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Désormais plus de décès liés à la drogue qu’à l’alcool au volant sur les routes américaines

PUBLIÉ LE JEUDI 27 AVRIL 2017 À 13 H 48
Un conducteur automobile se prépare un joint de cannabis.
Un conducteur automobile se prépare un joint de cannabis. 

Les statistiques américaines révèlent que, pour la première fois, le nombre d’accidents mortels impliquant la consommation de drogue, majoritairement la marijuana, a été plus élevé que le nombre d’accidents mortels impliquant l’alcool.

Au Colorado, où la marijuana est légale, le nombre d’accidents liés au cannabis a bondi de 48 %, rapporte le US Data

Entre la drogue et les écrans, les jeunes ont fait leur choix

Selon le nouveau rapport de l’Observatoire français des Drogues et des toxicomanies (OFDT), les jeunes passent plus de temps devant les écrans et découvrent la drogue plus tard.

Addictions aux écrans

À tous les parents qui pensent que les écrans sont en train de prendre trop de place dans la vie des adolescents, sachez que cela peut les détourner de la drogue et de l’alcool, pendant un certain temps. Selon les données de l’OFDT, en 2014, en moyenne, les jeunes ont fumé leur première cigarette à l’âge de 14 ans (8 mois plus tard par rapport à 2014) et leur premier joint à 15,3 ans (4 mois plus tard).

Ce manque d’attrait pour l’alcool et les drogues s’expliquerait par une autre addiction : celle des écrans. De 2003 à 2015, la part des jeunes qui vont quotidiennement sur Internet est passée de 23 % à 83 %, selon le rapport. « La génération née entre 2000 et 2005 passe beaucoup plus de temps connectée aux écrans que la précédente, ce qui est de nature à éloigner ces jeunes d’un certain nombre d’opportunités de consommer, notamment hors du regard des adultes référents », souligne François Beck, directeur de l’Observatoire.

Changements de mode de vie

Mais ce n’est pas la seule explication. De plus en plus de parents ont décidé d’arrêter de fumer. Le jeune étant moins confronté à la cigarette au quotidien, il est moins tenté d’essayer. Cette modification du mode de vie se constate aussi avec l’alcool. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont mis en lumière les dangers de ces comportements pour la santé. Si les parents ont été touchés, il semblerait que les jeunes aussi.

« Les parents de ces jeunes-là sont eux-mêmes moins consommateurs que les générations précédentes », explique François Beck, sur France Info. « Or jusqu’à au moins 12-13 ans, le premier modèle des enfants, ce sont les parents. La prévention elle aussi fonctionne. Encore faut-il qu’on laisse les actions de prévention s’installer dans le temps. »

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Humour : Il n’ y a pas que chez l’homme que l’alcool agit !!

Voici les 5 substances les plus addictives du monde

PAR ERIC BOWMAN, CHARGÉ DE COURS EN PSYCHOLOGIE ET EN NEUROSCIENCES, UNIVERSITÉ DE ST ANDREWS (ÉCOSSE)

ACTUALITÉ
L’addiction, c’est une dépendance à un produit, qui rend « accro » au point qu’on ne parvient plus à s’en passer. Certaines substances très addictives sont des drogues illégales, mais pas toutes.

Quelles sont les drogues les plus addictives ? Cette question semble simple de prime abord, mais la réponse varie en fonction de votre interlocuteur. Selon que l’on interroge tel ou tel chercheur, le potentiel addictif d’une drogue sera jugé en fonction de différents critères : ses dangers pour la santé, son prix, sa capacité à activer le « circuit de récompense » dans le cerveau, le plaisir que les personnes qui la consomment y trouvent, la force des symptômes de manque en phase de désintoxication, et la facilité avec laquelle une personne qui commence à la consommer devient « accro ».

Il existe aussi d’autres critères pour mesurer le potentiel addictif d’une drogue, et certains chercheurs affirment même qu’aucune drogue n’est addictive en soi. En raison de ces points de vue divergents, il a semblé pertinent de demander à des panels d’experts de classer les drogues en fonction de leur caractère plus ou moins addictif. En 2007, David Nutt et ses collègues ont ainsi interrogé des experts en addictologie et ont fait d’intéressantes découvertes.

