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Mai 2021

La consommation excessive d’alcool fait perdre 1 an d’espérance de vie en moyenne

Par Sciences et Avenir

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne près d’un an d’espérance de vie aux populations de 52 pays, selon un rapport de l’OCDE.

Alcool

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne près d’un an d’espérance de vie aux populations de 52 pays, en raison des maladies et des accidents qu’elle cause, montre un rapport de l’OCDEAFP

La consommation excessive d’alcool fait perdre en moyenne près d’un an d’espérance de vie aux populations de 52 pays, en raison des maladies et des accidents qu’elle cause, montre un rapport de l’OCDE publié mercredi 19 mai 2021. L’organisation internationale encourage donc les pays à « redoubler d’efforts pour lutter contre » ce phénomène, notamment en limitant la promotion de l’alcool auprès des enfants et en favorisant des prix plus élevés.

« L’espérance de vie sera inférieure de près d’un an (0,9) au cours des 30 prochaines années en raison des maladies et des blessures » causées par la « consommation nocive d’alcool », calcule l’Organisation de coopération et de développement économiques dans ce rapport, qui porte sur 52 pays de l’OCDE, de l’Union européenne et du Groupe des 20 (G20).

Dans un supermarché à Moscou le 24 avril 2020 (AFP/Archives - Kirill KUDRYAVTSEV)

Dans un supermarché à Moscou le 24 avril 2020 (AFP/Archives – Kirill KUDRYAVTSEV)

Lituanie, Russie et Pologne figurent en tête du classement

Les huit pays les plus affectés se situent tous en Europe centrale et orientale, avec 1,4 à 1,8 année d’espérance de vie en moins, Lituanie, Russie et Pologne figurant en tête du classement. La France se situe juste au-dessus de la moyenne, tandis que la Turquie et Israël apparaissent comme les moins concernés.

Il n’y a pas de niveau de consommation d’alcool reconnu scientifiquement comme sans risque pour la santé. Dans le cadre de ce rapport, l’OCDE définit la « consommation nocive d’alcool » comme excédant « un seuil à moindre risque » fixé à « plus d’un verre d’alcool par jour chez les femmes et 1,5 verre chez les hommes« .

Les résultats sont obtenus en comparant l’espérance de vie en 2050 si les habitudes de consommation actuelles persistent avec un scénario où la consommation ne dépasserait pas ce « seuil à moindre risque ».

2,4% du total des dépenses de santé

L’OCDE chiffre aussi le fardeau à 2,4% du total des dépenses de santé et estime que le PIB sera inférieur de 1,6% en moyenne chaque année dans les pays de l’OCDE au cours des 30 prochaines années si les choses ne changent pas. Les données de ce rapport datent d’avant la pandémie de Covid-19.

Selon une enquête menée en mai et juin 2020 dans 11 pays, si 42% des personnes interrogées déclarent n’avoir pas modifié leur consommation d’alcool, 36% estiment l’avoir augmentée quand seulement 22% disent l’avoir diminuée. « Les femmes, les parents de jeunes enfants, les personnes à revenu élevé et celles présentant des symptômes de dépression et d’anxiété » sont ceux qui « ont fait état des plus fortes hausses de consommation d’alcool ».

Selon l’organisation, « la stratégie la plus efficace » pour lutter contre la consommation nocive d’alcool passe par « limiter la promotion de l’alcool auprès des enfants », « renforcer les contrôles de police pour prévenir les accidents de la route dus à l’alcool », « développer l’offre de consultations pour les patients à risque » et « fixer des politiques de prix pour limiter l’accessibilité financière de l’alcool ».

Faut-il rendre libre la consommation des dérivés du chanvre , le cannabis ?

Ou la régulariser , sur le modèle du tabac ,  et de l’alcool ?

Le témoignage médical du Dr André Badiche , psychiatre des hôpitaux publics, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Rennes 1

1 . Les soins à l’hôpital

Au début des années 2000  , je travaillais au Centre hospitalier psychiatrique CHGR , et aux urgences du CHU de Rennes .
J’ai constaté une augmentation significative des jeunes présentant une psychose délirante aigue , beaucoup plus fréquente chez les fumeurs de joint , à base de cannabis , Ils ou elles manifestaient des troubles du comportement tels que l’hospitalisation  en psychiatrie s’avérait nécessaire , souvent sans leur consentement , sur la demande de leurs parents , car ils étaient dans le déni de leurs symptômes graves .


