En France, la consommation d’alcool des femmes n’a jamais été aussi proche de celles des hommes. Les 30-50 ans sont les plus concernées par les ivresses à répétition. Les usages modérés mais réguliers touchent davantage les femmes plus âgées. Or la vulnérabilité féminine face à ces abus, chroniques ou ponctuels, n’est pas anodine. Voilà les principaux risques dont vous vous protégez en arrêtant de boire.
Chez les femmes, l’arrêt de la consommation d’alcool protège contre le risque de :
Fragilité mentale. Pour le prouver, l’équipe japonaise du Dr. Michael Ni a suivi 10 386 volontaires non buveurs ou buveurs modérés (ne dépassant pas les 14 unités par semaine pour les hommes et 7 pour les femmes). Une étude menée entre 2009 et 2013. Résultats, 64% des hommes et 88% des femmes ne buvaient pas. Le degré de bien-être en terme de santé mentale était bien plus élevé chez les abstinents. Et les femmes qui buvaient modérément et celles qui mettaient fin à leur consommation voyaient leur santé mentale s’améliorer ;
Démence. Selon une étude de l’Inserm menée entre 2008 et 2013 auprès de 57 000 cas de démence, plus de la moitié des épisodes précoces (survenant avant 65 ans) sont provoqués par l’alcool. Chez les personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative type Alzheimer, on répertorie 3 fois plus de patients alcooliques comparé à la population générale. Parmi les sujets déments en lien avec l’alcool, 4% sont des femmes. Ce phénomène peut s’expliquer par l’impact neurotoxique de l’alcool provoquant d’importantes lésions cérébrales ;
Cancer du sein. Aujourd’hui, tous sexes confondus, l’alcool constitue le 2e facteur de risque de cancer, après le tabac. Chez les femmes, 15% des cancers du sein sont déclenchés par l’alcool. Et l’incidence de cette tumeur a quasiment doublé entre 1990 et aujourd’hui. ;
Décès. Cette diminution de la consommation constitue une priorité de santé publique : l’alcool est en effet à l’origine de 60 maladies (cardiovasculaires, cancers, diabète, épilepsie, hémorragies…). Plus de la moitié des décès dont 11 000 femmes.
A noter : les repères de consommation d’alcool comportent 3 recommandations : pas plus de 10 verres par semaine, pas plus de 2 verres par jour et maintenir toutes les semaines des jours d’abstinence.
FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France est le plus grand pays consommateur de cannabis de l’Union européenne, le professeur de biochimie Jean-Pierre Pujol pointe du doigt les dangers que représenterait la légalisation de cette drogue.
Jean-Pierre Pujol est professeur émérite de biochimie à l’université de Caen. Il est membre du Centre national de Prévention, d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT).
Nous assistons actuellement à une pression redoublée des partisans de la légalisation du cannabis qui s’exerce sur tous les médias. Les lobbyistes qui mènent cette campagne à grande échelle sont d’une part des capitalistes avides d’exploiter le marché très prometteur du cannabis (la firme Leviathan Cannabis a vu sa côte à la bourse de Toronto augmenter de 13 900 % en un an!), mais aussi quelques députés qui prétendent que la répression n’a pas donné de résultats dans notre pays et que la légalisation permettrait de mieux contrôler l’usage de cette drogue. Selon eux, cette démarche permettrait également de démanteler le trafic maffieux et de fournir des recettes fiscales qui soutiendraient des campagnes de prévention. S’ajoutent à ces lobbies quelques médecins qui voient en cette drogue des vertus thérapeutiques qui soulageraient entre autres les patients souffrant de douleurs chroniques.
Les dangers du cannabis
La consommation de cannabis conduit souvent vers des drogues plus dures.
Face à cette campagne effrénée, il convient de rappeler ce qu’est le cannabis et quels ravages il provoque sur la santé de nos concitoyens, tout particulièrement chez les adolescents. En effet, la France est malheureusement en tête des vingt-huit États européens pour la consommation de cette drogue (1,6 million de consommateurs). Les enfants de 12 à 15 ans ayant déjà expérimenté cette drogue sont au nombre de 300 000. Chez ces jeunes, dont le cerveau est en cours de maturation, le cannabis produit des effets particulièrement néfastes, souvent irréversibles.
