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TEMOIGNAGE. Alcoolisme : « Faire le deuil de l’alcool, c’est comme enterrer quelqu’un »

Publié le 26/01/2022
Fabrice ,57 ans, raconte son combat contre l'alcool
Fabrice ,57 ans, raconte son combat contre l’alcool • © Félix Bollez / France Télévisions

Déni, isolement, pression sociale, les obstacles sont nombreux pour surmonter l’alcoolisme. Fabrice, 57 ans, accueilli en hôpital de jour à Petit-Quevilly, en Seine-Maritime, voit enfin le bout du tunnel après 7 sevrages.

Fabrice a accepté de nous parler de cette « maladie honteuse », celle qui s’est instillée progressivement dans sa vie quand il avait 20 ans.

« J’ai pris la décision de témoigner parce que je ne travaille plus aujourd’hui, mais quand il y a la pression du monde professionnel c’est plus difficile ».

Le sujet est encore souvent tabou même pour les premiers concernés. « Le pire ennemi c’est le déni, le fameux « demain j’arrête » et puis un jour on se rend compte que ce n’est pas vrai….arrêter un mois ce n’est pas possible, quelques jours non plus ».

L’alcoolisme reste un enjeu de santé publique majeur qui causerait 49.000 décès par an en France. Pour s’en sortir, un suivi médical s’avère souvent nécessaire.

L’engrenage de la fête 

L’ex employé du BTP avoue qu’il n’a pas basculé dans l’alcool pour surmonter un accident de la vie ou suite à une dépression mais simplement parce qu’il aimait trop faire la fête.  « J’adorais ça et elle me plaisait cette vie, je m’amusais bien…mais qui dit fête dit alcool. Et puis les années passent : 10, 20, 30 ans et c’est là que l’on se retrouve devant le fait accompli ».

Sa consommation devient quotidienne et démarre souvent dès le matin « Je buvais 1,5 litre d’alcool anisé par jour, plus les consommations au bar, plus du vin en mangeant….le corps s’habitue, il résiste, je pouvais vous parler comme je vous parle maintenant » . Fabrice se confie avec éloquence et lucidité quand il s’agit de raconter son long combat initié en 2008.

« L’année de mon premier sevrage je commençais à avoir de gros problème de santé. J’ai d’abord arrêté et puis j’ai essayé de modérer ma consommation mais j’ai très vite replongé. En quelques jours avec un suivi médical c’est facile de libérer son corps de l’addiction mais dans la tête c’est autre chose…il y a des capteurs dans notre cerveau qu’il ne vaut mieux pas réactiver sinon c’est impossible de résister ».

Une réduction de la consommation peut suffire pour retrouver le contrôle avec l’alcool mais pour certains l’abstinence s’impose quand il est trop dur de se réguler. Parfois l’abstinence requiert moins d’énergie que d’essayer d’être dans la maîtrise de la consommation.Alexandre Baguet, chef du service addictologie du CHU de Rouen.

L’abstinence, le choix de la raison

Eradiquer l’alcool de sa vie s’est avéré être l’unique moyen pour Fabrice de surmonter son addiction, un renoncement douloureux vécu paradoxalement comme un symbole funeste.

Faire le deuil de l’alcool c’est comme enterrer quelqu’un, tellement ça prend de place dans notre vie. L’alcool est partout autour de nous ! Quand on refuse un verre d’alcool on sent que ça dérange, on nous demande si on est malade surtout quand on a la réputation d’être un buveur. Quand on est dans mon cas il faut absolument réaliser qu’il faut changer sa façon de vivre, renoncer à certains lieux que l’on fréquentait.Fabrice, 57 ansdurée de la vidéo : 03min 23Témoignage alcoolisme • ©France Télévisions

Depuis 14 ans, il enchaîne les sevrages sans se décourager, avec le sentiment de progresser à chaque étape grâce à l’aide de l’équipe médicale de l’Hôpital Saint-Julien de Petit-Quevilly. Dans ce service les patients bénéficient de différents ateliers : ergothérapie, détente, groupe de parole, cuisine…Fabrice, bricoleur dans l’âme, s’est découvert là-bas une passion pour l’art thérapie.