Avec le recul des années passées ,  certains évoluaient vers la schizophrénie .
Les traitements médicamenteux psychotropes devenaient alors indispensables au long cours .

Une enquête faite en Nouvelle-Zélande ,chez 1000 jeunes suivis pendant 10 ans , montrait  une augmentation importante de la prévalence de  la maladie schizophrénique ,  à l’âge de 25 ans , chez les consommateurs de cannabis depuis l’âge de 15 ans , comparée à la prévalence de cette maladie ,  chez ceux qui n’en avaient pas pris .

Aux urgences du CHU on constate que le nombre des accidentés  de la voie publique est beaucoup  plus important  chez les conducteurs  qui absorbent : alcool + cannabis ,  que chez ceux qui prennent  seulement de l ‘alcool , avant de conduire .
Des enquêtes épidémiologiques nationales ont été publiées , et donnent les mêmes résultats .

Des recherches en neuro-radiologie chez les jeunes fumeurs réguliers de cannabis montrent un retard du développement du cerveau pré-frontal .
Et la mesure du quotient intellectuel,  chez les jeunes fumeurs de cannabis ,  met  en évidence  un retard de développement intellectuel , comparé au QI des non- consommateurs de cannabis .

2 . La prévention en milieu scolaire

J’en ai fait , à la demande d’infirmières ,  travaillant en collège et lycée
Les jeunes nous disaient : pourquoi voulez vous nous empêcher d’absorber ce qui nous rend «  cool «  ?
en leur demandant de préciser le sens de ce mot , ils nous disaient que cela leur permettait de ne plus sentir les émotions négatives , l’anxiété , face au stress . mais ils avouaient que ce produit chimique  , issu d’une plante ou d’un produit synthétique , n’améliorait pas  l’ambiance «  récréative  «  des fêtes qu’ils organisaient .

J’ai aussi participé à des réunions dans des cafés de la ville , organisé par une conseillère municipale , il était très difficile d’argumenter ,face à des militants du plaisir par la chimie , récréative !

3 .  La loi du 31 décembre  1970 , est elle répressive ?

L’article 1 de cette loi ,demande aux consommateurs de cannabis , appréhendés sur la voie publique ,  de se présenter à l’autorité sanitaire .
Seuls les trafiquants sont déférés à l’autorité judiciaire. 
Une décision récente permet à la police de leur faire payer une amende , dans l’immédiat .

4 . Faut il rendre libre le commerce du cannabis , ou de ses dérivés, dont certains sont fabriqués de façon industrielle ?

Sur le modèle du Tabac : 70 OOO morts par an en France ?
Sur le modèle de l’alcool : 45 OOO morts par an sans compter les troubles psychiatriques ?

Et surtout ,  que pourrons nous dire en prévention des risques , si les représentants du peuple , les députés leur disent : allez -y , consommez  !  si ça vous fait plaisir .

Le Canada a libéralisé la consommation de cannabis en 2018  et le nombre de fumeurs de cannabis et de tabac a augmenté .
Si on augmente l’offre , la consommation s’accroit , l’addiction des stupéfiants  ( le cannabis , dont on extrait le T.H.C. ) est sans limite au niveau des neurones .
Et des firmes industrielles ,  qui en fabriquent de façon synthétiques , ont vu leur cote financière  , à la Bourse augmenter de façon exorbitante .

Lettre ouverte aux députés à l’origine du rapport sur le cannabis « récréatif »

    

Docteur Jean Costentin                                                                                   le 17 Mai 2021

Professeur émérite

Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

               Mesdames et Messieurs les députés,

               Effaré par la légèreté avec laquelle vous vous exprimez publiquement à propos de ce que vous appelez le cannabis « récréatif », je m’adresse à vous au nom du CNPERT.

Cette appellation de « cannabis récréatif » qui vous est propre, s’agissant de cette sale drogue, est une illustration de la manipulation de l’opinion à laquelle vous vous livrez. Dans les fonctions que vous occupez cela s’apparente à une forfaiture.

Vos déclarations s’inscrivent dans le droit fil de la banalisation de cette drogue, associées à une absence complète de prévention en milieu éducatif (que vous n’avez jamais déplorée et moins encore réclamée) qui est dénoncée par l’observatoire européen des drogues et toxicomanies (O.E.D.T.), elles contribuent au nombre record des consommateurs de cannabis dans notre Nation, en tout premier rang à cet égard des 27 Etats membres de l’U.E.  