1. L’héroïne

Un champ de pavots en Birmanie. L’héroïne est une drogue opiacée, obtenue à partir de la morphine issue du latex du pavot à opium. (Photo : UNODC Myanmar/AFP)

L’étude de Nutt démontre que l’héroïne est la drogue la plus addictive de toutes, avec un score maximal de 3/3. Il s’agit d’un opiacé qui entraîne une augmentation de 200 % du niveau de dopamine dans le système de récompense du cerveau, comme l’ont prouvé les expériences menées sur des animaux de laboratoire.

En plus de ce facteur hautement addictif, le danger de l’héroïne vient aussi du fait que la dose létale est seulement 5 fois supérieure à la dose nécessaire pour obtenir un effet de « high ». L’héroïne est classée 2e en termes de nocivité en raison des dommages qu’elle peut causer à la fois aux consommateurs de cette drogue et à la société. Le marché des opiacés illégaux – y compris l’héroïne – était estimé à 68 milliards de dollars en 2009.

2. La cocaïne

La cocaïne consommée sous forme de crack est considérée comme
particulièrement dangereuse. (Photo : US DEA/Reuters)

La cocaïne interfère directement avec la façon dont le cerveau utilise la dopamine pour transporter des messages d’un neurone à l’autre. En résumé, la cocaïne empêche les neurones d’éteindre le signal de la dopamine. Il en résulte une augmentation anormale de l’activité des circuits de récompense du cerveau.

Dans les expériences menées sur les animaux, la cocaïne augmentait plus de 3 fois les niveaux de dopamine par rapport au niveau normal. On estime que 14 à 20 millions de personnes consomment de la cocaïne à travers le monde et que le marché de la cocaïne s’élève environ à 15 milliards de dollars.

Selon les experts, la cocaïne consommée sous forme de crack est la 3e drogue la plus dangereuse tandis que la cocaïne sous forme de poudre, qui provoque un « high » moins prononcé, est classée 5e.

Environ 21 % de ceux qui essaient la cocaïne en deviennent dépendants à un moment de leur vie. La cocaïne ressemble à d’autres stimulants provoquant une dépendance, comme la méthamphétamine – qui pose de plus en plus problème, car elle est de plus en plus disponible – et l’amphétamine.

3. La nicotine

La nicotine contenue dans le tabac des cigarettes est la troisième
plus grande source d’addiction dans le monde.
(Photo : Srdjan Zivulovic/Reuters)

La nicotine est le principal ingrédient addictif du tabac. Quand quelqu’un fume une cigarette, la nicotine est rapidement absorbée par les poumons et acheminée vers le cerveau. Les chercheurs ont classé la nicotine comme la troisième substance la plus addictive.

Plus des deux tiers des Américains qui ont essayé de fumer ont déclaré qu’ils étaient devenus dépendants de la cigarette à un moment de leur vie. En 2002, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait qu’il y avait plus d’un milliard de fumeurs et on prévoit que le tabac tuera 8 millions de personnes chaque année d’ici à 2030.

Les animaux de laboratoire sont assez futés pour ne pas fumer. Cependant, les rats soumis à des expériences en laboratoire appuient sur un bouton pour recevoir une dose de nicotine directement dans le sang – et cela provoque une augmentation de 25 à 40 % des niveaux de dopamine dans leur système de récompense.

4. Les barbituriques (anciens somnifères)

La dépendance aux barbituriques était fréquente quand ces
médicaments étaient prescrits couramment.
(Photo d’illustration : Fotolia)

Les barbituriques sont une classe de médicaments initialement utilisés pour traiter l’anxiété et favoriser le sommeil, par exemple le Gardenal. Ils interfèrent avec les signaux chimiques du cerveau, avec l’effet d’« éteindre » différentes régions du cerveau. À de faibles doses, les barbituriques causent une certaine euphorie, mais à des doses plus élevées ils peuvent être mortels, car ils inhibent les réflexes de respiration.