Autour de la table les patients dessinent et colorient méticuleusement dans une ambiance conviviale que leur thérapeute, Hélène Fiquet Delaunay, a su créer.

« De l’extérieur ça peut paraître infantilisant mais pas du tout ! Il faut savoir que face à l’addiction, c’est comme si le produit décidait à notre place et cela conduit à un effacement de l’être et de sa personnalité. Ici à travers l’art et la création on recherche sa propre perception du beau pour se retrouver soi-même. C’est aussi une façon de se remettre en action, de redevenir acteur de sa vie et de rester concentré 2 heures et demi ! » 

Fabrice rajoute « J’ai tout de suite accroché, les ateliers manuels ça me correspond bien, j’y apprends plein de choses que je pourrai reproduire par la suite, et puis ça libère l’esprit ! Après je vais devoir poursuivre cet apprentissage tout seul, c’est dommage je me sens bien ici, j’aurai aimé que ça continue un peu… « . Conclut-il la gorge serrée.

Le jour de notre rencontre Fabrice était abstinent depuis 10 mois et voyait la fin de sa prise en charge se rapprocher. Déterminé à tourner la page loin des tentations, Fabrice a repris goût aux plaisirs simples dans un univers où il devra reconsidérer l’ensemble de ses interactions sociales. « Aujourd’hui je ne vais plus dans les bars ni dans les restaurants, je ne vais pas voir de concerts non plus ».  A l’issue de notre interview, il nous confiait espérer que son témoignage serait le point final de cette longue histoire.

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Quelle quantité d’alcool maximale le corps peut-il supporter ?

Par Yannick Merciris le 25 janvier 2022

C’est une drôle de question à se poser. Surtout quand on sait que l’alcool peut être dangereux pour la santé et qu’il est à consommer avec modération.

Mais on est curieux, c’est le propre de l’être humain. Alors que se passe-t-il dans notre corps quand on boit de l’alcool et surtout quelle quantité peut être fatale ? On mène l’enquête.

Bon sachez que le corps humain n’est pas une science exacte. On est tous différent, on a donc tous une tolérance différente à l’alcool. Mais essayons quand même de répondre à la question : À partir de combien de verres, on met notre santé en danger de mort ?

«On estime qu’avec 1,5 gramme d’alcool dans le sang, 30% de la population ferait un coma éthylique». C’est l’estimation du Dr Philippe Batel, médecin addictologue.

Entre 7 et 8 verres d’alcool

Bon, vous allez me dire, ça correspond à quoi 1,5 g d’alcool dans le sang ?

C’est entre 7 et 8 verres pour un homme et 5 pour une femme. Car oui, la parité n’existe pas quand il en vient de la tolérance à l’alcool. C’est notamment dû à la graisse, plus présente en moyenne chez la femme que chez l’homme, qui facilite la diffusion de l’alcool dans le sang.

Mais attention, on ne parle pas de n’importe quel verre. Par verre, on entend “dose d’alcool”.

En gros, si vous allez dans un bar, 1 verre de vin = 1 demi de bière = 1 verre de Whisky en terme de quantité d’alcool pur ingéré.

Vous l’aurez compris, il est très difficile de dire que telle ou telle dose d’alcool va provoquer la mort. D’autant plus que l’alcool provoque rarement directement la mort.

Des effets néfastes à courts et longs termes

Consommer de l’alcool a des effets à court terme qui peuvent être très dangereux. Trop boire peut causer des hypothermies, des arrêts respiratoires et aller jusqu’au coma. On peut donc mourir d’étouffement par son propre vomi ou encore par un mauvais positionnement de la langue.

Et sans surprise, la principale cause de décès suite à trop d’alcool reste les accidents de la route.On compte environ 1000 décès par an. Mais l’alcool peut aussi faire des dégâts sur le long terme : cirrhose, cancer et des lésions importantes au cerveau.

Tous ces chiffres sont des moyennes, et en fonction de la génétique et de la morphologie de chacun, les effets peuvent varier.

