Dans 55% des féminicides recensés en 2018, l’auteur ou la victime étaient sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Six addictologues et proches de malades alcooliques ont adressé deux lettres ouvertes à Agnès Buyzn, ministre de la santé et Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, pour prendre en compte ce facteur dans le Grenelle des violences conjugales.
121 femmes ont perdu la vie en 2018 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Dans plus d’un cas sur deux, l’auteur ou la victime étaient sous l’emprise d’alcool ou de produits stupéfiants, selon six addictologues et des proches de malades alcooliques du collectif CoPMA. Une analyse qui les a poussés à écrire deux lettres ouvertes à deux ministres du gouvernement, Agnès Buyzn et Marlène Schiappa.
« Chez les femmes vivant en couple avec un consommateur dépendant, le risque de subir des violences est trois fois plus important que dans la population générale », explique l’un des signataires, le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions sur la base d’une synthèse d’études portant sur 80.000 personnes. S’il n’est pas le seul facteur en cause impliqué dans ces souffrances et ces drames, c’est un élément très fréquent, « massif », et « surtout évitable ».
Une intervention des pouvoirs publics souhaitée
Via ces lettres, associations et spécialistes demandent aux pouvoirs publics d’intervenir au plus vite. Avec l’application d’une obligation de soins par la justice, un plan de soutien aux proches aidants de malades alcooliques ainsi qu’une campagne nationale d’information sur les répercussions de la maladie alcoolique sur l’entourage, les associations souhaitent que les pouvoirs publics protègent les femmes victimes de violences conjugales. Les spécialistes souhaitent également voir s’ouvrir un registre des violences liées à l’alcool et aux psychotropes qui permettrait à long terme d’analyser le rôle de ces drogues dans les féminicides.
Addictologues* et proches de malades alcooliques** s’inquiètent de constater que le rôle de l’alcool et des psychotropes ne semble pas avoir été pris en compte par le Grenelle des violences conjugales. Le Figaro Santé publie leurs lettres ouvertes.
Alors que le gouvernement a décidé, à juste titre, une mobilisation contre les violences envers les femmes et contre les féminicides, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le rôle fréquent de l’alcool dans ces phénomènes de violence. Il faut le rappeler et l’expliquer pour mettre en place des mesures efficaces de prévention et de soutien aux victimes. C’est, en lien avec la lettre des….. lire la suite
Le préfet du Morbihan Patrice Faure met en place de nouveaux types d’actions pour lutter contre l’insécurité routière dans le département.
Dans la nuit de samedi à dimanche, il a été proposé comme alternative aux conducteurs en infraction de se rendre au centre Kerpape de Ploemeur avec le préfet du Morbihan.
Le préfet du Morbihan Patrice Faure a profité d’un important contrôle routier nocturne, samedi 12 octobre, pour présenter son plan d’action face à l’insécurité routière. Il mise sur des opérations visibles, assumées et « originales » pour marquer les esprits.
De la prévention et des contrôles sont d’ores et déjà programmés, mais aussi des opérations qui sortent des sentiers battus. « Nous allons assurer de plus en plus de contrôles visibles pour mettre en insécurité les conducteurs sous l’emprise de l’alcool et des stupéfiants, explique-t-il alors que les gendarmes enchaînent les contrôles au rond-point de Kermelin à Saint-Avé, en début de soirée. C’est un fléau contre lequel il faut lutter de façon assumée et visible. »
Des opérations spéciales
Démonstration, chiffres à l’appui : 439 accidents, 518 blessés dont 178 hospitalisés et 38 personnes tués. « Une personne est tuée tous les dix jours sur les routes du Morbihan depuis le début de l’année », constate le colonel Pascal Estève, commandant du groupement de gendarmerie du Morbihan.
Les pistes ne manquent pas pour s’y attaquer. Développement du dispositif Éthylotest antidémarrage (EAD), opérations de préventions dans les établissements scolaires, des réunions de concertation sont prévues, avec les taxis notamment, pour « trouver des systèmes de tarifs forfaitaires pour ceux qui font la fête ». Mais rien de tel qu’une opération spéciale pour marquer les esprits. La nuit passée sur les routes aura eu son lot d’infractions. Vingt-neuf ont été constatées dont 15 alternatives aux poursuites proposées.