De nombreux troubles physiques et psychiques sont observés, pouvant mener à la schizophrénie. Le mécanisme d’action du cannabis est bien connu: la substance psychotrope, le tétrahydrocannabinol (THC) est très soluble dans les lipides et, de ce fait se fixe aux membranes cellulaires. Il franchit aisément la barrière hémato-encéphalique et s’accumule dans le cerveau. Il y persiste très longtemps: le THC d’un seul joint demeure plus d’une semaine dans cet organe. Son élimination dans les urines dure huit semaines.
Après plusieurs joints, cela peut durer au moins deux mois. Au niveau du cerveau, il provoque de nombreux troubles: perturbation de la mémoire, défocalisation de l’attention, incoordination motrice, désinhinbition conduisant à des prises de risques, potentialisation des effets ébriants ou hallucinogènes, schizophrénie, anxiété et dépression. Les enseignants constatent que les élèves ont des difficultés à ordonner leurs pensées et manquent d’attention pendant les cours. La situation s’est encore aggravée avec l’augmentation constante de la concentration en THC dans les cannabis vendus actuellement: il y a cinquante ans, le joint contenait 2 à 3 % de THC alors qu’aujourd’hui le taux peut atteindre 40 % et devient plus puissant qu’un rail de cocaïne.
Un des dangers du cannabis est que son addiction conduit souvent vers la recherche de drogues plus dures, comme la cocaïne. On estime que 10 à 20 % des patients passent à une consommation plus forte et deviennent accros au crack. Le cannabis seul est responsable de 300 morts de la route et les risques d’accidents mortels sont 14 fois plus élevés lorsque l’alcool est associé.
Un des arguments des partisans de la légalisation est de prétendre qu’un contrôle pourra être exercé sur la qualité du cannabis produit légalement, en particulier sa teneur en THC. Ainsi, le marché noir serait appelé à disparaître, faute d’acheteurs. Autrement dit, cela mettrait fin au trafic maffieux.
Qui peut croire que les trafiquants vont s’avouer vaincus et vont prendre leur retraite!L’exemple du Colorado démontre le contraire: malgré la légalisation du cannabis dans cet État, il existe toujours un marché noir et le taux de THC n’a pas diminué. Mieux encore, les trafiquants achètent le cannabis produit légalement dans le Colorado et le revendent au prix fort dans les États voisins où il est toujours interdit!
Un autre argument invoqué est l’inefficacité de la répression, telle qu’elle est pratiquée en France. En vérité, ceci n’est pas fondé. En effet, d’après le rapport de 2017 de l’Observatoire européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT), la loi française semble répressive mais elle n’est pas réellement appliquée, tant pour l’usage simple que pour le trafic. De plus, son application a été encore assouplie par la loi Tubiana et ses décrets d’application. En France, souvent l’aménagement conduit au paiement immédiat d’une amende et éteint l’action publique. La loi de 1970, déjà pas appliquée pour l’usage simple de cannabis, est devenue définitivement inopérante par la loi de 2014 et son décret de 2015.
Le cannabis, un médicament?
Enfin, certains justifient cette campagne pour la légalisation par la présence de vertus thérapeutiques chez le cannabis et n’hésitent pas à parler de «médicament». Or, en l’état actuel, le cannabis ne répond pas à la définition d’un médicament. À ce stade, il convient de rappeler ce qu’est un médicament et les étapes successives qu’il doit traverser avant d’être mis sur le marché.
D’après le Code de la Santé Publique, il s’agit d’une molécule pure possédant des propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies humaines et animales, susceptible de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques. De la découverte de la molécule à l’autorisation à l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), un médicament doit franchir avec succès différentes phases, s’étalant sur environ dix ans: phase de recherche et développement, étude de toxicologie, recherche clinique – cette dernière comprenant elle-même une phase 1 (étude de la tolérance), une phase 2 (étude de l’efficacité), une phase 3 (essai comparatif), et une phase 4 (administrative). La mise au point d’une nouvelle spécialité coûte environ 800 millions d’euros. Enfin, pour que le médicament obtienne l’AMM, il doit présenter un bon rapport bénéfices/risques.
Aucun individu responsable ne devrait utiliser l’argument du médicament pour justifier la légalisation du cannabis.