La dépendance aux barbituriques était plus fréquente lorsque ces médicaments étaient prescrits couramment, mais elle a diminué de façon spectaculaire quand ils ont été remplacés par d’autres médicaments, essentiellement les benzodiazépines (Lexomil, Xanax, Valium…). Cela met en évidence le rôle du contexte dans la dépendance : si un médicament addictif n’est plus disponible, il ne peut plus nuire. Les chercheurs de l’étude de Nutt ont classé les barbituriques au 4e rang des substances les plus addictives.

5. L’alcool

22 % des personnes qui ont déjà « bu un verre » développent
une dépendance à l’alcool à un moment de leur vie.
(Photo d’illustration : Marc Ollivier/archives Ouest-France)

La consommation d’alcool – légale dans de nombreux pays – a été notée 1,9 sur un maximum de 3 par l’équipe de Nutt. Il a pour effet principal d’augmenter les niveaux de dopamine dans le système de récompense du cerveau de 40 à 360 % – dans les expériences menées sur des animaux. Plus ils boivent, plus leur niveau de dopamine augmente.

Quelque 22 % de ceux qui ont « bu un verre » développent une dépendance à l’alcool à un moment de leur vie. L’OMS a estimé que 2 milliards de personnes avaient consommé de l’alcool en 2002 et que plus de 3 millions de personnes sont mortes des suites d’une consommation excessive en 2012. L’alcool a également été classé comme la substance la plus dangereuse au monde par d’autres experts.

La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.

The ConversationSource (Ouest France)

Le cannabis en cause dans près de 10 % des accidents mortels (Le Progrès)

Une campagne de prévention sur l’usage des stupéfiants au volant a été lancée. En France, la consommation de cannabis est impliquée dans près d’un quart des accidents mortels. Les statistiques montrent que la Haute-Loire n’est pas épargnée. L’année 2017 pourrait conduire à une hausse des infractions.

Les tests salivaires décèlent la présence de stupéfiants chez les conducteurs, notamment la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, l’amphétamine ou l’ecstasy.  Photo illustration Le ProgrèsLes tests salivaires décèlent la présence de stupéfiants chez les conducteurs, notamment la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, l’amphétamine ou l’ecstasy. Photo illustration Le Progrès

En Haute-Loire, on relève la présence de stupéfiants, essentiellement du cannabis, dans 8,2 % des accidents mortels (dont 4,9 % en présence d’alcool) et dans 4,4 % des accidents corporels (dont 1,7 % en présence d’alcool). L’alcool et la vitesse sont les deux premières causes de décès sur les routes. La proportion des accidents corporels et des accidents mortels avec alcool est supérieure aux valeurs nationales de référence. Dans le département, elle est de 16 % concernant les accidents corporels contre 10,9 % en France. La proportion fait un bon à propos des accidents mortels : 35,4 % en Haute-Loire et 28,9 % en France.

2. Toujours plus d’infractions

L’activité des forces de l’ordre sur le bord des routes du département a permis « de relever au cours des dernières années une augmentation des infractions alcool et stupéfiants », soulignent les services de la préfecture de la Haute-Loire. Ainsi, au 30 septembre, cette année, les gendarmes et les policiers ont procédé à 70 455 dépistages alcool (64 755 en 2015 sur la même période ; +8,8 %) pour 729 infractions relevées (683 en 2015 ; +6,7 %) et à 320 dépistages stupéfiants (234 en 2015 ; +36,8 %) et 173 positifs (162 en 2015 ; +6,8 %).

Sur l’ensemble de l’année 2015, il y a eu 91 248 dépistages alcool pour 955 infractions relevées et 379 dépistages stupéfiants dont 224 se sont avérés positifs. En 2014, on relate moins de dépistages alcool (87 162, 867 infractions) et moins de dépistages stupéfiants (325, et 155 positifs).

