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novembre 2014

Le cannabis modifie la structure du cerveau

Fumer régulièrement du cannabis a un impact sur le volume de la matière grise du cerveau et sur la connectivité entre les neurones, selon une nouvelle étude scientifique américaine.

Le cannabis modifie la structure du cerveau

Consommer régulièrement du cannabis modifie la structure du cerveau, selon une nouvelle étude scientifique présentée dans les Actes de l’Académie des Sciences Américaine (PNAS). En effet, la substance psychotrope du cannabis, le THC réduirait le volume de matière grise du cerveau, mais augmenterait la connexion entre les neurones.

Les chercheurs des universités du Texas et du Nouveau-Mexique ont comparé par IRM (imagerie par résonance magnétique), la structure du cerveau et les connexions neurologiques de 48 participants consommateurs de cannabis et de 62 non-fumeurs. Les scientifiques ont aussi évalué le type de consommation, le QI et les troubles socio-psychologiques des participants grâce à des questionnaires.

La consommation chronique de cannabis diminue le volume de matière grise du cerveau

Les résultats de l’étude révèle que le volume du cortex orbitofrontal (la région-clef du cerveau pour des prises de décision, le système de récompense et les comportements addictifs) des fumeurs était moins volumineux que celui des autres. Et que ces modifications étaient corrélées à l’âge du premier joint et à la durée de la consommation de cannabis.

Les chercheurs ont aussi observé que la connexion entre les neurones des fumeurs était plus importante que les autres.

«La consommation de cannabis conduit à des altérations neuronales qui sont modulés selon l’âge de début et la durée d’utilisation. Dans l’ensemble, ces résultats suggèrent la consommation chronique génèrent des processus neuroadaptatifs complexes. En effet, cette « sur connectivité » entre les neurones serait un moyen pour le cerveau de compenser la mauvaise performance de la matière grise moins volumineuse » explique Francesca M. Filbeya, chercheur au centre de la santé du cerveau de l’Université du Texas, et co-auteur de l’étude.

« Mais d’autres études sont nécessaires pour déterminer si ces changements sont définitifs ou si l’abstinence prolongée de la consommation de marijuana peut rétablir l’équilibre du cerveau », conclut Francesca M. Filbeya.

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Détente : Traversez les Etats unis en 5 minutes

Editorial : la disparition d’un ami le 3 novembre 2014

C’est avec émotion et une grande tristesse que nous avons appris la disparition du Professeur Claude Adolphe  à Paris le 3 Novembre dernier des suites d’une longue maladie qu’il avait maîtrisé avec courage jusqu’à ces derniers jours.  Abonné au blog, il a été  de nos premiers et plus fidèles soutiens  dans le combat que nous menons, n’hésitant pas  à nous apporter  ses conseils et de ses compétences.

Professeur  de Physique et de Mathématiques à la faculté de Pharmacie de Paris, il a donné une impulsion remarquée au développement de sa discipline. Beaucoup se souviennent de la qualité de son enseignement, clair, précis et toujours intéressant.

Biologiste, conférencier d’internat, chef du laboratoire de Biochimie de l’Hotel-Dieu  de Paris, il a formé de nombreux internes qui,  grâce à son dynamisme et à son enthousiasme, ont pu accéder à des fonctions de premier plan à l’université et à l’hôpital.

Avec  Claude, nous perdons non seulement un maitre mais un ami fidèle ; Je pense qu’il souhaitait vivement que notre action perdure, croyait qu’il fallait par la Lettre et le blog du CNPERT, avertir, mettre en garde et répéter sans cesse la gravité des méfaits des drogues en particulier chez les plus jeunes.

Nous présentons à son épouse Monique, à ses enfants et à toute sa famille nos sentiments de compassion et de vive sympathie. Une messe du souvenir  sera célébrée le vendredi 21 novembre à Paris en l’Eglise Saint-Etienne du Mont à 10heures 30 à laquelle sont conviés tous ses amis

Jean-Paul Tillement.

UN BÉBÉ SOUS CANNABIS HOSPITALISÉ (Paris Match)

Une petite fille de 10 mois a été hospitalisée lundi à Vienne, en Isère, après avoir ingéré une boulette de résine de cannabis par accident.