Le record du monde d’alcoolémie

Bien sûr, on pourrait vous parler du record du monde d’alcoolémie que l’on doit à un trentenaire polonais sondé à 13,7g d’alcool dans le sang. Soit 4 fois plus que pour un coma éthylique…

Mais gardez bien en tête que l’alcool, même s’il peut être festif, reste dangereux et qu’il est à consommer avec modération.

Alors peu importe la raison, si vous avez levé le coude, laissez vos clés de voiture, de scooter, ne prenez pas de trottinettes, ni de vélos. Rentrez chez vous accompagné, c’est bien plus safe.

Voilà, maintenant vous savez tout.

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Les boissons sans alcool, une formule qui fait recette

Publié le 20/01/2022
Boissons sans alcools : une formule qui fait recette

Cela ressemble à de l’alcool, mais ce n’en est pas. Les industriels empruntent tous les codes des boissons alcoolisées pour séduire sans enivrer. Mais de quoi sont faits ces liquides ?

À la manière de les préparer et à leur aspect, on s’y tromperait presque. Mais ces cocktails ne risquent pas de vous enivrer, car ils ne possèdent pas une goutte d’alcool. « C’est plus sain, on peut en boire plus », estime une cliente. Avec peu de sucres et d’additifs, ils se différencient des alcools existants.

Comment sont faits ces liquides ? « On va mélanger des plantes et des liquides qu’on va faire macérer dans un premier temps. (…) On a du gin, de la coriandre », détaille Valérie de Sutter, directrice générale de JNPR. La distillation se fait ensuite avec de l’eau.

Un risque caché pour les jeunes

Dans un supermarché, un rayon entier est réservé aux boissons sans alcool. Les ventes croissent régulièrement et le profil des clients est varié« Ça peut être d’ordre religieux par exemple, ça peut être une volonté de ne plus consommer d’alcool.

On retrouve également des femmes enceintes », explique Laurent Duvernay, responsable commercial. Cependant, le goût de ces boissons pourrait amener certains jeunes à finalement consommer de l’alcool à cause de leur goût assez bien imité.

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Alcool : une cause majeure d’hospitalisation

18/01/2022
Alcool_danger_hospitalisation

En France, l’alcool est une des premières causes d’hospitalisation. Qu’il s’agisse de séjours aux urgences, en psychiatrie… les intoxications alcooliques et l’addiction sont au cœur de ce problème.

Aux urgences, les cas d’intoxications éthyliques se multiplient

Selon une étude menée par Santé publique France (2017), on sait qu’en moyenne : « entre 1,2 % et 3,1 % des passages aux urgences sont en lien direct avec une consommation d’alcool ». Selon les régions, les chiffres peuvent être bien plus importants. C’est le cas, par exemple, de la Réunion avec 7,3 % des passages aux urgences liés à l’alcool.

La plupart de ces urgences sont le fait d’intoxications éthyliques aiguës et concernent des personnes âgées de 45 à 60 ans. Une étude antérieure, parue dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), souligne déjà le nombre important des intoxications alcooliques aiguës. Elle indique qu’entre 2006 et 2012, ces dernières ont augmenté : « de plus d’un tiers, témoignant du développement en France du phénomène du binge drinking. »

Les hospitalisions liées à l’alcool concernent de nombreux services

Il faut également savoir que les hospitalisations liées à ce sujet ne concernent pas seulement les urgences. Elles sont aussi nombreuses en MCO (médecine, chirurgie,
obstétrique et odontologie), en SSR (soins de suite et de réadaptation) et en psychiatrie.

Ainsi, en 2012, on compte, en MCO, plus de 580 000 séjours induits par l’alcool (2,2 %
de l’ensemble des séjours et séances). En psychiatrie, il s’agit de plus de 2 700 000 journées, donc 10,4 % du total des journées et 3,7 % des actes ambulatoires (des établissements sous dotation
annuelle de financement). En SSR, les données indiquent que l’alcool est lié à plus de 2 000 000 de journées (5,6 % de l’activité totale).

