévue pour lutter contre ce fléau. Or, c’est oublier les méfaits du cannabis sur la santé, non seulement chez les adultes mais surtout chez les jeunes adolescents.

En France, on compte 1,6 million de consommateurs réguliers de cannabis et 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont déjà expérimenté cette drogue.

Le cannabis n’est pas une drogue « douce » : un grand nombre de travaux scientifiques et d’études statistiques ont démontré définitivement qu’il s’agit d’une « drogue dure », qui provoque une addiction extrêmement forte, aggravée par l’association au tabac et à l’alcool, et menant très souvent à « l’escalade » vers d’autres drogues encore plus néfastes (cocaïne, héroïne).

Nombreux troubles mentaux, violences conjugales

Par sa grande solubilité dans les lipides, la substance active, le THC, s’associe aux membranes cellulaires, peut franchir aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumuler dans le cerveau.

Chez les adolescents, où cet organe est en cours de maturation, il provoque de nombreux troubles mentaux : perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, ataxie, incoordination motrice, désinhibition pouvant conduire à des prises de risque, induction de raptus agressifs contre soi-même ou dirigés contre autrui, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, troubles psychiatriques (schizophrénie), anxiété et dépression.

L’usage du cannabis chez l’adulte conduit souvent à des manifestations d’agressivité violente. L’analyse des faits divers montre que beaucoup des violences conjugales observées lors du récent confinement se sont déroulées sur fond de cannabis.

Traiter comme une maladie

Il faut donc considérer que le consommateur de cannabis est avant tout un malade et qu’il doit être traité comme tel. Même s’il faut déplorer que les peines soient peu souvent appliquées, le passage devant le juge permet au moins à celui-ci de prononcer l’obligation de traitement. Avec l’application de l’amende, cette possibilité disparaît.

En définitive, nous sommes toujours dans l’attente d’une vraie politique de lutte contre la toxicomanie, qui impliquerait en particulier un programme de prévention dès l’école primaire, comme c’est le cas en Suède par exemple.

Quand les pouvoirs publics prendront-ils conscience de l’importance du problème sanitaire posé par la toxicomanie ?

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COLOMBIE TÉMOIGNAGES: LES RAVAGES CACHÉS DE LA COCAÏNE

Cloisons nasales perforées, impuissance, nécroses cutanées: la cocaïne génère des maladies et effets secondaires méconnus

Destruction de cloison nasale, problèmes cardiaques ou neurologiques, impuissance sexuelle, nécroses: la cocaïne génère maladies et effets secondaires méconnus et honteusement dissimulés. Des ex-toxicomanes et drogués rencontrés en Colombie, premier producteur de ce stupéfiant, témoignent.

La sortie du confinement, imposé pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, risque de se traduire par une hausse des surdoses avec une reprise de la consommation après des mois de sevrage, craignent des experts.

Risque de surdose

«Les gens, qui ont réduit leur consommation durant la quarantaine, ne peuvent prendre ce qu’ils prenaient avant, parce que cela pourrait provoquer une surdose», avertit Julian Quintero, directeur de l’institut d’action technique sociale (ATS) à Bogota, la capitale colombienne confinée depuis le 20 mars.

Quelque 500’000 toxicomanes meurent chaque année dans le monde et 35 millions d’entre eux souffrent de «troubles» consécutifs à leur addiction, selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), publié en mai.

Difficulté de traiter ces effets secondaires

«Les gens vont difficilement chez le médecin pour une addiction à la cocaïne et ils ne pensent pas que cela cause d’autres affections», explique Efren Martinez, directeur scientifique du centre de désintoxication de la fondation Colectivo Aqui y Ahora, en soulignant la difficulté de traiter ces effets secondaires, dont les patients parlent avec réticence.

Voici trois témoignages, recueillis par l’AFP, sur le calvaire de ces maladies, nées de l’inhalation de cocaïne.

Les saignements n’empêchaient pas Nicolas Merizalde de «sniffer» du «perico», nom populaire de la cocaïne en Colombie. «Avec un mouchoir, avec n’importe quoi, je nettoyais le sang. J’attendais que cela sèche un peu, puis je m’en remettais encore et encore jusqu’à saigner», raconte cet homme de 47 ans.

Cloison en platine

Pas de trace visible de chirurgie, bien que sa cloison nasale ait été remplacée par du platine. Les dégâts au septum du nez sont générés par une consommation effrénée de longue date, dans son cas depuis ses 14 ans.

