Recherche

Catégorie

Drogues

Lutte contre les drogues : Bilan 2022

«Drogue: la mexicanisation de la France»

Par Yves Thréard

Fusillades en plein centre-ville, toxicomanes errant de parc en parc, saisies records de cocaïne dans les ports… Dans tout le pays, la consommation et le trafic de drogues font des ravages.

Le jeune homme avait 16 ans. Il est tombé, le 1er avril, sous les balles de ses tueurs, à deux pas du Vieux-Port. Il est l’une des dernières victimes de la guerre sans merci que se livrent les gangs de la drogue à Marseille. Une ville qui n’en peut plus de voir son nom associé au narcotrafic.

À chaque règlement de comptes, l’émoi est immense, mais rien ne change, en attendant les prochaines fusillades. Les cinq dernières ont eu lieu dans la nuit de mercredi: quatre blessés, dont un adolescent. Rien ne change, sauf l’ampleur du fléau. Celui-ci touche de plus en plus de mineurs et n’est plus cantonné aux quartiers réputés dangereux de la Cité phocéenne. Il s’exporte partout, et partout met en danger les honnêtes gens.

Cette inquiétante évolution est celle de toute la France, en butte à des arrivées de stupéfiants également massives depuis les ports d’Anvers, d’Amsterdam ou du Havre et, par les airs, en provenance de Guyane. L’éventail des substances s’est considérablement élargi avec l’apparition des produits de synthèse à forte dangerosité. Cette économie souterraine en plein développement a pesé, en 2022, près de 5 milliards d’euros, plus que l’achat de livres!

À lire aussi «Ma mère m’interdit de me déplacer seule»: à Marseille, la violence des narcotrafiquants mine tous les quartiers

Les mafias, dont les parrains résident souvent à l’étranger, recrutent une main-d’œuvre non seulement toujours plus jeune, mais aussi prête à déménager pour des emplois de guetteur ou de livreur payés 100 euros la journée: désormais, 40 % des mineurs présentés à la justice marseillaise pour trafic de stupéfiants ne sont pas des «locaux». Inutile de préciser que les «risques du métier» sont immenses (brimades, enlèvements, meurtres) et que l’exploitation de ces salariés au noir relève de la traite des êtres humains. Aujourd’hui, même les départements ruraux sont en proie à la vendetta, qui a pris l’ensemble du territoire en otage!

Emmanuel Macron avait fait de la traque du trafic de drogue, principal moteur de la délinquance, un cheval de bataille de sa campagne. Dans la foulée, Gérald Darmanin promettait une opération coup-de-poing toutes les deux heures. Un an après, la mexicanisation de la France est pourtant en marche…

Voir la vidéo

Source

LES ENTREPRENEURS CHARENTAIS À L’ÉPREUVE DES STUPS AU TRAVAIL

Les entrepreneurs charentais à l’épreuve des stups au travail

 6

Par Jean-François BARRÉ – jf.barre@charentelibre.fr, publié le 4 juin 2023

Le phénomène, difficile à évaluer et à quantifier précisément, inquiète les chefs d’entreprise. La confédération des PME organise une rencontre sur le sujet Pour comprendre et prévenir.

Ça peut tous nous arriver ». Thierry Grandières est tombé des nues quand l’un de ses salariés s’est retrouvé sans permis pour huit mois. Positif aux stups sur un contrôle. « Confronté au fait pour la première fois. On doit s’adapter à la situation. Et ce qui nous a interpellés derrière le contrôle d’une personne en ébriété ou sous l’emprise de stupéfiants, c’est que doit-on faire, qu’est-ce qui existe dans le code du travail. ».