Environ 75 types de cannabinoïdes ont été identifiés dans la plante, parmi lesquels le THC (Térahydrocannabinol) et le CBD (Cannabidiol) sont les plus documentés. À ce jour, aucun de ces composés d’origine végétale n’a fait l’objet d’un protocole d’étude en vue d’une AMM et donc aucun ne peut être qualifié de médicament. Néanmoins, se basant sur les effets biologiques évidents du THC, certains prétendent utiliser la plante cannabis elle-même. Or, la composition en THC et autres composés est extrêmement variable suivant le plant.
Cette variabilité s’oppose à la conception que l’on a d’un médicament, qui doit être une substance pure, agissant à des doses déterminées. De plus, jusqu’à présent, étant donné l’insolubilité du THC, traiter des patients en leur faisant fumer soit la plante elle-même, soit sa résine, reste une méthode peu contrôlable, tant le passage des principes à l’organisme est aléatoire. Enfin, le THC étant essentiellement soluble dans les lipides, sa rémanence et son élimination sont des paramètres difficiles à appréhender: encore une difficulté qui s’oppose à la notion de médicament.
Sauver nos enfants du cannabis
Comme on le voit, seule une substance issue du cannabis et ayant obtenu une AMM pourrait être qualifiée de «médicament», comme ce fut le cas pour bon nombre de molécules d’origine végétale présentes aujourd’hui dans notre pharmacopée. Ceci n’exclut pas que les recherches puissent se poursuivre pour mieux connaître les mécanismes d’action du cannabis. Pour autant, nul individu responsable ne devrait en conscience utiliser l’argument du «médicament» pour justifier sa légalisation.
Légaliser le cannabis serait synonyme de catastrophe sanitaire.
Il nous faut sauver nos enfants du cannabis avant qu’il ne soit trop tard. Pour cela il faut que les pouvoirs publics prennent conscience qu’il est indispensable d’appliquer réellement notre arsenal répressif, mais également de mettre en place un plan de prévention destiné à informer nos jeunes élèves, dès l’école primaire, sur les dangers de cette drogue. Inspirons-nous de la Suède, dont la politique affichée en matière de toxicomanie a porté ses fruits.
Depuis 1968, le gouvernement suédois a organisé une campagne antidrogue massive dans les écoles et les médias, de sorte qu’une génération a déjà grandi parmi les messages fondés sur la théorie de la drogue d’introduction. La création d’un poste de coordonnateur national antidrogue a permis de coopérer avec les autorités, les conseils municipaux, les conseils de comté, les ONG, etc… et d’influer sur l’opinion publique. La plupart des municipalités ont nommé une personne chargée d’organiser la prévention, auprès des écoliers et des parents.
Les programmes commencent dès l’école élémentaire et figurent à tous les niveaux scolaires. Cette politique a l’appui de tous les partis politiques et de 95 % des citoyens (on croit rêver, quand on pense à l’attitude de certains de nos politiciens). Certes cette politique coûte entre 0.2 et 0.4 % du PIB suédois alors que la France n’y consacre que 0.1 % de son PIB.
En conclusion, l’expérience vécue par les pays ou les états américains qui ont légalisé le cannabis doit nous inciter à refuser cette éventualité dans notre pays. La logique financière et économique ne doit plus primer sur la santé de notre société. Introduire la légalisation du cannabis serait synonyme d’une catastrophe sanitaire dont nos pouvoirs publics porteraient une lourde responsabilité devant l’histoire et nos générations futures.
Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.PeopleImages / IStock.com
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Une étude américaine a analysé les ravages d’une consommation excessive d’alcool sur l’entourage des personnes qui boivent.
Menée par des chercheurs de l’Institut de santé publique d’Oakland en Californie et financée par l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme des Etats-Unis, l’étude a porté sur les données de 8 750 répondants âgés de 18 ans et plus. Elle a été publiée ce dimanche 30 juin sur le site du Journal of Studies on Alcohol and Drugs.
Selon l’enquête, un adulte sur cinq a subi un préjudice à cause de la consommation d’alcool d’une autre personne en l’espace d’un an. Ces atteintes désignent à la fois des menaces verbales et/ou physiques, des agressions, du harcèlement, des destructions de biens, des conduites dangereuses au volant ou encore des problèmes d’ordre financier et/ou familial. Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.
L’étude explique également que les conséquences de l’alcoolisme sur l’entourage différent selon le sexe. Les femmes étaient plus susceptibles de signaler des problèmes financiers et familiaux, tandis que les hommes ont davantage mentionné des actes de vandalisme et des agressions physiques. « Il y a un risque considérable pour les femmes au sein du ménage, souvent représenté par l’homme. Alors que pour les hommes, le danger se situe plutôt en dehors du cadre familial », notent les auteurs de l’étude.
