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mars 2017

La lettre du CNPERT Mars 2017

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Marcel Rufo : « Légaliser le cannabis serait une folie »

Le pédopsychiatre marseillais rejette fermement cette option proposée par plusieurs candidats à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai

Santé - Marcel Rufo : Légaliser le cannabis serait une folie
Selon le pédopsychiatre marseillais, la consommation de cannabis peut déclencher des troubles psychiques chez les adolescents vulnérables, potentiellement chez 15 % d’entre eux.
PHOTO SERGE MERCIER
Le médiatique pédopsychiatre, Marcel Rufo, directeur médical de l’Espace méditerranéen de l’adolescence à l’hôpital Salvator, à Marseille, fait entendre sa voix sur la question de la légalisation du cannabis, à laquelle il est farouchement opposé. Un débat réapparu dans la campagne présidentielle, avec notamment l’appel lancé par 150 personnalités marseillaises.

Plusieurs candidats à la présidentielle proposent de légaliser la consommation de cannabis (Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon), ou se déclarent favorables à sa dépénalisation (Emmanuel Macron). En tant que pédopsychiatre, quelle est votre position ?
Marcel Rufo : Je suis résolument contre une légalisation, pour la seule raison que je pense aux adolescents. Que les adultes fument des pétards, peu importe. Mais il faut protéger les jeunes. Globalement, on a affaire à deux types d’adolescents. 85 % ne posent pas de problème particulier. Mais 15 % sont vulnérables. Que les 85 % qui vont bien fument un joint le samedi soir, cela ne pose pas de problème. Comme l’alcool, ce produit est un anxiolytique qui améliore la confiance en soi. Mais pour les 15 % restants, ce produit ouvre le champ à des troubles psychiques jusque-là inapparents qui, sans cette consommation, ne se seraient peut-être pas révélés. Dans les centres de soins, on pourrait même se servir du cannabis comme révélateur de certains troubles de la personnalité.

On tolère pourtant le tabac, dont les dangers sont avérés…
Mais la loi interdit le tabac aux mineurs ! Malheureusement, elle n’est pas respectée. Les deux produits sont liés. Des études montrent que si l’on fume à 12, 13 ans, on a 17 fois plus de risques de consommer du cannabis plus tard. Il faut donc absolument faire respecter l’interdiction du tabac aux mineurs !

Récemment, 150 personnalités marseillaises ont signé un appel pour la légalisation du cannabis. L’argument, c’est que la France, en dépit de sa politique répressive, a le taux de consommation le plus élevé d’Europe…
C’est vrai. Beaucoup de jeunes fument du cannabis. Mais c’est parce qu’on ne sait pas mettre en oeuvre des politiques de prévention. On a beaucoup de retard dans ce domaine.

Cet appel a aussi été signé par plusieurs professionnels de santé…
Écoutez, moi je vois les dégâts du cannabis. Les gosses qui fument cinq pétards avant d’aller en classe, l’échec scolaire, les arrêts de scolarité. Les adultes, je m’en fous. S’ils veulent fumer, ça les regarde et ça ne me pose pas de problème. Mais il faut absolument protéger les ados.

Pensez-vous alors qu’il faut renforcer la répression, en pénalisant lourdement les consommateurs par exemple ?
Non, absolument pas. Encore une fois, le problème doit être traité par la prévention et l’éducation à la santé. Un gosse arrêté avec du cannabis (je ne parle pas de dealers, mais de consommation personnelle) doit peut-être se voir confier une mission d’intérêt général, auprès de personnes âgées par exemple, ou dans son établissement. Quant aux sportifs qui se font attraper en infraction, comme les rugbymen Ali Williams et James O’Connor récemment arrêtés en possession de cocaïne, je verrais bien pour eux une obligation à aller parler dans les écoles, pour expliquer aux gamins les méfaits de la drogue…

S’il s’agit de protéger les adolescents, pourquoi ne pas envisager de ne légaliser la consommation que pour les adultes, en se montrant très strict sur l’interdiction aux mineurs ?
Mais parce que cela serait un socle incroyable pour la transgression ! Dire à un gamin « Ton père peut fumer un joint mais toi tu n’as pas le droit », c’est presque une incitation ! Ce serait de la folie.