Thierry Grandières est patron de deux PME dans l’aménagement de locaux, adhérent à la CPME, la confédération des petites et moyennes entreprises. Il a parlé de son histoire à d’autres chefs d’entreprise. Il s’est rendu compte qu’il n’était « pas le seul ». Deux autres dirigeants lui ont fait part de leurs préoccupations. « Comme des lanceurs d’alerte ». Et « ce…

Pour vous abonner à CHARENTE LIBRE cliquez ici (1€ pour 24h ou 14,90/mois)

Conduite sous stupéfiants : les sanctions «sans doute renforcées» en juillet, annonce Borne

«On a fait 800.000 contrôles en 2022, on veut passer à 1 million. On veut être très présent pour dissuader ce genre de comportements et sans doute renforcer les sanctions», a insisté la cheffe du gouvernement, qui réagissait notamment après la mort d’une fillette mardi à Trappes dans les Yvelines, renversée par une automobiliste testée positive au cannabis.

Elisabeth Borne a rappelé que les ministres de la Justice et de l’Intérieur étaient «en train de regarder» la possibilité de créer un délit d’homicide routier sachant qu’actuellement les actes des conducteurs sous l’emprise de drogue ayant causé le décès d’une personne tombent sous le coup de «l’homicide involontaire». «J’entends que cela puisse choquer», a-t-elle souligné. «Il y a un enjeu de terminologie», a-t-elle ajouté, en expliquant qu’il s’agissait d’un «aspect symbolique mais important».

Ce délit pourrait-il être étendu à la conduite sous l’emprise de l’alcool? «Sur des taux d’alcoolémie très importants, c’est des choses qui sont en train d’être regardées», a-t-elle fait valoir.

Propositions pour renforcer les sanctions

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Pauget a déposé début avril une proposition de loi pour instaurer ce délit d’homicide routier. Son texte prévoit de créer «une peine intermédiaire entre l’homicide involontaire et l’homicide volontaire».

Parallèlement, le chef multi-étoilé Yannick Alléno, qui a perdu son fils de 24 ans renversé par un chauffard ivre et sous l’emprise de stupéfiants, a chargé l’universitaire Didier Rebut et l’avocat Pierre Cornut-Gentille, tous deux éminents pénalistes, de plancher sur l’introduction dans le code pénal d’un tel délit.

Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, «la conduite en état d’ivresse est la deuxième cause de mortalité sur les routes, après la vitesse», et «dans les accidents mortels, 12% des conducteurs contrôlés sont positifs aux stupéfiants».

En 2022, plus de 3500 personnes sont décédées sur les routes françaises. Près de 700 décès seraient dus à la consommation de stupéfiants.

Source

Réforme en vue : Des mesures drastiques contre les accidents mortels liés à la consommation de substances

Homicide Routier : Vers des peines maximales pour les chauffards drogués ou alcoolisés

Depuis de nombreux accidents tragiques, tels que la récente affaire des trois policiers tués à Roubaix ou le drame vécu par Yannick Alléno, chef étoilé ayant perdu son fils fauché par un chauffard alcoolisé, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la création de l’infraction d' »homicide routier ». Cette proposition vise à sanctionner de manière plus sévère les conducteurs responsables d’accidents mortels sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue.

Définition de l’homicide routier : un acte volontaire sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue

Qu’est-ce que l’homicide routier ? Selon Pierre Palmade, il s’agit d’un individu qui consomme de l’alcool ou de la drogue au-delà des seuils autorisés par la loi, entre volontairement dans son véhicule et, sous l’emprise de stupéfiants, cause la mort d’une personne par un accident de la route. Il souligne ainsi l’aspect volontaire de cette action depuis le début, remettant en question la qualification d’involontaire ».

Mesures envisagées par le ministre de l’Intérieur pour lutter contre les accidents mortels liés à la consommation de substances

Cette préoccupation a été prise en compte par le ministre de l’Intérieur, qui a annoncé en février dernier son intention de rendre automatique le retrait des 12 points de permis pour toute personne conduisant sous stupéfiants. De plus, il a proposé de renommer les accidents mortels liés à la consommation d’alcool ou de stupéfiants en « homicide routier ».