«Les acides que contient la cocaïne ont le pouvoir de dévorer l’os, littéralement», souligne M. Martinez. Et, «le plus grave, ce sont les micro-infarctus cérébraux», quand la cloison nasale est perforée, la poudre montant au cerveau.

Impuissance sexuelle

De l’alcool et la marijuana, Nicolas Merizalde est passé très vite à la «neige» et de «façon plus obsessive» que ses amis: «Eux sniffaient une ligne, moi deux». Sa vie est partie en vrille. Il a volé, frappé sa petite amie, passé de la drogue au Pérou, s’est laissé tripoter par un «dealer» de drogue en échange de sa dose.

Au bout du rouleau, il s’est enfermé dans un motel pour en finir d’une surdose. Mais il a échoué et s’est retrouvé hospitalisé. Depuis 1995, il est «clean» et dirige depuis dix ans un centre de réhabilitation.

Alberto attribue la rupture avec sa femme à sa dysfonction érectile. «Amoureux» de la cocaïne, il n’imaginait pas qu’elle le trahirait au lit. «C’est ce qui peut arriver de pire… c’est ce qui a déclenché notre séparation, car mon corps, ma vie, tout dépendait de la drogue», a raconté ce quadragénaire dans un couloir de l’hôpital universitaire San José à Bogota.

Erection perturbée

Il y a été opéré d’une ischémie cérébrale, causée par la poudre blanche. Ses difficultés d’érection ont commencé il y a plus de vingt ans. Il en avait 22, dont huit à se droguer quotidiennement. Il s’est marié, a eu deux enfants, sans renoncer à la «coke». Son épouse l’a toléré, jusqu’à ce qu’il puise dans le budget familial.

Et leur relation intime s’est étiolée. «Quand tu […] es dépendant de la drogue, cela annule souvent le plaisir sexuel», dit-il. La cocaïne forme des caillots de graisse dans les vaisseaux sanguins, perturbant l’irrigation du pénis, donc l’érection, explique le toxicologue Miguel Tolosa, qui a suivi Alberto.

Nécrose cutanée

Mais l’impuissance était un problème mineur face à d’autres troubles: infarctus cérébral, problèmes hépatiques, coronariens et rénaux. «La drogue a été la pire décision de ma vie. Elle a tout gâché», admettait Alberto, avant de cesser d’aller aux contrôles médicaux et que l’hôpital perde sa trace.

Jorge Rodriguez montre son torse, son dos, ses bras. Sa peau témoigne de l’«enfer» de la nécrose cutanée due à une cocaïne frelatée: elle est parsemée de cicatrices de la taille de lentilles. «Les démangeaisons ne me laissaient rien faire, ni lire, ni écrire, ni l’amour […] Cela empoisonne la vie», se souvient cet homme de 50 ans, chez lui dans le centre de Bogota.

«Travailler reclus»

«Le lit tâché de sang, les chemises… C’est une maladie honteuse». A la fin des années 2010, son corps s’est couvert de boutons, transformés en lésions. «Pour aller à une réunion, je devais me passer des calmants sur la peau», explique-t-il. «J’ai dû cesser d’avoir une vie professionnelle publique [comme chercheur et consultant, ndlr] et travailler reclus». Consommateur de cocaïne depuis un quart de siècle, il a commencé à souffrir après avoir changé de dealer. Cinq amis ont ensuite présenté les mêmes symptômes.

Des médecins ont évoqué la gale ou des acariens. Les traitements ne les soulageaient que quelques jours, jusqu’à ce que l’institut d’action technique sociale (ATS) analyse la cocaïne. Pour plus de profit, les narcos l’avaient mélangée à du Levamisol, un antiparasitaire vétérinaire.

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Le confinement a poussé les Français à consommer plus d’alcool et de psychotropes

Les résultats préliminaires d’une enquête internationale à laquelle «Libération» s’associe montrent que les Français ont davantage réparti leur consommation d’alcool durant le confinement, mais figurent parmi les plus forts utilisateurs d’anxiolytiques.

Ce sont des résultats intermédiaires, mais qui dessinent déjà des tendances sur les consommations d’alcool et de drogues – licites ou non – depuis la propagation de l’épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement décidées un peu partout sur la planète. La Global Drug Survey (GDS), enquête internationale menée depuis 2014 dans une trentaine de pays, s’est lancée ce printemps dans une édition exceptionnelle dictée par la pandémie. Objectif, selon Marie Jauffret-Roustide, chercheuse à l’Inserm et référente en France : «Examiner l’offre, les comportements, l’expérience des drogues et les politiques publiques.»

