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Alcool

Combien boire de verre de vin sans s’abîmer la santé ?

Des scientifiques de l’Université de Cambridge ont mené une étude afin de déterminer quelle dose d’alcool pourrait être considérée comme étant quasi sans risque pour la santé humaine. Ils ont même donné le nombre exact de verres de vin ou de pintes de bière qu’un individu pourrait consommer chaque semaine, relate la revue The Lancet.

Des scientifiques britanniques de l’Université de Cambridge ont décidé de calculer la dose d’alcool à consommer par semaine qui ne nuirait pas à la santé d’un individu, lit-on dans la revue scientifique médicale britannique The Lancet.

Pour parvenir à leurs conclusions, les scientifiques ont analysé les données sur l’état de santé de 600.000 personnes issues de 19 pays ainsi que la quantité d’alcool qu’elles consomment.Les scientifiques ont réduit tous les types d’alcool à des unités conventionnelles appelées «drink» et ont établi une quantité minimale de «drink» qui serait sans risque pour la santé. En outre, ils ont également établi des liens entre l’espérance de vie et l’alcool consommé.

Ainsi il s’est avéré qu’une dose sans grave risque pour la santé humaine serait de 14 «drink» par semaineCela équivaut à environ six verres de vin ou à six pintes de bière. Il faut aussi faire une pause de deux jours entre chaque consommation d’alcool, poursuivent les scientifiques.

Vin bleu
© PHOTO. RENÉ LE BAIL
Ceux qui boivent régulièrement 18 «drink» ou plus par semaine verront leur espérance de vie se réduire de cinq ans en moyenne.

La consommation de 10 à 15 «drink» par semaine réduit la durée de vie d’un à deux ans.

Les scientifiques soulignent toutefois que toute dose d’alcool aura des effets néfastes pour la santé. Même une petite quantité, comme de 10 à 15 «drink» pendant sept jours coûtera six mois de vie, concluent-ils.

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Ce n’est pas « l’abus d’alcool » qui est dangereux, c’est l’alcool !

Une unité d’alcool représente 10g d’alcool pur, quelle que soit la boisson, pour un verre servi au bar ou au restaurant. A la maison, chez les amis, les doses peuvent être beaucoup plus généreuses !
Pour se faire une idée, sachez que une unité d’alcool correspond à :

Un demi de bière ou une bolée de cidre
Un verre de rosé, de sangria, une coupe de champagne (10cl)
Un apéritif (6 cl de porto, vermouth par ex.) à 20 degrés
Une dose (3cl) de whisky, de gin à 40 degrés
Une dose (2cl) de pastis ou de cognac, vodka à 45 degrés

L’eau, la glace pilée, le soda ou le jus de fruit que l’on ajoute ne changent pas la dose d’alcool.

Ex. Le mojito, c’est une dose de rhum
Un Bellini, une dose de champagne
Une vodka orange, une dose de vodka

Si le diluant est aussi alcoolisé, les unités s’additionnent

Un Spritz, une dose de prosecco (vin pétillant) et une dose d’apéritif
Un Manhattan, deux doses de whisky et une dose d’apéritif
Une margarita, deux doses d’alcool fort

Des repères par bouteille

Amusez-vous à compter un lendemain de fête :
Une bouteille de vin =7 unités
Une canette de bière à 5° = 1,5 unités ; Attention, la même canette à 10° = 4 unités
Une bouteille de whisky ou de digestif à 40° = 22 unités
Une bouteille de pastis à 45° = 25 unités

Que dit L’Organisation Mondiale de la Santé ?

pour les femmes, un maximum de 2 unités par jour
pour les hommes, un maximum de 3 unités par jour
Pas plus de 4 unités en une seule occasion
Au moins un jour par semaine sans alcool

Cas particuliers

0 alcool pour les enfants, même au mariage de la cousine !
Pour les femmes 0 alcool durant la grossesse et l’allaitement
Si vous êtes malade, sous traitement abstenez-vous

Alors, si vous avez forcé sur le rosé, pensez aux mocktails, au thé glacé, aux smoothies et autres jus, c’est toujours du sucre, mais sans alcool. Si c’est difficile, pensez à vous faire aider.

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2 verres d’alcool par mois pendant la grossesse suffiraient à réduire le QI de votre enfant

Futures mamans, soyez vigilantes avec l’alcool que vous consommez, même si vous pensez déjà l’être ! D’après une nouvelle étude de chercheurs allemands, même deux verres d’alcool par mois pendant votre grossesse peuvent avoir un impact sur le quotient intellectuel de votre bébé.