Débat sur la qualification d' »homicide involontaire » et les attentes des familles des victimes

Actuellement, un travail est en cours entre les services du ministère de l’Intérieur et ceux du ministère de la Justice pour déterminer les mesures à prendre. Parmi les options envisagées figure le renforcement des sanctions pour les conducteurs sous l’emprise de stupéfiants ou d’alcool impliqués dans des accidents mortels. Il est important de souligner que les mis en cause sont actuellement poursuivis pour « homicide involontaire » avec une double circonstance aggravante.

Cependant, de nombreux acteurs du milieu judiciaire estiment que le terme « involontaire » est inapproprié et peu réconfortant pour les familles des victimes. Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police FO, affirme que la justice doit répondre à une forme de réparation aux victimes, et le terme « involontaire » ne permet pas cela.

Proposition de criminaliser l’infraction et d’établir des peines maximales plus sévères

Denis Jacob, secrétaire général d’Alternative Police CFDT, soutient cette idée en affirmant que lorsque quelqu’un choisit de boire ou de se droguer, il sait ce qu’il fait, et le véhicule devient une arme par destination, ce qui relève donc d’un homicide volontaire.

Pour alourdir les peines, il serait nécessaire de criminaliser cette infraction, ce qui impliquerait un jugement par une cour d’assises ou une cour criminelle départementale, avec une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle. Cependant, certains avocats spécialisés, tels que Me Vincent Julé-Parade, soulignent que même si l’accident survient de manière involontaire, la personne qui a consommé de l’alcool ou de la drogue avant de conduire a délibérément pris le risque de mettre en danger la vie d’autrui. Il est donc difficile de prouver qu’elle avait l’intention de tuer.

Statistiques sur les condamnations pour homicide involontaire et les implications de l’alcool et des stupéfiants

En 2021, 426 condamnations ont été prononcées pour des cas d’homicide involontaire par conducteur avec une circonstance aggravante, dont la moitié impliquait des conducteurs sous l’emprise de stupéfiants ou d’alcool. Sur ces 426 cas, 421 ont donné lieu à une peine, dont 45 peines de prison ferme, 213 peines de prison assorties de sursis et 163 peines de sursis seul. En moyenne, la peine prononcée était d’un peu moins de deux ans de prison ferme.

Mesures complémentaires proposées par Me Julé-Parade pour dissuader les conducteurs sous l’emprise de substances.

Pour Me Julé-Parade, il est primordial d’appliquer les lois déjà existantes de manière stricte. Un changement sémantique en remplaçant « homicide involontaire » par « homicide routier » pourrait inciter les juridictions à prononcer des peines plus sévères. Il suggère également de travailler sur le retrait des droits à l’assurance pour les chauffards.

Source

La décomposition nationale par les drogues est un phénomène auto-entretenu et auto-aggravé

Professeur Jean Costentin

Ne pouvant plus taire les multiples méfaits des drogues, les médias rompent enfin le silence. Pas tous cependant, ne cherchez rien dans l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » sur ce sujet qui, depuis cinq ans, ne fait plus partie de ses valeurs. Les « faits divers » liés aux drogues sont devenus envahissants, pour vous en convaincre rappelons pêle-mêle et de façon non exhaustive :