Le père a reconnu être un consommateur régulier de cannabis. Sa fille de 10 mois en a fait les frais. Le bébé a été hospitalisé lundi après avoir ingéré par accident l’une de ses boulettes de résine de cannabis, laissée à sa portée par mégarde. C’est l’état de somnolence inhabituel de l’enfant qui a poussé ses parents à la conduire en urgences à l’hôpital. Placée en observation, a elle a subi plusieurs examens qui ont finalement révélé la présence de drogue dans ses urines, a appris mercredi l’AFP auprès du parquet de Vienne.

Informé par le service de pédiatrie de l’hôpital des résultats des analyses, le parquet de Vienne a décidé de mener l’enquête au domicile des parents. Sur place, les gendarmes ont surpris le père «en train de se constituer un joint». «Il a été entendu et libéré. Il a avoué aux gendarmes qu’il était consommateur de produits stupéfiants et que sa petite fille avait ingéré accidentellement une boulette de résine de cannabis qu’il avait laissé traîner», a expliqué Matthieu Bourrette, procureur de la République de Vienne.

LE PÈRE DE FAMILLE CONVOQUÉ

La petite fille a été rendue à ses parents dans la journée de mardi, après que les autorités se sont «assurées que les conditions de vie de l’enfant n’étaient pas négatives, ce qui est le cas», a ajouté le magistrat. Le père de la petite fille, âgé de 22 ans, a toutefois été convoqué dans le cadre d’une mesure alternative en justice et contraint de s’inscrire, à ses propres frais, à un stage de sensibilisation aux risques des produits stupéfiants. Le parquet de Vienne a en outre signalé l’incident aux services sociaux, qui «vont vérifier la manière dont les choses vont évoluer dans les prochaines semaines ou les prochains mois».

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La Suède demande d’interdire le cannabis synthétique après deux morts

La Suède a annoncé lundi avoir demandé à l’Union européenne le droit d’interdire des substances contenues dans un cannabis synthétique vendu sous le nom de Spice, après deux cas apparents de surdoses mortelles.
Le ministère des Affaires sanitaires et sociales a indiqué dans un communiqué que le pays réclamait à Bruxelles le classement de ces produits comme stupéfiants.
Il se fonde sur un avis de l’Autorité de publique, qui a identifié 24 cannabinoïdes et sept cathinones (substances issues du khat, un arbuste) comme substances dangereuses.

Le suédois va « réclamer une procédure accélérée. Celle-ci signifie que le temps de traitement par la Commission européenne est réduit de trois mois à dix jours », a ajouté le ministère.
Le nom du Spice revient presque chaque jour dans les médias suédois depuis qu’un jeune homme de 22 ans est décédé le 29 octobre à son domicile de Fagersta (centre), et que la police avait fait état d’un témoignage accréditant la thèse de la surdose.
Vendredi, un jeune homme de 18 ans avait aussi fait selon des témoins une surdose dans un appartement d’Alingsås (sud-ouest), et était avant l’arrivée des secours.

Le cannabis synthétique, appelé Spice ou par d’autres noms (K2, Yucatan Fire, Moon Rocks, Bliss, etc.), contient le même principe actif que le cannabis naturel issu du chanvre, le tétrahydrocannabinol (THC).
Mais il est considéré comme beaucoup plus nocif, et la concentration en psychotropes est impossible à contrôler pour l’acheteur.
Plusieurs pays ont déjà tenté sans succès de mettre fin à son commerce en identifiant et interdisant la multitude de substances qui peuvent entrer dans sa composition.
Le produit, le plus souvent acheté sur des sites internet étrangers par ses consommateurs, est censé ne pas être fumé, mais brûlé comme encens.
La Suède a l’une des politiques les plus répressives d’Europe contre le cannabis.
On peut y être condamné pour usage de stupéfiants après avoir été arrêté à son domicile et confondu par un test d’urine.

 

Cannabis à fins médicales: l’implantation du crime organisé redoutée

En juin 2014, la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, déposait un projet d’amendement pour modifier son règlement sur la marijuana médicale. Elle voulait particulièrement mieux documenter les ordonnances de cannabis médical en obligeant les producteurs à fournir aux ordres professionnels la liste de tous les médecins prescrivant ce produit ainsi que les détails de chacune des ordonnances prescrites.