Ces chiffres importants permettent de conclure qu’il est primordial : « d’aborder la question de
l’alcool le plus précocement possible et lors de chaque séjour, de façon à espérer limiter à terme ces complications et les réhospitalisations qu’elles entraînent. »

Alcool : une consommation en hausse dans le monde dans les 10 prochaines années

L’alcool n’est pas seulement un fléau en France, elle est aussi coupable d’entraîner la mort de millions de personnes dans le monde. Ainsi, selon l’organisation mondiale de la Santé (OMS), en 2016, l’alcool a causé : « plus de trois millions de décès, soit un décès sur 20. […]L’abus d’alcool représente plus de 5 % de la charge de morbidité au niveau mondial. »

De plus, il faut également savoir que selon les projections réalisées par l’OMS : « la consommation mondiale d’alcool par habitant devrait augmenter au cours des 10 prochaines années, en particulier dans les Régions de l’Asie du Sud-Est, du Pacifique occidental et des Amériques. »

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L’alcool Pendant 30 Jours (Et Ça Donne Envie D’arrêter)

Par Pierre-Guillaume Ligdamis

Pendant le mois de janvier, nombreuses sont les personnes qui se lancent le défi du dry january, qui consiste à ne pas boire la moindre goutte d’alcool pendant un mois. Si certains réussissent le challenge haut la main sans trop de difficultés, pour d’autres cela est loin d’être une mince affaire.

C’est l’occasion notamment de se rendre compte de la place insidieuse que prend l’alcool dans notre quotidien et à quel point il peut être dur de s’en passer quand l’apéro devient une habitude un peu trop régulière.

Mais à en voir tout ce qui se passe de positif dans le corps d’un point de vue santé quand on arrête l’alcool pendant 30 jours, on se dit que le jeu en vaut peut-être la chandelle.

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Chez les collégiens, moins d’alcool, de tabac et de cannabis, mais de nouvelles addictions

par Julien Baldacchino publié le 12 janvier 2022

L’Observatoire français des drogues et toxicomanies publie ce mercredi les résultats d’une enquête menée tous les quatre ans chez les jeunes en classe de 3e. Si les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis sont en nette baisse, l’OFDT se montre vigilant sur l’essor de la e-cigarette ainsi que du gaz hilarant.

La consommation de cigarettes a chuté en dix ans chez les collégiens, qu'elle soit régulière ou non
La consommation de cigarettes a chuté en dix ans chez les collégiens, qu’elle soit régulière ou non © Maxppp / Christophe Petit Tesson

C’est une enquête menée tous les quatre ans (cinq cette fois-ci, Covid oblige) sur les élèves en classe de troisième : l’enquête EnCLASS, menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies sur la santé et l’usage de substances par les adolescents, porte ses premiers enseignements, après que 1 972 élèves ont répondu début 2021 à une série de questions sur leurs pratiques. 

Ainsi, en 2021, 64,1% des élèves de 3e disent avoir déjà consommé de l’alcool au moins une fois dans leur vie, et 31,8% en ont consommé dans le mois précédant l’enquête. Si ce chiffre semble conséquent, c’est toutefois le plus faible depuis 2010, année du début de l’enquête. Et il en est de même pour tous les indicateurs, qui sont au plus bas en 2021 : 29,% des élèves de 3e ont déjà fumé des cigarettes, 3,7% en fument régulièrement. Et sur le cannabis, on est passé en dix ans de 23,9% des collégiens de 3e qui l’avaient expérimenté en 2010 à seulement 9,1% (et 3,9% qui en ont fait un usage récent) en 2021.https://e.infogram.com/e1b0019e-d98d-4ed5-803f-756628647bcb?parent_url=https%3A%2F%2Fwww.franceinter.fr%2Fsociete%2Fchez-les-collegiens-moins-d-alcool-de-tabac-et-de-cannabis-mais-de-nouvelles-addictions&src=embed#async_embed

Une baisse qui mérite toutefois que l’on prenne en compte le contexte particulier de ces deux dernières années, où les élèves se sont moins vus et où l’effet d’entraînement a pu être réduit. Malgré tout, cette baisse s’inscrit dans un mouvement déjà amorcé dès 2010. 