3. Les dépistages bientôt simplifiés

« Le temps gagné par les forces de l’ordre avec cette généralisation permettra ainsi de multiplier les contrôles et de mieux lutter contre l’insécurité routière », expliquent les services de l’État. Jusqu’à présent, pour vérifier si un conducteur a usé de stupéfiants, les forces de l’ordre le soumettent à un dépistage salivaire. S’il est positif, l’individu est transporté auprès d’un médecin pour un prélèvement sanguin, la plupart du temps aux urgences d’un hôpital. Ceci est toutefois très chronophage et les pertes de temps sont légions.

En 2017, une nouvelle méthode déjà testée sera lancée. Le prélèvement salivaire de confirmation sera généralisé. Les forces de l’ordre n’auront plus à se déplacer. Le nouveau prélèvement salivaire de confirmation sera réalisé directement en bord de route quelques instants après le dépistage déclaré positif.

4. Et à l’avenir ?

Les difficultés liées à la prise en charge des conducteurs positifs peuvent sans doute expliquer le faible nombre de tests de consommation de drogues par rapport à l’alcool. Pourtant, le nombre de dépistages stupéfiants effectués est jugé « plutôt élevé » par un gendarme altiligérien rompu aux contrôles routiers. « Les tests sont également effectués en fonction de l’approvisionnement en appareil. » Cela coûte cher, bien plus que pour un contrôle d’alcoolémie, où seule la pipette dans laquelle les automobilistes soufflent est à changer à chaque fois. Peut-être, qu’à l’avenir, si les technologies permettent de confirmer avec précision la consommation de drogues sans perdre son temps à emmener le conducteur effectuer une prise de sang, les infractions connaîtront un boom. Un gendarme souffle : « J’en suis persuadé. »

Damien Nore
damien.notre@leprogres.fr

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Addictions: l’expertise reconnue des anciens malades (Le Figaro)

Une dizaine de personnes sorties de la dépendance viennent de recevoir le premier diplôme universitaire validant leur statut de «patient-expert».

Vincent a connu l’enfer de la dépendance pendant vingt-cinq ans. «Dix ans d’héroïne, dix ans de cocaïne et enfin, l’alcool, énumère-t-il d’un ton neutre. J’ai essayé de décrocher de nombreuses fois avant de trouver enfin une structure me correspondant.» Depuis bientôt trois ans, il n’a plus touché à rien. Devenu bénévole pour l’association qui l’a accompagné dans son sevrage, cet ex-agent immobilier a rapidement souhaité faire de la prévention en milieu scolaire son métier. «Mais mon responsable avait besoin que j’aie un diplôme universitaire. Je suis tombé sur le DU de Paris Sud, j’ai trouvé ça passionnant.»

Fraîchement diplômé, il se félicite de ce «cadeau mérité». «J’ai arrêté les études en terminale, je n’ai pas eu mon bac: à l’époque, j’étais déjà consommateur de drogue. Alors ce diplôme, même à 53 ans, c’est une grande fierté. J’ai énormément travaillé, certaines notions médicales étant difficiles à maîtriser. C’est la valorisation de ma reconstruction.»

Première promotion mondiale

Avec huit autres personnes ayant connu les affres de la dépendance destructrice, Vincent forme la toute première promotion française, et même mondiale, de «patients-experts»diplômés en addictologie. L’idée de créer un diplôme universitaire pour des malades chroniques investis auprès de leurs pairs, afin d’élargir et valider leurs compétences dans l’accompagnement et la représentation des malades notamment, est une innovation française lancée en 2009 au sein de l’université Pierre et Marie Curie à Paris.

À peine sept ans plus tard, le modèle commence déjà à essaimer puisque c’est dans un autre établissement, l’université Paris Sud, qu’a été créée, à l’initiative du Fonds Actions Addictions, la formation de «Reconnaissance des compétences du patient expert dans les addictions».

