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Boire de l’alcool augmenterait le risque de maladie d’Alzheimer

PUBLIÉ LE 30 AVR 2023

En 2017, près de 900 000 personnes étaient atteintes de la maladie d’Alzheimer en France. Si elle reste encore peu connue, cette pathologie fait l’objet de nombreuses recherches, notamment pour découvrir des traitements et ce qui la provoque. Une nouvelle étude suggère que l’alcool pourrait favoriser sa progression.

La maladie d’Alzheimer touche près de 15 % de la population âgée de 80 ans. Problèmes de mémoire, troubles de l’orientation ou du temps, cette pathologie regroupe un panel de symptômes qui résultent d’une lente dégénérescence des neurones. Elle débute au niveau de l’hippocampe, structure essentielle pour la mémoire, pour progressivement se répandre à l’ensemble du cerveau. D’après l’Inserm, les cerveaux des malades présentent deux types de lésions : les dépôts amyloïdes et les dégénérescences neurofibrillaires.

Chacune de ces lésions est en lien avec une protéine. Il s’agit du peptide ß‑amyloïde pour les dépôts amyloïdes, et de la protéine tau phosphorylée pour les dégénérescences neurofibrillaires”. Naturellement présente dans le cerveau, la protéine ß‑amyloïde s’accumule au fil des années. Elle finit par former des “dépôts amyloïdes”. Selon l’hypothèse de la “cascade amyloïde”, l’accumulation de ce peptide induit une toxicité pour les cellules nerveuses.

Cette dernière se traduit par “l’augmentation de la phosphorylation d’une protéine de structure des neurones, la protéine tau. La phosphorylation de la protéine tau entraîne à son tour une désorganisation de la structure des neurones et une dégénérescence dite « neurofibrillaire ». À terme, cette dernière mène à la mort des cellules nerveuses. Très lent, ce processus prend plusieurs dizaines d’années à s’établir avant que des symptômes de la maladie d’Alzheimer n’apparaissent”, comme l’explique l’Inserm.

Une augmentation des plaques amyloïdes et donc un risque de maladie d’Alzheimer

L’université de Wake Forest aux États-Unis vient de mener une nouvelle étude. Des chercheurs ont ainsi abreuvé des souris pendant 10 semaines avec de l’eau ou de l’alcool pour imiter le comportement humain. Ils ont ainsi pu prouver que l’ingestion d’alcool, même à faible dose, pouvait accélérer la perte des cellules cérébrales et accroître le nombre de plaques amyloïdes.

Les scientifiques ont établi que la consommation d’alcool entraînait une élévation de la glycémie et des marqueurs de résistance à l’insuline. Ceci favorise le risque de maladie d’Alzheimer, mais aussi d’autres affections telles que le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Ils ont également pu démontrer que le sevrage alcoolique augmentait le niveau du peptide ß‑amyloïde. Une étude qui vient étayer de précédentes données qui montrent que l’alcool exacerbe les risques de différentes pathologies.

Une baisse de la consommation chez les plus jeunes

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La consommation d’alcool a diminué chez les jeunes. Crédits : Shutterstock/Africa Studio

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) , “l’usage nocif de l’alcool entraîne 3 millions de décès chaque année dans le monde. Ceci représente 5,3 % de l’ensemble des décès”. Sa consommation est en lien avec un risque d’apparition de troubles mentaux et comportementaux, de maladies non transmissibles comme la cirrhose du foie, mais également certains cancers et des pathologies cardiovasculaires.

Santé publique France recommande de ne pas boire plus de dix verres standard par semaine, de ne pas consommer plus de deux verres par jour et d’avoir des journées sans alcool dans une semaine. Malgré ses mesures de prévention, la consommation reste trop importante dans l’Hexagone.

En 2017, près de 86 % de la population buvait de l’alcool fréquemment. Maria Melchior est chercheuse à l’Inserm et spécialiste de la conduite addictive. Selon elle, “les jeunes boivent moins régulièrement que les personnes au-delà de 50 ans. On peut voir une importante baisse de la consommation de tabac et d’alcool depuis une dizaine d’années. Le Covid y a contribué, mais c’est surtout lié à un changement de mode de vie. Les collégiens et les lycéens utilisent plus leurs écrans et font donc moins de soirées”.

L’Ofdt a a émis un rapport baptisé “Usages d’alcool, de tabac et de cannabis chez les élèves de 3e en 2021”. Il montrait que 64,1 % des élèves de 3e avaient déjà bu de l’alcool au cours de leur vie. C’est la proportion la plus faible observée depuis 2010. À cette époque, 83.1 % des élèves de 3e avaient déclaré avoir déjà bu de l’alc

Les difficultés de la prévention

Cette baisse de la consommation peut en partie être imputée aux actions de prévention qui les ciblent. “Il existe des interventions qui sont très efficaces. Ce sont celles qui se concentrent sur l’estime de soi, la gestion des émotions, comment ne pas se laisser influencer ou faire des choses que l’on regrette sous le coup de l’alcool. Mais elles sont difficiles à mettre en œuvre. En effet, il faut les intégrer dans un cursus scolaire très dense”, déplore Maria Melchior.

De manière plus systémique, la prévention contre la consommation d’alcool se confronte à divers obstacles. La loi Evin régule depuis 1991 le marketing autour de l’alcool. Cependant, elle a été assouplie en 2015 et permet aux producteurs plus de publicité.

Cet assouplissement est lié à un lobby très puissant. Derrière la consommation d’alcool, il y a d’importants enjeux économiques et électoraux. Dès qu’un article sur le danger de l’alcool est publié, un autre sort sur le nombre de personnes qui dépendent de l’industrie du vin. D’autant plus qu’aujourd’hui il y a de multiples formes de publicités qui passent par les influenceurs. C’est très difficile à suivre, les associations de lutte contre l’alcool sont dépassées”, ajoute la chercheuse.

Elle poursuit : “à l’échelle populationnelle, il faudrait augmenter le prix de l’alcool. En France il est encore très faible. L’âge des acheteurs devrait systématiquement être vérifié et il devrait y avoir une moindre tolérance dans l’espace public. Plus on limite l’accès à l’alcool, moins on consomme”.