Cigarette électronique, gaz hilarant et jeux d’argent

Cependant, derrière cette bonne nouvelle se cachent d’autres chiffres moins encourageants. C’est le cas des chiffres liés aux cigarettes électroniques notamment, qui pour la première fois passent devant les cigarettes classiques : 34,2% des élèves de 3e disent avoir expérimenté la « vapoteuse » en 2021, contre 29,1% qui ont essayé la cigarette. Même tendance pour ceux qui ont fumé au moins une fois dans le mois précédent le sondage (10,2% pour la cigarette, 13,9% pour la « vapoteuse »). Il n’y a que chez les fumeurs réguliers que le tabac surpasse encore la cigarette électronique. L’usage de la chicha est aussi en net recul. 

L’autre information alarmante, c’est l’apparition de nouvelles addictions : pour cette édition 2021 de son enquête, l’OFDT a interrogé les collégiens sur deux nouveaux éléments. D’une part, le protoxyde d’azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant., souvent consommé sous forme de cartouches pour siphon à chantilly. Il apparaît que 5,5% des élèves de 3e disent avoir déjà testé cette substance. 

À écouter  –  ÉCONOMIELa consommation de tabac a reculé d’un quart en 5 ans ! 2 min

L’autre élément pris en compte, ce sont les jeux d’argent et de hasard : une première enquête en 2017 montrait que plus d’un tiers des jeunes de 17 ans avait déjà joué à un jeu d’argent… alors que ceux-ci sont interdits aux mineurs. L’OFDT a alors décidé de se saisir de cette question et de l’intégrer à l’enquête. Résultat : un collégien de 3e sur quatre a déjà joué à un jeu d’argent, 9% le font au moins une fois par mois et 3% au moins une fois par semaine. Sur ces données, qui viennent d’être intégrées à l’enquête, on ne peut toutefois pas constater d’évolution par rapport aux années précédentes.

Alcool, tabac, cannabis : la pandémie accélère la chute des usages chez les élèves de troisième

Par Le Figaro avec AFP Publié il y a 9 heures, mis à jour il y a 6 heures

La pandémie, avec son cortège de confinements et de restrictions sanitaires, a réduit la vie sociale des adolescents en France et engendré une «baisse importante» de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis chez les élèves de troisième, selon une étude publiée mercredi 12 janvier.

Confinements successifs, couvre-feux, classes en demi-groupes… La pandémie a créé un contexte où «il y a eu moins de fêtes, moins d’occasions de sociabiliser, ce qui a sans doute décalé les expérimentations», explique à l’AFP Julien Morel d’Arleux, le directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui dévoile une enquête réalisée auprès de 2000 élèves de troisième lors du premier trimestre 2021.

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L’épidémie de Covid-19 a ainsi «accentué les tendances baissières qu’on observe depuis une dizaine d’années» chez les plus jeunes, ajoute-t-il. Une évolution «encourageante», alors que la France reste parmi les premiers pays consommateurs de substances psychoactives en Europe. Selon l’étude réalisée par questionnaire anonyme, le nombre d’élèves de troisième n’ayant jamais bu d’alcool a doublé entre 2010 et 2021, passant de 16,8% à 35,9%. La consommation d’une boisson alcoolisée au cours du dernier mois, déclarée par 31,8% des élèves, atteint elle aussi son plus bas niveau depuis 2010.

«Effet protecteur chez les jeunes»

L’alcool reste la substance psychoactive la plus populaire chez ces collégiens avec 64,1% d’expérimentateurs en 2021, contre 75,3% trois ans auparavant. De plus en plus ringard, le tabac séduit aussi beaucoup moins: 29,1% des adolescents de troisième déclarent avoir déjà fumé une cigarette, contre 37,5% en 2018 et 51,8% en 2010. Le tabagisme quotidien chez les jeunes de cet âge a lui été divisé par quatre au cours des onze dernières années.

L’usage du cannabis est également en «net recul», même si son expérimentation «reste précoce», selon l’OFDT. Moins d’un élève de troisième sur dix (9,1%) en a déjà fait l’expérience, contre 16,1% en 2018 et 23,9% en 2010. L’usage au cours du mois précédant l’enquête a lui été divisé par trois en l’espace de onze ans.