Même si Santé Canada a durci sa réglementation concernant la production de marijuana à des fins médicales en mars dernier, Québec estime que les nouvelles règles devraient être resserrées davantage afin d’éviter que le crime organisé ne s’implante dans ce marché, révèle une lettre obtenue par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Dans la missive datée du 11 juillet, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, et la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’inquiètent du fait qu’avant de délivrer un permis de production de cannabis, Santé Canada ne vérifie que les dossiers des administrateurs et des dirigeants des entreprises désirant se lancer dans cette industrie. Les deux ministres québécois disent souhaiter que le processus vise également «tous les employés» et «toute personne qui a directement ou indirectement le contrôle» des entreprises de production de cannabis.

Cette mesure permettrait de «réduire les risques d’infiltration de réseaux criminels et de détournement de la marijuana produite à des fins médicales», écrivent les ministres.

M. Barrette et Mme Thériault ajoutent que Santé Canada devrait obliger les entreprises voulant produire du cannabis à «déclarer ses sources de financement, notamment la liste des institutions financières avec lesquelles elles font affaire ou de ses prêteurs». «Des vérifications pourront être effectuées afin d’éviter l’utilisation de prête-noms et plus particulièrement l’infiltration du crime organisé par le financement occulte de cette industrie», est-il écrit dans la lettre.

Les deux ministres québécois terminent en disant que le «délai de réponse de 72 heures» est «trop long pour permettre à un policier de vérifier en temps utile l’authenticité de l’autorisation d’une personne à posséder de la marijuana lors d’une intervention». «Le règlement devrait prévoir un mécanisme permettant aux policiers de vérifier en temps réel l’authenticité d’un document, comme cela se fait actuellement pour les permis de conduire et d’armes à feu.»

Une industrie naissante

Depuis 2001, le Canada autorise et encadre l’usage de cannabis à des fins médicales. En juin 2013, Santé Canada a durci ses règles en adoptant différents changements, notamment en ce qui a trait aux producteurs autorisés de marijuana. Ceux-ci ne pourraient plus être des individus, mais bien des entreprises réglementées.

Parmi les autres changements adoptés, Santé Canada ne délivre plus les autorisations de consommer du cannabis médical comme elle le faisait depuis 2001. C’est plutôt aux médecins de prescrire le recours à la marijuana à leurs patients.

En juin 2014, la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, déposait un projet d’amendement pour modifier son règlement sur la marijuana médicale. Elle voulait particulièrement mieux documenter les ordonnances de cannabis médical en obligeant les producteurs à fournir aux ordres professionnels la liste de tous les médecins prescrivant ce produit ainsi que les détails de chacune des ordonnances prescrites.

Les ministres Barrette et Thériault ont voulu profiter de cet amendement pour demander au gouvernement de pousser le règlement plus loin.

– Avec la collaboration de William Leclerc

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Addictions : réaliser, parler, s’en sortir

Diminuer sa consommation de drogues ? Beaucoup de jeunes essaient… et y parviennent. A quel point avouer sa dépendance peut-il libérer de l’emprise ?  Comment éviter les tentations ?

Les éclairages du Dr Vincent Dodin, psychiatre et chef de service de la clinique médico-psychologique du Groupement des Hôpitaux de l’Université Catholique de Lille (GHICL).

Accros à l’alcool, au tabac, au cannabis – parfois même à d’autres drogues dures – certains jeunes refusent de  parler de leur addiction pendant longtemps, parfois plusieurs années.

En consultation, quel est votre mot-clé pour intervenir auprès de jeunes sujets à l’addiction ?

Vincent Dodin : L’écoute. Avant qu’il parvienne à verbaliser son addiction voire son mal-être, le jeune a besoin d’être écouté. Il a en tête « l’illusion de bien-être que lui procure la substance. Le cheminement est long avant d’envisager une vie sans drogue. Ecouter le jeune permet de déceler d’éventuels problèmes sous-jacents, à l’origine de sa conduite addictive. Parler est en effet la première des étapes à suivre pour se sentir moins seul face à l’addiction. D’autant que les accompagnements aujourd’hui proposés vont au-delà du discours «  Tu dois arrêter. La drogue est interdite, toxique, malsaine ».