  • « l’affaire Palmade » ;
  • les règlements de compte qui tuent à Marseille, à Valence et autres lieux ;
  • la saisie de trois tonnes de cannabis dans les Yvelines ;
  • sur les cotes de la Manche, il y a quelques mois, « sur la plage ensoleillée, cocaïne et crustacés » ;
  • la constitution de « narco-Etats » à proximité de ce qui reste de nos frontières ;
  • les maintes condamnations (souvent légères ) prononcées dans des procès impliquant dealers et trafiquants de drogues ;
  • l’armée des dealers en France, estimée à plus de 220.000 individus ;
  • les commandes de drogues passées sur le NET et livrées à domicile par la Poste ou par Uber ;
  • les nombreux accidents, souvent mortels, sous l’emprise de stupéfiants ;
  • les soirées estudiantines, et même d’étudiants en médecine, qui baignent dans l’alcool, le cannabis, la cocaïne / le crack et autres stupéfiants ;
  • l’apparition hebdomadaire, sur le Cyber marché noir, de nouvelles drogues : cathinones, nouveaux cannabinoïdes tels le HHC, le Buddha blue ou « Pête ton crâne », la GABApentine médicament commercialisé sous le nom de Lyrica ® , des morphiniques superpuissants tels les fentanyloïdes 100 voire 1000 fois plus puissants que la morphine et responsables de 100.000 décès l’an passé aux USA… ;
  • le « chemsex » (chemical sex) qui, après s’être répandu dans les boites gays, s’étend maintenant à des relations hétérosexuelles, stimulées et multipliées par desdrogues de synthèse ; dans une publication récente cela concernait 20% de la
    population étudiante interrogée  ( confusion entre la mer et la bouse contrepèterie);
  • plusieurs médicaments analgésiques et/ou psychotropes sont détournés de leurs objectifs thérapeutiques à des fins toxicomaniaques, tandis qu’on s’émeut de l’abondance de leurs prescriptions chez les enfants et les adolescents.
  • un « médicament » de substitution de l’héroïne (la buprénorphine à haut dosage – Subutex ® ) d’un coût élevé pour la Sécu (avec plus de 100.000 « bénéficiaires »), qui n’est pas mis au service de l’abstinence des morphiniques, est par contre
    fréquemment dévoyé, par son injection intra veineuse, fait oublier qu’il a été développé pour débarrasser l’héroïnomane de l’injection intraveineuse de sa drogue, avec les risques infectieux qui lui sont associés (SIDA, hépatites..). Sa revente à de jeunes toxicophiles qui n’étaient pas encore arrivés à ce niveau d’intoxication, les fait accéder au couloir des morphiniques et bientôt à la porte de l’héroïne ;
  • le silence des médias sur les données de plus en plus documentées des effets épigénétique des drogues  devient très suspect; ces effets expliquent que l’exposition au THC du cannabis laisse perdurer une vulnérabilité accrue à d’autres drogues (cocaïne, morphiniques), et montrent que ces modifications épigénétiques de l’expression de certains gènes est transmise (au moins en première génération) à la progéniture de ses consommateurs, accroissant leur vulnérabilité aux addictions dès l’adolescence, ainsi qu’à certaines affections psychiatriques (anxiété, dépression, schizophrénie..) et à des déficits cognitifs ;
  • personne pour expliquer à nos concitoyens que l’on ne dispose d’aucun moyen pour détacher du cannabis ou de la cocaïne celui qui en est devenu dépendant ! Personne pour leur expliquer qu’on ne guérit pas de la schizophrénie, alors que le
    cannabis est à l’origine de 15% des nouveaux cas de cette grave affection !
  • les poly toxicomanies explosent ; on est passé de l’alcoolisme qui prévalait autrefois, sur un mode presque isolé (quoique associé fréquemment au tabac), à l’association commune : alcool, tabac, cannabis, cocaïne, morphinique, avec un nombre
    sans cesse croissant d’héroïnomanes ;
  • alors que la loi de 1970, prohibant le cannabis, infligeait aux contrevenants un an de prison et/ou 3.500 € d’amende (sanctions à peu près jamais appliquées) la sanction se réduit désormais à une amende de 200 €, inscrite nulle part, ce qui permet d’innombrables récidives, et dont le paiement n’est pas garanti;
  • l’invasion du « crack » (forme de cocaïne bon marché, qui se fume) avec ses déclinaisons Parisiennes : « la colline du crack », « le Staline crack », regroupant des individus cassés, abrutis par cette drogue, véhiculée par des dealers Sénégalais de l’ethnie Modous, que la « puissance publique » est incapable d’empêcher de nuire et de renvoyer dans leur pays ;
  • l’émergence de nombreux quartiers de non droit, dont l’économie repose largement sur le trafic des drogues.
  • Voici installées in situ, Sodome et Gomorrhe. Ce ne sont ni le soufre ni le feu quiguettent nos enfants, notre société, notre Nation, notre civilisation, c’est sa décomposition / sa désagrégation, qui aura pour survivants des « shootés », des « camés », des « paumés ».