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Accentué par la pandémie, le recul de l’âge d’expérimentation de ces substances «a un effet protecteur chez les jeunes», reprend M. Morel d’Arleux, car la recherche a démontré que plus les consommations de substances psychoactives démarrent tard dans la vie, moins le risque de basculer dans l’addiction est important. L’OFDT alerte toutefois sur «l’accessibilité élevée» de ces produits: 19,5% élèves de troisième estiment que s’approvisionner en cannabis est assez ou très facile, une proportion qui grimpe à 31,5% concernant le tabac. Quant à l’alcool, un élève sur six a déjà connu un épisode d’ivresse.

Pourquoi l’alcool, les drogues et la conduite ne font pas bon ménage

Jean-François Giraud 7 janvier 2022Addictions et conduite

©DedMityay

Malgré les campagnes de prévention et les mesures répressives, la conduite sous alcool ou stupéfiants est encore très répandue en France. L’alcool est en cause dans un accident mortel sur trois. Les stupéfiants représentent 21% des cas d’accidents aux conséquences irréversibles. Jean-François Giraud est allé à la rencontre de deux professionnels travaillant dans la recherche ou auprès de personnes dépendantes aux addictions. La consommation de drogues et d’alcool varie selon les personnes

Les jeunes plus particulièrement addicts

Arnaud Carré est enseignant et chercheur en psychologie à l’université de Savoie à Chambéry. Selon lui, le public le plus consommateur de produits illicites est celui des adolescents et des jeunes adultes. Un âge où l’on cherche à repousser ses limites, à voir de quoi l’on est capable. Consommer des stupéfiants, c’est aussi défier l’autorité parentale ou sociétale.

Suivre l’influence des copains est également une tendance très répandue. Selon Arnaud Carré, les parents ne doivent pas chercher à réprimer leurs jeunes ados mais plutôt à dialoguer et si besoin, demander de l’aide auprès de spécialistes (éducateurs, psychologues, médecins). Cette période de transgression peut être brève mais peut également s’installer dans le temps. C’est alors plus compliqué de s’en sortir mais des solutions existent pour permettre aux jeunes de décrocher. 

Aucune addiction ne peut faire bon ménage avec la conduite

Anne-Sophie Badin est chargée de prévention au sein de l’association chambérienne, Le Pélican. Cet organisme accompagne les publics qui souhaitent décrocher de leurs addictions. Elle connait bien les effets que chaque drogue peut avoir sur la conduite automobile : somnolence, perte de connaissance ou excitation incontrôlée. Encore plus dangereux, ce sont les mélanges entre différentes drogues ou accompagné d’alcool. Les effets ne s’additionnent pas mais se multiplient ! Une notion qui n’est pas forcément connue des consommateurs. Le gaz hilarant

©Steeve Medle

Le gaz hilarant de plus en plus consommé

Le gaz hilarant, nouveau venu dans la planète « addictions »

Une autre drogue a fait son apparition depuis quelques années : le protoxyde d’azote. Ce gaz hilarant est en vente libre puisqu’il entre dans la composition de ces petites cartouches qui permettent de faire de la crème chantilly. En inhalant ce gaz, on obtient un effet immédiat de bien-être et d’euphorie. De quoi déclencher des rires incontrôlés durant une minute ou deux. L’effet retombe immédiatement mais on peut évidemment recommencer l’opération.

D’apparence anodine, le protoxyde d’azote a pourtant des effets aussi dangereux que la cocaïne ou le LSD. Perte d’attention et de la maitrise de soi. On imagine largement les conséquences négatives sur la conduite automobile ! A l’automne dernier, une jeune fille de 20 ans ayant pris du gaz hilarant en conduisant, a traversé le rond-point de l’Arc de Triomphe à Paris. Après plusieurs tonneaux, sa voiture a terminé sa course en percutant cinq piétons. C’est tout de suite moins drôle !

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Dry January

C’est parti pour le mois sans alcool, mais sans soutien de l’État

Un mois sans boire une goutte d’alcool. Pour tous les volontaires, le « Dry January » commence ce samedi 1er janvier 2022. L’opération n’a toujours pas droit au soutien de l’État contrairement à des campagnes de même nature contre le tabagisme.