Comment alors aider un ado à se sortir de la « spirale infernale » de la drogue ?

V.D : A tout âge, et particulièrement à l’adolescence, avouer un mal-être ou toute forme de problème lié la drogue, est un processus complexe.  Dans le cabinet d’un Consultations Jeunes Consommateurs, l’idée première est donc de l’aider à comprendre pourquoi il consomme. Les questions sont axées sur une logique de réduction des risques (RdR) : quand a-t-il commencé ? Y-a-t-il eu des éléments déclencheurs ? Ensuite, il s’agit d’évaluer avec lui l’impact qu’il ressent sur sa santé, physique et morale. Se sent-t-il épanoui socialement ? A-t-il de l’énergie, des envies, des projets ? Une fois que le jeune est au clair avec ces questions, on va l’aider à espacer ses prises, lui proposer des activités pour pallier le manque.

Quel rôle ont les parents dans cette démarche ?

V.D : Tout dépend, certains parents s’inquiètent très vite et amplifient la situation en assimilant directement une consommation récréative à la toxicomanie. Dans ce cas, il faudra relativiser le risque, leur expliquer qu’avoir du cannabis sur soi n’est pas obligatoirement la preuve d’une addiction. Mais justifie d’avoir une discussion avec son ado et d’être vigilant pour s’assurer de la maîtrise de sa consommation.

A l’inverse, certains parents restent – souvent malgré eux – dans le déni et préfèrent ne rien voir du malaise de leur ado. Dans la mesure où le jeune a la volonté de partager son histoire avec ses parents, il faudra leur expliquer comment ils peuvent l’aider : être présent à ses côtés sans être invasif, lui apporter de la reconnaissance, surtout ne pas s’acharner sur le poids du passé et de la culpabilité.

Sur quel accompagnement médico-social un jeune peut-il compter ?

V.D : Le chemin pour sortir de l’addiction nécessite souvent un suivi psychothérapeutique régulier, accompagné ou non selon le degré de dépendance, d’une prise en charge médicamenteuse (anxiolytiques, produits de substitution en cas de grande dépendance). Pour se libérer de l’addiction, la prise en charge – la plus précoce possible – doit par ailleurs prendre en compte l’épanouissement social. Les personnes dépendantes ressentent en effet un besoin fréquent de s’isoler. Certains peinent à partager, à recevoir des autres, un facteur pourtant essentiel pour retrouver le plaisir de l’échange.

Dans le cas d’un arrêt de la consommation, à partir de quel moment peut-on parler d’abstinence totale ?

V.D : Une fois que la consommation ralentit, ou s’arrête, tout doit être fait pour anticiper le risque de rechute. La période de post-sevrage peut en effet s’accompagner de reprises de la consommation. Lesquelles surviennent souvent lorsque le jeune se sent confiant, lorsqu’il s’y attend le moins. Pour autant succomber à la tentation ne doit pas être vécu comme un échec, mais plutôt comme un accident de parcours à surmonter.

Ces épisodes doivent permettre à l’adolescent de comprendre quelle situation l’a amené à consommer. Un effort d’autant plus précieux qu’il s’agit de ne pas se rabattre sur une autre drogue, ou un autre comportement addictif. L’adolescence est la période charnière de la vie où les fluctuations émotionnelles, les envies et influences sont très fortes. Malgré l’accoutumance voire l’emprise imposée par la drogue pendant des mois voire des années, les remises en question et « redémarrages » sont possibles.

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LE CANNABIS, UNE DROGUE DURE ?

WAYNE HALL, UN CHERCHEUR AUSTRALIEN, A PASSÉ CES DERNIÈRES ANNÉES À REGARDER LES AUTRES FUMER DES PÉTARDS. ET IL EN EST PERSUADÉ : LE CANNABIS REND AUSSI ACCRO ET FOU QUE LES DROGUES DURES…

A l’heure où les débats sur la légalisation du cannabis ont la cote : « drogue douce », « légère », « inoffensive », « vertu(s) médicinale(s) », « bon pour l’économie », la révélation de Wayne Hall, expert australien en addiction, fait l’effet d’une bombe, de quoi avaler de travers le THC (1) ! Ses propos sont très clairs : « Si le cannabis n’est pas addictif, alors l’héroïne et l’alcool ne le sont pas non plus », s’exaspère-t-il dans une interview accordée au Daily Mail. La réaction immédiate serait plutôt « Ah bon ? ! Le cannabis rend accro comme l’héro, une drogue dure ? Vous êtes sûr, l’expert ? ! ».

