Le cannabis en cause dans près de 10 % des accidents mortels (Le Progrès)

Une campagne de prévention sur l’usage des stupéfiants au volant a été lancée. En France, la consommation de cannabis est impliquée dans près d’un quart des accidents mortels. Les statistiques montrent que la Haute-Loire n’est pas épargnée. L’année 2017 pourrait conduire à une hausse des infractions.

Les tests salivaires décèlent la présence de stupéfiants chez les conducteurs, notamment la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, l’amphétamine ou l’ecstasy.  Photo illustration Le ProgrèsLes tests salivaires décèlent la présence de stupéfiants chez les conducteurs, notamment la cocaïne, l’héroïne, le cannabis, l’amphétamine ou l’ecstasy. Photo illustration Le Progrès

En Haute-Loire, on relève la présence de stupéfiants, essentiellement du cannabis, dans 8,2 % des accidents mortels (dont 4,9 % en présence d’alcool) et dans 4,4 % des accidents corporels (dont 1,7 % en présence d’alcool). L’alcool et la vitesse sont les deux premières causes de décès sur les routes. La proportion des accidents corporels et des accidents mortels avec alcool est supérieure aux valeurs nationales de référence. Dans le département, elle est de 16 % concernant les accidents corporels contre 10,9 % en France. La proportion fait un bon à propos des accidents mortels : 35,4 % en Haute-Loire et 28,9 % en France.

2. Toujours plus d’infractions

L’activité des forces de l’ordre sur le bord des routes du département a permis « de relever au cours des dernières années une augmentation des infractions alcool et stupéfiants », soulignent les services de la préfecture de la Haute-Loire. Ainsi, au 30 septembre, cette année, les gendarmes et les policiers ont procédé à 70 455 dépistages alcool (64 755 en 2015 sur la même période ; +8,8 %) pour 729 infractions relevées (683 en 2015 ; +6,7 %) et à 320 dépistages stupéfiants (234 en 2015 ; +36,8 %) et 173 positifs (162 en 2015 ; +6,8 %).

Sur l’ensemble de l’année 2015, il y a eu 91 248 dépistages alcool pour 955 infractions relevées et 379 dépistages stupéfiants dont 224 se sont avérés positifs. En 2014, on relate moins de dépistages alcool (87 162, 867 infractions) et moins de dépistages stupéfiants (325, et 155 positifs).

3. Les dépistages bientôt simplifiés

« Le temps gagné par les forces de l’ordre avec cette généralisation permettra ainsi de multiplier les contrôles et de mieux lutter contre l’insécurité routière », expliquent les services de l’État. Jusqu’à présent, pour vérifier si un conducteur a usé de stupéfiants, les forces de l’ordre le soumettent à un dépistage salivaire. S’il est positif, l’individu est transporté auprès d’un médecin pour un prélèvement sanguin, la plupart du temps aux urgences d’un hôpital. Ceci est toutefois très chronophage et les pertes de temps sont légions.

En 2017, une nouvelle méthode déjà testée sera lancée. Le prélèvement salivaire de confirmation sera généralisé. Les forces de l’ordre n’auront plus à se déplacer. Le nouveau prélèvement salivaire de confirmation sera réalisé directement en bord de route quelques instants après le dépistage déclaré positif.

4. Et à l’avenir ?

Les difficultés liées à la prise en charge des conducteurs positifs peuvent sans doute expliquer le faible nombre de tests de consommation de drogues par rapport à l’alcool. Pourtant, le nombre de dépistages stupéfiants effectués est jugé « plutôt élevé » par un gendarme altiligérien rompu aux contrôles routiers. « Les tests sont également effectués en fonction de l’approvisionnement en appareil. » Cela coûte cher, bien plus que pour un contrôle d’alcoolémie, où seule la pipette dans laquelle les automobilistes soufflent est à changer à chaque fois. Peut-être, qu’à l’avenir, si les technologies permettent de confirmer avec précision la consommation de drogues sans perdre son temps à emmener le conducteur effectuer une prise de sang, les infractions connaîtront un boom. Un gendarme souffle : « J’en suis persuadé. »

Damien Nore
damien.notre@leprogres.fr

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