Les scientifiques de l’Université de l’Hôpital d’Erlangen, en Allemagne, se sont intéressés à 500 nouveaux-nés et plus particulièrement à leur taux d’éthylglucuronide , une molécule qu’on retrouve dans le foie quand il assimile de l’alcool.

Ils ont ensuite déterminé quel taux correspondait aux enfants dont les mères avaient bu environ deux verres par mois, et ils se sont aperçus, 6 ans plus tard, que les enfants qui avaient les taux d’éthylglucuronide les plus élevés avait un quotient intellectuel 4 points plus bas que ceux des enfants de mères qui ne consommaient jamais d’alcool.

Plus le taux augmente, plus le QI diminue, de même que les capacités de concentration de l’enfant.

Alcool et tabac : une réduction moyenne de leur consommation diminuerait considérablement la mortalité par cancer

Une nouvelle étude sur 20 ans démontre pour la première fois l’efficacité d’une réduction moyenne de la consommation d’alcool et de tabac sur le taux de mortalité par cancer. Une pierre dans le jardin du gouvernement.

Alcool et tabac : une réduction moyenne de leur consommation diminuerait considérablement la mortalité par cancerWAVEBREAKMEDIA/ISTOCK


Des chercheurs du Centre for Alcohol Policy Research (CAPR), en Australie, ont montré qu’une réduction de la consommation de tabac et d’alcool permettrait de diminuer considérablement les décès par cancer à l’échelle d’un pays.L’étude, publiée dans le Journal de l’American Medical Association, prolonge une étude publiée l’an dernier par le Dr Jiang et ses collègues qui avaient constaté que la réduction de la consommation d’alcool réduirait les taux de cancer du foie, de cancer du pancréas et de cancers ORL.

Une relation linéaire

Les chercheurs ont utilisé des données de santé et de consommation de ces produits remontant jusqu’aux années 1930 pour établir le lien entre les taux de tabagisme et de consommation d’alcool et la mortalité par cancer à l’échelle de la population.

Et il apparaît que fumer 500 grammes de tabac en moins par habitant et par an réduirait de 8% le nombre total de décès par cancer sur 20 ans. De même, boire trois litres d’alcool en moins par habitant et par an réduirait de 12% le nombre total de décès par cancer sur 20 ans. C’est 24 paquets de cigarettes et 40 bouteilles de vin par an.

Une preuve de l’impact sanitaire

Le Dr Jason Jiang, auteur principal de l’étude, a déclaré qu’il était important de comprendre l’impact considérable de cette étude sur la santé publique.
« Nous savions qu’il existait un lien étroit entre la consommation d’alcool et de tabac et le risque de cancer, mais peu d’études avaient examiné l’impact à l’échelle d’un pays », a déclaré le Dr Jiang. « Nous avons maintenant la preuve des avantages à long terme pour la santé d’adopter une approche collective pour réduire le tabagisme et la consommation d’alcool ».

Les politiques doivent passer à l’action

Contrairement à ce qui se passe en France, où des discussions sans fin au plus haut niveau de l’Etat sur la toxicité de l’alcool contenu dans le vin désespèrent les spécialistes, les décideurs politiques doivent désormais cesser de ménager les lobby des alcooliers.

Il est temps de passer les messages indispensables de santé publique sur le risque de cancer associé à une consommation de tabac et d’alcool : en réduisant la consommation d’alcool et de tabac, ce serait près d’un cancer sur 5 qui pourrait être évité !

Un manque de volonté sur le vin

Les preuves que l’alcool et le tabac augmentent le risque de décès avec 8 types de cancers sont désormais largement établies. L’alcool du vin n’est pas moins toxique que l’alcool de la bière ou du cognac. Même si nombre d’études suscitées par le lobby du vin disent le contraire.

Les politiques doivent travailler avec les acteurs de santé publique pour minimiser les effets néfastes sur la santé de ces comportements qui sont donc réellement à risque.