Le rapport que vous avez si rapidement rendu public après que le Ministre de l’Intérieur et le Président de la République aient sifflé l’arrêt de votre « récré »,  est une désobéissance aux ordres supérieurs. Cela pourrait se concevoir si vous contestiez une décision insupportable, mais en l’occurrence cela ne l’est pas, car votre action vise à  en instaurer une.

Votre « cannabis récréatif » :

 C’est une addiction qui affecte 20% de ceux qui l’ont expérimenté ; avec, chez l’adolescent, un pouvoir addictif supérieur à celui des morphiniques (étude de N. Volkow publiée il y a un mois). Cette addiction a piégé, malgré la prohibition de ce cannabis, 1.500.000 « usagers réguliers », incapables de s’en abstraire, contre laquelle on est complètement démuni. Ces usagers y ajoutent souvent d’autres drogues (poly toxicomanies) dans un processus d’escalade désormais incontestable et dont les substrats neurobiologiques sont maintenant précisés.

C’est une toxicité physique supérieure à celle du tabac (qui tue annuellement en France 75.000 fumeurs et induit de nombreux handicaps) car sa combustion produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes et d’oxyde de carbone : troisième cause de déclenchements d’infarctus du myocarde ; responsable d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes (cf. les travaux du CHU de Strasbourg) ; induisant des artérites des membres inférieurs plus précoces que celles dues au tabac.

 Avec le cannabis ce sont des femmes enceintes (incapables dans leur très grande majorité d’arrêter sa consommation) ayant des grossesses abrégées, des nourrissons fragiles aux tailles et poids réduits, porteurs d’éventuelles malformations dont le développement psychomoteur est retardé. C’est dans l’enfance, une fréquence accrue d’hyperactivité avec déficit de l’attention ou des troubles du spectre de l’autisme. C’est à l’adolescence, une vulnérabilité aux toxicomanies, à la schizophrénie, à des difficultés cognitives et à des déficits de l’immunité…

Le cannabis est la drogue de la « crétinisation » ; il affecte des trajectoires intellectuelles qui auraient pu être favorables, mais qui font stagner ses victimes dans des statuts des plus modestes, en faisant même des assistés à vie. Il relègue la France au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives internationales. Cette drogue du renoncement, de l’aboulie, du syndrome amotivationnel sévit en une période où il faudrait être performants dans la compétition internationale pour éponger notre dette abyssale, aggravée par la COVID.

C’est une drogue qui tue sur la route ou dans des activités professionnelles ; une drogue qui rend auto-agressif (suicide) ou hétéro-agressif (bouffées délirantes).

C’est une drogue qui induit des dépressions de l’humeur (avec, en embuscade, leur risque de suicide) ; qui induit, décompense ou aggrave la schizophrénie (laquelle dans 10% des cas conduit à une mort brutale).

 C’est une étape de l’escalade vers d’autres drogues, dont les morphiniques et leurs overdoses mortelles. 

Qu’y a t’il donc de récréatif dans tout cela ?

Où les méfaits précités sont-ils mis en exergue dans votre rapport? Cachant mal sa vacuité, son épaisseur sera pour la grande majorité des citoyens, une dissuasion à sa lecture.

Où est l’attention que vous devriez porter à la santé de notre société et à celle de ses membres,  en particulier des plus jeunes d’entre eux ?

 D’une façon qui serait risible, si ce n’était dramatique, vous insistez sur le caractère « encadré » que revêtirait cette légalisation ; le précédent du tabac et de l’alcool ne vous rappellerait-il rien, à l’heure où ils sont consommés d’une façon intense et de plus en plus précoce.

C’est d’une voix hésitante que vous devriez évoquer cette drogue, au lieu de pérorer comme le font quelques uns d’entre vous, pour tenter de masquer leur connaissance partielle voire leur méconnaissance de points essentiels d’un sujet que vous ne maîtrisez pas.  

Nous déplorons de ne pas avoir été conviés à présenter nos connaissances lors des audits que vous avez effectués ; cela aurait enrichi votre rapport de points essentiels… mais ils contredisaient vos thèses.

L’article ci-joint vous permettra de faire la connaissance de ce sujet majeur que sont les effets épigénétiques du THC, « oubliés » dans votre rapport. En substance il est établi que les méfaits du cannabis n’affectent pas seulement ceux qui le consomment, mais aussi leurs descendants. En effet, quand ses consommateurs sont en âge de procréer, l’exposition de leurs gamètes (spermatozoïdes, ovules) au THC leur fait transmettre à l’enfant qu’ils viendraient à concevoir des marques épigénétiques,   réduisant l’expression de certains de leurs gènes, ce qui sera à l’origine : d’anomalies tératogènes, d’une vulnérabilité aux addictions lors de l’adolescence, auxquels s’associent les méfaits détaillés dans le précédent paragraphe.