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Cannabis : multiplication des cas de « syndrome des vomissements cycliques »

Aurora, Etats-Unis — Les services d’urgences du Colorado signalent une forte augmentation des syndromes des vomissements cycliques. Des cas de ce syndrome rare, caractérisé par des vomissements intenses et des douleurs abdominales, sont maintenant signalés à une fréquence hebdomadaire, voire quotidienne dans certains centres.

Point commun des patients reçus : tous fument du cannabis quotidiennement, depuis des années. Chez ces patients, le syndrome a été requalifié de cannabinoid hyperemesis syndrome (CHS). Aucune explication n’est avancée à ce jour quant au mécanisme. Mais de nombreux médecins incriminent le cannabis aujourd’hui produit industriellement aux Etats-Unis, dont les taux de THC sont nettement plus élevés qu’à l’époque de la fumette en cachette.

En 2012, c’est l’usage récréatif qui a été légalisé au Colorado. On ne dispose pas de chiffres depuis cette date. Mais selon Kennon J.Heard (Service de toxicologie médicale, Université du Colorado), cité dans Medscape International, « posez la question à n’importe quel urgentiste au Colorado, il vous répondra qu’il voit [ce syndrome] plutôt fréquemment, et nous-mêmes, nous en recevons tous les jours, ou toutes les semaines dans notre service d’urgence ».Le premier signalement du syndrome remonte à 2004, à partir de cas observés en Australie. Aux Etats-Unis, un premier cas a été décrit en 2009 , mais l’affaire a pris de l’importance en 2015, avec la publication d’une étude de l’université du Colorado montrant un doublement de la prévalence du syndrome des vomissements cycliques aux urgences entre 2009, date de légalisation du cannabis médical au Colorado, et 2011.

Pas de statistiques non plus du côté des autorités de santé publique de l’Etat du Colorado, mais le responsable du département de toxicologie, Myke Van Dyke, indique que le CHS vient d’être inclus dans les rapports médicaux sur l’impact de la légalisation du cannabis.

Plus de cannabis, plus de vomissements

Le problème n’est pas limité au Colorado puisque 8 Etats américains ont légalisé le cannabis récréatif, et 28 Etats, son usage médical. On note d’ailleurs qu’en Arizona, en Oregon et au Canada, des augmentations du nombre de cas de CHS sont également signalés.

On n’a cependant aucune idée de la prévalence du syndrome parmi les 22 millions de fumeurs réguliers de cannabis aux Etats-Unis. Il reste probablement rare, puisque l’étude de Heard ne porte en définitive que sur 36 cas, tandis que le signalement australien de 2004 en concernait 9.

Aucune idée non plus du mécanisme associant cannabis et vomissements – le paradoxe étant que le cannabis est parfois utilisé contre les nausées induites par les chimiothérapies. On suspecte toutefois fortement la « qualité » des produits actuels.

« Les gens fument de l’herbe depuis longtemps, mais la diffusion à grande échelle d’un cannabis très puissant est un phénomène récent », rappelle Eric Lavonas, qui dirige les urgences du Denver Health Medical Center. « Avant la légalisation, le cannabis poussait dans les champs, et il était vendu localement. Maintenant, le cannabis s’achète en dispensaire, et il est beaucoup plus puissant que ce que l’on trouvait il y a 20 ans ».

Pour autant, les américains ne semblent pas paniquer. Les moyens de prise en charge sont restreints. Il faut bien sûr éviter la déshydratation. Une petite efficacité de l’halopéridol a été signalée, de même qu’un effet calmant des douches ou bains chauds. Mais surtout, le CHS disparaît avec l’arrêt du cannabis. Somme toute, la modalité thérapeutique est donc assez simple.

Le QI des fumeurs de cannabis décline de manière spectaculaire ! (RTL)

Etude sur 1037 personnes pendant 25 ans

cliquez sur la photo pour écouter Michel Cymes

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La consommation régulière de cannabis augmente le risque de troubles mentaux.

Elle est néfaste au bon fonctionnement de vos neurones, les 100 milliards de cellules du cerveau.

Lire l’étude des Néo Zélandais

Pourquoi la prohibition de l’usage du cannabis ne fonctionne pas (Bd Voltaire)

Le cannabis n’obscurcit pas seulement l’esprit de ses consommateurs, il atteint aussi gravement celui des bigots de sa légalisation.