Toutefois, comme ses recherches ont duré vingt longues années, il est difficile de remettre en cause son assurance ou son sérieux. Mais cette nouvelle reste scotchante car ces derniers temps, en ouvrant le journal ou en regardant la télé, on avait tendance quand même à y apprendre tout l’inverse : « produit naturel », « moins dangereux qu’une clope », « apaise de nombreuses douleurs ». On en venait même à trouver cette petite plante sympatoche et miraculeuse, aussi déstressante qu’utile. Mais ça, c’était avant. Avant Wayne Hall…

10 % des fumeurs dépendants

Le directeur du Center for Youth Substance Abuse Research, Wayne Hall, n’a pas peur de dire à la presse qu’on a une vision de plus en plus enjolivée de la marijuana : « Le cannabis n’est peut-être pas aussi néfaste que certaines drogues car il ne tue pas, mais croire qu’on peut le consommer en toute sécurité est erroné », dénonce-t-il sur le site US Live Science. En gros, même si la plante ne peut pas provoquer d’overdose, elle n’est pas si douce que ça… Et elle est hautement addictive.

Selon ses recherches, 10 % des fumeurs de joints deviendraient dépendants, soit une personne sur dix, si la consommation est « chronique », c’est-à-dire régulière. Ce qui n’est pas rien quand on sait que « 3,9 millions de Français fument du cannabis », selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Et parmi eux figurent de nombreux adolescents, les jeunes Français étant les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Tout comme les autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy), son sevrage est très éprouvant. Celui-ci causerait les mêmes symptômes : insomnie, anxiété, agressivité, perte d’appétit, dépression…

Et selon son étude, le cannabis a d’autres côtés tout aussi charmants que son pouvoir addictif. Il provoquerait d’autres ravages sur la santé, le cerveau, le comportement ou même l’école… Tout y passe ! En résumé, si vous commencez à fumer des joints avant 15 ans, le cerveau étant en phase de maturation, vous risquez à la longue de devenir une sorte de schizophrène déscolarisé, insociable, avec des problèmes cardiaques et des risques redoublés de causer un accident de voiture… Une personne plutôt bien, quoi.

Blague à part, tout ceci est extrêmement sérieux. L’expert des addictions, Wayne Hall, a mis vingt ans, mais il a réussi à prouver scientifiquement les relations entre une consommation intensive de cannabis et tous ces méfaits : dépendance, décrochage scolaire (une perte de QI de 8 points), diminution de la mémoire, schizophrénie (13 % de cas de schizophrénie auraient pu être évités sans le cannabis), isolement, crise cardiaque (risque multiplié par deux), accident de voiture (2,5 % des accidents mortels sont liés au cannabis)…

Totalement schyzo

Vous vous en doutez, cette étude provoque déjà des réactions. Comme celle de Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement Romand d’Etudes des Addictions (GREA). Au quotidien helvète Le Matin, il confirme les conclusions de Wayne Hall. « Le cannabis est dangereux au volant, oui. Il peut rendre dépendant, oui. Il existe un lien entre des troubles comme la schizophrénie, oui. »

Mais il critique un manque d’avancée : « Pour les spécialistes, il n’y a rien de nouveau. C’est une compilation », regrette-t-il. Alain Morel, psychiatre et directeur général de l’association Oppelia (lutte contre les drogues) se joint publiquement à lui. « Son étude ne fait que confirmer ce que nous savons déjà », déplore-t-il. En clair, Wayne Hall a bien raison, mais les experts étaient déjà au courant…

Effet raté ? Non ! Car il est important de rappeler que des spécialistes, encore aujourd’hui, proclament « le cannabis est la drogue la moins dangereuse de toutes ». Ce qui ne veut absolument pas dire
« sans aucun danger ». Nous voilà prévenus !

(1) Le tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis.

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