Nous protestons enfin contre l’indécence de votre « consultation citoyenne » sur le cannabis « récréatif ».  Pour faire partager / diluer votre responsabilité, vous avez lancé cette «consultation » sans que les citoyens interrogés disposent d’informations sérieuses sur les dangers du cannabis, beaucoup d’entre eux ayant encore l’idée fallacieuse d’une « drogue douce ». Il était inconvenant de pratiquer cette consultation au cœur de la pandémie Covi19, source de préoccupations vitales, d’une crainte de reconfinement, d’inquiétudes économiques qui détournaient du cannabis l’attention des citoyens, à l’exception, que vous escomptiez, des 1.500.000  consommateurs réguliers de cannabis, impatients d’en disposer librement. Seuls 250.000 citoyens ont répondu, dont 20% d’entre eux pour exprimer leur opposition à la légalisation. Cette consultation           « bidon » fut donc un « bide ». 
Pourtant, sans vous le tenir pour dit, vous proposez un référendum, comme si dans le déclin ambiant, que cette légalisation aggraverait, il n’y aurait pas de sujets plus urgents et plus importants à faire trancher par ce mode exceptionnel d’arbitrage démocratique.

               Ce rapport, tout comme cette « consultation citoyenne », ne prouvent rien d’autre que la mauvaise foi de ses rédacteurs et de ses organisateurs. C’est pourquoi nous avons considéré qu’il était important d’exprimer notre désapprobation et de porter à votre connaissance et à celle de nos concitoyens les informations omises ou relativisées dans votre rapport.

               Si l’on ne sait pas, ou si l’on ne sait plus, à qui imputer les drames multiples liés à l’alcool et au tabac, il est maintenant possible d’identifier ceux par qui adviendraient les drames que recruterait le cannabis. Ils ne  pourront plus se réfugier derrière l’anonymat et le fait qu’ils ne savaient pas.

               Nous ne saurions trop vous recommander, pour notre Nation, pour votre réputation entamée, pour votre avenir politique et pour plein d’autres raisons que vous concevrez facilement, de passer votre rapport dans le broyeur à  papier. Pour tenter  de faire oublier ce très mauvais faux pas, vous devriez vous investir dans d’intenses actions  éducatives de prévention.

               Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les députés, l’expression de la déférence que nous avons pour tous les membres de la représentation nationale ; déférence néanmoins troublée par le mauvais usage  que vous  venez de faire de votre mandat.

                                                                                         Professeur Jean Costentin

Lettre du CNPERT

La lettre du CNPERT de Mai 2021 est disponible en cliquant ICI

Les Lettres précédentes sont disponibles en cliquant dans le menu ci dessus sur « LETTRES DU CNPERT »

« Désastreux de légaliser le cannabis »

Société. « Rien ne sera réglé car si le produit est légalisé, le trafic continuera, et il y aura encore plus de consommateurs. »

Voilà ce que dit le rapport de la mission d’information parlementaire sur l’usage du cannabis récréatif : « Le constat que nous dressons dans ce rapport est sans appel. Les politiques publiques menées depuis des dizaines d’années ne portent pas leurs fruits et ne parviennent ni à enrayer les trafics ni à diminuer la consommation de cannabis en France. »

C’est sûr, on ne voit pas de panneaux de prévention 4X3 sur le bord des routes. Depuis des années, on diminue les effectifs de police et de justice. On a fermé les commissariats de quartier. Certains quartiers ne sont même plus accessibles, etc. Comment ces politiques publiques pourraient-elles porter leurs fruits ? La solution, à force d’en parler, elle va arriver : la légalisation ! Plus besoin de policiers à courser les trafiquants, plus besoin de personnel judiciaire puisque plus de jugements pour les personnes non responsables de leurs actes, et donc plus besoin de construire de prisons…

Comment se fait-il que personne n’y avait pensé ? On fera des rappels à la loi, comme actuellement, ça sera très bien. Et on va faire des économies ! Enfin pas sûr, parce que côté médical, il va falloir investir sérieusement en personnel. Nombreux seront ceux qui n’y auraient pas touché et qui vont vouloir essayer. Il va y avoir un paquet de personnes à soigner et à remettre dans le droit chemin.