L’enquête, disponible en ligne et en français ici jusqu’au 20 juin, prend une quinzaine de minutes à remplir. L’anonymat des répondants est évidemment garanti, tout comme la confidentialité des réponses. Trois semaines après son lancement, elle a déjà réuni plus de 40 000 participants. Les Allemands constituent la moitié des effectifs (19 000 personnes), mais la France, avec plus de 6 000 répondants, représente la deuxième cohorte. L’enquête espère atteindre 100 000 participants et 10 000 en France d’ici la mi-juin. Les répondants français sont à 63% des hommes, et leur âge moyen s’élève à 28 ans.

Quelques spécificités françaises émergent d’ores et déjà. Ainsi, 56% des répondants disent avoir «vraiment bien vécu» la pandémie et les restrictions afférentes, contre 49% parmi les participants des autres pays. En revanche, le niveau de satisfaction à l’égard des décisions prises par les responsables politiques s’avère médiocre. Les Français leur décernent un 5/10, quand les Néo-Zélandais mettent 9/10 et les Allemands 8/10. Seuls les répondants britanniques (4/10) et brésiliens (0/10) sont plus sévères. Marie Jauffret-Roustide voit dans cet «effet miroir inversé» un paradoxe français, selon lequel une tradition protestataire et la mobilisation conséquente permettent, in fine, d’obtenir des mesures qui feraient traverser les périodes de crise relativement sereinement.

Moins de binge drinking

Quid des consommations durant le confinement ? Celle d’alcool semble avoir légèrement augmenté en nombre de jours de consommation dans la semaine, mais les conduites excessives de cinq verres ou plus en une occasion (binge drinking) ont, elles, régressé. Ainsi, 47% des répondants français ont augmenté («un peu» ou «beaucoup») leur nombre de jours de consommation d’alcool dans la semaine depuis le mois de mars. Pour 22% d’entre eux, il est resté stable, et il a baissé pour 31% des répondants.

Phénomène inverse pour les fois où une personne a consommé cinq verres ou plus en une seule occasion : 34% n’ont rien changé à leurs habitudes, 27% les ont augmentées, mais 37% ont réduit la fréquence de ces consommations excessives. Les raisons pour expliquer la prise d’alcool invoquent notamment l’ennui, le besoin de partager un moment de convivialité à la maison avec un membre de son entourage, mais aussi la volonté d’atténuer son stress.

Plus fort recours aux anxiolytiques

En ce qui concerne le cannabis, les tendances sont moins marquées que pour l’alcool à ce stade : 36% des usagers n’ont pas changé leurs habitudes, 37% ont augmenté le nombre de jours de consommation, et 27% ont diminué. Les fumeurs de joints ayant répondu à l’étude n’ont a priori pas été frappés de pénurie. Un quart des usagers de cannabis déclarent avoir augmenté leur consommation pour gérer le stress relatif à la pandémie, dans une proportion comparable à celle de l’alcool.

La spécificité française, en revanche, porte sur le recours aux benzodiazépines, les anxiolytiques, déjà largement consommés en temps normal. La pandémie n’a pas inversé la donne. Selon les résultats préliminaires de la GDS, 41% des Français ont augmenté leur consommation de ces produits psychotropes (c’est même la plus forte augmentation par rapport aux autres pays de l’enquête) durant la pandémie, 17% l’ont réduite, et 42% n’ont rien changé. Dans les autres pays, ces chiffres s’élèvent respectivement à 35%, 17%, et 48%.

Sylvain Mouillard

Cannabis : les messages de prévention visant à réduire les risques sont perfectibles

Plus d'un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l'année
Plus d’un adulte sur dix déclarent avoir fumé du cannabis dans l’année CHABYBUCKO / ISTOCK.COM

Dans quelle mesure les consommateurs de cannabis ont-ils conscience des risques pour leur santé associés à cette substance ? Des chercheurs de l’université du Michigan et de l’université d’Etat de New-York à Buffalo (Etats-Unis) ont sondé 472 américains fumeurs de cannabis afin d’évaluer le degré d’efficacité des campagnes de prévention menées aux États-Unis. Les participants ont été recrutés lors du Hash Bash 2019, festival qui célèbre la marijuana et qui a lieu chaque année sur le campus de l’université du Michigan.