Costentin PhotoLa prohibition de l’usage du cannabis fonctionnant très mal en France, certains candidats à la présidentielle, tout comme le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, qui relativise ses méfaits sanitaires (ce qui est inattendu, s’agissant d’un médecin), prônent sa dépénalisation – préalable à sa légalisation. En politicien habile, M. Le Guen assortit, d’ailleurs, sa proposition de quelques précautions d’usage pour enfumer le « bigot de la prohibition », selon ses termes. C’est un de ces « bigots » qui lui répond ici.

Si, comme lui, nous constatons que la prohibition du cannabis, instaurée par la loi de 1970, n’a pas empêché les Français d’être, parmi les 28 États membres de l’Union européenne, les recordmen de sa consommation, il faudrait peut-être tenter de comprendre pourquoi et par la faute de qui cette prohibition ne fonctionne pas, avant d’envisager d’y renoncer.

La loi de prohibition du cannabis est largement incomprise des adolescents – comme de leurs parents, d’ailleurs. Il faudrait l’expliquer et, encore plus, la justifier à partir des considérations sanitaires qui devraient prévaloir ; si on n’explique pas pourquoi le cannabis est délétère pour la santé physique et pour la santé psychique, la loi apparaît tel un oukase de « papys grognons », conçue pour « emmerbéter les mômes ». Ainsi a-t-on vu croître le nombre des parents qui ignorent cette loi et qui, y contrevenant eux-mêmes, se mettent hors jeu pour en faire la pédagogie.

Les enseignants, dont les efforts sont ruinés au quotidien par l’intrusion du cannabis dans le cerveau des élèves avec les catastrophes éducatives corrélatives, ne sont pas formés pour en parler. Dans mes actions pour exposer les méfaits du cannabis, je me suis heurté à la bastille imprenable de l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de mon académie. Cette obstruction à la formation sur ce thème des formateurs de nos jeunes paraît délibérée.

Ce n’est que depuis peu que les parents prennent conscience de l’envahissement de notre société et de la menace de contamination de leurs enfants par le cannabis, au pays qui compte près de 100.000 dealers de cannabis ; nos jeunes, quant à eux, sont très régulièrement destinataires de messages biaisés, fallacieux, dont certains émanent même de membres du gouvernement ou des assemblées.

La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) eut pour directrice Nicole Maestracci, puis pour directeur Didier Jayle, qui se démasquèrent prolégalisateurs.

Et quand, à un prix exorbitant, la MILDT, alors dirigée par Étienne Apaire, faisait passer un clip de quelques dizaines de secondes fustigeant cette drogue (clip abscons pour des esprits embrumés de cannabis), dans les jours suivants, une chaîne de télévision présentait une émission interminable qui entonnait un hymne au cannabis, sans la moindre allusion à ses méfaits.

Dans ce contexte, qui peut raisonnablement s’étonner que la prohibition ne fonctionne pas. La pandémie cannabique est le résultat de manipulations délibérées, entretenues et périodiquement ranimées, la déclaration de Jean-Marie Le Guen ou le programme présidentiel de Benoît Hamon en étant les récents avatars.

Cette situation n’est pas irréversible, comme le montre l’exemple suédois, si peu cité qu’il est ignoré. Il devrait, pourtant, inspirer nos politiques publiques. Dans les années 1970, le cannabis (cinq fois moins riche en THC que celui qui circule actuellement) coulait à flot sur la jeunesse suédoise quand fut établie (Sven Andréasson, 1983) sa responsabilité dans la survenue de la schizophrénie (« la folie »). La réponse fut l’adoption d’une loi proche de la loi française, mais que la Suède a su faire respecter. Elle y est parvenue par une pédagogie qui, de la maternelle jusqu’à l’université, comporte une quarantaine d’heures d’enseignement, d’entretiens dirigés, de débats sur les méfaits des drogues. Aujourd’hui, la Suède peut s’enorgueillir de compter (en proportion, bien sûr) dix fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne…

Le cannabis n’obscurcit pas seulement l’esprit de ses consommateurs, il atteint aussi gravement celui des bigots de sa légalisation. Ceux qui, aujourd’hui, requièrent la légalisation du cannabis ont déjà, pour beaucoup d’entre eux, exprimé leur volonté de voir autoriser toutes les drogues. Ils ont aussi plébiscité les « salles de shoot » qui pourront accueillir les multiples victimes supplémentaires de leurs choix irresponsables.

Jean Costentin Président du CNPERT

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