Les conducteurs en infraction à Kerpape
Plutôt que de sortir directement la carte de la répression, il a été proposé aux contrevenants la possibilité de passer une demi-journée au centre de rééducation et de réadaptation de Kerpape avec le préfet. « C’est une main tendue de la justice », précise Patrice Faure. Le procureur de la République, François Touron, confirme. « La sécurité de tous dépend de la prudence et de la conscience de chacun. J’entends classer les procédures de petite contravention de cette nuit dès lors que les conducteurs accepteront d’aller à cette journée de sensibilisation. » Cette action ponctuelle est programmée le 23 octobre prochain.
Lors de cette session de sensibilisation au risque routier, ils rencontreront des personnes victimes d’un accident de la route. Celles-ci témoigneront de ce qu’elles vivent au quotidien. « Cette visite est un symbole de l’enjeu », assure le préfet.
C’est aussi l’occasion de répandre la bonne parole d’une manière différente. « Les personnes qui viendront à Kerpape en parleront à leur entourage. » Le représentant de l’État confirme que « d’autres actions, tout aussi originales », sont dans les tuyaux. Pour l’heure, pas question d’en dévoiler le contenu. Les conducteurs sont prévenus !
Eric est le tout premier automobiliste du Morbihan à avoir bénéficié du dispositif Éthylotest antidémarrage (EAD). Il en parle ici avec le préfet du Morbihan Patrice Faure.
« Je n’ai plus le droit à l’erreur »
Eric est le premier Morbihannais à avoir bénéficié de l’Éthylotest antidémarrage (EAD). C’était il y a un peu plus de six mois. Le dispositif a été retiré de son véhicule le 29 septembre.
Tout a commencé par un banal contrôle routier. Ce soir-là, il avait, selon ses propres mots, « abusé de l’alcool ». Son taux était de 0,62 mg par litre d’air expiré. C’est au-dessus de la limite fixée à 0,40 mg. Il écope alors d’une suspension administrative de son permis.
Un coup dur pour ce quinquagénaire qui travaille dans l’hôtellerie-restauration. « C’était la première fois que ça m’arrivait. Dès le lendemain, je me suis renseigné sur ce système. J’ai contacté la préfecture et le service des suspensions de permis m’a dit que ça tombait bien. Ils allaient justement le déployer dans le département. »
Éligible au dispositif, il fait installer l’appareil sur sa voiture la semaine suivante pour 450 €, désinstallation comprise. « Après, c’est 96 € par mois de location. » À raison de six mois, le coût total est de 1 026 € pour continuer de conduire. « L’intérêt de cette alternative à la suspension du permis est de permettre aux gens de continuer à conduire avec la garantie qu’ils ne le feront pas sous l’emprise d’un état alcoolique, indique le procureur de la République François Touron. Il y a également une vraie sanction car le coût de ce système est lourd. » 137 personnes en ont bénéficié depuis six mois dans le Morbihan.
Si l’EAD a permis à Eric de continuer à travailler, il a aussi eu un impact sur sa manière de consommer de l’alcool. « Cela change notre rapport et notre comportement face à l’alcool. À partir du moment où je suis véhiculé, je fais attention. Je n’ai plus le droit à l’erreur. »
Les malformations cardiaques congénitales (anomalies au niveau du cœur) touchent plus d’un million de bébés dans le monde chaque année. Elles constituent la principale cause de décès périnatal et peuvent augmenter les risques de maladies cardiovasculaires plus tard dans la vie. Nous savons également qu’un enfant sur quatre souffrant du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) souffre également de cardiopathie congénitale. Suffisamment pour considérer que l’alcool semble impliqué dans le développement de ces troubles.
Ce lien entre l’alcool et les cardiopathies congénitales a souvent été étudié chez les mères. Une équipe de chercheurs s’est récemment penchée sur les futurs papas. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue European Journal of Preventive Cardiology.
Un risque plus élevé de 52 %
Pour ces travaux, ces les chercheurs ont examiné les données compilées de 55 études portant sur le sujet. Toutes ont été recueillies entre 1991 et 2019. Un peu plus de 41 000 bébés nés avec une cardiopathie congénitale, et près de 300 000 nés sans cardiopathie étaient concernés. Les chercheurs ont alors observé une augmentation progressive du risque de cardiopathies à mesure qu’augmentait la consommation d’alcool des parents.