  • Ne dormez plus tranquilles braves gens, les drogues minent notre société, sans susciter de réponses à la hauteur des faits, des drames, des risques, qui s’amoncellent et se précisent chaque jour.

La drogue à San Francisco

JT DE TF1 le 21 05 2023 20h

Cliquez ici pour voir le sujet

TOXICOMANIE : LA SOUFFRANCE DES PROCHES

 MÉGANE VALÈRE 

Quand quelqu’un devient accro à la drogue, l’impact sur les autres membres de la famille est indéniable. Cela laisse parfois des cicatrices indélébiles sur les relations interpersonnelles. Témoignages de proches ébranlés par ce fléau.

Il n’y a pas que le corps qui souffre des effets de la dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments. Il y a aussi les proches de la personne dépendante. En effet, qu’il s’agisse de notre conjoint, de notre famille, nos amis ou collègues, la dépendance aux drogues ou aux autres substances chimiques peut avoir des effets néfastes sur nos relations professionnelles et personnelles

Culpabilité

Essayer d’aider un toxicomane n’est pas si facile.

Dans certains cas, les personnes qui entourent un proche toxicomane ont le sentiment  qu’elles ont une part de responsabilité dans le développement de l’addiction et ressentent de la culpabilité. C’est le cas de Marie-Christine, 27 ans, dont le conjoint est dépendant depuis quelques années. « Au début de notre rencontre, je savais que mon conjoint se droguait car il ne me l’avait pas caché. Je lui ai dit tout ce que j’en pensais même s’il ne le faisait pas devant moi ni quand il venait me retrouver.

Quand nous sommes allés vivre ensemble, je n’appréciais pas qu’il le fasse même en dehors. Malgré cela, je l’aimais beaucoup. C’est quelqu’un de bien », raconte-t-elle. Après quelque temps, elle commence à se remettre sérieusement en question dans la manière dont elle s’est comportée envers son conjoint.

Elle constate qu’elle souffre autant que lui de cette dépendance. « Je me rends compte que le fait de lui en parler n’a rien changé. Je sais que j’aurais dû agir, faire plus. Je n’ai pas su comment lui venir en aide. C’est très lourd à gérer. »

Cette douleur, Kaliani R. la ressent aussi. Son fils, qu’elle appelle affectueusement Moune, se shoote à la drogue dure depuis trois ans. Elle estime que c’est de sa faute.

« Après la mort de mon époux, il était très affecté d’autant que nous nous sommes retrouvés seuls. Il sortait beaucoup et parfois, il ne rentrait pas. Je ne soupçonnais pas qu’il puisse se droguer, je voyais qu’il fréquentait des gens bizarres mais je ne l’en ai pas empêché, dit-elle tristement. En voulant être une bonne mère, j’ai tout fait de travers. Je ne voulais pas que mon fils me repousse si j’essayais de mettre de l’ordre dans sa vie. Je savais qu’il ne lui restait personne à part moi. J’ai manqué d’autorité et je le regrette. »

Épuisement

Tout comme Marie-Christine et Kaliani, Jenny porte ce fardeau émotionnel depuis quelques années. Essayer d’aider une personne qui souffre de dépendance n’est pas une mince affaire. La culpabilité l’a aussi rongée pendant un moment avant que l’épuisement ne la rattrape. «  Je m’occupe du fils de ma sœur depuis qu’il est tout petit et comme s’il était mon enfant. Sa mère est décédée d’un cancer et son père est parti refaire sa vie.