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Alcootest: ce nouveau dispositif détecte l’alcool «au toucher de 2 doigts»

Photo: Page Facebook: Alco Prévention Canada

29 avril 2023

Les entreprises montréalaises qui soumettent leurs employés à des tests routiniers d’alcoolémie pourront le faire de manière beaucoup plus rapide grâce à un nouveau dispositif qui permet de mesurer le taux d’alcool simplement en touchant un détecteur avec deux doigts.

«Aucun échantillon d’haleine, de sang ou d’urine n’est requis, juste le toucher de 2 doigts», assure le directeur marketing d’Alco Prévention Canada, Eric Ferron. Basée à Laval et distribuant des détecteurs d’alcool partout au Québec, Alco Prévention Canada a annoncé mercredi un partenariat avec l’entreprise Sobrsafe, afin de répandre cette nouvelle technologie de détection qu’elle qualifie de «révolution technologique».

La technologie fonctionne en détectant l’alcool émis par les pores de la peau. En temps réel, le dispositif détermine la quantité d’alcool détectée et si l’employé est en état ou non d’aller sur son lieu de travail.

Nous anticipons une demande mondiale pour cette technologie et sommes ravis d’être la première entreprise au Canada à promouvoir Sobrsafe Eric Ferron, directeur marketing d’Alco Prévention Canada

Ayant beaucoup de clients à Montréal, Alco Prévention Canada estime que les secteurs qui bénéficieront le plus de cette nouvelle technologie sont «les flottes commerciales, les lieux de travail, les transports et les autobus scolaires». Dans les lieux de travail où les employés sont en présence de machinerie et d’outils «dangereux», la technologie permettra «d’assurer une sécurité», selon M. Ferron.

Par exemple, elle «permettra d’éviter qu’un travailleur en état d’ébriété ne pénètre sur le sol d’une usine ou qu’un conducteur ne reçoive les clés d’un camion ou d’un bus», donne pour exemples un communiqué d’Alco Prévention Canada.

En entrevue, M. Ferron a tenu à rassurer quelconque critique potentielle de la légalité d’un système de détection aussi efficace. Même lorsque la détection est imposée aux employés, Éric Ferron affirme que l’employé «accepte» la procédure de détection en «acceptant l’emploi».

Ploufragan : le conducteur à l’origine de l’accident mortel avait consommé cannabis, cocaïne et alcool

Publié le 28 avril 2023

Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.
Le dimanche 16 avril, sur la RD45, à Ploufragan, un terrible accident avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue. (Le Télégramme/Gwénaëlle Le Ny)

Dans l’accident mortel de Ploufragan survenu le 16 avril dernier, les résultats des analyses toxicologiques sont tombés le vendredi 28 avril. Il s’avère que le conducteur ayant causé le drame était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.

Ce vendredi 28 avril, Nicolas Heitz, procureur de la République de Saint-Brieuc, a communiqué sur l’avancée de l’enquête concernant le dramatique accident survenu le dimanche 16 avril, rue du Pont Noir, à Ploufragan. Cet accident où trois voitures étaient impliquées, ainsi qu’un groupe de cyclistes, avait fait deux morts et sept blessés dont trois en urgence absolue.

Les trois passagers également positifs aux stupéfiants

« Des prélèvements ont été réalisés sur l’ensemble des personnes impliquées aux fins de recherche d’alcool et d’éventuels toxiques », a indiqué le procureur. « Il en ressort que le conducteur de la Peugeot 508, ayant causé l’accident, était positif au cannabis, à la cocaïne et à l’alcool.

Ses trois passagers étaient également positifs aux stupéfiants ». S’agissant des deux autres conducteurs, ceux-ci étaient négatifs à l’alcool et aux stupéfiants. Une expertise des véhicules a également été requise.

« Le véhicule circulait à une vitesse excessive »

Les déclarations des différents témoins ont, par ailleurs, permis de confirmer que « le véhicule Peugeot 508 circulait à une vitesse excessive ». Le conducteur n’était en outre pas titulaire du permis de conduire. Ce véhicule Peugeot 508 lui avait d’ailleurs été prêté par un des passagers blessé dans l’accident.

Il n’a pas encore pu être entendu par les enquêteurs pour déterminer son éventuelle responsabilité pénale. « Les investigations se poursuivent aux fins de déterminer le déroulé exact de ce terrible accident », conclut Nicolas Heitz.

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Dépendance, addiction: comment d’en sortir ?

La dépendance ne concerne pas seulement les drogues ou l’alcool. Voici quelques pistes qui peuvent vous aider à la vaincre.

Marie Desangeil

La dépendance est l’incapacité de cesser de consommer une substance ou d’adopter un comportement, même si cela cause des dommages psychologiques et physiques. Le terme addiction ne désigne pas seulement la dépendance à des substances telles que l’héroïne ou la cocaïne. Certaines dépendances impliquent également une incapacité à cesser de participer à des activités telles que le jeu, l’alimentation ou le travail.

La dépendance est une condition chronique qui peut également résulter de la prise de médicaments. Par exemple, l’utilisation abusive d’opioïdes, en particulier le fentanyl, a causé près de 50 000 décès aux États-Unis pour la seule année 2019.

L’addiction est « une maladie médicale chronique traitable impliquant des interactions complexes entre les circuits cérébraux, la génétique, l’environnement et les expériences de vie d’un individu ». Les personnes souffrant d’addiction consomment des substances ou adoptent des comportements qui deviennent compulsifs et se poursuivent souvent en dépit des conséquences néfastes.

De nombreuses personnes, mais pas toutes, commencent à consommer une drogue ou à s’engager dans une activité volontairement. Cependant, la dépendance peut prendre le dessus et réduire la maîtrise de soi.

Toxicomanie et mésusage

La toxicomanie et l’abus de drogues sont deux choses différentes. Le mésusage fait référence à l’utilisation abusive d’une substance à des doses élevées ou dans des situations inappropriées pouvant entraîner des problèmes de santé et des problèmes sociaux. Cependant, toutes les personnes qui font un usage abusif d’une substance ne souffrent pas de dépendance.