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Alcoolisme: Des médecins dénoncent le «cynisme» du plan de prévention du lobby de l’alcool

ADDICTION Dans une tribune publiée dans le journal « Le Monde » ce mardi, addictologues et des médecins dénoncent le « cynisme » du financement du plan gouvernemental de prévention de l’alcool par les lobbys du secteur…

Jeremy Vial  – Publié le 10/07/18

Alcool. Image d'illustration.
Alcool. Image d’illustration. — Svancara Petr—Petr Sva/AP/SIPA

La prévention de l’alcoolisme financée par le lobby du secteur passe mal. Dans un texte paru dans Le Monde ce mardi, divers spécialistes de santé ont dénoncé un texte présenté le 27 juin à l’Elysée, où le lobby de l’alcool proposait d’apporter son aide financière – à hauteur de 5 millions d’euros sur quatre ans – au plan de santé publique sur la prévention de l’alcoolisme.

« Son discours [du lobby] est d’une simplicité angélique : Laissez-nous faire ! Croyez-nous sur parole ! Dormez braves gens ! Faites confiance à notre sens des responsabilités ! », écrivent ainsi les signataires de la tribune. Ces derniers pointent du doigt le montant investi par le lobby de l’alcool dans ce plan de prévention de l’alcoolisme, mais aussi un conflit d’intérêts dans ce dossier.

Interpellés en février dernier par Emmanuel Macron, les producteurs et négociants de vins, spiritueux et bières avaient proposé, fin juin, de participer au financement des actions de prévention contre la dépendance à l’alcool, qui fait 135 morts par jour en France. Le lobby qui finance la prévention, l’annonce faisait l’effet d’une grande première dans l’Hexagone. Une décision qui avait enthousiasmé les uns, sans convaincre les autres.

Pour les spécialistes de santé réunis autour du texte relayé par Le Monde, l’objectif du lobby de l’alcool est avant tout « de créer un nuage de fumée, et d’empêcher toute politique de prévention efficace ». Parmi les signataires de la tribune figurent les addictologues Michel Reynaud et Amine Benyamina, la pneumologue Irène Frachon et l’épidémiologiste Catherine Hill. Ces derniers y voient le « cynisme d’un lobby qui ne cherche qu’à préserver ses propres intérêts, quelles qu’en soient les conséquences ». Pour rappel, la consommation d’alcool en France est l’un des plus élevés au monde avec 11,6 litres d’équivalent ­alcool pur par habitant en 2016, soit davantage que la Russie.

Plutôt 100 millions d’euros

Outre le « cynisme » des lobbyistes, les signataires de la tribune dénoncent le « conflit d’intérêts » que représente, selon eux, la présence d’Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l’Elysée. L’affaire avait été révélée puis détaillée par Mediapart. Avant de rejoindre les équipes d’Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau occupée le poste de déléguée générale du lobby du vin.

De plus, une partie du texte rédigé par les spécialistes de santé porte sur le financement de la prévention de l’alcoolisme. Ils épinglent notamment la « pingrerie » du lobby de l’alcool, qui « essaie de faire passer un financement hypothétique de la prévention de 5 millions d’euros pour un apport décisif, alors que les chiffres d’affaires cumulés de la filière se comptent en milliards. »

Enfin, les instigateurs de la tribune demandent plus de moyens avec la création « d’un fonds prévention alcool digne de ce nom », qui « bénéficie de la même dotation que le fonds tabac et soit sous la responsabilité du ministère de la Santé ». Un fonds tabac qui s’élève à 100 millions d’euros.

Pouvez-vous passer un mois sans alcool ? Vous devriez.

Selon une expérience réalisée par dix journalistes du New Scientist, ne pas consommer d’alcool pendant un mois permettrait une régénérescence plus rapide du foie. 
Ne pas consommer d'alcool durant un mois peut avoir des effets bénéfiques sur votre corps. © Shutterstock
Ne pas consommer d’alcool durant un mois peut avoir des effets bénéfiques sur votre corps. © Shutterstock

L’alcool déshydrate

Dix journalistes de la rédaction du New Scientist ont expérimenté les bénéfices sur leur corps du « dry January », une tendance qui consiste à ne pas consommer d’alcooldurant un mois. Bilan : après seulement un mois d’un régime sans alcool, ces jounalistes ont observé une baisse de 15% de la graisse hépatique de leur foie. 

Ne pas avaler une goutte d’alcool pendant un mois permet aussi d’éviter le phénomène de déshydratation provoqué par cette boisson. Plus hydraté, le corps conserve mieux les vitamines et octroie ainsi aux abstinents un regain d’énergie doublé d’un sommeil plus répateur. Après un mois sans alcool, le corps s’est également purgé de ses réflèxes additifs. Cela favorise alors une diminution de la consommation d’alcool dans les mois qui suivent.