La nouvelle qu’il fumait du gandia a eu l’effet d’une bombe sur la famille. Je me suis dit que quelque part, j’avais failli à ma responsabilité de veiller sur lui », regrette-t-elle. Peu à peu Jenny a sombré dans la dépression. « J’ai essayé par tous les moyens de l’aider à s’en sortir. Je me suis oubliée, j’ai mis mes projets de côté mais avec le temps, je me suis épuisée physiquement et psychologiquement », confie la tante.

Éclatement de la cellule familiale

La prise de drogues peut altérer le comportement

Le comportement et l’attitude de la personne qui est sous l’emprise de médicaments, de la drogue ou de l’alcool, peuvent nuire considérablement à la qualité de ses rapports avec autrui. Rajen ne reconnaissait pas son fils quand il était sous l’emprise des drogues car il était désagréable. Au début, il a tout fait pour venir en aide à son fils.

Puis, il a fini par laisser tomber. Il raconte. « J’ai d’abord essayé de lui parler avant de l’emmener dans un centre. Après quelque temps, je devais presque l’y traîner de force. On se disputait de plus en plus. Notre famille ne voulait pas le rejeter, mais ce n’était pas si facile », souligne Rajen.

Les proches étaient las de sa façon d’agir. Il ne voulait pas se prendre en main. « Il ne voulait pas guérir de sa dépendance. Il lançait des paroles blessantes, il était agressif. Il volait, il mentait, il se comportait mal envers sa mère et ses sœurs. Un jour, je l’ai chassé de la maison. Je le regrette mais j’avais deux autres enfants qui étudiaient et qui avaient besoin d’une famille stable », explique ce père de famille.

Bien qu’elles comprennent les raisons de leur père, Anu et Diya ne l’acceptent pas. En colère contre leur père, elles finissent par  quitter le toit familial après quelques mois. Actuellement, elles sont en bons termes seulement avec leur mère et tentent de retrouver leur frère.

Rapprochement

Chez les Dookit, c’est tout le contraire qui s’est produit. Dans cette famille de quatre enfants, le malheur les a rendus plus solidaires. L’aîné raconte : « Notre petit frère s’est laissé tenter par ce fléau, il y a tout juste un an. Bien que nous étions tous en colère et déçus par lui, nous avons décidé de le sortir de cette impasse. Je dois dire que cela nous a vraiment rapprochés. Non seulement avec lui, mais aussi le reste de la famille. Notre petit frère avait beaucoup de volonté car sans cela, il serait peut-être encore dans la dépendance », précise-t-il. Pour ce grand frère, Il faut toujours garder espoir. « Il y a des familles qui essayent d’encadrer et d’aider un proche toxicomane. Le sevrage est long et difficile, mais il y a toujours un espoir. Il ne faut surtout pas abandonner mais continuer à entourer la personne malade. »


Témoignage

Adrien, 32 ans : «Ils souffrent par ma faute»

Adrien est conscient que sa dépendance aux drogues nuit à sa famille. Toutefois, c’est plus fort que lui. Il s’explique. «  Je n’aurais pas de cœur si je disais que je ne sais pas que mon attitude blesse profondément mes parents. Je n’ai rien contre eux. Je ne le fais pas pour les ennuyer ou même leur faire du mal. J’ai essayé plusieurs fois de m’en sortir. Cela fait trois fois que je replonge dans mon addiction. »

Pour éviter à sa famille de souffrir Adrien a quitté le toit familial. « Je suis parti de chez mes parents, il y a deux ans. Je vais les voir aussi souvent que possible, mais j’essaye de faire comme si j’allais bien. Je sais qu’ils souffrent par ma faute et je ne veux pas les faire souffrir davantage. Ils sont vieux. Je regrette tout cela. »

Source

Connaissez vous la prégabaline ?

Danger de mort !

Cliquez ici pour voir le JT :

Le sujet commence à 13’45 »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