Du côté des mamans, on apprend plus précisément que le fait de boire régulièrement de l’alcool trois mois avant la grossesse augmentait de 16 % le risque de cardiopathie congénitale chez l’enfant à naître. Pour les futurs papas, le risque était plus élevé de 44 %. Concernant la consommation occasionnelle excessive d’alcool (au moins cinq verres par “séance”), le risque était toujours plus élevé de 16 % pour les femmes. Et plus élevé de 52 % pour les hommes.
Crédits : Pixabay
Arrêter l’alcool au moins six mois avant la conception
« La consommation occasionnelle excessive d’alcool par d’éventuels parents est un comportement à haut risque et dangereux, qui non seulement peut augmenter les chances que leur bébé naisse avec une malformation cardiaque, mais endommage également considérablement leur propre santé », explique le docteur Jiabi Qin, de l’École de santé publique Xiangya, en Chine.
Au regard de ces résultats, les chercheurs encouragent tout de même les hommes qui souhaiteraient devenir pères à stopper la consommation d’alcool au moins six mois avant la conception. Les mamans devraient, selon eux, arrêter l’alcool au moins un an avant.
Notons que cette étude ne fait qu’une observation et ne fait qu’établir un lien. Des travaux supplémentaires seront nécessaires pour tenter de comprendre les mécanismes sous-jacents reliant la consommation d’alcool chez les parents et les risques de cardiopathies congénitales chez les bébés.
Une étude récente montre que les femmes n’identifient pas l’alcool en tant que facteur de risque important de cancer. Pourtant, plusieurs milliers de cas lui sont imputables chaque année en Franceet notre Doc France Bleu Occitanie fait le point.
Vous en conviendrez avec moi : l’alcool est dangereux pour la santé. Mais si ses effets pour le foie et le risque d’addiction sont désormais bien identifiés, tous ses méfaits sont loin d’être connus du public. Ainsi, rares sont les personnes qui savent que la consommation d’alcool augmente le risque de cancer du sein, selon une récente étude publiée dans le British Medical Journal.
Sur les 205 femmes interrogées par des chercheurs de l’université de Southampton, seules 20% ont cité l’alcool comme facteur de risque montrant bien que ce risque est assez méconnu. Et pourtant, il est loin d’être négligeable : sur les 28.000 cas de cancers imputables à l’alcool diagnostiqués en 2015 en France, 8 100 étaient des cancers du sein. Ainsi, consommer un verre d’alcool par jour augmente le risque de développer un cancer du sein de 10% et ce n’est pas l’abus qui est dangereux pour la santé, c’est l’alcool tout court.
Depuis 1988, l’alcool est en effet officiellement identifié par le Centre International de la Recherche contre le Cancer comme cancérigène avéré. Il est notamment impliqué dans les cancers de la cavité buccale, du pharynx, de l’œsophage, du foie, du colon/rectum et donc du sein. En outre, plusieurs études ont montré qu’il n’existe pas de niveau de consommation sans risque. Ainsi, même les « petits » consommateurs ont un risque supplémentaire de développer l’un de ces cancers par rapport à un non-buveur.
Dr Ducassé, en quoi l’alcool est-il cancérigène ?
Une part importante de l’éthanol ingéré accède au système sanguin où il est dégradé en acétaldéhyde au niveau du foie. Ce n’est que sous cette forme que ce dernier peut éliminer l’alcool de l’organisme. Or, l’acétaldéhyde est capable d’induire des délétions sur les brins d’ADN, c’est-à-dire une mutation génétique ou encore des aberrations chromosomiques. En clair, l’alcool, une fois transformé en acétaldéhyde, va perturber l’ADN et ainsi favoriser le développement de lésions cancéreuses. Tous ces mécanismes sont assez bien identifiés et pourtant, le risque reste sous-estimé, voire totalement méconnu du public.
Il y a pourtant les campagnes de sensibilisation, non ?