Et rien ne sera réglé, car si le produit est légalisé, il sera atténué par rapport à celui du trafic, donc celui-ci continuera. Il y aura encore plus de consommateurs. C’est désastreux.

Finalement, le terme « récréatif » est représentatif d’un certain monde ado et adulte qui pense et agit comme des enfants. Dans quelques années, les enfants demanderont du cannabis récréatif à leurs parents… pour la récréation. Ça sera sur la liste des courses.

Si la légalisation se fait, elle va être belle la société de demain !

Source

Dépendance à l’alcool : « Si on s’en rend compte tôt, on peut s’en sortir jeune et avoir une vie devant soi »

MA TÊTE ET MOI Outre les risques à court terme, le fait de boire régulièrement à un jeune âge peut sensibiliser le cerveau et créer une dépendance des années plus tard

Publié le 14/05/21 à 14h04 — 

: La dépendance à l’alcool existe aussi chez les jeunes — 20 Minutes

  • « Ma tête et moi », c’est le programme mensuel de 20 Minutes, consacré à la santé mentale des jeunes. Le but de ce rendez-vous : comprendre certaines pathologies mentales grâce aux témoignages de jeunes concernés et tenter de trouver des solutions pour aller mieux.
  • Dans ce cinquième numéro, on parle d’alcool chez les jeunes et de l’intérêt à questionner sa consommation.
  • « Les repères et signaux pour voir si on est sur la route de la dépendance sont simples », explique l’addictologue Philippe Batel.

Marion, 18 ans, se souvient de la dent qu’elle a perdue lors d’une soirée. Maria*, 23 ans, de ses multiples réveils à l’hôpital dus à des comas éthyliques. Emilie, 25 ans, ne se souvient de rien. Ces trois jeunes femmes ne se considèrent pas comme dépendantes à l’alcool. Pourtant, après ces événements, elles ont toutes recommencé à boire avec excès. « Avant, l’ivresse c’était un accident. Aujourd’hui, c’est une expérience neurobiologique et sensationnelle que les jeunes recherchent », analyse l’addictologue Philippe Batel.

Apéro après les cours, préchauffe, OB (soirée open bar) : de nombreux moments de la vie étudiante tournent autour de l’alcool. Si les moins de 25 ans qui boivent régulièrement sont moins nombreux qu’avant, davantage de jeunes expérimentent des alcoolisations ponctuelles importantes (API). Cette consommation, parfois vue comme un rite de jeunesse qui disparaîtra une fois la personne entrée dans la vie active, n’est pas sans conséquence. Les cas de dépendance précoce existent et surtout, une consommation régulière et excessive jeune peut sensibiliser le cerveau à une addiction qui ressortira des années plus tard.

Une consommation à risques

« J’aime boire jusqu’à me sentir complètement ailleurs, jusqu’à n’être plus vraiment maîtresse de mon corps », confie Emilie, 25 ans. La jeune fille fait régulièrement des comas éthyliques mais ne se considère pas comme dépendante car elle dit pouvoir « passer plusieurs jours sans toucher à une goutte d’alcool ».

Même regard pour Marion, 18 ans, qui oublie souvent une partie de sa soirée à cause de la boisson mais sait qu’elle « a passé un bon moment ». Il y a peu de temps, elle y a laissé quelques morceaux de dents. « Vu le nombre de fois où je fais des soirées, ce n’est pas grand-chose », se rassure la jeune fille. Les conséquences pourraient effectivement être bien pires. Accidents de la route, noyades ou agressions sexuelles sont autant de drames auxquels buveurs et buveuses s’exposent. Pour rappel, l’alcool est responsable d’un décès sur quatre chez les jeunes.

Un besoin d’augmenter la dose

La consommation à risque n’est donc pas à prendre à la légère. Toutefois, elle n’est pas synonyme d’addiction. « Les repères et signaux pour voir si on est sur la route de la dépendance sont simples », rappelle Philippe Batel. « Quand il faut augmenter la dose de produit pour ressentir le même effet, on a ce que l’on appelle une tolérance physique. »

Cette tolérance, Mathieu, 23 ans, la connaît. Depuis le lycée, il boit tous les week-ends avec ses potes. Progressivement, il a augmenté sa consommation. Jusqu’à arriver à un litre de whisky par soirée. « Les seuls effets que j’avais c’était un peu d’étourdissements et de la fatigue. C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait absolument que j’arrête. »

Ne pas savoir s’arrêter

Pour Baptiste, ancien alcoolodépendant de 30 ans, l’addiction n’est pas une question de fréquence ou de quantité. « Ça m’arrivait de ne pas boire pendant trois jours, mais à chaque fois que je commençais à boire, je n’arrivais pas à m’arrêter. »