Publiée dans Health Promotion Practice, la recherche montre que les consommateurs fréquents de cannabis ne sont pas aussi bien informés qu’ils devraient l’être sur les stratégies de réduction des risques. Moins de la moitié d’entre eux (42%) est par exemple consciente qu’il est préférable d’éviter de fumer de la marijuana pendant la grossesse, tandis que seuls 36% connaissent la recommandation de ne pas conduire dans les six heures suivant la consommation de cannabis.

Environ un quart des participants estime par ailleurs que consommer des produits contenant du cannabidiol (CBD) et du tétrahydrocannabinol (THC), de l’huile de cannabis ou encore de mettre de la glace dans un bang s’avèrent des stratégies efficaces pour réduire la puissance du cannabis. Or, les auteurs de la publication rappellent que seuls les produits équitablement dosés en CBD et THC sont connus pour produire cet effet.

Bien que les connaissances ne garantissent pas automatiquement un comportement plus responsable, les chercheurs notent que le fait de fournir aux consommateurs de cannabis des informations précises sur les risques et les avantages de cette drogue aiderait au moins à prendre des décisions en toute connaissance de cause.

« Alors que de plus en plus d’États légalisent l’usage médical et récréatif du cannabis, il est important que la santé publique fournisse aux gens des connaissances adéquates sur l’utilisation du cannabis. Nous savons que l’abstinence n’est ni réaliste ni souhaitable pour certains consommateurs. Nous pouvons minimiser les coûts et les risques liés à la consommation de cannabis en sensibilisant les gens aux stratégies de réduction des risques », estime Lorraine Collins, co-autrice de l’étude.

Source

Cannabis : les messages de prévention visant à réduire les risques sont perfectibles

Une enquête réalisée sur près de 500 consommateurs de cannabis aux Etats-Unis laisse penser que ces derniers n’ont pas toujours conscience des risques que cette habitude peut avoir sur leur santé. Selon les auteurs de l’étude, ce problème vient surtout de la qualité des messages délivrés par les politiques de santé publique du pays.

Dans quelle mesure les consommateurs de cannabis ont-ils conscience des risques pour leur santé associés à cette substance ? Des chercheurs de l’université du Michigan et de l’université d’Etat de New-York à Buffalo (Etats-Unis) ont sondé 472 américains fumeurs de cannabis afin d’évaluer le degré d’efficacité des campagnes de prévention menées aux États-Unis. Les participants ont été recrutés lors du Hash Bash 2019, festival qui célèbre la marijuana et qui a lieu chaque année sur le campus de l’université du Michigan.

Publiée dans Health Promotion Practice, la recherche montre que les consommateurs fréquents de cannabis ne sont pas aussi bien informés qu’ils devraient l’être sur les stratégies de réduction des risques. Moins de la moitié d’entre eux (42%) est par exemple consciente qu’il est préférable d’éviter de fumer de la marijuana pendant la grossesse, tandis que seuls 36% connaissent la recommandation de ne pas conduire dans les six heures suivant la consommation de cannabis.

Environ un quart des participants estime par ailleurs que consommer des produits contenant du cannabidiol (CBD) et du tétrahydrocannabinol (THC), de l’huile de cannabis ou encore de mettre de la glace dans un bang s’avèrent des stratégies efficaces pour réduire la puissance du cannabis. Or, les auteurs de la publication rappellent que seuls les produits équitablement dosés en CBD et THC sont connus pour produire cet effet.

Bien que les connaissances ne garantissent pas automatiquement un comportement plus responsable, les chercheurs notent que le fait de fournir aux consommateurs de cannabis des informations précises sur les risques et les avantages de cette drogue aiderait au moins à prendre des décisions en toute connaissance de cause.

« Alors que de plus en plus d’États légalisent l’usage médical et récréatif du cannabis, il est important que la santé publique fournisse aux gens des connaissances adéquates sur l’utilisation du cannabis. Nous savons que l’abstinence n’est ni réaliste ni souhaitable pour certains consommateurs. Nous pouvons minimiser les coûts et les risques liés à la consommation de cannabis en sensibilisant les gens aux stratégies de réduction des risques », estime Lorraine Collins, co-autrice de l’étude.

Source 

Les toxicomanies après la coronavirose

Par Jean Costentin Président du CNPERT

La prévention

Elle impose des actions, impliquant enseignants et membres des professions médicales, menées résolument ; y consacrant chaque année plusieurs heures, depuis l’école primaire jusqu’à l’université.