«Une parole plus forte»

Le monde de l’addictologie y a vu une opportunité pour mieux faire entendre ses besoins. «L’addiction est encore souvent associée à la notion de péché, déplore Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions. C’est une maladie qui suscite moins d’empathie que d’autres. J’espère qu’en étant reconnus comme patients-experts, avec des connaissances fiables et non critiquables, les personnes diplômées porteront une parole plus forte auprès des institutions et des autorités.»

Le programme de ce DU est en grande partie le même que celui qui était déjà proposé aux médecins ou infirmiers: formation aux différentes addictions (alcool et drogue bien sûr, mais aussi jeux, sexe, psychotropes…), thérapies possibles, neurobiologie, pharmacopée… Les étudiants ont suivi des cours via une plateforme Internet et validé le tout par des examens.

«Gage de sérieux»

«Ça m’a permis d’apprendre de nouveaux savoir-faire et de formaliser des choses que je savais déjà par l’expérience», résume une autre diplômée. Chantal a sombré dans l’alcoolisme il y a une trentaine d’années quand son couple s’est mis à aller mal. Six ans de dépendance forte, marqués par la honte et le secret. Elle s’en est sortie grâce à l’association La Croix-Bleue, dont elle est devenue d’abord bénévole, puis, grimpant les échelons, responsable régionale pour le sud-est de la France.

Âgée de 59 ans aujourd’hui, elle caresse le projet d’ouvrir un jour un centre de cure pour les femmes. Son nouveau diplôme, «gage de sérieux», sera un atout. «Le statut de patient-expert va leur permettre de mieux collaborer avec certains acteurs, notamment les assistantes sociales, qui mettent parfois en doute leur sérieux», confirme Jean-Paul Tomczak, président de la Camerup, coordination de cinq associations cumulant 100.000 membres, qui a cofinancé la formation de certains étudiants.

«Visibles et formés»

Les débouchés ouverts aux patients diplômés en addictologie sont divers: accompagnement des patients dans les centres, les hôpitaux et les associations, formation professionnelle y compris de soignants, et représentation des intérêts des malades et de leurs proches auprès des instances décisionnaires (agences régionales de santé, hôpitaux…).

«Ce DU leur donne un label de sérieux: plus les patients seront visibles et formés, moins on pourra leur dire qu’ils sont militants et pas compétents», explique le Pr Reynaud. La formation théorique vise aussi à compléter les connaissances acquises par l’individu souvent de façon empirique, au gré de son parcours. «Certaines associations sont attachées à une méthode particulière comme l’abstinence, alors que la recherche médicale montre qu’on peut aussi viser une consommation maîtrisée, illustre Michel Reynaud. D’autres associations revendiquent une dimension spirituelle, voire religieuse, qui peut s’avérer très utile pour certains malades mais peut être en décalage avec le monde laïc et scientifique des soignants. Nous souhaitons apprendre aux diplômés qu’il existe plusieurs réponses possibles à une situation.»

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Accident de Rouen : Le conducteur était ivre et sous cannabis

Quatre morts dans un accident à Rouen : les analyses viennent de révéler que le conducteur était sous cannabis et alcool.
Accident de Rouen : Le conducteur était ivre et sous cannabis
La terrible collision a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 janvier Janvier

L’accident de la route qui avait fait quatre morts et deux blessés graves à la mi-janvier dans le centre de Rouen (lire nos éditions précédentes) a été favorisé par la forte consommation d’alcool et de cannabis du conducteur, a-t-on appris hier vendredi auprès du parquet de Rouen.

Agé de 34 ans, le chauffeur qui était au volant d’une Renault Safrane avec cinq passagers, tous des jeunes gens d’une vingtaine d’années, conduisait avec 2,5 g d’alcool dans le sang et un taux de tetrahydrocannabinol (THC) de 17,9 nanogrammes (ng, milliardièmes de g), dénotant une prise particulièrement importante de cannabis. La consommation de cannabis est établie à partir de 1 ng. Les obsèques de ce trentenaire ont été célébrées lundi dernier dans une commune de l’agglomération de Rouen.