Ce besoin irrépressible de continuer à s’alcooliser s’explique scientifiquement. « Quand les API sont répétées, à long terme, elles vont sensibiliser le système limbique, la zone du cerveau qui va gérer le sentiment de satiété », explique l’addictologue. Quand une personne a soif et qu’elle boit, elle n’a normalement plus soif. Mais chez les personnes sensibilisées, « la satiété va être stimulée puis peu à peu se perdre et elles vont boire jusqu’à tomber. »

Ne plus pouvoir s’en passer

« Il y a aussi une dépendance psychologique et comportementale », poursuit Philippe Batel. « Des zones dans lesquelles on cherche immédiatement l’alcool. » La boisson, Baptiste la cherchait partout. « J’alternais entre mes groupes de potes pour avoir tous les soirs des gens avec qui picoler, » confie l’auteur du livre D’avoir trop trinqué ma vie s’est arrêtée. Au lycée, Maria, qui a désormais 23 ans, pouvait boire en journée dans des parcs avec ses copines. Ella a longtemps considéré l’alcool comme « un petit médoc bien cool ». « Quand je suis en soirée, je bois. Quand j’ai un problème, je vois une copine et je bois. Quand je m’ennuie, je rejoins une pote et je bois. »

« Le fait de se dire “Je ne peux absolument pas me pointer en boîte si je ne me suis pas chargé auparavant” est révélateur », considère l’addictologue. Une phrase que Julien* se disait avant chaque soirée. Et des soirées, il en faisait régulièrement. L’étudiant en Droit a pris conscience de sa dépendance il y a quelques semaines. « Depuis le début de la crise sanitaire, je commençais à boire seul chez moi, juste pour décompresser. » Depuis, il essaie d’arrêter mais a peur de craquer car « la tentation est très forte, surtout en soirée étudiante. » 77 % des jeunes boivent avant d’aller en soirée, selon une enquête réalisée par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) en 2014. Mais ils ne sont pas pour autant tous dépendants. Ce qui compte, c’est de pouvoir s’en passer.

Le « syndrome des grandes écoles »

« Un bon moyen de répondre à la question “où j’en suis ?”, c’est de faire un test d’abstinence, comme le dry january », explique Philippe Batel. Ces périodes de test permettent de se rendre compte de sa dépendance. Si les cas d’addictions restent rares chez les jeunes, selon l’addictologue, les alcoolisations massives et régulières jeune augmentent considérablement le risque d’être dépendant plus tard. « Quand les API sont répétées, à long terme, elles vont sensibiliser le système limbique, qui est à la recherche du plaisir, une récompense cérébrale. Quand cette sensibilisation se fait sur un cerveau en train de se former, avant 25 ans, elle peut ressortir beaucoup plus tard, à l’occasion d’un stress et cela peut développer une addiction. »

Les addictologues parlent du « syndrome des grandes écoles », en faisant référence aux jeunes d’écoles réputées du supérieur qui enchaînent les OB (open bar) dès le jeudi soir. « Ils sont particulièrement à risque car ils vont avoir un stress professionnel extrêmement important dans les années qui viennent. Ils pourront, à 35, 40 ans, quand ils seront au sommet de leur carrière, développer une addiction. »

L’addiction à l’alcool jeune existe

« Il faut donc s’inquiéter de sa consommation bien avant de se rendre compte qu’on est dépendant », insiste le psychiatre. « L’alcool n’abîme pas seulement un cerveau qui est en train de se construire, mais aussi une vie qui est en train de se construire. On diminue considérablement ses capacités à apprendre et donc on a une intégration dans la vie sociale qui est moins bonne. »

Baptiste, qui a été déscolarisé à 21 ans en raison de son addiction, l’atteste. « Avancer dans la vie m’était devenu impossible. J’étais bloqué dans un unique but : boire davantage. » Aujourd’hui abstinent, il aide des personnes souffrant d’addictions à l’hôpital Bichat, à Paris. « Je veux transmettre ce message que l’alcoolisme jeune existe. Mais si on s’en rend compte jeune, on peut s’en sortir jeune et avoir une vie devant soi. »

Alcool, tabac, drogue : le top des professions qui en consomment le plus

La consommation d’alcool, de tabac ou de drogue varie selon les milieux professionnels, d’après le dernier baromètre de Santé publique France. On vous dévoile la liste des corps de métiers où la consommation de ces substances est la plus élevée.