L’alcool fait grossir 

L’alcool est calorique et sucré. Refuser d’en consommer durant un mois signifie donc perdre du poids et améliorer sa santé. Une baisse de 16% du glucose sangin et de 5% du cholestérol dans le sang a été observée chez les individus ayant tenté l’expérience. Leur tension artérielle a par ailleurs diminué. 

Néanmoins, cesser de boire de l’alcool durant un mois peut provoquer du stress, de l’anxiété voire la dépression de ceux qui en consomment régulièrement à hautes doses. Le cas échéant, consultez votre médecin pour discuter de votre addiction et bénéficier d’un traitement adapté à la diminution de votre consommation d’alcool.

Faites le test : Êtes-vous dépendant à l’alcool ?

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Le binge-drinking modifie le cerveau des adolescents

A l’adolescence, le cerveau n’est pas totalement formé. Une consommation excessive d’alcool ou binge-drinking modifierait sa structure et pourrait provoquer des retards de développement.

Une consommation excessive d’alcool, sous forme de binge-drinking altère l’activité cérébrale au repos, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience. Ces changements distinctifs dans l’activité cérébrale, peuvent indiquer un retard du développement du cerveau et être un signe précoce de lésions cérébrales.

Les chercheurs de l’université de Minho au Portugal ont mené une étude avec 80 étudiants espagnols pour comprendre si le cerveau au repos des étudiants adeptes du binge-drinking a montré des différences par rapport à celui d’un groupe témoin.

« Un certain nombre d’études ont évalué les effets du binge-drinkingchez les jeunes adultes au cours de différentes tâches cognitives comme la mémoire de travail et l’attention », a expliqué l’auteur Eduardo López-Caneda. « Il n’existe cependant presque aucune étude évaluant le cerveau des buveurs au repos, sans qu’ils ne se concentrent sur une tâche. »

UNE MODIFICATION DU CERVEAU

En attachant des électrodes au cuir chevelu des élèves, les scientifiques ont évalué l’activité électrique dans différentes régions du cerveau. Cette étude a montré des mesures significativement plus élevées de paramètres électrophysiologiques spécifiques, appelés oscillations bêta et théta, dans des régions cérébrales appelées lobe temporel droit et cortex occipital bilatéral. Ces changements pourraient indiquer une diminution de la capacité à répondre aux stimuli externes et des difficultés potentielles dans la capacité de traitement de l’information chez les jeunes qui boivent trop de et manière compulsive.

« Les cerveaux des adolescents continuent de se développer, ce qui signifie qu’ils pourraient être plus vulnérables aux effets de l’abus d’alcool. « Ces caractéristiques pourraient résulter des effets particulièrement nocifs de l’alcool sur les cerveaux jeunes qui sont encore en développement, peut-être en retardant les processus neuromaturatuels », explique López-Caneda.

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Alcool : la participation des lobbies à la prévention contre l’alcoolisme inquiète les médecins

Pour certains addictologues, les conflits d’intérêts empêchent les lobbies d’investir dans des mesures qui ont déjà prouvé leur efficacité.

La filière viticole va investir 2 millions d’euros dans le plan de prévention contre l\'alcoolisme.
La filière viticole va investir 2 millions d’euros dans le plan de prévention contre l’alcoolisme.

« Eliminer les stratégies qui ont fait leurs preuves »

La filière viticole doit ainsi investir 2 millions d’euros dans ce plan, quand les brasseurs et le secteur des spiritueux y injecteront près de 3 millions d’euros. Le document a été remis à Audrey Bourolleau, la conseillère Agriculture de l’Elysée, ancienne déléguée générale de Vin et Société [le lobby du vin, ndlr]. Pour le Pr Reynaud, celle-ci est un tremplin pour les lobbies : « Ils n’ont jamais participé aux négociations sur la stratégie de prévention nationale. Grâce à elle, ils ont remis leur dossier directement au président de la République. »

 

Cette contribution est faussement désintéressée pour le Pr Reynaud, qui estime que c’est une manière déguisée, pour les alcooliers, de placer leurs pions. Le psychiatre explique en effet que les seules méthodes qui fonctionnent en matière de prévention contre l’alcoolisme sont le contrôle de la vente aux mineurs et la fixation d’un prix minimum à l’unité. « Evidemment, ce sont les deux points du plan prévention initial que les lobbies n’ont pas repris. Ils éliminent les stratégies qui ont fait leurs preuves« , déplore-t-il.