Le conducteur avait perdu le contrôle de son véhicule dans une descente, sur un boulevard du nord de la ville et avait percuté un platane, vers 5 h du matin le samedi 16 janvier. Le choc avait été si violent que le bloc moteur s’était détaché, avait frôlé une voiture arrivant en sens inverse et avait été retrouvé de l’autre côté de la chaussée.

Deux jeunes filles figuraient parmi les quatre personnes décédées sur le coup, dont le conducteur. Le passager avant et un passager arrière avaient été transportés dans un état très grave aux urgences du CHU de Rouen. « L’un est sorti du coma mais ne se souvient plus de rien et l’autre est toujours entre la vie et la mort », indique hier le procureur-adjoint Etienne Thieffry.

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Match Cannabis contre Tabac : 2 à 1   une erreur d’arbitrage du professeur Dautzenberg.

Professeur Jean Costentin, président du CNPERT.*

Nous étions, au Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT), jusqu’à ces jours derniers, en total accord avec l’action développée contre le tabagisme par le professeur Dautzenberg. Comme lui, nous savons les drames que collectionne le tabac, avec ses 78.000 morts annuelles en France et les très fréquentes atteintes à la qualité de vie de ceux qui n’en meurent pas,  victimes  d’artérites, d’angor, de séquelles d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux, les perturbations de la grossesse et leurs conséquences pour l’enfant qui en naitra… L’étendue de ce désastre tabagique est évidemment en relation avec la licéité de cette drogue, qui recrute 13 millions de fumeurs !

Les jeunes débutent de plus en plus tôt leur consommation de tabac et, quand l’addiction est installée, une proportion notable d’entre eux y adjoignent la résine de cannabis. A la toxicité du tabac s’ajoute alors celle du cannabis. Nombre de leurs méfaits physiques, qui sont de même nature, s’additionnent voire même se potentialisent. La résine du cannabis, présente sur la plante (« herbe », « beuh », « marijuana ») ou ajoutée au tabac (« haschich », « shit ») accroit de 200°C la température de combustion de l’élément végétal (tabac ou chanvre indien),  poussant plus loin la décomposition thermique du végétal (sa pyrolyse), engendrant 7 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, et davantage d’oxyde de carbone (CO).  Mr. Dautzenberg  sait cela, mais il n’en tient pas compte quand, pour réduire la consommation du tabac, il envisage de la transférer sur celle du cannabis. Ces jeunes gens, mais aussi des sujets plus âgés, ne sont pas dans le  choix entre tabac ou cannabis, mais dans l’association tabac et cannabis ; soit qu’ils les consomment simultanément (« joints ») ou bien alternativement (la succession de cigarettes du seul tabac étant ponctuée de quelques « pétards »).

La culture pneumologique du Pr. Dautzenberg parait cloisonnée. Il semble en effet ignorer les méfaits cérébraux / psychiques / psychiatriques, multiples et graves, du cannabis. Certains effets du THC (tétrahydrocannabinol) sont à l’opposé de ceux de la nicotine.  Si ce n’était l’épouvantable toxicité somatique du tabac (que partage le cannabis), les effets centraux de sa nicotine sont globalement positifs : accroissement de l’éveil, de l’attention, stimulant / psychoanaleptique,  à un certain degré anxiolytique, tirant l’humeur vers des étiages plus élevés (pour ne pas dire antidépresseur). Rien de tel, tant s’en faut, avec le THC ; en particulier pour les jeunes cerveaux : la perturbation de la maturation neuronale  peut induire, décompenser ou aggraver la schizophrénie. L’ivresse, la désinhibition, la perturbation de l’équilibre et de la coordination des mouvements, font mauvais ménage avec la conduite des véhicules à moteur et certaines activités professionnelles ; au moins 300 mort par an sont imputés sur la route à ce seul cannabis, tandis que l’association cannabis-alcool multiplie par 15 le risque d’accident mortel ; en deçà de ces morts, que de blessés, que d’handicapés à vie ! Les effets déplorables du THC sur l’attention, l’éveil, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, i.e. une culture, une éducation) expliquent largement les désastreuses performances éducatives des élèves français (27ième rang du classement PISA). Ils sont les premiers consommateurs de cannabis parmi les 28 Etats membres de la communauté européenne. Cette drogue, pourtant illicite,  est parvenue à rendre dépendants 1.600.000 des nôtres. Alors « Stop ou encore » ?