La prévention s’attaquera à toute banalisation des drogues, aux messages biaisés, aux signaux trompeurs (type « salles de shoot »), aux fumeux détours pseudo-philosophiques et idéologiques.

Les subventions aux associations s’approchant des toxicomanies seront reconsidérées, tout comme devra être évalué le rapport entre résultats et coûts de fonctionnement des structures prenant en charge les toxicomanes.

On intimera l’ordre à ceux qui sont appointés par des deniers publics pour lutter contre les drogues d’avoir la pudeur de ne plus tonitruer pour leur légalisation.

L’action contre le tabac

Quelques États (que devrait copier la France) ont programmé qu’au terme d’une génération, ils interdiraient le tabac. Préparer cette mesure impose de stopper le recrutement de nouveaux consommateurs par une augmentation très importante du prix du tabac ; il faudrait le doubler pour qu’il n’obère plus le budget.

On fera respecter l’interdiction de la vente aux mineurs du tabac, comme celle des cigarettes électroniques et de leurs recharges parfumées. Tout mineur fumant dans l’espace public devrait être verbalisé.

L’action contre l’alcool 

La baisse régulière de la consommation d’alcool stagne désormais avec le « détricotage » régulier de la loi Évin, qu’il faut restaurer. La vente des premix (boisson issue du mélange d’un alcool fort et d’une boisson non alcoolique tel un soda) doit être interdite.

L’obligation d’une abstention complète d’alcool pendant la grossesse doit être martelée, une naissance sur 1.000 étant encore marquée du syndrome d’alcoolisation fœtale. On devra dépister très tôt (analyses biologiques) les milliers d’individus qui sombrent dans l’alcoolisme, pour accroître les chances de les en sortir.

L’action contre le cannabis

Les Français sont les recordmen européens de sa consommation. Les tribunaux devront enfin faire respecter son interdiction à ses 1.500.000 usagers réguliers. Toxique pour le corps et plus encore pour le cerveau, il sature nos hôpitaux psychiatriques d’anxieux, de déprimés, de schizophrènes. L’éradiquer de ces établissements relève d’une logique élémentaire.

On fera cesser les manipulations qui cachent ses dangers et celles lui décrivant des effets qualifiés abusivement de thérapeutiques. Il s’abat sur des adolescents au cours de leur maturation cérébrale et de leur cursus éducatif. Drogue de la crétinisation, il annihile largement les coûteux efforts consacrés à l’éducation. Les individus en âge de procréer qui le consomment doivent enfin savoir qu’ils transmettent à leurs enfants une grande vulnérabilité aux toxicomanies.

L’action contre les autres drogues

C’est par les actions contre les drogues précédentes qu’on agira contre les autres, de par le continuum qui les relie :

– agir d’urgence contre la cocaïne dont la consommation s’envole ;
– mettre fin aux détournements que font du Subutex (produit de substitution à l’héroïne) près de 100.000 de ceux à qui il est prescrit en se l’injectant, alors qu’il est conçu pour les faire rompre avec le comportement injecteur et ses risques subséquents (SIDA, hépatites) ;
– empêcher sa revente à de jeunes toxicophiles, leur ouvrant la porte de l’héroïne ;
– agir contre sa prescription ad vitam, installant une dépendance chronique qui les fera revenir à l’héroïne dès leur prochain « bleu à l’âme ».

Le champ des toxicomanies est à refonder complètement, pour alléger le budget qui lui est consacré et, plus encore, pour en préserver nos jeunes ainsi que notre société.

Source

HISTOIRE DU TRAFIC DES DROGUES

Les vidéos sont visibles jusqu’au
29 Mai 2020 (voir au bas de l’article)
L’historique du commerce de la drogue que présentent les journalistes Julie Lerat et Christophe Bouquet, nous mène des Guerres de l’opium du XIXe siècle jusqu’à la Colombie d’aujourd’hui. Leur reportage est une plongée au cœur d’un marché clandestin qui n’a jamais cessé de s’étendre. À voir sur arte.tv