L’addiction est « le fait ou la condition d’être dépendant d’une substance, d’une chose ou d’une activité particulière ». Par exemple, une personne qui boit beaucoup d’alcool lors d’une soirée peut ressentir à la fois les effets euphoriques et les effets nocifs de la substance.

Toutefois, cela ne constitue pas une dépendance tant que la personne ne présente pas « un trouble chronique et récidivant caractérisé par la recherche compulsive de drogues, la poursuite de la consommation en dépit des conséquences néfastes et des changements durables dans le cerveau ».

Il existe des dépendances aux substances et des dépendances non liées aux substances.

Voici quelques exemples de dépendances non liées à une substance:

le jeu
la nourriture
Internet
jeux
téléphone portable
le sexe
Une personne souffrant de dépendance continuera à abuser de la substance ou de l’activité en dépit de ses effets néfastes.

Symptômes

Les principaux signes de dépendance sont les suivants:

difficultés relationnelles, qui se traduisent souvent par des attaques contre les personnes qui identifient la dépendance
incapacité à arrêter de consommer une substance, même si elle est à l’origine de problèmes de santé ou de problèmes personnels, tels que des problèmes professionnels ou relationnels
un manque d’énergie notable dans les activités quotidiennes
des changements profonds dans l’apparence, y compris une perte de poids et un abandon notable de l’hygiène
l’apparition d’une attitude défensive lorsqu’on lui pose des questions sur la consommation de substances psychoactives.

Sevrage d’une dépendance à une substance

Lorsqu’une personne dépendante cesse de prendre la substance ou d’adopter le comportement, elle peut présenter certains symptômes. Pour les personnes qui sont devenues physiquement dépendantes d’une substance, un arrêt brutal peut provoquer de nombreux symptômes désagréables et, dans certains cas, être fatal.

Quand contacter un médecin

Toute personne qui consomme des substances, même dans un cadre social, doit en parler avec un médecin afin de s’assurer que l’usage est sans danger et de surveiller les signes ou les symptômes de dépendance. Toutefois, il se peut qu’une personne souffrant d’une dépendance ne soit pas prête ou désireuse de demander une aide médicale professionnelle, quelles que soient les conséquences négatives de sa consommation sur sa santé et son bien-être.
Si une personne est victime d’une overdose, son entourage doit immédiatement demander une assistance médicale d’urgence. Une personne qui s’est remise d’une overdose peut vouloir demander une aide professionnelle pour traiter sa dépendance. Lorsqu’une personne est prête et souhaite obtenir de l’aide pour traiter sa dépendance, elle peut contacter un professionnel de la santé pour discuter des options de traitement. Ces options comprennent la réhabilitation, la thérapie, la désintoxication et les médicaments.

Les traitements

Les avancées médicales et les progrès en matière de diagnostic ont aidé la communauté médicale à mettre au point divers moyens de gérer et de résoudre la dépendance.

Voici quelques-unes de ces méthodes :

le traitement médicamenteux
la thérapie comportementale et le conseil
les dispositifs médicaux pour traiter le sevrage
le traitement des facteurs psychologiques connexes, tels que la dépression
des soins continus pour réduire le risque de rechute

Le traitement de la toxicomanie est très personnalisé et nécessite souvent le soutien des amis et de la famille de l’individu. Le traitement peut être long et compliqué. L’addiction est une maladie chronique qui a des effets psychologiques et physiques variés. Chaque substance ou comportement peut nécessiter des techniques de gestion différentes.

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DOULEUR CHRONIQUE : Pourquoi l’alcool fait mal

Comment la consommation d’alcool contribue à la douleur chronique, c’est ce que décrypte et nous explique cette équipe d’addictologues du Scripps Research : l’équipe décrit, dans le British Journal of Pharmacology, comment la consommation d’alcool mais aussi son sevrage, entrainent une augmentation de l’hypersensibilité.

Ainsi, 2 mécanismes moléculaires différents, l’un entraîné par la consommation d’alcool et l’autre par le sevrage alcoolique expliquent ce lien complexe entre l’alcool et la douleur et, en l’occurrence, peuvent entrainer le développement de la douleur chronique.

Les troubles liés à la consommation d’alcool qui comprennent notamment l’abus d’alcool, l’alcoolodépendance affectent près de 30 millions de personnes aux seuls États-Unis. On sait qu’au fil du temps, ces troubles peuvent déclencher de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies du foie et certains cancers.

L’auteur principal, le Dr Marisa Roberto, professeur de médecine moléculaire au Scripps Research relève que « la douleur est à la fois un symptôme répandu chez les patients souffrant de dépendance à l’alcool et une raison de boire à nouveau ». Ces travaux, en identifiant ces 2 voies moléculaires, désignent également de nouvelles cibles médicamenteuses possibles pour le traitement de la douleur chronique et de l’hypersensibilité associées à l’alcool.

La douleur, l’un des impacts majeurs de la consommation d’alcool à long terme

Plus de la moitié des personnes atteintes de trouble de la consommation d’alcool ressentent une douleur persistante d’un type ou d’un autre. La neuropathie alcoolique, une lésion nerveuse qui provoque des douleurs chroniques et d’autres symptômes, fait partie de ce type de douleurs. De précédentes études ont montré que :

  • le trouble de la consommation d’alcool est également associé à des changements dans la façon dont le cerveau traite les signaux de douleur, ainsi qu’à des changements dans l’activation du système immunitaire ;
  • à son tour, cette douleur peut entraîner une augmentation de la consommation d’alcool ;
  • de plus, pendant le sevrage, les personnes atteintes de ces troubles peuvent souffrir d’allodynie, une condition caractérisée par le fait qu’un stimulus inoffensif est perçu comme douloureux.