Dans la compétition internationale que représente la mondialisation, sorte de jeux olympiques de l’intelligence individuelle et collective, le cannabis constitue un handicap idéal, pour nos compétiteurs, qui doivent espérer une encore plus grande diffusion chez nos concitoyens. Ce THC, au long cours, est aussi responsable d’anxiété, de dépression (comportant en embuscade le risque suicidaire, qui s’est accru chez nos jeunes d’une façon corrélée avec  l’accroissement de leur consommation de cannabis).

La légalisation d’une drogue ne calme pas les sujets transgressifs ; elle les contraint surtout à effectuer la transgression au niveau d’une drogue encore plus dure : La cocaïne ? Les amphétaminiques ? Les morphiniques ? Monsieur Dautzenberg devra bientôt faire part de ses préférences ; on peut imaginer que sa logique cloisonnée lui fera choisir celle(s) qui ne se fume(nt) pas.

Substituer à la nicotine le THC, dans l’espoir de faire baisser la consommation du tabac, rappelle l’énorme erreur que commit S. Freud, pour délivrer son ami Fleish, de sa dépendance aux opiacés. Il lui prescrivit de la cocaïne,  ajoutant à la dépendance morphinique, la dépendance cocaïnique avec, en prime, l’éclosion d’un état psychotique et la mort prématurée de son pauvre ami.

Libérer le cannabis, fera exploser sa consommation vers le chiffre des quatre millions d’alcoolo-dépendants (l’alcool étant aussi drogue licite) et pourquoi pas vers les treize millions de sujets dépendants du tabac…

Sur l’échelle des drogues, il faut briser les échelons du bas, celui de l’alcool, celui du tabac, pour rendre plus difficilement accessibles, les échelons du dessus, à commencer par celui du cannabis.

Vous croyez, monsieur Dautzenberg, à une corrélation entre la réduction du tabac et la légalisation du cannabis. Vous ne ferez pas baisser la consommation du tabac mais vous ferez exploser celle du cannabis. Vous y gagnez aujourd’hui les applaudissements nourris de tous ceux qui attendent impatiemment cette légalisation mais, si votre proposition était retenue, vous devrez assumer les conséquences très néfastes de l’aggravation de la pandémie cannabique. .

*Auteur de :« Halte au cannabis » Ed. Odile Jacob (2007 )

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » Ed. Odile Jacob (2012)

Alcool et cannabis, pourquoi les ados sont vulnérables

Boire et consommer des psychotropes fait partie des usages de beaucoup de jeunes. Il ne faut toutefois pas les banaliser, surtout que des moyens de prévention existent pour contrer les dérives.

Depuis une dizaine d’années, la consommation d’alcool, de cannabis et autres substances problématiques stagne voire diminue chez les adolescents. Néanmoins, ils sont encore un sur deux à avoir au moins une fois consommé un produit illicite et tous ont consommé de l’alcool.

L’adolescence est une période de grande vulnérabilité. La puberté se caractérise par d’importantes transformations biologiques (apparition des caractères sexuels secondaires – poils, seins, etc. –, croissance, changements cérébraux), psychologiques et sociales. Si les adolescents sont tentés par des substances interdites, c’est d’abord par curiosité et par goût des expérimentations en tout genre. Cette recherche de sensations nouvelles naît d’un besoin de se réapproprier un cerveau en proie à de grands remaniements émotionnels, à des sentiments extrêmes et à une grande impulsivité.