Le Dry January ​ou mois sans alcool débute ce 1er janvier 2022, mais cette opération se déroule en France sans soutien de l’État.

On n’a pas d’aide gouvernementale (et) on est toujours sans moyens, souligne auprès de l’AFP la juriste Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d’associations France Assos Santé, qui chapeaute cette campagne.

Lancée pour la troisième année consécutive en France, sur le modèle d’opérations semblables dans le monde anglo-saxon et scandinave, le Dry January fonctionne sur un principe simple : ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier.

La période est propice à faire une pause, après des fêtes souvent marquées par une importante consommation d’alcool. Mais le but n’est pas seulement de reposer son organisme, c’est de se rendre compte par soi-même de ce qui change dans un quotidien sans alcool.

L’idée, c’est d’essayer de faire cette pause, mais la campagne ne se veut pas du tout moralisatrice : chacun peut essayer de mesurer son rapport à l’alcool pendant ce mois-là​, explique Claude Rambaud, craignant toutefois un contexte difficile avec la pandémie de Covid-19 qui perdure dans une ambiance anxiogène.

Une pause qui peut durer

Ce type de campagne fait de plus en plus ses preuves en matière de santé publique. Au lieu de mettre l’accent sur les risques représentés par une substance – ici l’alcool –, on insiste sur les avantages à ralentir sa consommation. Les participants sont aussi stimulés par un défi qui rassemble de nombreuses personnes au même moment.

Beaucoup de gens qui font cette pause continuent ensuite ​à moins consommer d’alcool, rapporte Claude Rambaud, sur la foi d’études faites dans des pays anglo-saxons.

Ça lance un élan​, insiste-t-elle.

Pas d’aide de l’État

C’est le même principe que le Mois sans tabaclancé chaque année à l’automne, avec une petite nuance : le Dry January ne vise pas à définitivement inciter à une abstinence totale.

Mais, en France, la réalité est bien différente entre les deux opérations. Le Mois sans tabac est soutenu depuis des années par l’État, via l’agence Santé publique France, alors que le Dry January n’est le fait que d’associations, certes rejointes par plusieurs municipalités comme celle de Lyon.

Ça n’a rien à voir avec ce qui se passe au Royaume-Uni où ils sont extrêmement soutenus par le gouvernement, regrette Mme Rambaud.

Les associations reprochent à l’État de céder aux lobbies de l’alcool, en premier lieu les viticulteurs, qui agitent le spectre d’une campagne hygiéniste et inadaptée à l’art de vivre ​à la française.

Santé publique France intéressée mais à distance…

Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait failli se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020 mais y avait renoncé in extremis, le jeu d’équilibriste perdure.

L’agence, qui dépend du ministère de la Santé, ne cache pas son intérêt pour le Dry January ; elle a mené plusieurs enquêtes sur son déroulement et son vécu par les participants. Mais elle se tient éloignée d’une implication directe.

Santé publique France se place en soutien ​des organisateurs du Dry January, expliquait à l’automne, sa directrice générale Geneviève Chêne, mettant l’accent sur d’autres campagnes de l’agence contre les risques liés à l’alcoolisme.

Les risques d’une consommation modérée mais régulière

Ces opérations publiques sont, toutefois, plus axées sur les risques liés aux comportements – agressivité, danger sur la route – que ceux qui touchent directement la santé des buveurs.

Or, ces risques pour la santé sont souvent mal appréhendés, comme en témoigne une incompréhension fréquente sur le Dry January. La campagne ne concerne pas que les gros buveurs car une consommation modérée mais régulière représente aussi un risque pour la santé.

Pour les non-participants, la cible de l’opération est en priorité constituée des personnes dépendantes ou des jeunes consommateurs qui ne maîtriseraient pas leur consommation, explique une étude réalisée par Santé publique France à partir d’entretiens individuels, et publiée en décembre dans la revue Alcoologie et Addictologie.

Ils ne se sentent donc pas concernés, concluent les auteurs, estimant qu’il y aurait tout à gagner à encore mieux médiatiser le Dry January

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