L’étude a recherché les causes sous-jacentes de ces différents types de douleurs liées à l’alcool, en comparant 3 groupes de souris adultes : des animaux modèles d’alcoolodépendance, des animaux ayant un accès limité à l’alcool non-dépendants, des animaux « naïfs » d’alcool. L’expérience montre que :

  • chez les souris dépendantes, l’allodynie se développe pendant le sevrage alcoolique et l’accès ultérieur à l’alcool permet de réduire la sensibilité à la douleur ;
  • environ la moitié des souris non-dépendantes à l’alcool montrent également des signes de sensibilité accrue à la douleur pendant le sevrage de l’alcool mais, contrairement aux souris dépendantes, cette neuropathie n’est pas inversée par une réexposition à l’alcool ;
  • les niveaux de protéines inflammatoires sont augmentées chez les souris dépendantes : cela suggère que différents mécanismes moléculaires peuvent entraîner la douleur ;
  • enfin, ces protéines inflammatoires peuvent être des cibles médicamenteuses prometteuses pour lutter contre la douleur liée à l’alcool.

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Alcool: Signes et symptômes d’une maladie alcoolique du foie

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Cet article explore les signes et symptômes précoces de la maladie alcoolique du foie, ses stades, ses causes, ses facteurs de risque,

Marie Desangeil

 Photo Freepik

La maladie alcoolique du foie résulte d’une surconsommation d’alcool, qui endommage le foie et entraîne une accumulation de graisses, une inflammation et des cicatrices. Le foie est l’un des organes les plus complexes du corps humain, avec plus de 500 fonctions. Celles-ci comprennent :

– filtrer les toxines du sang
– le stockage de l’énergie
– la fabrication d’hormones et de protéines
– la régulation du cholestérol et de la glycémie

Cet article explore les signes et symptômes précoces de la maladie alcoolique du foie, ses stades, ses causes, ses facteurs de risque, ses traitements et sa prévention.

Les stades de la maladie alcoolique du foie

La maladie alcoolique du foie comporte quatre stades principaux :

la stéatose hépatique alcoolique
l’hépatite alcoolique
fibrose
cirrhose

Les lésions hépatiques peuvent affecter l’ensemble de l’organisme. Une fois que les dommages commencent, ils peuvent mettre longtemps à se manifester, car le foie est généralement très efficace pour se régénérer et se réparer. Souvent, au moment où les médecins détectent les dommages, ceux-ci sont irréversibles.

Signes et symptômes d’une maladie alcoolique du foie

Les premiers signes de la maladie alcoolique du foie sont vagues et touchent plusieurs systèmes de l’organisme. En plus d’un sentiment général de malaise, les signes peuvent inclure les éléments suivants :

– des douleurs dans l’abdomen
– des nausées et des vomissements
– diarrhée
– une diminution de l’appétit

Il peut être facile pour quelqu’un de rejeter les premiers symptômes comme étant les effets d’une gastro ou d’un malaise général. Cependant, le fait de ne pas diagnostiquer ni traiter ces symptômes, surtout si l’on continue à consommer de l’alcool, peut entraîner une progression plus rapide de la maladie du foie au fil du temps.

La stéatose hépatique alcoolique

La consommation d’une grande quantité d’alcool peut entraîner l’accumulation d’acides gras dans le foie. Parfois, une consommation excessive d’alcool sur une courte période, même inférieure à une semaine, peut en être la cause. Il n’y a normalement aucun symptôme, et la stéatose hépatique alcoolique est souvent réversible si la personne s’abstient de consommer de l’alcool à partir de ce moment.

Hépatite alcoolique

L’hépatite alcoolique est un syndrome grave de la maladie alcoolique du foie. L’hépatite est un terme général désignant le gonflement et l’inflammation du foie, quelle qu’en soit la cause. Si une personne continue à boire de l’alcool, cela entraînera une inflammation permanente du foie. Cela peut se produire après plusieurs années de consommation excessive d’alcool. Elle peut également survenir de manière aiguë pendant les périodes de consommation excessive d’alcool.

Les symptômes courants de l’hépatite alcoolique sont les suivants :

– la jaunisse, ou une teinte jaune du blanc des yeux et de la peau
– une hypertrophie du foie, appelée hépatomégalie
– les caractéristiques d’une réaction inflammatoire systémique comme:
– température corporelle inférieure à 36°C ou supérieure à 38°C
– fréquence cardiaque supérieure à 90 battements par minute
– fréquence respiratoire supérieure à 20 respirations par minute
– nombre de globules blancs supérieur à 12 000 ou inférieur à 4 000 par microlitre.

L’hépatite alcoolique évolue généralement vers une cirrhose si la personne continue à boire de l’alcool. L’hépatite peut guérir chez une personne qui arrête de boire de l’alcool, mais une éventuelle cirrhose ne s’inverse pas.

Fibrose

La fibrose est une accumulation de certains types de protéines dans le foie, dont le collagène. Elle est présente dans la plupart des types de maladies chroniques du foie.

Pour déterminer l’étendue de la fibrose, les médecins utilisent le système de notation Metavir sur une échelle de A0 à A3 :

A0 : aucune activité
A1 : activité légère
A2 : activité modérée
A3 : activité sévère
Les formes légères à modérées de fibrose peuvent être réversibles.

Le système Metavir évalue également le niveau de fibrose de F0 à F3 :

F0 : absence de fibrose
F1 : fibrose sans tissu cicatriciel
F2 : fibrose avec tissu cicatriciel occasionnel
F3 : cicatrice étendue mais pas de cirrhose
F4 : cirrhose

Cirrhose

La cirrhose survient lorsque le foie est enflammé depuis longtemps, ce qui entraîne des cicatrices et une perte de fonction. Cette affection peut mettre la vie en danger. Les dommages causés par la cirrhose sont irréversibles, mais une personne peut prévenir d’autres dommages en continuant à éviter l’alcool. L’abstinence à vie peut améliorer la fonction hépatique, mais les dommages permanents et graves de la cirrhose peuvent signifier que la personne a besoin d’une greffe du foie pour survivre.Comme le foie ne traite plus correctement les toxines, la personne sera plus sensible aux médicaments et à l’alcool. La consommation d’alcool accélère la destruction du foie, réduisant la capacité du foie à compenser les dommages actuels.