Les chercheurs recommandent un prix minimum sur l’alcool
L’âge joue également un rôle important : les personnes de moins de 25 ans courent un risque plus élevé de subir les méfaits de la consommation d’alcool d’une autre personne, montre l’étude. Pour les chercheurs, l’une des solutions les plus efficaces pour réduire la consommation d’alcool consiste à instaurer un prix minimum pour la vente d’alcool.
« Les recherches récentes sont particulièrement pertinentes dans ce contexte. Des études menées au Canada révèlent des réductions de la violence après l’introduction de la tarification minimale », précise Madhabika B. Nayak, qui a dirigé l’étude. Recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour lutter contre l’alcoolisme, la mise en place d’un prix minimum sur l’alcool est également expérimentée en Ecosse depuis mai 2018.
En France, cette question a été abordée (sans pour autant être appliquée) à plusieurs reprises ces dernières années. D’abord en avril 2018 par un groupe de médecins qui préconisait un prix minimum par unité d’alcool autour de 50 centimes d’euros, puis en janvier dernier par le Conseil économique social et environnemental, qui avait proposé l’instauration d’un prix minimum pour la vente d’alcool dans « les lieux de fêtes ».
Au Malawi on dit que « les bœufs sont tenus par des cordes et les hommes par leurs paroles ».
C’est toute l’habileté des lobbyistes de diffuser les paroles que les hommes s’approprieront pour aller dans le sens recherché. La campagne qui vient de démarrer à grande échelle en faveur de la légalisation du cannabis est, de ce point de vue, un modèle du genre qu’il convient d’analyser en nous libérant de tous ces mots qui nous tiennent lieu de cordes.
Prenons par exemple un argument largement colporté : « puisque la répression n’a pas marché, mieux vaut libéraliser le marché du cannabis et le légaliser ». Cela me rappelle l’aventure que j’avais connue avec un ami un peu trop éméché qui m’avait emmené un soir faire un tour au volant de sa vieille guimbarde. Inutile de vous dire que ce tacot sans le moindre entretien échappait allègrement aux échéances des contrôles techniques.
A un moment donné le freinage, mal assuré, avait commencé à lâcher et la pédale pompait dans le vide.
« Arrête-toi », lui dis-je. Mais lui de me rétorquer : « Si quelque chose ne fonctionne pas il faut faire le contraire ». Et il se mit à appuyer aussitôt sur l’accélérateur, me causant, comme vous pouvez l’imaginer, la frayeur de ma vie.
Vous avez compris : Si la répression ne marche pas, faites le contraire : légalisez.
Le deuxième argument qui surgit, comme par enchantement, partout en même temps est destiné aux représentants des pouvoirs publics et aux parlementaires : « Si vous légalisez sous votre contrôle la vente de cannabis, vous en tirerez des recettes fiscales confortables qui vous permettront de mener les campagnes de prévention nécessaires ». Autrement dit il faut vendre pour empêcher la vente ! Un argument aussi absurde pourrait être avancé que sur la distinction spécieuse faite entre un cannabis qui serait thérapeutique et donc fondamentalement différent d’un cannabis qui serait récréatif, les bénéfices de l’un venant favoriser la prophylaxie de l’autre. Encore une absurdité.
Il est aisé de citer d’autres arguments de ce genre employés dans la campagne de communication en cours. Mais qui est à l’origine de ce tohu-bohu ? Ce ne sont pas des hippies attardés, ou des politiciens trop « verts » qui transforment leur baignoire en jardinière. Non ! Ce sont des firmes sérieuses pratiquant un libéralisme débridé et alimentant de façon sauvage une économie financière déchaînée. Qu’on en juge avec ces chiffres vertigineux. Par exemple ceux de LEVIATHAN CANNABIS à la Bourse de Toronto :
Ou encore ceux de CANOPY GROWTH CORPORATION (Bedrocan, déjà présent en Europe à partir des Pays-Bas) :
L’action a bondi en cinq ans de 1353,18 % faisant pâle figure devant celle de Leviathan Cannabis.
Quand la spéculation produit de tels résultats, il est évident que tous les coups sont permis et que, pour continuer sur une aussi belle lancée, on achètera des hommes politiques, des médias, des consciences. C’est de la folie.