Habituellement, les campagnes de sensibilisation ne parlent quasiment jamais de l’impact de l’alcool dans la survenue d’un cancer, et visent surtout les comportements à risque. Une campagne de Santé publique France lancée en mars 2019 s’est par exemple attachée à donner des repères de consommation (« moins de 2 verres par jour et pas tous les jours »). Le risque de cancers a été mentionné brièvement, sans pour autant être mis en avant dans la campagne. Or les auteurs de l’étude britannique en sont convaincus : « Toute opération visant à réduire la consommation d’alcool devrait avoir des conséquences positives pour la population féminine. »
Une enquête publique a lieu jusqu’au 4 octobre à l’hôtel de ville du Havre et à l’hôtel de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole pour le Règlement Local de Publicité (RLP) du Havre
La publicité a envahi l’espace public progressivement depuis de nombreuses années. La publicité pour l’alcool a été réintroduite dans l’espace public depuis peu. On la trouve dans les arrêts des bus que prennent les jeunes, sur les MUPI (mobilier urbain pour l’information) que l’on appelle couramment « sucettes » et bien sûr sur les panneaux publicitaires.
Projet de Règlement Local de Publicité (RLP) pour LE HAVRE
Voici ce que nous vous suggérons de demander à l’enquête publique qui a lieu jusqu’au 4 octobre à l’hôtel de ville du Havre et à l’hôtel de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
Extrait de l’article : Pour lire l’article en entier cliquez ici
L’alcool c’est:
– Des altérations des fonctions cognitives beaucoup plus précoces et importantes que ce que l’on pensait
– La première cause de démence précoce
– La deuxième cause de cancer évitable (en particulier du sein, et du colon )
– La première cause de retard mental non génétique
– Plus de 1000 morts et 10 000 blessés sur les routes
– Présent dans plus de la moitié des violences commises en France tous les ans
– 50 000 morts par maladie par an
– 120 milliards de pertes économiques par an
– Il n’y a aucun inconvénient à ne pas boire d’alcool
– Nocif dès la première goutte
– 44% des jeunes de 17 ans ont pris l’habitude d’avoir une ivresse pathologique
par mois
-10 millions de français ne boivent pas d’alcool
-La ville est couverte de publicités incitant à boire de l’alcool. Le maire n’a aucun pouvoir sur le contenu des publicités, il ne peut agir que sur le contenant (les panneaux publicitaires), l’enquête publique sur la révision du RLP (règlement local de publicité) qui a lieu jusqu’au 4 octobre est une occasion unique pour faire reculer ce grave problème . Si vous pensez ne pas voir la publicité ,vous vous trompez, elle vous manipule à votre insu, pas un centime n’est investi sans qu’il y ait des effets.
– L’alcool: «moins c’est mieux, pas du tout c’est encore mieux»
Mais c’est 2,5 milliards de taxes pour l’état
– 500 000 emplois
– le deuxième poste export de la France avec 7,2 milliards d’euros
– 500 millions par an: publicité pour l’alcool
– 12 milliards par an: budget publicité totale
– 200 millions par an: budget de l’état pour la prévention de toutes les pathologies
Le cocktail drogue/alcool est dévastateur. Auparavant, le risque de cette double pratique était sous-évalué.
À lui seul, l’alcool reste un problème aigu en France tandis que le nombre d’accidents impliquant une drogue explose. Ces deux substances agissent sur le cerveau: ils perturbent les perceptions, bousculent les repères habituels, provoquent une mauvaise compréhension des situations, ralentissent les réflexes et engendrent une mauvaise coordination dans les réactions. Plus encore, «lorsqu’ils sont cumulés, ils augmentent très fortement les sentiments de puissance et de désinhibition».C’est l’analyse que fait Nicolas Simon, professeur de médecine et président de l’Association de prévention en alcoologie et addictologie.Ce sentiment de toute-puissance, d’invulnérabilité, amène non seulement à prendre des risques non évalués, mais peut conduire tout droit à l’accident.
Juste un petit joint ? Danger !
À lui seul, le cannabis est un puissant psychotrope : il provoque des modifications de sensations, de perception, de conscience. Consommé dans les huit heures avant la conduite, il est très dangereux.« Fumer des joints représente un danger supplémentaire : le conducteur aura des réflexes beaucoup plus lents, explique Nicolas Simon. Si un imprévu se présente, son temps de réaction ne lui permettra pas d’y répondre normalement ».Résultat : le nombre d’accidents et de morts lié à la drogue au volant augmente régulièrement et atteint des niveaux sans précédent. Beaucoup de fumeurs de cannabis sont persuadés que le « petit joint » fumé avant de prendre le volant ne perturbe pas leur comportement. Lourde erreur… Les conducteurs les plus concernés par cette pratique sont les moins de 35 ans. Surprenant : 93 % des personnes contrôlées positives aux stupéfiants dans les accidents mortels sont des hommes!