Signes tardifs

Lorsque la maladie alcoolique du foie progresse, ses symptômes deviennent plus faciles à reconnaître. Les signes les plus distinctifs d’une maladie du foie à un stade avancé, comme la cirrhose ou la fibrose, sont les suivants :

un œdème, ou gonflement des membres inférieurs
– une accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite)
– fièvre et frissons
– démangeaisons extrêmes de la peau
– ongles qui se recourbent de façon excessive (cercles)
– une perte de poids importante
– faiblesse générale et fonte des muscles
– sang dans les vomissures et les selles
– saignements et ecchymoses plus facilement
– réactions plus sensibles à l’alcool et aux drogues

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de maladie alcoolique du foie. Les personnes qui boivent de la bière et de l’alcool fort sont plus susceptibles de souffrir d’une maladie du foie que celles qui consomment d’autres boissons alcoolisées, comme le vin. Les femmes sont plus sensibles aux effets négatifs de l’alcool, même à des niveaux de consommation identiques à ceux des hommes, et sont donc plus susceptibles de développer rapidement une fibrose, une inflammation et des lésions hépatiques à cause de l’alcool.

Celles qui consomment plus de deux verres par jour et les hommes qui consomment plus de trois verres par jour pendant plus de cinq ans présentent un risque accru de maladie alcoolique du foie. Les femmes qui consomment de grandes quantités d’alcool et qui ont également un excès de poids ont plus de chances de développer une maladie chronique du foie. Toutefois, l’obésité est également un facteur de risque pour les hommes.

Le fait d’avoir l’hépatite C augmente le risque, et une personne qui consomme régulièrement de l’alcool et qui a eu un quelconque type d’hépatite a plus de chances de développer une maladie du foie. Des changements génétiques peuvent affecter le risque. Si une personne subit des modifications du profil génétique de certaines enzymes essentielles au métabolisme de l’alcool, comme l’ADH, l’ALDH et le CYP4502E1, elle aura plus de chances de développer une maladie alcoolique du foie.

Traitement

La première étape du traitement de la maladie alcoolique du foie, quel que soit son niveau, consiste à éliminer l’alcool du régime alimentaire.

Abstinence

Cela peut aider à inverser certains stades précoces de la maladie du foie. Par exemple, arrêter de boire une fois que l’on a diagnostiqué une stéatose hépatique peut permettre d’inverser la maladie en 2 à 6 semaines.
Lorsqu’un médecin diagnostique une maladie alcoolique du foie, à quelque stade que ce soit, il recommande à la personne de ne jamais recommencer à boire.

Tout état qui s’est inversé réapparaîtra généralement lorsque la personne recommencera à boire. Les personnes qui boivent régulièrement plus que les limites quotidiennes d’alcool recommandées ne devraient pas arrêter de boire sans soutien médical. Le sevrage de l’alcool peut mettre la vie en danger. Les personnes doivent demander l’aide d’un professionnel de la santé pour gérer le sevrage en toute sécurité.

Thérapie

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peuvent atténuer les symptômes de sevrage chez une personne dépendante de l’alcool. Les personnes souffrant d’une dépendance grave à l’alcool peuvent séjourner dans un établissement de réadaptation pour patients hospitalisés afin de bénéficier d’une surveillance plus étroite.

Modifications du mode de vie

Les médecins peuvent également recommander de perdre du poids et d’arrêter de fumer, car l’excès de poids et le tabagisme ont tous deux démontré un rôle dans l’aggravation de la maladie alcoolique du foie. Les médecins peuvent également recommander la prise quotidienne d’une multivitamine.

Transplantation du foie

Chez les personnes souffrant d’insuffisance hépatique, le foie cesse complètement de fonctionner. Cela peut être le résultat d’une maladie du foie à un stade avancé et signifie souvent qu’une transplantation hépatique est la seule option pour une survie prolongée. Une greffe de foie est une procédure compliquée qui dépend de la disponibilité d’un donneur. En règle générale, seules les personnes pouvant justifier d’une abstinence d’alcool d’au moins six mois avant l’intervention peuvent prétendre à une greffe. Une greffe de foie est une solution de dernier recours. Arrêter l’alcool et traiter cette maladie à un stade précoce est le meilleur moyen pour une personne d’augmenter ses chances d’inverser ou de ralentir la maladie. Les médicaments anti-rejet après la transplantation peuvent augmenter le risque d’infections graves et de certains cancers.

Prévention

Pour prévenir la maladie alcoolique du foie et d’autres affections liées à la consommation d’alcool, les médecins conseillent une consommation modérée d’alcool: « un verre par jour » pour les femmes, et « deux verres par jour » pour les hommes, et ce uniquement à partir de 21 ans. On définit généralement la consommation excessive d’alcool comme étant la consommation de cinq boissons alcoolisées ou plus pour les hommes ou de quatre boissons alcoolisées ou plus pour les femmes lors de la même occasion, pendant au moins un jour au cours du dernier mois.

Perspectives

L’espérance de vie d’une personne atteinte d’une maladie alcoolique du foie diminue considérablement à mesure que la maladie progresse. En moyenne, 1 personne sur 3 au stade le plus avancé de la maladie du foie et de la cirrhose est encore en vie après 2 ans.

Lorsque le corps peut compenser et gérer la cirrhose, l’espérance de vie typique est de 6 à 12 ans. Les personnes atteintes de maladies moins graves survivront plus longtemps si elles s’abstiennent de consommer de l’alcool. Ne pas fumer et contrôler son poids sont des changements de mode de vie importants que les gens peuvent faire pour réduire davantage le risque.

Source

L’alcool est-il mauvais pour la planète?

Ernest Ginot 

Une bonne gueule de bois environnementale est à prévoir après avoir bu ces lignes.