« Les lobbies se donnent une image politique d’acteur responsable »

Leur contribution est par ailleurs minime : les alcooliers proposent d’injecter 5 millions d’euros dans le plan prévention, alors qu’ils en ont dépensé 600 pour la publicité et le marketing en 2016, d’après la Cour des comptes. Le Pr Reynaud note par ailleurs des blocages du côté des lobbies, qui se sont toujours vivement opposés à un agrandissement du pictogramme de prévention apposé sur les bouteilles. « Ils ont finalement accepté 3 mm de plus, mais ils ont bloqué la décision autant que possible« , indique le psychiatre.

De son côté, le président de Vin et Société Joël Forgeau assume sa méthode. « [L’Italie et l’Espagne] ont mis en place depuis des années des programmes de prévention co-construits avec les filières de producteurs. Nous préférons nous inspirer de leur modèle plutôt que de celui des pays du nord de l’Europe, qui utilisent l’arme fiscale et des discours moralisateurs excessifs » explique-t-il. Mais certains craignent que cet engagement soudain soit en réalité une manière d’empêcher un relèvement des prix de l’alcool, cheval de bataille de la Ligue nationale contre le cancer. « En agissant ainsi, les lobbies se donnent une image politique d’acteur responsable. Mais ils ne peuvent pas s’auto-réguler« , conclut le Pr Reynaud.

Prévention contre l’alcool : les addictologues corrigent Vin & Société

Prévention contre l’alcool : les addictologues corrigent Vin & Société

Le 27 juin, un plan de prévention contre la consommation d’alcool a été remis au Président de la République par Vin & Société, soient 558 000 acteurs de la filière vitivinicole. L’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (ANPAA) y voit « un coup de force, une provocation ». Et publie sa version « revue et corrigée ».

 Ce 27 juin, Vin & Société a remis au gouvernement « sa contribution au Plan National de Santé Publique Priorité prévention ». Les 7 mesures inscrites sont les suivantes :

  • – Faire mieux respecter l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs » ;
  • – Informer sur les risques liés à la conduite sous l’influence de l’alcool » ;
  • – « Intensifier la lutte contre le binge drinking » ;
  • – « Contribuer à la diffusion du message « zéro alcool » pendant la grossesse » ;
  • – « Promouvoir les comportements responsables auprès des consommateurs » ;
  • – « Améliorer la connaissance et la mise en œuvre de la consommation responsable auprès des futurs professionnels (de la filière vitivinicole ndlr) » ;
  • – « Améliorer l’autorégulation en matière de publicité et favoriser les bonnes pratiques » ;

Les corrections de l’ANPAA en termes de santé publique

Selon l’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie (ANPAA), « il n’y a eu aucune concertation, ni information formelle avec les acteurs de santé ». Autre point, « les objectifs affichés ne sont suivis d’aucun engagement précis, d’aucune contrainte ni interdiction qui permettrait des effets concrets ».

Opposé à ce « conflit d’intérêt », l’ANPAA publie une révision de cette contribution de Vin & Société

L’association y dresse un état des lieux précis de l’épidémiologie, énumère les mesures à mettre en place afin notamment pour la vente à emporter et les débits de boissons temporaires. Elle avance la nécessité d’interdire d’acheter de l’alcool aux caisses automatiques, de vendre de l’alcool à domicile et de faire la publicité de ces boissons sur internet. Autant de revendications absentes du le document fourni par Vin & Société.

Pour l’ANPAA, « ce “plan santé” des alcooliers est un camouflet à Santé Publique France et à l’Institut national du Cancer (INCa), dont les recommandations de leurs experts, publiées en mai 2017, sont balayées. Il est vrai qu’elles avaient le grand tort d’offrir un cadre précis et des propositions concrètes ».

Un lourd passif ?

Autre point, « l’ambiguïté » est bien réelle : la conseillère d’Emmanuel Macron à ce sujet*, Audrey Bourolleau, n’est autre qu’une ancienne déléguée générale de cette filière viticole. Pour rappel, le 2 février, l’association s’offusquait déjà de cette nomination. « De par leurs intérêts, ils ne peuvent avoir à cœur de dire toute la vérité sur les risques liés à la consommation d’alcool  ».

L’ANPAA réclame à ce jour un retour aux « sages recommandations de l’OMS. Les politiques de santé publique concernant l’alcool doivent être élaborées par des représentants de la santé publique, sans ingérence d’intérêts commerciaux ».

A noter : cette prévention constitue un enjeu de santé publique majeur quand on sait que les déboires de l’alcool coûte la vie à plus de 49 000 Français chaque année.

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