Le 4 mai, Santé publique France a publié son dernier baromètre portant sur la consommation de substances psychoactives en milieu professionnel. Cette nouvelle enquête a analysé les données de 25.000 adultes âgés de 18 à 75 ans. Ces derniers ont été interrogés en 2017 sur leur consommation de drogues licites et illicites.

D’après les résultats de Santé publique France, la prise d’alcool, de tabac ou de cannabis varie selon les activités professionnelles. « Nos résultats révèlent des disparités entre secteurs d’activité, mettant ainsi en lumière les risques accrus au sein de certains secteurs en vue d’une éventuelle prévention ciblée », a souligné Viêt Nguyen-Than, responsable de l’unité addictions à la Direction de la prévention et de la promotion de la santé de Santé publique France, à nos confrères de Top Santé.

Tabac : quelles sont les professions en consomment le plus ?

La consommation de tabac est par exemple plus élevée chez les hommes travaillant dans les secteurs de la construction, de l’hébergement, de la restauration et de l’immobilier. Les femmes occupant des emplois dans la restauration et l’hébergement consomment également plus de tabac que la moyenne. « L’analyse selon les catégories socioprofessionnelles montre que, chez les hommes comme chez les femmes, la proportion de fumeurs quotidiens est moins élevée parmi les cadres et professions intellectuelles supérieures et plus élevée parmi les ouvriers », ont souligné les chercheurs.

Quels sont les secteurs qui consomment le plus d’alcool ?

Dans leur recherche, les scientifiques ont indiqué que « parmi les personnes en emploi, 11,7 % des hommes et 9,1 % des femmes déclarent que la consommation d’alcool au travail fait partie de la culture de leur milieu professionnel« . Ces proportions sont plus importantes dans les milieux de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche, de la construction, de l’hébergement et de la restauration. Les activités professionnelles liées aux arts, aux spectacles et aux activités récréatives ont également une consommation importante d’alcool. Ces données concernent aussi bien les hommes que les femmes.

Les chercheurs ont constaté que les professionnels travaillant dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale ont une consommation d’alcool moins élevée que la moyenne« La majorité des personnes en emploi ont affirmé ne jamais consommer d’alcool au déjeuner les jours de travail », ont précisé les auteurs de l’enquête, avant d’ajouter que « respectivement 22,3 % des hommes et 6,8 % des femmes en consomment au moins une fois par mois. »

Cannabis : quelles sont les professions les plus concernées ?

En 2017, 44,8 % des Français âgés de 18 à 64 ans ont déclaré avoir déjà consommé du cannabis selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Dans son dernier rapport, Santé publique France a observé que la proportion d’expérimentateurs masculins de cannabis est plus importante dans les milieux de l‘hébergement, de la restauration, des arts, du spectacle et des activités récréatives« Parmi les femmes en emploi, la proportion d’expérimentatrices de cannabis est supérieure à la moyenne dans les secteurs de l’information et communication, des activités spécialisées, scientifiques et techniques, des arts, des spectacles ainsi que des activités récréatives », ont complété les chercheurs.

Alcool, tabac, drogue : des disparités selon les métiers

« Cette étude met en évidence des disparités d’usages de substances psychoactives parmi les actifs occupés et quelques tendances sont observées. Les différents indicateurs suggèrent des niveaux d’usage plus élevés que la moyenne dans le secteur de l’hébergement et restauration pour pratiquement tous les produits (hors alcool quotidien), chez les hommes comme chez les femmes », peut-on lire dans le document de Santé publique France.

Selon les produits, certains secteurs d’activités ont cependant des niveaux de consommation inférieurs à la moyenne. C’est notamment le cas de l’administration publique, des activités scientifiques et techniques ainsi que de l’enseignement avec la consommation de tabac.

Source

Le cannabis récréatif met la Macronie en pétard

Alors que des Marcheurs envisagent la légalisation du cannabis récréatif, l’exécutif se montre réticent et la division gagne le gouvernement.

Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole
Un manifestant pro-légalisation en 2018 brandissant une banderole « Macron paye ton joint »

POLITIQUE – Si Gérald Darmanin estime que le cannabis “c’est de la merde”, la politique française en la matière relève clairement de l’échec. Malgré une législation répressive, la France demeure le pays où la consommation est la plus élevée d’Europe et où les dégâts causés par les trafics ne cessent de s’aggraver. Sans compter le fait que les substances consommées échappent à tout contrôle, avec tous les risques sanitaires que cet angle mort comprend.  