Mais pas seulement. «L’adolescence est le temps de la passion et de la séparation. La relation de dépendance aux parents fait place à d’autres dépendances (à un comportement, un objet, une substance) mais rarement à une personne. Car les jeunes se raccrochent à quelque chose qu’ils peuvent, ou croient pouvoir, maîtriser», explique le Dr Philippe Stephan, codirecteur de l’unité Départ au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), qui œuvre dans le domaine des addictions adolescentes. Consommer de l’alcool, du cannabis ou du tabac (rarement d’autres drogues) s’inscrit donc dans un contexte de rupture psychoaffective d’avec l’enfance. Un contexte de maltraitance, un traumatisme, une dépression ou une grande difficulté à élaborer ses émotions peuvent également favoriser ces conduites.

Une partie des adolescents consomme ces produits de manière récréative dans un contexte festif, plus ou moins fréquemment selon les cas. L’euphorie ressentie leur permet de s’intégrer au groupe et de tester de nouvelles identités. Parfois, la consommation est plus régulière. Fumer des joints, par exemple, est la solution trouvée pour faire baisser la pression qui repose sur eux (réussite scolaire, choix d’un métier, gestion de l’argent, déplacements), pour calmer les angoisses, ralentir le flot des pensées et canaliser les émotions. Cette prise de risque est aussi une forme d’autonomisation, où le jeune a l’impression de choisir ses règles et de fixer ses limites.

Quelles qu’en soient les raisons, la consommation devient problématique quand elle retentit sur les résultats scolaires, provoque des conflits avec la famille, l’école et entraîne des ruptures. Et quand elle se transforme en une véritable dépendance, ce qui ne représente qu’une minorité des cas. «L’addiction se caractérise par une relation intense et exclusive avec un produit. Une conduite plutôt solitaire qui donne au jeune une sensation de maîtrise alors que tout le reste lui échappe. Une fois mise en place, la consommation n’est plus un plaisir mais une nécessité qui tourne sur elle-même», décrit le Dr Stephan. La substance absorbée agit sur le centre du plaisir dans le cerveau par une augmentation de la libération de dopamine. A force, ces molécules court-circuitent les pensées «normales» et induisent des changements en favorisant les circuits à la base du comportement addictif. Un nouveau système neurobiologique se met en place.

A partir de combien de verres ou de combien de joints la consommation est-elle problématique? «Chez l’adolescent, nous allons nous intéresser aux quantités, mais aussi à la fréquence et aux modes de consommation, à la fonction de celle-ci, aux effets qu’il en attend ainsi qu’au contexte global dans lequel elle s’inscrit, répond Kathia Bornand, intervenante socio-éducative à l’unité Départ. Pour l’alcool, la façon de boire, le nombre de verres absorbés à la suite dans une même soirée, par exemple, sont des indicateurs des risques pris et des effets attendus.»

Prise en charge interdisciplinaire

Dans le programme Départ, la prise en charge est globale et interdisciplinaire. Intervenants socio-éducatifs, infirmières, psychologues ou psychiatres évitent de se focaliser sur le produit – perçu par le jeune comme une solution à ses difficultés – pour s’intéresser surtout à sa personne. Car très souvent la consommation n’est qu’une partie du problème. Il s’agit donc d’évaluer d’abord la situation sur la durée, comprendre ce qui le pousse à adopter des comportements à risque (équilibre psychique, dynamique familiale, cadre social, etc.), et voir quels en sont les retombées sur sa vie. L’accompagnement se fait toujours avec deux professionnels – qui peuvent confronter leurs points de vue et se soutenir – et directement dans la vie du jeune, selon les difficultés rencontrées (travail, école, famille, justice). Ces interventions ont pour but de l’aider à affronter le monde, à valoriser ses ressources et à lui redonner du pouvoir sur sa vie en créant des expériences positives.

Un repérage précoce est indispensable pour estimer l’ampleur de la situation et prévenir les conséquences d’une consommation problématique. Mais aussi parce qu’on sait qu’une consommation précoce est l’un des facteurs de risque majeurs d’une addiction future. Heureusement, seule une faible proportion des adolescents développe une dépendance à l’âge adulte. «Tous les fumeurs de joints ne deviennent pas toxicomanes! Beaucoup de jeunes arrêtent d’un jour à l’autre», conclut Kathia Bornand.

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