De la Chine au Mexique… De l’Afghanistan aux rues new-yorkaises… De la Sicile aux forêts colombiennes… La géopolitique mondiale des drogues couvre la planète. Au XIXe siècle, l’opium se répand à travers toute l’Asie, sous l’impulsion des puissances coloniales britannique et française. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique découvre des produits miraculeux : morphine, héroïne, cocaïne, indispensables à la chirurgie moderne. Mais la consommation échappe au contrôle.  L’addiction devient un fléau mondial et un enjeu de santé publique. Dès lors, la prohibition va progressivement s’imposer. L’interdit donne naissance aux premiers réseaux de trafics internationaux qui ne vont cesser de chercher la protection des États. Cette criminalité connaît un essor sans précédent pendant la Guerre froide, quand les services secrets américains et soviétiques utilisent les drogues comme un instrument politique. Les États-Unis sont les premiers à en payer le prix fort , puisqu’en 1970 un tiers de leurs soldats au Viêtnam sont dépendants de l’héroïne. Un an plus tard, le Président Richard Nixon déclare la guerre aux drogues. Consommateurs et trafiquants sont chassés et pourchassés jusqu’au bout du monde.

Mises au point légalement par l’industrie pharmaceutique occidentale

Héroïne. Cocaïne. Deux produits qui pèsent aujourd’hui aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point le plus légalement du monde par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des analystes interrogés dans ce reportage, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières. Archives, entretiens, reportages inédits, ce triptyque d’investigations inédites dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et sa porosité avec les pouvoirs en place. Effrayant. Passionnant.

Jérôme ENEZ-VRIAD

Histoire du trafic des drogues
Un reportage en 3 parties de 53 minutes chacune
1 / L’ère des empires
2 / L’heure des barons
3 / Les territoires perdus
En accès gratuit jusqu’au 29 mai 2020 sur Arte.TV

Covid-19 : faut-il arrêter de boire de l’alcool ?

En cette période de confinement, boire un verre le soir pour se détendre peut paraître une bonne idée. Sauf que ce geste, en apparence anodin, pourrait augmenter vos risques d’attraper le coronavirus. Explications.
pour wine in a glassIstock
Face à l’actualité anxiogène de ces jours-ci, vous ne jurez que par votre verre de rouge pour vous détendre ? Mauvaise idée. Si les autorités alertent régulièrement sur les risques engendrés par la consommation d’alcool, et plus particulièrement en période de confinement où celle-ci augmente, sachez qu’elle peut aussi impacter votre système immunitaire et vous rendre plus faible face au coronavirus

L’alcool affaiblit le système immunitaire… et augmente donc vos risques de tomber malade

Et, non, ce n’est pas une farce. D’après des chercheurs de l’École de médecine du Massachusetts de Worcester, ingérer de trop grandes quantités d’alcool affecterait le système immunitaire et rendrait le buveur bien plus vulnérable aux infections virales.

Pour arriver à une telle conclusion, les scientifiques ont exposé des monocytes, les cellules qui interviennent dans les lignes de défense de l’organisme, à des substances chimiques qui miment les virus et les bactéries.

Ajouté à cela, la moitié de ces globules blancs a également été exposée à des niveaux d’alcool qui sont généralement observés dans le sang des personnes après avoir bu quatre à cinq verres par jour, durant toute une semaine.

Les chercheurs ont alors observé que les cellules « alcoolisées », une fois exposées aux virus, produisaient seulement un quart de la quantité d’interféron-1 habituellement fabriquée par les monocytes.

« Les interférons ont un rôle décisif, c’est la première réponse à n’importe quelle infection virale. Il n’y pas d’élimination virale sans cela », explique au New Scientist le docteur Gyongyi Szabo, qui a mené l’étude.

Au cours du test, les cellules ont montré de bien moins grandes capacités à lutter contre les virus, comme l’hépatite C et le VIH.

Un organisme moins vigilant face au cancer

Par ailleurs, le système immunitaire des gros consommateurs d’alcool pouvait également être moins vigilant face au développement de cancers.

Or, l’infection au Covid-19 s’avère davantage mortelle chez les personnes fragiles, qui souffrent de maladies chroniques ou de cancers.

Un risque que confirme le Ministère de la Santé : « les patients atteints de cancer représentent une population plus exposée aux risques d’infection (au Covid-19, ndlr) et aux complications possibles ».

En effet, les traitements contre les cancers, comme les thérapies immunosuppressives, réduisent l’efficacité du système immunitaire et exposent à un risque accru de contracter une infection.

Des raisons suffisantes pour freiner sa consommation d’alcool en période de confinement.

Pour rappel, d’après les nouveaux repères de consommation élaborés par Santé publique France et l’INCa, il faut « consommer maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ».

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