Partant de ce constat, une mission d’information sur “la réglementation et impact des différents usages du cannabis” a été lancée à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Présidée par le député LR Robin Reda et réunissant des élus de sensibilités différentes, celle-ci rend son rapport ce mercredi 5 mai. Parmi ses membres, plusieurs députés LREM penchent clairement pour la légalisation. À l’image des élus macronistes Jean-Baptiste Moreau, Ludovic Mendes ou encore Caroline Janvier. Rapporteure du volet “récréatif” de cette mission, cette dernière, députée du Loiret, se dit même “convaincue” que la substance sera, un jour ou l’autre, légale en France.  

N’y cherchez pas une forme de fracture Ambroise Méjean, délégué général des « Jeunes avec Macron »

Elle n’est pas la seule au sein du parti présidentiel à pencher du côté de la légalisation. Dimanche 25 avril, les Jeunes avec Macron ont publié dans le JDD une tribune en faveur d’une autorisation encadrée du cannabis… le jour où le ministre de l’Intérieur déclarait la guerre à cette substance dans ce même journal.

“Il ne faut pas croire qu’on fait un coup politique, on travaille sur le sujet depuis plus d’un an. Je partage sa vision de la sécurité, n’y cherchez pas une forme de fracture”, démine auprès du HuffPost le patron des “JAM” Ambroise Méjean, qui jure que “la seule finalité de cette prise de position, c’est de montrer qu’il y a un débat dans la majorité”. Pourtant, le discoursrésolument anti-fumette martelé par Gérald Darmanin vient jeter le trouble dans une famille politique qui vante une approche progressiste des questions sociétales. D’autant que le chef de l’État lui-même semblerevenir sur ses orientations de 2017 à ce sujet. 

“L’ADN d’En Marche!”

“Je vois des positions diverses, ça ne me choque pas que sur les questions de société on puisse avoir différentes sensibilités qui s’expriment, comme pour la fin de vie”, tempère au HuffPost le patron de LREM Stanislas Guérini. Or, plus que des positions diverses, ce sont carrément des contradictions qui s’expriment. Ainsi, quand le ministre de l’Intérieur entend “lutter contre le soft-power des pro-légalisation mené sur certaines plateformes Internet”, on trouve sur la plateforme d’idées lancée par LREM unerésolution appelant justement à “légaliser le cannabis”. 

Pour le député LREM Sacha Houlié (ex-patron des “JAM”), “il est temps de mettre fin à cette forme d’hypocrisie” qui entoure la consommation de cannabis. D’autant que pour l’élu de la Vienne, “la dimension progressiste et libérale” du parti présidentiel impose de faire évoluer la législation.

C’est également ce que pense Caroline Janvier. “Le fait d’aborder les sujets de façon pragmatique, et non idéologique, en dehors des ‘prêts-à-penser’, c’est justement dans l’ADN d’En Marche! On a beaucoup reproché ce travers à la droite et à la gauche avant que nous arrivions aux responsabilités. Et c’est justement à cause de ces postures idéologiques que l’on s’est longtemps trompé de débat. En entretenant une confusion entre légalisation et promotion. Or, ce n’est pas le sujet. L’idée, c’est de mieux contrôler et protéger les mineurs. L’enjeu est purement sanitaire”, détaille l’élue du Loiret.    

“J’ai un avis que je vais garder pour moi…”

Au sein du gouvernement, le sujet divise. Mais pas au point d’aller au clash avec l’omniprésent Gérald Darmanin. Plusieurs ministres favorables à une ”évolution de la législation” préfèrent ne pas s’épancher sur un sujet jugé “un peu trop touchy” et font promettre de ne rien en dire. Même dans la majorité, certains préfèrent l’esquive pour ne pas se retrouver dans l’embarras. “J’ai un avis que je vais garder pour moi”, sourit une cadre du groupe macroniste, pourtant connue pour porter haut ses convictions. Quoi qu’il en soit, la remise du rapport ce 5 mai marquera forcément une nouvelle étape dans l’appréhension de cette question en France. 

“La question que l’on doit se poser, c’est: veut-on faire partie des pays progressistes, comme les États-Unis ou le Canada, qui avancent sur cette question, ou veut-on rejoindre le camp de la Russie et de la Chine qui ont une position très réactionnaire sur le sujet?”, interroge Caroline Janvier. Chez Gérald Darmanin en tout cas, c’est pour l’instant la deuxième option qui domine. Sûrement pas en ces termes. 

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