Tout ou presque a un coût environnemental et l'alcool n'y échappe (malheureusement) pas. | Wil Stewart via Unsplash
Tout ou presque a un coût environnemental et l’alcool n’y échappe (malheureusement) pas. | Wil Stewart via Unsplash

Pourquoi envions-nous l’orgasme des cochons? Les gauchers sont-ils davantage intelligents? Quand il pleut, est-ce que les insectes meurent ou résistent? Vous vous êtes sans doute déjà posé ce genre de questions sans queue ni tête au détour d’une balade, sous la douche ou au cours d’une nuit sans sommeil. Chaque semaine, L’Explication répond à vos interrogations, des plus existentielles aux plus farfelues. Une question? Écrivez à explication@slate.fr.

L’alcool est un véritable danger pour la santé. Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous. Ce que l’on sait moins, c’est que les boissons alcoolisées sont aussi dangereuses pour notre planète.

Pas d’ivresse, de chanson paillarde avec la Lune ou de coma éthylique en perspective pour la Terre, mais plutôt une dégradation de l’environnement importante, causée par la production de ces breuvages.

Certes, la question écologique n’est pas forcément la première chose à laquelle on pense quand on boit sa bière, tranquille, à la terrasse d’un troquet. Pourtant, le problème pourrait bien s’inviter à table un jour, vu l’impact sur la planète que peut avoir la production d’alcool en tous genres (vin compris, hélas). Attention: la gueule de bois risque d’être rude après la lecture, pour toutes celles et ceux qui se soucient de l’environnement, mais qui ne refusent jamais un petit godet.

L’alcool, c’est de l’eau (beaucoup d’eau)

Ce n’est pas l’alcool en soi qui a une empreinte écologique importante. L’alcool ne dégage pas directement de gaz à effet de serre et ne roule pas au diesel. Non, c’est plutôt sa production et sa distribution qui posent problème.

La forte pollution liée aux boissons alcoolisées est d’abord due à leur transport. D’une bouteille de tequila partant du Mexique à un shooter dans un bar parisien, il y a une trotte. Les divers emballages du produit sont aussi pointés du doigt. Bouteilles en verre ou en plastique, canettes: tout a un coût environnemental, et pas des moindres.

La forte consommation d’eau nécessaire à la production des ingrédients pour fabriquer ces liquides, sans oublier l’utilisation à outrance des pesticides, est aussi à prendre en compte. Cette même production d’alcool rejette également souvent des déchets toxiques, qui ravagent les sols. Prenons notre fameuse tequila du Mexique. Pour chaque litre produit, cinq kilos de pulpe et onze litres de déchets acides sont déversés dans les sols et l’eau environnante du pays de production, rapporte The Independent. Sacrée gueule de bois environnementale.

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Un chiffre particulièrement marquant montre bien l’ampleur de ce phénomène: au total, on estime que 0,7% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde seraient dues à l’alcool. Soit presque autant que la part de… la France: 0,9% des émissions mondiales de CO2 (un chiffre qui ne concerne que les émissions territoriales).

Vin, bière, alcools forts…

Alcools: tous coupables? Pas vraiment. Face à ce problème, toutes les boissons n’ont pas le même bilan.

Le vin, par exemple, pose un vrai problème: sa production nécessite beaucoup (beaucoup) d’eau. Un simple verre de vin de 125 ml requiert l’utilisation de 109 litres d’eau! Une quantité conséquente, alors que la France –et une grande partie du monde– fait face à une pénurie d’eau de plus en plus menaçante.

Si l’on ne souhaite pas lâcher la bibine, mieux vaudrait notamment se tourner vers du vin en cubi. Au moins, son emballage en carton n’est pas aussi polluant que son cousin commercialisé en bouteilles en verre.

Et la bière dans tout ça? Elle n’y échappe malheureusement pas non plus. La production d’une bouteille de bière de 500 ml consommerait jusqu’à 148 litres d’eau. C’est légèrement mieux, mais loin d’être satisfaisant. Sans compter qu’une bouteille de bière importée et achetée dans le commerce, que l’on sirote tranquillement chez soi, serait responsable de la libération de 900 grammes de CO2.

Ce chiffre tombe drastiquement à 300 grammes de CO2 si on boit une mousse brassée localement, transportée en fûts et directement dans un pub, ajoute le Guardian.

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La taille du verre a-t-elle une influence sur le goût du vin?

Ouf, vous dites-vous, les alcools forts sont sauvés! Pas de culpabilité à avoir en engloutissant un verre de whisky, voire de pastis bien corsé… Malheureusement, le bilan n’est pas plus reluisant pour ces derniers. Plus la teneur en alcool d’une boisson est élevée, plus son empreinte carbone est conséquente.

À y regarder de plus près, seul le cidre biologique local aurait les faveurs de la planète. Bien souvent produit à partir de fruits qui n’auraient pas été vendus autrement, il permet de réduire le gaspillage, tout en présentant un mode de production relativement facile.

Si la sobriété éternelle vous déprime déjà, n’allez pas pour autant noyer votre chagrin dans certaines boissons sans alcool. Thé, café, sodas: ce trio-là, c’est la cata. La production de café participe fortement à la déforestation, sans parler de l’empreinte carbone due à son importation.

Un problème qu’on retrouve pour le thé, qui, hormis les versions bio, est en plus aspergé de pesticides à tout-va. Quant aux sodas, les quantités astronomiques d’eau employées pour leur fabrication en font de véritables bombes environnementales.

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Cocaïne, cannabis, alcool, héroïne, tabac, ecstasy… Que font ces drogues sur le cerveau ?

Ce week-end, en lisant une interview de l’écrivain Frédéric Beigbeder dans Le Figaro, où il affirmait, je le cite, que lui, l’« homme blanc hétéro de plus de 50 ans » était victime du racisme quatre fois, je me suis dit que le cerveau de l’ex-gandin des lettres françaises était encore perturbé par les nombreuses drogues qu’il avait consommées au cours de sa vie de noceur…

Quoi qu’il en soit, la drogue est une substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe le fonctionnement du système nerveux central ou qui modifie les états de conscience.

Nous verrons précisément comment les drogues agissent sur le cerveau, qu’il s’agisse de l’alcool, du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne, de l’ecstasy et de toutes les nouvelles drogues de synthèses comme la 3-MMC.

Comment toutes ces drogues fonctionnent-elles sur le corps ? Quels sont les dégâts qu’elles procurent, à court, moyen ou long terme ? Pourquoi est-il criminel de prendre de la drogue au volant ?

Et puis nous verrons pourquoi les jeunes sont particulièrement vulnérables aux effets de la drogue.

Des drogues licites et illicites, dangereuses

Philippe Batel, psychiatre addictologue, explique ce qu’est une drogue : c’est un produit qui va modifier non seulement l’état de conscience, mais qui va aussi avoir par son action psychotrope un impact sur les émotions, sur la mémoire, sur les cognitions et sur le sentiment d’être soi. La plupart des usagers de drogues vont les utiliser pour augmenter, booster ou modifier ces aspects.

Dans de nombreuses cultures à travers le monde, depuis la plus haute antiquité et peut-être avant, l’être humain a recherché la perte de contrôle de ses pensées, de ses actions, en prenant des substances psychoactives qui déconnectent du réel et laissent parfois des souvenirs sensoriels extraordinaires. C’est le cas avec les substances hallucinogènes qui existent depuis des millénaires.

Philippe Batel s’étonne de la fracture actuellement entre drogue licite et drogue illicite, qui n’a aucun sens pour les médecins et pour les soignants et devrait n’en avoir aucun pour les usagers également. En effet, il explique que quand on demande aux experts de classer les drogues – dont l’alcool, le tabac, la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, le LSD, les champignons hallucinogènes –, les plus dangereuses sont les drogues licites, à savoir l’alcool en premier, et le tabac également dans le haut du classement.

Les médecins ne font pas la distinction entre drogues dures et drogues douces. L’alcool, par les dégâts qu’il cause, pourrait par exemple être qualifié de drogue dure.

Comment les drogues agissent ?

Le plaisir est au cœur de la prise de drogue. Le docteur Julien Azuar, addictologue, explique pourquoi on peut tomber dans cet engrenage destructeur : « Au fur et à mesure, ça se transforme, c’est ce qu’on appelle le renforcement positif. Donc on prend la drogue pour un certain effet. Et puis quand on la prend, en effet, ça fait cet effet, mais au fur et à mesure, ça disparaît au profit d’un renforcement qu’on appelle négatif. On est plutôt mal quand on ne prend pas la substance et donc moins mal quand on la prend. Donc, on bascule d’un mécanisme vers l’autre qui entraîne la maladie parce que la consommation n’est pas une maladie, c’est l’addiction qui est le trouble de l’usage, qui est une maladie. »

Philippe Batel explique comment on tombe dans l’héroïne et pourquoi on y reste : « Les héroïnomanes vous le racontent parfaitement. Il y a l’extase de la première prise avec la défonce absolue et puis le parcours terrible de courir derrière ce souvenir extraordinaire, logé dans une partie particulière du cerveau. Il y a une course effrénée vers quelque chose qui ne vient pas et c’est en cela que les addictions, c’est une maladie qui est déraisonnable et qui, très rapidement, est absurde. Car, pourquoi continuer à pourrir son existence et très souvent celle des autres alors que le bénéfice attendu, l’effet, n’est plus là. »

Julien Azuar précise les différents types de risques : « Quand on parle de dangerosité physique, on parle de dangerosité aiguë ou chronique. Un champion toutes catégories en pathologies chroniques, c’est vraiment l’alcool qui va notamment détruire les neurones au fur et à mesure. La cocaïne, les risques aigus sont importants. Comme ça crée une vasoconstriction par exemple, on peut avoir un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. »

Pourquoi devient-on addict ?

Selon le docteur Batel, « L’idée globale qui a longtemps prévalu dans la psychiatrie et l’abord psychiatrique des addictions, c’est qu’il fallait une souffrance originelle pour pouvoir s’engager sur cette route glissante et pentue de l’addiction. En fait pas du tout. Initialement, pourquoi prendre de la cocaïne ? Pour avoir le sentiment d’être beaucoup plus performant, ce qui, en règle générale, n’est pas du tout le cas. Pourquoi on prend des drogues en pathogène comme l’ecstasy ou la 3-MMC ? C’est avec l’idée d’être plus proche des autres. Il n’y a pas, en regard de chaque recherche de plaisir, une souffrance. Et ça, c’est juste essentiel. »

Certains sont d’emblée attirés vers les drogues, quand d’autres pas du tout. Il y a des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux, mais aussi des facteurs sociétaux. Et tous ces facteurs vont faire qu’on va être plus ou moins à risque de développer une dépendance aussi.

On ne le rappelle jamais assez : zéro drogue et zéro alcool quand on prend le volant. Un numéro utile pour vous ou vos proches Drogues Info Service au 0 800 23 13 13 ou sur le site drogueinfoservice.fr

Invités

Dr Julien Azuar, docteur en médecine généraliste et addictologue spécialiste dans les troubles liés à l’usage d’alcool et de substances. Il est également praticien hospitalier dans le service de Médecine Addictologique de l’hôpital Fernand Widal (Groupe Hospitalier Lariboisière – Fernand Widal, Saint Louis, Paris).

Pr Bernard Sablonnière, médecin biologiste, chercheur en neurobiologie et Professeur de Biochimie et de Biologie moléculaire à la Faculté de Médecine de Lille. Responsable d’un laboratoire de Neurobiologie au Centre de Biologie et Pathologie du Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Lille, il coordonne une équipe de chercheurs généticiens, sur le thème des Maladies neurodégénératives et la mort neuronale à l’INSERM.
Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages, dont La Chimie des sentiments (Odile Jacob, 2015), Le Cerveau : Les clés de son développement et de sa longévité (Odile Jacob, 2015) et Les nouveaux territoires du cerveau (Odile Jacob, 2016). Il mène également une activité de vulgarisateur pour le grand public auprès des médias. Le 15 mars dernier est paru La Chimie des odeurs, des saveurs et du plaisir (Odile Jacob, 2023).

Philippe Batel, psychiatre addictologue. Il a dirigé le service d’alcoologie de l’hôpital Beaujon (Clichy) et a été en charge de la coordination et de la direction médicale de l’Institut Médical Spécialisé Montévidéo (anciennement Clinique Montévidéo, première clinique privée spécialisée dans le traitement des addictions en France). Il est désormais praticien hospitalier au Centre d’addictologie de la Charente, au sein du Centre Hospitalier Camille Claudel. Il préside l’ARMA (Association pour la recherche des maladies alcooliques).

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Voici comment la consommation d’alcool va être limitée…..

….. en Belgique

La consommation d’alcool fait partie d’un certain art de vivre. Le « Plan alcool interfédéral » tente de freiner les comportements abusifs. ©Photo News

SOPHIE LEROY  29 mars 2023 

Le « Plan alcool interfédéral » comprend 75 mesures qui doivent lutter contre une consommation abusive et nocive. Problème: tant le secteur des boissons alcoolisées que celui de la santé sont critiques.

Le nombre de décès liés à l’alcool en Belgique est estimé à 5,4 % de l’ensemble des décès. L’alcool est aussi une des principales causes des accidents de la circulation, des violences intrafamiliales ou sexuelles. Une consommation excessive d’alcool peut provoquer une baisse des performances professionnelles et un risque accru de chômage. Son coût social et sanitaire pour l’État est de l’ordre de 4,2 milliards d’euros par an. Il y avait donc là matière à réglementer davantage.

Le « Plan alcool interfédéral », préparé par les ministres de la Santé du Fédéral et des entités fédérées, vient d’aboutir. La CIM a donné ce mercredi son accord sur les 75 mesures qui doivent lutter contre la consommation abusive et nocive d’alcool. Mais tant les acteurs de la santé que le secteur des boissons alcoolisées pointent des lacunes…« Un mineur ne peut pas apprécier ce qu’est une consommation responsable. »Partager sur Twitter

Protéger les jeunes

Le plan impose de réglementer plus strictement la publicité pour l’alcool destinée aux mineurs, notamment en l’interdisant dans les journaux et périodiques visant ce public ou au cinéma lors de la diffusion d’un film pour la jeunesse.Une interdiction va frapper la vente d’alcool le long des autoroutes, mais uniquement la nuit.Partager surTwitter

Les commerces ne pourront plus offrir de l’alcool en guise de promotion pour un produit non alcoolisé. L’alcool fort ne pourra plus être vendu aux 16-18 ans (ni aux plus jeunes), qui pourront juste acheter bière et vin. Geert Van Lerberghe, directeur général de Vinum et Spiritus, fédération belge du secteur des vins et spiritueux, s’en inquiète: « Un mineur ne peut pas apprécier ce qu’est une consommation responsable. Une telle mesure ne permet pas d’éviter les formes d’abus manifeste d’alcool qui existent déjà à cet âge! » 

Une interdiction va frapper la vente d’alcool dans les magasins situés le long des autoroutes entre 22 heures et 7 heures du matin. « Il aurait fallu une interdiction de vente sur toute la journée!, s’insurge le responsable de Vinum et Spiritus. Je comprends qu’on protège l’économie des stations-service, mais les risques de l’abus d’alcool au volant sont trop importants. »

Eau gratuite?

En outre, fini de trouver de l’alcool dans les distributeurs automatiques et les magasins des hôpitaux. On compte aussi encourager certains secteurs (horeca, sport…) à offrir de l’eau gratuitement. Pas facile: on se rappelle le flop du gouvernement wallon qui voulait que les restaurants fassent ce geste

Un pan important du plan porte sur l’aspect médical. Le soutien financier aux hôpitaux qui proposent un « trajet de soins alcool » va se poursuivre. Le gouvernement fédéral veut lancer un trajet spécifique pour adolescents et jeunes adultes.

Le plan reprend encore l’idée du registre des lobbys qui devrait compiler les contacts noués avec le monde politique, notamment par l’industrie de l’alcool donc.

Encourager la modération?

« Ce plan reste vague par rapport au principe d’une consommation modérée et responsable, remarque Geert Van Lerberghe. Entre 90 et 94% des Belges consomment de l’alcool de façon modérée et responsable. Il faut maintenir ce niveau avec une campagne de promotion de tels comportements! »« Entre 90 et 94% des Belges consomment de l’alcool de façon modérée et responsable. Il faut maintenir ce niveau avec une campagne de promotion de tels comportements! »Partager sur Twitter

GEERT VAN LERBERGHE

Les brasseurs belges, réunis sous la bannière Belgian Brewers, se réjouissent d’un « plan équilibré », mais regrettent entre autres la possibilité d’imposer dans le futur un prix minimum pour l’alcool et s’inquiètent de l’impact qu’auraient des taxes ou accises supplémentaires sur la bière. Un groupe de travail va en effet plancher sur ces pistes.« Toutes les actions du plan doivent être pleinement mises en œuvre afin que nous puissions prendre des mesures supplémentaires nécessaires pour 2026-2028. »Partager surTwitter

Le secteur des boissons alcoolisées n’a pas participé aux discussions autour de ce plan. Il avait juste été convié à répondre à une enquête écrite.

Des remarques du monde médical ont aussi été écartées. Une série de professionnels de la santé, dont l’alcoologue Martin de Duve, le docteur Thomas Orban (auteur du livre « Alcool, ce qu’on ne vous a jamais dit ») ou encore l’ASBL Question Santé, restent amers. « Les alcooliers semblent tirer les ficelles« , reprochent-ils. Ils réclament un étiquetage des bouteilles et canettes avec mention des unités standards d’alcool et valeurs nutritives. « Sachant que toutes les parties prenantes sont d’accord pour promouvoir une consommation raisonnable d’alcool (telle que définie par le Conseil Supérieur de la Santé comme 10 verres standards par semaine maximum, à répartir sur plusieurs jours), donnons dès lors la capacité à chacun·e d’entre nous de faire le calcul! », disent-ils.

Le dossier n’est pas clos. « Toutes les actions du plan doivent être pleinement mises en œuvre afin que nous puissions prendre des mesures supplémentaires nécessaires pour 2026-2028« , glisse le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit).

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